Déception sur le dispositif "Jeanbrun" ? – 19/05
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BFM Business et la Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon.
Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Ne mentons pas, la situation va durer. Ce n'est pas moi qui ai dit, évidemment, c'est le Premier ministre Sébastien Lecornu tout à l'heure à l'Assemblée nationale. Eh bien, on verra avec le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jean-Bran, quel impact ça peut avoir sur le logement, la crise de logement, alors que les chiffres qui viennent d'être publiés, notamment sur le logement neuf, ne sont pas formidables. C'est moins qu'on puisse dire. Et puis, il y a une hausse des taux, des intérêts qui se profilent, la hausse des coûts de construction. On voit que la situation ne va pas s'arranger.
Ensuite, ces deux femmes remarquables, deux meilleurs expertes, Emmanuelle Galichet, elle est enseignante, chercheuse en physique nucléaire au CNAM. Avec elle, on parlera de la question du nucléaire, de l'accord peut-être entre l'Iran et Donald Trump. Et puis, on verra aussi ce qui se passe du côté de la Russie. Et face à elle, ça sera Elsa Vidal. Elle est éditorialiste politique internationale à BFM TV. Elle publie un livre passionnant, Que pensent les Russes ? Ça, ça sera juste après, à 18h30. Mais pour l'instant, le journal avec Erwann Maurice.
Le journal.
Il est 18h, bonsoir Erwann. Bonsoir Edith. Et donc, c'est le deuxième jour et la fin du G7 Finance. C'était à Bercy, aujourd'hui.
Avec au cœur de la tempête géopolitique, un maître mot. Ce coordonné, Hugo Babé, vous avez suivi cette journée. Ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales ont plutôt bien réussi à tenir la même ligne de conduite. Oui, c'est finalement un accord en 12 points qui a été adopté par l'ensemble des ministres des Finances du G7. Ils ont d'abord réaffirmé un soutien indéfectible à l'Ukraine avec plusieurs mesures. Le maintien, voire le renforcement des sanctions contre la Russie. Le maintien du gel des avoirs russes. Et un soutien à la reconstruction du pays et à la sécurisation du site nucléaire de Tchernobyl.
Sur les terres rares, un accord de coopération a été signé avec une mobilisation accrue des banques de développement et une conférence en juin pour débloquer les investissements dans les terres rares. Sur le commerce mondial, seul le e-commerce et les petits colis ont rassemblé, ont réuni tous les pays du G7 pour plus de contrôle et une lutte multilatérale contre les fraudes. Enfin, deux points d'actualité. Le G7 pointe explicitement les surplus et les déficits excessifs qui alimentent les tensions commerciales. Et le retour à une circulation sûre dans le détroit d'Hormuz est jugé impératif par l'ensemble des ministres des Finances du G7. Hugo Bamet pour BFM Business.
En attendant, le blocage d'Hormuz perdure et cela pèse sur certaines matières premières dérivées du pétrole. C'est toujours le cas du plastique. Conséquence, le plastique recyclé est désormais moins cher que le plastique vierge. C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron appelle le gouvernement à engager une concertation sur la consigne. La France étant sur ce point très mal positionnée comparée à ses voisins européens, doit même s'acquitter chaque année d'un milliard et demi d'euros d'amende pour le non-respect de la réglementation. Les tensions géopolitiques qui font aussi voter les députés.
36 milliards d'euros supplémentaires pour les armées en dépit de l'opposition de LFI et des écologistes. Le projet de loi qui fixe d'ici 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises va porter à 436 milliards d'euros. Les dépenses militaires prévues d'ici à la fin de la décennie en mettant l'accent sur des postes d'investissement jugés nécessaires comme les missiles, les obus et les drones. Les socialistes voteront demain contre la nomination d'Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. C'est ce qu'indique le député PS Philippe Brun. Une décision qui fragilise les chances du candidat d'Emmanuel Macron.
L'ancien secrétaire général de l'Elysée sera auditionné demain par les commissions des finances du Sénat et de l'Assemblée nationale avant un vote. Il nous faut plus de moyens, c'est le cri de l'Arcom face à l'ampleur de ses missions. Le régulateur de l'audiovisuel et du numérique dispose d'un budget de 50 millions d'euros. Son président réclame une trentaine d'emplois supplémentaires pour assurer sa mission de protection des mineurs en ligne et surveiller les tentatives d'ingérence et de désinformation à l'approche de l'élection présidentielle. Avec vous Antoine Larigaudry, bonsoir. Bonsoir Erwann, bonsoir Adige. Bonsoir Antoine. Antoine, le CAC 40 clôture stable.
Oui, moins 0,07%, 7 980 points, c'est bien payé. Franchement, au vu de ce qui se passe sur le marché obligataire où là les tensions atteignent des points absolument dingues. Alors, 3,83% pour le 10 ans français, ça on s'était habitué. 4,66% pour le 10 ans américain, là ça commence à piquer. Puis c'est sur le 30 ans américain qu'on a touché quasiment 5,2%. On n'avait pas vu ça depuis 2007, juste avant l'explosion de la crise financière. Donc du coup, ça laisse des mauvais souvenirs et il y a beaucoup de volatilité, de tension sur l'obligataire. Et ça, évidemment, ça nuit aux performances des marchés actions. Donc, on termine quand même pas trop mal du côté de Paris, quasi inchangé.
Surperformance de la tech à plus 0,73% pour l'Euronext Tech Leaders. D'ailleurs, c'est Capgemini qui signe la plus forte hausse de l'indice, plus 4,3% à 105,30€. On a Dassault Systèmes, plus 2,81€ à 20,28€. En revanche, baisse marquée pour ArcelorMittal qui perd 2,5% à 51,26€. Et Saint-Gobain, moins 2,33€, 73,02€. Le CAC, moins 0,07€, 7,980€. Le volume d'échange, pas très élevé, 3,7 milliards.
Merci Antoine, merci Erwan. Rendez-vous 19h, 19h30 pour toute l'info tout de suite. Mon premier invité, c'est le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jambrin. Vous êtes bien dans le 18, 19. Mon premier invité, c'est Vincent Jambrin, ministre de la Ville et du Logement. Bonsoir, Vincent Jambrin. Bonsoir. Merci d'être là. J'ai l'honneur de recevoir le huitième ministre du Logement, Emmanuel Macron. Vous nous direz si vous pensez faire mieux que vos prédécessaires. J'ai beaucoup de questions plus sérieusement à vous poser.
Tout d'abord, vous avez entendu, j'imagine, évidemment, vous étiez au banc, Sébastien Lecornu, qui disait tout à l'heure, « Ne mentons pas aux Français, la situation va durer ». Quand il dit ça, c'est quand même, on s'y attend, mais c'est le fait que ça vienne du Premier ministre. Surtout, c'est que la question qu'on peut se poser, c'est les conséquences sur votre responsabilité. Le logement, lorsqu'on voit les chiffres, et on en parlera dans un instant, mauvais chiffres notamment sur le logement neuf. Est-ce que pour vous, vous ne mentez pas aux Français ? Vous allez me dire que ça va être de plus en plus dur pour se loger ?
