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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 novembre 2025 23 min

Boualem Sansal, service militaire volontaire, présidentielle, ... Le 8h30 franceinfo de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Agathe Lambret. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. Cela fait un peu plus d'un mois que vous avez quitté les dorures de Beauvau, remplacées par votre bâton de pèlerin à la rencontre des Français. On va parler de votre nouvelle vie, de la libération de Boalem sans salle, de Sébastien Lecornu qui vous appelle à la responsabilité sur le budget au moment où vous rétablissez la réforme des retraites. Mais d'abord, un rapport des sénateurs LR propose 17 mesures pour renforcer la lutte contre l'islamisme. Le fait par exemple d'interdire le voile ou le jeûne de Ramadan aux mineurs de moins de 16 ans.

On va rentrer dans le détail. Bruno Retailleau, vous voulez faire la chasse à l'islamisme ou aux musulmans ? Non, j'ai toujours distingué vraiment très nettement l'islamisme, c'est-à-dire l'islam radical, l'islam politique qu'il faut impérativement pourchasser, il faut être intraitable, et l'islam. D'ailleurs, comme ministre de l'Intérieur, j'étais ministre des cultes, et j'ai veillé à ce que cette laïcité qui caractérise le modèle républicain soit strictement appliquée, c'est-à-dire la laïcité c'est la neutralité de l'État, mais c'est aussi la liberté de conscience. Et je connais de nombreux musulmans qui exercent leur foi de façon totalement compatible avec les valeurs de la République.

Et heureusement, simplement, on voit, et je fais référence notamment au sondage de l'IFOP qui est paru la semaine dernière, qui est catastrophique, il y a une radicalisation des jeunes. Quand ce rapport précise que 57% des jeunes, par exemple, considèrent que la charia, la loi religieuse, doit être au-dessus de la loi de la République. Ça, c'est de l'islamisme. C'est la matrice idéologique de l'islamisme. Et quand plus de 80% de ces jeunes considèrent que la science, en réalité, est en dessous de la foi lorsqu'il s'agit d'expliquer la création du monde. Et ça, c'est pour nous un énorme défi.

1:57
Bruno Retailleau

On va prendre le temps de rentrer dans le détail de vos propositions, de ces propositions que vous souhaitez, mais pourquoi ne l'avez-vous pas fait pendant l'année où vous avez été ministre de l'Intérieur ? Vous aviez le pouvoir, vous auriez pu le faire, toutes ces mesures qu'on va détailler maintenant. Non, attendez, j'ai fait beaucoup.

2:10
Présentateur

Je considère que vous vous souvenez d'un rapport sur les frères musulmans. D'ailleurs, quand on lit bien, quand on lit le sondage de l'IFOP, on voit qu'en quelque sorte, c'est une victoire des frères musulmans qui tente d'imposer cette matrice idéologique. Pas en ayant recours au djihadisme, mais par l'antrisme, avec un islamisme à bas bruit. Et j'avais remis, il y avait un rapport que j'avais entre les mains. Je me suis battu pour que ce rapport sur les frères musulmans soit publié. Il l'a été, et je peux vous dire que ça a été un choc, pas seulement en France, mais dans beaucoup de pays européens.

Et j'avais proposé un certain nombre de solutions, de propositions, que je veux impérativement mettre en œuvre, comme par exemple la dissolution des fonds de dotation. Aujourd'hui, vous pouvez dissoudre une association, un groupement de fêtes, mais pas les fonds de dotation. Mais Bruno Retailleau, pardon, parce que je vous ai demandé si vous vouliez faire la chasse à l'islamisme ou aux musulmans, et vous dites, je n'ai jamais fait la confusion, je ne veux pas faire la confusion. Est-ce que ces propositions des sénateurs LR ne nourrissent pas justement cette confusion, alors qu'ils proposent par exemple d'interdire le jeûne du ramadan aux mineurs de moins de 16 ans ?

