Aurélien Pradié : "Oui, le climat devrait être la priorité du débat public"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Aurélien Pradié, député de la première circonscription du LOT, secrétaire général du parti Les Républicains et invité de France Inter ce matin. Aurélien Pradié, on vit un été catastrophique sur le plan climatique, une canicule qui a duré des semaines, une sécheresse exceptionnelle, des feux de forêt un peu partout et maintenant un risque d'inondation. Pourquoi cet immense défi climatique, ce défi quasi existentiel, n'est pas la priorité des priorités de tous les partis politiques de ce pays, et notamment à droite ?
Ça devrait être la priorité du débat public aujourd'hui. Il ne faut pas rajouter à la sécheresse climatique du moment une sécheresse politique que l'on connaît en réalité depuis quelques semaines et qui me frappe comme vous. Nous avons devant nous des défis absolument colossaux. Prenons le cas des incendies. D'abord saluer l'implication et l'engagement colossal de nos sapeurs-pompiers partout dans notre pays. Mais à chaque fois, il y a la démonstration que la France, notre grande nation, n'est pas totalement armée pour assumer ces défis-là. Si nous prenons le cas des incendies, nous saluons nos pompiers, nous les remercions, et quoi d'autre ? Que faisons-nous de plus ?
Que faisons-nous de plus pour réinterroger, par exemple, le modèle aujourd'hui des sapeurs-pompiers volontaires dans notre pays ? Nous avons perdu des milliers de sapeurs-pompiers volontaires depuis 20 ans dans notre pays. Que fait-on pour revaloriser l'engagement, pour faire en sorte que celles et ceux qui consacrent du temps, parfois même leur vie, à s'engager pour les autres et pour notre pays, soient valorisées dans leur travail ? Voilà des solutions concrètes auxquelles il nous faut travailler. De la même manière, d'un point de vue technique, d'un point de vue des équipements, aujourd'hui posons-nous les vraies questions sur la présence des Canadaires.
Nous en avons 20 dans notre pays, il nous en manque. Réorganisons les choses sur les réserves d'eau. Bref, nous sommes à un moment où l'urgence ne doit pas faire oublier les défis immensément politiques.
Est-ce qu'on a parlé des conséquences du réchauffement ? Qu'en est-il des causes de ce dérèglement climatique ? Est-ce qu'on s'y attaque ou on ne fait que s'adapter ?
Nous devons traiter les deux. Nous devons traiter ce qui aujourd'hui est un défi politique majeur, c'est la gestion des risques. Notre monde, notre nation, doit être demain une nation capable de gérer les risques. L'État n'a jamais été aussi pléthorique et aussi incapable de gérer les urgences. La première des urgences, c'est de faire face à ce qui nous attend, quelles que soient les réorientations de nos modèles de vie, dans les années qui viennent, qui seront des dérèglements climatiques. Même si nous réorientons les choses sur la société de surconsommation, sur la manière dont nous gérons aujourd'hui notre modèle économique, nous ne nous passerons pas de relever les grands défis.
Nous parlions de la sécheresse tout à l'heure. Il nous faut en urgence repenser la question de la gestion d'une ressource fondamentale qui est la gestion de la ressource en eau. Nous avons besoin de créer des réserves d'eau, d'innover, y compris dans notre production agricole, pour faire en sorte que demain, nos productions aient besoin de moins d'eau. Nous avons besoin de tout cela. Et donc, relever le défi de l'urgence, c'est une chose. Relever le défi climatique, c'en est une autre. Les deux sont liés, mais on ne doit pas les dissocier.
Mais c'est quoi l'écologie de droite, finalement ? La politique écologique de la droite ?
C'est un vrai sujet. Et peut-être que si vous posez la question, c'est parce qu'à droite, voilà de nombreuses années que nous ne disons rien sur ces questions-là. Je suis un peu brutal en le disant, mais il faut être lucide. Le grand défi de la droite républicaine dans les années qui viennent, c'est d'être à nouveau connecté avec les défis de notre société. On ne peut pas en permanence être toujours dans les mêmes rengaines, pardon de vous le dire aussi brutalement. Oui, la question écologique est une question majeure. J'ai une vision différente de celle des écologistes politiques. Je ne crois pas à la décroissance. Je crois à l'innovation.
