PARIS : ENQUÊTE SUR UNE MUNICIPALE EXPLOSIVE QUI PEUT FAIRE BASCULER LA PRÉSIDENTIELLE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
De toute façon, c'est Éric Zemour pour [musique] 2027 et ce serait Sarah Knafo pour 2032. Si Paris bascule dans les mains de la droite et de l'extrême droite, ça va être un rouleau compresseur. Beaucoup d'électrices électeurs ne comprennent tout simplement plus rien ce qui se passe dans le pays.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce numéro un peu spécial de Face cachée, l'émission d'enquête du média. À seulement quelques jours du premier tour des élections municipales, nous vous proposons une plongée dans la campagne politique parisienne. Alors, pourquoi Paris ?
Parce que cette campagne dans la capitale à 1 an de l'élection présidentielle concentre des éléments inédits qui impactent directement la vie politique de tout le pays. D'autant plus que s'applique cette année un changement de mode de scrutin qui tente à la nationalisation de la mairie de Paris et que s'y présente des personnalités aux volontés présidentielles. Paris tremplin pour la présidentielle c'est une enquête de Lydia Ménz et Sarah Du Paris les élections municipales de 2026 ont pris une tournure sans précédent après l'annonce d'Annie Dalgo de ne pas se présenter à un troisème mandat la capitale pourrait bien basculer à droite après 25 ans de gouvernance socialiste.
Mais l'identité de son successeur n'a jamais été aussi incertaine. À quelques jours du scrutin, cinq candidates ou candidats peuvent potentiellement atteindre les 10 % de voix nécessaires pour se qualifier au second tour. Rachid Dati, Sopia Chikirou, Emmanuel Grégoire, Pierre Yve Bournazel [musique] et Sarah Knafo.
Une configuration inédite dans un contexte politique national [musique] chaotique marqué par un changement de mode de scrutin dans la capitale et la perspective de l'élection présidentielle de 2027. [musique] Pour comprendre les intérêts et les stratégies de chacun, on [musique] a enquêté, on s'est rendu à des meetings, on a discuté avec l'entourage de tous les candidats. Certains [musique] ont voulu rester anonymes, d'autres ont accepté de parler en répondant plus ou moins aux questions. [musique] Si vous voulez poser une question sur Sarah Knafo sur Rashid Adati, je pense que vous pourrez aller à leur QG et leur demander directement, [musique] c'est plus agréable.
Ambition personnelle, ombre de la présidentielle, alliance, trahison, coupat, retour sur les enjeux des élections municipal de Paris 2026. Avant d'aller plus loin, commençons par une rapide présentation des six principaux candidats. D'abord, la plus médiatique.
Rachid [musique] Adati, tête de liste des Républicains, ancienne ministre de la culture, c'est l'éternelle opposante d'Annie Dalgot et d'ailleurs elle est connue pour ses clashes au conseil de [musique] Paris. Ces 12 derniers mois, votre taux de présence en séance dépasse à peine les 20 %. Cette présence est aussi anecdotique que votre score à l'élection présidentielle d' 1,7 %.
Oui, ça fait mal. 1,7 %. Face à elle, Pierre Yve Bournazel investit par Horizon le parti d'Édouard Philippe.
Il est soutenu par Gabriel Atal et le parti présidentiel Renaissance. Bref, c'est le candidat de la Macronie. Il est élu depuis 2008 au conseil de Paris et c'est aussi l'ancien porte-parole de Rachida Dati lorsqu'elle était au ministère de la justice entre 2008 et 2009 et depuis leurs relations sont compliquées.
Pour la gauche, c'est Emmanuel Grégoire, actuel numéro 2 de Paris [musique] qui se lance dans la course. Les écologistes et les communistes se sont rassemblés derrière lui dès le premier tour pour la première fois de l'histoire. C'est le candidat unique de toute la gauche.
Enfin, presque toute la gauche. La France insoumise a décidé de partir de son côté en investissant Sopia Cikirou. Elle est députée de Paris et elle est proche, très proche de Jean-Luc Mélenchon.
Ici, on la connaît un peu parce qu'elle a cofondé le média, mais depuis [musique] son départ en 2018, on a aucun compte à lui rendre et on a même eu du mal à la contacter. Pour le Rassemblement national, le candidat c'est Thierry Mariani, ancien ministre [musique] de Nicolas Sarkozi. Il est député européen depuis 2019.
