Masculinismes : audition de Léa Clermont-Dion
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:09OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous expliquer la pertinence de votre ouvrage après les événements récents comme la fusillade de Montréal ou les procès en France ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Comment définiriez-vous le masculinisme comme phénomène politique et non comme simple ensemble de discours individuels ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Quelles pistes proposez-vous pour enrayer la diffusion de ces discours ?
- 7:17OuverteRéponse directe
Pourquoi insistez-vous sur la nécessité de considérer le masculinisme comme un problème de gouvernance numérique ?
- 13:56OuverteRéponse directe
Quels facteurs expliquent selon vous la recrudescence de ces discours chez les jeunes ?
- 15:24OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous l'évolution de Mark Zuckerberg et de Meta sur ces questions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:02Fait
« Les hommes auraient perdu leur place légitime dans la société sous l'effet du féminisme et des politiques d'égalité. Selon leur dire, nous vivions dans une gynécocratie, un monde entièrement dominé par les femmes. »
- 22:16Chiffre
« 23 % des garçons âgés de 15 à 16 ans interrogés ont une opinion favorable d'Andrew Tate. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Première audition en réunion plinière depuis la reconstitution de notre délégation. Nous accueillons Léa Clairmondi professeur adjointe en communication stratégique pour le changement social à l'université de Cherbrook et membre de la chair UNESCO de la prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent. Cher Léa, vous êtes notamment la réalisatrice des documentaires Je vous salue La misogénie au temps du numérique en 2022 et la peur au ventre en 2024. Nous vous avions rencontré à Montréal le 31 mars dernier lors du déplacement effectué par notre délégation dans le cadre de son rapport sur la montée en puissance des mouvements et réseaux masculinistes.
Euh publié en juin et réseau masculiniste. 1 2 publié en juin dernier sous le titre mascul à nouvelle offensive. Il doit me manquer un petit bout. Euh donc c'est le rapport Ouais. Ah oui non, c'est notre rapport à nous. Excusez-moi. Alors, nous avons aussi dormi 4h cette nuit. Donc voilà. Euh donc le fameux rapport monté en puissance des réseaux masculinistes publié en juin dernier sous le titre mascule la nouvelle offensive contre les femmes. Les trois rapporteurs Béatrice Goselin, Olivia Richard et Laurence Rossignol dont deux sont encore ici parmi nous ainsi que Marie Mercier et moi-même avions alors
pu échanger avec vous sur la progression des discours masculinistes au Canada et aux États-Unis notamment auprès des plus jeunes générations. Vous nous aviez alors indiqué préparer un ouvrage destiné à mettre en lumière les ressorts de cette influence et la nature profondément politique de ces mouvements. Cet ouvrage vient de paraître en France et s'intitule les mascul, leur projet politique. Il nous a donc semblé naturel de commencer cette nouvelle session avec vous et ainsi de revenir sur les travaux que nous avons précédemment menés sur ce sujet. D'autant que depuis la publication de notre rapport en juin dernier, l'actualité a confirmé la pertinence de notre analyse quant à la gravité du phénomène. Je pense notamment à la fusillade survenue à Montréal le 22 juin
dont l'auteur avait laissé un manifeste masculiniste inspiré de l'idéologie Insel, mais aussi à l'actualité judiciaire de plusieurs figures du masculinisme à l'image des frères-têes ou de l'influenceur américain clavicular récemment inculpé de viol sur mineur aux États-Unis. En France, le procès de Ran Rein, condamné pour les violences et actes de torture qu'il imposait à de très jeunes filles sur des forums de discussion est venu rappeler jusqu'où peuvent conduire certaines formes de radicalisation et de violence en ligne. Et plus récemment à Aubagne, le jeune collégien de 14 ans qui a blessé par arme à feu le principal de son collège et une professeure avait visionné du contenu violent diffusé par
la TCC True Crime Community. Nous vous avions pointé dans notre rapport comme nous que nous avions pointé dans notre rapport comme étant une mouvance proche des mouvements masculinistes. Cette actualité illustre à la fois l'ampleur des violences auxquelles peut conduire l'idéologie masculiniste et l'influence croissante de ces discours notamment auprès des jeunes générations. Elle donne également une résonance particulière à la thèse que vous défendez dans votre ouvrage et qui rejoint largement les constats dressés par notre délégation dans son rapport de juin 2026. Car le masculinisme ne saurait être réduit à une somme de comportement individuel, à des communautés marginales ou à l'expression d'un simple ressentiment à l'égard des femmes. Il constitue, écrivez-vous, un phénomène
structurant et profondément politique. Vous montrer ainsi que derrière la diversité des communautés et des figures que recouvre aujourd'hui la manosphère se dessine un socle idéologique commun fondé notamment sur l'adhésion au suprémacisme masculin dont vous pourrez sans doute nous préciser les ressorts mais aussi sur de fortes affinités avec certains courants de l'altri l'ultradroite américaine. L'un des autres enseignements de votre ouvrage concerne la capacité de ces discours à toucher les jeunes générations et le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux et leurs algorithmes dans leur diffusion et leur banalisation. À cet égard, vous consacrez plusieurs développements à ce que vous appelez le cas Zuckerberg. Sans se revendiquer lui-même de ses
mouvements, le fondateur de MTA en reprend désormais certains codes lorsqu'il déplore une société qui serait devenue trop émasculé ou appelle à retrouver davantage d'énergie masculine. Vous inscrivez cette évolution dans ce que vous décrivez comme une reconfiguration plus large du rapport entre technique, politique et pouvoir qui offre une visibilité à ces discours. Mais votre ouvrage ne s'arrête pas au constat. Vous avancez également plusieurs pistes pour enrayer le masculinisme, notamment en appelant à reprendre collectivement le contrôle de l'espace numérique et à agir en amont par la prévention et l'éducation pour désamorcer l'adhésion au discours masculiniste. Ce sont là des enjeux que notre délégation avait également identifié au cours de ses travaux sur
