Présidentielle 2022 : le 8h30 franceinfo de Nicolas Bay et de Nathalie Arthaud
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Bonjour et bienvenue à tous dans le 8.30 politique de France Info, France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Myriam Ancawa.
Bonjour Ertine Zébovitch, bonjour à tous.
Notre premier invité ce matin, Nicolas Bay, bonjour. Bonjour. Vice-président exécutif du parti Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. Votre candidat était en débat face à Valérie Pécresse, c'était jeudi soir. Débat remporté à plate couture par la candidate Les Républicains, c'est ce qu'elle dit elle-même. Écoutez-la à Brive-la-Gaillard hier soir.
Clémenceau disait, on ne peut pas défendre la République avec des gesticulations et des vociférations. Et bien Clémenceau avait raison mes amis. Et ce qui est important, c'est qu'hier j'ai démasqué M. Zemmour. J'ai démasqué son projet qui conduirait la France au désordre, à l'impuissance et à la faillite économique.
Démasqué Éric Zemmour par Valérie Pécresse ?
Vous remarquerez quand même qu'elle est un peu toute seule à le dire. Elle l'affirme de manière un peu péremptoire, ça somme toujours un peu faux. Elle n'a pas tellement amélioré ses qualités oratoires. Mais surtout, moi, ce que j'ai vu dans ce débat, puisque je l'ai vu intégralement, c'est Éric Zemmour qui essaye de porter le débat au juste niveau. C'est-à-dire, c'est un enjeu de civilisation. C'est la France, l'identité de la France, l'existence même de la France qui est en jeu dans cette campagne présidentielle. Il avait une démarche de visionnaire. Elle, elle a une démarche, même pas de gestionnaire. En réalité, elle effondre le débat. Elle était extrêmement agressive.
Elle comprenait la parole en permanence. Elle empêchait finalement que le débat ait lieu de manière tout à fait normale. Donc, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas à mettre à son crédit à elle. Elle a un peu empêché qu'on ait un débat de qualité. Or, c'est évidemment ce que les Françaises et les Français attendent.
Mais Nicolas, y compris dans votre camp, vous avez vu cet article de l'Express, ce fameux Twitter Space, où vos supporters, vos militants reconquêtent, n'ont pas été convaincus par la prestation d'Éric Zemmour. Je n'ai pas aimé son sourire gognard, regrette l'un. On s'attendait à ce que Valérie Pécresse se fasse plier en quatre. Et le fait que ça ait été équilibré, je cite, l'a rendu victorieuse. Le moral n'est pas au beau fixe.
Je ne crois pas. Je crois surtout que les militants et les soutiens d'Éric Zemmour regrettaient qu'il n'y ait pas un... que ce débat ne puisse pas vraiment avoir lieu parce que finalement, elle l'a empêché. Mais qu'est-ce qu'on a vu pendant une heure et demie ? On a vu Éric Zemmour qui reste parfaitement calme, souriant, quand elle, elle multiplie les propos agressifs, qu'elle lui coupe la parole de manière incessante. Ce qui est un comportement qui n'est pas très... C'était assez partagé. C'était assez partagé à ce niveau-là. Vous en conviendrez. Maintenant, des débats, il y en aura d'autres. Je ne pense pas que ce soit là l'essentiel.
L'essentiel, encore une fois, c'est le projet qu'on porte pour la France. Or, la faiblesse structurelle de Valérie Pécresse, c'est qu'en réalité, elle joue un rôle de composition. Elle tient un discours dont tout le monde sait qu'il n'est pas le sien. Elle est Macron compatible. Elle appellera à voter Macron dès le soir du premier tour, comme elle l'avait fait d'ailleurs en 2017. Et en fait, elle essaie de nous faire croire... De nous faire croire qu'elle serait une femme de droite, ça n'est pas le cas.
