Service national universel, mixité à l'école, retraites... Ce qu'il faut retenir de l'interview du "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière, le service national universel, information de nos confrères de politices confirmés par France Info, il est question que le gouvernement en fasse dès la rentrée prochaine un stage de 12 jours pour les élèves de 2 secondes, dès le mois de septembre donc. Cette piste de travail, est-ce qu'elle est de nature à lever vos doutes sur le service national universel ?
Ça lève mes doutes, si j'en avais, sur le caractère totalement confus, pardon de la trivialité, mais quelle pétodière, depuis le début de cette histoire, ils ne savent pas quoi en faire, après les effets d'annonce du président, là on en vient à une idée extrêmement mauvaise, si je comprends bien.
Pourquoi mauvaise ?
Si j'en crois politice, je vais le dire, qui paraît être un excellent journal et qui doit être lu, c'est qu'on va supprimer 12 jours de classe à nos élèves. Mais pas pour rien. Pourquoi ? Pour apprendre les valeurs de la République, qui je le rappelle, sont une mission de l'école publique. C'est-à-dire qu'on pense qu'en faisant 12 jours de mois à l'école, où on doit apprendre, expérimenter, transmettre les valeurs de la République, c'est dans une espèce de posture mal définie, telle que c'est le cas, pour justifier l'existence d'un secrétariat d'État et d'un projet présidentiel qui ne sait plus où il a né.
Bon, je reprends les mots, j'ai écouté juste avant que notre entretien commence, la responsable, je crois, du SNES et de la FSU, qui indiquait que la même secrétaire d'État qui disait « ce qu'il y a de formidable dans ce projet, c'est que les jeunes vont se brasser entre différentes origines de toute la France, etc. » Et là, la proposition qui est faite selon Politisme, et j'ai tendance à les croire, c'est que c'est un des pistes entre proximité, où en fait, c'est les mêmes personnes, des mêmes quartiers qui vont se retrouver.
Informations confirmées par France Info, pas de mixité géographique en effet, mais notamment la base du volontariat. Ce seront aux établissements et aux enseignants de proposer cela. Les enseignants volontaires, c'est quelque chose qui vous était cher, le volontariat de ce genre d'initiative ?
Non mais attendez, on va parler après, parce que vous me l'avez indiqué, de sujets sérieux, c'est-à-dire la mixité sociale au sein de l'établissement scolaire, le séparatisme scolaire qui s'installe. Ça, c'est la priorité. On peut arrêter de perdre du temps sur des gadgets absurdes. Mais alors, vous, vous défendiez plutôt l'idée d'un service civique ? Mais c'est autre chose qui se situe à un autre moment de la vie, rémunérée avec des projets écologiques, etc.
Ce n'est pas ce gadget idiot dans lequel nous sommes en train de rentrer, qui vise en quelque sorte à dire, j'ai vu tout un discours paternaliste, et souvent un peu à caractère un petit peu assez discriminant, il y a des jeunes, il faut leur mettre l'uniforme sur le dos et leur apprendre les vers de la République, avec un côté un peu militaire, parce qu'il n'y a rien de tel que l'armée, n'est-ce pas, pour former des bons français. Enfin, tout ça est absurde. Il est hors de question, je le répète, qu'on supprime 12 jours de classe à nos élèves, qu'il faut au contraire en rajouter, il faut plus d'enseignants, et malheur à ceux qui voudront engager une telle politique, nous nous y opposerons.
Je rappelle, pour l'anecdote, que vous-même êtes professeur.
Professeur, qui est attaqué actuellement, gravement, par le même gouvernement, qui veut supprimer aussi les enfants.
L'autre argument du gouvernement, c'est de dire que les parcours d'engagement sont souvent valorisés. Quand vous allez ensuite à la fac en école pour des stages, on vous dit, ah bon, vous avez fait de l'associatif, c'est très bien, sauf qu'en fait, aujourd'hui, c'est réservé aux classes les plus aisées. Les personnes qui vont chez les scouts, les personnes qui font de l'associatif, ils disent, bah là, tout le monde aura un parcours d'engagement, tout le monde aura la possibilité de le faire.