les mouvements masculinistes. Votre audition nous permettra à la fois de prolonger les travaux menés au cours de la précédente session et d'interroger quelques mois après la publication de notre rapport les évolutions d'un phénomène dont l'actualité nous rappelle malheureusement qu'il est loin d'avoir régressé. Cher Léa Clairmondion, je vous laisse sans plus tarder la parole. Nous pourrons ensuite engager un échange avec les membres de notre délégation. Je rappelle à toute fins utiles que cette audition fait l'objet d'une captation audiovisuelle et qu'elle est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. à vous cher Léa. Merci beaucoup. Euh, il faut appuyer sur le Merci beaucoup madame la présidente, mesdames les sénatrices, je tiens d'abord à vous remercier de
cette invitation et à saluer le travail remarquable accompli par la délégation des droits des femmes. Le rapport que vous avez consacré au masculinisme est remarquable, pertinent, crucial dans un contexte de polarisation sociale important et internationale. souscrit à la nécessité de reconnaître le masculinisme pour ce qu'il est. Une idéologie politique structurée portée par des acteurs identifiable dans un mouvement réactionnaire plus large international, national, français et québécois. C'est précisément la thèse que je défende dans mes travaux universitaires depuis plus de 15 ans maintenant et dans
mon essai mascul. Depuis plusieurs mois, de nombreuses personnes sont venues témoigner devant vous de la montée des discours masculinistes et de leur manifestation. Alors, je souhaiterais aujourd'hui apporter un éclairage complémentaire en articulant trois dimensions du phénomène. D'abord, sa nature profondément politique et réactionnaire. On aura la chance d'y revenir aussi durant nos échanges. Ensuite, le rôle des grandes entreprises technologiques, notamment méta dans la diffusion et la normalisation de l'idéologie. Enfin, je voudrais axer particulièrement cette intervention sur les conséquences de cette transformation de notre environnement numérique sur la jeunesse et les réponses que nous pouvons
collectivement y apporter. Car je voudrais défendre devant vous une idée fondamentale. Nous ne pouvons pas prévenir efficacement le masculinisme si nous continuons à la considérer uniquement comme un problème de comportement individuel. Il faut aussi le comprendre comme un problème de pouvoir, de gouvernance numérique et de démocratie. Le masculiste, le masculinisme est un projet politique réactionnaire. Il ne se résume pas à des propos misogènes publiés sur les réseaux sociaux. Il s'inscrit dans une longue tradition de contreemouvement antiféministe qui cherche à contester les avancées de l'égalité à et à
réaffirmer une hiérarchie entre les sexes. Il possède toutes les caractéristiques d'une idéologie politique, une représentation du monde binaire, une désignation d'adversaire, un beau émissaire, les droits des femmes, une conception de l'ordre social naturel, dit naturel, un projet de transformation de rapport de pouvoir. Son postulat central est relativement simple. Les hommes auraient perdu leur place légitime dans la société sous l'effet du féminisme et des politiques d'égalité. Selon leur dire, nous vivions dans une
gynécocratie, un monde entièrement dominé par les femmes. Une dystopie. Les femmes seraient trop puissantes. Les hommes seraient désormais discriminés. Les institutions favoriseraient systématiquement les femmes et le féminisme serait responsable d'une prétendu d'une crise de la masculinité. En clair, le masculinisme est un contre mouvement réactionnaire bien en celle qui repose sur l'idée que la crise de la masculinité serait causée par le féminisme et les droits des femmes. Ils instrumentalisent la souffrance de milliers de jeunes hommes pour faire avancer leur projet politique, celui de
faire reculer nos droits, le droit des femmes. Ce récit repose sur une inversion des rapports de domination. Il transforme les progrès de l'égalité en injustice fait aux hommes et présente le rétablissement de la domination masculine comme une forme de réparation. Cette idéologie se traduit par des revendications très concrètes. La contestation des politiques d'égalité, la remise en cause de de l'éducation au consentement, la banalisation des violences sexuelles, la défense d'une autorité masculine dans la famille ou encore la délégitimation de la parole des victimes de violence sexuelle.
Il faut comprendre que ces discours ne sont pas toujours formulés explicitement comme des revendications masculinistes. Ces discours sont partout sur votre fil TikTok, sur Instagram, dans une salle de classe à l'Assemblée nationale. Ils peuvent emprunter le langage de la liberté d'expression, de la protection de la famille, de la défense des enfants ou de la lutte contre une prétendue idéologie du genre. C'est précisément ce qui rend leur analyse politique indispensable à considérer. Le masculiniste ne constitue pas un mouvement parfaitement homogène. Ces acteurs peuvent diverger sur leur stratégie et leur revendication,
mais il partage une conception profondément hiérarchique des rapports entre les sexes. Et cette idéologie n'évolue pas en vase clos. Un influenceur d'ici français, Julien Reddi, pour ne pas le nommer, affirme qu'il n'existe qu'un pouvoir, le pouvoir des hommes. C'est ce qu'il a affirmé sur sa chaîne YouTube comme si de rien n'était. Alexis Chen, influenceur masculiniste français que vous connaissez aussi, présente la possession d'images sexuelles intimes d'une femme comme un moyen de contrôle et d'humiliation. Nous sommes ici devant une banalisation de la violence et de la domination.
Andrew Tate, figure internationale de la manosphère, gourou des gourous. Il dit "Et si on retirait le droit de vote des femmes ?" C'est ce qu'il a affirmé au lendemain de l'élection présidentielle américaine en 2024 puisqu'il jugeait anormal que des femmes aient voté pour Camela Harris. Celui-ci aussi suggère l'affirmation suivante : "Je crois qu'une femme appartient à son ami, à son mari, pardon." Dans cette lornière, dans cette vision du monde, les femmes sont des objets et non des sujet. Rouge un pickup artiste, un coach de
séduction masculiniste bien assumé, a pour sa part suggéré de légaliser le viol dans les lieux privés. Il y a quelques semaines, je recevais le témoignage d'un personnel d'une école secondaire, un lycé au Québec. Elle me disait alarmée qu'une pétition circulait à l'école. Des jeunes hommes avaient décidé de mener une pétition pour légaliser le viol. Des témoignages comme celui-ci, j'en reçois plusieurs souvent, régulièrement. Une autre enseignante m'a écrit. Elle m'a dit qu'il y avait une pétition qui circulait dans son collège.