Est-ce que faire le jeûne du ramadan quand on a 16 ans, c'est un signe de radicalité ? Et comment vous allez faire concrètement ? Vous allez les forcer à manger ces jeunes ? Je pense que, et le travail qu'a fait notamment la sénatrice Jacqueline Stache-Brignaud, je voudrais la saluer, c'est un travail que moi j'avais lancé quand j'étais président du groupe. Simplement, alors après on peut toujours discuter du bon âge, etc. Mais on voit bien qu'il y a une pression sociale, et il y a en face de cette pression sociale la protection de la jeunesse. La protection de la jeunesse. Alors, jusqu'à l'âge de l'enfance. Certains ont du discernement à 16 ans.

Mais de l'enfance, non mais protection de l'enfance. Protection de l'enfance. Et très franchement, par exemple le voile. Le voile, on le sait bien, c'est pas seulement un bout de chiffon, c'est pas un bout de tissu. On voit bien que le frérisme, l'islamisme, considère le voile comme un signe de soumission, d'infériorisation de la femme par rapport à l'homme, et de séparation. Nous ne sommes pas comme vous. Vous êtes des citoyens français, et bien nous, on est à part. Mais il y a un principe constitutionnel de liberté religieuse, et ça contrevient à ce principe. Surtout que Laurent Wauquiez veut interdire le voile au moins de 18 ans. La liberté religieuse, j'y tiens évidemment.

Simplement, ce que je veux vous dire, une jeune fille qui porte le voile n'est pas nécessairement une islamiste. Mais tous les islamistes, tous les islamistes veulent que les jeunes filles ou les femmes portent le voile. Et ça, pour nous, c'est un défi qui nous est lancé. Vous savez, moi je me souviens très bien des discussions sur la loi de 2004 interdisant les signes ostentatoires. Et d'ailleurs, quand on parle de voile, y compris d'interdiction, ça ne peut pas être uniquement un signe distinctif pour une religion. Ça ne peut être que des signes distinctifs. Il y avait une grosse, grosse polémique, y compris sur la burqa 2010.

Et c'est toujours ma famille politique, d'ailleurs, je vous le fais remarquer, qui a été à l'origine de ces deux textes.

5:07
Bruno Retailleau

Et là, vous êtes à l'origine d'une autre proposition, exactement sur ce sujet connexe, sur les signes religieux ostentatoires, mais pour les élus, dans le cadre de l'exercice de leur mandat. Pourquoi aller plus loin que le principe actuel de neutralité ? Et comment justifiez-vous qu'un élu, qui n'est pas agent de l'État, puisse être contraint sur sa liberté individuelle, sans entrer en contradiction avec la Constitution ?

5:26
Présentateur

Je vais vous dire, parce que vous soulignez un point important, qu'est-ce qu'il est possible de faire dans le champ de la Constitution et dans le champ juridique actuel ? Moi, je pense qu'il faut avoir des priorités avec ce qui est possible de faire. Ce qui est possible de faire, ce que nous avions voté au Sénat. Un, c'est l'interdiction des signes ostentatoires dans les compétitions sportives organisées par les fédérations qui agissent comme délégataires de l'État. Le sport... Notamment les sports de combat. Vous visiez notamment les sports de combat. Non, non. Non, non, non, non. Le judo. Non, non, non. Tous les sports. Tous les sports, le basket, le foot.

D'ailleurs, la fédération, je rends hommage à la fédération française de foot qui a toujours été très, très claire. Ce n'est pas le cas de toutes les fédérations. Elles sont délégataires d'une mission que lui confie l'État. Et là, je pense que ça doit être clair et il faut préserver et sanctuariser le sport qui doit être un moment de rassemblement. Deuxième chose, sur les sorties scolaires. Je considère, nous considérons, nous avions voté un texte au Sénat, que la sortie scolaire, c'est l'école hors les murs. On interdit le voile dans les murs de l'école. Quand l'école se déplace pour une sortie scolaire, ça doit être la même chose. Je considère qu'à l'université, idem.

