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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 20 janvier 2025 7 min

Sarah Knafo : "Donald Trump dit 'les États-Unis d'abord', nous devons dire 'la France d'abord'"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Donald Trump va bientôt pouvoir de nouveau s'installer dans le bureau ovale. C'est aujourd'hui qu'il prête serment pour devenir le 47e président américain. Une cérémonie d'investiture en présence de milliardaires, de dirigeants de la tech et de personnalités politiques du monde entier, notamment des dirigeants d'extrême droite comme l'italienne Georgia Meloni. Et parmi les rares français invités, il y a notre invitée Sarah Knafo. Bonjour. Bonjour à vous. Vous êtes l'unique députée française de reconquête au Parlement européen. Reconquête, c'est le parti, fondé par Éric Zemmour. Vous êtes donc à Washington. Alors, ça fait des mois que vous nouez des liens avec les Trumpistes.

Pour vous, c'était impensable de ne pas être présente ?

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Sarah Knafo

Ça fait non seulement des mois, mais ça fait aussi des années. Si vous comptez 2022, le moment où Éric Zemmour a eu un appel téléphonique avec Donald Trump, un appel vraiment très intéressant parce qu'il disait à peu près toute la suite de la stratégie que Donald Trump allait adopter et qui a été une stratégie gagnante. Il lui disait de ne pas se soucier de ce que disaient les médias, de rester droit dans ses bottes, de continuer de dire ce qu'il disait, même si le récit médiatique autour de sa campagne était de dire qu'il était brutal, qu'il était radical, etc. Il lui disait ça peut déplaire aux médias, mais ça plaira au peuple.

Et Donald Trump se l'est appliqué à lui-même et on voit où ça l'a conduit, à la Maison Blanche.

1:21
Présentateur

Et comment vous avez fait pour réussir, pour être invité, pour vous faire inviter à cette cérémonie d'investiture ? Qui vous a invité ?

1:28
Sarah Knafo

Écoutez, c'est l'administration Trump, donc il faut peut-être lui demander pourquoi est-ce qu'il s'estime reconquête. Moi, je crois savoir que c'est parce qu'il y a une véritable convergence sur le fond. C'est-à-dire que quand vous regardez ce qu'a apporté Donald Trump aujourd'hui au pouvoir, moi je dirais que c'est un grand souffle de liberté qui est en train d'irriguer tout l'Occident. Pas seulement les États-Unis, mais aussi l'Italie. Vous avez cité Georgia Melanie, on pourrait citer l'Argentine de Ravier Milley, et la Grande-Bretagne avec Nigel Farage, et j'espère demain en France avec nous-mêmes.

Je pense qu'il y a un grand vent de liberté, non seulement la liberté économique, mais aussi la liberté d'expression. Nous sommes, chez Reconquête, les meilleurs représentants de ce courant.

2:06
Présentateur

Sarah Knafo, cette liberté, en tout cas des États-Unis, elle va nuire à la France. Vous soutenez quelqu'un, Donald Trump, qui va pénaliser les entreprises françaises avec sa politique protectionniste ? On sait qu'il va augmenter les droits de douane sur les produits importés. Eh bien, si vous étiez lucide,

2:21
Sarah Knafo

vous sauriez que le fait que les États-Unis nuisent aux intérêts européens, ça ne date pas de Donald Trump, mais ça date depuis déjà des décennies.

2:27
Présentateur

Mais il va continuer, il va l'augmenter, il va le faire encore plus. Et d'ailleurs, on a un reportage ce matin sur l'antenne de la filière laitière française, les industries laitières françaises sont hyper inquiètes. Ils disent que les États-Unis, c'est un marché stratégique pour elles. Elles disent cela. Comment elles peuvent faire pour se défendre face aux États-Unis ?

2:44
Sarah Knafo

C'est très intéressant ce que vous dites, et d'ailleurs, j'allais y venir. Je pense que le fait que les États-Unis nuisent à nos intérêts, ça ne date pas, comme je vous l'ai dit, de Donald Trump. Quand on regarde l'histoire américaine, c'est même sous Barack Obama qu'on a eu le plus d'intérêts français qui ont été minés par la puissance américaine. C'est d'ailleurs sous Barack Obama que Frédéric Pierucci, notre cadre d'Alstam, a été enfermé dans les jôles américaines. Et pourquoi est-ce que l'élection de Donald Trump va, à mon avis, nous permettre de devenir plus adulte ? C'est parce que lui l'assume au grand jour.

C'est-à-dire que ce qu'ont fait les États-Unis, sans le dire de manière plus insidieuse, Donald Trump arrive, assume, si vous voulez, avec des gros sabots, et donc va nous permettre, nous, de sortir de cette naïveté vis-à-vis de Washington. Donald Trump dit les États-Unis d'abord, et nous, nous devons dire la France d'abord. Mais il était temps, et c'est une souverainiste qui vous le dit.

