Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 26 octobre 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

"Emmanuel Macron parle d’un pays en ébullition, le terme est lourd" (Jean-Mathieu Pernin)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Quel est votre sentiment sur les déclarations d'Emmanuel Macron félicitant les forces de l'ordre ?

  • 4:12FerméeRéponse partielle

    Ce nombre de 70 000 gendarmes et policiers mobilisés est-il tenable chaque samedi ?

  • 5:31OuverteRéponse directe

    Y a-t-il une nouvelle colère sociale chaque jour ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Que signifie le terme 'polycrise' utilisé par Sébastien Lecornu ?

  • 6:52FerméeRéponse directe

    Les policiers peuvent-ils tenir sur la durée avec les annulations de repos ?

  • 7:32OuverteRéponse directe

    Le gouvernement peut-il s'en sortir face à ces crises ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 13:13Patrick VassorChiffre
    « Il y a peut-être 38 étudiants qui n'ont pas trouvé de place. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

le président de la République qui parle de pays en ébultition tout de même sur le terme est lourd, il est fort. Ça veut dire qu'aujourd'hui là Emmanuel Macron, bon bah il reprend un peu les gants comme on dit, il revient à la manœuvre. Ah ben il cherche clairement à reprendre la main, ça c'est clair. Après, rappelez-vous cette allocution totalement ratée au lendemain du 17 octobre, c'était le dimanche soir. Et après, il devait se rendre et il s'est rendu d'ailleurs, il a maintenu son déplacement au Moyen-Orient pendant 3 jours pour négocier la baisse des des prix sur sur le carburant. Euh et d'ailleurs ça avait fait polémique parce que pas mal d'opposants politiques disaient euh "Mais comment c'est-il qu' maintienne ce voyage-là alors que euh la France est un

0:38

peu à feu et à sang et même un peu beaucoup le 17 octobre avec les scènes de chaos qu'on qu'on a vu depuis. Il a tenté de reprendre la main euh il et il on va dire qu'il le fait plutôt bien par rapport à à un Sébastien Lecornus, son premier ministre qui est totalement retrait euh qui pourtant devait ça avait été annoncé avant he cette réception des des lycéens et des étudiants à Matignan. En fait, il lui a coupé l'herbe sous le pied en les recevant vendredi. Donc ça, je peux vous dire que le couple, on parle de couplee exécutif, je suis pas sûr qu'il marche très très bien actuellement. Voilà, ça c'est pour la petite parenthèse du du journaliste politique. Voilà. Après, sur les revendications, alors sur ce que dit Emmanuel Macron du côté de Marseille, bon c'est assez logique qui s'y rendre,

1:12

ça s'est plutôt bien passé en effet samedi dernier le 24. Euh le problème c'est que quand il dit quand même que ça s'est plus bien passé, c'est pas totalement vrai. Euh vous avez eu quand même euh des manifestations qui ont été interdites dans certaines villes, je pense notamment à Lyon ou à Nice. Vous avez eu des groupes de l'ultradroite qui ont manifesté sans vergogne et sans euh finalement résistance des des policiers dans plusieurs villes. On les a vu, ils se sont même pris à des manifestants. Vous avez des manifestants aussi encore des jeunes qui pour certains ont eu une main arrachée. Je pense à Poitier. On verra, il y a une enquête en cours. L'IGPN nous dira ce qui s'est passé. Euh vous en avez un autre qui a reçu un coup de matraque dans une autre vieille. Vous

1:45

en avez un autre qui a euh qui a qui a pas perdu un œil mais en tout cas qui a un un œil qui a été amoché par les par les forces de l'ordre. Donc euh voilà. Et puis vous avez aussi cette on va dire c cette façon du gouvernement d'essayer de contenir les manifestations en décidant d'un nouveau tracé la veille à quelques heures de la manifestation. Voilà. Donc tout ça mis bout à bout en fait, on peut pas dire quand même que c'est une vraie réussite euh même si c'est vrai qu'on peut se réjouir qu'il n'y a pas eu de pillage comme le 17 octobre qu' y a pas eu euh euh finalement ces ces scènes de chaos euh assez inédites dans le pays parce qu'on avait rarement vu quand même des scènes comme ça la journée du 17 autob mais voilà mais il il en gros il se gargarise en disant voilà ça y est on a on a