Et je considère que pour les élus, ils sont en quelque sorte quand ils sont dans un conseil municipal, ils représentent la République. Et je pense que sur le voile, parce qu'on parlait d'une interdiction chez les jeunes, etc. Vous reconnaissez que c'est juridiquement fragile ou pas ? Vous le reconnaissez ? Ça pose, en tout cas, dans l'état actuel du droit, des questions juridiques. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il faut... Donc la proposition de Laurent Vautier, qui va interdire le voile aux mineurs de moins de 18 ans, il n'y arrivera pas, c'est pas constitutionnel. Si, il peut la faire voter parfaitement à l'Assemblée nationale.

Je pense qu'il sait sans doute qu'il y a un certain nombre de limites, mais c'est ce qu'on appelle des textes d'appel pour sensibiliser. D'accord, donc c'est symbolique ? Très franchement, quand on voit, encore une fois, les résultats du sondage de l'IFOP, il y a un écart culturel grandissant. Cette radicalisation chez les jeunes pose un immense problème et on doit y prêter attention. Ce que moi, je propose, c'est avant d'attendre une évolution du droit, il faut qu'on priorise, notamment le sport, l'école, les sorties scolaires, les élus, l'université.

7:41
Bruno Retailleau

Vous dites régulièrement, M. Rotailleux, que l'immigration, je vous cite, n'est pas une chance pour la France. Voici la réponse de votre successeur qui était à votre place deux jours après votre départ dans le 8h30 de France Info.

7:50
Locuteur non identifié

Moi, je suis aussi un homme de concorde et de dialogue. Il faut que tout le monde respecte les valeurs de la République, mais il ne faut pas non plus qu'on donne l'impression que, quelque part, l'altérité et l'autre nous posent un problème. Est-ce que l'altérité vous pose un problème, M. Rotailleux ?

8:05
Présentateur

Ce n'est pas l'altérité qui pose un problème. Et je redis ici, devant vous, qu'aujourd'hui, les conditions dans lesquelles se déroulent les flux migratoires en France, qui échappent à tout contrôle, eh bien, l'immigration n'est pas une chance. C'est ce que vivent, d'ailleurs, c'est ce que voient les Français. Et nous parlions, il y a quelques instants, d'une forme d'assimilation, d'intégration, puisque nous parlions d'islamisme. Mais la question, c'est aussi une question de flux. Aujourd'hui, c'est au moins 500 000 personnes qui viennent en situation légale ou illégale. Tous les ans, on n'a plus la faculté de les accueillir. Des nouveaux venus ne veulent plus s'intégrer.

Et nous-mêmes sommes devenus trop faibles. Et je vais vous dire pourquoi. Je vais vous dire pourquoi. Je pense que si on veut assimiler, si on veut intégrer, il faut croire en ce que nous sommes. Il faut proposer la France comme aimable et pas détestable ou coupable. La culture de la repentance, cette mauvaise conscience qu'on a trop souvent nourrie, nous empêche, finalement, d'assimiler, de faire venir à nous des jeunes, qui sont parfois, d'ailleurs, de deux, troisième génération, ou des nouveaux venus. Et donc, j'affirme qu'y compris sur l'islamisme, vous ne lutterez pas contre l'islamisme si vous ne reprenez pas fermement le contrôle des flux migratoires.

C'est d'abord une question de nombre. On vous entend, Bruno Retaille, il faut qu'on avance, l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été libéré à peu près d'un an de détention en Algérie. Vous vous étiez battu pour sa libération en vain et votre méthode a été critiquée. Écoutez ce qu'en dit le principal intéressé, invité du 20h de France 2 dimanche soir.

9:38
Locuteur non identifié

On va se voir, probablement, dans le jour qui vient. Oui, on s'est téléphoné. C'est mon ami.

9:43
Invité

Vous ne considérez pas qu'il a été un obstacle à l'époque où il était ministre de l'Intérieur à votre libération ?

9:48
Locuteur non identifié

Je pense, oui, d'une certaine manière, oui. Je pense, d'une certaine manière, oui, parce qu'il offrait à l'Algérie l'occasion de rebondir sur « Regardez, c'est notre ennemi, il nous déteste, etc. » Oui, mais avec ou sans Bruno Rotaillot, ils auraient réagi de la même manière avec n'importe qui.

