Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRMC (sur YouTube)· 14 octobre 2026 28 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheNumériqueInstitutions & électionsSolidarités & famille

"C’est honteux de dire que Parcoursup est rac**te !" : Jean-Michel Blanquer conteste les critiques

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 25 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que Parcoursup est un algorithme qui décide de l'avenir des jeunes ?

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Parcoursup est-il raciste selon une étude sur les discriminations ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Pourquoi ne pas supprimer Parcoursup ?

  • 6:15RelanceRéponse partielle

    Pourquoi n'avez-vous pas réglé le problème du non-remplacement des profs ?

  • 8:09OuverteRéponse directe

    Le remplacement des enseignants est-il assez local ?

  • 11:16RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas utiliser Tocqueville pour un bilan plus humble du macronisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14Fait
    « On a multiplié l'offre vis-à-vis de tous les étudiants. C'est une révolution démocratique. »
  • 5:36Fait
    « Parcours sup a été très avantageux pour les boursiers. »
  • 26:04Promesse
    « Il faut que le futur président ait une majorité parlementaire. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Il y a aussi une sélection raciste qui est faite et c'est important de le dire parce que selon Oui, bien sûr euh parce que il y a une étude qui a été menée selon l'Observateur national des discriminations dans l' supérieur qui nous dit qu'en fait euh quand on a un nom français dit français euh à connotation française, on a plus de chance d'être accepté que les autres. Voilà, c'est une ancienne président de l'Union des lycéennes qui accuse parcours sub de racisme. Bah, c'est évidemment complètement faux et c'est même honteux de dire ça he c'est qu'elle le prouve. Enfin, vous voyez, c'est ça ça n'a Non, ça n'a ça n'a aucun sens. de retour avec un livre qui s'appelle La démocratie et la fureur aux éditions Plomb. Bonjour monsieur Blanquer. Bonjour. On va parler de ce livre mais j'imagine

0:34

qu'en ce moment vos oreilles sifflent puisque dans la rue les jeunes réclament la suppression de parcours sub. Parcours sub c'est votre création. Vous étiez alors ministre de l'éducation nationale d'Emmanuel Macron. Rappelons que Parcours Sub, c'est cette plateforme qui permet d'intégrer l'enseignement supérieur, de présenter ses vœux et d'être ensuite orienté. Alors moi, j'ai une question simple parce que on entend beaucoup de choses. Est-ce que Parcours supalgorithme qui décide de l'avenir des jeunes ? Non, il y a des algorithmes derrière l'algorithme de Parcours Sup. C'est-à-dire que faut jamais oublier que c'est simplement une une plateforme de rencontre en quelque sorte et de rencontre de des besoins des élèves, de leur désir d'affectation et puis de ce

1:14

que les établissements proposent. Mais ensuite derrière chaque établissement, il y a un mode de sélection qu'on peut juger bon ou mauvais mais au cas par cas. établissement à ces critères de de sélection. Bien sûr, bien sûr. Alors, on peut toujours souhaiter qu'il y ait plus de transparence de la part des établissements. Faut jamais oublier l'incroyable progrès que ça a été de passer à Parcours sup, hein, puisque on a multiplié l'offre vis-à-vis de tous les étudiants. C'est une révolution démocratique au départ par su parce que bah on a offert des possibilités, c'est des dizaines de milliers de boursiers par exemple qui ont été, je suis sûr qu'il y en a qui m'entendent qui qui ont qui qui savent ce que ce dont je suis en train de parler qui ont eu des opportunités qu'il n'auraient pas eu

1:52

avant sans par avant c'était un tirage au sort. Avant vous aviez aussi enfin vous avez eu plusieurs étapes. Les plus anciens parmi nous, j'en fais partie, sont allés à l'université avec un dossier en papier et c'était une politique du guichet, c'est-à-dire première arrivée, premier servi. Moi, j'ai été admis dans mon université parce que je me suis levé à 3h du matin, je pense que ça et c'est par aucun autre mérite que celui-là. Euh le ensuite tout ça a atteint des limites notamment avec le le nombre d'étudiants qui s'est multiplié et donc il y a eu le système APB qui a déjà été un progrès mais qui était déjà qui était quand même beaucoup moins bien que parcours sup puisque'à la fin les non affectés étaient tirées au sort et ça tout ça aboutissait à un chiffre qui était le