2:22

réussi le maintien de l'ordre le 24 pas sûr que ça marche aussi bien la fois d'après et en en essayant de faire du tout sécuritaire je suis pas sûr qu'en fait déjà les forces de l'ordre puissent tenir aussi sur la durée. On va en parler. Bah justement, ça tombe bien Antoine avec Eddy vous êtes porte-parole du syndicat unité pour les bouches du Rô quand l'exécutif dit "En effet cette ce weekend ça a tenu euh tout s'est plutôt entre guillemets bien passé. Quel est votre sentiment aujourd'hui peut-être d'ailleurs avez-vous entendu Emmanuel Macron qui euh qui a félicité c'est a passé du temps avec les forces du Lord à la préfecture des Bouches du Rô ? Oui oui, ça n'effacera pas les les paroles qu'il avait eu précédemment expliquant que les policiers manquaient

3:06

d'empathie pendant les dernières manifestations. Ça n'empêchera pas. Effectivement, il y a les euh vous savez, c'est comme en amour, il y a les paroles d'amour, il y a les actes d'amour. Ben nous, on veut des actes d'amour. Effectivement, on est aussi nous en ce moment actuellement et ce depuis avant l'été euh en en en mouvement social pour demander des revendications légitime en l'occurrence l'augmentation de la prime de risque parce que notre métier n'a jamais été aussi difficile. Bah, vous avez vu que pour l'instant effectivement on nous parle économie et et austérité budgétaire comme au lycéens, comme aux étudiants. Je pense qu'il faut aussi répondre effectivement à tout un chacun et aux doléances de tout un chacun parce que sinon on n'arrivera pas à éteindre

3:39

la grande gronte sociale. On pourra parler pendant des heures des heures des conséquences cette grande sociale, mais ce sera bien de parler de la cause. Et et malheureusement parce que comme vous l'avez dit, les policiers ne pourront pas tenir sur la durée. C'est impossible. On ne pourra pas effectivement 6 mois avant les élections présidentielles avoir un mouvement de contestation aussi veillément légitimement ou pas. C'est notre débat mais en tout cas il est on a eu beaucoup de blessés. Euh on a eu des profs qui ont été effectivement molestés. Je rappellerai qu'on a eu 150 profs qui ont été qui ont été blessés. On a eu des établissements scolaires qui ont brûlé. Enfin je vous savez ce qu'il en est. et et et surtout qu'on sait qu'à l'issue de la présentielle et quel que soit le

4:12

résultat, on aura aussi sûrement des incidents. Donc l'année va être longue, l'hiver va être très long, euh ça va être compliqué de tenir le choc. Donc on espère effectivement avoir des annonces en notre sens et on espère comme les lycé être reçu par monsieur le Cornu rapidement. En tout cas, on espère. Voilà. Mais mais et et d'ici le on a on sait qu'il y a eu 70000 70000 gendarmes et policiers mobilisés ce weekend, notamment samedi. Alors question de Bécien mais par exemple ce chiffre cette voilà ce nombre de gendarmes et de policiers est-il tenable tous les samedis par exemple ? Ah non mais vous avez raison, ce n'est pas tenable sur la durée. On pourra pas toujours mobiliser autant. Si vous enlevez cela euh euh à ces chiffres, les repos légaux légitimes. Si vous enlevez

4:54

cela, le nombre de blessés euh on en a eu des centaines et des centaines depuis quelques semaines, il est indéniable que factuellement parents ne pourront pas tenir euh euh parce que aujourd'hui euh nous avons besoin effectivement des moyens humains plus conséquents. Je rappellerai qu'aujourd'hui actuellement dans les forces de l'ordre le nombre de fonds policiers est le même qu'en 2007 qui y a 20 ans. Depuis le narcotrafic explosé, les attentes aux personnes explosé l'ultra violence que ce soit effectivement l'ultra gauche, l'ultra droite, la radicalisation religieuse quel qu'elle soit. Donc c'est qu'qué tenir le choc et c'est un choc effectivement. Donc au-delà des parents, on aimerait les actes. Ouais, c'est ça. Alors quand on le voit ça, on le voit sur le les policiers

