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Podcast / conversation(Focus), juste une mise au point· 2 septembre 2026 35 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeImmigration & asile

République, justice et liberté : ce que François Bayrou retient de Charles Péguy - [LECTURE]

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 23:39François BayrouFait
    « La première interview que je donne, je on me dit "Mais pourquoi vous voulez vous présenter ?" Et je réponds quelque chose comme je veux donner une voix à ceux qui n'en ont aucune. »
  • 24:23François BayrouFait
    « Qu'est-ce que c'est la promesse républicaine ? Qu'est-ce que c'est ce triptique dont on parle jamais ? dont on parle comme ça parce que c'est inscrit partout. Liberté, égalité, fraternité. »
  • 25:07François BayrouFait
    « Parce que fraternité, si tu es mon frère, je peux pas imaginer que tu sois pas libre. Et si je suis ton frère, tu peux pas imaginer que je sois pas ton égal. »
  • 30:56François BayrouFait
    « Elle est menacé par l'extrémisme, les deux extrémismes parce qu'ils répondent exactement au même schéma. »
  • 31:39François BayrouFait
    « Ça mène à deux choses. Ça mène à la guerre civile. Dites il faut qu'il parte très bien. Guerre civile je dire faut les gens se défendent. »

Temps de parole

  • ?100 %

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0:00
Locuteur

Je relis Peggy et je découvre je relie Peggy tout le temps et je découvre tout le temps quelque chose de nouveau. Notre civilisation est menacée à court terme de danger de mort parce que l'extrémisme a déployé de nouveau tous ces simplismes. Qu'est-ce qui permet qu'on puisse jamais détacher la liberté de l'égalité ? C'est la fraternité.

0:22
Non speech

[musique]

0:28
Locuteur

Bonjour à tous. Bienvenue sur Focus, notre nouveau média qui fait le pari du fond et de la modération. Aujourd'hui, nous recevons monsieur François Baou, ancien député, ancien député européen, ancien ministre de l'éducation nationale, ancien garde des sauts mais aussi ancien premier ministre. Si aujourd'hui nous le recevons, c'est pour parler de Charles Peggy et de son œuvre Notre jeunesse sortie en 1910. Ce sera l'occasion de comprendre la vision de la politique de François Bairou mais aussi de comprendre comment Charles Pegy l'a accompagné tout au long de sa carrière politique. François Balirou, bonjour. Bonjour.

Aujourd'hui, nous vous recevons pour parler de Charles Peggy et de son ouvrage Notre jeunesse sorti en 1910. Comment êtes-vous arrivé à Charles Peggy et pourquoi est-il si important pour vous ? Oh, c'est une très longue histoire. En tout cas, c'est une histoire qui remonte très loin dans ma vie. Je devais avoir 15 ans et quelqu'un que j'aimais beaucoup dont je me suis aperçu avec le temps que en réalité il avait joué un grand rôle dans la formation de mes goûts qui était un de mes oncles polytechnicien euh des comptes polytechniciens né en 1910 à border au pied des Pyrénées et donc vous voyez le chemin que ça représente. Et donc il avait un goût littéraire extrêmement sûr.

C'est lui qui m'a fait lire Py et de même qu'il m'a fait lire Solénitin. Je m'en rendez compte lire Solénitine dans les années 70 ça veut dire dès que les livres de Senin sont sortis et les premiers il a il a compris qu'il y avait là quelque chose de très très important. Donc j'ai lu Pays et je me suis mis à lire Pays. Alors c'est un c'est un grand mystère. Je pense qu'il s'est jamais passé une semaine dans ma vie sans que je dise Peggy et donc ça fait plusieurs décennies ça fait plusieurs décennies que j'ai cette aventure avec cet esprit incroyable et avec sa langue et avec son incroyable humour. Je me suis disputé mais vraiment très méchant disputé.

avec un un grand constitutionnaliste qui s'était dans une assemblée ouvertement moqué de moi parce que je disais que Peggy était très drôle. Ça prouvait une chose, c'est qu'il avait jamais lu ou que s'il l'avait lu, il avait rien compris et qu'il n'avait rien suivi. Parce que Peggy depuis ses premiers livres de la grippe et encore de la grippe et c'est c'est bidonnant. Alors, j'ai plus tard donc j'ai fait euh mémoire de maîtrise sur Peggy sur la comparaison entre les deux jeunes d'arc, la Jean d'Arc de 1897 et la Jean d'all de 1911 et je recherchais l'évolution pas seulement littéraire mais philosophique et spirituelle qu'il y a eu derrière tout ça.

