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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 décembre 2024 24 min

Nouveau premier ministre, NFP... Le 8h30 franceinfo de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard, un premier ministre d'ici demain, c'est ce qu'a promis Emmanuel Macron après 2h40 de consultation hier à l'Elysée. Les insoumis n'y étaient pas. Quelle que soit la configuration, vous censurerez suite au gouvernement ?

0:17
Manuel Bompard

Évidemment non, si le gouvernement est un gouvernement du nouveau Front populaire. puisque si le président de la République décide de renoncer à s'entêter en quelque sorte pour s'accrocher au pouvoir comme il le fait maintenant depuis plusieurs mois après pourtant avoir perdu les élections législatives et que donc il se tourne vers le nouveau Front populaire et il demande au nouveau Front populaire de constituer un gouvernement, vous imaginez que je ne vais pas censurer un gouvernement qui met en place le programme du nouveau Front populaire.

0:44
Présentateur

Vous vous retenez quoi de ce qui s'est passé hier ? Déjà apparemment ils discutent dans le calme, il n'y a pas eu de hurlements et de claquant de portes.

0:52
Manuel Bompard

C'est plutôt bon signe. Non mais attendez, je retiens d'abord qu'effectivement le président de la République nous dit je vais nommer dorénavant un premier ministre sous 48 heures. La semaine dernière, mercredi dernier, au moment du vote de la censure et donc de la chute du gouvernement de Michel Barnier, il promettait un premier ministre sous 24 heures. Donc la première chose c'est que j'espère que demain il ne va pas nous promettre un premier ministre sous 72 heures.

Parce que si on vient un jour de délai à chaque fois qu'une semaine est passée, je pense qu'Emmanuel Macron veut gagner du temps et je regrette qu'en quelque sorte certains l'aident ou contribuent à lui donner l'impression qu'il est à nouveau au centre du jeu au moment où il est plus isolé que jamais. Donc ça c'est la première chose que je retiens. La deuxième chose que je retiens, et si j'en crois d'ailleurs les déclarations qui ont été faites par plusieurs représentants de forces issues du nouveau Front Populaire à leur sortie de l'Elysée, c'est qu'il n'y aura pas de nouvel échange. En tout cas c'est ce qu'ils ont dit.

Et puis la troisième chose que j'en retiens, là aussi si j'en crois les choses qui ont été dites, c'est que le président de la République ne veut lâcher sur rien, ne veut céder sur rien, et dit c'est mon bilan, tout mon bilan, rien que mon bilan. Bon ben voilà, je pense que c'est pas très surprenant.

2:01
Présentateur

Mais si vous obtenez, si vos camarades obtiennent que le gouvernement s'engage à ne pas utiliser le 49-3, c'est quand même une petite victoire pour vous, non ?

2:10
Manuel Bompard

Si mes camarades obtiennent que le Premier ministre est issu de la droite et s'engage à ne pas utiliser le 49-3, non c'est pas une victoire. Une victoire ça consiste à ce que, c'est d'ailleurs pas une victoire pour nous, mais ce serait par ailleurs pas une victoire pour la démocratie, parce qu'en fait il y a quand même une chose simple que tout le monde a son doute oublié, c'est qu'en fait il y a eu une formation politique, une coalition politique, le nouveau Front Populaire qui arrivait en tête au soir des élections législatives, et que le président de la République devrait tout simplement les nommer.

2:40
Présentateur

Mais qui ne trouve pas de majorité ?

2:41
Manuel Bompard

Ce ne serait pas démocratique que des partis politiques... Attendez, attendez, attendez. Vous dites qu'ils ne trouvent pas de majorité, mais madame, pour savoir si on trouve des majorités ou pas, il faut nous permettre de constituer un gouvernement, et ensuite d'aller chercher des majorités sur nos textes à l'Assemblée nationale.

2:56
Présentateur

Mais vous ne pouvez pas dire, à priori, vous ne trouvez pas de majorité. Mais le scénario qui est en train de se dessiner, c'est celui d'un accord de non-censure, pas de 49-3, pas de motion de censure, et donc des partis politiques qui sont forcés de s'entendre à l'Assemblée nationale pour dégager une majorité minimale. Ça, ce n'est pas démocratique ?