2:31

scandale français par excellence qui était 60 % d'échec en fin de première année à l'université en France. Moi quand je suis arrivé en poste en 2017, ce chiffre était presque ma ma boussole noire si vous voulez. C'est-à-dire comment lutter contre ce chiffre qui est un scandale. Le gâchi que ça représente pour les personnes concernées, pour le pays est incroyable. Ce chiffre aujourd'hui, au moment où je vous parle, il est tombé à 50 %. C'est pas ça pourrait être mieux. Faudrait le faire descendre vers 40 mais c'est déjà c'est très rare donc qu'une politique publique débouche sur 10 points d'amélioration en quelques années. Et personne ne parle de ça. Personne ne dit ce que je suis en train de vous dire. Donc euh bien sûr, moi je suis tout à fait favorable à ce

3:08

qu'on mette parcours sup sur la table maintenant et qu'on dise comment l'améliorer. J'entends supprimer ben si on veut le supprimer qu'on propose qu'on met à la place que que l'on me cite un pays qui fasse quelque chose de mieux par exemple que parcours sup et et adoptons ce que fait ce pays dans ce cas-là. Mais si vous voulez ce qui est inoui parfois dans les débats publics dans l'espace public c'est que on est dans l'invective dans les cris et cetera. Très bien. Mais il faut toujours dire ce qu'on ferait si on faisait autrement. Et et moi je suis très démocrate. Je pense que si il y a évidemment des améliorations possibles dans le parcours sup. J'entends le stress autour de Parcours sup. Il existe, c'est vrai, mais si vous supprimez Parcours sup, le stress sera

3:46

toujours là. C'est-à-dire c'est le stress par rapport à l'avenir, le stress par rapport à l'affectation. Et euh mais il y a pas un stress aussi par le fait qu'il y a pas suffisamment de place dans l'enseignant supérieur. On n' pas suffisamment anticipé l'arrivée de tous ces jeunes qui ont le bac. Il y a toute une génération sont plusieurs centaines de milliers et que derrière on n' pas créé suffisamment de place dans le segment supérieur. Il y a il y a beaucoup de alors on peut dire ça mais faut pas parler de manière trop générale. C'est-à-dire ce qui manque c'est des places dans des formations qui forment à des métiers qui existent si vous voulez. Donc quand j'entends les gens dire il faudrait des dizaines de milliers de places en plus en droit ou en sociologie, je pense que

4:19

ce serait une très grave erreur. En revanche, vous avez des besoins en BTS, en IUT et là oui, en effet, je pense qu'il faut créer des places. Par ailleurs, que les universités aient besoin de de moyens supplémentaires, c'est vrai, mais c'est c'est des sujets qualitatifs qui se posent. C'est comment faire mieux réussir les étudiants qui qui y arrivent. Mais mais donc le sujet n'est pas que celui du nombre du nombre de places et en tout cas on doit pas le voir uniquement de manière quantitative. Hier, il y avait un forum qui était organisé sur BFM TV avec des représentants politiques, avec des lycéens. Il y a été notamment question de parcours sup. Voilà voilà l'une des critiques qui est arrivée un moment dans la discussion parcours sup. Il y a quand même une

4:59

sélection qui est faite et qui est abdominable et ça on se rejoignait là-dessus. Mais en fait à un moment donné, il y aussi une sélection raciste qui est faite et c'est important de le dire parce que selon Oui, bien sûr, parce que il y a une étude qui a été menée selon l'Observateur national des discriminations dans l' supérieur qui nous dit qu'en fait quand on a un nom français dit français à connotation française, on a plus de chance d'être accepté que les autres. Voilà, c'est une ancienne présidente de l'Union des lycéennes qui accuse parcours sub de racisme. Bah, c'est évidemment complètement faux et c'est même honteux de dire ça he c'est qu'elle le prouve. Enfin, vous voyez, c'est ça ça n'a Non, ça n'a ça n'a aucun sens puisque le au contraire, si vous voulez, si on pense que il y a

5:36

plus de personnes issu de l'immigration parmi les boursiers, ce qui est vraisemblable, et bien parcours sup a été très avantageux pour les boursiers. Donc non, je pense que au contraire une étude montrerait que bien sûr qu'il y a des problèmes de de d'égalité des chances dans notre pays comme dans tous les pays d'ailleurs et ce et mais on peut tout à fait démontrer que parcours sup a amélioré l'égalité des chances plutôt que plutôt que l'inverse. Vous qui avez été ministre pendant 5 ans, c'est un record he sous la 5e République. D'ailleurs, Emmanuel Macron tient deux records. C'estàd qu'avec vous il a il a battu un record, vous êtes resté pendant 5 ans et puis maintenant il bat un autre record. C'estàd que ça change tout le temps. Ouiou c'est vrai. Deux records à la fois. Bon mais c'est