Je pense que la force d'une grande nation comme la France, depuis des décennies, depuis des siècles, a toujours été de relever les grands défis, y compris environnementaux, par l'innovation. Nous devons relancer la recherche. Nous devons faire en sorte que la place de l'homme dans la nature ne soit pas une place subie, mais soit une place qui se retrouve par l'innovation. La recherche, la recherche agronomique, je l'évoquais tout à l'heure, la recherche sur la gestion de l'eau, les grands investissements dont nous avons besoin pour mieux gérer la ressource en eau, par exemple. Et puis, il y a une autre question au-delà de l'innovation. C'est la manière dont nous consommons aujourd'hui.
Moi, je ne crois pas à ce modèle de décroissance parce que je pense qu'il punit l'homme et ce n'est pas ma vision de la société. Ce à quoi je crois, en revanche... Il ne faut pas être plus sobre. Je ne sais pas si sobriété est le bon mot. Il faut être raisonnable. Il faut avoir demain un modèle soutenable. Moi, je suis libéral dans mon approche économique. Mais ce que cherche un chef d'entreprise, c'est pas seulement de produire et de dégager des ressources pour créer de l'emploi, de l'activité, de la recherche, la richesse. Ce qu'un chef d'entreprise cherche, c'est que cette ressource soit la plus durable possible.
Et donc, je pense que le capitalisme aujourd'hui, auquel je crois, a un défi qui est de devenir soutenable. Personne n'a intérêt à ce que l'ensemble de nos ressources s'épuisent. Et c'est ça, le vrai défi que nous devons relever à droite. Celui de l'innovation, pas de la punition. Et celui d'un modèle économique qui, demain, permette de consommer ce dont nous avons besoin.
Aurélien Pradier, près de 3 000 opérations anti-rodéo urbain menées en une semaine, nous annonçons Gérald Darmanin. Plus de 300 interpellations partout en France, après les drames des dernières semaines. Il veut maintenant 3 opérations anti-rodéo par jour et par commissariat. Est-ce que vous saluez cette mobilisation du ministre de l'Intérieur sur ce sujet chaud de l'été ?
Est-ce que je salue la communication, la surcommunication du ministre de l'Intérieur ? Oui. L'action, non. Et c'est bien d'avoir des grandes phrases, des grands mots. Je dis toujours que Gérald Darmanin a une grande bouche et des petits bras. Pardon de vous le dire aussi brutalement. Enfin, c'est insupportable aujourd'hui de voir un ministre de l'Intérieur piafé en permanence sans qu'il y ait des actes concrets derrière. Nous en sommes aujourd'hui à 70 refus d'obtempérer par jour. Et ne nous y trompons pas. Ce dont il est question derrière, c'est la défiance permanente, constante, à tous les niveaux de notre société, de l'autorité de la République et de l'autorité de l'État.
Et ce dont il s'agit là, c'est de rétablir une certaine idée de l'autorité républicaine. Et ça commence par la question des rodéos. Il n'y a pas de petits actes de délinquance. Moi, je ne ferai pas partie de ceux qui font la course à l'échalote sur l'augmentation des peines. La question, ce n'est pas l'augmentation des peines. La question, c'est l'application des peines. Et vous voyez bien, depuis de nombreux mois, de nombreuses années, tout le monde contribue à affaiblir l'autorité dans notre pays.
Ça commence à l'école, ça se poursuit dans le débat public quand Jean-Luc Mélenchon et l'extrême-gauche défis en permanence l'autorité républicaine et l'autorité de la police et de la gendarmerie. On en arrive à ce résultat-là. Il faut donc des actes concrets pour vous répondre sur les rodéos. Je considère que la doctrine qui s'est appliquée jusque-là, puisqu'il faut arrêter l'hypocrisie, la doctrine, elle consistait à laisser faire. Les condamnations
ont augmenté de 1400% depuis 2018 selon le gouvernement sur les rodéos urbains.
