Alain Juppé sort du silence ! - C à Vous - 17/10/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:12OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il vous donne des regrets sur la dernière campagne des présidentielles ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Vous vous en méfiez désormais des sondages ?
- 1:44RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il vous donne des regrets sur la dernière campagne des présidentielles ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Vous écrivez le cœur serré, mais vous étiez déterminé ?
- 4:23OuverteRéponse directe
François Fillon qui s'est maintenu envers et contre tous, vous parlez même de gâchis ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Et votre sérénité lors du premier débat des primaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:40InvitéFait
« François Fillon, à qui j'avais immédiatement et loyalement apporté mon soutien, avait un boulevard devant lui. »
- 2:52InvitéFait
« Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre et son système de défense fondé sur la dénonciation d'un prétendu complot et d'une volonté d'assassinat politique l'ont conduit dans une impasse. »
- 3:17InvitéPromesse
« Je ne suis donc pas en mesure, aujourd'hui, de réaliser le nécessaire rassemblement autour d'un projet fédérateur et c'est pourquoi je confirme, une bonne fois pour toutes, que je ne serai pas candidat à la présidence de la République. »
- 4:01InvitéFait
« Si j'avais, non, souvenez, le Trocadéro, l'émission sur le plateau du Frédérateur, etc., du journal télévisé, si j'avais persévéré ou si j'avais voulu absolument me lancer, j'étais un facteur de division. »
- 4:29PrésentateurFait
« Vous parlez même de gâchis devant le spectacle de son jusqu'au boutisme, sa radicalisation, c'est le terme que vous avez employé ce jour-là. »
- 5:52InvitéFait
« On a été porté effectivement par l'opinion qui semblait être tout à fait favorable de ma candidature. »
- 6:33InvitéFait
« Il y avait une grande banderole dans la rue, « Bienvenue au grand mufti de Bordeaux ». »
- 6:56InvitéFait
« On a dit que j'avais eu un moment d'hésitation au soir du premier tour, parce que c'est vrai que le score était terrible d'une certaine manière, avec un écart considérable. »
- 13:56InvitéFait
« Il y a une autre hypothèse, c'est le manque d'expérience politique du président. »
- 14:17InvitéFait
« Profitant du discrédit de l'établissement politique, M. Macron, pourtant inspirateur et acteur de la politique économique de François Hollande, tente d'incarner le renouveau, mais son immaturité politique et la faiblesse de son projet ne feront pas toujours illusion. »
- 19:13InvitéFait
« Les citations qu'il donne sont exactes. Le droit du sol à Mayotte, pas de façon générale. »
- 19:18InvitéFait
« J'avais proposé qu'on réserve la nationalité française au bébé né à Mayotte, deux parents en situation régulière, non pas en situation illégale. »
- 19:41InvitéFait
« Je pense qu'en matière d'immigration, il faut être plus ferme. »
- 20:01InvitéFait
« Il y a le droit d'asile. C'est une convention internationale et puis c'est un engagement de la France. C'est dans nos valeurs que de protéger ceux qui sont persécutés dans leur pays d'origine pour leurs idées, pour leur religion, pour leur couleur de peau. »
Temps de parole
- Invité56 %
- Présentateur14 %
- Invité 29 %
- Invité 38 %
- Invité 46 %
- Invité 52 %
≈ 6,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On l'a connu droit dans ses bottes, il se décrit parfois lui-même raide comme un pain des Landes. Le meilleur d'entre nous, disait de lui Jacques Chirac, mais c'est un homme amoureux que nous recevons ce soir, amoureux de sa ville, Bordeaux. Un amour qui a grandi au point qu'aujourd'hui, il a pris toute la place dans sa vie publique, écrit-il dans son dictionnaire. Amoureux, comment croire qu'il n'y a plus que Bordeaux qui compte ? Pour celui qui a été ministre, premier ministre, patron du RPR, de l'UMP et candidat donné favori à la primaire de la droite pour les dernières présidentielles, on lui pose la question ce soir, Alain Juppé est notre invité.
Alors, on m'a dit la troisième chaise-ride.
Bonsoir Alain Juppé, bienvenue sur le plateau. C'est à vous, passionnés, historiens, esthètes, gourmands, généreux. Voilà comment vont vous découvrir ceux qui vont lire ce dictionnaire amoureux. Vous qu'on décrit souvent comme parfois un peu raide, c'est un homme heureux qu'on découvre dans ce livre. Je regarde Alain, il est heureux ici, ce sont par ses mots, signés de votre épouse, Isabel, que s'ouvre ce livre. Il aime cette ville et il y est aimé. Vous vous sentez particulièrement aimé à Bordeaux plus qu'ailleurs en France. Pourtant, les sondages vous placent en tête au coude à coude avec Nicolas Hulot du classement des personnalités politiques des Français, pas que des Bordelais.
Écoutez, les sondages politiques me laissent, non pas totalement indifférent, mais enfin...
Vous vous en méfiez désormais ?
Assez froid, oui, j'ai été servi pour ça. Non, je suis heureux à Bordeaux, c'est vrai, parce que c'est une belle ville, c'est une ville où il fait bon vivre. Et puis j'ai le sentiment de l'avoir servi depuis une vingtaine d'années maintenant.