C'est déjà extrêmement dur pour se loger aujourd'hui pour les Français. J'ai souvent dit que je suis moins le ministre du Logement que le ministre de la crise du Logement. Donc, c'est déjà très dur. Maintenant, parmi tout ce qu'on a besoin de mobiliser pour relancer le logement en France, il y a notamment le fait de relancer l'investissement. Et pour relancer l'investissement, ce n'est pas ici que je vais vous l'apprendre, les investisseurs ont besoin de stabilité, ils ont besoin de vision long terme. Et évidemment, ce qui se passe aujourd'hui à l'échelle mondiale, et particulièrement dans le détroit d'Hormuz, crée de l'instabilité, crée de l'imprévisibilité.
Et donc, ça vient rendre encore plus compliqué la relance du logement. C'est vrai. Pour autant, ce n'est pas parce que c'est plus compliqué qu'il ne faut rien faire. Au contraire, je dirais, c'est parce que c'est compliqué qu'il faut se surmobiliser pour qu'on sorte de la crise.
Et c'est pour ça que vous êtes là pour nous expliquer qu'est-ce que vous allez faire, ou peut-être améliorer, notamment le fameux dispositif Jean Brun, on appelle ça qui a succédé au Pinel. On voit bien qu'il faut peut-être le modifier, on en dira un peu dans un instant. Juste là, qu'est-ce que vous redoutez le plus ? Parce qu'il y a deux facteurs de cette crise qui peuvent impacter, évidemment, la crise du logement. C'est un, hausse potentielle des taux d'intérêt, et puis deux, l'inflation sur les coûts de construction. On voit déjà que ça a un impact partout.
Vous avez raison, il y a même un troisième facteur, c'est l'attentisme. Oui, mais vous venez d'en parler, c'est pour ça que je ne le rajoutais pas. C'est un truc qui est important, où il y a des gens qui se disent qu'on va attendre un petit peu que la stabilité revienne. Sur l'évolution des coûts des matériaux, c'est un vrai sujet. Maintenant, la production de logements neufs, notamment, c'est un temps long. Et donc, ça sous-entend que la crise, on l'espère, sera résolue aussi d'ici là. Et donc, ça fait un pic aujourd'hui. Et puis, on peut espérer que ça redescende quand même. Donc, il va falloir qu'on soit très attentif à ça.
Mais le vrai sujet aussi pour nous, c'est de distinguer la hausse justifiée de la hausse pas justifiée. Et qu'ils pouvaient faire ? On travaille avec notamment la Fédération française du bâtiment, mais aussi les artisans avec la CAPEB et d'autres partenaires pour créer un observatoire des coûts de la construction, et notamment des matériaux, pour être capables d'analyser qu'est-ce qui vraiment se justifie en termes d'augmentation des prix.
Et là où il y a des effets d'aubaine, parce qu'il y en a, et vous avez des matériaux qui ne sont absolument pas dépendants du détroit d'Ormouz, et qui ont déjà pris 37% dans les premières semaines, alors qu'on voit bien que c'était plutôt un effet d'aubaine. Donc, là-dessus, il faut qu'on soit vigilant.
Lesquels ? Juste par curiosité ? Quoi, par exemple ?
Vous inviterez les professionnels, mais ils avaient quelques exemples assez truculents qui montraient que dans la fabrication, il n'y avait pas de matières premières liées à la pétrochimie, par exemple, et pour autant, ça augmentait. Donc, il y a cet enjeu-là, faire le tri. Et puis, sur la partie taux d'intérêt, évidemment, c'est un enjeu. Quand les taux d'intérêt s'envolent, ça vient évidemment freiner la mobilisation, la solvabilité aussi des concitoyens qui voudraient investir dans le logement. Pour autant, pour le moment, les taux ne s'envolent pas, et il y a plutôt une stabilité des taux pour le moment. Et donc, il faut justement en profiter.
Et je dis aux Français, c'est aussi dans les périodes un peu instables qu'il faut investir dans la pierre. Ça tombe bien, c'est ce qu'on leur propose à travers le plan de relance au logement.
Oui, alors, est-ce que vous redoutez que, je veux dire, que ça soit de pire en pire, là ?
Je ne veux pas alerter inutilement. Il ne sert à pas de créer de sentiment de panique. Maintenant, vous l'avez dit, le Premier ministre l'a dit au banc, là où on aurait pu espérer une crise de quelques semaines, on voit bien qu'on est sur un temps plus long. Et donc, il va falloir quand même se mobiliser de façon à encaisser cette instabilité mondiale et de faire preuve de plus de résilience. Mais on fait aussi preuve de plus de résilience en étant ambitieux et en lançant des réformes importantes. Le projet de loi de relance du logement, c'est un texte qui va permettre de changer les outils et justement d'essayer de créer un choc de simplification, par exemple.
Or, quand vous simplifiez et que vous raccourcissez les délais,
ça coûte moins cher.
Donc, c'est vrai, vous avez raison, si les taux augmentent, si les matériaux augmentent beaucoup, il y a un risque que l'équilibre économique soit menacé. Mais justement, c'est ce qui viendra d'autant plus justifier le fait de faire un choc de simplification qui permet d'accélérer les procédures, accélérer les délais et donc de gagner de l'argent.
Tiens, juste, votre proposition de loi sur le logement, justement, ça doit être discuté quand ?
Le projet de loi logement, il est porté actuellement dans tous les organismes de concertation. Oui, absolument. Il sera présenté dans le courant du mois de juin au Conseil des ministres et donc derrière, il pourra être examiné, on l'espère, dans le courant du début du mois de juillet. Ça fait partie des choses...
Ça fait court, là. En plus, le calendrier est assez chargé.
Le calendrier est assez chargé, mais comme vous l'avez dit, la crise, elle est là. Elle est majeure. Enfin, je comprends bien, on n'est pas là pour s'amuser...
Vous avez eu des assurances du Premier ministre, là-dessus ?
Le Premier ministre a lui-même annoncé les mesures à Marseille. Oui. C'est dire à quel point ça lui tient à cœur d'apporter une réponse à la crise du logement. Il faut quand même, pour illustrer, imaginer que les Français, en une grosse dizaine d'années, ont perdu 25 mètres carrés de pouvoir d'achat. C'est ça l'enjeu de la crise. On parle de crise du logement. Qu'est-ce que c'est ? C'est des gens qui n'arrivent pas à se loger du tout. Des gens qui se logent, mais qui se logent mal ou qui se logent très, très loin de leur centre d'activité ou de vie. Et 25 mètres carrés, c'est des familles qui renoncent à faire des enfants.