3:15
Manuel Bompard

Un accord de non-censure, ça n'existe pas. Soit c'est un accord de coalition, c'est-à-dire que vous participez d'une coalition politique, avec un programme de coalition, et ensuite il y a un gouvernement qui est constitué pour porter le programme de cette coalition, et je dis que si mes partenaires du nouveau Front populaire vont participer à une grande coalition avec la droite et les macronistes, ça se fera au prix du reniement vis-à-vis des engagements que nous avons pris devant les électrices et les électeurs, et ça sera un problème.

Soit il n'y a pas de coalition, et dans ce cas-là, l'ensemble du nouveau Front populaire sera effectivement uni pour combattre la politique d'un gouvernement qui serait un gouvernement dirigé par les macronistes ou par la droite, et qui mettrait peu ou prou en place la même politique que celle qu'a mis en place M. Barnier. Et dans ce cas-là, je vous dis que les mêmes causes produiront les mêmes effets, c'est-à-dire que ce gouvernement tombera.

4:07
Présentateur

Si ça permet de faire avancer les choses sur certaines des parties de votre programme, c'est bon à prendre.

4:15
Manuel Bompard

Par principe, je ne vais pas vous dire non, mais ensuite...

4:18
Présentateur

C'est ça le pari de... En fait, c'est l'éternel débat de la gauche qui ressurgit tout le temps. Est-ce qu'on tente de faire des petits pas ou est-ce qu'on n'accepte que les grands ?

4:25
Manuel Bompard

Non, mais ça, c'est une manière de présenter les choses qui est caricaturale. Le problème, c'est qu'ils n'ont pas déjà fait la démonstration avec Emmanuel Macron. Ils n'ont pas assisté à ce à quoi on a assisté depuis maintenant plusieurs années et même plusieurs mois depuis la dernière élection législative. On me dit, il faut qu'on trouve un compromis sur la question des retraites, par exemple. On me dit, mais vous n'avez pas déjà la réponse à la question ? Nous avons, dans notre niche parlementaire, déposé une proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites, de la retraite à 64 ans. Il y avait une majorité de députés pour la voter.

Les macronistes ont bloqué l'Assemblée nationale pendant toute la journée pour empêcher qu'on puisse voter sur ce sujet. Ensuite, on me dit, parce que la première tâche de ce nouveau gouvernement, ça va être de mettre en place un budget. On me dit, il faut trouver, on va pouvoir arracher de la mise à contribution supplémentaire des plus riches et des grandes entreprises. Mais vous avez déjà eu la réponse à cette question dans le débat budgétaire. Les macronistes se sont opposés, y compris au budget de M. Barnier, qui trouvait qu'il mettait trois contributions les plus riches et les grandes entreprises.

Donc je pense que c'est une illusion, je pense que c'est une impasse et je pense que c'est une chimère. Le débat, ce n'est pas de savoir s'il faut obtenir des choses tout de suite, gouverner tout de suite ou gouverner demain. Moi, si on peut gouverner tout de suite, évidemment que je suis pour gouverner tout de suite. Le problème, c'est que les macronistes ne lâchent rien. Et pour faire des compromis, il faut être deux. Tout seul, vous ne pouvez pas faire de compromis. Ils ne veulent pas faire de compromis. Et vous, vous voulez en faire ? Mais évidemment, dans le débat sur le budget de M. Barnier, nous avons mené une bataille parlementaire. Nous avons déposé des amendements.

Il y a à peu près 150 de nos amendements qui ont été adoptés par une majorité de députés à l'Assemblée nationale. C'était un compromis. On est parti de la copie de M. Barnier et on a proposé des modifications. M. Barnier a pris nos 150 amendements. Il les a froissés et il les a mis à la corbeille.

6:03
Présentateur

La vérité, c'est qu'ils ne veulent pas faire de compromis. Il faut parler du nouveau front populaire. Je vous ai bien entendu tout à l'heure, vous disiez qu'il y a une hypothèse dans laquelle le nouveau front populaire est uni pour censurer le futur gouvernement. Est-ce qu'il est vraiment uni ce matin, le nouveau front populaire ? Est-ce qu'il existe encore d'ailleurs ? C'est simple, je crois que je vous l'ai dit, mais je veux bien vous le redire.