6:15

de record en même temps. Mais on entend beaucoup aussi le problème de non remplacement des profs. Pourquoi quand vous étiez ministre, vous avez pas réglé le problème ? parce que vous savez c'est ces sujets-là, il y a pas de baguette magique. C'est et d'ailleurs vous n'avez jamais un seul facteur qui vous permet de résoudre de résoudre les problème. D'abord, il faut distinguer les euh remplacements à court terme et les remplacements euh à long terme. He il y a l'éducation nationale fait une différence entre moins de 15 jours et et plus de 15 jours. Et ensuite les modalités de remplacement, ce qui s'est quand même bien amélioré quand nous y étions, c'était les remplacements à court terme, notamment parce que c'est des solutions internes à l'établissement. Les remplacements à

6:49

long terme supposent d'avoir les bonnes disciplines au bon endroit. C'est très compliqué parce que vous avez par exemple des sujets de transport pour les personnes concernées sont donc un sujet technique assez assez compliqué. On peut toujours euh avoir plus de réserves en quelque sorte, mais après on dira qu'on gage du budget quand on fait ça. Donc euh donc si vous laissez, on a on a beaucoup amélioré alors bien sûr qu'on peut améliorer les ressources humaines. D'ailleurs le ministre actuel et était mon mon directeur des ressources humaines quand j'étais au ministère, donc il connaît très bien le sujet. On avait développé ce qu'on appelle les ressources humaines de proximité, c'est-à-dire une capacité à mieux euh gérer les ressources humaines de manière

7:27

plus humaine déjà et de manière plus personnalisée. On a développé aussi des applications notamment dans le premier degré qui permettent d'être plus réactif lorsqu'il y a des absences. Mais il est évident que c'est des sujets qui doivent encore s'améliorer. Bien sûr. Non mais moi je voulais revenir là-dessus parce que on a le sentiment quand même que alors vu du ministre euh tout est fait pour que ça aille mieux et et vu des enseignants qui vont faire 1 heure de route pour aller à la place de leurs collègues qui fait 1 heure dans l'autre sens. Il y a rien qui se passe correctement. Est-ce que il y a pas un peu de pragmatisme euh à l'échelle bah des rectorats qui devrait se mettre en œuvre sur les remplacement sans passer par la hiérarchie du ministère ? Est-ce

8:09

que enfin moi je suis agriculteur, quand il y a un agriculteur qui se blesse, on a un service de remplacement à l'échelle d'un canton quoi. Est-ce que il y a pas dans la DRH et dans les ressources humaines et comment elles sont elles sont usitées, je dirais euh dans le ministère de l'éducation quelque chose qui est pas assez local finalement quoi. Ça alors ça c'est vous avez certainement raison, mais ça s'est quand même beaucoup amélioré ce pointl. D'abord, faut distinguer l'école primaire et l'enseignement secondaire. Pour l'école primaire, c'est exactement ce que vous venez de décrire pour les agriculteurs, c'est-à-dire ça se passe à l'échelle de ce qu'on appelle une circonscription euh sous l'autorité d'un inspecteur de l'éducation nationale et c'est à cette

8:45

échelle que le remplacement est organisé. Et c'est ce sujet-là qui s'est quand même assez amélioré ces dernières années. C'estàd Mais du coup, vous considérez que ça marche ça aujourd'hui ? Pour le premier degré, le remplacement des professeurs des écoles et marche pas si mal que ça si vous voulez. Vous savez quand quand évidemment quand on a soi-même un problème, on trouve que ça ne marche pas mais sur l'ensemble du territoire en pourcentage c'est très peu. Vous avez ben évidemment les problèmes peuvent être plus importants selon les endroits. Par exemple, vous avez euh dans le dans l'est parisien, vous avez d'énormes problèmes par exemple qui est lié tout simplement au fait que vous avez beaucoup de congés de maternité et qu'on a des difficultés à trouver des remplaçants pour pour y

9:22

aller. On a les témoignages, on a eu des témoignages ici de prof qui disent bah moi je suis absent par remplacer parce que je vais en formation quoi. Enfin, il y a des choses qui à un moment donné on a du mal à comprendre comment c'est pas anticipé quoi. C'est pas programmé. Oui. Alors, il y a aussi par exemple parmi les mesures qu'on a pris, il y a le fait de pouvoir rémunérer le fait d'aller en formation à un moment autre que le temps de travail. Par exemple, le mercredi. Mais pardon, mais comment on a on a trouvé 3000 enseignants comme ça sortis du chapeau ? Il il faisait alors le ministre c'est mieux que le ministre lui-même vous répondre que moi. Je je là il faut que je fasse pas comme si j'étais actuellement en responsabilité quand même. Pour autant vous avez une