Il était demandé par des jeunes d'interdire la lecture de textes où les femmes travaillent. Une autre jeune femme est venue me voir lors d'une conférence que j'ai donné dans un collège. Elle me disait qu'elle était triste parce que un de ses meilleurs amis était devenu masculiniste au fil des années. Il avait consommé énormément de contenu d'Andrew Tate. Il lui suggérait qu'il était bon de battre les femmes parce que au final c'était leur place dans la société, celle de l'asservissement. Je ne savais pas quoi répondre à cette jeune femme. J'étais alarmée, inquiète et je le suis tout autant aujourd'hui.
Comment on a pu en arriver là ? Depuis une dizaine d'années que j'observe ce phénomène quotidiennement, c'est toute ma vie depuis 10 ans. Je peux dire une chose, il y a plusieurs facteurs qui amènent à cette recrudescence de ces discours misogynes réactionnaires. J'aimerais qu'on parle aujourd'hui de la silicone vallée pour comprendre comment une idéologie autrefois confinée à des espaces marginaux du web, il faut s'intéresser à ce qui s'est passé dans les dernières années à la Silconte Vallée. Et je voudrais effectivement m'arrêter sur une figure
particulièrement révélatrice, Mark Zuckerberg, fondateur de méta. Pourquoi parler du fondateur de Facebook devant la délégation des droits des femmes du Sénat en France ? Parce que ces décisions ne concernent pas seulement la gestion d'une entreprise américaine, elle vous concerne, elle concerne aussi les Québécois, le Canada et l'ensemble du monde. Elles influencent directement les conditions dans lesquelles les Françaises et les Français s'informment, débattent, construisent leur opinion et sont exposés à des discours politiques. Ces plateformes occupent une place considérable dans notre espace public contemporain. Or, depuis quelques années, nous assistons à une transformation
significative du discours politique et culturel mené par le dirigeant de méta Zuckerberg. Zuckerberg, autrefois était associé à une image du jeune entrepreneur techno qui revendiquait une certaine égalité. En janvier 2025, dans un entretien avec Joe Rogan, Zuckerberg déplore notamment que la culture d'entreprise soit devenue selon lui trop éloigné d'une certaine énergie masculine. On voit une transformation de Mark Zuckerberg à travers le temps dans ses prises de parole et dans ses choix aussi pour l'entreprise. Autrefois plus associé au champ politique démocrate, il y a un
revirement de situation qu'on observe après la pandémie. Il serait il se rapproche d'une franche plus libertarienne. Il se rapproche de Trump également.
On voit donc en janvier 2025 une un grand changement chez Meta. MTA annonce un assouplissement de ses règles de modération notamment en supprimant certaines restrictions visant les discours déshumanisant ou discriminatoire lié au genre à l'orientation sexuelle et à l'immigration. Concrètement, ces nouvelles règles autorisent dans certains contextes des propos présentant l'homosexualité ou la transidentité comme des maladies mentales ainsi que des discours d'exclusion fondés sur le sexe ou le genre. MTA annonce également la fin de son programme de vérification des faits externes au profit d'un système de note communautaire.
Ce qui était auparavant interdit par certaines règles de modération peut désormais être toléré et ces décisions sont prises par une entreprise privée qui exerce une influence considérable sur notre espace public, sur notre démocratie. Ce faisant, plusieurs discours de désinformation se sont imissés sur méta et parmi eux, on retrouve plusieurs discours masculinistes qui sont faux. Par exemple, une idée circulait ces derniers mois. Des influenceurs masculinistes disaient qu'il était vigilant de ne pas boire de l'eau puisque l'eau contient de l'estrogène et donc il les hommes pourraient être
émasculés en consommant l'eau du robinet. Cette drôle d'idée dangereuse fait partie de ces discours de désinformation masculiniste qui circule maintenant librement sur les espaces de méta. Enfin, Zuckerberg affirme vouloir collaborer avec l'administration Trump pour s'opposer au gouvernement étranger qui selon lui imposerait des restrictions excessives à la liberté d'expression. Il vise explicitement l'Europe. Parce que je peux vous dire une chose, au Canada à ce jour, nos médias traditionnel sont toujours barrés sur les plateformes de méta.
Nous assistons à une confrontation entre deux conceptions de la régulation numérique. D'un côté, une conception américaine de la liberté d'expression, si je puis me permettre, particulièrement extensive que les dirigeants de certaines plateformes souhaitent ériger en principe dominant. et de l'autre une conception qui cherche à concilier la liberté d'expression avec la protection des droits fondamentaux, la lutte contre les discrimination et la responsabilité des parformes. Il ne s'agit évidemment pas d'opposer la liberté d'expression à l'égalité. Ce sont deux principes essentiels à nos démocraties. Il s'agit de reconnaître que la liberté d'expression ne sera invoquée pour soustraire les entreprises
technologiques à leur responsabilité. Lorsqu'une plateforme réduit certaines protections contre les discours haineux, ce choix n'est pas neutre. Les leaders des gars femmes ne sont pas neutres. Peter a déjà évoqué le fait que il serait bien aussi de retirer le droit de vote des femmes. Je répète, les Brgard ne sont pas neutres, ils ont un agenda politique et il est masculiniste. Nous devons nous poser une question donc fondamentale. Qui qui gouverne aujourd'hui nos espaces publics numériques ? les institutions démocratiques responsables devant les citoyens ou quelques dirigeants d'entreprise privée dont les décisions sont principalement guidées par leurs
intérêts économiques et leurs propres convictions. Ce n'est pas anodin si Andrew Tate est aussi populaire chez les jeunes et j'y reviendrai. La jeunesse, c'est le nir de la guerre pour moi. Il faut s'y attarder, il faut s'y consacrer parce que là parce que à l'heure actuelle, il y a plusieurs hommes, des jeunes hommes qui sont manipulés par cette idéologie qui est dangereuse. Et je pèse mes mots. Depuis la diffusion de la série adolescence, la question de l'influence du masculiniste sur les adolescents s'est enfin imposée dans l'espace public.