5:31

aujourd'hui en effet qui pourraient être mobilisés. On a vu aussi d'autres colères. On a l'impression qu'en fait chaque jour, on découvre une nouvelle colère qui s'accroche à cette mobilisation. Ça veut dire que il peut y avoir les lycéens mais qu'on pourrait se retrouver demain alors à parler à chaque fois de nouvelles colères et qui maintenant aussi tout le monde veut aller voir Sébastien Lecnu pour lui en parler. Oui, c'est euh ça tient ce que vous disiez tout à l'heure sur justement le ce gouvernement et sur Oui. D'ailleurs Sébastien Lecornu en coulisse a même un terme pour décrire ce qui se passe, c'est celui de polycrise. C'est-à-dire qu'il est face à de nombreuses crises qui s'accumulent par strate quasiment. Il y a depuis qu'il est arrivé à Matignon, la problématique

6:09

des prix de l'énergie. Euh tout de même, on en parle aller régulièrement mais un peu moins depuis depuis quelques jours. Reste que cette problématique, elle est toujours là. Je crois que c'est en augmentation de de quasiment 60 % sur la dizaine d'années qui nous a précédé. Euh ensuite, il y a ce qui se passe avec les lycéens. Ensuite, effectivement, il y a la crise du pouvoir d'achat. Ensuite peut très bien s'ajouter dans les prochaines semaines, tout simplement parce que ça fait tout de même euh 4 à 5 semaines qu'ils sont là pour euh protéger euh néanmoins ce qui se passe autour de cette colère lycéenne, c'est euh la fatigue des policiers, c'est-à-dire il y a un certain nombre d'entre eux et on le voit bien avec euh le le les témoignages là il y a euh il y

6:52

a quelques minutes, bah de policiers qui commencent à dire "C'est très bien, vous demandez à ce qu'on soit tous présents sur le terrain, on est présent sur le terrain pour éviter été un nouveau 17 octobre, sauf qu'il y en a un certain nombre d'entre nous, on a dû annuler nos vacances ou si on n pas annulé nos vacances, on a dû annuler des repos. Si on n pas annulé les repos, on a dû effectuer des heures supplémentaires et cetera et cetera. Quand on a vu la crise des heures supplémentaires notamment après la saison des des gilets jaunes, que ça avait été compliqué déjà à l'époque alors qu'on faisait face à des problèmes économiques moindres de payer l'ensemble des des heures supplémentaires de de ces policiers là. Donc oui, c'est une crise supplémentaire à à gérer, pas simple pour le

7:32

gouvernement. Polycris. C'est ça Antoine Comte, on a l'impression que là le gouvernement enfin politiquement ça devient très difficile pour s'en sortir. Je dis bien, j'utilise ce terme s'en sortir, ça paraît terrible mais on a l'impression que quoi qu'il fasse quoi qu'il se passe, il va y avoir un problème. En fait, ça ça ne passe pas. Ça va être 6 mois à tenir très compliqué hein pour Emmanuel Macron. Ça paraît extrêmement long en politique. Beaucoup de choses pe se passer en 6 mois et là ça va être extrêmement long pour Emmanuel Macron mais aussi pour Sébastien connu. Je rappelle aussi une autre crise, la tempête budgétaire du côté du Parlement actuellement où on a un gouvernement là qui essaie de faire passer tant bien que mal un budget. Mais finalement, est-ce que finalement

8:06

Emmanuel Macron euh qui a été critiqué parce que en effet, il est parti euh au Proch Orient, est-ce que finalement il avait tort quand il disait que bien la mère de toutes ces crises, elle est là aussi ? Est-ce que finalement voilà allait régler ce problème de pétrole de vie chère ? Est-ce que finalement c'est pas ça ? Bien sûr, mais c'est pas la seule. Enfin, il y a il y a aussi une crise qu'on a oublié et qui nous a marqué durant l'été, c'est la crise climatique aussi hein. Là, il il fait il fait il fait frais en France, on a oublié, il pleut, donc ça va à peu près. Sauf qu'il y a une sécheresse hors norme. Il y a eu des températures caniculaires à partir de la fin mai. Je rappelle que des établissements scolaires ont dû fermer quand même pour la première fois à la