Mais c'est très insuffisant parce que vous savez que nous venons de loin. la doctrine qui s'est toujours appliquée depuis des années a consisté à ne pas poursuivre les rodéos pour éviter des accidents. Je pense que nous en sommes à un moment aujourd'hui où l'État, où l'autorité de l'État et de la République ont été assez défiées et qu'il faut désormais en urgence si nous ne voulons pas que tout s'effondre progressivement, que la République réponde. Il est temps que désormais chacun sache que s'il commet un acte délictuel, il sera poursuivi immédiatement. Nous devons changer la doctrine, les forces de l'ordre doivent pouvoir poursuivre ceux qui aujourd'hui
commettent des actes de rodéos. Cet été, vous ne manquez pas une occasion de vous en prendre au ministre de l'Intérieur. Pourquoi ? Parce qu'il marche sur vos plates-bandes quand il parle des rodéos ou quand il veut expulser l'imam Iqusen ? Je ne m'en prends à personne.
Je n'ai pas de cible particulière. Mais Gérald Darmanin, ça fait déjà un petit moment que je dis que l'effet de communication ne suffit pas. Et au-delà de Gérald Darmanin à qui je ne veux pas de mal personnellement, il faut dire les choses. Ce qui fait un mal extraordinaire à notre pays, à la parole publique et politique aujourd'hui, c'est l'impuissance. Lorsque un ministre de l'Intérieur, celui-ci comme d'autres, passe leur temps à faire des grandes phrases et que derrière nos concitoyens voient que l'autorité républicaine est bafouée au quotidien, alors nous créons une défiance démocratique et républicaine qui est extrêmement grave.
Voilà pourquoi j'ai une forme de colère saine, de colère sereine en disant que désormais ça suffit, il faut beaucoup plus que des mots, il faut des actes parce que c'est l'édifice républicain qui est en cause.
Aurélien Pradié, puisqu'on parle de l'actualité de ces dernières semaines et de cet été, votre nom est aussi pas mal revenu en raison de cette sortie à l'Assemblée qui vous a valu des critiques sévères de la gauche, même des accusations d'homophobie de la part de l'écologiste Sandrine Rousseau lors d'une question d'un débat sur la variole du singe à l'Assemblée. Vous vous êtes écrié « C'est surtout la honte pour les singes ». Est-ce que vous regrettez cette phrase ?
Je me suis suffisamment exprimé sur ce sujet. Je n'ai pas peur de Mme Rousseau. Je n'ai pas peur de ces méthodes inquisitrices qui sont insupportables. J'ai dit clairement que je pensais que la méthode de Mme Rousseau n'était pas une méthode de l'amphobie. Mais sur le fond,
qu'est-ce que vous vouliez dire
avec cette phrase ? Je me suis suffisamment à t'expliquer. Mon parcours, mon histoire, les combats que j'ai menés depuis des années à l'Assemblée nationale en faveur du handicap, en faveur des violences conjugales à des moments où Mme Rousseau n'était pas là pour soutenir ces combats-là. Je pense qu'ils disent tout du respect que j'ai pour chacun de mes concitoyens. À aucun moment je n'ai fait une remarque homophobe. J'ai simplement rappelé à Mme Rousseau que quelques heures auparavant, elle et ses amis nous avaient expliqué que les mulots ne devaient plus s'appeler que les rats ne devaient plus s'appeler des rats à Paris mais des sur-mulots.
Et je lui ai simplement fait remarquer que le débat animaliste que nous avions depuis des semaines sur des sujets comme cela n'avait pas de sens. C'est tout ce que j'ai dit. C'était à droit ou maladroit, je n'en sais rien. Ce que je sais en revanche, c'est que ça dit beaucoup du délire de polémique dans notre pays, de l'excitation des réseaux sociaux et de la méthode inquisitrice de Mme Rousseau et de ses amis. Je peux vous dire que j'ai reçu beaucoup de soutien y compris de responsables politiques qui ne sont pas mes amis. Pour le reste, devenir une cible pour Mme Rousseau ne me pose aucun problème. Je serai un de ses adversaires résolu.