6:22
Manuel Bompard

Si certains vont s'aventurer dans une grande coalition avec la droite et les macronistes, voire même jusqu'à une participation à un gouvernement d'union nationale ou d'intérêt général, comme a dit le président de la République, ce qui me fait doucement sourire, ça veut dire qu'il reconnaît lui-même que tous les gouvernements précédents n'étaient pas d'intérêt général, c'est ça ? Je trouve que cette terminologie est particulièrement surprenante. Mais si certains tombent dans ce piège, évidemment qu'ils vont fracturer le nouveau front populaire. Mais si, et c'est ce que je souhaite, c'est pour ça que moi je leur dis revenez à la maison. Ils sont partis là ?

En l'occurrence, ils ne sont pas partis, mais ils se sont aventurés sur le chemin d'une grande coalition.

7:00
Présentateur

Ils ont déjà eu tort d'aller discuter avec le président de la République, c'est s'aventurer sur un terrain ?

7:04
Manuel Bompard

Mais non, mais moi je suis déjà allé discuter avec le président de la République. Le sujet, ce n'est pas d'aller discuter ou pas avec le président de la République. Le sujet, c'est que le président de la République a dit quel était le sujet de la discussion. Il l'a dit jeudi soir lors de son intervention à la télévision. Il a dit, moi je souhaite une discussion pour constituer un gouvernement d'intérêt général.

7:20
Présentateur

Mais quand les socialistes parlent de concession...

7:22
Manuel Bompard

Il n'y a pas de parler ou de ne pas parler, le problème c'est d'aller participer à une perspective qui s'inscrit dans l'idée d'une grande coalition et ensuite d'un gouvernement d'intérêt général. Et ça c'est inacceptable.

7:30
Présentateur

Vous voyez le mouvement qui est en cours depuis quelques jours et notamment du côté des socialistes qui parle de concessions, de discussions et de concessions avec les macronistes. Pour vous ça va trop loin ? Et est-ce que ça acte ? Non, ça n'acte rien.

7:43
Manuel Bompard

Je vous ai dit, si à la fin ça devait se traduire par une participation à une grande coalition à un gouvernement d'union nationale, évidemment que là ça serait une fracture dans le nouveau front populaire. Si ce n'est pas le cas, et je pense que ça ne sera pas le cas, je regrette juste qu'en quelque sorte on ait donné à Emmanuel Macron une centralité qu'il n'avait plus. Mais si ce n'est pas le cas à la fin, je pense que le nouveau front populaire sera uni pour combattre la politique de ce nouveau gouvernement parce que cette politique s'inscrira dans la continuité de la politique d'Emmanuel Macron. Donc il n'y a pas dix choix, il y en a deux.

Et c'est en quelque sorte à mes partenaires du nouveau front populaire de choisir. Est-ce qu'ils veulent aller se déshonorer dans un gouvernement d'union nationale et dans une grande coalition et renier les engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs ou est-ce qu'au contraire ils restent fidèles à leurs engagements ? Moi je préfère qu'ils restent fidèles à leurs engagements évidemment.

8:31
Présentateur

Pierre Jouvet, hier député européen PS, proche d'Olivier Faure, dit que le NFP n'appartient pas aux insoumis et il dit aussi que Jean-Luc Mélenchon a décidé de briser l'union de la gauche.

8:44
Manuel Bompard

Bon d'abord sur le fait que le NFP n'appartienne pas aux insoumis, évidemment le NFP il appartient d'abord aux électrices et aux électeurs du nouveau front populaire. Mais les électrices et les électeurs du nouveau front populaire ils ont voté pour un programme, le programme du nouveau front populaire. Je rappelle quand même qu'on était la seule coalition politique qui a présenté un programme devant les électrices et les électeurs.

9:04
Présentateur

Un programme qui serait censuré puisqu'il y a une majorité pour censurer ce programme.

9:07
Manuel Bompard

Attendez avec ça, parce que si vous, vous avez une boule de cristal pour savoir ce qui va se passer après, moi je n'en ai pas.

9:11
Présentateur

Mais c'est de l'arithmétique, vous le savez.