Pendant ce temps, Marine Le Pen, qui était en meeting hier dans le Nord, a dit, et je la cite, « J'ai vu Valérie Pécresse et Éric Zemmour, deux candidats, se disputer le cadavre de la droite. »
Vous savez, Marine Le Pen, je suis pas sûr qu'elle soit la mieux placée pour commenter les débats présidentiels. Pourquoi ? Tout le monde se souvient quand même de la manière dont s'est terminée la présidentielle et le débat qu'elle a eu avec Emmanuel Macron entre les deux tours. Aujourd'hui, quel est l'enjeu, encore une fois ? Vous l'aviez défendu à l'époque où vous étiez à ses côtés au Rassemblement National. Maintenant, vous dites la vérité. Moi, j'ai été discipliné. Aujourd'hui, j'ai fait un choix qui est de défendre mes idées d'abord, avant tout. Éric Zemmour, elle les défend avec plus de clarté, plus de sincérité, plus de capacité de rassemblement.
C'est pour ça que je suis à ses côtés. Mais encore une fois, au-delà des chicaillats, des batailles politiques, l'essentiel, c'est le fond. Et le fond, c'est le projet qu'on défend pour la France.
En attendant, le projet que vous défendez est moins audible, manifestement. En définissant les grands enjeux... L'offensive russe, il faut qu'on en parle, a manifestement cassé la dynamique d'Éric Zemmour puisque, avant l'invasion, très clairement, il était en passe de se qualifier pour le deuxième tour. Aujourd'hui, il régresse. Marine Le Pen, qui stagnait, elle remonte. Comment vous l'expliquez ?
Mais vous savez, on sait que quand il y a une crise, ça profite principalement à celui qui est au pouvoir, Emmanuel Macron, de manière très temporaire dans les sondages. On avait observé ça avec François Hollande au monde des attentats islamistes. On ne peut pas dire qu'ensuite, il en ait profité dans la durée.
Et Marine Le Pen, elle, garde la place de deuxième position. Et Éric Zemmour, et là, c'est un fait, commence à décider.
La plupart des sondages. Il y a deux, trois, quatre points. On est quasiment dans la marge d'erreur. En réalité, rien n'est joué. On est encore à un mois de l'élection. Et on voit bien, dans cette crise ukrainienne, en réalité, c'est les défaillances, les défaillances aussi de l'État et le déclassement de la France sur la scène internationale, sur le plan géopolitique de ces dernières années, qu'on paye aujourd'hui au prix.
Et les déclarations de votre candidat, qui a maintenu que Vladimir Poutine n'envahirait pas l'Ukraine,
alors que toutes les infos allaient dans le sens contraire. C'est gentil, mais absolument tout le monde espérait et disait et affirmait même que probablement que la Russie n'envahirait pas l'Ukraine. Sauf les services de renseignement américains. Oui, c'est ça, mais je veux dire toute la classe politique française, par exemple. Nicolas, mais non, non, pas tout à fait. Non, mais aujourd'hui, oui, bien sûr que l'invasion de l'Ukraine... Mais ça c'est une erreur ou une faute de campagne ? On peut développer un tout petit peu ? Vous pouvez répondre à ma question ? Non, il n'y a pas de faute à dire. On espère qu'il ne va pas envoyer l'Ukraine.
Il a envoyé l'Ukraine, c'est scandaleux et c'est condamnable sur le plan du droit international. Incontestablement. Maintenant, tout le monde comprend bien que si la France avait été capable d'être une puissance non alignée, qu'Emmanuel Macron n'était pas apparu en permanence comme un féodé à la Commission européenne et aux intérêts de Washington via l'OTAN, eh bien on aurait sans doute pu aider à la désescalade. Les sanctions économiques prononcées depuis 2014 contre la Russie, elles n'ont eu aucune utilité, aucune efficacité. Elles ont pénalisé notre agriculture européenne. Elles ont permis à la Russie accessoirement de développer son économie.
Et elles ont contribué à cette escalade qui aboutit aujourd'hui à la guerre en Ukraine. Mais on voudrait comprendre la position parce que vous parlez de non alignée comme Jean-Luc Mélenchon. C'est une entière responsabilité, mais il est évident que si on avait joué un rôle différent sur la scène internationale, peut-être qu'on en serait pas là aujourd'hui.
Aujourd'hui, est-ce que vous soutenez très clairement et le parti d'Éric Zemmour soutient l'action du président de la République, Emmanuel Macron, qui parle à Vladimir Poutine, qui sanctionne avec l'Union européenne et qui envoie des armes ?
Notre position est très claire. Nous soutenons tous ceux qui créent les conditions de la désescalade.
Il faut livrer des armes pour être très clair.
