Services publics : "Soit on privatise, soit on augmente les impôts", explique la maire de Cabestany
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Le service public, c'est quelle part du budget de la ville de Cabestany ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Est-ce que ça coûte trop cher aujourd'hui, les CCAS ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut se soigner facilement chez vous ? Est-ce qu'il y a assez de médecins généralistes ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas avoir salarié des médecins alors ?
- 5:00OuverteRéponse directe
La dotation de l'État à Cabestany est la même depuis 40 ans. Comment faites-vous ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Ça veut dire que vous allez augmenter les impôts, Edith Pugnier, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40InvitéChiffre
« le service public à Cabestani, c'est la plus grosse part, c'est plus de 68% du budget de fonctionnement aujourd'hui. »
- 0:50InvitéChiffre
« sur un budget de 13 millions, à peu près, il y a 9 millions qui sont sur les services publics et sur le personnel. »
- 2:13InvitéFait
« La vie des gens ne peut pas coûter trop cher. »
- 3:33InvitéFait
« nous, on a le pôle d'Avicenne, on a Medipol, c'est des choses qui avaient été réfléchies à l'avance par Jean Villa à l'époque. »
- 5:10InvitéChiffre
« la dotation globale de fonctionnement de Cabestani, elle est de 540 000 euros, c'est-à-dire que c'est 5% aujourd'hui de nos recettes. »
- 5:19InvitéFait
« C'est exactement la même qu'en 1985. »
- 6:15InvitéFait
« soit on va supprimer des services, lesquels ? Qui on va embêter ? Soit on va privatiser ? Soit on va augmenter les impôts ? »
- 6:15InvitéFait
« la taxe foncière est le seul levier fiscal qui reste aux communes. »
Temps de parole
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- Présentateur5 %
- ?2 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
7h47, seulement 53% des habitants des Pyrénées-Orientales satisfaits des services publics, l'école,
l
'hôpital, la justice, 53% de satisfaits dans le département. Résultat donc de notre nouvelle consultation, dites-le ici, avec notre partenaire Rodoxa. Notre invité, Simon Kolbok, c'est justement une maire du département qui se bat, comme beaucoup d'autres, pour garder des services publics sur sa commune. Bonjour
Edith Punier. Bonjour. Vous êtes la maire communiste de Cabestani, Cabestani un peu plus de 10 000 habitants, souvent décrites comme une commune riche, mais vous allez nous en parler, vous êtes sur le point de prendre des décisions importantes et qui pourraient changer la vie des habitants. D'abord, pour bien comprendre, Edith Punier, le service public, c'est quelle part du budget de la ville de Cabestani
?
Alors, le service public à Cabestani, c'est la plus grosse part, c'est plus de 68% du budget de fonctionnement aujourd'hui.
Deux tiers du
budget de fonctionnement.
Oui, sur un budget de 13 millions, à peu près, il y a 9 millions qui sont sur les services publics et sur le personnel.
Parce qu'il y a évidemment des services publics, la crèche, le périscolaire, enfin, le service public, c'est extrêmement vaste.
Ah,
c'est tout ce qui a trait, en fait, à la réactivité, à la proximité, à la qualité. Donc, effectivement, on a l'accueil inconditionnel. Et puis après, du plus jeune, on passe de la crèche, on va dire, jusqu'à la vieillesse, avec le CCAS et l'accompagnement des personnes en difficulté. Les services techniques, les services à la population, l'accueil inconditionnel, les femmes de ménage, tous les services techniques, l'espace jeunesse, les ateliers municipaux. Puisque, à Cabestani, pour faire de la danse ou pour faire une, on va dire, une activité culturelle, une famille paye moins de 100 euros. Donc, pour expliquer, puisque c'est la culture, le sport ouvert à tous.
Donc, c'est aussi un très, très gros choix et un parti pris de la commune depuis des années.
Vous avez parlé des CCAS, c'est intéressant, ça,
on
va s'y attarder un instant. Les centres communaux d'action sociale, c'est pour aider les habitants les plus fragiles, les plus isolés, les plus âgés aussi souvent. Ils sont de plus en plus nombreux, ces habitants, à avoir recours au CCAS. Au début du mois, l'Union Nationale des CCAS avait tiré la sonnette d'alarme en appelant carrément à des financements privés parce que ça coûte cher. Est-ce que ça coûte trop cher aujourd'hui, les CCAS ?
Alors, on ne peut pas dire que ça coûte trop cher. La vie des gens ne peut pas coûter trop cher. Mais effectivement, ce n
'est
pas rentable. La différence, elle est là. Alors, effectivement, on a nous, en plus sur Cabestani, une population vieillissante qui a de plus en plus de besoins. Et on veut la maintenir un maximum chez elle, à pouvoir vivre comme tout le monde. Donc, nous, on a un CCAS très, très, très développé qui est effectivement
un des services publics.
Vous arrivez à boucler les budgets ? En participant, effectivement, financièrement à la commune. Mais
de plus en plus, vous avez senti la...
De plus en plus, on a des besoins, effectivement. Et de plus en plus, on a des personnels qui sont sur place, qui voient, qui entendent et qui sont réactifs aussi pour répondre à tous les besoins de la population. Au départ, on avait beaucoup plus un CCAS qui était retourné énormément sur les personnes âgées, sur l'accompagnement des personnes âgées, avec des gens qui habitent à Cabestani, donc qui, du coup, n'ont pas besoin de prendre la voiture et d'aller faire des kilomètres pour pouvoir faire 10 minutes, 20 minutes. Nous, la règle, c'est vous accompagner les personnes le temps qu'il faut pour les accompagner.