Ce qui pour un garçon de 20 ans était gonflé. Je dois dire les choses comme comme elles sont. Et plus tard, j'ai inscrit une thèse à l'époque, c'était des thèses d'état. Je n'ai pas avancé suffisamment mais le titre est révélateur. C'était humour, ironie, sarcasme, le rire chez Charles Py. Parce que chez Pegy, le rire c'est fait pour faire avancer la pensée et c'est une arme. Le le quand dans un de ses livres, il attaque très méchamment ses ennemis. Il dit un nouveau théologien, monsieur Fernand Laudet.

Et ce Fernand Lequite une revue ou un journal, je ne sais plus quoi, dans lequel Peggy a été attaqué et il attaque lui parce qu'il est le patron et il le présente comme un théologien et il démonte le ligne à ligne et mot à mot le un article que l'autre avait écrit visiblement au fil de la plume et il montre les erreurs fondamentales en terme de de dogme et de dogme de la vie de tous les jours. Euh pas le dogme savant, le dogme croyant. Et donc cette cette arme du rire m'a m'a fasciné très toujours et me fascine sa langue.

le le je dois dire que qu'elle m'a imprégné la langue qui par circonlocution par on devrait dire cyclolocution le le la langue par des cycles qui fait qu'on a l'impression comme le bolero de ravel c'est exactement la même chose. On a l'impression que ça tourne en rond et en réalité ça avance. Et ça avance en tournant y compris en au passage en tapant toujours sur le même clou et contre les mêmes idées et contre les mêmes personnes. Et donc le le le la langue de Pegy m'a m'a attaché à lui et puis la pensée. C'est une histoire incroyable.

[raclement de gorge] Comment il y a 120 ans, un peu plus de 120 ans, euh comment un esprit peut-il voir avec une telle clarté ce que seront les dérives de la société et du siècle ? Peggy est né en en 1873, ça paraît très loin. En vérité, c'est pas loin du tout. J'ai très bien connu euh dans ma jeunesse une dame qui était née la même année que Pegy 1873. C'était la c'était une des grands tentes de ma femme. Elle a vécu jusqu'à 103 ans et je l'ai très bien connu et elle disait elle était institutrice et elle était restée à la retraite presque 50 ans alors que sa période d'activité avait été de 30 ou 35 ans. Euh et elle disait euh "Je suis né le 8 juillet 73" et Pays n en janvier 73.

C'était une contemporaine directe de Pays d'ailleurs de Marc Sandier aussi qui est né lui aussi en 73. Euh donc c'est pas très loin et cependant il voit avec une une lucidité de dont je me lasserai jamais d'être stupéfait. Il voit avec une licidité incroyable ce qui va se produire et notamment ce que la sociologie dans le monde intellectuel va apporter comme perturbation, va apporter comme disjonction euh avec le réel et avec l'histoire. Et c'est il y a 100 ans 120 ans, il voit tout ça. Et pour moi, je je trouve et et je suis pas le seul, le président de l'amitié Charles Payère qui est un de mes amis pourrait dire la même chose.

Je relis Peggy et je découvre je relie Peggy tout le temps et je découvre tout le temps quelque chose de nouveau. Alors, j'envoie SMS ERC. Euh voilà, c'est c'est euh c'est une vie et je suis euh fasciné par euh la question de ce que sa vie aurait été si ce garçon de 41 ans, c'est-à-dire tout à fait au début de sa vie intellectuelle, avait vécu. De même que si elle a Fournier avait vécu la saignée que la guerre de 14 impose à toutes à des générations et au pays qui en réalité peut pas s'en remettre. Vous vous rendez compte ? J'habite toujours le village où je suis né. Je suis un des derniers. Et dans ce village, il y avait en août 14, il y avait 300 habitants.