Quand vous avez Bruno Le Maire qui dit qu'on va faire la guerre à la Russie et que vous avez des démarches qui sont belliqueuses ou bellicistes qui consistent à dire on va aller livrer des armes à l'Ukraine, je ne suis pas sûr que ça crée les conditions de la désescalade.
Donc vous, vous êtes contre la livraison d'armes aux Ukrainiens ?
Vous ne souhaitez pas la victoire des Ukrainiens ? Non mais ce n'est pas ça. Je considère normal que l'Ukraine se défende. Et c'est très respectable et très estimable. devenir des co-belligérants en fournissant des armes...
On devient co-belligérant en fournissant des armes ?
Oui, en fournissant des armes à l'Ukraine. Oui, manifestement... On se met dans une situation qui ne crée pas les conditions de la désescalade. Regardez ce que fait Naftali Bennett, le Premier ministre israélien. Il n'est pas une puissance qui est dans l'équation en quelque sorte, puisque c'est un pays qui n'est pas voisin. C'est un petit pays. Et pourtant, comme il apparaît comme non-aligné, comme il apparaît comme ayant une voie autonome, comme il apparaît comme n'étant pas un féodé à la Commission européenne, eh bien, pour l'instant, il n'a pas moins obtenu que d'autres, puisqu'il s'est inséré dans la démarche des négociations.
Et de part et d'autre, Russie et Ukraine ont plutôt salué sa démarche.
Vladimir Poutine est-il un dictateur, Nicolas Bey ?
Incontestablement, la Russie est un pays autoritaire.
Est-ce que c'est un dictateur ?
Oui, vous savez, c'est une question de degré plus que de nature.
Éric Zemmour a dit démocrate, autoritaire, démocrate, franchement, après l'invasion.
C'est un dirigeant autoritaire, mais en fait, vous êtes dans une position très morale, mais la Russie n'a jamais été une démocratie.
C'est la description de fait.
La Russie n'a jamais été une démocratie. Elle n'était pas à l'époque des Tsars, elle n'était pas à l'époque de l'Union soviétique, elle n'était pas à l'époque de Yeltsin, elle ne l'est toujours pas aujourd'hui. à vouloir toujours transposer notre modèle démocratique occidental partout dans le monde, eh bien, on se casse les dents en permanence, comme c'était le cas en Afghanistan ces dernières années. Eh bien, acceptons que la Russie, évidemment, n'est pas sur le même modèle démocratique que nous, qu'elle défense, qu'elle considère être ses intérêts, qui ne sont pas les nôtres, incontestablement, mais on comprend bien...
Vous condamnez, par exemple, ce que fait Vladimir Poutine, même vis-à-vis de son propre peuple, aujourd'hui.
Excusez-moi.
Un pays qui est nassé, les lois d'exception en Russie.
Mais quelle est l'utilité de condamner ? Une utilité politique, une utilité morale. La majorité des pays dans le monde ne sont pas des démocraties à l'occidentale. Alors, on passerait nos journées à condamner tout ce qui se passe partout dans le monde. Quelle est l'utilité ? Je vous pose la question. Aujourd'hui, on a, encore une fois, un pays qui... Vladimir Poutine mène une agression, une guerre, contre l'Ukraine en violant son intégrité territoriale. C'est tout à fait condamnable, on est d'accord ? Maintenant, la question, ce n'est pas ça. La question, c'est de savoir comment on crée les conditions de la désescalade pour que cette guerre...
Les sanctions, par exemple, est-ce que les sanctions qui sont prises vous semblent bonnes ? Non, je ne suis pas sûr. Parce qu'en réalité, on va mettre en œuvre des sanctions, comme on l'a fait déjà depuis 8 ans, ce n'est pas nouveau, on en augmente l'intensité. On va beaucoup plus loin, là. Oui, on va beaucoup plus loin. Et qui va être victime ? Mais c'est les Français. Les Français ? Notamment, bien sûr. Exactement comme les sanctions contre la Russie ont déjà pénalisé, notamment, notre agriculture.
