Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 mars 2021 26 min

Suspension d'AstraZeneca, brevets sur les vaccins, "passeport vert" européen... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Vous pensez toujours que le vaccin aurait dû être obligatoire ?

0:08
Yannick Jadot

Je pense que le vaccin est la seule solution de sortie de cette crise. Je le pense toujours. Il faut absolument massifier la production de vaccins. C'est pourquoi depuis des semaines, j'appelle le président de la République, comme nous appelons l'ensemble des dirigeants européens, à récupérer les brevets des laboratoires, à arrêter de se faire bousculer, balader par les laboratoires pour...

C'est dans le droit, ça s'appelle la licence obligatoire, c'est dans le droit français, c'est dans le droit international, en compensant évidemment les laboratoires qui ont fait un boulot extraordinaire, mais en récupérant les brevets pour produire et utiliser toutes les chaînes de production pour produire du vaccin, produire du vaccin pour l'Europe et pour le reste du monde. On a été trop prudent en suspendant le vaccin AstraZeneca. On a accéléré toutes les procédures d'autorisation des vaccins. C'était légitime. On a mis en place un processus de pharmacovigilance. C'est essentiel.

Mais suspendre la vaccination AstraZeneca à partir du moment où vous avez quelques cas de thrombose qui ne sont pas totalement avérés d'être liés à la vaccination AstraZeneca, pour ma part, j'ai trouvé ça excessif. Il faut savoir que c'est quand même l'Islande, la Norvège, le Danemark qui ont initié ce processus de suspension. A E3, ils ne doivent pas avoir 5 morts par jour de la Covid.

1:38
Locuteur 2

Juste avant nous, il y avait l'Allemagne qui a décidé de suspendre le vaccin.

1:41
Yannick Jadot

Et là, il y a une faute de l'Allemagne, suivie par l'Espagne, suivie par la France. On aurait dû, à partir du moment où il y a un protocole de pharmacovigilance, on demande aux autorités européennes de confirmer que le vaccin AstraZeneca ne pose pas de problème, que la balance bénéfice-risque est toujours extrêmement favorable. Et il n'y a pas de raison de douter qu'elle est extrêmement favorable. Mais on ne devait pas suspendre de manière totalement désordonnée en Europe, en voyant un signal très négatif aux populations européennes sur l'utilisation de ce vaccin. Et puis, bloquant pendant des jours la vaccination.

Moi, j'ai vu, je crois que c'était sur votre antenne, un médecin dire que quand on bloquait 100 000 vaccins, c'était 15 morts évitées. Là, on parle pour AstraZeneca d'à peu près 500 000 vaccinations en Europe par jour. C'est beaucoup de morts liées à cette suspension, sans, encore une fois, qu'on ait la preuve d'un effet collatorial extrêmement dangereux.

2:59
Locuteur 2

Donc, principe de précaution pousse à l'extrême, selon vous. Jean Castex a dit hier qu'il se ferait vacciner si le vaccin était à nouveau autorisé. Il doit donner l'exemple, le Premier ministre ?

3:08
Yannick Jadot

Écoutez, si c'est nécessaire, il faut le faire, bien sûr. Moi, j'attends mon tour, comme tout le monde, pour être vacciné. Avec impatience, oui, parce que vous voyez le niveau de tristesse qu'il y a dans notre société. Vous vous rendez compte que, et je pense que c'est une démarche collective, que ce soit dans les médias ou à titre individuel, on ne parle plus que du nombre de réanimations. On a arrêté de parler des personnes qui décèdent. On a arrêté de mettre des visages sur les personnes qui décèdent. On est à plus de 90 000 dans notre pays.

3:44
Locuteur 2

C'est-à-dire qu'on s'est habitué aux morts ?

3:46
Yannick Jadot

Non, on essaye de ne plus y penser. En fait, on a accepté qu'il y ait entre 300, 350, 400 morts en France par jour. On a arrêté de mettre des visages sur ces personnes qui décèdent. On a arrêté de dire la peine, la tristesse, les pleurs qu'il y a dans chaque famille. On sait que 30% des personnes qui sont atteintes de Covid ont ce qu'on appelle maintenant un Covid long, c'est-à-dire avec des effets durs. Peut-être moins, bon, peu importe, mais de toute façon, des effets de moyen long terme durs. On sait le niveau de casse sociale dans notre pays. La communauté autour des questions psychiques, psychiatriques, psychologiques nous alerte sur l'état de la société.