Certains estiment que nous exagérons le phénomène. D'autres affirment qu'il ne concernerait qu'une minorité des jeunes hommes déjà radicalisé. Mais les données scientifiques nous invitent à prendre cette question très au sérieux. En mars 2026, une enquête internationale réalisée par Ipsos et le Global Institute for Women's Leadership du Kings College de Londres a mené donc une enquête auprès de plus de 23000 personnes dans 29 pays et a révélé des résultats préoccupants. Je suis certaine que les membres de la délégation connaissent déjà ces données, mais je vais les répéter. 31 % des hommes de la génération Jenz interrogé estiment qu'une épouse devrait
obéir à son mari. Un homme de la génération Z sur soit 33 % considère également que le mari devrait avoir le dernier mot dans les décisions importantes du ménage. Je précise d'ailleurs qu'il s'agit de résultats internationaux agrégés et non de statistiques propres à la France ou à la Grande-Bretagne. Ces chiffres ne permettent pas d'affirmer que tous ces jeunes hommes adhèrent à une idéologie masculiniste structurée, mais il révèlent la persistance et parfois la force des représentations profondément inégalitaire. Une autre étude, cette fois proprement britannique réalisée par Internet Matters révèle que 23 % des garçons âgés
de 15 à 16 ans interrogés ont une opinion favorable d'Andrew Tate. Plus étonnant, 56 % des pères âgés de 25 à 34 ans en Grande-Bretagne expriment une opinion favorable de cet influenceur. Cet influenceur qui, je rappelle suggère de retirer le droit de vote des femmes. Le masculinisme ne touche pas uniquement les adolescents, il circule également dans les familles au sein de l'environnement familial. Au Québec, qu'en est-il ? On n pas beaucoup de données sur la question. Je m'apprête à mener un sondage sur l'impact des discours masculinistes dans les salles de classe au Canada, mais on n pas encore les données par rapport à cette
question. Ceci dit, il y a une étude qui a été quand même menée auprès de de jeunes au à Montréal en 2023 qui démontrait que un jeune sur trois va adhérer à certains discours masculinistes qui relèvent notamment de la coercition sexuelle. Donc de dire que euh qu'on accepte et qu'on valorise de contrôler la sexualité de notre de notre conjointe. C'est d'ailleurs une idée qui circule beaucoup dans les cercles masculinistes en ligne, l'idée du bodycard, l'idée qu'on ne devrait pas sortir ou fréquenter une femme qui a plus de cinq partenaires. C'est une drôle idée. On se croirait vraiment dans les années
30 ou même avant ou les années zéro ou l'air des dinosaures ou l'air des dinosaures, on pourrait dire. Bon euh en 2024, il y a une étude menée par des chercheurs de l'université encore du euh du College of London et de l'université de Kent. Ils ont fait une recherche très intéressante sous la direction de Kathle Rigard que je vous invite d'ailleurs à inviter ici. Les chercheurs ont construit des profils expérimentaux correspond à correspondant à plusieurs trajectoires. Des jeunes confrontés à la solitude, d'autres intéressés par la musculation, le développement personnel et d'autres attirés par des discours plus radicaux
sur TikTok. Donc il voulait voir en fait quel contenu était recommandé à ces jeunes à ces jeunes hommes-là. et les résultats ont été quand même assez saisissants. En seulement 5 jours, la proportion de contenu misogyne recommandé passe de 13 à 56 %. Et cette étude là nous démontre que c'est les jeunes qui sont particulièrement vulnérables et qui ont des enjeux de santé mentale qui vont être plus ciblés par ces discours. Euh particulièrement ceux aussi qui traversent des ruptures difficiles. Alors c'est une donnée qui est intéressante. On voit vraiment que les plateformes comme je le réitérais amènent ces contenusl dans leur environnement sans qu'il le demandent
nécessairement. Alors, un garçon qui s'intéresse aussi à la musculation peut progressivement voir son contenu associé finalement à une domination masculine qu'il le veuille ou non, puisque c'était aussi l'un des profils qui a été particulièrement ciblé. Jeunes vulnérables avec enjeu de santé mentale et jeunes aussi qui consomment des contenus de fitness. Un jeune qui traverse donc une période de solitude est plus vulnérable à ce type de contenu. Et il faut aussi rappeler que ces ces discours masculinistes là qui étaient présentés à ces jeuneslà sur TikTok ne prenaient pas nécessairement la forme de déclaration ouvertement haineuse. Je vous ai fait état de déclaration choquant, provoquantes, mais souvent
c'est beaucoup plus pernicieux. Ça circule à travers des vidéos humoristiques, des conseils de séduction qui nous semblent inoffensifs, des programmes de musculation, des mimes ou des contenus. Et c'est une des transformations les plus importantes des 10 dernières années concernant la manosphère. Des idées qui étaient autrefois vraiment confinées à des communautés marginales sur Reddit sont maintenant un peu partout et sont boostés par les algorithmes et par les plateformes que ce soit sur MTA, TikTok et cetera. Donc on voit vraiment comment cette circulation de représentation peut avoir une un impact direct sur la relation les relations des garçons et des filles des
adolescents et de leur perception sur le consentement et sur la perception des violences sexuelles. À cet égard, je dois citer quand même une recherche qui a été faite au Québec de la chair des violences sexistes et sexuelles de LUCAM qui est arrivé à la conclusion que 75 % des jeunes de 15 à 25 ans au Québec remettaient en doute la crédibilité des victimes d'agression sexuelle en adhérant à certains mythes qui perc. Alors, c'est une autre donnée qui nous fait croire que il y a possiblement une influence de ces discours-là sur la perception de l'égalité et des relations inques.