Je déteste cette méthode et je continuerai à la combattre.
Dans le JDD, vous avez dit que Sandrine Rousseau n'était pas une démocrate, c'est une accusation grave contre une parlementaire ? Mme Rousseau
est habituée à faire des accusations graves. Excusez-moi, mais enfin, ça commence à bien faire cette histoire. Depuis qu'on pardonnerait tout à Mme Rousseau sous couvert d'une bien-pensance ? Elle s'autorise ici ou là des accusations en procès de Moscou qui sont insupportables ? Et oui, je le dis très sereinement, lorsque vous jetez en permanence à la vindicte populaire avec une malhonnêteté pure les uns et les autres, lorsque vous faites de l'agitation politique une méthode politique, lorsque vous faites des procès de Moscou une méthode politique, est-ce que vous êtes un démocrate ?
Je ne crois pas, je pense que Mme Rousseau a des méthodes qui relèvent plus du trotskisme et du wokisme politique que de la démocratie et de l'idée que je me fais de la République et je l'assume.
La rentrée, ce profil, avec elle un automne chargé au Parlement, notamment, est-ce que vous allez rester chez LR les alliés préférés de la majorité comme on l'a vu au mois de juillet à l'Assemblée lors du vote du paquet pouvoir d'achat ?
Depuis des semaines, nous avons défendu les Français. Moi, je ne fais pas partie de la majorité d'Emmanuel Macron et je n'en ferai jamais partie. Pour une raison simple, c'est que l'idée qu'il se fait de la société, de cette loi de la jungle permanente, de l'impuissance politique, n'est pas l'idée que je me fais de mon propre pays. Mais depuis des semaines, nous avions une responsabilité dans l'urgence, notamment, du pouvoir d'achat qui était de ne pas être des opposants bêtes et méchants. Et donc, nous avons mené des bras de fer pour faire en sorte que les propositions que nous défendions soient entendues. Qu'est-ce que nous aurions pu faire d'autre ?
Est-ce que les Français nous auraient pardonné dans un moment de crise comme celui-ci d'être des observateurs ou des agitateurs politiques ? Nous n'avons rien à voir avec les extrêmes qui n'ont rien obtenu pour les Français depuis des mois. Sur la monétisation des RTT, sur la défiscalisation des heures supplémentaires, sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé. C'est un combat qu'avec mes collègues j'ai mené depuis des années, depuis six ans. Vous vouliez qu'on abandonne ces combats ? Évidemment que non, il fallait les obtenir. Mais désormais, nous rentrons dans un autre temps politique qui est un temps d'opposition politique nécessaire et légitime pour notre démocratie.
Et à chaque fois que nous devrons défendre positivement les Français, nous le ferons parce que nous sommes des femmes et des hommes sérieux qui avons le sens de l'intérêt général mais nous ne sommes pas des alliés d'Emmanuel Macron
qui ne comptent pas sur nous pour le devenir. Ça veut dire que cet automne, ça peut continuer. Il y aura un projet de loi sur l'assurance chômage, il y aura le gros morceau du budget 2023, un débat sur l'immigration. Il peut encore y avoir des points d'accord avec la majorité. Ça c'est quelque chose que vous assumez.
C'est une curieuse idée que nous nous faisons désormais de la politique. Est-ce que vous voulez que sur des propositions que nous défendons depuis des années, subitement on dise aux Français ben non on ne les défend plus. Ce n'est plus notre histoire. Non mais la question est plutôt
sur votre statut d'opposant. Est-ce qu'il faut encore vous qualifier d'opposant ? Est-ce que vous assumez ce mot d'opposition si elle n'est pas réelle
dans les actes ? Je l'assume totalement. Il y a bien des sujets sur lesquels nous sommes opposés avec Emmanuel Macron. Vous voyez il y a quelques minutes vous m'avez fait remarquer que j'étais dur avec Gérald Darmanin. Voilà de grandes différences lorsque nous disons aujourd'hui au gouvernement installer des peines planchées pour des peines qui sont majeures dans notre pays comme celle de s'attaquer à l'uniforme. Nous avons un vrai point de divergence entre ceux qui parlent et ceux qui font.