10:06
Présentateur

Oui, vous avez pu être un obstacle à sa libération, dit Boualem Sansal, même s'il dit aussi que vous êtes son ami. Non, non, non, écoutez-le bien, écoutez-le bien, écoutez-le bien, il termine en disant « Avec ou sans Bruno Rotaillot, ils auraient réagi, etc. » Effectivement. Ce que je veux vous dire... Mais il dit aussi que vous avez pu être un obstacle. J'ai eu une longue conversation téléphonique et nous allons nous voir très prochainement. La parole de Boualem n'est pas libre. Ça, vous ne le précisez pas. Il le dit lui-même, d'ailleurs. Et il le dit lui-même au tout départ. C'est vrai, mais il dit aussi que vous avez pu être un obstacle à sa libération.

Et simplement, ce que je veux dire, c'est que je ne renie rien. Et la preuve, vous êtes des journalistes. Et vous avez un confrère, Christophe Gleiz, qui croupit dans une prison. Figurez-vous que j'étais ministre de l'Intérieur et je l'ai appris par hasard. Personne n'en disait rien. Est-ce que le fait que personne ne se battait pour Christophe Gleiz a accéléré... On ne vous a pas transmis cette information ? Non. Est-ce que, comme personne ne se battait pour lui, est-ce que ça a accéléré, un temps soit peu, sa libération ? Non, il croupit derrière les jauges. Pourquoi il croupit derrière les jauges ? Comment vous allez le libérer ?

Attendez, il croupit derrière les jauges simplement pour être venu, pour interviewer un cabine sur le foot. Il est accusé d'apologie de terrorisme. Vous voulez dire que quand Emmanuel Macron prône l'apaisement aujourd'hui, quand Laurent Nunez dit qu'il a une rupture sur la méthode, avec vous qui parle de votre brutalité sur la méthode, vous voulez dire que ce n'est pas ça qu'il faut faire pour libérer Christophe Gleiz ? Ça ne marchera pas ? Mais ça fait des années et des années que ça dure comme ça. Est-ce qu'il aurait fallu que je me taise quand deux otages étaient retenus ?

Est-ce qu'il aurait fallu que je me taise quand les services secrets algériens préparaient un attentat contre un opposant algérien ? Est-ce qu'il aurait fallu que je me taise quand l'Algérie ne voulait pas respecter l'accord de 1994 alors que nous, on respecte scrupuleusement l'accord de 1968 ? Au nom de quoi, il fallait se taire ? Au nom de quoi, il fallait accepter que la France serve de serpillère pour un régime qui est de plus en plus isolé ? Je ne parle pas du peuple. Il y a une énorme fracture entre le peuple algérien et ce régime qui est un régime dictatorial.

12:09
Invité

Le 830 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou

12:13
Présentateur

Avec Bruno Retailleau, président des Républicains, ancien ministre de l'Intérieur, on parle maintenant du budget, Paul.

12:19
Bruno Retailleau

Signe que l'heure est grave. Sébastien Lecornu s'est exprimé sur le perron de Matignon, sur le budget lundi, alors qu'on est très, très, très, très loin d'un consensus que le président implique à bon espoir, que la dot butoir approche et que nous pouvons y arriver, assure le Premier ministre.

12:33
Invité

Certains partis politiques, certains candidats à l'élection présidentielle, estiment au fond que le compromis n'est pas compatible avec leur propre stratégie électorale et qu'au fond, derrière, il y a une forme de cynisme qui est en train de se dégager. Sachant que la veille,

12:52
Bruno Retailleau

le dimanche, vous veniez en une du Parisien de dénoncer le, je vous cite, le hold-up du siècle à propos du budget, hold-up fiscal, hold-up démocratique, j'imagine que vous vous êtes forcément senti visé. Le Premier ministre parle de compromis.

13:05
Présentateur

Moi, je parle de tambouille. Parce que la suspension, par exemple, de la réforme des retraites, ce n'est pas un compromis, c'est simplement le tribut payé par le gouvernement au Parti Socialiste pour que le gouvernement dure quelques semaines ou quelques mois de plus. La suspension des réformes de retraite que le Sénat, je me suis exprimé hier dans l'hémicycle, a abrogé hier, c'est simplement plus de déficit et moins de croissance. Plus de déficit parce qu'on sait parfaitement que le régime est déjà déficitaire et vous savez que le déficit actuel des retraites, il est masqué, il est caché.