8:39

fin du mois de mai et en juin cause de la chaleur. À cause de la chaleur. Vous avez eu aussi les mégafeux, les mégafeux en Gironde dans les Landes avec les pompiers aussi qui s'étaient manifestés à l'époque et qui avait été reçu. Bon, on sait pas trop ce qu'il en est d'ailleurs depuis. Enfin, vous avez en effet de multiples crises qui s'enchaînent. Moi, je dirais que les crises en fait s'enchaînent depuis la dissolution ratée d'Emmanuel Macron. Crise politique, crise institutionnel, crise au parlement. Et depuis, on a eu bien sûr la la guerre au Moyen-Orient qui crée des conséquences économiques sur le pouvoir d'achat des des Français. Emmanuel Macron dit souvent, c'est pas notre guerre, donc on va pas manifester sur quelque [raclement de gorge] chose qu'on a pas déclenché. On n'est pas

9:12

responsable nous gouvernement finalement de l'action de Donald Trump en Iran. C'est pas complètement faux. Mais jusqu'à où c'est c'est entendable ça. Là, ça ne l'est plus. On voit bien Emmanuel Macron a sans doute eu raison de maintenir son voyage de de 3 jours au Moyen-Orient. Mais le signal que ça renvoie de ne pas rester à Paris, ne pas rester en tout cas sur le territoire national au moment enfin quand même au lendemain de de du 17 octobre, le 17 octobre, je pense qu' à ce moment-là, il ne saisit pas finalement qu'on a un tournant. Moi, j'ai souvent dit qu'il y avait un avant et un après 17 octobre. Là, on est vraiment dans l'après. Ça a marqué clairement les esprits politiques. Les oppositions ont repris aussi du poil de la bête avec c'est affreux hein, mais avec ce ce ces scènes

9:53

de de pillage et de chaos du du 17 octobre. Et puis depuis, on a un gouvernant qui est en réaction, qui reçoit au dernier moment les lycéens et les et les étudiants alors qu'ils auraient pu le faire quand même avant. Ils ont misé sur quand même un pourrissement du mouvement et les vacances scolaires en se disant bon voilà, ça va un petit peu finalement s'atténuer et puis ça reprendra pas la rentrée. Sauf qu'on voit que c'est tout l'inverse. On voit que c'est tout l'inverse. On nous annonce finalement des mobilisations tous les samedis désormais et je vous rappelle cette grande journée annoncée par les syndicats de moïsation du 5 novembre où là ça s'annonce extrêmement tendu et c'est quand même très inquiétant d'entendre les policiers qui nous disent attention on va peut-être pas tenir sur

10:27

la durée. On va écouter justement le sociologue et poétiste Patrick Vassor. Vous vouliez réagir ? Oui, je voudrais réagir sur deux points. Le premier point, c'est le point soulevé par Floriant Tardif concernant les 38 étudiants qui n'auraient pas trouvé euh de place euh dans parcours. [rires] Non, non, mais je je je tiens à dire que euh bien évidemment, il y a peut-être 38 étudiants qui n'ont pas trouvé de place. Le problème est de savoir combien il y a d'étudiants qui ont trouvé une place qui ne leur convenait pas. Mais ça il faudra en discuter de manière. Pense qu'on est d'accord parce que c'est ça que je voulais soulever. J'ai coupé FL pour ça. [rires] Allez-y d'accord. Deuxième chose la la la deuxième chose on parle de polycrise. Je ne crois pas qu'il

11:11

s'agisse d'une polycrise. C'est une seule et même crise qui est une crise systémique. Et cette crise systémique c'est la crise du capitalisme actuel. La France n'est pas le seul pays dans cette situation. On voit bien les revendications des jeunes et des moins jeunes dans d'autres pays que sont l'Espagne, l'Italie, l'Allanie, la Grèce, euh la Belgique et cetera. Et on sait très bien que la situation aux États-Unis, c'est-à-dire avec notamment la hausse des prix et le pouvoir d'achat, tout cela pose également problème. Donc nous sommes là dans une crise qui est en même temps une crise de surproduction par endroit, de baisse de des moyens euh d'achat et de la dignité

11:53

dans d'autres lieux. Et euh il faut une réponse globale, c'est-à-dire que des demi-réponses ne suffiront plus aujourd'hui, je le crois, à à contenter les populations parce qu'on ne peut pas répondre aux besoins des marins pêcheurs sans répondre aux besoins euh des transporteurs ou des besoins des fonctionnaires ou des besoins des étudiants et des ouvriers et et cetera et cetera. Donc c'est un véritable problème qui est un problème global qui doit nous obliger et il en est de même hein pour la situation climatique. Euh cette crise-là est liée également à la production, la surproduction ou l'engagement dans un dans un système capitaliste. Donc toutes ces crises sont liées les unes aux autres et forment une crise globale.