9:13
Manuel Bompard

Non, ce n'est pas de l'arithmétique. Nous avons fait la démonstration dans le débat budgétaire que nous pouvions gagner des majorités sur un certain nombre de sujets. Attendez, je vais répondre à votre question. Donc je vous réponds franchement, oui, le nouveau front populaire appartient à ses électrices et à ses électeurs. Donc la question, c'est la question de la fidélité aux engagements que nous avons pris devant les électrices et les électeurs. et abandonner notre programme pour aller participer à une grande coalition avec les macronistes. Là, je pense que ce serait une rupture avec le programme du nouveau front populaire. Le sujet, ce n'est pas les insoumis et pas les insoumis.

Moi, je ne m'adresse pas qu'aux insoumis quand je dis ça. Je m'adresse aux électrices et aux électeurs du nouveau front populaire. Et je leur dis, vous pouvez compter sur nous pour rester fidèles aux engagements qu'on a pris devant vous.

9:50
Présentateur

Suite de la citation de Pierre Jouvet, du même Pierre Jouvet, Jean-Luc Mélenchon donc brise l'union de la gauche en clair pour préparer et affirmer son destin personnel et présidentiel. Et on écoute ce matin le brief politique de Victoria Coussa sur France Info qui nous raconte qu'en marge de son meeting avant-hier, à Redon, il explique qu'il faut se préparer, agir vite, que la machine est repartie et se met en route. En fait, la campagne présidentielle a commencé.

10:15
Manuel Bompard

Mais d'abord, évidemment qu'il faut se préparer, madame. Enfin, je veux dire, il faudrait quand même être...

10:19
Présentateur

Ma question est plus précise que ça.

10:21
Manuel Bompard

J'ai compris votre question, mais je ne vais pas attendre que les uns et les autres se mettent dans la tête qu'il peut y avoir une élection présidentielle anticipée dans quelques semaines pour commencer à y travailler et pour se retrouver dans la même situation que la dissolution la dernière fois. C'est-à-dire que le président de la République, d'un seul coup, nous dit dans un mois, vous allez voter et vous n'êtes pas prêts. Ça veut dire que concrètement, vous confirmez que vous cherchez les 500 parrainages pour aujourd'hui ? Évidemment qu'on travaille. Enfin, si on est sérieux dans notre... Ces parrainages, vous les cherchez aujourd'hui ? Évidemment.

Si on est sérieux dans notre stratégie de prise du pouvoir, je rappelle qu'on parle d'une possibilité d'une élection présidentielle anticipée dans un délai compris entre 20 et 35 jours. Vous croyez qu'on va attendre que le président de la République soit contraint de démissionner et d'organiser des élections présidentielles anticipées pour commencer à y travailler ?

11:04
Présentateur

Vous en avez déjà un certain nombre ?

11:06
Manuel Bompard

Non, on commence le travail. On commence le travail. Et nos militantes, nos militants reprennent contact avec un certain nombre de maires qui avaient parrainé en particulier la candidature...

11:15
Présentateur

Ça tracte, ça colle des affiches, c'est parti.

11:18
Manuel Bompard

On est au travail, évidemment. Mais heureusement qu'il faut le faire maintenant pour répondre à votre question sur qui brise, brise pas. Enfin, tout ça, c'est de la rhétorique. Évidemment qu'une candidature à l'élection présidentielle, dans le cadre d'une élection présidentielle anticipée, nous, nous souhaitons que ça soit une candidature la plus commune possible, la plus large possible. Et nous ferons dans ce cas-là une proposition et nous espérons que les uns et les autres au sein du Nouveau Front Populaire se retrouveront autour de cette candidature et de son programme. En 15 secondes avant le fil info,

11:47
Présentateur

l'hypothèse François Bayrou à Matignon,

11:49
Manuel Bompard

pour vous, c'est ? Mais François Bayrou, il a été ministre d'Emmanuel Macron en 2017, c'est la continuité avec le macroniste. Donc l'hypothèse en 15 secondes de François Bayrou à Matignon, c'est censure. Et ce matin, Manuel Bompard,

12:04
Présentateur

coordinateur de la France Insoumise, juste pour finir, allez, 15 ou 20 secondes peut-être, mais pour finir sur le qui pour Matignon. C'est-à-dire le portrait robot d'un PM, d'un Premier ministre, acceptable pour vous et qui résisterait à la censure, ce serait quoi ?