Il a longtemps été à droite avant de rejoindre le RN en 2022. [musique] Mais à l'extrême droite, la vraie surprise pour ces municipales, c'est Sarah Knafo de liste de reconquête le parti fondé par Eric Zemour. Elle est surtout connue pour avoir été sa directrice de campagne lors de la dernière présidentielle [musique] et elle est proche très proche de lui.
Voilà pour les présentations et vous vous en doutez entre eux tous les coups sont permis. Le cas le plus emblématique c'est celui de la gauche. Elle s'était montrée unie avec la NUPES puis avec le NFP.
Entre-temps, il y a eu les débats sur le budget qui ont cristallisé toutes les tensions. Les socialistes ont négocié puis voté avec le gouvernement macroniste. [musique] Une trahison impardonnable pour une bonne partie de la gauche, en particulier à LFI.
Désormais, la rupture est nette entre les deux camps à l'Assemblée nationale. Alors forcément, quand une candidature unique de gauche portée par un socialiste est annoncée pour les municipales, LFI n'est pas de la partie. Les socialistes ont une responsabilité très importante en laissant passer le budget.
Lui, c'est Jérôme Glaise, il est conseiller écologiste de la ville de Paris et contrairement à son parti, il a refusé de se ranger derrière Emmanuel Grégoire et a rejoint la liste de Sopia Chikirou. Le budget est essentiellement voté par l'Assemblée nationale, le budget des villes. Donc le fait de de ne pas voir la connexion qu'il peut y avoir entre les deux, ça ça n'est pas comprendre comment fonctionne euh les finances publiques et le financement d'écuté territoriale.
Faut pas être schizophrène. Donc on peut pas être à la fois le candidat qui va voter donc le budget ou qui va laisser passer le budget et le candidat qui qui va être au maire de Paris. Les partisans de la candidature unique, eux avancent un argument d'urgence et de responsabilité. se rassembler pour éviter la dispersion des voies et garder Paris à gauche.
C'est l'is de Daniel Simonet, ex LFI et membre du mouvement l'après. [musique] Alors, c'est pas une évidence hein pour nous de rejoindre la liste d'Emmanuel Grégoire au départ. Moi, j'ai incarné pendant deux mandatures la seule conseillère de Paris qui était l'opposition de gauche à à Anidalgot et j'ai soutenu toutes les mobilisations.
Le déclencheur, c'est l'enjeu de l'unité pour battre la droite et l'extrême droite. Alors, à nous d'essayer de faire en sorte qu'il y a le maximum de municipalités qui reste à gauche, dans lesquels il y a l'unité la plus lâche possible. Une unité factiste après Jérôme Glaise puisqu'elle ne réunit que les socialistes, les écologistes et les communistes.
On nous a imposé d'emblé l'accord de la fausse unité parce que la gauche unie sans LFI, ce n'est pas la gauche. C'est qu'une partie de la gauche. Donc nous, moi j'ai toujours été opposé à ce type de de stratégie.
À droite, on a aussi du mal avec le concept d'unité. Vous vous rappelez quand on vous disait que dans la compétition, il y avait une ex-ministre [musique] d'un gouvernement macroniste, Rachid Adati et un candidat macroniste pour Naz. Vous n'y comprenez rien, c'est normal.
Laissez-nous vous expliquer la jeunesse de cette trahison. On rembobine. En janvier 2024, Rachid Adati accepte de rejoindre le gouvernement macroniste de Gabriel Atal à une condition que le camp présidentiel soutienne sa candidature aux élections municipales de 2026.
Il y a évidemment l'enjeu de la mairie de Paris et donc j'ai l'assurance de l'enjeu de la mairie de Paris et que on puisse gagner Paris parce que c'est mon seul objectif. Moi je vais rester LR. J'en ai discuté aussi avec Éric et donc sur le groupe, moi je voulais avoir évidemment votre avis les uns [musique] et les autres.
Finalement, à quelques mois des municipales, Renaissance annonce vouloir soutenir pour Nazel. [cri] Pourquoi un tel revirement ? Pour tenter d'y répondre, on s'est rendu à son grand meeting.