Oui nous sommes dans l'opposition et je le redis pas par posture mais parce que la vision de la société qui est celle d'Emmanuel Macron n'est pas la mienne c'est mon droit le plus strict et je continuerai à faire entendre une musique différente et sûrement un projet politique différent
pour notre pays. Alors justement vous montez au créneau sur de nombreux sujets vous portez une parole souvent cache au sein de LR est-ce que vous serez candidat à la présidence du parti lors du congrès de décembre prochain ?
J'ai dit que je continue à réfléchir durant l'été c'est pas du tout une coquetterie c'est parce que présider les républicains c'est pas une petite affaire d'abord c'est pas l'affaire d'occuper un poste il s'agit pas de rejouer les matchs du passé de prendre des revanches au moment de l'élection du président des républicains il s'agit de tout reconstruire et pour tout reconstruire il faut prendre le temps d'avoir une décision très mûre
Mais vous hésitez vraiment encore là c'est un secret de polichinelle
Ce n'est pas de l'hésitation c'est de la maturité et je sais à quel point le défi est colossal moi je ne néglige pas ce défi là peut-être que certains pensent que présider les républicains c'est avoir une ligne de plus sur sa carte de visite c'est pas du tout ça présider les républicains au mois de décembre au mois de janvier présider les républicains c'est tout reconstruire de fond en comble je suis secrétaire général de cette famille politique depuis des années et je peux vous dire que je vois à quel point il faut tout rebâtir de la machine et il faut rassembler le futur président des républicains il n'a pas le droit de faire exploser la famille politique et c'est pour ça que je prends du temps c'est vrai que c'est un peu différent de mon tempérament habituel généralement je vais vite je parle franchement je pense que ça fait du bien dans la vie politique on s'embête assez avec ceux qui font des grandes phrases pour ne pas dire grand chose donc je parle cash mais cette fois-ci je sais que c'est une grande responsabilité et donc je prends le temps d'y réfléchir je vous l'annoncerai dans quelques semaines
Donc il faut tout renverser vous dites y compris les héritages il y a quelques semaines vous disiez l'héritage de Nicolas Sarkozy par exemple il appartient à notre passé ça vous l'assumez on renverse tout
Vous savez j'assume souvent ce que je dis oui il faut tout changer mais c'est comme ça
que vous pourriez être en capacité de rassembler avec cette parole assez cash ces pics que vous envoyez régulièrement à vos camarades ça ne plaît pas à tout le monde en interne
Ce ne sont pas des pics ce sont bien souvent des vérités lorsqu'on fait de la politique on dit la vérité oui je ne suis pas tout à fait dans le moule et je sais bien qu'un jeune député de 36 ans ça perturbe toujours ça interroge ça peut faire peur mais c'est la vie politique si nous ne nous remettons pas en question si on ne se perturbe pas un peu chez les républicains si on s'endort alors nous allons mourir et je vois bien que ma candidature n'est pas forcément celle qui peut rassurer le plus je sais aussi qu'il y a d'autres candidatures qui inquiètent beaucoup plus que la mienne mais je sais aussi que parmi nos adhérents parmi les français beaucoup savent qu'il est temps que les républicains se secouent les plumes et c'est ce que je souhaite faire avec détermination avec énergie et avec esprit de responsabilité et de rassemblement
si candidature il devait y avoir vous affronterait notamment Eric Ciotti déjà déclaré pourquoi ne pas choisir de le soutenir qu'est-ce qui vous distingue ?