– Mais ces sondages, vous êtes même passé devant Nicolas Hulot, c'était au mois de mai dernier, vous étiez la personnalité politique préférée des Français. Est-ce qu'il vous donne des regrets ? Des regrets sur la dernière campagne des présidentielles ? Vous n'êtes pas exprimé depuis, forcément, on va guetter dans ce livre la petite phrase. Et le fait est que vous voulez évoquer cette blessure présidentielle dans ce livre.
– Je me demande si les Français n'ont pas une tendresse particulière pour les anciens combattants. C'est un peu ça, on est toujours très populaire lorsqu'on est un peu en marge. Non, j'ai tiré les conséquences de ma campagne des primaires, qui m'a apporté énormément de satisfaction. J'ai sillonné la France, tous les départements, la France d'outre-mer aussi, c'était formidable. Je n'ai pas réussi, je n'ai pas gagné, voilà, c'est ainsi. Je ne suis pas porté à ressasser le passé ou à avoir des regrets, voire des remords.
– Vous l'écrivez quand même, vous revivez l'espace de quelques lignes, cette matinée du 6 mars qui suit la manifestation de soutien à François Fillon au Trocadéro. Dans la nuit, écrivez-vous, j'avais pris la décision irrévocable de ne pas revenir dans la course. Le cœur serré, je me dirigeais vers le grand escalier de la mairie de Bordeaux et la salle de presse, la suite en images.
– François Fillon, à qui j'avais immédiatement et loyalement apporté mon soutien, avait un boulevard devant lui. Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre et son système de défense fondé sur la dénonciation d'un prétendu complot et d'une volonté d'assassinat politique l'ont conduit dans une impasse. Je n'ai pas l'intention de m'engager dans des tractations partisanes ni des marchandages de postes. Je ne suis donc pas en mesure, aujourd'hui, de réaliser le nécessaire rassemblement autour d'un projet fédérateur et c'est pourquoi je confirme, une bonne fois pour toutes, que je ne serai pas candidat à la présidence de la République.
– Vous écrivez le cœur serré.
– Si on parlait de choses un peu plus gaies, Bordeaux par exemple, je parle beaucoup de ce grand escalier qui est une des pièces maîtresses.
– De la mairie de Bordeaux.
– De la mairie de Bordeaux, le paléron, ancien palais archiépiscopal. – Vous en pariez, j'ai bien d'ailleurs. – Je bifurque sur l'architecture, on va en parler parce que c'est vraiment beau.
– Ce jour-là, vous aviez le cœur serré, mais vous étiez déterminé parce que vous l'écrivez, je ne me suis jamais trouvé la tête d'un plan B, un plan B dont il n'a jamais vraiment été question aussi.
– Non, c'est ça que j'ai voulu clarifier parce qu'on a dit, si Juppé avait voulu, s'il avait saisi la perche qui lui était tendue, il n'y avait aucune perche tendue. Et d'ailleurs, je m'en suis expliqué avec Patrick Stéphanini qui en convient volontiers.
– François Fillon n'a jamais entré à aucune porte.
– Si j'avais, non, souvenez, le Trocadéro, l'émission sur le plateau du Frédérateur, etc., du journal télévisé, si j'avais persévéré ou si j'avais voulu absolument me lancer, j'étais un facteur de division. Donc c'était râpé.
– François Fillon qui s'est maintenu envers et contre tous, vous parlez même de gâchis devant le spectacle de son jusqu'au boutisme, sa radicalisation, c'est le terme que vous avez employé ce jour-là.
– Oui, écoutez, je n'ai pas de compte à régler, je n'ai aucune abertume, je n'en veux à personne.
– C'était pourtant lui qui avait été désigné grand vainqueur des primaires, alors que vous étiez donné favori, on se souvient de la Juppé Mania qui s'était…
– D'où la méfiance vis-à-vis du sondage. – La Juppé Mania, qui s'était emparée de la presse.
Et votre sérénité lors du premier débat des primaires.
– Dimanche prochain, vous allez choisir celui de nous deux, qui aura de grandes chances de devenir président de la République au mois de mai 2017. D'une certaine manière, c'est le dernier rendez-vous. Il ne faut pas évidemment le manquer, la France aura besoin d'un président de la République solide. Aimer la France et les Français, c'est la clé de la réussite, c'est ce que j'ai toujours fait dans ma vie, c'est ce que je ressens profondément en moi-même aujourd'hui. Et c'est pourquoi j'ai confiance en vous et nous allons continuer ensemble.
– C'était donc le deuxième débat.
– Je ne suis pas très bon dans ces débats télévisés, peut-être parce que j'y croyais trop. – Peut-être parce que vous y croyez trop. – Surtout dans les débats du premier tour et incontestablement, Fillon a marqué des points. Voilà, c'est ainsi.
– C'est ce que disait aussi votre ancien directeur de campagne, Gilles Boyer. Il raconte dans le livre qui est sorti très rapidement d'ailleurs. Pendant l'élection présidentielle, on était en février 2017, il dit qu'il y avait eu dans votre équipe un excès de confiance, un manque de lucidité. Vous étiez trop tôt, vous partagez cette analyse ?