12:37

Euh justement à propos de ça,onard B en tant que spécialiste de l'éducation, est-ce que finalement peut-être apporter une parole un peu annoncée quand même par rapport [rires] alors attendez. Oui. Alors 2 minutes, je vais d'abord ou mais si on peut parler aussi un petit peu avec les autres, vous inquiétez pas hein. Ah mais c'est pas par rapport à moi, dit non mais oui, merci. Donc Hélèba donc en tant que spécialiste aussi l'éducation, est-ce que voilà comme on le dit depuis tout à l'heure, nous sommes dans un monde multicrise et aujourd'hui est-ce que cette crise de l'éducation, est-ce qu'elle était prévisible ? Est-ce qu'on aurait pu la voir ? Ah mais écoutez, oui, on peut même dire effectivement ça devait finir par arriver parce qu'en fait il y a des bien sûr les le choc

13:13

démographique, le nombre d'élèves ne cesse d'augmenter euh dans en France. Donc euh effectivement, il y a pas la possibilité d'accueillir tout le monde dans l'enseignement supérieur. Donc c'est effectivement maintenant euh que en fait c'est là où les courbes se croisent en quelque sorte. Il y a de plus en plus d'élèves qui passent le bac depuis bien sûr la réforme de Jean-Pierre Chevettement, c'était en 1985 avec des objectifs de donner de bac à de plus en plus d'élèves, sauf qu'il y a pas le même nombre de places qui a été réservée dans l'enseignement supérieur. Et en fait, les élèves, cette crise, moi je l'analyse comme ça, les élèves refusent le l'axiome énoncé par le gouvernement que ça se passe comme ça. Eux, ils refusent ça, il y a pas assez de place pour nous et ben on va se

13:54

battre pour qu'il y en ait suffisamment. Il refusent la règle en fait. C'est ça ce qui est en train de s'exprimer depuis la mi-septembre, cette rentrée 2026 particulièrement compliquée donc pour le gouvernement. Ouais, c'est ça Antoine. Ce qui est assez étonnant, c'est qu'on parle souvent des des crises. On dit souvent "Ah, ça, on aurait pu le prévoir euh euh quand on voit en effet des marins pêcheurs, on voit euh des des coûts de l'essence, ça coûte plus cher." Mais alors là, l'éducation, en effet, on le voit en effet, ça fait longtemps tout de même qu'on en parle, mais peut-être qu'il ne s'attendait pas en effet à une rentrée soit aussi difficile et compliquée. Non, mais c'est clair. Et que il y a une forme presque de convergence des luttes en fait hein, c'est ce qu'on disait tout

14:25

à l'heure. Il y a quand même énormément de professions qui aujourd'hui souffrent. On a cité les pompiers, les policiers, les agriculteurs, les enseignants aussi parce que dans la crise des lycéens et des étudiants, il y a aussi les enseignants derrière hein qui qui finalement ont des revendications et tout ça mis bout à bout, ça fait en effet une forme de convergence des luttes. Je sais pas si c'est la bonne expression parce que tout de suite on a l'impression quand on dit ça que c'est la révolution ou la guerre civile mais quand même il y a énormément euh de de de convergence dans les revendications et vous avez raison de dire que peut-être que c'est aussi le pouvoir d'achat et la vie chère au départ qui est la première des causes de de la mobilisation de de tout ce mondel

15:00

mais je je trouve qu'on a un gouvernement qui agit toujours de la même façon il agit en réaction à une crise très peu d'anticipation alors c'est pas le seul gouvernement à avoir fait ça avant aussi mais là quand même la crise climatique on on débloque finalement des milliards une fois qu'il y a eu les mégafeux, qu'on a eu la sécheresse alors qu'on le sait que chaque été finalement la canicule va revenir. Les étudiants, vous le disiez très justement Léonor, on sait aussi que finalement il y a une vraie crise dans les bâtis scolaires. Vous rendez compte quand on est quand même dans la 6e puissance mondiale et que vous avez finalement des des lycéens qui ne peuvent pas étudier dans des conditions normales parce qu'il fait beaucoup trop chaud l'été ou beaucoup