C'est heureux qu'il y ait des visions différentes dans notre famille politique moi je pense qu'il faut tourner des pages je le redis celle de Nicolas Sarkozy mais aussi d'autres pages on ne va pas rejouer les matchs et de la primaire et d'autres matchs passés je ne suis pas là dans une position de revanche je suis dans une position de dessiner l'avenir avec l'ensemble de celles et ceux qui croient en cette famille politique et puis je pense qu'il faut collectivement qu'on dessine une vision de la France qu'est-ce que nous pensons de notre pays ?
moi le grand pays qui m'a fait rêver depuis que je suis gamin c'est ce pays qui émancipe c'est ce pays qui aime les libertés j'ai 36 ans dans mon parcours rien ne me prédestinait à devenir député rien rien dans mon histoire personnelle familiale ne commandait qu'un jour j'allais devenir député de mon pays cette idée que la France est un grand pays de l'émancipation c'est la vision qu'à droite nous devons porter par l'éducation par l'entreprise par le travail voilà ce que je souhaite c'est que demain les républicains parlent aux français en leur disant avec nous nous allons nous remuer les méninges nous allons parler à des femmes et des hommes avec qui nous ne parlons plus ouvrir les portes et les fenêtres et nous allons redevenir l'endroit où les idées se créent chez les républicains
on va partir au standard parce que vos propos sur les défis climatiques qui nous attendent font beaucoup réagir les auditeurs notamment Claire bonjour Claire vous nous appelez de Lyon
oui bonjour bonjour monsieur Franier moi je voulais réagir bonjour vous ne croyez pas en la décroissance alors en fait la décroissance c'est pas une croyance il y a des limites physiques en fait sur la planète on a des ressources qui sont finies dont la plupart sont déjà en train d'être atteint au niveau risqué et vous croyez en des technologies donc moi je serais curieuse de savoir quelles technologies vont nous sauver dans les prochains mois dans les prochaines années pour produire ce problème de croissance infinie pour le coup ce mythe de croissance infinie et savoir est-ce que par hasard vous auriez lu les rapports du GIEC qui en parlent très bien le mot sobriété aussi est intéressant à connaître Aurélien Pradier
va vous répondre
merci Claire pour votre question ce que je souhaite c'est qu'on n'ait pas un débat idéologique sur ce sujet quand je parlais de décroissance c'est parce que vous le savez comme moi c'est devenu aujourd'hui un sujet idéologique moi je crois à la croissance mais pas la croissance folle je crois à la capacité de l'homme a continué à s'élever on parlait d'innovation tout à l'heure nous parlions de l'eau vous savez aujourd'hui que l'accès à l'eau potable est un défi colossal pour le monde mais aussi pour notre pays nous avons un gaspillage monstrueux d'eau potable notamment par les réseaux d'eau potable dans notre pays voilà une ressource d'innovation extrêmement importante je parlais d'agriculture tout à l'heure en matière agricole il nous faut être capable de faire de la recherche sur les espèces pour que nous ayons besoin demain de production moins consommatrice en eau je parlais tout à l'heure d'innovation face aux risques climatiques par exemple le gel moi je suis dans un département qui produit beaucoup de vin nous avons des vignes et bien une des sources d'innovation c'est de protéger les vignes contre le gel qui est de plus en plus fréquent et de plus en plus violent lié notamment aux dérèglements climatiques avec de l'aspersion d'eau à des proportions très minimes pour ne pas le gaspiller tout ça c'est de l'innovation mais ce que je veux simplement dire c'est que je crois que nous ne pourrons pas en effet continuer à consommer n'importe comment n'importe quoi mais même d'ailleurs les plus libéraux dans notre pays le disent et le pensent nous avons une responsabilité sur cette planète ce que je ne crois pas c'est à l'idée politique de la culpabilité de l'homme face à la nature je n'y crois pas je crois à l'émancipation je l'ai dit tout à l'heure et y compris sur les questions environnementales