12:16
Manuel Bompard

Ça serait la proposition faite par le nouveau Front Populaire. C'est le nouveau Front Populaire qui est la condition arrivée en tête. La proposition que nous avons formulée au mois de juillet, c'est Lucie Casté. Donc à partir de ce moment-là, hormis s'il y a changement de situation, je ne vois pas pourquoi on changerait de candidate.

12:31
Présentateur

Alors la loi spéciale, elle est présentée ce matin, la loi financière est présentée ce matin dans une demi-heure en Conseil des ministres. C'est ce qui va permettre à l'État de continuer à percevoir l'impôt, même sans budget. Cette loi spéciale, vous la voterez la semaine prochaine ?

12:44
Manuel Bompard

D'abord, on va voir ce qu'il y a dedans, mais évidemment, nous n'allons pas nous y opposer puisque c'est une mesure qui permet la continuité pour l'État de la réception des recettes nécessaires pour financer nos services publics, le salaire des fonctionnaires, etc. Maintenant, nous, nous allons aussi demander et déposer par l'intermédiaire d'Éric Coquerel qui est président de la Commission des finances un amendement pour faire en sorte que la réindexation du barème de l'impôt sur le revenu figure dans cette loi spéciale. Sauf que... J'ai vu. Vous allez me dire, le Conseil d'État... Le Conseil d'État...

13:14
Présentateur

Le Conseil d'État dit hier qui a été consulté...

13:20
Manuel Bompard

Je m'attendais à votre objection.

13:20
Présentateur

Oui, il dit la loi spéciale permet seulement de lever les impôts existants, elle ne permet pas d'indexer l'impôt sur le revenu.

13:27
Manuel Bompard

Alors d'abord, je vais vous dire qu'à mon avis, il y a un petit sujet d'interprétation parce que quand le Conseil d'État dit que ça doit permettre de lever les impôts existants, on peut légitimement considérer que réindexer le barème de l'impôt sur le revenu, c'est garantir le même périmètre d'impôt et donc de rester dans le cadre des impôts existants. Ça, c'est pour vous dire d'un point de vue de l'interprétation. Pour le reste, le Conseil d'État donne un avis. Le Conseil d'État donne un avis qui est consultatif, il n'est pas contraignant. Il y a déjà eu à plusieurs reprises des gouvernements qui n'ont pas suivi l'avis des Conseils d'État.

Et là, en l'occurrence, manifestement, il y a une unanimité de toutes les formations politiques, de tous les groupes politiques et de tous les députés à l'Assemblée nationale pour demander à ce que cette loi spéciale puisse effectivement réindexer. Et l'amendement,

14:08
Présentateur

il doit dire quoi précisément ? Il doit éviter que ces 380 millions de foyers entrent dans l'impôt, par exemple, que ces 18 millions de foyers voient leur impôt.

14:18
Manuel Bompard

C'est ça ? Il doit faire ce qu'il est prévu de faire et ce que les budgets font en vérité chaque année parce que chaque année, les budgets réindexent le barème de l'impôt sur le revenu sur la base de l'inflation pour que les éventuelles augmentations de salaires dues à l'inflation ne se traduisent pas par le fait que vous payez plus d'impôts. C'est simplement ça et ça permettra surtout de le mettre dans la loi spéciale d'éviter le chantage totalement inacceptable auquel on a assisté avant le vote de la censure où on nous a dit si la censure est votée ça va se traduire par une catastrophe. Je veux juste dire un point sur ce sujet après je vous laisse poser votre question.

Est-ce que vous savez qu'hier il a été annoncé que les retraites allaient être revalorisées à 2,2% sur la base du 1er janvier ? M. Barnier proposait une revalorisation à 0,8%. Donc faire tomber le gouvernement de M. Barnier, je peux vous dire que les retraités de ce pays peuvent en être contents.