15:33

trop fou l'hiver, enfin c'est quand même un vrai problème. Alors après, il y a une part de responsabilité, c'est chez les régions qui ont la responsabilité en effet les compétences de rénovation des lycées. Sauf que les régions elles sont ponctionnées par l'État chaque année. Les collectivités de l'UT cas elles sont ponctionnées. Donc c'est un peu le serpent qui se marque avec eux. Donc en fait ces crises on les connaît mais sauf que on est toujours en réaction et on débloque l'argent au bout d'un moment quand finalement bah ça devient trop compliqué à tenir quoi. Et il faut aussi préciser que Édouard Jeffrey en fait voilà le ministre de l'éducation nationale a été grondé par Emmanuel Macron qui était furieux euh que Édouard Jeffrey n'ait pas été capable de prévoir

16:08

ce problème de non remplacement. Ils avaient dû en parler. Eddouard Jeffrey a dû minimiser ou pas se rendre compte en fait de ce qui est en train de se préparer et ça Macron le lui a reproché parce qu'en fait un ministre finalement c'est peut-être pas forcément fait pour travailler mais au moins pour désamorcer des problèmes qui pourraient se présenter. Sachant qu'il vient du serrail en plus de l'éducation nationale. Il a fait toute sa carrière dans le monde de l'éducation nationale. En tout il a fait une petite pause malgré tout hein quand les derniers enfin il a fait autre chose il était pas que làbas connait le système éducatif. connait le système et dans tous les cas oui c'est un reproche qui lui a été formulé par le le président de la République.

16:40

Donc sur ces multicrises dont on parlait tout à l'heure avec donc Patrick Vassor, lui dit aussi il y a un système voilà qui provoque ça aujourd'hui c'est un système capitaliste qui fait qu'à un moment il y a des révoltes dans le monde entier contre laquelle on se révolte. Est-ce qu'on est là dans un système en sachant, je tiens aussi à le précat Vassor que toutes ces révoltes n'ont pas de lien entre elles he aussi, il faut bien le savoir. C'estàdire que par exemple, on prend au Portugal comme en Grèce, c'est le logement que ça soit en Belgique en effet, c'est les frais de scolarité. Voilà, il y a des différences véritables aussi entre teles. Donc c'est pour ça est-ce que c'est contre un système entier ou alors c'est chacun dans son coin ? Non, il y a il y a une addition des

17:15

colères ou une convergence des luttes. Moi, je fais alors le même constat. Euh je suis tout à fait d'accord qu'il y a une crise de système euh en ce moment et c'est pour cela qu'on peut relier les luttes dans les pays dit pays capitalistes. En revanche, je ne fais je n'apporterai pas les mêmes réponses. Je ne suis pas sûr euh que aujourd'hui euh la problématique est celle d'une surproduction euh dans euh nos pays, mais plutôt justement du fait que dans ces pays-là, à commencer euh par euh la France, on n'arrive plus à s'élever grâce au travail. C'est-à-dire que aujourd'hui et d'ailleurs on pourrait même presque le relier à la à la à la crise lycée. C'està dire qu'on n'a plus

17:58

de perspective sur l'avenir. C'està-dire que il y a une vingtaine d'années, il y a une cinquantaine d'années, il y a 80 ans. Pourquoi je fais ce ce distingo ? Tout simplement parce que c'est quasiment l'écart entre les générations. On se disait la génération suivante, la mienne pour commencer et la suivante, on vivra mieux nous que nos parents et nos enfants ensuite vivonsnous vivront très certainement mieux que nous. Et là, c'est plus le cas. Aujourd'hui, c'est plus le cas et c'est pour ça que on peut avoir une cr une colère qui s'exprime contre la hausse des prix des logement ou des loyers, contre la hausse des prix des carburants et cetera et cetera. Mais la problématique initiale qui nous relie tous et qui relie l'ensemble de ces citoyens, c'est qu'on

