Anne-Laure Blin - Le Barbier du matin du 12/03/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:06ComplaisanteRéponse partielle
Anne-Laure Blain, bonjour.
- 0:16OuverteRéponse directe
Un cessez-le-feu est en cours. Les Ukrainiens l'acceptent. Les Américains vont le proposer à Moscou. Est-ce que vous y croyez ?
- 0:44OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut faire confiance aux Russes ?
- 0:52OuverteRéponse directe
Le moment est venu de reparler à Poutine.
- 1:23RelanceRéponse partielle
Poutine nous a déjà fait le coup après 2014 d'accepter un cessez-le-feu dans le Donbass, les accords de Minsk puis en fait c'était pour mieux préparer la guerre suivante. Est-ce qu'on n'est pas en train de tomber dans le même piège ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous vu en Roumanie ? Des troupes en train de s'entraîner pour repousser des attaques russes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« je crois que oui, bien sûr, il faut aspirer à la paix et il faut aider justement à aller vers cette paix. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Et la France, à ce titre-là, a un rôle à jouer et donc doit faire peser toute sa voix pour justement aider les différents interlocuteurs à aller vers cette paix. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Mais Poutine a évidemment des ressources. »
- 2:00Invité politiqueFait
« La présence importante d'un contingent et d'un régiment actuellement français en Roumanie le long de la plus longue frontière que l'Europe a avec l'Ukraine est très importante et donc à ce titre-là, la dissuasion française joue un rôle primordial. »
- 2:59Invité politiqueFait
« il y aura d'ailleurs un très grand exercice à l'automne prochain, depuis la France jusqu'à la Roumanie de manière à assurer un déploiement très rapide à la frontière ukrainienne. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Il y a quelques temps, le général de Villiers disait que l'armée, notre armée française, était désarmée. »
- 4:21PrésentateurChiffre
« On est à 50 milliards. »
- 4:30Invité politiqueFait
« si les troupes américaines ou en tout cas si les Américains se retirent notamment du dispositif de l'OTAN, il n'y a pas nécessairement l'ensemble des moyens pour pouvoir assurer et remplacer à tout le moins les Américains. »
- 5:31Invité politiqueChiffre
« On a 600 milliards d'épargne des Français. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, c'est le chef des armées. »
- 8:12Invité politiqueFait
« Bruno Retailleau oeuvre justement à ce que la France soit respectée. »
- 8:49Invité politiquePromesse
« il va donner une liste de personnes algériennes devant être expulsées. »
- 10:12Invité politiqueFait
« Effectivement, il y a la question du blé ukrainien, qui a créé des difficultés économiques, les poulets, la volaille. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Lorsque vous avez des surtranspositions qui s'imposent aux agriculteurs français et qui donc menacent nos exploitations, c'est purement nocif pour la pérennité de notre souveraineté alimentaire. »
Temps de parole
- Anne-Laure Blin86 %
- Présentateur14 %
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Anne-Laure Blain, bonjour. Bonjour, merci pour votre invitation. Merci d'être là. Vous êtes membre aussi de la commission de la défense. Évidemment, ça nous intéresse au premier chef. Un cessez-le-feu est en cours. Les Ukrainiens l'acceptent. Les Américains vont le proposer à Moscou. Est-ce que vous y croyez ?
Écoutez, je crois que oui, bien sûr, il faut aspirer à la paix et il faut aider justement à aller vers cette paix. Et la France, à ce titre-là, a un rôle à jouer et donc doit faire peser toute sa voix pour justement aider les différents interlocuteurs à aller vers cette paix.
La balle est dans le camp de la Russie. C'est ce que disent les Américains, c'est ce que reprend Emmanuel Macron sur son tweet. Oui, tout à fait. Est-ce qu'on peut faire confiance aux Russes ?
On doit parler à tout le monde. On doit parler aux Américains, on doit parler aux Russes et on doit accompagner tout le monde.
Le moment est venu de reparler à Poutine.
Il faut parler à tout le monde, à tous les interlocuteurs parce que le général de Gaulle l'avait fait. Mais il a considéré que la France avait un rôle à jouer et devait parler à tous les acteurs du monde. Et donc il faut faire peser notre voix face à ce monde qui est de plus en plus instable et qui effectivement va vers une montée en puissance de plusieurs blocs et des affrontements que nous ne devons absolument éviter parce qu'il en va à la fois de l'intérêt naturellement du monde mais aussi de l'intérêt des Français.