Il n'y a aucun parcours associatif. Et je répète, pour réduire à un argument, et excusez-moi d'être redondant, il est hors de question de supprimer 12 jours de classe à nos enfants. Ils ont besoin, au contraire, d'être mieux formés, d'avoir plus d'enseignants, d'être davantage dans l'état du sens scolaire. Et tous ces gadgets, ces obsessions présidentielles absurdes, idéologiques, sans moyens, sont une perte de temps et dévoient une idée qui aurait pu être intéressante, celle d'un engagement dans la société, en monde de la vie, en sortant notamment de sa première formation après le bac, dans des projets. Donc un service civique ? Oui, ça, ça peut être intéressant.
Vous proposiez 9 mois, par exemple, après les études, en fait ? Voilà, qui pouvait être au moment où on a déjà passé le post-bac sur des projets qui, eux, sont intéressants, d'aide à la personne, d'engagement écologique. Ça, moi, je suis pour que notre jeunesse soit engagée dans des grands projets qui sont utiles.
Mais pas sur du temps lycéen.
Mais pas là, comme ça, dans des bricolages systématiques qui font honte, en vérité.
Sur la mixité, Alexis Corbière, Papandia a présenté son plan cette semaine, qualifié de peu ambitieux, relativement consensus sur le constat. Est-ce que, dans le même temps, il pouvait en faire autrement, dans la mesure où, politiquement, il n'y a pas de consensus non plus sur la question ?
Alors, le ministre Papandia vient de subir une déroute. Sur quoi ? Une déroute. Sur une déroute, parce que son projet n'était évidemment, certainement pas, cette déclaration du 17 mai, qui est sans effet, sans obligation, sans rien. Le sujet qui est fondamental.
Il n'y a que des engagements. Je précise que cette déclaration, c'est des engagements non contraignants. Il n'y a rien qui est obligatoire.
Il n'y a rien. Et je rappelle en plus que le secrétariat général à l'enseignement catholique à lequel il a signé, de toute manière, n'a aucun pouvoir sur les établissements privés qui, eux, sont des établissements indépendants, en vérité. Et donc, tout ça est un gigantesque effet de coup d'épée dans l'eau. Mais revenons au fond du sujet. Quel est-il ? Il est qu'aujourd'hui, notre école est en danger. La République, ça commence à l'école. L'école publique, il n'y a rien de plus précieux. C'est la base de tout. Et il s'est mis en place, aujourd'hui, quelque chose qui est acté scientifiquement, si je puis dire.
Il y a encore, notamment, dernièrement, des études du CNRS qui ont mis en place ce qu'on appelle l'indice de positionnement social, qui nous dit quoi ? Que se concentrent dans les établissements privés les enfants des catégories les plus favorisées et qu'on retrouve dans les établissements publics, en particulier même, au sein même de la carte d'établissement public, une concentration d'élèves en difficulté dans certains endroits. Donc, progressivement, se met en place, ce que je disais tout à l'heure, c'est parce que la discussion sur le SNU est agaçante, une forme de, j'avais utilisé le mot il y a deux ans, j'avais fait une tribune lors du débat, de séparatisme scolaire.
C'est-à-dire, nos enfants ne vont plus dans les mêmes écoles. Selon votre origine sociale, vous n'allez pas dans les mêmes établissements, évidemment, que les plus favorisés. Alors, c'est souvent l'effet aussi d'une ségrégation spatiale dans les quartiers, mais l'école l'augmente. Et en plus, le plus fou, c'est que, attendez, je termine, c'est que comme depuis 1959, la loi Debré, il y a un financement public, les établissements privés sont financés à 73% par de l'argent public,
c'est de l'argent public... Pour les salaires des professeurs, notamment, et pour les charges sociales.