Alors bref, euh je pourrais continuer longuement mais j'aimerais qu'on se laisse un peu de temps pour des questions. Donc je vais faire ça cours. En conclusion, mesdames les sénatrices, mais c'est le sénateur. Oh, je suis désolée, j'ai fait un impart diplomatique. On pratique le majorité. D'accord. D'accord. Je suis désolée, monsieur. Je suis heureuse que vous soyez avec nous. Par ailleurs, je vais le dire ici, je ne suis pas mis et j'aime les hommes parce que souvent les gens, ils pensent que les féministes n'aiment pas les hommes. Je dois le rappeler. Euh Ah, madame Rossignol est pas sûr. Bon, d'accord. Bon, je vais faire attention. C'est c'est il y a du monde qui nous écoute. Alors, je vais garder mon décorum. Alors, mesdames les
euh mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, dans mon essai masculent leur projet politique, je défends une thèse qui me semble importante et je la répète. Le masculinisme n'est pas simplement une accumulation de discours misogynes de provocation sur les réseaux sociaux. C'est une idéologie politique structurée, organisée, financée, portée par des acteurs identifiables avec un projet réactionnaire, celui de réaffirmer la domination masculine et de remettre en cause les avancées de l'égalité. Nous devons faire preuve d'une grande vigilance devant la normalisation de ces
discours. D'autant plus qu'il circulent désormais massivement dans les environnements numériques fréquentés par les jeunes. Au Québec, on tente de réagir et d'agir. Nous menons différentes campagnes, par exemple avec ensemble pour la le respect et la diversité. Nous menons des ateliers dans les écoles secondaires du Québec. La campagne Salut Sava également que j'ai la chance de diriger amène une réponse concrète à cette tendance. Elle témoigne de notre volonté d'agir en amont par l'éducation, la sensibilisation, la prévention pour déconstruire les mythes, combattre les stéréotypes et promouvoir les relations égalitaires.
Mais la prévention, aussi essentielle soit-elle, ne peut reposer uniquement sur des individus. Parce que le masculinisme constitue une réelle menace pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Il est nécessaire de d'établir des mécanismes et d'y apporter des réponses politiques à la hauteur de ces conséquences sur notre vivre ensemble. Le masculiniste est une des plus grandes menaces au droits des femmes. Il est temps d'agir pour prévenir. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je crois que vous aviez éventuellement une vidéo à nous passer. Oui, si on a le temps et si vous avez le désir de l'avoir. Je crois que c'est 2 minutes. Oui, c'est ça. Ben, je pense que oui.
Donc, profitons-en. Et puis après, j'ai déjà une demande de parole d'Olivia Richard. Qui d'autre ? Dimitri d'ou. Alors ça, cette campagne-là, c'est la campagne On s'écoute qui est nationale euh au Québec et c'est une campagne qui a été menée par le ministère de l'enseignement supérieur que je dis que je dirige. Ça ça vient à chaque année et le le but est toujours de prévenir les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur. Nous, depuis euh quelques années, on a la loi 22 qui nous permet dans les universités, les CGEP d'avoir un protocole finalement pour recevoir les plaintes d'agression sexuelle, pour donner de l'aide aux victimes. Donc dans toutes les universités, les CGEP, on a 151 151
institutions. On a ce service là et il y a des formations obligatoire sur le consentement à tous les étudiants étudiantes et tout le personnel. Et on a aussi des une campagne nationale que je dirige comme je le disais. Euh alors voici voyons comment ça marche cette affaire là. Excusez je sais pas. OK, parfait. Donc je pèse. Comment je fais pour pèer ? Ouais, une femme après 22h qu'est c'est qu' fou dehors les femmes rêvent d'un monde qui n'a jamais existé et qui n'existera jamais. On veut ramener là c'est des hommes forts qui s'assument.
Tu es bien le premier fif qui est capable d'attraper un ballon.
Ouais, c'est vrai que c'est rendu de puis elle tu connais ? Non, pas elle. Moi c'est la fille a couché avec plus que trois gars. Je touche pas à ça.
E ça e man. Si tu te fais respecter par les filles, faut que tu augmentes ta charge, mon gars.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il a ? Mais voyons, qu'est-ce qu'il a ? Comment on tu t'attendais à quoi ? pas me dire que tu as pas aimé ça là. Tu es vraiment juste une agace pour de vrai.
Les victimes de viol sont responsables de leurs agressions. Tak.
Euh donc juste petite mise en contexte, cette campagne-là a atteint une audience de plus de 17 millions de personnes dans la le Québec, le Canada en fait et par l'entremise des médias traditionnels et pour les réseaux sociaux, ça a été quand même 17 millions de personnes à travers la francophonie. Donc on a vraiment dépassé le Québec. Il y a des sous-titres alors pour ceux et celles qui ont peut-être pas compris tous les mots, c'était là. et et le l'objectif de la campagne c'était de montrer un peu l'impact des discours sur les jeunes, mais c'était accompagné d'une formation. Donc on a créé euh vraiment un guide pédagogique qui euh et un cours, un atelier qui est donné dans les CGP et les universités. On accompagne ça évidemment d'un d'un programme éducatif.