Poutine nous a déjà fait le coup après 2014 d'accepter un cessez-le-feu dans le Donbass, les accords de Minsk puis en fait c'était pour mieux préparer la guerre suivante. Est-ce qu'on n'est pas en train de tomber dans le même piège ?
Mais Poutine a évidemment des ressources. Il a une stratégie que nous ne connaissons très certainement pas totalement et c'est la raison pour laquelle nous nous devons nous saisir de ce sujet pour pouvoir réarmer notre pays, discuter avec les alliés qui sont les nôtres au sein de l'Union Européenne. Hier il y a eu une grande réunion de chef d'état-major, j'étais il y a quelques semaines en Roumanie, nous avons une place à jouer. La présence importante d'un contingent et d'un régiment actuellement français en Roumanie le long de la plus longue frontière que l'Europe a avec l'Ukraine est très importante et donc à ce titre-là, la dissuasion française joue un rôle primordial.
Qu'avez-vous vu en Roumanie ? Des troupes en train de s'entraîner pour repousser des attaques russes ?
J'ai vu des hommes et des femmes, des français très engagés et résolus à œuvrer à la paix et aussi très engagés pour notre nation et c'est la raison de leur présence là-bas. Alors il y a effectivement un aspect d'entraînement qui participe à ce dont je vous parlais, de la dissuasion. Il faut que nous ayons en main l'ensemble du panel de notre armée pour pouvoir intervenir dans le cas où il y aurait nécessité à intervenir.
Et donc à ce titre-là, oui, sur un camp très grand, il s'entraîne à toutes les forces d'intervention et il y aura d'ailleurs un très grand exercice à l'automne prochain, depuis la France jusqu'à la Roumanie de manière à assurer un déploiement très rapide à la frontière ukrainienne.
Et que vous ont dit les militaires là-bas, les français en place ? Ils croient au scénario de la guerre avec les russes ou pour eux c'est juste des manœuvres ?
Ah non, ils se préparent à tout. Leur pactage est prêt. Mais eux, ils sont au service de la France et donc ils attendent, ils voient. Nous étions cette semaine-là juste après les déclarations américaines du vice-président américain. Et donc c'est vrai qu'il y a une attente forte de nos militaires pour réaffirmer la puissance qui est la nôtre. Et d'ailleurs, de la même manière, les autorités roumaines nous l'ont rappelé, il faut aussi que nous fassions bloc au sein de l'Union européenne.
Et donc nous avons redit, nous en tant que parlementaires français, combien nous avons la chance d'avoir économiquement une industrie de défense qui est véritablement importante et qui peut aider justement aussi au maintien de la paix.
Mais est-ce qu'on est capable par l'industrie, par les militaires, de bâtir cette défense européenne maintenant que les Américains s'éloignent de l'Europe ?
Il y a quelques temps, le général de Villiers disait que l'armée, notre armée française, était désarmée. Il y a eu plusieurs lois qui ont renforcé les budgets de la défense.
On est à 50 milliards.
Mais force est de constater qu'aujourd'hui, si les troupes américaines ou en tout cas si les Américains se retirent notamment du dispositif de l'OTAN, il n'y a pas nécessairement l'ensemble des moyens pour pouvoir assurer et remplacer à tout le moins les Américains. Et donc c'est la raison pour laquelle, en France, nous avons cet intérêt et cet impératif même, je dirais, de replacer le débat au niveau auquel il doit être. C'est-à-dire que, oui, nous devons naturellement réarmer nos militaires, réarmer notre défense nationale. Mais nous devons aussi réfléchir au niveau national à nos priorités.
Parce qu'avec un tel niveau d'endettement, on ne peut pas dire, en fermant les yeux, nous allons augmenter le budget de la défense, alors que nos dépenses, et notamment sociales, sont très importantes et grèvent nos budgets. C'est là qu'il faut travailler. Il faut baisser les dépenses sociales plutôt que de s'endetter ou de mobiliser l'épargne des Français ? Je pense que s'endetter serait purement une aberration. On n'en a plus les moyens, on n'en a plus la capacité. Mais on a 600 milliards d'épargne des Français. On a l'épargne, mais je crois qu'on peut réfléchir.