On cache, par exemple, les 44 milliards d'euros de subventions que pèse chaque année l'État pour l'équilibre justement des retraites des agents publics. Et moins de croissance. Vous dites vous-même que la suspension de la réforme des retraites, c'est le tribut à payer, c'est le prix à payer pour la stabilité et même certains dans votre camp à droite estiment que ça coûte moins cher cette stabilité que le chaos économique. C'est ce que dit par exemple Thibaut Bazin, rapporteur général LR de la commission des affaires sociales à l'Assemblée. Le député Philippe Juvin dit, c'est le prix à payer, on ne fait pas de gaieté de cœur mais il faut qu'on ait un deal avec les socialistes.

Est-ce que, en restant arc-bouté sur vos positions, Bruno Retailleau, vous l'homme de droite, vous ne prenez pas le risque de passer pour un artisan du chaos, du désordre ? Le chaos, nous l'avons là. Le chaos, le chaos ? Le chaos, nous l'avons, le chaos budgétaire, le chaos économique. Aujourd'hui, la France est lanterne rouge, la lanterne rouge de l'Europe, puisque nous avons le pire déficit de la zone euro. Les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi élevés. Nous avons les taux d'intérêt les plus élevés de la zone euro. Il y a la Lituanie qui est un peu plus que nous. Les Français s'appauvrissent. Désormais, le niveau de vie italien est supérieur au niveau de vie français.

Entre un niveau de vie allemand et un niveau de vie français, c'est 7000 euros. Mais qu'est-ce qu'on fait à ça, Bruno Retailleau ? Mais qu'est-ce qui s'est passé depuis des années ? Ça a toujours été plus d'impôts, plus de dettes, plus d'endettements. Et c'est ce qui nous a conduits au chaos économique, à l'appauvrissement des Français. Quand vous savez que le 16 du mois, désormais, je le disais dans l'hémicycle hier au Sénat, chaque 16 du mois, il y a pratiquement le quart des Français dont les comptes bancaires sont dans le rouge. C'est ça, l'appauvrissement des Français. Et moi, je ne veux pas participer à cette opération politicienne.

Vous voyez, la nouvelle méthode de Sébastien Lecornu qui vous propose des débats à l'Assemblée. Parlons-en. Est-ce que vous êtes partant notamment à un débat sur la défense mercredi soir ? Parlons-en. On peut débattre de tout. Simplement, il parle de parlementarisme. Il a dit d'ailleurs au titre de ces 5 grands débats qu'il y aurait l'énergie. Mais franchement, c'est de la tartufferie. Pourquoi ? On a une proposition de loi sur l'énergie. Et vous savez que l'énergie, c'est capital. L'énergie est trop chère. Capital pour la réindustrialisation, la compétitivité des entreprises. L'Allemagne est en train de subventionner pour faire baisser les prix d'électricité pour les entreprises.

Capital aussi pour le pouvoir d'achat des Français. Et bien, il lui suffit. Là, il propose un débat. Vous vous rendez compte qu'il y a une proposition de loi votée au Sénat, première lecture, ensuite à l'Assemblée, deuxième lecture au Sénat. Et il suffirait d'un jour pour que cette proposition de loi sur l'énergie qui donnerait un horizon énergétique du mix énergétique de la France à horizon 5 ans, il faudrait seulement une journée pour qu'elle soit votée. Vous dites non à la nouvelle méthode de Sébastien Corse. Mais ce n'est pas ça, c'est de la tartufferie. Moi, ce que je veux, bien sûr, regardez sur l'énergie.

L'important pour le Parlement, ce n'est pas que de débattre, c'est de voter sur des textes qui vont s'appliquer et qui auront une vraie portée. Quand on discute, évidemment, de la défense, de la sécurité, je n'y vois aucun inconvénient. Je suis favorable à ce qu'il puisse y avoir des augmentations. Mais le problème des augmentations, vous voyez, c'est qu'on ne peut pas dire qu'on veut d'un côté des augmentations pour le budget de la défense et de ne pas accepter de baisser drastiquement les dépenses de l'État. C'est ça que je reproche, en réalité, au gouvernement.