15:06
Présentateur

Mais pardon mais juste pour finir sur l'indexation des impôts quand le conseil d'état dit ça on peut supposer que si quelqu'un saisit le conseil constitutionnel ça passera pas donc ça veut dire que vous croisez les doigts pour que personne ne saisisse le conseil constitutionnel. Non c'est pas

15:18
Manuel Bompard

je croise les doigts d'abord le conseil constitutionnel ne peut pas s'autosaisir premièrement et deuxièmement toutes les formations politiques à l'Assemblée nationale ont dit qu'elles n'avaient pas l'intention de saisir le conseil constitutionnel sur ce sujet donc je pense que ce serait une mesure intelligente et de bon sens de faire ça pour éviter qu'ensuite le débat sur le budget qui va avoir lieu en janvier et février soit pollué par cette question que cette question soit réglée soit tranchée ça évitera les concours en catastrophisme auxquels on a assisté avant le vote de la motion de censure la semaine dernière.

15:47
Présentateur

Alors pour être parfaitement complet sur l'information que vous donniez hier en effet retraite revalorisée de 2,2% au 1er janvier ce qui va coûter 6 milliards d'euros aux finances publiques et dans le même temps par ailleurs il y a un certain nombre de mesures qui étaient contenues dans le budget de Michel Barnier qui ne vont pas s'appliquer notamment des entreprises avec un très fort chiffre avec un gros chiffre d'affaires des multinationales qui elles ne seront pas taxées celles qui au-delà d'un milliard d'euros non elles ne seront pas taxées elles ne seront pas taxées

16:16
Manuel Bompard

comme il était prévu il est taxé pas pour l'instant mais évidemment qu'il va y avoir une discussion sur un nouveau budget en janvier et en février évidemment et que ce nouveau budget en janvier et en février j'espère qu'ils vont mettre à contribution les plus grandes fortunes de ce pays les plus riches mais là en l'occurrence c'est pas le rôle de la loi spéciale la loi spéciale elle doit juste prolonger les orientations budgétaires de 2024 le temps qu'il y ait un nouveau budget qui puisse être discuté à l'Assemblée nationale mais c'est quand même une bonne nouvelle pour les retraités de dire que leur retraite va pouvoir être revalorisée à 2,2% alors que monsieur Barnier voulait revaloriser seulement de 0,8% même si ça agourrit encore la dette vous proposez qu'il n'y ait plus de revalorisation des retraites sur la base de l'inflation alors que c'est prévu dans le code de la sécurité sociale chaque année chaque année les retraites sont revalorisées sur la base de l'inflation au 1er janvier moi je pense pas qu'il faut remettre ça en cause donc oui évidemment que c'est une bonne nouvelle quant aux impacts de la censure sur les françaises et les français je voudrais dire une chose j'ai entendu dire depuis plusieurs jours qu'il y aurait un problème sur l'utilisation des tickets restaurants j'ai entendu cette fake news s'il y a un problème sur l'utilisation des tickets restaurants c'est parce qu'il faut que le Sénat examine la proposition de loi et la vote le Sénat a le temps de le faire d'ici à la fin de la semaine prochaine donc moi je demande que ce texte de loi soit inscrit à l'ordre du jour du Sénat pour qu'il n'y ait pas de problème sur l'utilisation des tickets restaurants et qu'on n'essaye pas ensuite de faire croire aux gens que c'est parce que le gouvernement de monsieur Barnier a été censuré qu'ils ne peuvent pas utiliser leurs tickets restaurants parce que c'est complètement faux la responsabilité à l'encombre aujourd'hui au Sénat de mettre ce texte à l'ordre du jour et de le voter je précise ça parce qu'on a entendu beaucoup de mensonges sur l'impact de la censure sur les françaises et les français

17:51
Présentateur

juste encore un mot sur les retraites vous avez peut-être entendu ici à votre place Fabien Roussel hier patron du parti communiste qui se veut pragmatique manifestement l'objectif pour lui reste l'abrogation de la réforme des retraites mais dans la configuration sexuelle il dit c'est pas possible et donc la voie de passage ce serait cette conférence sociale conférence de financement au préalable est-ce que ça vous va ?