20% de la société qui aurait un syndrome dépressif. On a 30% sur les jeunes. Donc, il faut vacciner, vacciner, vacciner pour en sortir.

4:43
Présentateur

Sur le vaccin, vous plaidez depuis des mois, Yannick Jadot, pour que les contrats signés entre l'Europe et les différents laboratoires soient rendus publics. On a justement posé la question à celle qui a négocié ces contrats au nom de la France. Hier, la ministre Agnès Pannier-Runacher, qui était à votre place, voici sa réponse.

4:58
Locuteur 3

France est le pays qui a demandé à la Commission européenne de permettre de publier les contrats ou à tout le moins les éléments importants du contrat. Qu'on puisse les publier le plus rapidement possible à la fin de la négociation de l'ensemble des contrats. La Commission européenne indique qu'elle va examiner cette demande.

5:20
Présentateur

La France fait le maximum ?

5:21
Yannick Jadot

Écoutez, c'est bien que la ministre essaye de récupérer toutes les initiatives européennes autour des vaccins. C'est de bonne guerre. La réalité, c'est que c'est le Parlement européen qui, aujourd'hui, tente de contraindre la Commission européenne à révéler l'ensemble des contrats. Aujourd'hui, il y a eu, en fait, le contrat d'AstraZeneca. Il y a eu une fuite au niveau de la rail. C'est comme ça qu'on a connu son prix, par exemple. Mais en tant que député européen, quand vous voulez consulter les contrats, vous avez toujours les éléments essentiels, le prix, les systèmes d'assurance qui sont biffés, qui sont noircis.

Donc, non, il n'y a pas cette transparence que, notamment, le groupe vert demande au Parlement européen. Qui bloque au Parlement européen ? Qui bloque ? La Commission. C'est clairement la Commission européenne qui bloque en se cachant derrière le secret commercial des laboratoires.

6:14
Locuteur 2

Mais ils attendent la fin des négociations. Est-ce que vous pouvez le comprendre, ça ?

6:16
Yannick Jadot

Non. On ne peut plus comprendre ça. On ne peut plus comprendre que l'Europe soit totalement bousculée, baladée par les laboratoires pharmaceutiques. On est en train de discuter le fait de confiner l'île de France. Le monde entier fait face à une pandémie terrible. Je l'ai dit, tristesse, détresse, casse, au niveau individuel, au niveau collectif. Il n'est pas possible que les laboratoires décident seuls, décident seuls aujourd'hui, de la façon de produire et de répartir les vaccins dans le monde. Moi, je demande, si je demande le brevet, ce n'est pas pour piquer leur brevet, ce n'est pas pour les exproprier.

C'est parce que la France, comme l'Europe, ne peut pas être le continent simplement de la mise en flacon. Quand on nous parle de la mobilisation des capacités productives des laboratoires, on nous dit, ah, c'est sympa, Sanofi fait un accord avec Pfizer. Ah, c'est sympa, Merck fait un accord avec tel laboratoire. Mais on ne va pas les laisser sur une base volontaire, organiser la production de vaccins. C'est l'élément essentiel pour plus de 7 milliards de personnes dans le monde.

7:34
Locuteur 2

Sauf que, Yannick Jadot, les lignes de fabrication, elles ne se produisent pas comme ça, d'un clin d'œil. En fait, les lignes de fabrication, c'est difficile à mettre en œuvre. Ça prend plusieurs mois, donc même si on avait les brevets aujourd'hui, ça prendrait beaucoup, beaucoup de temps.

7:46
Yannick Jadot

Raison de plus pour mettre le paquet. Raison de plus pour imposer aux laboratoires qui vivent de l'argent public. Ils ont fait une recherche extraordinaire. Extraordinaire. Bravo. Bravo, bravo, bravo. Mais ça n'est pas simplement la relation entre les laboratoires, les centres de recherche de ces laboratoires et les actionnaires des laboratoires que doivent se décider la mise en production. Nous pouvons, je ne veux pas croire qu'il faille un an pour mettre en production, chez Sanofi, chez Merck, chez tous ces grands laboratoires pharmaceutiques, une chaîne de production pour des vaccins. Qui traînent volontairement des pieds ? Je pense qu'ils s'organisent entre eux.