C'est des jeunes actifs, moi j'en ai connu sur ma circonscription, qui juste dormaient dans leur voiture parce qu'ils venaient juste de commencer leur contrat de travail. Ils n'arrivaient même pas à se loger. Et donc, c'est ça dont on est en train de parler. Donc, effectivement, oui, il y a un embouteillage législatif. Oui, c'est des sujets qui sont compliqués. Pour autant, il y a une telle nécessité, une telle urgence, qu'on doit absolument mettre ça à l'agenda du Parlement.
Il y a une proposition d'une DPT Eliott qui fait un lien, comme vous venez de le faire, un lien très fort entre le logement, la possibilité de se loger, et la natalité. Elle propose qu'il y ait un prêt à taux zéro, 200 000 euros pour les enfants, pour le premier enfant, pour le deuxième enfant, etc. Est-ce que vous y êtes favorable ou pas ?
On en a parlé avec Constance de Pellichy. Oui, c'est elle, absolument. C'est-à-dire que cet après-midi même, c'est un sujet hyper intéressant. Je lui ai dit, cet après-midi, on doit chiffrer, parce que là, on manque un peu d'argent public. Donc, il est intéressant de rentrer dans le détail de ce qu'elle propose. Mais philosophiquement, moi, je partage son analyse. Un, qu'il y a quand même un lien, et que les familles ne vont pas forcément renoncer au premier enfant, mais bien souvent, elles renoncent au deuxième ou au troisième, parce qu'elles savent qu'elles ne pourront pas donner des bonnes conditions de logement à leurs enfants.
Et donc, au moment où on veut justement faire un réarmement démographique, il faut qu'on prenne cette question-là à bras-le-corps. Donc, moi, je suis plutôt favorable philosophiquement à la proposition. Après, la proposition de loi, à proprement parler de Constance de Pellichy, il faut qu'on rentre dans le détail. Mais ça va passer en commission prochainement, et ça passera à l'Assemblée nationale dans quelques jours. Et donc, ce sera l'occasion d'approfondir le débat avec elle.
Et donc, vous allez lui apporter votre soutien, mais à condition qu'il y ait un chiffrage, je crois. C'est ça, grosso modo.
En tout cas, je dis qu'elle pose une très, très bonne question et qu'il va falloir qu'on y apporte une réponse collectivement.
Oui, c'est sûr. Lorsqu'on regarde les chiffres qui sont tombés sur le nombre de logements neufs, réservés par des particuliers au premier trimestre 2026, ça a augmenté que de 4% en comparaison avec les trois mois précédents à 16 502. C'est une très, très maigre progression. Les chiffres ne sont pas bons. Et lorsqu'on regarde ceux qui ont été utilisés, qui ont utilisé le fameux dispositif Jean Brun, le successeur du Pinel, on voit que ça ne marche pas très bien. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Il y a plusieurs choses. Les chiffres que vous donnez, ils sont exacts. Les promoteurs immobiliers, aujourd'hui, ont du mal à faire rentrer les réservataires. Deux choses quand même. D'abord, le dispositif Jean Brun, il a été lancé en février. Donc, c'est encore tout récent. Et la vérité pousse à dire qu'au moment où on le lance, il commence à faire fèbrir les investisseurs. Et puis derrière, crise au Moyen-Orient et tous les facteurs qu'on a évoqués en début d'émission, un peu d'attentisme.
Et parfois, une petite crainte.
Mais pour le coup, c'est un dispositif qui est très généreux. Je veux le redire ici à l'antenne. C'est un dispositif qui permet, si vous faites bien votre investissement, de neutraliser vos revenus sur le foncier. Et si vous l'avez très bien fait, votre investissement, vous pouvez même reporter une partie de ce déficit sur les revenus que vous avez à déclarer aux impôts et donc faire baisser même la tranche d'imposition dans laquelle vous êtes.
Dit autrement, si vous ciblez bien votre investissement, vous pouvez avoir au bout de neuf ans, puisque c'est la durée pendant laquelle il faut conserver le bien, un bien qui vous appartient et sur lequel vous n'avez payé aucun impôt et dont le crédit a été remboursé normalement par le loyer. Bref, c'est un des dispositifs les plus généreux qui a été proposé. Comme il n'y a pas de zonage, contrairement au Pinel, on est libre de faire cet investissement à côté de chez soi, pas forcément dans une zone concentrée. Donc, on peut aussi être très subtil dans le dispositif.
Oui, mais en même temps, on voit qu'à Paris, c'est compliqué. En Ile-de-France, on voit les chiffres, c'est compliqué de le faire.
Le dispositif, j'y crois beaucoup. Maintenant, on l'a toujours dit avec le Premier ministre, la relance du logement, ce n'est pas juste un dispositif fiscal. C'est un plan complet. Il faut un choc de confiance. Il faut un choc d'investissement. Il faut un choc de simplification. Et donc, c'est tout ça qu'on va proposer dans le texte qui va être présenté au Parlement, de façon à accompagner le dispositif fiscal. Parce que le réservataire aujourd'hui, c'est ça dont on parle, les chiffres que vous donnez, c'est un investisseur... Ceux qui réservent. Je vais acheter sur plan. Oui. Super. Bien.
Moi, à la Ile-et-Rose, quand j'étais maire de ma belle commune dans le Val-de-Marne, on a eu un projet dans le centre-ville. Il y a eu 13 recours juridiques contre le projet, parce que l'opposition locale s'amusait à faire des recours politiciens. Très bien. On a donc passé plus de 14 ans sans le projet. Vous imaginez bien que le réservataire du début...
Mais il s'est passé d'autres choses dans sa vie, quoi.
Il est un peu échaudé. C'est-à-dire qu'on lui dit « Ah, vous ne voulez pas investir sur plan ? » « Oui, mais attendez, s'il y a 13 recours, il y a un problème. » D'où le fait qu'on apporte choc de simplification, j'en parlais pour aller plus vite, ce que j'appelle les Jeux Olympiques du logement, mais aussi essayer de raccourcir ces recours pour qu'en fait, le recours, c'est un droit constitutionnel, il faut pouvoir le maintenir. Mais on le fait une fois sur l'intégralité du projet et on ne s'amuse pas à encombrer les tribunaux sur chacun des projets. Ça, c'est le choc de confiance. Ça redonne envie aux investisseurs de réserver dans les projets de nos immobiliers.
Et puis juste parce qu'il y a les chiffres que vous dites. Mais il y a aussi... Enfin, ce ne sont pas mes chiffres, ce sont les vôtres. Pardon, on est mort. Ce sont ceux des promoteurs immobiliers et des réservations. Mais il y a aussi une autre réalité, c'est celle des autorisations et des mises en chantier. Et là... Une progression très nette. Progression très nette. Et c'est donc une très bonne nouvelle.
43%, c'est ça ?