C'est une inconséquence, oui, à l'augmentation du budget de la dépense, mais alors, il faut, là encore, trouver beaucoup, beaucoup plus d'économies plutôt que de recourir à l'impôt. Les Français ont appris que Bercy voulait, là encore, ressortir la matraque fiscale sur la taxe foncière. Franchement, en se disant, voilà, si vous avez des WC, si vous avez de l'eau courante... Et on en a parlé sur France Info. Il faut qu'on avance parce qu'il est déjà 8h53.

17:32
Bruno Retailleau

On a une imagination

17:34
Présentateur

mais débordante. C'est incroyable. Toujours plus d'impôts. On est le pays d'Europe où il y a le plus d'impôts, quasiment.

17:39
Bruno Retailleau

Emmanuel Macron a confirmé mardi qu'il allait annoncer demain la transformation du service national universel vers une nouvelle forme alors qu'il envisage depuis plusieurs mois ce service militaire volontaire. Y êtes-vous favorable ? Quelle est la ligne de LR ?

17:51
Présentateur

Moi, j'y suis favorable. Il y a quelques conditions. Je pense que ça peut accroître l'esprit de défense et je pense que le réarmement militaire, concret, matériel ne suffit pas. Il faut un réarmement mental, moral.

18:04
Bruno Retailleau

Obligatoire ou pas le service ?

18:06
Présentateur

Alors, on n'a plus les moyens de le faire obligatoire. Là, on nous dit à peu près un dixième d'une génération, c'est-à-dire 50 000 à horizon 2035. Donc, un, l'esprit de défense. Deux, un vivier. Un vivier notamment, y compris d'ailleurs pour la réserve de la police nationale, de la gendarmerie nationale et ça, je pense que c'est important. Et en fait, des hommes qui, si jamais il y avait une crise demain, de tenir ce qu'on appelle la défense opérationnelle du territoire sur le sol national. Donc, j'y suis favorable. J'attends évidemment les conditions dans lesquelles ça peut se faire. Mais là aussi, là aussi, trouvons des économies. Ça va coûter sans doute un milliard ou plus d'un milliard.

Il faut trouver des économies. Et là encore, je constate dans le budget que cet effort sur la baisse de la dépense publique, il est beaucoup, beaucoup trop timide. On se tourne toujours, d'autant plus vers la matraque fiscale qu'on ne fait pas ses efforts en matière de réduction des dépenses. Qui sera le candidat de LR en 2027 ? Un bureau politique est prévu ce soir alors que dans votre camp, certains comme Laurent Wauquiez veulent une primaire allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo, proche d'Éric Zemmour. Écoutez, Olivier Faure était à votre place hier, le patron du PS. Écoutez ce qu'il dit de vous et de vos débats à LR.

19:19
Locuteur non identifié

Je suis inquiet pour Bruno Retailleau. Je vois bien ce que dit Laurent Wauquiez, je vois ce que dit Bruno Retailleau, je vois qu'eux-mêmes considèrent désormais que la droite, ça va de Gérald Darmanin jusqu'à Sarah Knafo. Mais évidemment, cette conception-là est une conception dangereuse parce qu'elle opère une fusion progressive, d'abord idéologique, puis demain électorale, entre la droite et l'extrême droite.

19:40
Présentateur

Bruno Retailleau, est-ce que droite et extrême droite, c'est la même chose pour vous ? Et sinon, est-ce que vous pouvez nous dire clairement aujourd'hui, parce qu'il y a une ambiguïté depuis quelques semaines, est-ce que vous pouvez nous dire clairement qu'il n'y aura pas d'alliance d'appareils, ni dans une primaire, ni pour autre chose ? Je l'ai dit dix fois, je l'ai toujours dit que je récusais cette idée d'une union des droites par les appareils, mais que moi je veux l'union des droites par les électeurs.