D'abord, les Russes, les oligarques russes. Et aussi, bien sûr,
mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ait largement des dégâts collatéraux dans tout ça. Et finalement, regarder l'explosion du prix des matières premières, c'est les Français directement, dans leur quotidien, qui vont le payer au prix fort. Alors, sur le gaz et le pétrole, par exemple, vous dites qu'il ne faut pas s'en passer. Il ne faut pas renoncer au gaz et au pétrole russe. On aurait été capable, pendant les décennies qui viennent de s'écouler, d'assurer l'autosuffisance et l'indépendance des nations européennes sur le plan des approvisionnements de gaz et de pétrole. On pourrait se le permettre. Mais ce n'est pas le cas. Bien sûr, mais là, maintenant...
Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Aujourd'hui, à l'instant T, au moment où on parle, nous priver des approvisionnements de gaz et de pétrole russe, eh bien, ce sera un coût terrible pour le pouvoir d'achat, non seulement des Français, mais encore plus de nos voisins.
Les Français pourraient plus se le permettre. Un peu plus se le permettre.
On a une dépendance en 20% au gaz russe, quand les Allemands ont une dépendance de près de 60%. Donc, on voit bien qu'on n'est pas en situation... Donc, on peut commencer, nous, Français,
à se déprendre du gaz russe.
Mais on aurait surtout intérêt à développer nos propres capacités énergétiques, notamment à arrêter de faire la guerre au nucléaire, ce qui a été fait depuis des années, pour faire en sorte qu'on ait une énergie pas chère, décarbonée, et produite directement en France.
Pourquoi vous ne parliez plus d'environnement, chez Éric Zemmour ?
On en parle beaucoup. On en parle beaucoup. Mais vous savez, ceux qui parlent d'écologie et ceux qui affirment être représentants de l'écologie en politique, c'est ceux qui ont fait les choix les plus hasardeux depuis des décennies. C'est ceux qui nous expliquaient en permanence que le nucléaire était mauvais. Et aujourd'hui, ils nous expliquent que la seule grille de lecture sur le plan environnemental, c'est l'émission de carbone. Quelle serait la première mesure ?
Or, le nucléaire, c'est une énergie qui ne produit aucun carbone. La première mesure écologique ?
À mon avis, la première mesure écologique, ça peut sembler étonnant, indépendamment des circuits courts, de la nécessité d'éviter d'avoir recours en permanence à des importations. La mesure ? Mais la première mesure écologique, c'est évidemment de renouveler notre parc nucléaire, de construire des réacteurs supplémentaires pour s'assurer dans la durée... Ce qu'annonce le gouvernement. Pour s'assurer, oui. Ils se sont convertis très tardivement. Mais ils le font, donc. Il a fermé... Non mais, vous plaisantez, enfin, il a fermé Fessenheim il y a quelques mois. Il a fait le contraire pendant 4 ans et demi. Et vous, vous êtes dupe, là. Vous le prenez comme ça. 4 ans et demi...
Non, moi, je regarde les faits. On annonce un développement... Non, non, 4 ans et demi qu'Emmanuel Macron fait la guerre au nucléaire. Et là, 6 mois avant, il découvre que c'est important. Bon, Eric Zemmour, il a le mérite de la cohérence sur ce sujet-là. Donc, construire des réacteurs nucléaires dans les prochaines années pour assurer à la France une autosuffisance énergétique, une électricité pas chère, pour les Français vont profiter, une électricité décarbonée. C'est le contraire de ce qu'a fait le gouvernement. Myriam Ancawa, tout dernier mot.
Mais simplement, j'aurais aimé vous entendre sur les réfugiés. Vous êtes un catholique pratiquant. Je voudrais tout simplement, très rapidement, il nous reste très peu de temps à savoir... Alors, très rapidement, Eric Zemmour... Si vous aviez une famille ukrainienne, on connaît la position d'Eric Zemmour, et il l'a très bien clarifié pendant le débat, mais si une famille ukrainienne, une femme, ses enfants, venaient, vous demandez l'asile à vous, Nicolas Bey. Vous la rejetez ou vous l'accueillez. Oui ou non ? Personnellement.
Mais bien sûr, nous devons avoir une solidarité à l'égard des Ukrainiens, qui font partie de notre civilisation. Mais leur demander de manière démagogique, venez à 2000 km de l'Ukraine, alors que votre mari, votre père, votre fils est en train de se battre là-bas, c'est une aberration.