Pour aller le moins rapidement possible ? Non, pas forcément pour aller le moins rapidement possible. Mais je pense que Pfizer a totalement envie de garder la rémunération maximale autour de son invention. À AstraZeneca, on peut difficilement les soupçonner de ça. Du coup, ils ne font plus le boulot. Donc vous avez celles et ceux qui veulent absolument garder la rémunération, le secret de fabrication. Celles et ceux qui, parce qu'ils ne font pas beaucoup d'argent, le patron d'AstraZeneca, il est planqué en Australie, il ne s'occupe pas de ce que font les boîtes en Europe.

Je trouve ça choquant quand l'ensemble de nos sociétés aujourd'hui sont en train de se déliter sous l'effet de cette pandémie.

9:07
Présentateur

Il est 8h42, le fil info avec Diane Ferschit et on vous retrouve dans un instant Yannick Jadot.

9:12
Locuteur 1

Le moment est venu de prendre de nouvelles mesures en Ile-de-France, a prévenu Jean Castex face aux indicateurs de l'épidémie qui ne cessent de se dégrader, notamment en Seine-Saint-Denis. Le président du département, Stéphane Troussel, dit sur France Info, attendre des mesures proportionnées s'il n'y a pas d'autres choix, mesures que chacun devra respecter en responsabilité, selon lui. Et l'exécutif réunit à partir de 9h un nouveau conseil de défense sanitaire. Ils sont déjà disponibles en Allemagne ou encore aux Pays-Bas. Les autotests pour dépister le Covid autorisés en France par la Haute Autorité de Santé, un prélèvement nasal moins profond et moins désagréable que pour les tests PCR.

Test PCR qui sera toutefois nécessaire en cas d'autotest positif. Nous allons accélérer la cadence, promet le ministre de l'Intérieur, alors que 450 points de vente de drogue ont été démanclés. L'an dernier, dans le Parisien, aujourd'hui en France, Gérald Darmanin chiffre à 50 000, le nombre d'amendes forfaitaires dressées depuis leur création en septembre dernier. De nouveau qualifiés pour les quarts de finale de la Ligue des Champions, Manchester City et le Real Madrid. Le Real qui a battu l'Atalanta Bergam, 3 buts à 1. On a fait un grand match, un match complet du début à la fin. Salut l'entraîneur madrilène Zinedine Zidane. France Info

10:20
Locuteur 6

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

10:25
Locuteur 2

Toujours avec Yannick Jadot, député européen Europe Écologie-Les Verts. Emmanuel Macron devrait prendre des décisions là, dans quelques heures. Qu'est-ce que vous en attendez ?

10:33
Yannick Jadot

On voit que la situation n'est plus sous contrôle en Ile-de-France. On le voit aussi dans les Hauts-de-France, en PACA, dans d'autres départements. Il est évident qu'aujourd'hui, il faut prendre des mesures plus restrictives. On a laissé les variants prendre le dessus.

10:51
Locuteur 2

C'est quoi les mesures plus restrictives ? C'est un confinement toute la semaine ?

10:54
Yannick Jadot

Il ne vous a pas échappé que vous, comme moi, on attend les déclarations du Président de la République, comme à chaque fois, qu'il y a très peu de concertations avec les forces politiques, avec les élus locaux, avec les forces sociales de ce pays.

11:09
Locuteur 2

Mais alors qu'est-ce que vous proposez ?

11:10
Yannick Jadot

C'est le reproche que je fais depuis le début au Président de la République, de décider seul.

11:13
Présentateur

Vous préférez par exemple, dans le cas de l'Ile-de-France, on interroge quels élus ? Eh bien la région et puis les communes. La région et puis les communes.

11:23
Yannick Jadot

L'ensemble des communes. Mais bien sûr. Les milliers et les milliers de communes, on interroge tous les maires. Regardez comment ça se passe en Allemagne. Angela Merkel, elle négocie pendant 9 heures avec les lenders, avec les communes.