– Oui, un petit peu. On a été porté effectivement par l'opinion qui semblait être tout à fait favorable de ma candidature. Et puis j'ai sous-estimé un certain nombre de campagnes sur les réseaux sociaux, Bordeaux, Ali Juppé, vous vous souvenez de ça ?
– Oui, oui.
– Le poids de la calomnie, ça a vraiment… – Oui, alors j'ai pris ça à la rigueur. Oui, je crois que ça a eu une influence, notamment sur le lectorat un peu intégriste qui soutenait François Fillon. Je me souviens d'une arrivée un jour à l'université d'Assas, rue de Vaugirard, où j'étais devant un magnifique amphithéâtre, je crois qu'il y avait 3000 étudiants, c'est un des plus grands amphithéâtres de la région parisienne. Et avant d'entrer dans la salle, ce s'est bien passé d'ailleurs, il y avait une grande banderole dans la rue, « Bienvenue au grand mufti de Bordeaux ».
Alors Virginie Calemels me disait « Il faut faire quelque chose », j'ai dit que je voulais que je fasse, c'est tellement absurde, tellement grotesque. – Et vous auriez dû réagir. – Et j'ai laissé filer, bon je ne dis pas que c'est ça qui a fait la différence, mais ça a joué incontestablement. – On vient de voir un extrait du débat de l'entre-deux-tours, vous aviez très peu de chance de l'emporter, vous le saviez, vous avez songé à renoncer à abandonner avant ce second tour ? – On a dit que j'avais eu un moment d'hésitation au soir du premier tour, parce que c'est vrai que le score était terrible d'une certaine manière, avec un écart considérable.
Puis très vite, je ne sais pas si je me suis ressaisi, je n'en sais rien, mais j'ai dit « Je continue, je n'ai pas le droit de lâcher comme ça tous ceux qui m'ont fait confiance, qui étaient nombreux ». Je suis reparti en campagne, et c'était parmi les plus belles réunions que j'ai faites. Je me souviens d'une réunion à Toulouse, notamment, où Isabelle, pour la première fois, a pris la parole, et voilà, c'est un moment d'émotion extraordinaire.
– Le réconfort, vous le trouvez dans votre ville de Bordeaux. Être maire, c'est plus de satisfaction, Pierre ?
– On voit que c'est déjà révolutionnaire, pour l'image qu'on a eue quelques fois de vous, que vous écriviez un dictionnaire amoureux. – Pourquoi ? Parce que j'étais incapable d'amour ? – Non, mais vous exprimez votre amour de Bordeaux de belles manières tout au long de ces pages, et vous en parlez à la fois avec votre rigueur, mais aussi, on le sent, avec énormément de chair. Vous dites d'ailleurs, à la fin de ce chapitre sur le grand escalier sur lequel on va revenir, vous concluez « Ma vie politique m'a apporté de grands bonheurs et quelques épreuves, mais c'est Bordeaux qui m'a donné mon plein épanouissement ». C'est beau, c'est fort.
– Je crois, d'abord, ça fait 25 ans que je suis maire de Bordeaux, avec une petite interruption, d'un ou deux. Et puis, voilà, on n'est pas réélu si on n'a pas créé avec sa population, avec ses concitoyens, une relation personnelle. C'est ça qui est très fort dans le travail de maire, en même temps très lourd. Les conseils de quartier dans lesquels on se fait engueuler. Pendant des heures, il faut les faire. C'est très amusant d'ailleurs, parce que ça me frappe toujours. Alors, on donne la parole, ça ne va pas, ceci, cela, etc. Et puis, à la fin de la réunion, je dis, mais vous êtes quand même heureux de vivre à Bordeaux ? – Ah, mais M.
le maire, on est très content, on est très content de vous. Mais toute la réunion s'est passée en récrimination. Et c'est ça qui fait ce lien très particulier, c'est qu'on se parle en direct, sans aucune espèce de... – On a retrouvé, Alain Juppé, on a retrouvé l'image amusante de ce jour, vous vous en souvenez sûrement, de novembre 1994, où devant des étudiants bordeaux, vous dites ne pas encore annoncer votre candidature à la mairie, ce qui est une manière de dire que vous allez le faire un de ces jours, alors que Jacques Chirac, lui, vient de déclarer qu'il serait candidat à l'Elysée. – En lisant la presse ce matin, je me suis dit qu'une candidature par jour, ça suffisait.
Mais mon amour pour Bordeaux, j'aurais dit, il ira jusqu'au bout. C'est une formule peut-être ambitieuse ou prétentieuse. – À Bordeaux, visiblement, Alain Juppé ne craint pas la chute. – J'espère, j'espère que les caméras ont été attentives. Si elles ont raté ce moment fort, je peux le refaire. – Si les caméras n'avaient pas tourné, vous l'auriez refait. Les sondages se trompent, mais... – Vous avez les images, non ? – Les chaises aussi. – En fait, à cette période-là, en novembre 1994, j'avais déjà pris ma décision. Je l'avais presque déjà annoncé. Je me souviens de l'inauguration de la Foire internationale de Bordeaux.