S'il y en a qui ont de la famille en France, évidemment, nous pouvons les accueillir, mais la véritable solidarité, c'est de créer les conditions matérielles, humaines, humanitaires et logistiques pour les accueillir dans de bonnes conditions dans les pays limitrophes, et d'éviter, c'est-à-dire en Pologne principalement, en Slovaquie, en Hongrie, et arrêter les sanctions contre la Pologne, les sanctions financières contre la Pologne, en aidant réellement la Pologne à les accueillir, et surtout, attention quand même, parce que ceux qui se drapent dans une posture démagogique, ils oublient de dire une chose, c'est qu'aujourd'hui, il y a un tiers des réfugiés qui passent par l'Ukraine aujourd'hui, qui ne viennent pas du tout d'Ukraine, qui viennent d'Afrique subsaharienne notamment, et qui utilisent cette nouvelle voie migratoire pour venir en Europe.
Merci Nicolas Bay, on doit s'arrêter là, on retient votre distinction entre les réfugiés qui font partie de notre civilisation, et ceux dont ce n'est pas le cas, visiblement.
Oui, c'est évident, il y a ceux qui viennent pour des raisons économiques, et qui viennent plomber nos comptes publics et nos comptes sociaux, et les Ukrainiens, à l'égard desquels on a un devoir de solidarité européenne, bien sûr.
Nicolas Bay, vice-président exécutif de Reconquête le Parti d'Éric Zemmour. Le Fil Info à 8h46, voici Diane Ferschit.
De nouvelles sanctions, des sanctions ciblées prises contre la Russie, Union Européenne et Etats-Unis mettent le pays au banc du commerce international. Il n'y sera plus exporté non plus d'objets de luxe. Au 17ème jour de cette guerre en Ukraine, les forces russes intensifient la pression sur Kiev et l'est du pays, à Mariupol notamment. Les bombardements sont constants, la ville est dans une situation quasi désespérée, selon l'ONG Médecins Sans Frontières. Près de 150 marches pour le climat prévues un peu partout en France aujourd'hui. Objectif, faire émerger ce thème dans la campagne présidentielle à moins de deux semaines après un nouvel avertissement des experts du GIEC.
Plusieurs candidats, l'écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo notamment, sont attendus dans les défilés. Malgré la levée du statut de détenus particulièrement surveillés de deux autres membres du commando Erinia, couvrant la voie à leur rapprochement en Corse, de nouvelles manifestations hier soir sur l'île, plus d'une semaine après l'agression d'Ivan Colonna. Des rassemblements dans le calme pour la plupart, trois personnes interpellées à Bastia. Le seuil des 140 000 décès liés au Covid depuis le début de la pandémie franchit en France. Les autorités sanitaires constatent un rebond des contaminations.
Plus de 60 000 nouveaux cas quotidiennement en moyenne sur les sept derniers jours. Mais à l'hôpital, les indicateurs n'augmentent pas. À Pékin, l'argent remporté ce matin par Benjamin Davier en ski de fond. Il y a déjà décroché deux titres cette semaine. Au total, dans ses Jeux paralympiques, la France compte désormais 10 médailles, dont 6 en or.
La suite du 8.30 France Info, nous accueillons maintenant Nathalie Arthaud. Bonjour. Bonjour. Candidate lutte ouvrière à la présidentielle. La guerre en Ukraine, dans sa troisième semaine, on assiste à des bombardements de civils ukrainiens, d'un hôpital pour enfants, à Mariupol. Que pensez-vous de ces méthodes du maître du Kremlin dans cette offensive en Ukraine ?
Elles sont monstrueuses. Clairement, elles sont monstrueuses. Et on ne peut que être saisie d'effroi quand on observe tout ça. Donc évidemment, et je l'ai dit et je l'ai redit, oui, Poutine, il a fait le pas vers une guerre qui est fratricide et qui est monstrueuse.
