Daniel-Cohn Bendit : “L’apatride” épris de liberté - L’édito de Patrick Cohen
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le haddock sera préparé comment? - E.Li: Avec des petits pois et de la main de bouddha. - A.-E.Lemoine: L'édito.
Vous avez lu "Souvenirs d'un apatride" de D.Cohn-Bendit. - P.Cohen: Né en France de parents allemands, désigné comme juif dès les premiers jours de Mai-68 par un certain J.-M.Le Pen... "Ce Cohn-Bendit, parce qu'il est juif et allemand, se prend pour un nouveau K.Marx." "Nous sommes tous des juifs allemands." C'est un slogan que vous aviez laissé courir, mais vous vous en sentez peu concerné.
Depuis le 7-Octobre, vous laissez penser que vous étiez seuls, les juifs. Vous avez vécu bientôt 80 ans. Ce sera dans 10 jours.
Comme c'est les 80 années qui nous séparent de la dernière guerre mondiale et de la victoire sur la barbarie nazie et que tant de choses nous y ramènent aujourd'hui, il y a dans ce livre quelque chose d'unique, un destin intime, politique, historique, français, allemand et très européen. On découvre que vos parents exilés allemands font partie de la même bande de philosophes passés à la postérité, W.Benjamin et H.Arendt.
Dans une lettre écrite en 1940, à votre père, H.Arendt écrit à propos de la persécution des minorités en Europe... ...
Votre dernier slogan, c'est: "L'Europe fédérale ou la barbarie." Vous avez été élu pendant 20 ans au Parlement européen. Vous avez élevé la voix contre les prémices de ce qui nous menace aujourd'hui.
Il a incarné au coeur de l'Europe la 1re dérive populiste autoritaire ou illibérale, le Hongrois V.Orban. - D.Cohn-Bendit: L'UE n'est pas un paillasson sur lequel on s'essuie les pieds, mais c'est une maison commune que nous construisons ensemble, monsieur V.Orban.
Nous vous disons que vous allez dans la direction des messieurs Chavez, Castro et de tous les gouvernements totalitaires et autoritaires de ce bas monde que nous combattons ensemble avec vous! Et vous n'avez pas la force de le combattre avec monsieur V.Orban! - P.Cohen: Vous vous adressez aux conservateurs du PPE, dont Orban faisait partie.
Il est encore en place. Il a fait des émules. On voit quand même qu'il a changé.
Il s'est épaissi. Vous, nettement moins. - D.Cohn-Bendit: Sympa. - A.-E.Lemoine: Il y a aussi un regard critique sur le personnage que D.Cohn-Bendit fut en mai 68. - P.Cohen: Critique et fier à la fois.
Fier de cette photo iconique. On vous en a tellement parlé...
Mais vous en parlez dans le livre...
Une photo iconique de l'histoire du XXe siècle de G.Caron qui correspond à ce que vous êtes à l'époque, insolent, narquois, souriant, libre face à l'autorité représentée par le CRS. Nous sommes le 6 mai 68.
Vous êtes convoqué en conseil de discipline au rectorat de Paris. Voici la version filmée de cette photo. Ecoutez bien la dernière phrase que vous prononcez. - D.Cohn-Bendit: Que perfide déclare que c'est une attaque du pouvoir, de l'Etat contre les étudiants.
Pourquoi a-t-il paru d'une mission universitaire qui soi-disant bénéficie des franchises universitaires? Dans ce cas, la police n'a qu'à se tailler. Ou alors, c'est un procès politique contre des étudiants et on le fait dans un palais de justice.
Vous pouvez me regarder. Vous avez ma photo... - Quel est votre sentiment? - D.Cohn-Bendit: Je crois qu'il y aura une manifestation. - P.Cohen: Vous dites: "Vous avez ma photo." Sans savoir qu'évidemment, la photo qui sera prise à ce moment-là, elle sera mondialement célèbre. - D.Cohn-Bendit: Caron m'a passé toutes ses photos.
Il a fait une planche contact. On avait une photo avec un mégaphone. Cette photo serait passée inaperçue.
C'est ce sourire...
C'est ce qui est extraordinaire dans cette photo. Ca a changé beaucoup de choses dans ma vie. - P.Cohen: Le sujet qu'on vient de voir est extrait d'un reportage du magazine "Zoom", l'un des seuls diffusés à l'ORTF en mai 68.
Daniel Cohn-Bendit