D'accord, mais qui avait quand même créé un émoi en 1959, il y a eu 11 millions de personnes qui avaient pétitionné, plus de la moitié du corps électoral, contre cette loi qui remettait en cause, quand même, l'idée de la séparation de la laïcité. Donc, je rappelle que 95% des établissements privés sont confessionnels, et 93% sont confessionnels catholiques. C'est 20% du budget pour à peu près 20% des élèves. 20% du budget... Non, attendez, je vais vous dire une chose. Est-ce que vous savez que 20% de la recette de l'impôt sur le revenu sert à financer des écoles privées, qui sont en vérité quelque chose qui amène à ce que... On trouve 20% des élèves français. Oui, 20%, mais...
C'est relativement proportionnel. Oui, mais attendez, c'est scandaleux. Attendez, je vais vous dire une chose. Il y a la police qui existe. Si vous décidez de vous payer en garde du corps, vous le payez vous-même. Ce n'est pas de l'argent public qui va décider que vous, vous avez votre propre garde du corps. C'est le même sujet si je paye l'école publique. Si vous faites le choix, et je suis pour garder la liberté de choix des parents, mais pourquoi de l'argent public doit aider à cela ? Et a fortiori, pourquoi en plus, ça doit encore plus disloquer nos écoles publiques ? Il faut que... Alors, quel est le fond du sujet ? Je ne veux pas culpabiliser les parents.
Le sujet, c'est que l'État vous dit, le public ne peut pas tout, et que les parents pensent qu'en mettant leurs enfants dans le public, il y a une perte de chance.
Pourquoi ils le pensent ? Parce que dans nos établissements scolaires, et c'est à l'une de Seine-Saint-Denis qui vous le dit, le taux de remplacement des professeurs quand ils sont absents, il est particulièrement faible dans certains établissements. Il y a des établissements de la Seine-Saint-Denis qui sont sous-dotés, d'ores et déjà, selon un établissement parisien, je parle du public, ou un établissement de la Seine-Saint-Denis, ce ne sont pas les mêmes moyens. Mais si en plus vous donnez encore plus de moyens au privé, parce que c'est le cas, le ratio par élève, aujourd'hui que ce soit l'argent public qui est donné ou l'argent privé, est plus important pour un élève du privé.
Il y a un sujet, nous finançons avec de l'argent public l'affaiblissement de notre école.
Pour vous, il ne faut que du privé hors contrat, c'est-à-dire qu'il n'y ait plus du tout de financement public pour les écoles privées.
Je pense qu'il y a un sujet déjà qui est posé, ce n'est pas le programme qui a été porté par Jean-Luc Mélenchon, mais c'est la vieille revendication laïque de dire à l'école publique, fonds publics, à l'école privée, fonds privés. Quand je dis ça, je suis conscient du caractère, tout le monde va lever les mains, mais est-ce qu'au moins on peut conditionner le financement public que nous donnons à des établissements avec le fait qu'ils accueillent, comment dirais-je, davantage peut-être d'enfants de milieux défavorisés qui est du conditionnement à ce qui est fait. Mais on a là quelque chose qui est grave, je vous le répète, parce que nos enfants ne sont plus dans les mêmes écoles.
Et à partir de là, se met en place quelque chose qui est terrible. Et il y a une perte de confiance pour les parents. J'en connais, moi, des parents de Seine-Saint-Denis, qui fait qu'ils ne veulent plus aller dans l'école publique parce qu'elle est délabrée.
Et donc, d'un mot Alexis Corbière, 50% d'élèves boursiers, par exemple, en plus, atteint de ce niveau-là d'ici 5 ans, c'est l'engagement, en tout cas l'objectif fixé par le gouvernement aux établissements privés. Vous, vous pensez que ces annonces de Papéniaï ne seront pas suivies des faits ?
Bien sûr, elles ne seront pas suivies des faits. C'est incitatif, ça n'aura pas lieu. Et même l'enseignement privé, de toute manière, tient sa valeur sur le fait que la promesse qu'il fait aux parents, c'est que dans l'établissement, on est entre gens bien et qu'il n'y a pas d'enfants de milieu défavorisé. Parce que c'est ça, le message subliminal qui est envoyé. Donc, ça n'aura strictement aucun effet.
