L'édito de Thomas Bonnet : «Gabriel Attal, le retour de la "rupture tranquille"»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sa candidature n'est pas encore officielle, mais elle ne fait guerre de doute. Gabriel Atal a imparti de l'argent et de l'ambition à revendre. Rien ne semble de nature à l'empêcher de se jeter dans la course pour 2027.
Pas même l'avance d'Edouard Philippe dans les sondages. C'est d'ailleurs contre son rival d'horizon qu'il se montre le plus offensif, critiquant, sans le dire, son appel à la démission du président de la République, son projet de retraite à 67 ans et minimisant sa posture de favori du bloc central. Face à la prudence et la discrétion du maire du Havre qui promet un programme massif mais qui pour l'instant se cache à l'abri des débats, Gabriel Atel fait le choix opposé avec un livre des interventions médiatiques et un meeting.
Le patron de Renaissance a décidé de faire du printemps 2026 le coup d'envoi de son aventure personnelle. La grande question pour Gabriel Atal, c'est celle de la rupture avec Emmanuel Macron. Les candidats du bloc central sont tous face à ce dilemme.
Comment convaincre les Français qu'ils pourront demain régler les problèmes que leur camp n'a pas résolu hier ? Le défi est immense, j'allais dire presque insurmontable. Alors, il faut essayer de démontrer sa différence avec le président de la République.
À ce titre, Gabriel Atal mise notamment sur son inimitié personnelle avec Emmanuel Macron. Il raconte dans son livre dans le détail comment leurs relations se sont détériorées après la dissolution. Prudemment, Gabriel Tal met aussi à distance le bilan du macronisme.
Il serait désormais un homme libre pour reprendre le titre de son livre dont certains voient une référence au premier ouvrage de Nicolas Sarkozi paru en 2001 et qui s'appelait lui aussi libre. D'ailleurs, comme l'ancien président de la République, on pourrait dire de Gabriel Atal qu'il veut incarner la rupture tranquille. C'était la formule de Nicolas Sarkozy lors de la succession de Jacques Chirac en 2007.
Une formule qui lui a plutôt porté chance. Alors l'autre question, c'est celle du programme. Que pense vraiment Gabriel Atal ?
Bah c'est sans doute la question la plus délicate qui mérite encore quelques éclaircissements. Gabriel Atal vient de la gauche, il a encore cette étiquette aux yeux de nombreux Français, surtout après sa stratégie dégislative et ce front républicain qui l'avait conduit à appeler à voter pour LFI. Une stratégie qui l'explique, qui l'explicite dans son livre et sur laquelle il revient affirmant qu'il ne serait plus possible aujourd'hui d'appeler à voter pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. sur les idées, l'ancien premier ministre s'inscrit dans les pas d'Emmanuel Macron sur l'Europe, sur l'économie, sur les sujets sociétaux.
En revanche, il revendique une rupture sur les questions régaliennes. Véritable angle mort du macronisme, notamment sur l'immigration. Gabriel Atal va beaucoup plus loin que ce que préconisait Emmanuel Macron.
Alors, avant de convaincre les Français, Gabriel Atal devra s'extirper de l'embouteillage au sein du bloc central, tout en manœuvrant face aux rivalités internes. C'est là d'ailleurs la grande différence avec l'itinéraire de Nicolas Sarkozy en 2007. Celui qui était le patron de l'UMP était le chef incontestable de son camp.
Euh Gabriel Tal lui devra d'abord convaincre sa famille politique avant de se rêver à l'Élysée.
Gabriel Attal