C'était au printemps 1994, et un de vos confrères de Sud-Ouest m'avait dit, alors, il paraît que Bordeaux vous intéresse. Et j'avais répondu, oui, le lendemain, c'était la lune de Sud-Ouest, Juppé candidat. – On le sait donc, la tentation de Bordeaux sera la plus forte. On est sept mois plus tard, au soir de la victoire, souriant évidemment. Alain Juppé qui fête sa victoire en compagnie de ses militants. L'image est rare pour un Premier ministre peu expansif. Mais jusqu'à la dernière minute, le résultat de cette élection bordelaise a été incertain. D'ailleurs, avec 50,2% des voix, il réalise un score plus modeste que Jacques Chabandelmas en 1989, ou Jacques Chirac en mai dernier.
– Et ce sera donc, après cette victoire, Alain Juppé, la première montée d'une jolie série victorieuse, la montée de ce grand escalier de la mairie de Bordeaux, le Palais Roan. Vous dites à Alain Juppé que cet escalier représente tant pour vous, que c'est en conscience que vous ne le montez pas, vous, 4 à 4, comme le faisait, on s'en souvient, Jacques Chabandelmas en son temps, mais marche par marche, vous dites même, avec concentration. – C'est ma vie quotidienne. Le matin, le soir, je monte, je descends l'escalier, il est superbe. Un travail de la pierre en particulier, qu'on ne peut pas décrire, il faut le regarder, il faut le voir.
Il est solennel, il est imposant, je rappelle que c'était le palais de l'archevêque de Bordeaux, construit par Mériadec de Rons, et qu'il est devenu la mairie au cours du 19e siècle. Puis quand je rentre dans mon bureau, alors là, je reviens au 20e siècle, au 21e siècle. – Mais c'est très très beau ce que vous dites du grand escalier, parce qu'il y a l'assemblage des pierres que vous décrivez, j'ai appris des tas de mots à ce… – La stéréotomie, oui, c'est un gros mot. – Et vous dites, en fait, après, on construit un ensemble qui tient debout par la pression que chaque élément exerce sur ses voisins. C'est presque une définition de la vie en commun.
– Il y a tout un travail de taille de pierre, puisqu'il n'y a pas de ciment, il n'y a pas avant que ce soit les pierres assemblées qui se soutiennent les unes les autres. C'est peut-être ça une ville aussi, c'est peut-être ça le lien social.
– Ce serait bien que ce soit le cas en politique aussi, non ? Ça met ta force, ça s'applique moins ?
– C'est un peu plus compliqué, pour rajouter du ciment. – Alors, je vais vous ramener à la politique nationale, Alain Juppé, parce que dans l'exercice du pouvoir, mais ça vaut à tous les niveaux… – C'est venu pour mon électionnaire. – Oui, oui, oui, mais il en est question aussi. – On va en parler aussi. – Et dans l'exercice de l'État ou dans l'exercice des fonctions de responsabilité de maire, il y a les décisions qu'on prend, il y a les politiques suivies, et puis il y a le lien particulier noué avec les citoyens, la confiance qu'il vous accorde. Dans le cas du président actuel Emmanuel Macron, cette confiance, vous le savez, s'est considérablement dégradée ces derniers mois.
Est-ce la politique suivie, le style ou le style les écarts de conduite ? Toujours est-il que le président de la République, hier soir, a reconnu des erreurs personnelles pour la première fois.
– Je voulais ce soir m'adresser à vous pour vous donner le sens profond de l'action que j'entends poursuivre pour notre pays alors que nous venons de recomposer le gouvernement. Ces derniers mois ont en effet pu rendre moins perceptible ce sens. D'abord, parce que parfois, par ma détermination ou mon parler vrai, j'ai pu déranger ou choquer certains. Et j'entends les critiques.
– Détermination, parler vrai, il a raison d'abord de reconnaître ses erreurs ? – Oui, enfin, je ne souhaite pas trop commenter la vie politique actuelle, j'ai pris du recul, mais bon, enfin, je suis citoyen et je continue à m'intéresser à ce qui se passe dans mon pays, bien sûr. C'est vrai qu'il y a eu une série de maladresses peut-être, et les reconnaître à un moment ou à un autre, c'est utile. Moi, j'ai dit un jour que j'étais droit dans mes bottes, vous l'avez d'ailleurs rappelé, ça m'a collé à la peau et ça continue encore. Voilà, parce que c'est une expression qui n'avait pas été comprise.
J'ai rajouté après souvent qu'il valait mieux être droit dans ses bottes que mou dans ses baskets, surtout lorsqu'on exerce des responsabilités importantes. – Ce qui est vrai. Dans le cas du président actuel, Emmanuel Macron, il y a une autre hypothèse, c'est le manque d'expérience politique du président. Et là, j'ai une bonne source, c'est un certain Alain Juppé qui en parlait à Bordeaux en ce matin du 6 mars 2017. Profitant du discrédit de l'établissement politique, M. Macron, pourtant inspirateur et acteur de la politique économique de François Hollande, tente d'incarner le renouveau, mais son immaturité politique et la faiblesse de son projet ne feront pas toujours illusion.