Ça veut dire qu'un petit peu moins de 43%. On est au mois de mars sur 33% et une mise en chantier de plus 19%. Premier trimestre 2026, plus 29% pour les autorisations de chantier et pour les mises en chantier opérationnel, plus 36%. Qu'est-ce que vous en déduisez là-dedans ?
Ça fait des chiffres, ça fait toujours beaucoup de chiffres. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pour les auditeurs et les spectateurs, qu'est-ce qu'il faut retenir ?
Un, que la production de logements en France, elle est repartie. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que les dispositifs mis en place suffisent ? Non. Et c'est pour ça qu'on propose un projet de loi logement. Mais il ne faut pas tomber dans un fatalisme qui consisterait à dire « Ah là là, tout s'est arrêté ». Non, tout ne s'est pas arrêté. Au contraire, il y a des mises en chantier, il y a des logements qui sont produits dans notre beau pays, des logements sociaux, des logements libres et on reproduit du logement dans notre pays. C'est comme ça que je veux vous dire. Maintenant, il faut aller plus loin.
D'où le projet de loi logement, d'où des outils pour redonner confiance aux investisseurs, des outils pour accélérer les délais et les procédures et des outils, de manière générale, pour donner envie aux maires aussi d'accompagner cette production de logement.
Alors, juste parce qu'on voyait ça longtemps en disant qu'il y a une petite déception sur votre dispositif, vous êtes prêts à... Parce qu'il faut toujours regarder un peu lorsqu'on regarde la réalité, le réel. Est-ce que vous êtes prêts un peu peut-être à simplifier là aussi le dispositif sur le taux d'amortissement ? Est-ce que vous êtes prêts sur la voie fiscale à leur donner un peu d'autres modalités, vous voyez ?
D'abord, on vient de le lancer. Il sera peut-être temps de lui donner un petit peu de vie, quand même. Mais ça tombe bien, puisque un dispositif fiscal de cette nature, pour le corriger, si tant est qu'on le souhaite, il faut attendre le projet de loi de finances qui préparera le budget 2027. Oui, parce que lui, il est inscrit
dans le projet de loi de finances, enfin, dans la loi de finances qu'on a en ce moment.
Ce dispositif, de toute façon, il attend la loi de finances.
D'accord.
Ensuite, il y a deux parties dans ce dispositif. L'investissement dans le neuf et l'investissement dans l'ancien. Et c'est la partie sur l'ancien qui est passée, vous le savez, au moment du budget par 49.3 et sans rentrer dans un détail compliqué de la légistique française, mais en gros, comme les textes avaient déjà été examinés, on était obligé, dans le 49.3, de faire une espèce d'assemblage avec les amendements qui avaient déjà été débattus. Donc, dit autrement, pour avoir le dispositif le mieux-disant sur le neuf, où on a été obligé de prendre un dispositif qui était quand même plus compliqué sur l'ancien.
Ça, on s'était engagé avec le Premier ministre auprès de ce qu'on a appelé l'équipe de France du logement, c'est-à-dire tous les acteurs qui, de prévaluant, participent à la production de logements en France à corriger ce volet sur l'ancien et ça fait partie du projet de loi qui sera présenté au Parlement.
Tiens, juste un point. Est-ce qu'il faut, vous dites à la Banque de France, il faut abaisser le taux d'usure ?
Sur la capacité du choc d'investissement, moi, je considère qu'il faut qu'on travaille avec le secteur bancaire pour effectivement donner un peu d'oxygène et de solvabilité à nos concitoyens. Je pense qu'on peut y travailler. On en a parlé avec le ministre de l'Économie et on doit justement réunir le secteur bancaire pour essayer d'avancer avec eux. Plutôt possible, je n'ai pas de date encore à vous annoncer, mais c'est vraiment très important que le secteur bancaire soit mobilisé à nos côtés. C'est aussi une des conditions de la relance du logement dans notre beau pays.
La rénovation énergétique, ça, c'est un point important. Est-ce que vous faites partie comme tout le gouvernement, vous ne voulez surtout pas baisser la fiscalité sur les carburants, notamment, surtout pas toucher aux fameuses CEE parce que c'est ça qui finance l'électrification et notamment la rénovation des loyers et des logements.
Il faut qu'on arrête dans ce pays de vouloir abîmer ce qui fonctionne.
Les fameuses CEE
c'est un outil qui nous permet aujourd'hui de financer à la fois des aides, notamment MaPrimeRénov' qui permet de financer la rénovation d'énormément de foyers français. Le bilan est extrêmement bon. C'est long, c'est parfois un peu compliqué. Je sais que... Oui, c'est d'accord,
mais vous sortez, vous voyez le prix à la pompe là.
Bien sûr. Mais attention, si on dit d'un côté qu'on supprime quelque chose qui coûte, mais y compris à des Français qui ont encore les moyens de rouler et on va enlever des aides à des gens qui n'auraient pas les moyens de rénover leur logement et qui auront des factures de gaz ou des factures de fuel à la fin qui font qu'ils ne pourront plus se chauffer du tout. Moi, je préfère la méthode qui est proposée par Sébastien Lecornu qui consiste à dire des aides ciblées pour ceux qui... Étant donné
les finances publiques.
Exactement. Qui sinon renoncera à une activité. Il a pris tout à l'heure à l'Assemblée nationale l'exemple des pêcheurs en disant que les pêcheurs si on ne les aide pas pour le coup ce n'est plus rentable pour eux de sortir en mer. Donc pas question de toucher au C2E. L'infirmière qui se pose la question d'aller faire sa tournée parce que ça lui coûte plus cher que ce qu'elle gagne, là il faut évidemment qu'on aide et qu'on accompagne.
Mais les C2E c'est la rénovation énergétique des bâtiments, c'est le leasing social pour les voitures électriques, c'est le projet leasing social pour les pompes à chaleur qui devrait arriver très prochainement, c'est un accompagnement long terme des français attention à ne pas abîmer quelque chose qui aujourd'hui fonctionne.
Votre légitimité du ministère de logement c'est en fait vous avez écrit un rapport sur les logements notamment dans les zones difficiles, tendues on se souvient de ce qui vous est arrivé lorsque vous étiez maire de la Haie-les-Roses lorsque vous voyez ce qui se passe actuellement avec tous les narcotrafiquants avec ce qui se passe dans des barres HLM qu'est-ce que vous vous dites est-ce que vous dites qu'il faut absolument reloger les familles qui sont victimes justement de tous ces narcotrafiquants ?