9:59

réserve, c'est normal puisque si vous n'avez pas de réserve pas justement répondre au remplacement. Donc il a décidé que cette réserve en quelque sorte montait en première ligne. Et donc et ce qui évidemment suppose de la souplesse, cette souplesse dont vous venez de parler à l'instant. par exemple euh est-ce que vous remplacez un professeur de math par un professeur de français en supposant que vous allez faire plus de français avec les élèves pendant une ou deux semaines et ensuite plus de math ? Mais est-ce que tout le monde est d'accord avec cette souplesse ? C'est parfois des problèmes qu'on rencontre. Donc si vous voulez, il faut bien discerner les facteurs euh de de ce don de ce dont on parle. Mais d'abord, c'est un sujet qui se passe mieux aujourd'hui que dans les temps

10:35

précédents. C'est un sujet qui se passe parfois mieux dans les établissement qui joue vraiment le jeu de l'autonomiste, notamment le remplacement interne quand on se remplace entre entre collègues. Et donc c'est mais c'est typiquement un sujet qui peut être parfaitement mis sur la table pour les améliorations nécessaires, notamment avec les organisations syndicales. Oui. Alors, j'ai lu votre livre donc on va revenir à votre livre. J'ai lu votre livreur aux éditions plan. C'est ça avec intérêt et je trouvais ça très intéressant d'utiliser la prosopopée, donc de faire parler une personne morte ici Tocville pour commenter le réel et pareil vous êtes vous êtes assez fin et lucide sur plein de choses. Mais mon problème c'est qu'en lisant je me disais j'avais

11:16

l'impression d'avoir face à moi un homme qui fait qui donne des conseils parce que vous parlez de l'Amérique, vous parlez de Trump donc j'avais l'impression d'avoir un homme qui donnait des conseils d'électricité à son voisin alors que sa propre maison dijoncte. Je m'explique. Comment se fait-il que vous n'utilisez pas cet œil de Tocville, l'œil étranger de Montesqueux pour faire le bilan du macronisme et pour faire votre propre bilan, mais avec autant de lucidité parce que je vous entends depuis tout à l'heure et vous dites "Ce n'était pas si mal et vous vous ne vous remettez pas en question al"-même vous dites et j'ai l'impression que c'est une autre personne dans ce livre, vous dites quelque chose de très beau, un beau kiasme. Pour devenir fort, conseil à

11:50

l'Amérique hein, pour devenir fort à nouveau, il faudra l'humilité que donne la vraie force et la force que donne l'humilité. Et je ne vois pas d'humilité lorsque je vous entends dire en gros, je n'ai rien raté, tout va très bien. La la madame la marquise, je ne vois pas d'humilité lorsque vous avez commencé avec la loi pour l'école de la confiance en 2019 et qu'à la fin un rapport du Sénat dit que finalement on n' jamais été autant méfiant. Les familles sont méfiantes avec le ce qui s'est passé dans le périscolaire. les les gens sont méfiants vis-à-vis de l'école. Donc s'il vous plaît, est-ce que vous pouvez convoquer Tocville puisque vous faites très bien pour faire ce bilan un peu plus humble et lucide sur vous ? Monsieur Blanquer ? Ah, j'y suis tout à

12:32

fait prêt. Et d'ailleurs, je pense le faire à certains moments simplement, il y a de telles attaques en permanence que c'est très difficile de de de ne pas d'abord essayer de réexpliquer. Si vous vous attendez de moi que je dise que qu'il y a plein d'imperfection et de manques, je n'ai aucun problème à vous le dire. et avec la plus grande humilité. C'est-à-dire, je n'ai jamais dit que tout avait été parfaitement fait du temps où j'étais ministre de l'éducation nationale. En revanche, je je m'insurge sur ce point comme sur bien d'autres dans notre pays et et ailleurs dans dans cette espèce de de pessimisme qui consiste à avoir tout en noir. Si vous prenez le cas de parcours sup dont nous venons de parler, euh j'assume complètement parcours sup qui a et les