Et aujourd'hui, on a de plus en plus de personnes qui tapent à la porte parce qu'ils sont en difficulté sociale, parce qu'il faut les dépanner sur une facture EDF ou sur des choses comme ça.
Concernant la santé, évidemment, il
y a
la clinique Medipol à Cabestani, mais est-ce qu'on peut se soigner facilement chez vous ? Est-ce qu'il y a assez de médecins généralistes ? On en manque partout.
Alors, effectivement, nous, on a le pôle d'Avicenne, on a Medipol, c'est des choses qui avaient été réfléchies à l'avance par Jean Villa à l'époque.
Et tout
le monde nous disait, mais vous, vous n'avez pas la question à vous poser des centres de santé, etc. Sauf que, paradoxalement, c'est absolument pas vrai. Et effectivement, nous, les gens aujourd'hui, ce qu'ils aspirent, c'est à ne
pas
faire des kilomètres pour aller voir un médecin. Ce qui est complètement l'inverse des politiques nationales, puisqu'on voudrait fermer les hôpitaux, les maternités, mettre des déserts médicaux un peu partout. Et nous, on avait effectivement le pôle de santé à Medicenne et puis Medipol, mais toutes les spécialités médicales aussi. Mais on craignait quand même de voir partir un cabinet médical et un cabinet médical très important avec des généralistes.
Mais
vous avez fait le choix de ne pas salarié de médecin à vous
?
Alors non, par contre, on a rénové, on a investi, on a rénové les locaux municipaux pour y accueillir ce centre médical qui est en cœur de ville. Et effectivement, garantir la présence médicale de proximité.
Pourquoi ne pas avoir salarié des médecins alors ?
Alors le problème de salarié et un médecin,
c
'est qu'à un moment donné, la médecine,
c
'est quand même au départ quelque chose de libéral. Et le coût d'un médecin est très très très important. Et donc on a trouvé avec M. Pate d'œil une formule qui permettait de lier de manière intelligente et le privé et le public.
Évidemment, le nerf de la guerre pour défendre les services publics, ce sont les finances. Il y
a
un chiffre quand même qui résume bien la situation à Cabestani, c'est la dotation de l'État, l'argent donné par l'État aux communes. Et à Cabestani, cette dotation, elle est la même depuis 40 ans. Ça paraît fou.
Oui, la dotation globale de fonctionnement de Cabestani, elle est de 540 000 euros, c'est-à-dire que c'est 5% aujourd'hui de nos recettes. Et c'est exactement la même qu'en 1985.
Alors comment faites-vous ? Parce qu'on comprend bien que les besoins sont de plus en plus importants. Les rentrées d'argent de la part de l'État n'évoluent pas. Comment vous allez faire ?
Alors,
aujourd'hui, on a des véritables questions qui se posent, effectivement, parce qu'on nous demande de faire toujours plus avec moins. L'État se libère de beaucoup de charges, notamment l'État régalien, la sécurité, normalement, ça doit être de l'État. Aujourd'hui, on nous demande des polices municipales partout, on nous demande plein d'activités qui ne sont pas
en place. Est-ce que
ça veut dire que vous allez augmenter les impôts, Edith Pugnier, par exemple ?
On a trois choix. Aujourd'hui, très clairement, au niveau du budget, dans la préparation du budget, même si on n'arrive pas à avoir la vision globale, puisqu'on attend encore les lois de finances de 2027. Mais la question, elle va se poser ainsi, c'est-à-dire soit on va supprimer des services, lesquels ? Qui on va embêter ? Soit on va privatiser ? Soit on va augmenter les impôts ? Et c'est le seul levier fiscal aujourd'hui, la taxe foncière est le seul levier fiscal qui reste aux communes.
Vous avez bien
une idée de quelles solutions vous allez choisir,
non ?
Non, alors nous, à Cabestani, on va le partager avec les habitants, parce qu'effectivement, les habitants, ils ont le droit de choisir. On augmente petit à petit les impôts sur Cabestani depuis
quelques années. Donc il y aura un référendum
à Cabestani
? Ou des réunions publiques, un référendum, mais en tout cas, on va le discuter. C
'est
elles qui veulent qu'on supprime des choses, et qu
'est
-ce qu
'ils
veulent qu'on supprime ? Ou alors, est-ce qu'on augmente les impôts ? Ça, ça se travaillera avec la population.
Mais vous qui êtes communiste,
j'imagine que vous ne comptez pas privatiser des services publics ? Non.
Ce
n
'est
pas dans votre ADN ?
Non, pas du tout, ce n
'est
pas dans notre ADN.
Donc
les impôts, ou alors une baisse, effectivement, de l'offre ?
C'est
ça.
Mais par exemple, quand on regarde les services d'espace vert, par exemple, aujourd'hui, ils ont de plus en plus d'espace à couvrir, ou les services techniques de plus en plus de bâtiments, et ils ont de moins en moins de moyens humains. Donc, très clairement, il faut des fois externaliser. Et donc, comment on joue entre les deux ? Ça va être toute la question de la préparation du budget.
Merci, Edith Pugnier. Les services publics, on va en reparler aussi tout à l'heure, entre 9h et 10h. Ici, c'est vous, avec d'ailleurs un autre maire qui sera en studio avec nous, Nicolas Barthe, le maire de Toulouse, sera en studio à partir de 9h. Vous pourrez, cette fois-ci, carrément intervenir en direct. Merci beaucoup, Madame Pugnier. Bonne journée.
Je vous en prie. Merci.