C'est aussi le rôle des établissements privés. Vous pensez qu'ils ne suivront pas ça 50% d'élèves boursiers en plus ?
Pour quelle raison ils le feraient ? Ce que j'ai entendu de pire, on n'a pas le temps de détailler peut-être, c'est que dans le protocole, s'ils accueillent des enfants défavorisés, il faut encore plus d'argent public de la part des collectivités locales pour qu'ils le fassent. Mais est-ce que vous savez qu'il y a un effet d'oblige ?
Ils disent d'accord pour plus de boursiers si les collectivités locales prennent en charge les cantines et le transport scolaire.
Encore plus que de notre poche, on paye la scolarisation des enfants dans le privé.
Mettre un élève boursier loin de chez lui et lui dire débrouille-toi pour manger le midi, débrouille-toi pour y aller.
Loin de chez lui, vous savez que bien souvent, tout ça n'est pas vrai, ça n'a rien à voir avec la proximité de toute manière. De toute manière, le choix, on va se parler cash, le choix aujourd'hui d'aller dans le privé n'est plus un choix confessionnel comme c'était dans les années 50. Je regardais une statistique pour préparer votre émission. En 1947, 66% des Français croyaient en Dieu. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 48%, je crois. Donc de toute manière, le débat, les gens ne vont plus pour des raisons une fois plus spirituelles et confessionnelles qu'ils pourraient être respectables.
Ils y vont parce que c'est des boîtes privées pour mettre entre enfants des milieux qu'ils jugent favorisés et parce qu'ils jugent. Surtout, ce qui est terrible, c'est qu'ils n'ont plus confiance dans l'école publique. Donc moi, je suis pour des politiques de reconquête, de confiance dans l'école républicaine qui passe par des moyens supplémentaires. Quand M. Papendiaï a été élu, il a accepté de nous recevoir les 12 élus NUPES de Saint-Saint-Denis. Nous lui avons dit, il y a un problème dans notre département. Il a dit, oui, j'en suis conscient, etc. Et rien de significatif n'est fait. Donc on en est là.
Non mais c'est grave, parce que tout le baratin que j'entends après, quand on laisse faire ça, quand en plus un ministre qui arrive, qui dit, ce sera essentiellement là-dessus que je veux porter le fer, se retrouve ridiculisé comme vient de l'être M. Papendiaï, parce qu'il a été ridiculisé, vous le savez très bien, il devait faire des déclarations le 11 qui n'ont pas eu lieu et le 17, c'est un simple communiqué sans effet sur quelque chose d'aussi grave. Je dis danger et j'observe en plus. C'était M.
Blanquer qui l'a mis en place que depuis quelques temps, il est de bon ton quand on est ministre de l'éducation nationale de mettre ses enfants dans le privé, ce qui démontre que même ceux qui dirigent l'éducation nationale dans les gouvernements successifs n'ont plus confiance dans notre école publique. Pourtant nous, les milieux populaires, les gens, la grande majorité, doit défendre et doit se battre pour une défense de l'école publique qui est notre bien commun.
Alexis Corbière, député de la France Insoumise
de Seine-Saint-Denis. L'inflation, les 75 principaux industriels de l'agroalimentaire acceptent de revenir à la table des négociations avec la grande distribution notamment. L'idée est bien sûr de faire baisser les prix en rayon, de suivre la baisse des matières premières notamment de l'énergie, mais pas seulement. Est-ce que finalement le gouvernement a eu raison d'avoir ce dialogue, de ne pas obliger mes densités avec cette nouvelle réunion qui arrive et peut-être des baisses de prix en rayon ?
Non, il a eu tort. Vous le dites vous-même dans la phrase. C'est-à-dire qu'on est au mois de mai. On vient de traverser plusieurs mois d'inflation. Je regarde mes chiffres. 6,2% d'inflation à 9 ans. C'est la plus grande hausse depuis 1985. Avec une réalité économique derrière.