On a on travaille là-dessus donc sur le plan post-universitaire donc et universitaire en fait je devrais dire. Et aussi dans les lycées, on travaille vraiment sur un financement pour euh aller plus loin. Mais quand je dis qu'il suffit pas des des effort individuel, c'est qu'il faut un plan concerté euh national ou gouvernemental à notre avis. Et je suis quand même heureuse que le nouveau premier ministre du Québec, Paul Saint-Pierre Plamondon, ait parlé dans son discours inaugural lors de la cérémonie d'ouverture de d'assermentation du masculinisme. Alors déjà le fait que ça soit nommé, c'est déjà un premier pas et on va travailler pour qu'il y ait avec le ministère d'éducation quelque chose de plus
encadré qu'une initiative comme ça qui est bien jolie mais qui n'est pas assez c'est pas assez suffisant, c'est pas assez grand pour avoir un véritable impact. Euh la Grande-Bretagne fait beaucoup en ce sens. Alors voilà, merci beaucoup. Euh je vais donc tout de suite passer la parole à Olivier Richard. Merci madame la présidente. Merci beaucoup madame la professeure. C'est une joie de vous retrouver. Oui, on s'était donc vu à Montréal, vous étiez en cours de travaux nous aussi et il y a quelque chose d'assez rassurant à voir que nous sommes tombés exactement sur les mêmes conclusions que vous, que le masculinisme est en effet un projet politique qui glisse vers l'extrême
droite. Oui, en cela je complète votre propos. Euh nous sommes d'accord que l'éducation euh est la mère des batailles. Euh nous sommes d'accord qu'il y a une banalisation euh des violences, une remise en cause du contrat sociétal euh qui est le nôtre avec une polarisation grandissante. Les jeunes contre les vieux, les femmes contre les garçons, les campagnes contre les villes, bref à tous les niveaux. et le masculinisme euh c'est une nouvelle notre titre de rapport c'était une nouvelle offensive contre les femmes puisqu'en fait ça s'appuie sur un terrain déjà favorable celui de la misogénie quotidienne. Voilà et c'est pour ça que ça a un eff un essort grandissant avec une
accélération par les réseaux sociaux qui en effet ne sont pas neutres et réinterroge les fondements de notre démocratie quand aujourd'hui la majorité des Français s'informent sur les réseaux sociaux et les podcast ça influe ça influence notre démocratie et le vote peut-il être éclairé de cette façon-là ? Donc merci infiniment pour vos pour vos travaux. Juste une question pour Marc Zuckerberg. Euh je ne sais pas le prononcer à l'anglaise comme vous. Euh c'est qui de l'œuf ou de la poule ? Est-ce qu'il a évolué ? puisqueau départ Facebook avait quand même été créé pour noter les filles. Donc est-ce que il a toujours été comme ça et comme c'était moins porteur, il est plutôt allé chez
les démocrates et a compris que c'était dans son intérêt de revenir à ses origines ou est-ce que c'est juste financièrement plus rentable ? Voilà. L'œuf ou la poule. Oui, ben c'est ce d'abord je le redis le rapport que vous avez fait, je l'ai lu et je le trouve vraiment important. Je le trouve courageux. Euh c'est courageux qu'une institution comme la vôtre prenne position sur cet enjeu. Et et personnellement après ma lecture, j'étais aussi assez fascinée de constater qu'on arriva à des conclusions similaires. Alors, j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience qui est au premier balbussement, je je l'espère, mais qui s'opère internationalement. Donc euh et je
voudrais aussi réitérer que nos échanges respectifs entre la France et le Québec sont importants et j'espère qu'il y en aura d'autres comme ça. Euh donc pour répondre à la question de Mark Zuckerberg, c'est assez intéressant puisque initialement il s'inscrit quand même dans cette tendance de l'idéologie de la Silicone Vallée qui était très progressiste initialement. Euh tu sais, si on revient même au premier balbussement de la création d'Internet, euh on on rêvait d'un catalogue en ligne de partage qui était égalitaire, qui était universel. Donc il y avait vraiment un esprit je pense euh qui était progressiste et qui était ouvert à à l'autre. Et c'est très compliqué de de
d'expliquer pourquoi il y a eu ce tournant là. Mais il y a quelque chose que Mark Zuckerberg explique lui-même. Il faut pas chercher très loin pour comprendre un petit peu cette transformation. Euh dans les interventions publiques qu'il a eu, il a affirmé qu'il n'a pas apprécié que euh le gouvernement de Joe Biden euh lui suggère euh de retirer des propos complotistes euh sur sa plateforme. Euh ça a été un élément vraiment qui l'a choqué et qui l'a dérangé qu'il y ait une certaine ingérence de la part de l'administration. Et ce qu'il raconte, c'est qu'à partir de ce moment-là, il a vraiment rejeté
cette perspective des choses et c'est pas clair sa position exactement sur tous ses enjeux et ses discours. Puis je voudrais pas non plus dire des choses qu'il n'a pas dites. C'est ce qu'il a affirmé. Alors c'est lui qui le dit et que ça ça a été ça son tournant politique, du moins pour aller plus vers l'administration Trump. Mais ce qu'on a constaté aussi avec ces ces gafames ou disons ses dirigeants, c'est qu'il y a eu effectivement un rapprochement avec l'administration Trump qui s'explique effectivement de manière purement je pense économique puisque ces individus et encore une fois ils s'en réclament ont une chose qui qui leur tient à cœur
c'est la quête de profit et aussi ils refusent de croire que leur espace leur lieu d'échange qu'ils ont créé est une véritable incidence sur les démocraties. C'est un peu particulier parce que ils ont ils ont eu le génie de créer cette ces lieux là d'échange mais il refuse le caractère politique de la chose. C'est un peu intrigant comme perspective. C'est un peu simpliste même. On on s'entendrait un argumentaire un petit peu plus étoffé mais non on en est là. Puis je vous invite, je le dis souvent, je vais le redire ici aujourd'hui, à relire les propos de Dona Zuckerberg qui