13:09

critiques comme celle qu'on a entendu tout à l'heure, je peux vous parler plein de choses. Je vais vous parler Non mais je vais vous prendre un autre exemple. Je laissez-moi terminer sur la la réforme du baccalauréat, elle et du lycée, elle est en ce moment par exemple mise en question au travers des trous dans les agendas. Mais si vous voulez c'est et tout le monde mais interroger les lycéens. D'ailleurs, je viens de le faire dans juste avant d'arriver dans votre plateau en en croisant dans la rue les aucun lycéen ou très peu lycéens ont envie de revenir en arrière au système précédent parce que tout simplement ces questions d'agenda ne sont que le corrôleur de quelque chose de beaucoup plus important qui est le fait qu'ils ont maintenant plus de liberté. Et donc

13:45

je suis, pardon de vous le dire, euh en toute humilité, mais je suis fier de ce qu'on a fait en matière d'enseignement de spécialité. Je pense que les élèves ont beaucoup plus de plaisir dans ces enseignements, qu'ils se préparent mieux pour la suite et le chiffre que j'ai cité tout à l'heure, passant de 60 à 50 est très bon. Alors, si vous voulez, on peut toujours être humble pour autrui hein, le le et et souvent on est on me dit mais reconnaissez que quelque chose n'allait pas mais je peux vous reconnaître 1000 choses qui ne vont pas. Mais simplement je suis mais je ne je refuse cette espèce de tsunami de critiqueur alors même que c'est Attendez mais laissez-moi terminer laissez-moi terminer. C'est très grave pour le pays. Indépendamment de de mon cas personnel

14:25

et indépendamment même de l'éducation nationale. Vous savez 50 % des sujets sont techniques mais 50 autres % sont psychologiques. Et donc si sans arrêt on on peint en gris même les choses qui en réalité sont des progrès et sous prétexte que c'est pas des progrès suffisants et alors là je serai toujours le premier à le dire. Par exemple parcours supune chose, c'est qu'on le mette sur la table, qu'on le remette en cause et qu'on l'améliore. Idem pour les les agendas. Mais je vais vous donner une autre contradiction. Le on dit il y a des agendas à trou dans les dans les lycées. Mais enfin la réforme du lycée parmi ces caractéristiques, elle a la caractéristique d'être une réforme de l'autonomie des lycées. Autrement dit, chaque lycée est en situation de faire

15:04

des choix. Si par exemple vous faites 10 tripletes d'enseignement de spécialité, donc trois enseignements de spécialité ou 25, c'est un choix de l'établissement, mais évidemment que et et pourquoi pas, les deux choix sont légitimes, mais si vous faites 25, ce sera plus difficile de faire l'agenda de faire le le l'emploi du temps des élèves. Donc si vous voulez le on demande vous par exemple beaucoup de gens à juste titre demandent plus d'autonomie, c'était d'ailleurs un peu le sens de ce que vous avez dit tout à l'heure. Et et ensuite quand il y a les conséquences de l'autonomie, tout le monde se retourne vers maman état. sur pour se plaindre de l'autonomie. Donc si je le dis, c'est pas simplement un plédoyer prodomo, c'est parce que je pense que nous avons un problème en

15:42

France. Il est bon d'avoir l'esprit critique, je pense ça fait partie de nos atouts, mais il faut savoir aussi mettre les choses à plat, voir les avantages et les inconvénients. Donc devant vous et après votre appel à l'humilité, je dirais bien sûr, nous n'avons pas tout fait bien, c'est évident. Maintenant euh je pense qu'il y a plusieurs sujets sur lesquels il y a des progrès incontestables. Euh il suffit de regarder avant et après au-delà vous dites que il y en a marre de ce pessimisme ambiance. C'est ça que j'entends dans et je pense qu'il est délétaire et c'est le rapport avec le livre aussi. C'est-à-dire que à la fin si vous voulez à force d'être euh dans cette critique permanente, on va finir par casser le vase si vous voulez. Oui oui oui tout à fait. Mais c'est

16:21

c'est un peu mon alerte, c'est-à-dire j'accepte toutes les critiques et et encore une fois euh c'est avec plaisir que je serai humble sur le bilan parce qu'il y a matière à être humble mais je mais je suis obligé avant d'être humble de défendre quand même des choses qui à mon avis relèvent du bon sens et dans les débats qu'il y a actuellement, je demande que tout le monde calmement et sans préjuger mette à plat les choses et je demande que donc s'agissant de de tout ce qui a trait au lycée et ben qu'on regarde avantage inconvénient et et et que et qu'on progresse grâce ça calmement et démocratiquement. Jean-Michel Blanquier, vous restez avec nous. La démocratie et la fure aux éditions plomb. Est-ce que vous prenez un l'exemple des États-Unis via un enseignant en Amérique pour faire un un