Oui. C'est-à-dire que vous savez très bien
qu'aujourd'hui les profits de l'agroalimentaire expliquent 36% de la hausse des prix de production qu'il y a eu que les différents groupes de grande distribution ont refait leur marge. Il y a une boucle prix-profit qui a été établie par nombre d'économistes qui montre que ça n'est certainement pas parce que la guerre en Ukraine ou je ne sais trop quoi mais il y a eu aussi un effet d'aubaine face auquel le gouvernement s'est retrouvé impuissant. Qu'est-ce que nous avons demandé à l'Assemblée nationale ?
L'inflation est moins élevée, en tout cas pas plus élevée en France que dans les pays européens notamment sur les prix de l'alimentaire.
Oui mais il y a des marges qui sont faites. Est-ce que vous acceptez l'idée qu'en même temps que vous payez plus cher toute une série de produits plus 20%, plus 12% sur des produits consommation courante je pense notamment à l'huile, etc. qu'il y a des grands groupes qui se refont la paillasse ? Donc pour qu'il n'y ait pas trop de marge c'est quoi ? C'est des prix bloqués ? Pourquoi pas définir un panier c'est ce que nous avons proposé plusieurs fois de base, de produits dans lesquels il y a un blocage des prix. Là il est défini par les distributeurs. Ce panier anti-inflation du gouvernement des produits à prépareil. De toute façon il est inefficace.
Ce ne sont pas des produits qui sont des produits de première nécessité. Il y a souvent des effets de communication. Les français le savent. Vous savez que quand vous allez au supermarché j'imagine que c'est votre cas aussi les prix ont augmenté et vous n'avez pas du tout l'impression d'être protégé. Maintenant je le répète qu'il y a de la grande distribution à en profiter pour se refaire des marges de manœuvre et des marges financières importantes. Beaucoup trop de marges ? Vous dites que... Bien entendu. Certains sont au moment où tout augmente. Écoutez, ce qu'on nous dit l'observatoire de la conjoncture économique c'est qu'il y a une baisse du pouvoir d'achat.
Contrairement d'ailleurs à ce qu'a dit le président de la République dans une interview récemment. En faisant valoir toutes les baisses d'impôts à 2% de baisse du pouvoir d'achat. C'est sans doute ce qui va avoir lieu. 16% des français aujourd'hui qui ne mangent pas à leur faim. Une étude récente selon Elab nous dit que 43% des français n'ont pas acheté certains produits dernièrement en raison justement de cette augmentation de prix et le gouvernement est resté inactif. C'est un gouvernement déclaratif.
Le gouvernement dit s'il y a trop de profits on surtaxera. Vous vous mettez d'accord ou alors on taxera vos profits.
Il a dit attendez ce n'est plus un exécutif c'est un déclaratif. Il parle sur plein de choses. Vous savez moi il y a deux ans j'avais proposé une PPL une proposition de loi sur la question des frais bancaires qui ne cessent d'augmenter. Vous savez les frais bancaires c'est toutes ces petites choses qu'on fait payer aux français parce qu'un chèque est en retard etc. 7 milliards et les banques se font là-dessus. Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale il avait dit monsieur Corbière vous avez raison mais on ne va pas légiférer on va demander on va leur demander de faire des choses les inciter et les banques continuent à se goinfrer sur les frais bancaires.