Rendez-vous au cirque d'hiver où on a retrouvé tout le gratin de la Macronie. Déjà, on a eu le plaisir de revoir Marlè Chiappa en maîtresse de cérémonie. On a aussi retrouvé nos deux anciens premier ministres et on vous laisse juger leur arrivée.
Notre candidat, le futur maire de Paris, celui qui gagne à être connu et qui gagnera tout court en mars, Pierre Yve Bourna. [cri] Après deux longues heures de prise de parole, on a réussi à attraper Prisc Tevna, ancienne porte-parole du gouvernement et soutien de Pierrive Bournazel. [musique] Pourquoi ne pas avoir poussé Rachid Anati alors qu'elle est au gouvernement ?
Pourquoi ne pas accepter qu'on puisse porter un projet différent, un projet avec une nouvelle personnalité qui est là justement encore une fois pour travailler sur le fond. C'est pas en parlant des personnes et des noms des uns et des autres que les Parisiens vont voter. Ils vont voter pour celles et ceux qui vont pouvoir enfin changer leur vie au quotidien.
Pas d'explication donc devant la caméra, mais en off, un autre élu présent au meeting explique pourquoi l'accord entre Rachid Adati et Emmanuel Macron n'a finalement pas été respecté. D'abord parce que le choix du candidat à soutenir revient au secrétaire national de Renaissance, Gabriel Atal et non au président de la République. Et ensuite parce que la base militante était très hostile à Rachid Adati en raison de son positionnement politique jugé trop à droite.
Donc si on résume, non seulement Rachid Adati n'a pas eu le soutien du camp présidentiel qu'elle espérait, mais en plus son appartenance à un gouvernement macroniste pourrait même lui porter préjudice au sein de sa propre [musique] famille politique. C'est ce que nous a confié une tête de liste LR proche de la candidate. La réalité, c'est que ça m'a interpellé.
Il ne faut pas se le cacher. Les personnes [musique] attaché à la notion de partie pourraient être attirées par une candidature plus identifiée, notamment à l'extrême droite, même sans avoir lu le programme. En parlant de [musique] l'extrême droite, vous pensiez que chez eux on était plus unis ?
Erreur. [musique] Bon, déjà Paris, c'est pas trop leur truc. Historiquement, il réalise des scores très faibles dans la capitale.
Aux dernières municipales, le parti de Marine Le Pen n'a même pas pris la peine de se présenter et a apporté son soutien à un candidat d'hiver droite. Cette année, changement d'ambiance. On a non pas un mais deux candidats d'extrême droite.
Sarah Knafo pour Reconquête, le parti d'Éric Zemour et Thierry Mariani pour le Rassemblement national. Et dans son entourage, on napprécie pas trop cette concurrence. [musique] Saraknafo estuise dans notre réserve de voie et dans celle de DATI.
Elle vient diviser et le camp national et la droite parisienne. Elle se présente comme désireuse de l'Union des droites mais reconquête travaille toujours à la division avec un positionnement extrêmement agressif. Alors pourquoi ces deuxl dépensent-ils de l'énergie dans cette bataille qu'ils savent quasiment perdu d'avance ?
Parce qu'ils savent que devenir maire de Paris leur permettra de se positionner au niveau national. Je pense que c'est venu d'abord des municipales de 1977 de l'époque du Chirak. Cette idée que dans la vie politique nationale, à partir de l'hôtel de ville de Paris, un destin national pouvait se construire.
Il y a aussi le de personnalités politiques très importantes. La ville a été dirigée par de grandes personnalités. Jacques Chirac, Bertrand de Lanoé, Annie Dalgot aujourd'hui.
Et c'est toute la stratégie de reconquête. Le parti concentre toute sa campagne et son budget sur la ville de Paris et la figure de Sarah Knafo ailleurs compagne d'emour. Nous avons pu joindre une tête de liste du parti qui nous a expliqué leurs intentions.
Si on s'intéresse autant au municipal à Paris, c'est pour propulser Saraknafo comme visage politique stable. Même si elle perd, ce qui compte c'est que ça lui apporte une énorme visibilité. C'est une jolie femme, elle fait parler d'elle, elle séduit à droite.
Du coup maintenant quand on voit conquête, on ne voit plus que Eric Zemour. De toute façon, c'est Éric Zemour pour 2027 [musique] et ce serait Sarah Knafo pour 2032. Contacté, Sarah Knafo nous a répondu par mail.