17:02

portrait finalement un peu de de nos sociétés aujourd'hui, des sociétés civilisées, des sociétés industrielles, des grands pays ? Et notamment moi un passage qui m'a interpellé, c'està-dire qu'aujourd'hui vous avez un passage sur le savoir en disant qu'aujourd'hui on assimile les sachants, ceux qui ont le savoir à la nouvelle aristocratie. C'estàd qu'on ne supporte plus que quelqu'un nous soit supérieur ou euh ou qu'il ait le savoir intellectuel quoi. Et ça c'est un des grands mots de notre société aujourd'hui ça et qui peut la déliter même. Euh oui, ça fait partie des problèmes que la démocratie peut rencontrer. J'ai fait comme si Tocville revenait aux États-Unis et et se demandait finalement ce qui était devenu la démocratie de siècles après son voyage de de 1830. Et euh et donc ça

17:44

permet d'avoir un œil étonné un peu dans la dans la tradition de de Montesqueux et des lettres personnes et ça permet aussi de le faire calmement, tranquillement, mais en même temps de de passer au au laser si vous voulez non seulement ce qu'est le pouvoir actuel aux États-Unis, mais plus généralement l'évolution d'une société démocratique. Et déjà Tocville en 1830 quand il regardait les États-Unis, il en fait il réfléchissait à nous, à la à ce que deviendrait la démocratie dans le monde entier. Et la première chose qu'il disait, c'était que la démocratie, c'était la montée de l'égalité des conditions et que donc ça pouvait écraser ce qu'il y avait avant et dont il était d'ailleurs lui-même le représentant, c'est-à-dire l'aristocratie. Et le le et et et et de

18:21

ce fait, la réponse au problème qu'il posait, c'était de dire et bien il y aura une forme de méritocratie au sein de la démocratie qui fait qu'on respectera le savoir. Or aujourd'hui, on on le voit, il y a ce que vous venez de rappeler, c'est-à-dire que le savoir est en quelque sorte relativisé, ne serait-ce que parce que Internet a permis a permis sa démultiplication et que aujourd'hui, il y a même des sortes de clivage entre le entre ceux qui savent et ceux qui et les autres si vous voulez. Oui, ceux qui savent quand ils sont au pouvoir, ils peuvent aussi euh échouer. On est chacun en situation de savoir quelque chose, il y a de ne pas savoir quelque chose. Don est arrivé au pouvoir en 2016, on s ça ça a revu à la baisse le bilan de Barack Obama. Alors

19:01

peut-être que Hillary Clinton était pas une bonne candidate face à Donald Trump, mais on s'est dit bah finalement ce qu'a fait Barack Obama pendant deux mandats, bah ça aboutit à Donald Trump. Si Marine Le Pen dans 6 mois est élu président de la République, ça voudra dire quelque chose du bilan d'Emmanuel Macron ? Certainement, on fera la comparaison avec Barack Obama. effectivement, c'est-à-dire des esespoirs importants au début et puis finalement une déception qui aurait engendré ça. Mais on y est pas encore et pour ma part, je ferai on y est pas encore mais enfin c'est la favorite aujourd'hui de tous les sondages. Tout à fait. Moi si vous voulez ce que je crois alors si vous revenez au sujet français, je pense que ce qui manque ou non vous avez bien raison mais ce que je

19:36

je crois que ce qui manque fondamentalement dans dans notre pays et parfois dans d'autres pays aussi, c'est un projet de société. C'est-à-dire que et et ça ça explique aussi la révolte de la jeunesse, bien au-delà de tel ou tel sujet concret. C'est c'est quand qu'on va où, si vous permettez l'expression. Le il n'y a plus aujourd'hui un cap qui est donné à tout le monde pour se dire bah voilà le pays, on a envie qu'il soit là en 2040 et ça peut aller mieux. Il y a un scénario selon lequel ça peut aller mieux. Vous avez les extrêmes qui donnent quelques approches un peu schématiques euh euh d'un éventuel projet de société et au milieu euh il n'y a que de la technique. Pourquoi justement cette idée d'avoir un projet de société par une par une absence de vision ? Est-ce que j'essaie à ma à ma

20:15

modeste place de contribuer à à ça, c'est-à-dire de je le fais aussi avec le laboratoire de la République, je qu'on a fait une université d'été qui a été très utile à sens. On avait choisi le mot de sens, pas pour le nom de sens, la ville de sens, pas pour rien. Pour dire que nous manquons de sens et qu'il faut désormais un sens. Pour moi, j'en je je sais où il est ce sens, hein. C'est le la revitalisation de notre territoire. Ça rejoint d'ailleurs ce que j'étais dit tout à l'heure. Vous avez donné la réponse de la question, hein. Euh l'hypercentre qui est devenu euh tout ce qui n'est pas extrême aujourd'hui, il souffre d'une problématique quant à incarner une vision de l'avenir. C'est que c'est des gens qui sont issus pour la plupart. ou de l'administration ou ou