Ce que Nicolas Sarkozy a fait d'ailleurs en 2007, et moi j'ai toujours dit, et je l'assume, parler à tous les électeurs, les électeurs qui nous ont souvent quittés pour rejoindre le Rassemblement National, les électeurs déçus du macronisme, ceux qui s'abstiennent. Moi je veux parler à tous les électeurs avec une droite... Mais donc Laurent Wauquiez quand il parle d'une primaire jusqu'à Sarah Knafow, il n'engage que lui-même, ce n'est pas votre ligne ? Mais il n'engage que lui-même. Moi ce que je ferai ce soir, il y a des statuts, et j'entends qu'on les respecte. Les statuts donnent de derniers mots précisément à nos adhérents.

Ce soir, nous allons créer un groupe de travail avec des personnalités qui ne sont pas contestables, qui permettront d'ici deux mois, début de l'année, de travailler, mais ce sont, nos militants qui trancheront.

20:47
Bruno Retailleau

Est-ce que vous serez candidat à cette primaire ? Et question groupée parce qu'on n'a pas le temps, on n'a plus le temps. Comment sont passées vos tendres retrouvailles, on imagine, avec Laurent Wauquiez jeudi dernier ?

20:55
Présentateur

Écoutez, on s'est dit, il m'a parlé de cette primaire, je lui ai dit, mais attendez, Sarah Knafow, pourquoi pas Eric Zemmour ? Il inclut Gérald Darmanin, mais il exclut par exemple Edouard Philippe. Le problème d'une primaire ouverte de ce type-là, c'est que je pense que ça ne marche pas. Pourquoi ? Parce que la règle, c'est que les perdants doivent accepter de se ranger derrière le gagnant. C'est ça le problème. Est-ce que Gérald Darmanin accepterait de se ranger derrière Eric Zemmour ? J'en doute. Et inversement. Il faut trouver une formule. Moi, je suis ouvert à toutes les formules. Simplement, j'ai mis une limite, c'est les statuts. Voilà, c'est la parole à nos militants que je respecte.

On va suivre ces débats chez LR. Comme tous les jours, c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui ne regrette rien. Vous étiez ministre de l'Intérieur. Votre rêve depuis toujours. La droite avait retrouvé du souffle, de l'influence. Mais il aura suffi d'un tweet et d'un départ pour que tout s'évapore. Bruno Retailleau, vous avez brouillé l'image de responsabilité qui vous portait. Depuis, vous vous justifiez souvent. Est-ce que, comme Edith Piaf, vous dites non, rien de rien, je ne regrette rien ? Franchement, je ne suis pas parti sur un tweet.

Je suis parti parce que j'ai constaté que c'était incompatible pour moi de rester au gouvernement en entraînant ma famille politique dans une chute, dans la confusion. Mais vous devez toujours l'expliquer. Mais c'est vous qui me posez la question. Je me dois répondre. Vous la posez aussi forcément et vous vous attendiez à ce que ça ne dure qu'une semaine ? Non, mais pas de regret. Simplement, je n'ai aucun regret. Non, mais chaque jour, vous m'imaginez, moi, entraîner ma famille politique avec un gouvernement où c'est M. Olivier Faure qui décide et M. Sébastien Lecornu qui exécute. Un gouvernement où il y a une totale confusion.

Un gouvernement, une politique qui désespère parce que c'est la tambouille politicienne. Ce n'est pas possible. La stabilité dont on parle tant, on ne peut pas la payer à ce prix-là.

22:54
Bruno Retailleau

Donc, vous repartez à zéro comme le chant a dit de Piaf ? Tout ça, vous vous êtes bien égale ?

22:58
Présentateur

Non, mais j'étais, moi, j'étais viscéralement attaché à mon ministère. Simplement, je l'ai toujours dit et ceux qui me connaissent le savent parfaitement, la politique, c'est un idéal. Voilà. Et je n'étais pas accroché à un siège. Je considérais que ma mission et cet idéal que je veux servir, c'est beaucoup plus important qu'un ministère. Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France 1. Merci Paul. Merci. Merci à demain.