Il y a 29 noms sur le monument au mort. Si vous enlevez les femmes un peu plus de la moitié, mettons 160, il vous reste 140 habitants. Si vous enlevez les moins de 20 ans ou de 18 ans et les plus de 40 ans, ça veut dire quoi ? que un garçon sur deux est mort à la guerre. C'était ça les villages. Alors, c'était pas le cas des riles parce que comme l'armée et les gouvernants craignaient euh la révolte, c'est les villages qu'on envoyait au fond. D'où l'incroyable popularité de Pétin parce que Pétin a donné euh une autre image du commandement militaire et cette autre image c'est que on allait épargner la vie des hommes. Mais incroyable histoire et incroyable sa 1400000 morts.

Vous rendez compte ce que ça on prononce ces chiffres comme ça sans se sans se représenter ce que ça veut dire. Mais c'est c'est une terrible tragique histoire qui était en réalité en germe depuis la guerre de 70. C'est pourquoi l'œuvre de quand il sent venir et si choc donc voilà j'ai passé pardon tout ça a était trop long pour vous dire que j'ai passé ma vie avec Peggy et que je continue et j'ai avec la même admiration la même camaraderie intellectuelle même affection et le même goût pour la langue et pour le rire comme une arme. Si aujourd'hui nous vous invitons, c'est pour parler de notre jeunesse qui est sortie en 1910.

Dans ce livre, Piggy parle de l'affaire de Rus et il oppose deux concepts qui sont fondamentaux pour lui, ceux de mystique et de politique. Qu'est-ce que cela veut dire ? Alors vous dites, on parle de notre jeunesse. Moi, j'ai j'ai une perception un peu étrange de tout ça. Dans Pegy, il n'y a qu'un livre repris sous des titres différents, à des moments différents, mais c'est toujours exactement la même histoire. Et et hier, j'appelais Éric Ther parce qu'il m'est venue une idée bizarre.

Si je devais résumer en cinq mots euh l'œuvre de pays en cin ou six mots, je me suis rendu compte qu'en réalité, je prendrai le titre du livre que je viens de sortir qui s'appelle Alerte sur la France qui vient. Et toute l'œuvre de Peggy est une alerte sur cette dérive, décomposition, trahison, oubli de ce que nous sommes pour entrer dans une autre société dont il n'est pas sûr qu'elle vaille la peine qu'on lui donne sa vie. Et notre jeunesse, c'est ça.

Et le thème fondamental de notre jeunesse que vous avez rappelé qui tient en une phrase tout commence en mystique et tout finit en politique, c'est l'histoire d'une dégradation, d'une oxydation, d'une corrosion de ce que les citoyens et notamment les jeunes ont de plus précieux. Il se lance avec enthousiasme dans une cause qui est une cause pour laquelle ils donneraient leur vie et une cause d'idéal. Et puis ça finit en arrangement parlementaire en en en élection négociée et en abandon dès que on entre dans les lieux de pouvoir, abandons de l'idéal et de et de la grandeur de ce qu'on croit.

comme s'il y avait une malédiction, comme si dans l'ADN de l'engagement, il y avait un gêne Terminator, comme on dit, c'est-à-dire un gêne qui ferait que tout ce qui est beau, grand et qui mérite qu'on donne sa vie mécaniquement se dégrade en en une situation qui sont des situations de de médiocrité, de négociation de pouvoir, d'intérêt personnel au lieu d'être l'intérêt général. Il y a tout ça dans la dégradation de la mystique à la politique. Alors, il l'a vécu cruellement parce que il est de ceux qui avaient donné à l'affaire Drefus le meilleur de ce qu'ils étaient.

Et c'était, je sais pas si vous vous rendez compte que ce que cette immense affaire a a provoqué comme séisme dans la société française. J'ai il faut imaginer, nous avons vécu quelque chose comme ça. Alors ça a rien à voir. Mais notre votre génération la mienne aussi a vécu quelque chose comme ça. C'est c'est l'affaire des vaccins. euh sur un le fait d'hivers d'une épidémie mais les gens se sont déchirés sur les vaccins. Vous savez cette fameuse illustration dans laquelle il y a deux il y a deux dessins.

Le premier c'est la famille entre à table et s'asser autour de la table et et la légende dit ne parlons surtout pas de l'affaire de refus et le dessin suivant c'est tout le monde a un œil au beurre noir la vaisselle est cassée et la légende c'est ils en ont parlé. Euh j'ai souvent passé pensé à ça dans l'affaire des vaccins. C'était tellement tellement euh profond et radical. On sait pas pourquoi que ça déchirait les gens, ça déchirait les familles, ça les déchire encore il y a il y a plusieurs années. Bah ça continue.