Et d'ailleurs, je crois voir, mais j'espère que ce ne sera pas toujours vers la même direction, c'est-à-dire une augmentation de la fiscalité, ce contre quoi nous sommes particulièrement engagés au sein de la droite républicaine. Mieux vaut attendre la réalité des faits. Nous, ce que nous disons à la droite républicaine, c'est qu'il faut naturellement accompagner notre défense, mais il faut aussi et surtout faire des économies. Aujourd'hui, indéniablement, nous sommes face au mur et nous devons trancher dans les dépenses qui sont superfétatoires ou en tout cas qui n'apportent aucune plus-value.
Aujourd'hui, nous dépensons énormément d'argent public alors que, par exemple, sur les dépenses sociales, nous dévalorisons le travail. Voilà, il faut aujourd'hui clairement valoriser la France qui travaille, ça c'est important, pour redonner du pouvoir d'achat et pas le subventionner parce qu'aujourd'hui, on pense en permanence à la dépense publique supplémentaire et encore une fois, nous n'en avons plus les moyens.
Emmanuel Macron est-il un va-t'en-guerre, comme on l'entend chez Marine Le Pen, mais aussi chez certains gaullistes ?
Emmanuel Macron, c'est le chef des armées. Donc, lui, et je pense qu'il devrait tirer les enseignements de l'histoire de la France et notamment de l'attitude qu'a eue le général de Gaulle, il doit aspirer à instaurer cette paix dans le monde. Et donc, même s'il est le chef des armées, il doit à la fois porter un pays, notre nation, mais il doit aussi, en discutant encore une fois avec tout le monde, être un acteur de la paix.
Sébastien Lecornu est-il un bon ministre de la Défense ?
Sébastien Lecornu, oui, a porté notamment un certain nombre de sujets, notamment dans l'augmentation des dépenses militaires. Et effectivement, aujourd'hui, il porte nos armées de manière honorable.
On entend aussi à droite, avec François Fillon, à l'extrême droite, avec Marine Le Pen, le premier danger, ce n'est pas la Russie, Macron nous trompe, c'est le terrorisme islamiste.
On a des dangers qui nous guettent sur le territoire national. Il y a l'aspect international avec cette guerre en Ukraine, et donc ce bloc américain, ce bloc russe, pour faire très clair. Mais nous ne devons pas ignorer non plus notre sécurité nationale. Et évidemment qu'aujourd'hui, l'islamisme est une menace pour notre pays. Et quand je vous dis que le chef de l'État doit être un acteur de la paix, il doit aussi participer à assainir les relations que nous avons avec certains pays qui ont une tendance à nous humilier. Et nous en avons malheureusement encore eu un exemple très récent.
Et vous pensez à l'Algérie ? Et je pense naturellement à l'Algérie. Que disent les républicains sur le cas algérien ? Bruno Retailleau est très ferme, mais ce n'est pas lui qui décide.
Bruno Retailleau oeuvre justement à ce que la France soit respectée. Et c'est tout à fait louable. Et nous sommes totalement avec les députés de la droite républicaine derrière lui. Aujourd'hui, il y a un certain nombre de choses qui l'en empêchent. Et notamment cette contradiction avec le président de la République. Parce que si Bruno Retailleau a dit, et très bien, le président de la République, lui semble plutôt ménager les rapports diplomatiques avec l'Algérie. Mais encore hier, nous ne pouvons pas continuer à nous faire bafouer et se voir ramener en France des personnes qui n'ont aucune vocation à rester sur notre territoire national.
Donc, il a, et je le crois dans quelques semaines, dans quelques jours, il va donner une liste de personnes algériennes devant être expulsées. Mais il faut, encore une fois, que le président de la République voit ce qu'il se passe. Il y a des accords qui ont été noués il y a plusieurs décennies. Et ces accords ne sont manifestement pas respectés. Et donc, un chef de l'État, chef de la nation française, doit prendre acte et donc dire aux autorités algériennes que la France ne peut pas tout accepter. Et lorsque cet accord est bafoué, il doit être dénoncé.
Bah, il aura donné six semaines. Le temps court, on va bientôt y arriver.