11:33
Présentateur

L'une des dernières réunions d'Angela Merkel pour savoir si on devait reconfiner ou pas le pays, vous l'avez rappelé, ces 9 heures de discussion, il y a eu des désaccords. Et l'Allemagne aujourd'hui estime que ces discussions entre Berlin et les régions ont fait perdre beaucoup de temps au pays. Et qu'il aurait peut-être fallu trancher plus vite en haut.

11:50
Yannick Jadot

En Allemagne, si on compare avec les niveaux de population, aujourd'hui, il y a deux fois moins de morts par jour qu'en France. Donc je ne pense pas que la situation en Allemagne... Ils ont été confinés plus longtemps. Vous m'avez vu depuis un an, j'essaye d'avoir un discours de responsabilité. Je n'ai jamais, j'ai toujours dit, à partir du moment où il y a une règle édictée par le gouvernement, par le président de la République, il faut l'appliquer avec la plus grande résolution. Vous voyez parfois dans le même département, deux maires d'une même couleur politique ne sont pas d'accord sur ce qu'il faut faire.

Mais la question n'est pas d'empêcher ou de nier les prérogatives du président de la République. C'est de construire le plus collectivement possible le diagnostic, le partage du diagnostic et les solutions.

12:37
Locuteur 2

Face à ce défi, là, des mesures qu'il doit prendre, qu'est-ce que vous proposez ?

12:40
Yannick Jadot

Comme vous, je n'étais pas dans la réunion avec le conseil scientifique hier. Il est évident qu'il va falloir probablement confiner. Moi, je n'ai pas à ce stade les éléments d'évaluation qui me permettraient de dire, est-ce que le week-end, ça suffit ou pas ? Est-ce que le week-end, ça suffit ou pas ? On va tous regretter qu'il n'y ait pas plus de lits en réanimation sur l'île de France. C'était une promesse d'il y a un an. Ça n'a pas évolué. Ça nous oblige aujourd'hui à prendre des mesures de restriction, à la fois pour soigner les malades du Covid et pour... Enfin, on est toujours devant le même choix impossible. Sauf que pour ouvrir des lits, il faut du personnel, Yannick Jadot.

On est toujours devant le même choix impossible. On a déprogrammé une bonne partie des opérations non Covid. Ça met des personnes en situation sanitaire, humaine, extrêmement dangereuses. Mais on veut toujours éviter qu'il y ait des personnes qui ne soient pas prises en charge. C'est ça, le sujet. Et donc, à partir de là, il faut des règles plus strictes. Mais moi, je veux et je demande au président de la République qu'il y ait des mesures d'accompagnement de ce confinement beaucoup plus fortes. C'est-à-dire ? Beaucoup plus fortes.

Un, prise en charge à 100% de toutes les consultations dans les centres médicaux, psychologiques, autour de tous les professionnels de la santé psychique, psychologique. On a un afflux, une catastrophe, une détresse psychologique énorme. Il faut faciliter la prise en charge de les jeunes. Ce gouvernement fait un refus d'obstacle qui est, je trouve, assez cynique sur le RSA pour les jeunes. Qu'au moins, à ce stade, on est dans l'urgence. Qu'au moins, ils le mettent en place d'un point de vue transitoire. Pendant les mois qui viennent, ces jeunes doivent pouvoir accéder à un revenu de subsistance. Que vous vous rendez compte, la question du confinement, si ça devait se poser en Ile-de-France ?

Comment on fait avec les centaines de jeunes qui font la queue pour aller à la soupe populaire ? Comment on fait quand ils vont être un peu plus enfermés dans leur chambre de bonne ou dans des situations de logement dramatique ? Comment on va faire avec tous les jeunes qui, dans les lycées pros et ailleurs, attendaient le stage ? Il nous faut absolument des mesures d'accompagnement qui soient à la hauteur de la détresse psychologique et de la casse sociale dans laquelle nous sommes.

15:03
Présentateur

Yannick Jadot, la Commission européenne, va présenter tout à l'heure ce qu'elle appelle désormais son certificat vert. Ça a changé de nom plusieurs fois. C'est le document sous forme de QR code qui rassemblera, par exemple, les informations sur le vaccin, ou si on a eu le Covid, ou si on a passé un test négatif récemment et qui permettra de franchir les frontières. Ce document ne sera pas obligatoire, dit le texte de la Commission européenne. Est-ce que vous le regrettez ?