18:10
Manuel Bompard

Non pas du tout et je ne comprends pas je vais vous dire franchement je ne comprends pas qu'est-ce qui permet de dire qu'il n'y a pas la configuration aujourd'hui pour abroger la réforme des retraites alors que précisément je vous en ai fait la démonstration tout à l'heure quand on a examiné ce texte dans notre niche parlementaire il y avait une majorité pour la voter donc expliquez-moi pourquoi alors qu'il y a une majorité de députés qui est pour abroger la retraite à 64 ans que c'est une mesure qui est soutenue par 70 à 80% des français que l'ensemble des organisations syndicales au moment du passage en force d'Emmanuel Macron sur ce sujet s'y sont opposés toutes les conditions sont réunies pour abroger la réforme des retraites alors s'il y a quelque chose qu'il ne faut certainement pas faire c'est renoncer aujourd'hui à cette revendication on doit pouvoir le faire tout de suite et d'ailleurs je pense que ça devrait être l'une des premières mesures qu'un gouvernement du nouveau Front Populaire devrait mettre en place les macronistes qui l'ont voté

18:55
Présentateur

qui l'ont conçu cette réforme ne vous suivront pas

18:58
Manuel Bompard

j'entends bien madame mais tout à l'heure vous m'avez fait une objection arithmétique donc le bloc central il ne dispose pas de plus de la moitié des députés à l'Assemblée Nationale donc le bloc central il est pour oui d'accord mais sur l'abrogation de la réforme de retraite il y a une majorité puisque dans notre niche parlementaire quand il y a eu des votes

19:14
Présentateur

mais on vient de l'URN dans ce cas mais d'accord madame

19:17
Manuel Bompard

mais ils sont députés donc vous pouvez le regretter moi je le regrette je préférerais qu'il y en ait moins mais on n'élimine pas leur voix pour compter qui est majoritaire et qui est minoritaire donc là en l'occurrence pour vous dire les choses franchement le bloc central il doit accepter l'idée qu'il a perdu les élections et donc il doit lâcher l'affaire

19:31
Présentateur

Manuel Bompard tout autre sujet la France reste prudente sur la situation en Syrie la transition est en cours la France conditionne sa collaboration avec les rebelles qui ont renversé Bachar al-Assad au fait qu'ils fassent la démonstration de leur volonté sincère d'écarter l'islamisme le djihadisme et que les minorités soient respectées incluses dans la transition est-ce que vous êtes sur cette ligne ?

19:51
Manuel Bompard

d'abord évidemment que la chute de Bachar al-Assad est une bonne nouvelle et je crois que beaucoup de Syriens en Syrie et de Syriens en exil l'ont accueilli comme tel et je veux leur dire que je partage leur soulagement et leur joie évidemment aussi qu'on peut avoir légitimement une vigilance vu la nature et l'identité des groupes politiques qui ont renversé Bachar al-Assad et moi pour être très franc je m'inscris dans la perspective qui a été d'ailleurs mise sur la table par une résolution de l'organisation des Nations Unies il y a quelques années qui consiste à dire que c'est aux Syriens de décider librement de leurs avenirs donc ce processus c'est pas seulement une vigilance sur ce qui va être mis en place par les nouveaux dirigeants du pays c'est qu'on doit avoir une vigilance sur le fait que ça va se traduire par des élections libres qui permettent aux Syriennes et aux Syriens de choisir librement leur avenir

20:38
Présentateur

Vous dites pardon évidemment on se réjouit la France Insoumise est quand même pas mal critiquée pour des positions que certains ont jugées complaisantes à l'égard de ce régime Jean-Luc Mélenchon et on peut vous en citer plusieurs 2018 quand il met en doute les attaques chimiques de l'armée syrienne si le gouvernement français a des preuves qu'il les montre même deux années plus tôt quand Vladimir Poutine est-ce que vous êtes

21:05
Manuel Bompard

Alors est-ce que vous me laissez le temps de répondre à chacune de ces objets Oui bien sûr parce que j'ai entendu beaucoup de mensonges et beaucoup de déformations que je trouve particulièrement inacceptables et malheureusement même quand on y répond les choses continuent à se répandre en l'occurrence par exemple quand Jean-Luc Mélenchon s'est prononcé en disant qu'il soutenait le bombardement des convois de Daesh puisqu'il y avait des convois de Daesh pour sortir le pétrole de Syrie pour aller le vendre ailleurs et à l'époque effectivement nous avons dit que nous étions favorables au fait qu'on bombarde et qu'on empêche ces convois de Daesh de financement de Daesh Vous avez même dit la France Jean-Luc Mélenchon je pense que personne ne va nous le reprocher je pense que personne ne va nous le reprocher hormis si vous considérez à l'époque qu'il fallait laisser Daesh librement vendre son pétrole mais les opposants Sauf à imaginer