– Immaturité politique. – J'étais un peu tendu, comme vous le voyez, c'était dans une circonstance pas très agréable pour moi. Et puis, il faut se remettre aussi, et c'est la règle du jeu, on va en politique, c'était dans le combat politique. Je soutenais un candidat, François Fillon, à l'espèce, qui se battait contre Emmanuel Macron, donc il est normal que je l'ai dit cela. Mais ça prouve que je manque d'intuition. Heureusement, j'ai auprès de moi une femme merveilleuse, Isabelle, qui elle a beaucoup d'intuition et qui, le départ, m'a dit « Tu te trompes, il va gagner ». Et je n'y croyais pas, c'est vrai.
– Les deux peuvent être vrais, il peut avoir gagné tout en faisant preuve d'immaturité politique. – Oui, enfin, non, il faut avoir une certaine maturité pour gagner, quand même, pas par hasard. – Et ensuite, pour exercer le pouvoir. – Alors après, c'est plus difficile. Oui, c'est vrai que cette idée qu'on peut faire de la politique comme ça, en arrivant, de la société civile, je ne sais tout, ça ne s'adresse pas d'ailleurs particulièrement au président Macron, mais aussi à quelques ministres qui ont disparu, est une idée fondamentalement fausse. La politique, ça ne s'improvise pas. Il y a tout un apprentissage à faire, il y a des réseaux, il y a des comportements à adopter.
Bref, il faut avoir fait ses classes d'une certaine manière. Alors, le président est en train de les faire. – Faire ses classes sur le terrain, ça évite de parler mal à des gens rencontrés sur le terrain, dans la rue. – Des jeunes orpheliers, d'ailleurs. – Ça arrive à tout le monde, voilà. Seulement, le président Macron est dans une période où on ne lui passe absolument rien. J'ai une petite anecdote qui m'a beaucoup frappé. Il va à la boisserie, il rencontre le petit-fils du général de Gaulle qui lui dit à la maison, on pouvait tout dire, sauf se plaindre. Quelques minutes après, il est au milieu de la foule et il dit à des gens qui rouspètent, arrêtez de vous plaindre.
Voilà, c'est ça la séquence. Plus tard, il est devant une dame qui est retraitée et qui touche 500 euros de retraite par an. Ce n'est pas à elle qu'il a dit de ne pas se plaindre. Et ça devient quoi dans les titres ? À une retraitée qui a une retraite de 500 euros par mois, Macron dit, ne vous plaignez pas. Vous voyez que là aussi, il est un peu victime aujourd'hui d'une sorte d'harcèlement médiatique. Un petit peu, il a été adulé. Vous connaissez cette formule ? Je lâche, je lâche et je lâche. Il est dans la troisième séquence, mais après ça peut remonter.
Alors parlons d'un autre haut personnage de l'État que vous connaissez bien mieux, Édouard Philippe, pour qui vous restez le boss, le patron, et il a eu au moins une fois depuis sa nomination à Matignon l'occasion de vous le dire. J'ai toujours été extrêmement heureux de venir à Bordeaux au cours de toutes ces années, et chacun sait ce que je pense de celui que j'ai longtemps appelé le patron, en effet. Et je vous appelais le patron, patron, parce que j'ai appris en vous regardant. C'est tout, parce que j'ai appris, et parce que j'ai beaucoup aimé travailler avec vous, et que cette expérience accumulée, cette fidélité assumée, elle est constitutive de ce que je suis aujourd'hui.
Je suis beaucoup moins désagréable que ce qu'on dit, non ? C'est-à-dire que si vous étiez aussi désagréable que ce qu'on dit, je n'aurais pas travaillé avec vous. Et j'ai toujours adoré bosser avec vous. Et tout le monde le sait. Et réciproquement. Et réciproquement, fidélité assumée, et fidélité réciproque. Vous avez un secret, vous disiez qu'il m'appelait patron. Quand on se téléphone, moi je suis très respectueux de hiérarchie, je lui dis bonjour monsieur le Premier ministre, il me répond souvent bonjour patron. Alors, j'aime beaucoup Édouard Philippe, j'ai beaucoup travaillé avec lui, on l'a un peu oublié, mais c'est lui qui m'a aidé à créer l'UMP.
Il était directeur général de l'UMP, quand ce parti qui rassemblait les gaullistes, les libéraux et les centristes à l'époque, a été créé. Donc j'ai pu apprécier à la fois son efficacité, son sens de l'organisation, et en même temps, une certaine joie de vivre. Il est gay, il est... Bon vivant.
Il vous a appelé ces derniers temps ?
Oui, on se parle de temps en temps, bien sûr. Il faut vous demander des conseils ? Pas aussi souvent que certains le disent.
Y compris en période de remaniement.