a écrit "Not Only Dead White Mail qui" qui est un ouvrage qui a été publié en 2018 et Dona Zuckerberg ben porte bien son nom, c'est la sœur de Mark Zuckerberg et c'est fascinant cet ouvrage là puisque elle étudie comment justement la Altri qui s'inscrit dans ce giron entre autres choses de la Silicone Valley va instrumentaliser la pensée classique euh pour réitérer une certaine domination des hommes sur les femmes. Donc elle fait une critique assez assumée du leg de son frère et sa critique est fort intéressante parce qu'elle explique aussi cette transformation. Euh donc voilà, je je si on avait la la
clé de voû de cette transformation, je pense qu'on on serait tous très heureux ici aujourd'hui. Mais ça ne va pas en s'améliorant. Puis comme cet espace public est de plus en plus polarisé, j'ai aussi l'impression que ces individusl vont se radicaliser également puisqu'ils sont en on vit à l'heure actuelle une guerre culturelle auxquelle ils prennent part et ils ont pris leur clan. Alors, je est-ce que j'ai des jugements sur cette prise de parole là ? Je trouve ça dommage pour la démocratie, mais ils ont leur raison et ils sont contre le wisme. Donc ça leur appartient. Moi après je me dis comment est-ce qu'on fait pour encadrer mieux cet espace là puisque la conséquence
elle est directe sur la jeunesse. Merci Dimitri Dous. Et alors ce que je vous propose puisqu'il y a Laurence Rossignol également, on va prendre les deux questions et vous répondrez aux deux directement. Merci madame la présidente, merci madame la professeur pour votre intervention. Or ma question elle s'inscrit dans la précédente hein puisque c'est la même question quasiment que que je me suis posé. En tout cas à titre préliminaire, j'ai appris des choses ce matin. Voilà. Bon, pour autant, je bois de l'eau et je fais pas de musculation et je me je vis très bien en tant qu'homme, il y a pas de problème. Non, la question je me posais en fait par rapport aux dirigeants des gars femmes et ça rejoint celle de ma de ma collègue précédemment, c'était savoir s'il y avait de la
sincérité ou du cynisme en fait. euh quelle était la sincérité ou le côté vraiment euh stratégique de ces revirements ? Parce que quand on passe euh du parti démocrate à à à et qu'on devient euh un sympathisant pour ne pas dire un adhérent à ces théories euh mascul, euh bon on parle effectivement du dirigeant de méta mais ça concerne a priori quand même d'autres dirigeants de gafam. Oui. Donc et d'après ce que je comprends, d'après ce que vous dites en réponse à à ma collègue, c'est que finalement c'est essentiellement des enjeux économiques, c'est l'adhésion à une théorie pour gagner encore davantage d'argent et je pense que ça c'est intéressant comme mobile de cette évolution et donc de l'adhésion de tout le système des réseaux sociaux par rapport à ces théories.
Merci Laurence Rossignol et du coup je rajoute Anne Swiris. Merci. Merci. D'abord, on est effectivement heureuse de vous retrouver ici euh après vous avoir rencontré, écouté et on est très honoré que vous vous appréciez, enfin que vous jugiez positivement notre apport. Il vous a beaucoup. Voilà, disons-le clairement et c'est pas si surprenant que ça que vos points de vue, vos analyses, vos travaux convergent avec les contenus du rapport puisqu'on a dans un point de vue travaillé un peu ensemble quand même. Là-dessus, euh j'avais deux remarques à faire. La première, c'est juste pour partager une chose avec vous. Moi, ce qui m'a frappé dans le temps de notre rapport, c'est qu'entre le moment où on a commencé le rapport et le moment où on
l'a rendu, l'influence des contenus masculinistes dans la vraie vie IRL, c'est accru. Oui. Et de plus, il y avait il y a de plus en plus de d'individus nous ont fait part de l'exposition des jeunes, des enfants, des gamins autour d'eux. Euh et ça a été, j'ai eu l'impression que ça allait à une vitesse euh exceptionnelle. Voilà. Euh comme influence, ça c'est la première remarque. Et la deuxième, c'est je me demande si dans notre apport et peut-être notre EVAU, on a beaucoup pointé les réseaux sociaux. Je me demande si ce n'est pas passé à côté de YouTube. Euh on parle pas assez de de YouTube.
Oh YouTube ? Euh, comment vous dites-vous ? YouTube YouTube YouTube. Euh et je j'ai l'impression pour avoir continué de travailler un peu sur nos sujets qu'on est passé à côté de la prolifération sur YouTube des vidéos et des influenceurs. on beaucoup focalisé sur les réseaux et puis en fait peut-être pour dire à notre collègue effectivement la dimension économique et la dimension l'avidité est importante. Mais vous savez, on a vu en France des journalistes qui étaient des gens très bien devenir des influenceurs sur des chaînes de télévision parce que c'est là où ils
sont payés et bien payés. Hm hm. Merci beaucoup et merci beaucoup pour votre analyse euh qui est très précieuse. Moi, j'ai une question assez courte en fait, c'est comment agir ? Euh vous avez parlé de prévention euh mais euh est-ce qu'il y a des pays euh qui arrivent à mieux résister et donner la mondialisation du système hein, je je sais bien avec les réseaux sociaux qui qui s'arrêtent pas aux frontières, c'est clair, c'est comme Charnobyl, ça s'arrête pas. Mais en tout cas, c'est une vraie question, c'est-à-dire est-ce qu'il y a quand même parfois il y a des pays, je parle démocratique he parce que l'interdiction
des réseaux après c'est une histoire voilà c'était c'est pas ça dont dont je parle en l'occurrence mais par contre est-ce que est-ce que du coup il y a des des paris des des pays qui arrivent un peu à ou en tout cas que commence à avoir des politiques qui vous semblent intéressantes à suivre ? Merci. Euh un un simple mot aussi pour dire concernant YouTube que euh dans l'ouvrage quand même je décortique des influenceurs, ben en fait les propos des influenceurs qui sont très présents sur YouTube. Donc je fais une cartographie euh notamment des influenceurs français et américains qui se rejoignent par l'entremise de leurs