Le pas, ça veut dire que c'est clairement pour vous l'agresseur qu'il est seul responsable
de cette guerre ? Non, non, il n'est pas le seul responsable. C'est lui qui a envahi et qui a effectivement déclenché, comment dire, cette guerre-là, enfin, en tout cas, cette phase-là de la guerre parce qu'il faut quand même se rappeler que cette guerre, elle fait rage dans le Donbass depuis 2014, qu'elle a déjà fait pas loin de 15 000 morts, depuis donc 8 ans, en fait. et moi, je pense que ce n'est pas non, le seul responsable. Je pense que le camp occidental, l'impérialisme américain, derrière l'OTAN, a une responsabilité écrasante parce qu'en réalité, il y a une guerre d'influence entre d'un côté le camp occidental et la bureaucratie russe depuis de longues années.
Mais l'Ukraine n'est pas dans l'OTAN. La France, les Allemands sont opposés à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN qui, elle, voudrait rentrer dans l'OTAN. C'est son droit de le vouloir. C'est son choix souverain
de demander cette candidature. Alors d'abord, vous savez comme moi que l'OTAN a ceinturé de bases militaires, y compris bourrées de missiles, la Russie, qu'ils ont avancé leur pion depuis 1991. Il faut aussi rappeler que l'OTAN, ce n'est pas une agence de paix, que l'OTAN avait été construite précisément pour affaiblir et pour isoler l'Union soviétique. Et lorsque l'Union soviétique a éclaté en 1991, l'OTAN n'a pas été dissoute. Et au contraire, donc elle a poussé ses pions et son influence. Donc voilà, il y a une volonté claire d'expansionnisme. Après, vous me dites... Donc on trouve aussi d'une certaine façon des excuses à Vladimir Poutine. Mais c'est pas une... Il y a une rivalité.
Donc moi, je ne me range ni dans un camp ni dans un autre. Vous savez, là, on a affaire à une guerre entre brigands. Alors moi, je suis contre, justement, cet ordre impérialiste se règne de brigands. Mais entre brigands, en effet. Parce que moi, je vous savais, c'est là que finalement, je me différencie...
Poutine est brigand
et en face, le brigand, c'est qui ? En face, le brigand, le brigand, oui. C'est qui ? C'est le camp impérialiste, le brigand. Vous savez, moi, je ne marche absolument pas dans cette manipulation grossière consistant à faire croire qu'on a d'un côté le camp occidental qui serait la blanche colombe, le représentant des droits, de la liberté, de la prospérité, de l'harmonie des peuples. Qu'est-ce que cet ordre impérialiste a fait en Afghanistan ? Qu'est-ce qu'il a fait au Moyen-Orient ? Qu'est-ce qu'il fait en Afrique aujourd'hui ? Que faut-il faire ? On ne nous n'a pas attendu la guerre. Que faut-il faire ? Juste une seconde.
Nous n'avons pas attendu la guerre en Ukraine pour dire que cet ordre social il est barbare. Il y a une personne qui meurt de malnutition toutes les dix secondes. Que faut-il faire en Ukraine pour arrêter cette guerre ou pas ? Quelle est votre problème ? Et ça, ce n'est pas de la responsabilité de Poutine, c'est de la responsabilité de l'ordre impérialiste. Donc commençons aussi à balayer devant notre porte. Très bien, on peut refaire l'histoire mais que fait-on maintenant ? Non, on ne refait pas l'histoire. Que fait-on maintenant ? Je parle du présent. Je parle du présent. Que fait-on en Ukraine ? Il y a aussi une guerre au Yémen. Pourquoi ? Pour les intérêts impérialistes de l'Occident.
Donc ça, ce n'est pas refaire l'histoire. Que fait-on en Ukraine ? C'est constater une politique.
Que fait-on maintenant ?
Par contre, c'est de la manipulation et c'est de la propagande que de faire croire que oui, de ce côté-là, ben non, c'est... Vous ne voulez pas réperer l'Ukraine ? Que fait-on maintenant ?
Est-ce qu'on aide l'Ukraine ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Oui, qu'est-ce qu'on fait pour arrêter cette guerre ?
Ou est-ce qu'on laisse faire ? Maintenant qu'ils ont plongé le peuple ukrainien dans cet enfer des bombes, qu'est-ce qu'on fait ? Eh ben moi, je pense qu'il faut s'appuyer sur l'aspiration à la paix, à faire taire les armes qui existent en Russie. Parce qu'il y a en Russie un certain nombre de manifestants. Il y a y compris ceux qui sont piégés dans cette guerre, qui sont transformés en soldats, qui sont armés pour aller faire la guerre et qui n'en veulent pas. Eh bien pour moi, la solution, elle viendra à des peuples.