Là c'est pareil vis-à-vis de la grande distribution. On vient de laisser passer toute cette période d'inflation significative qui a coûté cher aux français on est au mois de mai on est en train de dire que monsieur Le Maire évidemment il faut qu'il s'agite il faut qu'il fasse la communication nous dit qu'on est en train de réunir la grande distribution pour voir éventuellement est-ce que dans certaines conditions on ne peut pas les inciter ah bref
il n'y a pas que la menace de la surtaxation des surprofits des industriels de l'agroalimentaire ou d'éventuels distributeurs il y a aussi la question du partage de la valeur le gouvernement dit le pouvoir d'achat c'est partager aussi la valeur qui est créée en entreprise avec un texte qui doit arriver à l'Assemblée il me semble dans les prochaines semaines être présenté en tout cas en Conseil des ministres vous insoumis vous proposez votre propre texte de partage de la valeur le gouvernement dit l'autre il est issu du dialogue social des partenaires sociaux qui sont mis d'accord pourquoi est-ce que vous proposez un nouveau texte pas la transcription de l'accord des syndicats
il n'y a aucun texte significatif qu'aujourd'hui qui a eu l'accord véritablement des partenaires sociaux comme vous le dites mais pas de tous les syndicats mais c'était pas syndicat oui voilà non mais donc nous avons des propositions là-dessus mais comment dirais-je vous voyez comment on est dans un moment où les dossiers s'enchaînent sans cohérence les unes des autres moi j'aimerais vous m'engager sur notre sujet mais je reviens à ce qu'il vient d'être parce que ça c'est le quotidien des français inflation et inaction du gouvernement pour quelle raison il n'y a pas eu une légifération sur le blocage des prix qu'est-ce que c'est qui l'empêchait cela se pratique même dans certains départements
le gouvernement dit ça marche pas il dit la Hongrie l'a fait ça ne marche pas
à l'occasion de la crise du Covid concernant notamment le prix des masques et il l'a fait qu'est-ce que c'est pourquoi d'où vient cette idée cet impératif catégorique verbal qui dit ça ne marche pas pourquoi ça ne marche pas ce qui ne marche pas c'est la situation actuelle ce qui n'a pas marché c'est la stratégie du gouvernement qui a consisté à dire rassurez-vous on va discuter avec les grands autres c'est pour ça que vous m'embarquez sur un autre sujet mais je reviens à celui-là est-ce que tous les français voient bien et constatent que nous venons de traverser la plus grave inflation que notre pays a connue depuis 1985 et que les prix ont continué à flamber qu'en vérité il n'y avait pas un effet vraiment conjoncturel il existe de certaines manières mais au moins une augmentation significative 36% de ce qui a eu lieu est dû au fait que les groupes en ont profité pour se refaire des marges de bénéfices et que le gouvernement est resté les bras ballants mais c'est le même sujet Alexis Cambière
puisque le gouvernement dit soit effectivement vous bloquez les prix et vous agissez sur le panier de course soit vous agissez sur les salaires et vous augmentez le pouvoir d'achat des salariés et donc vous les obligez ces groupes qui font des bénéfices à repartager les bénéfices qu'ils font
on est d'accord qu'il n'est absolument pas prévu d'augmenter les salaires nulle part quand nous l'avons proposé quand j'ai proposé l'augmentation du SMIC à l'Assemblée Nationale
non mais vous vous le proposez limiter les écarts de salaire
oui bien sûr mais commençons par là augmentation de salaire commençons par agir comme puissance publique sur ce sur quoi nous pouvons agir augmenter le SMIC créer les conditions éventuellement qu'il y ait dans certains secteurs avec des grands groupes qui peuvent utiliser de la sous-traitance dans lequel une concentration de rémunération au SMIC éventuellement ces grands groupes on pourrait le faire par la loi participe au financement pour aider les TPE, PME qui utilisent beaucoup de salariés payés au SMIC pour qu'elles puissent le faire il y a des tas d'idées qui peuvent avoir lieu je rappelle qu'en plus quand vous augmentez le SMIC il y a un effet cascade où tous les salaires augmentent ça c'est la puissance publique qui peut le faire elle peut convoquer une conférence salariale plutôt que des incitations multiples qui nous font perdre du temps sur ce sujet c'est la première préoccupation des français pouvoir d'achat augmentation de salaire le travail doit payer dans ce pays il ne paye plus assez et par ailleurs quand le gouvernement et monsieur Macron se félicitent sur le fait qu'il y a des chiffres du chômage qui sont un peu moins mauvais il oublie de voir la qualité du travail où il y a une ubérisation du travail une précarisation du travail contrat court contrat extrêmement précaire qui amène à ce qu'on a une situation et un marché du travail extrêmement précarisé et mal payé