Oui, enfin ça, c'est vous qui le dites. C'était une question, c'était une question. Un dernier magnéto de... Un dernier magnéto de politique nationale, et puis après c'est promis, on tourne la page. Édouard Philippe, il a eu face à lui, récemment dans une émission politique, quelqu'un qui s'est revendiqué de vous, dont vous êtes pourtant éloigné. C'est Laurent Wauquiez, qui a argué des propositions que vous aviez faites pendant la campagne présidentielle sur l'immigration pour contrer Édouard Philippe. On regarde cette séquence. Vous étiez à ses côtés pendant la primaire. Il a proposé des quotas sur le regroupement économique. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui ça vous perturbe ?
Alain Juppé a proposé de revenir sur le droit du sol. A l'époque, vous étiez son porte-parole. Vous plaidiez pour cela. Pourquoi est-ce que vous ne le faites pas ? Il a raison ? Je me sens... Oui, les citations qu'il donne sont exactes. Le droit du sol à Mayotte, pas de façon générale. J'avais proposé qu'on réserve la nationalité française au bébé né à Mayotte, deux parents en situation régulière, non pas en situation illégale. S'il faut choisir entre Wauquiez et Philippe, c'est vite fait pour moi. Je n'ai aucune hésitation. Cela dit, je n'appartiens pas à En Marche et je ne suis pas aligné totalement sur tout ce qui se fait. Je pense qu'en matière d'immigration, il faut être plus ferme.
Et ce que j'avais proposé dans mon livre « N'état fort », que François Fillon avait estimé de la tisane à l'époque, je crois, mériterait sans doute d'être repris parce que ce sera un des débats essentiels d'immigration. Le gouvernement n'est pas assez ferme en matière d'immigration ? Il faut être très clair. Il y a le droit d'asile. C'est une convention internationale et puis c'est un engagement de la France. C'est dans nos valeurs que de protéger ceux qui sont persécutés dans leur pays d'origine pour leurs idées, pour leur religion, pour leur couleur de peau.
En revanche, sur l'immigration économique, appelons-la ainsi, c'est un peu plus compliqué que ça en réalité, il faut être très ferme parce que nous n'avons pas vocation à donner de l'emploi à tous ceux qui en cherchent autour de la Méditerranée. Et ça va être un des grands défis des prochaines années. On ne parle pas, on parle du défi climatique, on parle de beaucoup d'autres choses, à raison, à raison. On ne parle pas du défi démographique. 4 milliards d'Africains à la fin de ce siècle, de l'autre côté de la Méditerranée. Mais on ne va pas faire un mur.
Donc là, il y a un grand plan de développement, de partenariat, d'investissement en Afrique qu'il faut bâtir parce que nous avons un destin lié. Ça, c'est quelque chose qui, pour moi, est absolument central et qui devrait être évoqué, je l'espère, au revanche du débat sur les européennes.
Vous avez été appelé par Édouard Philippe pendant le remaniement, point d'interrogation ? Il ne vous a pas demandé de conseils, ni consulté, ni proposé à un poste.
Je suis sûr que vous ne me croyez pas, mais pourtant, c'est vrai. C'est non. Il n'a rien proposé. J'avais pris les devants en disant que je ne demandais rien. Ah oui ? C'est la meilleure façon de ne pas être déçu.
Vous auriez refusé de toute façon ?
Oui. Je l'ai dit très clairement. Aujourd'hui, j'ai tourné la page de l'engagement politique national. Je ne suis candidat à aucune fonction, ni nationale, ni européenne. Peut-être locale. Mais je dirais, peut-être, et ça en verra l'année prochaine, après les européennes, mais je dirais ce que je pense pendant le débat européen. C'est un débat vital pour la France. Nous avons le choix de nous séparer des uns des autres et nous serons vassalisés par les grandes puissances ou bien continuer à travailler ensemble dans le respect de notre identité.
On m'a dit l'autre jour à un étudiant de l'école de management de Bordeaux, Kedge, qui recevait Nathalie Loiseau, un étudiant me dit, mais est-ce qu'on peut être français et européen ? J'avoue que la question m'a décondensé, bien sûr, qu'on peut être français, et d'autant plus français qu'on est européen. Après 50 ans d'histoire de l'Union européenne, les Français ne sont plus français, les Allemands ne sont plus Allemands, les Italiens ne sont plus Italiens.
On peut parfaitement concilier notre attachement à ce qui fait notre culture, notre histoire, nos valeurs, nos principes, et en même temps l'unité européenne et la cohésion européenne, qui est la seule réponse aux défis gigantesques que nous avons à relever demain. La France, l'Europe, la France et Bordeaux. Et ce dictionnaire amoureux. Vous revenez aussi sur des choses plus personnelles que ce qu'on a évoqué jusqu'ici. Votre enfance, votre adolescence montoise où vous baignez dans le rugby. Votre père a joué au stade Bordelais, puis au stade Montois. Il a la réputation d'un joueur quelque peu teigneux, je vous cite. Qui mordait les oreilles sous la mêlée.
Contrairement à vous, vous n'êtes pas pratiquant, c'est le mot que vous employez. Sur le rugby, oui. Votre mère sur le rugby. Votre mère vous trouve d'une constitution trop fragile pour vous laisser entrer dans la mêlée, la pauvre si elle savait ce qui vous attendait. De cette enfance, vous gardez le goût des arbres et des pains. On y reviendra. Des bons petits plats aussi. Même si au fourneau, vous dites ma marge de progression est immense. Sauf pour la brouillade autruche. Sauf pour la brouillade autruf. C'est une des rares choses que j'essaie à peu préférer. Votre spécialité. On est sûr d'avoir une bonne casserole à double fond. Ah oui, je n'attache pas. Elle se fait au bain-marie.