vous avez un discours sur l'écologie Aurélien Pradié chez LR c'est pas un thème qui est vraiment très porteur qui est très porté est-ce que vous parliez tout à l'heure d'investir de nouveaux thèmes de nouveaux sujets pour votre famille politique ça veut dire qu'il faut sortir du discours qui est porté sur l'identité sur la sécurité sur l'immigration au risque de se faire déborder sur votre droite par le rassemblement national
moi je ne crois pas à ces tectoniques ou à ces petites tactiques politiques ce que les français souhaitent c'est que nous leur parlions à tous la droite républicaine ne parle plus à personne enfin il faut se dire la vérité on a des résultats électoraux depuis quelques années on ne va quand même pas continuer dans la même méthode il faudrait être absolument fou pour imaginer que ce qui n'a pas marché depuis 15 ans va fonctionner désormais moi je veux que nous parlions à tous les français lorsque je parle de la France de la grande nation de l'émancipation je parle autant aux gamins de Trappes à qui je souhaite demain que nous disions si tu bosses si tu fais des efforts l'éducation nationale te permettra de t'émanciper le travail que tu auras te permettra de t'émanciper je souhaite que nous parlions au gamin du lot qui doit sortir et peut sortir de son environnement social s'il souhaite s'émanciper je souhaite de la même manière que nous parlions aux plus fragiles tous les combats que j'ai menés avec mes collègues sur le handicap sur la protection des femmes et des enfants victimes de violences conjugales je l'ai fait au nom d'une certaine idée de l'émancipation dans notre nation il nous faut parler de tous ces sujets arrêter d'être seulement le parti qui parle au fond un fonds de commerce électoral parce que ce fonds de commerce électoral il a disparu moi j'ai aimé adorer la droite républicaine populaire celle qui parle à tous les français et c'est ce défi qu'il nous faut retrouver si nous voulons parler à tous les français il faut parler de tous les sujets
une nouvelle question au standard Frédéric nous attend dans les Landes bonjour Frédéric oui bonjour à tous
Aurélien Fraguet bonjour je voudrais savoir s'il n'est pas trop difficile pour l'homme de droite que vous êtes de se présenter comme un opposant à un président qui est franchement de droite avec lequel en fait vous pourriez être d'accord quasiment sur tout comme le montre votre discours ce matin que ce soit sur l'écologie la sécurité ou la fiscalité Aurélien Pradié
bonjour Frédéric écoutez j'espère avoir été plus clair lorsque j'ai parlé de sécurité lorsque j'ai parlé aujourd'hui de la nécessité de rétablir l'ordre républicain de rétablir les peines planchées j'ai évoqué notamment le fait qu'il fallait que notre juridiction administrative n'ait plus la main sur les expulsions comme c'est le cas aujourd'hui enfin ce sont des points de différence absolument majeurs que j'ai avec Emmanuel Macron et peut-être qu'Emmanuel Macron parle bien j'en sais rien moi il me séduit pas mais peut-être qu'il a séduit quelques français mais la question c'est les actes l'impuissance politique c'est une vraie différence entre Emmanuel Macron et le projet politique auquel nous croyons et auquel je crois enfin je veux vous dire que je pense que la vision de la société d'Emmanuel Macron est une vision profondément injuste je pense qu'il ne croit pas au fait que les gamins les plus fragiles dans notre pays qui viennent des environnements les plus difficiles puissent se hisser en haut de ce que peut être leur avenir et leur projet personnel je pense que Emmanuel Macron défend une forme de loi de la jungle et moi je ne crois pas à la loi de la jungle parce que la loi de la jungle ce n'est pas la république tout ça ce sont des vraies différences et puis je vais vous dire une chose qui n'est pas une nouvelle dans quelques temps le mandat d'Emmanuel Macron s'arrête et donc Emmanuel Macron et la Macronie et ce qu'il y a autour de lui disparaîtra au moment où lui-même sortira de la scène présidentielle
et vous vous préparez pour la suite on l'a bien compris on va devoir s'arrêter là
je n'ai pas fait d'annonce à la candidature à la présidentielle j'ai assez d'ennuis comme ça mais on n'a tiré pas davantage
on attend d'autres annonces de votre part cet automne donc merci beaucoup Rélien Pradier secrétaire général de LR merci aussi à France Bleu et RCFM pour la réalisation de ce duplex
France Inter
Aurélien Pradié