Et l'affaire de Refus, c'était ça multiplié par 10 parce que derrière il y avait l'antisémitisme venu de loin et dont on s'aperçoit aujourd'hui encore que c'est pas fini, qu'il y a des courants d'opinion qui assient leur progression politicienne sur l'antisémitisme avec ce que déjà Le Pen faisait avec des jeux de mots des formules ambigues De manière que les gens qui partagent cette haine, ils reconnaissent leur leurs obsessions et que les autres ne le voient pas. C'est ça tout le jeu que Mélenchon aujourd'hui il fait ça. L'autre jour j'étais j'ai stupéfait parce que il a fait ça. Personne s'en est aperçu sauf les gens intéressés dans un discours il y a à peu près 15 jours.

Il raconte que ce son meeting a été perturbé ou ces meetings sont perturbés par une association qui s'appelle "Nous vivrons contre l'antisémitisme." Et au micro de Mélenchon, ça donne ça. Ça donne il y a ces gens qui viennent toujours nous essayer de nous perturber, de m'insulter, s'appelle je sais pas comment. Nous vivrons ou nous partirons peut-être. Et il y a des rires gras dans la salle. Et vous savez ce que ça veut dire ? Ça veut dire dans la même phrase juif et partir. C'est un petit signal comme ça adressé aux gens. On pourrait faire la même chose sur les musulmans, hein. Adressé aux gens qui sont animés de haine viscérale.

Et comme la haine est viscérale, c'est pas seulement une haine intellectuelle, c'est une haine viscérale. Comme la haine est viscérale, un petit signal comme ça suffit pour que et l'affaire de réfus c'est ça. multiplié par 1000. C'est la société française toute entière qui était antisémite. Et venant de loin, il suffit de lire Bernanos par exemple euh Bernanos évoquant Drumon pour mesurer [raclement de gorge] ce que ce que ça avait de de de tripal, pardon, d'employer des mots aussi. de tripal dans la société française cette haine là et elle revient et Peggy voit ça et il se bat comme un chien pour au côté de ceux au côté de Zola au côté de Joress au début pour innocenter cet homme.

Il se bat comme un chien contre ceux qui refusant de l'innocent le grassit. Parce que si je vous gracie, vous êtes accusé de crime, bah ça veut dire que vous êtes coupable mais que je vous enlève la peine. Et donc c'était d'une certaine manière un reniment et cette et cette ce tissu ce terreau de haine si profonde, il l'affronte. Et après ça donne quoi ? Ça donne des coalitions parlementaires avec des échanges de portefeuille et de circonscription et on cherche par exemple tous ceux qui ont accepté pire encore remercié pour la grâce de Drefus pour Pegy. Ils ont trahi l'idéal parce que fallait pas accepter la grâce, fallait obliger à ce qu'il soit euh innocenté.

Vous voyez tout toute toute cette ce risque de dégradation, on part d'un idéal humaniste majeur qui est que les êtres humains, quelle que soit leur religion, ils relèvent des mêmes droits et du même respect. et on finit dans dans des alliances de groupes parlementaires avec tout ce que ça comporte dans la fumée de l'Assemblée nationale à l'époque parce qu'on fumait à tous les bancs euh dans les dans les injures et dans le et évidemment vous ne reconnaissez pas la pureté de l'élan initial dans le dans la méd de de la de la vie politique comme hélas elle se déroule. Et d'ailleurs là-dessus, comment concrètement cette mystique républicaine s'est inscrite au fil de votre parcours ?

Comment serait-il autrement ? [grognement] J'ai je viens d'un milieu euh je raconte un peu ça dans mon dernier livre. Je viens d'un milieu qui n'a quand je dis pas d'argent, c'est faible. C'est au-dessous de ça. Ça jamais un sous. une petite propriété agricole qui ne nous appartient pas, qui est dans une indivision familiale depuis euh qui est microscopique euh sur laquelle on élève quelques vaches et et on fait quelques pieds de tabac parce que ça rapportait des sous et on fait du maïs très peu puisque la propriété faisait à peine plus de 10 hectares. Je sais pas si vous voyez ce que c'est des hectares, c'est pas beaucoup.