propos, notamment sur YouTube. Ceci étant dit, euh c'est vrai euh il faut s'intéresser davantage à cette cet endroit-là. ce lieu-là. Euh mais tu sais, ça va tellement vite que nous quand on fait des demandes de financement là comme chercheur pour pour étudier la question, ça prend plusieurs mois. Je veux dire juste un comité éthique, bon c'est quand même un 5 mois de travail. Donc il faut il faut qu'on soit financé, il faut qu'on ait les moyens d'étudier ces questionslà. Puis je suis sûr que que des collègues français pensent la même chose de ces questionslà. et et les études qui ont été faites viennent beaucoup de la Grande-Bretagne, vous remarquerez, parce que le gouvernement a décidé d'investir d'emblé pour comprendre parce qu'on peut
pas agir et réagir si on n pas les données précises euh qui nous permettent de vraiment bien penser nos politiques publiques. Et donc ça m'amène rapidement à la deuxième question qui est comment agir ? Est-ce qu'il y a un modèle qui s'impose particulièrement ? La réponse que je vous dirais très sincèrement à l'heure actuelle, c'est non. Je ne vois pas de modèle encore porteur d'une solution clair pour enrégner correctement ces ces discours là sans brimer la liberté d'expression. Il y a un travail à faire très sérieux pour d'abord constater quels sont vraiment ces discours, comment ils se répandent
au bon on commence à le savoir mais de mieux voir la réalité actuelle qui comme le disait madame Rossignol change rapidement. Mais donc il faut financer, moi je pense d'emblé la recherche, l'Angleterre est très actif à l'heure actuelle. Il y a énormément de recherches qui sont faites et ils ont par exemple pris d'assaut la question de l'éducation parce que une des solutions qui est clair, c'est évidemment l'éducation parce que encadrer les discours haineux, ça ne changera pas tout non plus. Comme je le disais, il y a des discours qui circulent, qui sont humoristiques, qui passent par la voie d'influenceur. On va pas commencer à à brimer puis à à couper la parole à tous ces individus-là. Alors, l'éducation est importante et la
Grande-Bretagne a pris sérieusement en main cet enjeu-là. Euh pourquoi ? Parce qu'ils ont les données. Le fait qu'un jeune sur 5 adhère à la perspective d'Andrew Tate et 56 % des jeunes pères, c'est clair, c'est probant. Et donc dans les écoles, il présente la série adolescence à tous euh les élèves. Je pense qu'en France, c'est fait en partie, mais ça prend un programme d'éducation nationale qui soit bien fait pour ne pas ostraciser, pour ne pas stigmatiser, mais pour concevoir euh finalement des rapports égalitaires. Et le Danemark offre depuis plusieurs années un programme d'éducation axé sur l'empathie
et ça peut avoir l'air un petit peu idéaliste mais ça fonctionne puisque ça commence depuis la crèche et ces pensées de la crèche à l'université ça continue et c'est fait de manière intelligente à ne pas saouler les étudiants, à être constructif et il y a eu une baisse de de d'intimidation dans les écoles je pense de 18 %. ce qui est important. Donc le Danemark fait du bon travail là-dessus mais je pense encore une fois qu' qui oui, il va falloir que je me taisse parce qu'il va être le Canada en tout cas est très en je veux juste le dire là-dessus on sur la la prévention, il faut faut travailler plus là-dessus. C'est ça. Et donc effectivement c'était
exactement ma conclusion parce que je suis désolée le temps passant, je suis obligée d'en arriver à la conclusion. Euh et de dire que effectivement malgré tout sur Marc Zuckerberg pour le coup on sait d'où il vient. Donc je pense que le retour n'a pas été si difficile et en plus comme ça permet de gagner de l'argent et on l'a vu, beaucoup d'influenceurs euh surf sur cette vague pour pouvoir vendre à des jeunes hommes plus fragiles queeux euh des conseils que en fait de de comment on drague une fille, de comment on la garde en général. Enfin, visiblement ceux qui
donnent les conseils connaissent assez peu les femmes parce que c'est quand c'est une femme qui regarde, il les trouve pas forcément très convaincant. Mais non, je pense que c'est formation oui aussi c'est pas les meilleurs conseils. Mais donc voilà donc je vous et je pense qu'effectivement une des solutions et ça ça fait un petit moment queon en débat nous ici mais c'est plus au niveau européen de faire que les plateformes soient considérées effectivement comme des éditeurs, comme des journaux. Nous, on a des droits, un journal n'a pas le droit de diffuser n'importe quoi. Il est responsable de ce qui est publié dans son journal. Aujourd'hui, les plateformes essayent de nous faire
croire qu'elles ne sont là que pour accueillir des choses mais que ce ne sont pas elles qui publient. Ça n'est pas vrai puisque le modèle fait que la publication qui fera plus de buzz rapportera plus à la plateforme. Donc c'est un modèle économique qui repose effectivement sur là-dessus et donc on doit pouvoir le leur faire réguler. Donc voilà, merci beaucoup d'être venu. Ça a permis au nouveau de notre délégation puisque nous venons d'être recomposés de mieux comprendre nos travaux de l'année dernière et de comprendre pourquoi nous voulons faire une mission cette année sur l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle
pour les les enfants les plus grands euh qui doit se mettre en place en France depuis une petite éternité mais dont on n'est pas sûr que ça se met en place ou que ça se met en place convenablement partout et donc ça fera partie des des futurs travaux de la délégation en droit des femmes parce que il est clair que l'éducation est une chose importante et que d'apprendre dès le plus jeune âge l'égalité, le respect est une chose importante. Donc merci beaucoup. Nous en arrivons effectivement à des conclusions proches des vôtres mais nous vous avions rencontré et à ce moment-là nous étions déjà je pense tout à fait en accord. Donc merci beaucoup. Merci à vous à tout le monde et rendez-vous à tout le monde dans les
Dominique Vérien