Elle dit s'étonner fortement que son entourage ait pu tenir ses propos. Elle estime, je cite, qu'elle n'avait pas besoin de cette campagne pour passer à la télé et que Paris n'est pas une étape vers d'autres ambitions. À gauche, c'est la même chose.
Il y a certes des crispations autour du vote du budget, mais aussi la question de la présidentielle. Selon Rémy Lefèvre, politologue spécialiste de la gauche française, LFI a deux objectifs avec ses municipales. 1, réussir à enfin s'encrer localement [musique] et de construire un rapport de force avec les partenaires de gauche.
C'est donc pour cela que le mouvement présenterait ses candidats face [musique] aux socialistes. Un avis partagé par Daniel Simonet. Je pense franchement que la stratégie de la France insoumise qui est pas que dans Paris hein mais dans plein de villes de France de la jouer quoi qu'il arrive liste autonome procède beaucoup plus d'un positionnement pour la présidentielle.
En fait, comme Jean-Luc Mélenchon va être le candidat à la présentielle sans avoir à faire une démarche d'unité de la gauche parce qu'il sait que les autres composantes de la gauche ne vaudrait pas forcément ne voudrait pas forcément que ce soit lui le candidat qui incarne le rassemblement vu à quel point il a pu être clivant et bien il préfère qu'au niveau des municipales qui la dernière élection avant les présentiel il y ait pas cette culture unitaire qui se développe. Et donc pour pour avoir des troupes derrière lui sur une présentielle identitaire, il faut faire une une municipale identitaire. Et choisir comme candidate Sopia Chikirou n'est pas anodin dans cette stratégie.
Selon Rémy Le Fèvre, elle est la figure idéale pour s'opposer au socialiste à Paris. Ils ont choisi la personnalité la plus urtiquante pour le PS. Elle est très agressive, elle incarne l'autoritarisme de LFI.
C'est presque une provocation de la présenter. Elle est capable de dire "On est capable de faire perdre le PS à Paris. Il faut quand même avoir du cran pour oser dire ça." Daniel Simonet départ un portrait similaire.
Elle qui a eu un conflit politique avec la candidate. Tout commence lors des législatives de 2024. À l'époque, Daniel Simonet est député LFI de la 15e circonscription de Paris.
Mais pour ce scrutin, Sopia Chikirou souhaite se présenter à sa place. Daniel Simonet refuse de se retirer. Le mouvement décide alors d'implanter Sopia Shikir dans la circonscription contre la vie des militants.
Jean-Luc Mélenchon l'accuse d'alimenter une fronde antiikiru. Elle est finalement exclue du parti. Je pense qu'elle a joué un rôle extrêmement important dans ma purge de la France insoumise.
Euh je pense que par ailleurs pour connaître cette femme depuis depuis au moins les années le début des années 2000, donc ça fait plus de 20 ans, euh elle a par ailleurs un rapport humain qui est extrêmement compliqué. Pourquoi selon vous une telle complaisance à l'égard de Sopia Chikirou au sein de la France ? Bah écoutez, c'est évident, c'est la c'est c'est c'est la compagne proche de de Jean-Luc.
Donc je suis pas pour rendre publique la vie privée, mais tout le monde le sait. Point. À droite, Rachid Adati souhaite se démarquer.
Dans son entourage proche, on la décrit comme quelqu'un qui se bagarre pour tout. Si vous venez sur son terrain, vous la trouverez. Elle est réputée pour son franc parler, son autorité et son sens aigu de la stratégie.
Kit parfois a malmené ses propres alliés politiques si ça peut servir ses intérêts. Pierre Yve Bournael en aurait fait les frais. Depuis qu'il a travaillé avec elle au ministère de la justice, il décrit des rapports humains très compliqués.
D'après lui, s'il a perdu les élections législatives à Paris face au candidat LFI en 2022, c'est parti à cause de Rachida Dati. Madame Dati, son candidat et leurs équipes n'ont pas hésité à faire campagne contre moi et pour Emeric Caron dans ma circonscription. Plusieurs habitants de cette circonscription qui avaient voté pour le candidat de Madame Dati, investi parler, m'ont confié avoir été choqué par un fait.
Les équipes de Rachid Adati les avaient appelés en leur demandant de voter pour Caron. Et cette année, un autre paramètre renforce la guerre des personnalités. À Paris, comme à Lyon et à Marseille, les deux autres plus grandes villes de France, les règles du scrutin ont changé.