Il y a deux choses essentielles d'abord mon soil plus profond c'est de nettoyer ces quartiers de ces narcotrafiquants et de tous ces trafics qui gangrènent la vie de ces millions de français il y a 5 à 6 millions de français qui habitent dans des quartiers dits prioritaires et pour le coup il faut qu'on les protège parce que rappelons-le quand même le logement social c'est quartier de logements sociaux c'est la solidarité nationale qui les finance parce qu'on a considéré dans notre pays qu'il fallait protéger ces familles sinon elles n'auraient pas eu un toit descend sur leur tête et donc leur donner un toit mais laisser le hall l'immeuble ou la cité aux mains des narcotrafiquants c'est évidemment impossible et donc c'est pour ça qu'on va continuer à travailler et dès vendredi prochain on travaillera autour du premier ministre avec tout un tas de ministres pour trouver des solutions encore plus offensives ensuite vous avez l'urgence
c'est ce que demande Amine Kassissi qui a vu son frère aîné puis après son frère Kadesh le faire assassiner à Marseille
j'allais citer Amine que j'ai eu à plusieurs reprises d'occasion de voir et on a beaucoup échangé ensemble il y a un sujet sur l'urgence absolue de reloger certaines familles c'est vrai évidemment des familles victimes ça va de soi mais aussi tout simplement parfois des familles qui sont sous la menace contrainte de participer au narcotrafic vous habitez dans un logement social on vient vous voir avec une arme à feu et on vous explique que vous allez garder le petit colis pendant un mois et demi sans que vous arrivez des bricoles la plupart des gens se disent je pense à mes enfants je pense à ma sécurité et sinon qui me protégera et malgré tout vous avez parmi ces personnes des gens qui trouvent le courage d'appeler la police mais vous imaginez bien que si ce sont des j'allais dire des vivis des gens capables d'informer la police ce qui permet de résoudre des narcotraffics il faut absolument qu'on les protège qu'on les accompagne et donc qu'on les aide à se reloger ça va de soi les préfets sont très vigilants sur ces sujets là essayent autant que faire se peut mais probablement qu'on peut rendre les choses encore plus réactives
donc vous dites qu'il ne faut surtout pas supprimer on sait qu'il faut faire des économies partout surtout pas supprimer l'enru même si certains disent que ça coûte cher parce que c'est ça c'est ça qu'avait créé Jean-Louis Borloo qui a fait qu'il a pu refaire complètement certains quartiers
merci de rappeler que Jean-Louis Borloo a eu cette idée brillante de créer une entité qui a permis de mobiliser des sous pour aller aider des communes qui ont pu rénover des quartiers entiers et sans le soutien de l'Etat il n'aurait pas pu le faire mais je voudrais battre en prêche l'idée que ça coûte cher ou plutôt exactement à qui ça coûte parce que l'enru il y a eu l'enru 1 donc la rénovation urbaine numéro 1 puis le 2 et on vient d'annoncer avec le Premier ministre le volet 3 en moyenne ça a coûté 10 et 12 milliards d'euros d'investis au départ ça en a produit en termes de chantier en termes d'emploi en termes de recettes à chaque fois plus de 40 milliards même 45 milliards pour l'enru 2 d'une part et deuxièmement c'est pas l'Etat qui abonde c'est d'abord et avant tout les entreprises puisque vous vous souvenez encore une fois
c'est les entreprises qui prennent
oui mais elles le font de bon cœur parce que vous vous souvenez de ce qu'on appelait à l'époque le 1% patronal aujourd'hui c'est porté par une structure qui s'appelle Action Logement et Action Logement est le premier financeur de l'enru et ils le font
de bon cœur
parce que ça permet de loger des salariés dans de bonnes conditions deuxième financeur sont les bailleurs sociaux eux-mêmes le troisième c'est la caisse des dépôts l'Etat arrive en dernier avec 10% du financement donc les impôts des français c'est 10% et sur 10% de 10 milliards on a 44-45 milliards d'investissements pour le pays objectivement c'est rentable
c'est rentable heureusement qu'il y a des entreprises heureusement qu'il y a des entreprises évidemment on aime les entreprises merci merci beaucoup Vincent Jean-Brun d'avoir été avec nous donc le ministre du logement et de la ville c'est très important merci d'avoir été avec nous
18-19 d'Edvie Chevrillon
c'est suffisamment rare pour le souligner un plateau entièrement féminin avec de sacrés experts j'en profite tout de suite pour saluer Emmanuel Galichet qui est enseignante chercheuse en physique nucléaire au CNAM bonsoir Emmanuel merci d'être là on va parler du nucléaire évidemment on va voir l'enjeu est-ce qu'on va vers une guerre nucléaire lorsqu'on voit un peu ce qui se passe j'ai envie de dire en Iran mais aussi aux Émirats d'Arabes Unis et puis aussi bien sûr en Russie parce qu'en face de vous c'est Elsa Vidal qu'on connait bien elle est littéraliste éditorialiste politique internationale sur BFM TV qui est spécialiste de la Russie bonsoir Elsa merci d'avoir franchi le couloir des studios pour venir ici et vous publiez un livre vraiment très intéressant qui s'appelle Que pensent les Russes intéressant de savoir un peu dans quel état d'esprit ils sont avec cette guerre en Ukraine qui dure et puis qui commence à les atteindre parce qu'on voit des drones qui commencent à se rapprocher de plus en plus du sud notamment de la capitale russe et vous publiez ça chez Gallimard en attendant le réel j'étais à une heure de frapper en Iran c'est ce que vient de déclarer Donald Trump tout à l'heure est-ce que je crois que c'est j'ai quelqu'un qui faisait un calcul en disant c'est à peu près le septième jour de revirement entre le matin le soir on se couche il frappe on se réveille il ne fera plus est-ce qu'il faut prendre vous en déduisez quoi ?