18:40

ne croit plus dans un système qui ne permet plus aujourd'hui qu'on puisse s'élever notamment grâce au travail et qui ne permet plus ensuite à nos enfants de s'élever après nous et d'avoir une vie meilleure que celle que nous avons vécu. Ouais, c'est ça. C'est ça qui est intéressant dans justement dans le raisonnement, c'est qu'on le voit aussi Antoine, c'est que on voit un un gouvernement qui est là face bah une sorte de gouff c'est vertigineux en fait parce qu'en fait il y a tellement de colère et qui amène à d'autres réflexions derrière qu'on a l'impression que Emmanuel Macron qui quand il est arrivé au pouvoir dit je vais mettre des techniciens et ça va être les meilleurs et ça va tout régler que là en fait on le voit avec Édouard Gefrey c'estàd c'est un homme qui peut

19:15

être très capable très technicien mais qui n'a pas de réponse politique en fait. Exactement. En fait, pour être ministre, il faut quand même avoir un sens politique. Euh c'est on l'a presque oublié. Avait une époque où on avait ça, c'était François Bairrou avait remis des ministre très politique. Bon, il a pas tenu très longtemps euh [rires] François Baou. Non, c'est le rappeler qu'il a été premier ministre. Il é pr mais mais il avait mis en tout cas à des postes clés des poids lourds en effet de la politique qui ont un sens politique. Aujourd'hui, qui a un sens politique au sein de ce gouvernement ? Il y a Géraldin à la justice à peu près. Laurent Nugèz, c'est aussi un technicien, c'est un ancien préfet de police. Voilà, il il a pas ce ce ce sens politique qu'on pourrait

19:50

demander à un ministre de l'intérieur. Bruno Rotaillou avant lui, il l'avait. Euh et puis après quand vous regardez les autres postes euh euh en tout cas les postes clés à l'éducation nationale euh euh vous vous avez quasiment que des techniciens. Donc on voit que c'est assez limite. En fait ça peut être bien parce qu'on connaît finalement le le milieu, le serrail, comment fonctionne pour par exemple pour l'exemple d'Edouard Gefrey un un un le système éducatif mais quand il faut prendre une décision politique et surtout sentir que finalement la tempête est en train d'approcher, il faut avoir du sens politique et je pense qu'il n'en a pas assez. Après ça s'acqu par l'expérience et c'est je rappelle la valse aussi des ministres de l'éducation nationale. Je crois qu'il y en a eu 6 ou se en

20:27

combien de temps pendant les deux mandats deu vous rendez compte c'est presque un par an. Donc ça c'est très compliqué aussi de de d'échanger avec le personnel enseignant, avec les lycéens, avec les représentants. Vous vous voilà vous instaurez pas grand-chose quoi. Donc et puis il y a eu un moment aussi où il y avait une valse très très rapide aussi hein. Gabriatal puis Améieou Castera puis après voilà donc je vois que vous êtes il y en a il y en a qu'on a presque oublié. Ouais c'est on va voir Patrick Bass vous vouliez réagir justement. Oui tout à fait. J'entends ce que ce qu'a dit monsieur Tardif et la question qu'il pose. Pourquoi on ne s'élève plus dans la société par le travail ? La vraie question c'est de savoir pourquoi

21:11

la valeur du travail aujourd'hui est ce qu'elle est. Et là on en revient à cette histoire de surproduction. C'est-à-dire que il y a quelques décennies euh devenir enseignant au sein de l'éducation nationale était une réussite. Aujourd'hui, devenir enseignant euh il faut av vraiment avoir la passion ou alors c'est un quasi échec de la vie. Euh il il y a une dévalorisation du travail et cette dévalorisation du travail est liée généralement à la surproduction. Surproduction euh d'élèves ou d'étudiants sortant d'études du 2e et 3e cycle. euh ce qui finalement génère une pression salariale sur l'ensemble des métiers qui jusqu'alors étaient très

21:55

valorisés et donc ça les ça les dévalorise. C'est-à-dire qu'il y a une baisse substantielle du salaire nominal euh et ça on peut pas dépasser cela. Il en va de même pour les biens de service ou les biens de consommation. Si on surproduit, ça signifie que le produit euh on va dire le produit celui qui est à l'unité voiturinale baisser puisqu'on en a produit davantage. La la productivité a fait que sa valeur baisse et donc si sa valeur baisse dans le même temps, le temps de travail nécessaire pour fabriquer ces produits devient moins valorisé aussi. C'est c'est c'est ça qui est systémique et c'est pour ça que la société est en crise.