Jusqu'à présent, les électeurs parisiens votaient une seule fois pour leur conseiller d'arrondissement. Certains d'entre eux siégé au Conseil de Paris et c'est ce conseil de Paris qui élisait ensuite le maire de la ville. Dans chaque arrondissement, la liste arrivée en tête remportait automatiquement la moitié des sièges de son secteur au conseil de Paris.
Les autres étaient répartis proportionnellement entre [musique] les listes. Donc même quand une liste obtenait en cumulé le plus grand nombre de voies à l'échelle de la ville, si elle arrivait en tête dans peu ou aucun arrondissement, [musique] elle n'obtenait que peu de siège au Conseil de Paris et avait donc peu de poids dans l'élection du maire de la ville. Un mode de scrutin injuste selon l'opposition.
En janvier 2024, Emmanuel Macron annonce donc vouloir mettre fin à cette particularité. La seule chose que je veux pour Paris, c'est qu'un électeur puisse avoir les mêmes droits et compter autant à Paris qu'à à Miin, à Beson ou ailleurs. Et donc que le gouvernement et le parlement puissent décider d'une réforme en profondeur de la loi Paris Lyon Marseille pour revenir au droit commun.
Cette réforme est adoptée l'année suivante. À partir des élections municipales de 2026, les électeurs votent donc deux fois le même jour dans deux urnes. Un bulletin pourrait lire leur conseillers d'arrondissement et un bulletin pourrait lire les membres du conseil de Paris qui désignent à leur tour le ou la mère de Paris.
Seul les listes qui ont obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir. C'est pas une petite présidentielle bien sûr, mais c'est vrai qu'à partir du moment où il y a cette élection en direct de celui qui sera sur le siège de maire de Paris, ça change la nature de la ça change la nature de la campagne. Et cette année, avec autant de partir en mesure d'accéder au second tour, la question des alliances devient inévitable.
Le rapprochement dont tout le monde a parlé ces dernières semaines, c'est celui entre Rachid Adati et Sarah Knafo. Des proches de la candidate reconquête nous ont même confié préférer se ranger derrière la candidate LR plutôt que de s'allier avec le Rassemblement national. Car selon [musique] eux, elle au moins elle dit la vérité et ne lisse pas son discours pour se faire élire.
Officiellement l'ancienne ministre de la culture ne veut pas de cette union. Elle et son entourage ont encore du mal à digérer les attaques racistes de Éric Zemour en 2016. J'estime queen donnant des prénoms musulmans, il refuse de s'approprier l'histoire de France.
Vos chroniques et je l'ai dit à Rachidati d'ailleurs qui a donné un point de prénom à sa fille Zora. Je trouve ça scandaleux. Je lui ai dit après cette séquence Rachid Adati a dénoncé une obsession et lui a suggéré d'aller se faire soigner. 10 ans plus tard, elle a réitéré ses propos sur le plateau de BFM TV.
Voilà, quelqu'un qui a demandé à ce que je sorte de mes fonctions gouvernementales parce que j'avais prénommé ma fille du prénom de maman, ça n'est pas acceptable. Donc, comment voulez-vous s'entendre là-dessus ? Autre rumeur, celle d'une alliance entre Emmanuel Grégoire et Pierreve Bournael.
L'entourage du candidat macroniste dément catégoriquement et accuse le candati d'être à l'origine de cette désinformation. Interrogé à ce sujet par nos collègues du média, Emmanuel Grégoire rejette lui aussi toute alliance. Pour le second tour, s'il faut faire contre Rachidati, contre cette menace dont vous parlez, vous faites front avec Bonazel Macroniste ou avec Chik et ni l'un.
Moi, je l'ai dit clairement et vraiment je peux le redire ça ni l'un ni l'autre. Pourtant, cette alliance est aussi pressentie par d'autres élus que nous avons contactés, notamment chez les verts. À gauche, si un accord de premier tour semble illusoire, les choses pourraient évoluer au second tour.
Moi, je suis de la culture du franc antifasciste et ça ça veut dire qu' qu'on doit tous être unis. Et pour autant, malgré tous ces désaccords que j'ai avec la France insoumise, moi je défends l'unité au deuxème tour sans exclusive. Et à ces tractations politique s'ajoute un dernier élément qui pourrait peser sur la campagne.