20:56

de la finance et qu'à un moment donné les gens se reconnaissent plus dans le projet et quand les les responsables politiques qui accédait aux autres fonctions étaient issues de l'artisanat, des territoires ruraux, de la résistance, il y avait un projet de société qui s'incarnait plus facilement et qui était beaucoup plus lisible pour les citoyens. Et je pense qu'aujourd'hui euh quand une ancienne Dirkab devient un premier ministre et ben il y a quelque chose qui se casse dans l'ascenseur social et et dans la vision qu'on les gens d'une société tout simplement. Il faut il faut que la classe politique effectivement soit bien représentative de la diversité géographique et sociale professionnelle. au début la promesse en quelque sorte d'Emmanuel Macron, la

21:39

société civile qui arrivait d'ailleurs qui est arrivé pour il s'est passé des choses dans ce genre bien sûr j'étais moi-même un professeur de terrain j'ai aussi été un j'avais un collègue qui avait ensuite pris des responsabilités bien sûr mais je veux dire même aujourd'hui je suis je suis un professeur à l'université j'ai eu très chaud ces derniers jour ces dernières semaines plutôt dans des salles surchauffé et cetera je sais ce que de quoi je parle j'ai j'avais parmi mes amis et collègues à l'Assemblée nationale des agriculteurs et cetera. Ça donc mais mais pour autant j'entends ce que vous dites parce que c'est en partie vraie et que mais si je finis ce que je commençais à dire et qui va rejoindre ce que vous avez dit, c'est que pour moi on a besoin de la revitalisation du

22:19

territoire. Une des causes du malaise français c'est ces villages que l'on traverse où les commerces sont à vendre, les les logements sont en désérance. C'est les petites villes souspréfecture. C'est la diagonale du vide qui fait 80 départements maintenant quoi. Exactement. Exactement. Je mais je je suis totalement d'accord avec ça et pour moi le projet de société à 10 ans à 20 ans, le projet de société c'est comment on revitalise le pays, comment on réhabite notre pays et vous prenez toutes nos crises, la crise démographique, la crise du logement, la crise du transport et et et la crise industrielle évidemment c'est si vous rassemblez tous ces problèmes, vous pouvez les articuler autour d'un d'un objectif qui sera de réinvestir sur le territoire, de se fixer des objectifs,

22:58

d'avoir par exemple des incitations pour les jeunes familles à s'installer dans des villages à reprendre des commerces. On a des petites choses qui ont été dans le bon sens hein, comme par exemple action cœur de ville, des choses des actions de ce genre mais c'est on doit multiplier par 10 l'approche et surtout ça doit être le cap. C'est-à-dire un jeune aujourd'hui de 20 ans qui dit "Mais je comprends pas où on va, l'intelligence artificielle va supprimer les métiers et cetera et cetera." On doit pouvoir lui dire il y a un projet, ce projet c'est tu vas y participer. C'est la transformation écologique du pays. C'est réhabiter le pays. C'est le renouveau de l'agriculture, le renouveau de l'industrie. Il doit y avoir cette capacité à dire cela. Et donc aujourd'hui ce qui manque c'est le

23:35

projet de société et j'espère que la campagne présidentielle va cristalliser quelque chose auour. Je partage complètement ce que vous venez de dire, c'est ce besoin de vision. Mais pour me permettre de revenir à votre livre et de faire très modestement un peu de philosophie politique, vous semblez faire dire à Tocville qui regarderait le Trump d'aujourd'hui qu'il faudrait que les contrepouvoirs, notamment l'administration et la justice américaine s'opposent plus alors même que l'image que j'ai de Tocville, c'est un un libéral un peu plus purju et que dans ce qu'on vient de dire aux États-Unis comme en France, le besoin d'avoir une vision, c'est peut-être la libération du politique. et la fin de la pression de l'administration. Vous voyez, je sais pas si je suis assez clair, mais il y a