Alexis Corbière
député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis le 8 juin à l'Assemblée Nationale arrive ce texte du groupe Liot pour abroger en quelque sorte la réforme des retraites est-ce qu'il y aura un vote déjà vous allez permettre avec le temps des débats qu'il y ait un vote vous allez voter ce texte ? il le faut évidemment
juste en détail c'est pas un texte du groupe Liot c'est un texte nous soutenons tous qui sera débattu dans le cadre de la niche du groupe Liot que je remercie c'est un texte que nous soutenons les groupes Nupes aussi
ce n'est pas constitutionnel vous rétorque le gouvernement ça reviendrait à beaucoup trop dépense ce qui n'est pas constitutionnel l'article 40
alors tout ça est totalement faux d'ailleurs la présidente de l'Assemblée Nationale doit déjà valider ce texte qui fait son chemin le président de la commission des finances va donner son avis à mon avis il l'autorisera à ce qu'il puisse être débattu c'est des arguments sortons des débats hyper techniques alors il est constitutionnel de rajouter deux ans aux français de travail par contre il serait anticonstitutionnel que de dire quelques semaines après non nous voulons revenir là dessus d'où tient cet argument si c'est le cas c'est la constitution qui n'est pas bonne je pense qu'elle n'est pas bonne d'ailleurs et qu'il faut engager un processus démocratique pour aller vers une nouvelle constitution 6ème république abroger le 49-3 donner des possibilités de référendum arrêter le présidentialisme là c'est honteux ce qui est en train d'avoir lieu c'est ridicule ils sont mauvais joueurs ils ont peur de peur
le fond de l'affaire c'est de dire c'est de l'agitation c'est de dire soit ce sera retoqué par le conseil constitutionnel soit de toute façon ça ira nulle part parce que le Sénat ne le votera pas c'est pas vrai mais pourquoi il ne le voterait pas je vais répondre à cet argument
parce que je l'ai entendu au Sénat pourquoi il ne le voterait pas parce que le Sénat a voté la réforme mais attendez le texte de loi fera son choix il sera présenté au Sénat qui peut-être votera contre et il reviendra et dans la constitution c'est l'assemblée qui a le dernier mot quel est le sujet ne tournons pas autour du pont le gouvernement a peur parce qu'il sait qu'il est minoritaire à l'assemblée nationale et donc il triche il est mauvais joueur il essaie d'utiliser tout ce qu'il y a de moins démocratique dans la constitution pour empêcher ça honte à eux et les français d'ailleurs ils le sont sont indignés par cette attitude ce texte doit être débattu malheur à quelqu'un qui veut interdire les députés de débattre de quelque chose qui est un sujet d'intérêt général une majorité de français ne veut pas ce texte nous allons en débattre le 8 et nous allons gagner et madame Borne se ridiculise juste je termine là-dessus peut-être que socialement monsieur Macron et madame Borne ont pu pour l'instant nous imposer un texte que nous ne voulons pas mais politiquement ils ont perdu parce que pour le faire ils ont utilisé ce qu'il y a de plus rejetés par la population dans la constitution ils sont affaiblis politiquement ils n'ont plus aucune légitimité c'est un sujet de fond parce que ça participe
à une crise profonde du pays les révélations autour de Carlos Martins Bilingo député la France insoumise soupçonnée de deux choses la première d'avoir dissimulé au fisc pendant 4 ans des revenus il le réfute il a publié un communiqué la seconde d'avoir continué à occuper un logement social pendant 4 ans après avoir acheté deux appartements sa petite soeur qui aurait occupé ce logement réaction des insoumis hier aujourd'hui quel est votre message vous le soutenez aujourd'hui Mordicus ?