alors moi j'en déduis qu'il y a une capture de l'attention et de l'attention des leaders internationaux mais aussi une tentative de brouiller les messages à l'intention des Iraniens pour qu'ils ne soient pas en capacité d'élaborer des plans sophistiqués et pour qu'ils soient suspendus à l'attention de Donald Trump c'est une stratégie de la confusion du choc et de la confusion alors bien sûr favorisée par notre époque qui est une époque du chaud permanent de l'attention millimétrée maintenant c'est un personnage extrêmement erratique on aime à penser qu'il y a une forme de rationalité derrière lui on ne sait pas si c'est simplement pour se rassurer ou si la personnalité du président finalement prend toute la place
oui en même temps on voit bien que c'est aussi une manière ça fait partie c'était Steve Bannett qui disait il faut absolument Bannon pardon qu'il faut absolument saturer l'espace médiatique et il le fait c'est ça c'est à moi qu'on peut dire qu'il le fait il y a même un hashtag là je ne sais pas si vous avez vu Trump Taco vous pouvez nous expliquer
Trump always chicken out Donald Trump se dégonfle toujours et c'est lié à ces revirements que vous évoquiez puisqu'effectivement il va au maximum des menaces et le lendemain parfois aux 48 heures ou une semaine après et bien finalement il dit qu'il a trouvé une entente et il fait machine arrière ce qui effectivement donne du grain à moudre à ses adversaires à commencer par les démocrates alors maintenant on va voir un peu
on va aller sur le fond avec vous Emmanuel Galichet parce que on voit que alors il négocie beaucoup sur la question notamment du nucléaire mais en même temps on voit que les Iraniens ont renvoyé une copie où il n'est pas mention du nucléaire c'est vrai qu'on on y perd un tout petit peu son latin si je puis dire ou plutôt son arabe on a même vu que le drone qui a été envoyé juste à côté d'une centrale nucléaire aux Émirats d'Arabes Unis en fait il venait d'Irak expliquez-nous un peu comment vous voyez cette situation parce que c'est presque ce qu'il y a de plus important en fait
alors je pense qu'en fait dans cette guerre effectivement il y a deux objectifs de Donald Trump il y a sa relation depuis 47 ans avec l'Iran qui est vraiment une relation je dirais de haine et là sur lequel je ne suis pas compétente c'est pour ça qu'elles aillent là exactement mais de l'autre côté il y a cette guerre de lutte contre la prolifération nucléaire qui est en fait embourbée dans la haine des deux peuples et donc on voit qu'effectivement ça fait un brouillard absolument difficile à expliquer sur le nucléaire ce qui est sûr c'est qu'il ne veut pas être dans la même situation qu'il a été avec la Corée du Nord il ne veut pas faire moins bien qu'Obama avec l'accord de Vienne en 2015 qui avait été le the accord on va dire la référence exactement donc il essaye de trouver un chemin pour arrêter justement le parcours de l'Iran vers la bombe nucléaire et c'est difficile parce que les Iraniens ne sont pas du tout prêts à faire cela
oui mais en même temps on parle certains disent l'uranium qui resterait en Iran pourrait aller en Russie est-ce que c'est envisageable enfin je ne sais pas ce que vous en pensez oui oui bien sûr on peut avoir ils pourraient garder un site nucléaire on a vraiment besoin de vos lumières mesdames
alors sur le stock effectivement ça fait partie de son trésor de guerre pour l'Iran évidemment et c'est un stock qui est quand même assez dangereux pour je dirais pour le monde entier parce qu'il est enrichi à 60% et il permet à l'Iran d'être à la tête d'une dizaine de bombes nucléaires s'ils vont vers l'enrichissement à 90% donc ce stock fait partie du centre des négociations il peut être effectivement envoyé dans un pays comme la Russie la France les Etats-Unis toute une puissance nucléaire civile a les capacités sur place d'accueillir ce stock de le dealer mais est-ce qu'il faut en aucun cas le laisser en Iran je pense à mon avis c'est évidemment mon avis je pense qu'il ne faut pas le laisser en Iran ou alors ils ont une installation qui leur permet de le diluer et il est dilué sous l'expertise de l'AEA avec la surveillance de l'AEA ce qui fait partie de certaines clauses qui auraient été discutées si on en croit les fuites dans la presse
oui mais en même temps on voit bien que l'AEA souvent on avait dit ils sont en échec toutes les missions qu'ils ont faites là-bas ils ont vu qu'il y a un tout petit bout du problème non ?
oui oui les dernières années la défiance était telle et la stratégie de défiance iranienne était telle qu'effectivement l'AEA n'avait plus accès à la totalité des installations après ce qui est particulièrement troublant je trouve dans ces fuites c'est effectivement le retour de la Russie dans le jeu international puisque la proposition russe répétée à de multiples reprises elle a un sens technique et politique si on se replace avant 2022 c'est-à-dire que les russes ont effectivement déjà participé comme médiateurs aux négociations précédentes en vue de l'accord de Vienne le JCPOA la Russie a en plus un accord de partenariat global avec l'Iran donc les relations politiques sont bonnes la capacité technique russe est là mais on semble oublier qu'il y a un énorme éléphant dans la pièce c'est qu'il y a cette guerre en Ukraine des sanctions contre la Russie une forme de une dispute finalement politique majeure sur laquelle on ne peut pas revenir mais rien ne dit que Donald Trump lui ne privilégiera pas cette option parce qu'on l'a vu depuis son arrivée au pouvoir il est plutôt enclin à favoriser sa relation avec la Russie plutôt qu'avec l'Ukraine et il pourrait utiliser ce combat pour légitimer le retour dans l'arène internationale non seulement de la Russie mais aussi
Vladimir Poutine ce qui est drôle c'est qu'on a l'impression qu'en quelques jours il est en train de se passer quelque chose alors peut-être que je peux me tromper c'est que un vous avez vu que évidemment Vladimir Poutine a lancé des exercices nucléaires militaires en Russie que Trump revient de Pékin où il a vu le président Xi Vladimir Poutine vient d'arriver on se demande s'il se peut passer quelque chose notamment sur la question du nucléaire je ne sais pas
alors les exercices ça fait partie de la dissuasion nucléaire chaque état doté est obligé enfin ça fait partie du mode d'emploi de la dissuasion que ça tombe en ce moment
ça ne veut rien dire
non ça ne veut rien dire par exemple les exercices américains qui vont avoir lieu également en général ils sont planifiés des mois à l'avance ça ne se fait pas en claquant de doigts donc en fait ce sont des exercices annuels et ça tombe aujourd'hui d'habitude quand même en Russie c'est plutôt le début de novembre oui c'est plutôt effectivement ce qui est important de dire comme le rappelait Emmanuel c'est qu'on est quand même dans le respect du manuel de dissuasion puisque les exercices ont été annoncés par la voie traditionnelle communication la Russie ne prend personne par surprise mais la date vous l'avez bien repéré la date elle est différente et je pense que c'est une analyse vraiment c'est mon analyse qu'elle a été changée pour répondre en miroir au signalement qu'ont fait les Etats-Unis avec vous savez ces deux sous-marins lanceurs enfin SNLE lanceurs d'engin qui ont fait surface de manière complètement inhabituelle peu de temps avant l'arrivée de Donald Trump en Chine et bien la Russie donne à son président le même cadre stratégique elle réaffirme sa puissance nucléaire
est-ce que est-ce que ça veut dire qu'il faut quand même parce que là on parle beaucoup de nucléaire on est d'accord avant on était au pari du pétrole je veux dire c'est dangereux mais c'est moins dangereux là on parle quand même beaucoup de nucléaire est-ce qu'il faut vraiment s'inquiéter est-ce qu'on peut avoir un dérapage ou pas