Vous ne tenez pas de votre cousine, la chef étoilée Hélène Darroze, qui est donc votre cousine. Mais ce que vous préférez, par-dessus tout, c'est le dimanche. En fin de matinée, allez faire un tour au Capu, saluer les commerçants, acheter de quoi compléter le repas dominical. Et pour finir, partager quelques huîtres et un verre de blanc sec avec des amis. Ça donne ça. Vous l'aurez compris, Alexandre Saint-Michel et les Capus, deux termes pour les qualifier. Popularité et convivialité. Allez. Tchin tchin. On va te chanter, d'accord. Santé. Alors, on ne sait pas si c'est à ce moment précis que vous regardez les passants.
parce que page 237, attention, passage interdit, au moins de 18 ans, vous écrivez « La réalité saute aux yeux de tout observateur de bonne foi. Oui, je le dis, au risque de me faire taxer de démagogie, les Bordelaises sont belles. » Petit démagogue, petit coquin. Non, pas du tout. Je ne suis pas bien le dire. Stendhal l'a dit. Stendhal a écrit dans un de ses séjours à Bordeaux des choses extraordinaires. Il était très attiré, notamment, par les sourcils des Bordelaises et il les opposait à la lourdeur du visage des Parisiennes. Donc, vous voyez, c'était quelque chose que j'ai cité. Victor Hugo aussi fait l'éloge de la beauté des Bordelaises.
Et naturellement, je suis modestement dans cette lignée. Non, mais je vais vous faire une confidence. Alors, il faut faire gaffe en ce moment parce que tout ça est extrêmement dangereux. Jusqu'où peut-on aller ? Mais même, j'aime bien regarder les jolies femmes. Voilà. J'ai eu du mal à le faire accepter par mon épouse. Je lui ai dit, mais c'est un hommage à ta beauté quand je regarde celle des autres. Oui, c'est un peu court. Vous pensez que... Parce que vous dites, c'est difficile à dire en même temps. En ce moment, MeToo a changé la manière de se faire sur les jolies. Il faut faire extrêmement attention. Voilà. Ça reste. Ça fait partie de votre... Moi, je n'ai jamais été très démonstratif.
Je ne suis jamais précipité sur les femmes pour les embrasser. Vous avez partie de votre étage chiracien, c'est ça, Alain Jupp ? Non, pas du tout. Je suis beaucoup plus réservé que Chirac. Justement, on va y revenir. Alors, malgré tout cela, malgré ces orgies d'huîtres, vous gardez la nuit, entre autres, grâce au jogging. Alors, sous votre plume, un jogging sur les quais de Bordeaux, ça se transforme en frileur de Fred Vargas. Nous nous faufilions, Isabelle et moi, entre les grilles rouillées du port qui en interdisaient en principe l'accès. Nous nous tordions les pieds sur des rails de chemin de fer qui encombraient encore l'espace.
Et à l'approche des hangars en ruines les plus malfamés, nous faisions prudemment demi-tour. Manière élégante de glisser que Bordeaux a bien changé. Et c'est vrai, j'ai également connu Bordeaux il y a longtemps. C'est grâce à cette hygiène de vie et à un biotope landais que vous devenez... que vous devez, pardon, cette réputation de pain des... C'est plus mon côté landais. Et contrairement à ce qu'on croit souvent, les landais, qui sont gens du sud, du sud-ouest, ne sont pas des gens très expansifs. parce qu'ils sont un peu secs, un peu longilignes. On va comparer un jour à un pain des Landes. On a cru me faire de la peine, ça m'a fait un très grand plaisir. Plus... Oui.
Je voudrais dire que la description que je fais des quais de Bordeaux, c'était il y a 25 ans. Mais je suis d'accord avec vous et je les ai connus il y a 25 ans. C'est pour ça que je me suis permis de dire ça. Quant au pain des Landes, Jean-Paul Kaufmann, que je cite parce qu'il a fait un très joli livre sur une maison dans laquelle il s'est... Comment dire ? Reconstruit, si je puis dire, au cœur de la forêt landaise et d'un aérien landais, il dit mais le pain en réalité n'est pas aussi droit qu'on veut bien le dire. C'est un arbre plus courbe qu'on ne le pense. Vous voyez que... Mais justement... J'ai un peu d'espoir de votre souplesse.
Justement, je me disais avec le temps, dans ce livre, vous dites quand vous regardez, quand je regarde le chemin parcouru, j'éprouve un sentiment de fierté. Est-ce qu'avec un peu de souplesse, vous seriez allé encore plus haut, selon vous ? Je ne sais pas. Je n'aime pas trop... Enfin, si, là, j'en parle dans ce dictionnaire, finalement, bien sûr, mais je n'aime pas trop m'analyser. Refaire les soins. Je me suis collé une réputation de froideur, Amstrad, etc. Je ne crois pas du tout que ça corresponde à ma personnalité. Alors, je suis timide, ça, c'est vrai, ce qui fait que ça peut paraître comme de la froideur ou de la retenue, un peu excessive.