mettez-vous à ma place vous auriez un collègue la presse vous dites révélation il y a déjà un sujet qui est que la justice ne l'a pas contacté c'est BFM c'est machin qui pose le sujet il y a une enquête préliminaire non mais je veux dire son avocat c'est un peu bizarre comme manière il a publié un communiqué non mais très bien mais avouez quand même que c'est pas simple moi Carlos je l'appelle Carlos parce que c'est un ami je l'ai découvert surtout au mois de juin d'un homme honnête que j'apprécie il fait des communiqués j'ai tendance évidemment je les crois et j'ai confiance en lui
vous le croyez mais si jamais il y a faute c'est inacceptable on n'entend pas ce message de fermeté comme tout le monde
mais c'est une plaisanterie nous sommes les premiers à dénoncer la fraude et l'évasion fiscale c'est pas le sujet maintenant le problème c'est que on a un collègue qui nous dit ce n'est pas exact etc on en est à ce stade
il dit ce n'est pas illégal il dit oui effectivement de son logement social de la partie
qu'il ne réfute pas il y a deux sujets il y a un sujet qui est sérieux et moi j'attends que Carlos et j'ai confiance en lui c'est un sujet de traque fin qui ne sont pas des gens qui travaillent à des amateurs donc là il y a un sujet il va apporter clarification et je veux avoir confiance en lui parce que c'est un frère c'est quelqu'un que j'aime bien et que je trouverai mais je veux dire j'ai confiance en lui
ça c'est le volet enquête il y a le volet politique et moral
après moi sur l'histoire de l'appartement j'ai vu ça de loin mais comment dirais-je son histoire c'est quand même un garçon d'une famille nombreuse populaire leur mère décède en 2013 il occupe un appartement puis lui parce que c'est un gars travailleur c'est un élève de lycée professionnel c'est un gars qui bosse manifestant il a 4 sous et notamment il achète quelque chose dans lequel il fait des travaux il occupe encore le logement pendant quelques temps et quand il s'en va il garde sa soeur qui vivait avec lui il lui dit bon on peut discuter de plein de choses
il y a ces deux questions il le signale à son bailleur quand on a suffisamment d'argent pour acheter deux appartements est-ce qu'on peut continuer à occuper un logement social c'est la question de fond c'est une question qui est morale et éthique dans la mesure où on a les moyens
il a quitté son logement
4 ans après avoir acheté deux appartements
parce qu'il dit qu'il y a eu des travaux et qu'il fallait que notamment le logement qu'il a acheté il ne pouvait pas y habiter et par ailleurs attendez 4 ans c'est pas tout à fait vrai 2018-2022 oui mais 2022 c'est le moment où même sa soeur est partie je comprends bien mais lui n'habitait plus là bien avant et il avait signalé dit-il par courrier au bailleur la situation mais enfin vous habitez avec votre frère ou votre soeur vous êtes orphelin de mère quand vous partez peut-être que moi je ne connais pas là vous me faites parler sur un sujet honnêtement je ne connais pas la situation sociale de sa soeur etc mais je me projette dans le sujet si quelqu'un dit à son bailleur voilà ma soeur qui est étudiante ma soeur qui est en situation de précarité elle va continuer à habiter le logement et que le bailleur ne voit rien à redire et ça ne mérite pas de se voir étaler dans la presse
vous lui rappelez votre confiance il s'expliquera peut-être devant la justice il s'explique par communiqué qu'est-ce que vous lui demandez de s'expliquer devant vous devant le groupe des insoumis à l'Assemblée mais tout ira de pair
mais enfin je dirais les communiqués qu'il font sont une forme d'explication non après il y a un autre sujet vous avez compris c'est que une seconde c'est quand même singulier quand on est député insoumis que la justice ne s'adresse pas à vous pour vous dire ce qu'elle vous reproche mais que ça se passe par voie de presse ce n'est pas une manière de faire de la bonne justice et je pense que quand on demande des clarifications et il est normal que nous les députés on soit transparent ça ne peut pas être des opérations politiques pour nous flétrir collectivement
Alexis Corbert député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis vice-président du groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale
Alexis Corbière