alors moi à mon avis je ne pense pas quand même parce que les états dotés ont des présidents bien qu'ils soient très volubiles avec évidemment ils sont très modernes dans leur communication ils restent quand même extrêmement responsables en ce qui concerne la dissuasion nucléaire ils n'ont fait aucun dérapage je trouve moi que ce soit Trump et Poutine ils restent quand même dans leur cadre du responsable de l'arme atomique chacun est tout à fait sait exactement le mal que peut faire une arme s'ils l'utilisent et je pense qu'ils sont responsables
Elsa Vidal qu'est-ce qui fait qu'à votre avis qu'ils sont les dessous du énième revirement mais là j'étais à une heure de frapper c'est ce qu'il a dit tout à l'heure en présentant sa salle de bâle c'est quoi à votre avis est-ce qu'il a dit ce sont les chèques du Qatar des Émirats et de l'Arabie Saoudite le fameux MBS qui m'ont demandé de ne pas le faire eux disent que non
vous vous dites quoi il est le seul à tenir cette explication pour vrai moi je dis qu'il était sur le point il a tenu les deux options pour viable jusqu'au dernier moment et je pense qu'elles sont toujours viables et qu'on est sur cette ligne de crête depuis plusieurs semaines maintenant avec lui à savoir que malgré tout il doit revenir avec un totem on dit aussi un scalp un élément à présenter au public américain il va se présenter devant ce public ses électeurs américains avec des échéances très nombreuses dans les semaines qui viennent la coupe du monde de football son anniversaire le 250ème anniversaire des Etats-Unis absolument et le 3 novembre les mid-terms les Américains sont contre cette guerre massivement il doit pouvoir clôturer l'exercice par la diplomatie avec le nucléaire ou par la guerre je ne pense pas qu'il ait exclu l'option militaire
vous pensez qu'il y aurait un accord sur le nucléaire d'une manière ou d'une autre
alors il va falloir qu'il y en ait un c'est évident on ne peut pas rester dans une situation telle qu'elle est aujourd'hui moi pour ma part ce que j'en vois c'est que les deux camps aujourd'hui sont quand même très très éloignés sur leurs exigences la première chose ce serait quand même que l'Iran revienne dans les exigences du TNP du traité de non-prolifération nucléaire qu'ils ont signé et dans ce cadre là il y a plein d'exigences qu'ils ne suivent plus depuis des années donc déjà si on réussissait finalement à les faire revenir dans le cadre du traité ça serait déjà une grande chose et puis ensuite je pense qu'il y a ce stock qu'il faut absolument trouver une solution alors la Russie pourquoi pas ça peut être dangereux
de le mettre en Russie parce que la Russie ce n'est pas vraiment notre allié pas vraiment non il faudra
ce stock effectivement vous avez raison il faut qu'il soit surveillé par l'AEA et donc c'était pour ça que je voulais continuer là-dessus l'AEA gère un stock d'uranium peu enrichi au Kazakhstan c'est la banque mondiale de ce combustible on pourrait imaginer que ces 440 kg aillent également rejoindre ce stock mondial d'uranium
alors puisqu'on parle des Russes on va parler de votre livre Elsa Vidal parce que c'est une question c'est vrai parce que le peuple russe est très très silencieux je rappelle que vous publiez Que pensent les Russes chez Gallimard aux éditions du réel en attendant le réel j'aime bien ça parce que c'est vrai qu'on a une vraie réalité en face de nous ils en pensent quoi les Russes ? alors très majoritairement
les Russes ne voulaient pas cette guerre ne la veulent toujours pas mais il varie beaucoup sur les concessions qu'ils sont prêts à faire pour en sortir c'est-à-dire que si de manière assez stable ils sont en faveur d'une solution négociée ils sont en fait très influencés par le contexte international et ça c'est le résultat d'études menées par des sociologues très créatifs des sociologues russes qui vont sur le terrain souvent sous couverture et qui font la radioscopie de plusieurs de l'opinion publique dans plusieurs républiques russes et là on voit très bien que quand Donald Trump par exemple arrive au pouvoir et qu'il tient des propos très offensifs contre l'Ukraine qui l'humilie Zelensky et bien les concessions que sont prêtes à faire les russes sont très limitées quand ils se rendent compte six mois après que ça n'a pas marché ils sont prêts à plus de concessions ce qui est très intéressant c'est qu'on se rend compte que les russes non pas la population russe n'était pas en demande de cette guerre qu'elle veut la paix à l'heure actuelle mais qu'un tout petit nombre de membres de l'élite russe à commencer par Vladimir Poutine et deux proches conseillers les frères Kovalchuk imposent ce programme à la population et aux élites et qu'on n'a pas pour le moment trouvé le moyen de les faire fléchir
oui là je vous suis quand vous parlez avec des russes ils vous disent la Crimée regardez c'était russe on parle russe c'est russe même l'Ukraine aussi elle est plus rilingue même si maintenant du coup ils parlent tous ukrainiens mais en même temps là les sondages commencent à baisser un tout petit peu la popularité de Vladimir Poutine est en train de descendre
oui et pour une raison très claire qui est particulièrement intéressante c'est que nous les français nous aimons parler politique théorie principe liberté égalité fraternité les russes en grande partie méprisent la politique quand elle est faite de discours théoriques parce qu'ils l'associent à des mensonges qu'ils ont vécu pendant des décennies en revanche ils sont capables de se mobiliser sur des questions véritablement sociales et économiques mais est-ce qu'ils se mobilisent là-dessus ?
oui sur l'internet ils se mobilisent pas sur la guerre il y a des réactions individuelles des formes de solidarité mais pas des mouvements de protestation massives ils ont eu au début les gens ont été envoyés en prison maintenant il s'agit de résistance individuelle en revanche ce qui amène la dégradation de la popularité de Vladimir Poutine c'est ces moments d'extinction de l'internet massivement qui paralysent la vie des russes puisque la vie est extrêmement digitalisée en Russie les rapports avec l'état le paiement de vos factures d'eau votre commande de taxi vos courses et livraisons tout cela fait faire irruption à la guerre dans le quotidien des russes ce quotidien dans lequel ils ont essayé d'échapper à la guerre et cela c'est particulièrement dangereux pour le pouvoir russe
d'accord vous pensez qu'il y a une moment il y a une chance de rébellion ? non je pense qu'en réalité
l'économie est en train de faire fléchir le pouvoir parce que les élites qui étaient contre commencent à faire savoir qu'elles étaient contre et l'économie tout simplement commence à donner de l'aile maintenant on le sait officiellement même les statistiques crutes reconnaissent la récession de l'économie russe
puisqu'on va rester en Russie parce que en Russie et en Ukraine tout à l'heure à Bercy il y avait un G7 finance où il a été acté de donner les moyens pour reconstruire Tchernobyl est-ce que là aussi en Russie en Ukraine est-ce qu'il y a un risque nucléaire ? non
aujourd'hui
vous ne voyez pas parce qu'ils ont tapé il y a eu un drone
qui a touché l'arche de Tchernobyl en février 2025 donc ça a fait effectivement un trou assez béant quand même à peu près 10 ou 15 mètres carrés si je ne m'abuse mais on est sur des dimensions très très imposantes et le cœur du réacteur qui est endommagé est dans un coin de cette immense arche et le trou est de l'autre côté et en plus le cœur endommagé il est encore sous l'ancienne arche qui n'est évidemment pas totalement pérenne qui a eu beaucoup de qui a reçu beaucoup de radioactivité évidemment mais qui est encore là donc en fait il n'y a pas de risque nucléaire en Ukraine par contre la sûreté nucléaire n'est pas totale sur cette arche évidemment il faut le reconstruire mais c'est cher c'est 500 millions d'euros 500 millions d'euros pour aller réparer
d'où la déclaration tout à l'heure du G7 Finant à Bercy en Russie il y a combien de centrales nucléaires vous savez ?