Euh [raclement de gorge] la propriété française moyenne aujourd'hui doit être pour les plus petites de 80 hactares, quelque chose comme ça. Nous, c'était moins de 10 hectares et on vivait toute une famille là-dessus et on avait aucun pouvoir naturellement et on avait pas de relation. Et j'ai très tôt senti que ce milieulà que j'aimais, qui était le mien, que je respectais, qui avait en plus été magnifié par euh par la mort précoce de mon père qui s'est tué dans un accident du travail, enfin vous voyez tout tout ce que tout ce qu'un un jeune garçon peut peut porter de tout ça. Et je voyais que cela n'avait pas voix au chapitre. Et le la première interview que je donne, quel âge vous avez ?

23 ans. Ben, j'avais 23 ans. La première interview que je donne pour expliquer que je me présenterai aux élections un jour, fallait être sonné. [grognement] Euh la première interview que je donne, je on me dit "Mais pourquoi vous voulez vous présenter ?" Et je réponds quelque chose comme je veux donner une voix à ceux qui n'en ont aucune. Et bien tant d'années après, j'ai pas changé. Et qu'est-ce que c'est la promesse républicaine ? Qu'est-ce que c'est ce triptique dont on parle jamais ? dont on parle comme ça parce que c'est inscrit partout. Liberté, égalité, fraternité. [raclement de gorge] Je développe ça dans mon dernier livre. Qu'est-ce que c'est ?

Des régimes où la liberté est première. On en connaît les régimes libéraux, néolibéraux, ultralibéraux, il y en a plein Mile tout ça, il y en a plein. Et je dis pas qu'ils n'ont pas d'efficacité, mais en tout cas dans ces régimesl l'égalité n'existe pas. Des régimes où l'égalité est portée au premier rang, il y en a plein. Il y a pas de liberté. Et qu'est-ce qui nous cette gerbe ? Qu'est-ce qui permet qu'on puisse jamais détacher la liberté de l'égalité ? C'est la fraternité. Parce que fraternité, si tu es mon frère, je peux pas imaginer que tu sois pas libre. Et si je suis ton frère, tu peux pas imaginer que je sois pas ton égal. Et donc liberté, égalité, c'est fraternité.

Peggy aurait dit qu'il nous la gerbe le ce qui fait que et chaque fois que on rencontre quelqu'un qui a des difficultés, parle pas bien la langue ou carrément se trompe ou est carrément odieux à ce moment-là le le triptique prend tout son sens. Euh et au fond, la laïcité, c'est pas loin d'être ça parce que la laïcité ça veut dire tu as le droit de penser différemment de moi, de croire différemment de moi. Non seulement tu as le droit, mais ça te donne les mêmes droits que moi. Et de sur croix, je suis content que tu puisses être différent parce que je suis content que mon frère ait le droit de penser différemment de moi.

Et donc cette cette mystique là, comment n'aurait-elle pas irriguer Payi ? Fils unique dont le père est mort à la guerre de 70 où est mort des suites immédiates de la guerre. [raclement de gorge] Euh et sa mère est rempailleuse de chaises avec ses mains. Elle change le la paille des chaises et ça blesse beaucoup les mains la paille des chaises. C'est c'est très tranchant.

Et quand il voit les bourgeois à l'école normale, quand il voit ceux qui connaissent tout le monde, qui ont tous les avantages, qui sont habillés en dandy, quel autre système de valeur pourrait lui garantir que lui sera respecté à l'égal de cela parce qu'il a travaillé, parce parce qu'il est très intelligent, il est très tenace euh et il est chef de bande dans les combats de l'affaire Drefus parce qu'il sait manier un bâton. Et donc le peut-être [raclement de gorge] il y a un parallèle de vie euh entre le petit garçon que j'étais qui était pas travailleur comme Peggy et qui était pas sans doute intelligent comme Pegy. Euh ça à la limite ça se rattrape un peu mais mais il y a ça.

C'est-à-dire que cette mystique républicaine et cet idéal là, c'est garantir à de jeunes garçons ou à de jeunes filles qu'ils vont avoir leur place. Et est-ce qu'il y a d'autres auteurs que PDI qui font partie de votre panthéon littéraire intellectuel ? Ou il y en a beaucoup. Alors, vous voulez mais je me rends compte qu'au fond euh c'est la même chose. Par exemple, j'aime j'aime énormément un romancier allemand qui ça donc que personne ne lit qui s'appelle Ernst Wish dont le livre majeur s'appelle Les enfants Jérome. Et en fait, je me rends compte en vous parlant, j'y avais jamais pensé avant, c'est la même histoire.