15:27
Yannick Jadot

Déjà aujourd'hui, quand on voyage en Europe, on est censé présenter un test PCR négatif. Donc, que ça passe sur une appli, ce type de mesures de prévention me paraît parfaitement acceptable. Là où j'ai un problème, c'est sur ce qu'on appelle le passeport vaccinal. C'est-à-dire que vous ne pourriez pas accéder à un certain nombre de pays parce que vous n'avez pas été vacciné. Bah si, puisqu'il ne sera pas obligatoire. Oui, mais enfin, vous voyez bien que derrière l'enjeu, évidemment, par exemple, pour un pays comme la Grèce, qui a été le premier pays à mettre ça sur la table, c'est de dire, vous êtes vacciné, vous entrez dans mon pays, vous n'êtes pas vacciné.

16:08
Présentateur

Vous pensez que l'Europe avance un peu masquée et que ce projet non obligatoire va le devenir au fur et à mesure ?

16:12
Yannick Jadot

L'idée derrière, on voit bien, c'est qu'au fond, on permette aux personnes vaccinées de reprendre, d'avoir accès de nouveau à l'ensemble des activités et aux personnes non vaccinées de les bloquer. Tant que l'ensemble des Européens qui le veulent n'a pas eu accès à la vaccination, ça me paraît totalement discriminatoire. Donc pour l'été prochain, c'est mort. Et à partir du moment où on n'a pas la garantie de quand vous êtes vacciné, vous n'êtes plus contagieux, ça me paraît dangereux.

Donc, mais à un moment, je l'ai dit, je l'assume, à un moment donné, si des vaccins sont disponibles, que toutes celles et tous ceux qui ont voulu se faire vacciner ont pu être vaccinés et que la société est toujours contrainte par la pandémie, eh bien oui, celles et ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, eh bien se verront peut-être empêchés d'un certain nombre d'activités pour que le reste de la société puisse reprendre.

17:09
Présentateur

Yannick Jadot, député européen Europe Écologie Les Verts et l'invité de France Info, il est 8h50. Le fil Info avec Diane Ferchit.

17:16
Locuteur 1

L'exécutif réuni en Conseil de défense sanitaire d'ici une dizaine de minutes. L'île de France s'attend à un reconfinement. Le Premier ministre Jean Castex a déclaré hier soir que le moment était venu de prendre de nouvelles restrictions, alors que le taux d'incidence du Covid dans la région continue d'augmenter. Plus de 400 cas pour 100 000 habitants, une épidémie dans une phase d'accélération, selon le directeur de l'assistance publique. Hôpitaux de Paris, 1700 conciliens risquent de se retrouver en réanimation fin mars, selon la tendance actuelle précise Martin Hirsch et nos confrères d'RTL.

Un certificat vert numérique pour pouvoir se déplacer plus facilement entre les pays de l'espace Schengen. Il sera présenté à la mi-journée par la Commission européenne. Un QR code qui dira si on a été vacciné ou encore pour prouver le résultat d'un test PCR négatif. Nicolas Sarkozy est à nouveau devant la justice, l'ancien chef de l'État jugé dans l'affaire Big Malion. Il s'agit de l'affaire de fausses factures et des dépenses excessives lors de sa campagne de 2012. Vers un non-lieu dans l'affaire du chlordécone aux Antilles françaises, la grande majorité des faits dénoncés étaient déjà prescrits dès le dépôt de plainte en 2006.

C'est ce qu'affirme le procureur de Paris, Rémi Hates, malgré des éléments accablants.

18:24
Locuteur

France Info

18:25
Locuteur 6

Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.

18:29
Locuteur 2

Toujours avec Yannick Jadot, député européen Europe Écologie Les Verts. Alors ça peut paraître comme un exploit en fait, puisque toute la gauche socialiste, insoumis, communiste dans les Hauts-de-France ont réussi à s'unir derrière l'écologiste Karim Adéli en vue des élections régionales cette année. Ça veut dire qu'en fait les gauches ne sont pas si irréconciliables que ça.

18:48
Yannick Jadot

Bien sûr, bien sûr, dans un scrutin régional d'importance qui va conditionner une bonne partie de la vie quotidienne des Françaises et des Français sur les transports, sur les lycées, sur l'alimentation, sur la formation, sur beaucoup d'éléments essentiels de la vie quotidienne, l'écologie permet de rassembler largement.