Mais je ne crois pas être un être dénué de sensibilité, pardon de le dire, voilà, comme cela. Et ce qui m'amuse beaucoup, c'est qu'à l'issue de plusieurs émissions que j'ai faites dans ma vie, combien de fois j'ai lu « Juppé a fendu l'armure ». Elle a été fendue très souvent. Je ne sais pas ce qu'il en reste de l'armure, mais elle a été embiette. Peut-être que c'est ce qui transparaît de ce livre.
L'un des suspens, à suivre.
Je reviens sur les Landes. J'en parle beaucoup dans mon livre, parce que je suis d'origine landaise. Il y a quelque chose qui m'a fait beaucoup de peine, c'est le landbashing, moi qui déteste le franglais, parce que chez les grands écrivains, Théophile Gautier explique que les Landais vivent sous des huttes, que Victor Hugo aussi en rajoute là-dessus. Il y a des textes absolument invraisemblables où on dit que traverser les Landes, c'est prendre un grand risque sur sa vie, parce qu'on est rançonné par des espèces de gens un peu attardés. Donc voilà, ça m'a fait beaucoup de peine de voir cette image de mon terroir et j'essaie de réhabiliter les Landes avec l'aide de Jean-Paul Cofoyne.
L'une des questions qui se posent, c'est serez-vous candidat à un cinquième mandat en 2020 ? Ce que nos reporters Tancred Bonora et Stéphane Château ont vu samedi en vous suivant toute une journée, c'est un maire presque en campagne. Ce jour-là, au programme, il y avait une balade en calèche dans la réserve écologique des Barrailles. Également une balade dans les rues de Bordeaux à la rencontre des associations artisans et commerçants de la ville. Une rencontre aussi avec des jeunes fans de manga, tous beaucoup plus déguisés que vous. On va le voir en images.
Ah oui, ça c'est animé, vas-y. Une expérience qui vous a inspiré
quasi immédiatement un sketch. Samedi, c'était le Juppé Comédie Club dans les rues de Bordeaux.
Je suis allé au parc des expositions, inauguré à Nimasia. Festival des cultures asiatiques dédié au Japon. Alors là, je suis un thème comme un melon. Un public considérable d'une moyenne d'âge d'après ce qu'ont dit les organisateurs de 23 ans. Heureusement que j'étais là parce que sans moi, c'était 19 ans.
Quand on est maire, il faut donc avoir de l'humour mais aussi être sportif, souple et si possible, distinguer sa droite de sa gauche, M. Juppé.
Bienvenue à l'inauguration de la Trame Douce. Je vous présente, nous sommes les Monts et Merveilles. On a très simple, on remue les bras. C'est plus compliqué. Alors, on met les mains sur les hanches. Super. Et la jambe gauche.
On va étirer la jambe droite légèrement derrière.
À trois, on va tous rugir comme un lion. Un, deux, trois.
Douce à Bordeaux, mais gare à ceux justement qui se la coulent un peu trop douce.
Parlez beaucoup de skate dans votre dictionnaire.
Parce qu'ils sont très très présents dans la ville. Comment ? Allez, au boulot ! On est samedi. C'est vrai. Vous parlez comme Emmanuel Macron, allez les jeunes au boulot. Ça y est, vous êtes en marche un petit peu. Vous avez les tropismes d'Emmanuel Macron. Lundi, je l'ai envie.
C'est Emmanuel Macron qui a copié.
Bonne réponse.
Vous parlez donc comme Emmanuel Macron à la Juppé.
Tout à fait. Et puis, je ne suis pas président de la République. Donc, ça n'a pas la même résonance. Je dois simplement dire que cet exercice de gymnastique collective m'a été très pénible. Parce que, oui, j'ai quelques problèmes d'articulation. C'est pour ça que je me suis trompé de jambe.
Vous confondez la droite et la gauche.
Voilà. Et puis, je me demande si la pratique intensive du jogging est une bonne chose. Je m'adresse aux jeunes générations. J'ai revu il n'y a pas très longtemps un de mes copains qui a à peu près mon âge. Il est en pleine forme. Il n'a aucun problème d'arthrose. Rien du tout. Je lui ai dit, mais comment tu m'as fait ? Il m'a dit cette phrase célèbre qu'on connaît. Churchill, Chirac et quelques autres. No sport. Donc, il faut bien réfléchir quand même avant de pratiquer de façon trop intense. De même que la trottinette est un exercice extrêmement dangereux. Bordeaux est devenu une espèce de Far West. Les voitures, les vélos, les trottinettes, les gyropodes, les piétons.
C'est très, très, très compliqué.
Vous avez une victime, justement, de la dangerosité de la trottinette.
Je sais, c'est pour ça que j'ai fait cette vidéo. Merci beaucoup Alain Juppé.
Vous restez avec nous. On va continuer d'évoquer l'actualité avec le 5 sur 5 de Maxime Switek.
Alain Juppé