C'est euh un garçon euh d'une famille nombreuse dans un village perdu, dans un coin de Silésie, dans une forêt euh dont le père est un mystique, dont la mère aurait voulu qu'il soit politique. La mère aurait voulu que l'homme qu'elle avait choisi devienne grand et lui il est dans la lecture des prophètes et il est charbonnier dans la forêt. C'est un très grand esprit. Et le gamin d'une famille très nombreuse dont certains tourneront très mal, je vous le fais court, c'est c'est la préparation du nazisme et un t-shirt en camp de concentration allemand.

Euh et ce petit garçon, il veut être redresseur de Thor et et il veut défendre les pauvres et il décide de se faire médecin des pauvres dans son village. Et c'est tout ce que les Allemands appellent un Bildungs roman, un roman de formation. C'est toute l'histoire de sa de la vie de de cette de cet enfant Jérémine. C'est un livre magnifique mais c'est la même histoire. Et après qu'est-ce que j'ai pas ? J'ai vu de la pollinaire dans votre dans votre bibliothèque. C'est c'est pour moi le très grand poète mais il est pas tout seul. Euh et puis euh h non, j'ai j'ai un panthéon comme on dit assez large, [grognement] mais Peggy occupe une place centrale.

Et j'ai une dernière question pour vous plus largement. Qu'est-ce que la République pour vous et en quoi est-elle aujourd'hui menacée ? Bah, vous voyez bien, elle est menacé par l'extrémisme, les deux extrémismes parce qu'ils répondent exactement au même schéma. Le bouc émissaire, les uns disent c'est l'immigré et on va le faire payer, on va le chasser, on va faire la remigration. J'ai fait un débat avec Zemour que vous pourrez trouver dans euh et je dis à Zemour que je connais bien puisqu'il a été journaliste autrefois, je dis votre pensée là quand vous dites remigration ça mène à quoi ? Ça mène à deux choses. Ça mène à la guerre civile. Dites il faut qu'il parte très bien.

Guerre civile je dire faut les gens se défendent. C'est normal. Et deuxièmement, vous amenez à Mélenchon des troupes pas en masse parce qu'il croit qu'il les défendent. Et de l'autre côté, il y a ceux qui disent "Vous en faites pas, il y a les riches, on va on va leur faire rendre gorge." dans un monde où évidemment suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le Venézuela euh et d'autres et ce qui s'est passé en Union Soviétique, les gens que vous voulez cibler dans un monde de frontière ouvertes, ils s'en vont.

Et donc le le la République est menacée, pas seulement la République, mais notre société et notre civilisation est menacé à court terme de danger de mort parce que l'extrémisme a déployé de nouveau toutes ces tous ces simplismes et qui attirent des gens qui sont dans la difficulté ou relativement dans la difficulté et qui savent pas comment s'en sortir. Et ça se double du fait que et Peggy aurait détesté ça. On a eu aucun sérieux depuis 50 ans dans la gestion quotidienne de nos de nos ressources, de nos finances, on est enseveli sous une montagne de dette plus les moyens de faire des politiques euh novatrices, d'apporter des moyens comme on dit.

Il y a pas un problème aujourd'hui où on ne vous dise pas faut des moyens. Non euh et à juste titre si on en avait, mais la vérité est que spécialement votre génération euh va avoir apporté un poids qu'aucune génération précédente n'a eu apporté. Et je dis euh si on veut éviter [raclement de gorge] la guerre des générations, alors faut faire l'alliance des générations. C'est-à-dire que on mette au premier plan de la volonté nationale le soutien élémentaire aux plus jeunes. Comme on a fait, comme l'humanité fait depuis qu'elle est humanité, les parents bossaient pour que leurs enfants s'en sortent mieux et pas le contraire.

Et donc il y a là quelque chose qui est qui est évidemment extrêmement préoccupant, extrêmement profond et extrêmement risqué pour l'idéal qu'on présente comme étant le nôtre et qu'on trahit tous les jours. Et je peux pas faire semblant de pas le voir et de pas le dire. Merci beaucoup monsieur le premier ministre. On se retrouve très vite sur Focus pour une prochaine interview.

34:33
Non speech

[musique] [musique]