24:17

une tension fondamentale entre le politique que vous pouvez juger extrême qui en fait lui donne une vision, l'administration que vous espérez contrebalancer la vision extrême qui en fait est pour moi celle qui étouffe la vision depuis longtemps. Mais en fait tout est une question d'équilibre si vous voulez. C'est-à-dire que on peut, il y a deux extrêmes, deux visions extrêmes possibles. Soit vous dites "On veut un chef et le chef fait ce qu'il veut et il n'y a aucun contrepouvoir", c'est plutôt Trump. Et je pense que c'est très grave parce que vous pouvez basculer tout simplement dans autre chose que la démocratie. Et puis il y a l'autre à l'autre extrême, vous pouvez dire il faut des contrepouvoirs partout et puis à la fin c'est ce que certains appellent la

24:54

vétocratie. C'est-à-dire on peut plus rien faire puisque on empêche alors au nom de cette vétocratie Trump est passé de l'autre côté du cheval si vous voulez et le cas américain est de ce point de vue-là un peu différent du cas français. H mais c'est ce que j'expose dans dans le livre si vous voulez, c'est tous les cas où euh des barrières ont été ont été abattu. On est mur pour quoi en France ? Pour la révolution, pour le chaos le 17 octobre qui arrive. Vous êtes inquiet ou pas ? On est mur pour une vision équilibrée. Regardez aujourd'hui en France Emmanuel Macron. Non, justement, je pense que aujourd'hui par exemple le fait de ne pas disposer d'une majorité parlementaire est un est un est un énorme problème. Je passe c'est le cas de ce président mais ça ce

25:29

serait le cas d'un futur président. Il faut que le futur président ait une majorité parlementaire. C'est très important. Il est très important que le les les institutions de justice aient toute leur place rien que leur place à chaque fois c'est des sujets mais oui mais c'est une question d'équilibre. Tocville est un philosophe de l'équilibre comme l'était Montesc aussi. La démocratie c'est l'équilibre c'est reconnaître les imperf mais en même temps c'était l'équilibre. Oui bien sûr bien sûr. Mais au déséquilibre il y a ça dépend de ce que vous regardez dans vous savez je fais une très grande différence entre le premier quinquena et le deuxème quinquena. Vous me le vous me le pardonnerez. Oui ben mais c'est c'est cohérent. C'est d'ailleurs c'est d'ailleurs assez

26:04

cohérent. Non mais non mais c'est plutôt l'inverse. C'est je ne suis qu'un symptôme de quelque chose qui est quelque chose. Fait le plus peur Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ? Alors je je refuse de répondre à cette question par parce que ce que je veux c'est éviter que l'un et l'autre prennent la présidence. Je pense qu'aujourd'hui aujourd'hui si vous voulez tout ce qui a trait à la brutalisation de la vie publique tout ce qui a trait à la désignation de sû bien sûr bien sûr. Je pense que si vous voulez me faire dire que Jean-Luc Mélenchon est très dangereux, je n'ai aucun problème à le dire. Je l'ai dit même quand j'étais ministre. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai certains extrême gauche qui passent son temps à me tirer dessus, même quand je suis redevenu un

26:39

un simple citoyen. Euh le donc oui, il y a du danger antidémocratique dans notre pays aujourd'hui et euh vous savez, on est parfois la la liberté et la démocratie, c'est un peu comme l'air qu'on respire. On trouve ça naturel. la liberté d'expression, ce que nous pratiquons là, on trouve ça très bien, mais comme si c'était pas l'acquis de plusieurs siècles, comme si c'était pas le quelque chose d'extrêmement précieux dont on voit bien que ça n'existe plus dans toute une partie du monde. Donc on doit, tant qu'il est encore temps, se dire attention euh il y a plein de choses à critiquer dans notre pays et il y a plein de choses à améliorer. Je je suis le premier à le dire. Euh je n'ai pas tout fait parfaitement en ce qui me concerne, je sans aucun mais attention,

27:14

il y a euh si vous me permettez de terminer là-dessus, il y a euh je sais plus si on a du temps ou pas, mais le il y a le contenant et le contenu, si vous voulez. Le contenu, c'est la démocratie et ça permet de d'avoir des désaccords. Le contenant, c'est la République et nous avons nous sommes en train de perdre un peu le contenant. C'est-à-dire ce qui fait que nous sommes des compatriotes, ce qui fait que nous devons retrouver le sens de l'unité à certains moments, le bien commun, le contrat social. aujourd'hui et Satokville l'avait un peu prévu, il y a le risque de la fragmentation, il y a le risque de l'individualisme, du communautarisme et donc il faut et la démocratie, c'est-à-dire la liberté, la diversité, le débat, l'opposition, très bien mais il faut aussi le commun

27:48

républicain. Merci Jean-Michel Blanqu passer par les jugés la démocratie et la fureur aux éditions Plomb RMC les grandes gueules.