ouf
bonne question
la colle la colle bonne colle je dirais plus de 90 mais oui alors ils ne sont pas autant que quand même c'est les Etats-Unis les premiers avec 90 alors ils doivent être un petit peu en dessous donc ils sont en dessous oui je dirais peut-être une cinquantaine peut-être mais là il faudra qu'on vérifie et en Ukraine ? en Ukraine il y en a 13
d'accord
13 réacteurs sur moins de sites mais il y a à peu près si je ne m'abuse avant la guerre il devait y avoir peut-être 25% d'énergie nucléaire dans la production électrique
Elsa Vidal comment vous voyez cette arrivée tout à l'heure de Vladimir Poutine à Pékin donc Donald Trump est à peine parti il reçoit son allié de toujours presque de plus en plus on peut dire une amitié inébranlable réaffirmée en même temps c'est une amitié un peu déséquilibrée en ce moment parce que là Xi Jinping il est en train de devenir surtout après la visite de Donald Trump un peu le roi du monde oui en effet
c'est à Pékin désormais qu'on semble converger pour parler des grandes affaires du monde à commencer par les conflits les plus importants l'Ukraine et le Moyen-Orient mais aussi pour parler d'affaires stratégiques c'est très frappant les microprocesseurs et les terres rares alors pour Vladimir Poutine c'est vrai qu'il semble arriver dans le sillage de Donald Trump c'était une visite prévue avant cela ce n'est pas la visite de Donald Trump qui l'a déclenché ça valorise bien sûr Xi Jinping ça met Vladimir Poutine un peu en lumière mais surtout ça rappelle que la Russie est en proie une forme de vassalisation de la part de la Chine qui la voit surtout comme une pourvoyeuse finalement d'hydrocarbures et de matériaux énergétiques qui pourraient oeuvrer à la diversification parce qu'il y a forcément une discussion énergétique oui j'imagine que vous pensez à la construction de l'éoduc la force de Sibérie mais qui n'a pas pour le moment réussi à se concrétiser alors sur la Chine si je peux ajouter un mot c'est le seul pays au monde qui depuis des dizaines d'années a planifié sa situation sa position dans le monde en prenant l'ensemble des terres rares les mines et surtout la transformation de tous ces matériaux et donc aujourd'hui il n'y a plus aucun pays qui n'est pas pieds et mains liés avec la Chine et en plus c'est un pays qui a su apprendre je le vois dans le nucléaire dans le nucléaire civil ils ont fait un partenariat avec la France
ils ont appris de la France aujourd'hui
ils sont totalement indépendants ils ont le même parc que le nôtre ils ont explosé l'ensemble de leur construction ils ont des coûts qui sont très bas ils ont des plannings qu'ils respectent c'est absolument incroyable une économie planifiée une économie planifiée tout à fait avec les avantages que ça peut avoir mais un régime politique totalement centralisé avec les inconvénients que l'on connaît oui il n'y a pas les premiers droits de l'homme et de code du travail
non plus et de code du travail non surtout pas comment vous jugez la visite de Donald Trump à Pékin
assez peu productive
on attendait des grands contrats ils n'ont pas été signés mais en même temps il a quand même été reçu avec tous les honneurs dû à son rôle
oui je pense que Xi Jinping a su lui donner exactement la visibilité que Donald Trump recherche et apprécie mais la moisson tangible celle qu'on peut compter à la fin de la visite elle est assez limitée avec cette commande qui restera à se matérialiser puisque les précédentes ne l'ont pas été de 200 avions Boeing on en attendait beaucoup plus 800 beaucoup de lip service de belles paroles prononcées Xi Jinping s'est engagé à ne pas livrer d'armes d'accord mais il entraîne jusqu'à 500 officiers russes en Chine au maniement de drones il fournit et partage du renseignement satellitaire donc des technologies individuelles donc moi cette technique-là me fait vraiment penser à la pratique russe du déni plausible donc il dira Xi Jinping tout ce qu'il faut pour satisfaire son homologue américain mais surtout il n'a cédé sur rien et il a rappelé son essentiel sur Taïwan la Chine reste inébranlable
mais en même temps on a vu la question autour des microprocesseurs de Nvidia là aussi il y a eu des jeux un peu subtils malgré tout du côté américain peut-être en conclusion Elsa Vidal et Emmanuel Gallichet là est-ce que quand il dit quand Donald Trump dit j'ai peut-être frappé vendredi samedi dimanche est-ce que vous vous lui dites Emmanuel Gallichet surtout pas tant qu'il n'y a pas d'accord sur le nucléaire parce que c'est trop dangereux
je ne suis pas une militaire je dirais que j'ai l'impression qu'il a fait les deux en parallèle tout le temps la diplomatie et les frappes donc ça ne m'étonnerait pas qu'il continue à aller endommager encore un certain nombre d'industries et de sites ça pourrait être tout à fait jouable pour continuer de toute façon la diplomatie derrière Elsa Vidal je suis d'accord la seule chose qui me fait hésiter sur la reprise des frappes c'est qu'il ait cité ces trois dirigeants du golfe Ben Zayed Ben Salman et le troisième du Qatar Meshach les ayant cités nommément je le vois mal les mettre dans une situation difficile mais en réalité c'est un homme qui se permet tout
oui c'est clair juste il y a un point que j'ai oublié je vois ça sur le détroit d'Hormuz vous avez vu qu'il veut en fait il veut faire un peu comme le détroit de Panama comme le canal du Panama les Iraniens ils veulent fermer les droits d'Hormuz et mettre un droit de passage ça c'est acceptable pour les Américains non ?
non à ce stade ce n'est pas acceptable ce sera d'ailleurs un atout mettre dans la main des Iraniens pour obtenir des concessions notamment sur leurs avoirs bloqués à l'étranger essentiels pour la reconstruction du pays mais aussi pour la survie des gardiens qui ont mis la main sur toute l'économie du pays merci beaucoup
merci beaucoup Emmanuel Gallichet je rappelle que vous êtes enseignante chercheuse en physique nucléaire au CNAM et merci Elsa Vidal donc éditorialiste internationale à BFM TV et donc le titre de votre livre il faut le lire parce que justement c'est la question qu'on se pose assez de l'autre côté essayer de comprendre que pensent les Russes et on sait que c'est très compliqué et très sensible pour eux que pensent les Russes c'est chez Gallimard voilà c'est la fin de ce 18-19 évidemment on se retrouve demain d'ici la bonne soirée dans un instant Erwann Maurice pour le grand journal de l'écho bonne soirée
merci pour le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business
Vincent Jeanbrun