19:07
Locuteur 2

Est-ce qu'il est possible dans les Hauts-de-France ? Est-ce qu'il est possible dans d'autres régions ?

19:11
Yannick Jadot

Vous savez, notre attachement à notre construction fédéraliste, que ce soit à l'échelle de l'État, à l'échelle de l'Europe, c'est aux régions de décider.

19:24
Présentateur

Il n'y aura pas d'accord national pour dire à partir du moment

19:27
Yannick Jadot

où vous nous avez laissé une tête de liste dans les Hauts-de-France, qu'on pourrait en abandonner une autre ? Non, non, non, il n'y aura pas ça. Après, il y a des dynamiques de discussion dans certaines régions. On les laisse travailler. Mais ce que je crois important, notamment dans les Hauts-de-France, c'est justement que l'écologie démontre qu'elle peut rassembler, qu'elle peut rassembler toute la gauche autour d'elle, qu'elle est incontestablement le logiciel politique, la matrice qui permet de combattre tous les jours l'extrême droite. Tous les jours l'extrême droite. Parce qu'on nous, on essaye de nous bousculer sur le second tour de la présidentielle. Évidemment, c'est essentiel.

Ce jour-là, chaque électrice, chaque électeur devra se poser la question de quel est mon choix pour, quel est mon choix contre. Mais l'extrême droite, l'insécurité sociale, l'insécurité économique, le manque de démocratie partout, de l'entreprise jusqu'à l'échelle locale, c'est comme ça qu'on combat l'extrême droite. En ayant un projet, le nôtre, qui va démontrer...

20:28
Locuteur 2

Est-ce qu'il est possible que les écologistes se placent derrière un insoumis ou un ou une socialiste, justement, pour battre l'extrême droite ?

20:36
Yannick Jadot

Notre conviction, c'est que l'écologie est la seule force d'avenir. C'est notre conviction. Donc c'est l'union, mais derrière nous uniquement. Non, c'est l'union autour d'un projet qui place l'écologie au cœur de ce que nous portons.

20:51
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon fait des propositions depuis des mois sur l'écologie. Il estime qu'il est aussi écologique que vous. Oui, enfin, certainement. Sur le nucléaire, vous avez sans doute entendu ces derniers propos. Ah oui, j'ai vu qu'il veut sortir en quelques mois. Jean-Luc Mélenchon, il veut sortir en quelques mois du nucléaire. Il dit d'ici 2030, il faut sortir du nucléaire.

21:07
Yannick Jadot

C'est une bonne idée, ça veut dire que vos idées infusent ? Ah mais moi, j'adore que nos idées infusent. Mais je pense que la société est en train d'évoluer profondément sur l'écologie. Je pense que les entreprises sont en train d'évoluer profondément sur l'écologie. Et notre responsabilité, nous écologistes, on l'a vu dans les succès en Allemagne, on voit le maire de Milan. Milan, c'est la capitale économique de l'Italie. Le maire de Milan rejoint la famille écologique européenne.

21:32
Locuteur 2

Non mais là, Yannick Jadot, vous êtes ironique quand on parle de Jean-Luc Mélenchon et de l'écologie. Mais là, ce que dit Jean-Luc Mélenchon, c'est que lui, il est prêt au rassemblement. Il est prêt au rassemblement avec nous. Il est prêt derrière son programme. Ce sont les programmes. Lui, il a un programme, vous, vous n'en avez pas. Voilà ce qu'il dit.

21:45
Yannick Jadot

Écoutez, je veux bien qu'on dise que les écologistes n'ont pas d'idées. Il est où votre programme ? Écoutez, allez sur 2022l'écologie.fr, c'est ma plateforme d'idées. C'est le programme de Yannick Jadot, ce n'est pas le programme du candidat écologique, qu'est-ce qu'on ne le connaît pas ? Oui, mais enfin, Jean-Luc Mélenchon, il dit, mon programme, c'est celui de 2017. Bon, il a une ambition, c'est de renouveler un peu plus ce qui s'est passé en 2017. Moi, je pense que la société française a changé depuis le 2017. Les urgences climatiques, sociales... Vous voulez dire que c'est l'homme du passé, Jean-Luc Mélenchon ?