3:32
Présentateur

Mais est-ce que la France a les moyens d'être plus adulte, comme vous le dites ? Mais bien sûr. On ne joue pas forcément dans la même catégorie. à entendre, par exemple, le luxe français, qui est très inquiet, même sous Obama. Moi, je ne les ai jamais entendus aussi inquiets. Elle est pareille, la filière des spiritueux aussi.

3:47
Sarah Knafo

Vous citez le bon exemple. Prenez les spiritueux français. On pourrait augmenter les droits de douane de 30%, de 50%, que vous auriez quand même une classe supérieure américaine qui voudrait acheter du vin français, tout simplement parce qu'on est les meilleurs. Il faut avoir confiance en nous. Sur le luxe, vous avez cité les spiritueux. Sur l'aéronautique, on est vraiment les meilleurs. On a les moyens de se défendre. Mais le problème, c'est qu'on ne l'a tout simplement jamais essayé. On a une forme de naïveté sur les sujets de libre-échange, et pas seulement d'ailleurs, on parle de sujets commerciaux, mais également sur les sujets de défense.

On a une forme de naïveté vis-à-vis de Washington qui nous a empêchés jusqu'à aujourd'hui de devenir adultes. Et peut-être que le fait d'avoir quelqu'un qui assume enfin la politique américaine en le disant avec des mots, peut-être que ce fait-là nous permettra à nous de devenir plus adultes.

4:38
Présentateur

Donc oui à la guerre commerciale, c'est ça ce que vous nous dites ?

4:40
Sarah Knafo

Mais bien sûr. Mais tout le monde nous mène la guerre commerciale. On est les seuls à déclarer la paix, à sortir le drapeau blanc. Il est temps, une fois pour toutes, de se rendre compte qu'y compris par exemple la Chine qui est dans l'OMC nous mène évidemment une guerre commerciale, comme tous les pays du monde.

4:55
Présentateur

Donc ça veut dire plus de France ou plus d'Europe aussi ?

4:59
Sarah Knafo

Pour résister justement. Ça veut dire plus de France. Je vous prends un exemple. Sur le sujet de la défense, on a Donald Trump qui nous dit « Ce n'est plus au contribuable du Wisconsin de financer la sécurité des Américains ». Très bien. C'est exactement ce que disait la France du général de Gaulle. Le général de Gaulle disait « Ce n'est pas aux États-Unis que doit se décider la sécurité de la France, ce n'est pas à Washington que doit se décider le futur du continent, mais à Paris ». Le général de Gaulle voulait que la France soit le leader militaire du continent. Mais à chaque fois, les autres nations européennes ont préféré se mettre sous le parapluie américain.

Aujourd'hui, avec Donald Trump, les États-Unis nous disent « Nous ne voulons plus vous protéger ». Très bien. C'est désormais à la France de dire

5:40
Présentateur

« Nous allons prendre le leadership sur le continent européen ». Sarah Knafou, une dernière question. Pour en revenir justement à la cérémonie d'investiture aujourd'hui à Washington, investiture de Donald Trump, vous avez peut-être croisé votre ancien allié Marion Maréchal qui elle aussi va assister à la cérémonie, ainsi que trois représentants du Rassemblement National. Alors par contre, Jordan Bardella, le président du RN, lui n'y sera pas et manifestement, il n'avait pas envie d'y aller. Il dit, je le cite, « On a l'impression que c'est Walt Disney, je ne comprends pas cette mode, cette course pour aller se prendre en photo devant Donald Trump pendant son discours ».

Vous suivez une mode, Sarah Knafou ?

6:13
Sarah Knafo

Alors je n'ai pas l'impression. Écoutez, nous, quand on a soutenu Donald Trump, il était donné perdant par tout le monde. Donc j'ai plutôt l'impression que ce sont les autres qui nous ont suivis à la fin. Mais c'est peut-être la preuve qu'on avait vu juste.

6:22
Présentateur

Et vous regrettez qu'il ait invité d'autres personnes, qu'il n'y ait pas que vous et Éric Zemmour à Washington aujourd'hui, côté français ? Ah pas du tout.

6:28
Sarah Knafo

Alors au contraire, je trouve que c'est très intelligent de la part du Parti des Républicains Américains de vouloir nouer des liens avec certaines délégations du Parlement européen. Et d'ailleurs, je vais vous dire, moi, je n'ai pas la passion d'être seule. On a été seule longtemps à le soutenir. Maintenant, je trouve ça très, très positif qu'on soit de plus en plus nombreux à comprendre que ce vent qui souffle aujourd'hui sur les États-Unis

6:48
Présentateur

soufflera demain en Europe. Merci Sarah Knaffo, députée française de Reconquête au Parlement européen. Vous étiez l'invité du 5-7.