C'est rare qu'on ait deux grosses candidatures dans une élection qui ont à voir avec la justice dans les semaines qui précèdent ou dans les semaines qui suivent. Les deux grosses candidatures en question, ce sont celles de Rachid Adati et Sopia Shikirou. La [musique] première est poursuivie pour corruption et trafic d'influence au côté de Carlos Gone, l'ancien patron de Renault Nissan.
Elle est soupçonnée d'avoir perçu 900000 € entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseils qu'elle n'aurait en réalité jamais réaliser alors qu'elle était avocate et députée européenne. Selon les juges, cela s'apparente à du lobbying. Le procès est prévu en septembre 2026, 6 mois après les élections municipales.
Pour la deuxième, quand on vous disait que Sopia Chikirou avait cofondé le média, on ne vous a pas raconté comment ça s'était fini. Les faits remontent à l'été 2018. À l'époque, elle vient de quitter la direction de notre chaîne télé et réclame le paiement d'une facture de 70000 €.
Cette somme correspondrait à des prestations qu'elle aurait réalisé avec sa société de communication. La nouvelle direction juge cette demande infondée et refuse. Mais elle tente tout de même d'obtenir un virement en insistant auprès de la banque alors qu'elle n'est plus représentante légal de notre société de production.
Même si on a mutuellement retiré nos plaintes après un accord en juin 2021, ça n'arrête pas la procédure pénale. Sopia Chikirou sera jugée en mai 2026 pour escroquerie 2 mois après les municipales. Leur camps respectifs peuvent considérer que c'est un tracknard judiciaire qui les attend.
Donc ça peut surmobiliser leur camp et puis ça peut jouer dans le sens inverse des lecteurs qui disent "Oui, d'accord, le projet est bon, mais qu'est-ce qui se passe si le porteur du projet est condamné en justice voire prend une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui arrive à Marine Le Pen sur l'autre dossier. Ce qu'on sait globalement, c'est que pour un candidat, avoir maille à partir avec la justice, être convoqué par un tribunal n'est sans doute pas le meilleur des arguments de de campagne. Les deux candidates ni les faits qui leur sont reprochés.
Rachid Adati conteste tout lobbying et d'après Sopia Shikirou, il s'agit simplement d'un différent commercial. Elle dénonce un procès politique. Contacté.
Les deux candidates n'ont pas donné suite à nos sollicitations. Voilà pour ce petit tour d'horizon des municipales à Paris. La capitale reste un symbole fort et un tremplin politique évident.
Mais pour mesurer vraiment la capacité des partis à préparer la suite, il faudra aussi regarder ce qui se joue ailleurs sur l'ensemble du territoire. Et c'est pour ça que contrairement à Reconquête, le Rassemblement national semble avoir délaissé la capitale pour se concentrer sur les zones dans lesquelles il peut gagner. Pour LR et le PS, ces municipales servent aussi de test.
Est-ce que ces parties historiquement ancrées localement parviendront à se maintenir ? Et dans le bloc de gauche, les rivalités pourraient-elles laisser place à une nouvelle coalition comme autant de la NUPES puis [musique] du NFP ? C'est en tout cas ce que souhaite Daniel Simonet et Jérôme Glaise pour les l'élection 2027.
Ce qu' aurait été idéal, c'est d'avoir du coup une gauche qui a l'intelligence de se rassembler et d'être à la fois dans un dispositif unitaire sur toutes les municipales et capable de définir quel strat quel dispositif national unitaire pour définir une candidature commune pour 2027. que ce soit les insoumis, que ça soit donc la l'autre primaire, euh il ils seront bien obligés de se réunir si on veut empêcher de berarrive au pouvoir. Et les municipales ne sont qu'un début. [musique] Notre échéances arrivent vite à commencer par les sénatoriales en septembre 2026.
Un scrutin [musique] indirect puisque ce ne sont pas les citoyens qui votent mais les grands électeurs et parmi eux [musique] il y a 90 % de conseillers municipaux. Puis viendront la présidentielle en 2027 et les législatives en 2029. D'ici là, les municipales donneront un aperçu des alliances possibles, [musique] des rapports de force et des personnalités qui s'installeront pour la suite.
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Sarah Knafo