21:52
Présentateur

que les bombardements c'est ça visaient l'opposition et pas l'état islamique

21:56
Manuel Bompard

Non mais là en l'occurrence on parle de bombardements oui mais d'accord mais Jean-Luc Mélenchon il a parlé de ça de ces bombardements-là de ceux qui consistaient à frapper des convois de Daesh qui visaient à sortir du pétrole pour le vendre et se financer La citation exacte de Jean-Luc Mélenchon c'était

22:08
Présentateur

il faut aider l'armée syrienne à défendre son pays contre l'invasion de l'armée d'Erdogan et c'est supplétif

22:13
Manuel Bompard

ça c'est une autre déclaration à laquelle vous faites référence qui est effectivement à un moment où des groupes armés armés par la Turquie s'en prenaient aux Kurdes en Syrie et oui je vous assume de dire qu'à ce moment-là il fallait défendre les Kurdes donc ça c'est pour répondre à vos deux objections parce que j'ai entendu ces extraits revenir une fois que vous avez dit ça à quel moment nous aurions eu quelques complicités que ce soit avec Bachar el-Assad moi je peux vous retrouver si vous voulez des tweets de Jean-Luc Mélenchon et des prises de parole de Jean-Luc Mélenchon en 2012 demandant le départ de Bachar el-Assad et la possibilité pour les Syriens de choisir librement leur avenir je peux vous retrouver des déclarations de Jean-Luc Mélenchon de 2017 demandant à ce que Bachar el-Assad s'en aille et demandant à ce que les Syriens puissent choisir librement leur avenir donc j'aimerais juste que les mensonges et les fake news ça s'arrête une bonne fois pour toutes parce que là en l'occurrence c'est des mensonges et des fake news

22:59
Présentateur

Andrea Kotarak qui est aujourd'hui conseiller régional du RN et qui était autrefois membre du parti de gauche et puis de la France insoumise jusqu'en 2019 il dit dans un post hier sur X qu'il s'est rendu en Syrie en 2018 mandaté par la France insoumise c'est un menteur il y a la photo avec Assad avec Thierry Mariani mandaté ça veut dire qu'il y a une mission officielle

23:16
Manuel Bompard

madame d'abord c'est un menteur

23:17
Présentateur

d'élus insoumis dans la Syrie de Bachar el-Assad

23:19
Manuel Bompard

évidemment non c'est un menteur la photo dont vous faites référence et la photo qui a été montrée est une photo qui date de 2021 c'est à dire après le départ de cette personne de la France insoumise pour rejoindre le rassemblement national il n'a pas été mandaté par la France insoumise non jamais personne n'a jamais été mandaté donc c'est de la diffamation et que vous allez poursuivre effectivement évidemment évidemment que c'est de la diffamation personne n'a jamais été mandaté à la France insoumise et quant à monsieur Kotarak parce que moi je veux bien qu'on vienne chercher des noises à la France insoumise il s'est effectivement rendu en Syrie voir monsieur Bachar el-Assad avec monsieur Mariani et monsieur Kotarak qui est l'un des proches collaborateurs de Marine Le Pen donc si vous voulez poser la question sur des proximités entre les uns et les autres et des proximités avec le régime de Bachar el-Assad et bien il faut les poser à Marine Le Pen et au rassemblement national parce que personne à la France insoumise n'a jamais fait ça et que depuis 15 ans 20 ans nous demandons le départ de Bachar el-Assad et le respect des droits et des libertés du peuple syrien

24:12
Présentateur

voilà tout simplement merci Emmanuel Bonpas merci à vous et j'espère que maintenant on va arrêter de raconter n'importe quoi sur ce sujet ce serait bien sur France Info vous étiez l'invité du 8.30 je vous retrouve dans quelques minutes avec Renaud Dely pour les informer bonne journée