Non, ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que nous devons, nous, pas être seulement le parti de la colère. Ces colères, ces détresses, il faut les prendre, les faire nôtres. Mais moi, ce que je veux, c'est que l'écologie soit le parti des solutions. Des solutions individuelles, mieux vivre chaque jour dans sa vie quotidienne. Et puis des solutions collectives, qu'on ait enfin un projet qui nous rassemble. Et je suis convaincu, c'est ma conviction, ma détermination. Seul le projet de l'écologie peut rassembler ce pays. On peut être de nouveau fier de la France grâce à l'écologie.

22:52
Présentateur

Les primaires chez les écologistes sont prévues au mois de septembre. Vous êtes sûr que vous serez candidat à ces primaires ? Vous pouvez en prendre l'engagement devant les militants ?

23:02
Yannick Jadot

Je me prépare à l'élection présidentielle. Ce n'est pas ma question. L'Europe Ecologie Les Verts a décidé d'un processus de désignation. Que vous ne souhaitiez pas, pas à ce moment-là en tout cas. Je l'ai dit, je l'ai dit, moi je ne ferai jamais sans ma famille politique. Je ne ferai jamais sans ma famille politique. Mais les réserves que j'ai, c'est qu'à partir du moment où on se fixe l'impératif d'avoir une candidature commune entre Mélenchon et Macron pour 2022, c'est un impératif et la chance de gagner, la chance de gagner. Eh bien, il nous faudra à un moment donné un processus de désignation qui concerne cet espace politique-là.

Donc une primaire avec l'ensemble de la gauche, après la primaire ? Une primaire, un processus de désignation, ce n'est pas forcément une primaire. Je n'ai pas entièrement bien compris la réponse, je ne suis peut-être pas très bien réveillé.

23:52
Présentateur

Est-ce que vous prenez l'engagement d'être candidat à la primaire qui a lieu dans 6 mois ?

23:55
Yannick Jadot

Mais moi, je ne suis candidat à rien pour l'instant. Vous êtes candidat à l'Élysée ?

23:58
Présentateur

Ah non, je n'ai jamais dit que j'étais candidat à l'Élysée. Vous avez dit, je me prépare à l'Élysée. Je me prépare. Je vois un tout petit peu sur les mots. Est-ce que vous prenez l'engagement de vous présenter à la primaire écologique, celle dont le calendrier est fixé ?

24:08
Yannick Jadot

Si l'engagement que je prends, c'est que si je suis candidat à l'élection présidentielle, je ne ferai jamais sans ma famille politique. Vous ne pouvez pas prononcer la phrase. Non, la discussion que j'ai avec ma formation politique, si à un moment donné c'est la primaire, ce sera la primaire. Mais la discussion que j'ai avec ma famille politique, c'est qu'à partir du moment où il faudra faire une candidature de rassemblement, pas simplement les écologistes, une candidature de rassemblement, qu'il faudra un processus de désignation à la hauteur de ce rassemblement.

Avec les progressistes, les humanistes, nous devrons toujours garder à l'esprit dans les mois qui viennent l'agilité, l'intelligence collective de choisir ce processus de rassemblement pour que nous gagnions.

24:53
Présentateur

Merci Yannick Jadot. C'est une journée spéciale sur France Info. Comment les Français tiennent le coup un an après le début du confinement ? Vous aurez la parole sur France Info Radio et Télé dans quelques minutes. Vous nous appelez au standard France Info 0156 40 41 11. Expliquez-nous, donnez-nous vos solutions également. Quand ça ne va pas, vous faites quoi Yannick Jadot pour tenir le coup ?

25:12
Yannick Jadot

Je lis des romans qui m'emmènent ailleurs. J'ai relu du Kessel, j'ai relu du Guitry, j'ai relu du Dumas. Je lis beaucoup, je regarde des séries et je cuisine plus que je crois que je ne l'ai jamais fait. Je crois qu'on est assez nombreux dans ce cas-là. Avec d'excellents vins qu'il faut consommer avec modération, mais des vins bio, des vins en biodynamie. Je vous invite à découvrir les magnifiques choix que nous offrent nos vignerons sur tout notre territoire. C'est assez magnifique. Merci à vous les auditeurs en la parole dans 5 minutes sur France Info.

25:49
Présentateur

Belle journée à tous.