Ah bah, il faut, de toute manière, inéluctablement, que les choses se fassent très rapidement. La menace, elle est quotidienne. Les différents faits que nous avons au quotidien sur le territoire national prouvent bien que nous n'avons aucun temps à perdre. Mais pour la réalité, c'est qu'aujourd'hui, il y a des difficultés avec les autorités algériennes. Et donc, il faut nouer ce dialogue, mais être aussi très ferme pour assurer, encore une fois, la sécurité des Français.
Je reviens d'un mot sur l'Ukraine, parce qu'il y avait une question qui concernait le Ménéloir et ses agriculteurs. C'est un grand département agricole. Il y a une résolution pour l'Ukraine, aujourd'hui, votée à l'Assemblée. Marine Le Pen dit non, je ne voterai pas, parce que dedans, il est marqué que l'Ukraine doit avoir une accession facilitée à l'Union européenne. L'Ukraine, dans l'Europe, c'est mauvais pour nos agriculteurs.
Mais la question, ce n'est pas de se placer par rapport à d'autres pays. Effectivement, il y a la question du blé ukrainien, qui a créé des difficultés économiques, les poulets, la volaille. Que faisons-nous ? Et vous le savez, je suis très engagée sur ces sujets agricoles. Que faisons-nous pour accompagner nos agriculteurs ? Aujourd'hui, vous serez toujours mis en concurrence avec des agriculteurs étrangers. Il faut simplement doter nos propres agriculteurs des moyens qui leur permettent de se défendre et qui permettent d'avoir des relations commerciales assainies.
Lorsque vous avez des surtranspositions qui s'imposent aux agriculteurs français et qui donc menacent nos exploitations, c'est purement nocif pour la pérennité de notre souveraineté alimentaire. Et donc, c'est à ce niveau-là qu'il faut placer le débat et non se mettre en concurrence face aux comportements économiques que peuvent avoir les autres pays.
La bataille continue discrètement, pacifiquement, entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. Comment vous sentez le terrain ? D'abord, vous, est-ce que vous avez choisi votre champion ? Est-ce que vous faites campagne pour lui ?
Nous avons la chance d'avoir dans notre parti, même si certains ont dit le contraire, des personnalités qui peuvent apporter beaucoup à la France. Bruno Retailleau en est un exemple. À la tête du ministère de l'Intérieur, il a une action qui est attendue, très attendue sur le terrain. Mais au-delà de cette action et au-delà des discours qui sont effectivement très importants, il faut qu'il y ait des résultats. Aujourd'hui, nous avons aussi la chance d'avoir au sein du groupe La Droite Républicaine, Laurent Wauquiez, qui a pris cette responsabilité, suite à la dissolution, de participer à l'œuvre commune au sein de l'Assemblée nationale.
Et donc, ces deux personnalités sont totalement complémentaires.
Mais il faudra en choisir une pour présider le parti.
Les militants des Républicains choisiront effectivement une personnalité. Mais je crois que cette complémentarité, elle est indispensable dans notre parti. Pour une bonne raison, c'est qu'aujourd'hui, au ministère de l'Intérieur, il y a une solidarité gouvernementale qui, évidemment...
Coince un peu.
Pas coince, mais force Bruno Retailleau à défendre la ligne qui est portée par le gouvernement, auquel nous avons accepté de participer, pour participer justement à cette œuvre commune et au bien commun. Et nous avons aussi le devoir de dénoncer les choses qui ne nous conviennent pas. Mais il faut quand même que vous votiez pour l'un ou pour l'autre. Eh bien oui, ce choix, la campagne, vous savez, ne fait que commencer. Les candidatures s'établissent petit à petit. Les militants sont en train de parrainer l'un ou l'autre des candidats. Donc les choses se font petit à petit, mais se font en interne, au sein du parti.
Parce que, avant tout, ce qui est important pour notre pays, c'est d'avoir des partis politiques qui soient forts. Et donc, il faut refaire, et je le crois profondément, du parti des Républicains, un vrai parti militant qui répond aux attentes. Et donc, il y a l'aspect régalien, largement porté par le ministre de l'Intérieur, mais aussi un aspect de valorisation du travail, qui est aussi très largement porté par le groupe La Droite Républicaine, avec les collègues à l'Assemblée.
Anne-Laure Blain, merci, bonne journée. Merci.
Anne-Laure Blin