C'est pas ce qu'on est en train de faire avec les sanctions économiques ?
Non, sûrement pas. Parce que vous savez, avec ces sanctions économiques contre la Russie, qui en fait vont surtout être subies par la population la plus pauvre de Russie, ceux qui précisément étaient déjà dans la difficulté, eh bien ça va avoir un effet. Non seulement de faire souffrir des millions de femmes et d'hommes qui n'ont rien demandé, ça c'est sûr, mais ça va aussi avoir un autre effet. L'effet de les souder derrière précisément le dictateur Poutine. C'est ça que...
Et pas pour s'en débarrasser. Je pense que c'est le calcul qui est fait par certains.
Écoutez, l'embargo sur l'Irak, ça a fait 500 000 morts. Ça a été une surmortalité incroyable. Moi je le dis, aujourd'hui on tue avec les bombes, mais on peut tuer aussi avec la misère. On peut aussi tuer en privant toute une population de l'accès à des médicaments, de l'accès à des produits essentiels et vitaux. Donc moi je suis absolument contre faire souffrir des femmes et des hommes qui n'ont rien demandé. Nathalie Arthaud, qui n'ont rien demandé.
La guerre en Ukraine a aussi des conséquences en France. C'est l'envolée des prêts de l'essence, du carburant, des matières premières. Qu'est-ce que vous proposez pour aider les Français à faire face ?
D'abord, j'aimerais quand même qu'on m'explique qu'est-ce qui justifie cette valse des étiquettes qu'on observe sur les stations-service. Un soir, on va se coucher, on a l'essence à 1,90, on revient le lendemain.
C'est le prix du cours du baril qui monte.
Mais vous êtes quand même d'accord que l'essence qu'il y a dans la cuve de la station-service, elle n'a pas été payée au prix du baril d'il y a deux heures. Ça s'appelle de la spéculation. Ça s'appelle de la spéculation. En plus, j'ai bien compris que... Mais qui spéculent ? En plus, j'ai bien compris... C'est les trusts pétroliers qui spéculent, évidemment. C'est tous ceux qui achètent le pétrole et qui le revendent sur le marché mondial. Ce n'est pas vous, ce n'est pas moi. Ce n'est pas le patron de la station-service. Ce n'est pas vous, ce n'est pas moi. Le patron de la station-service. Parce que vous dites qu'est-ce qui se passe dans la station-service.
Mais qui est le patron de la station-service ? Qui est le patron ? C'est les dirigeants, c'est le conseil d'administration de Total, de Exxon, de ces pétroliers. Écoutez, on ne va quand même pas... Il ne faut quand même pas être naïf. Oui,
la valse des étiquettes. Voilà, vous l'expliquez, la valse des étiquettes. Oui,
je l'explique par la spéculation. En plus, on a quand même tous compris que les sanctions contre la Russie ne toucheraient pas le pétrole et le gaz, en ce qui concerne en tout cas l'Union européenne, c'est-à-dire à l'essentiel. Donc, il n'y aura pas d'embargo sur le pétrole et le gaz. Comment expliquez-vous cette valse des étiquettes ? Rien d'autre ne la justifie que... Le prix du baril, vous le demandez, vous direz, Miriam Ancawa, tout simplement. Mais c'est la spéculation sur le prix du baril. Il y a marché, en fait. C'est la loi du marché, l'offre de la demande. Oui, mais vous voyez, c'est la loi du marché, comme par hasard. Il y a eu aussi
la loi du Covid, vous savez ça très bien, Nathalie Arthaud.
Mais c'est quoi le rapport ? Ces lois du marché, comme par hasard, elles enrichissent toujours les mêmes, les trusts pétroliers. Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle, vous savez, Total a pu aujourd'hui afficher 15 milliards, 15 milliards de profits. Et finalement, c'est sur notre dos, sur le dos de femmes et hommes qui travaillent durs et qui n'arrivent même plus à faire leur plein d'essence pour aller au boulot. Enfin bon, là, à un moment donné, il va y avoir une limite.
On a compris. Les pétroliers, Total, j'imagine que vous voulez qu'ils arrêtent de verser des dividendes. Certains candidats le proposent. Je voudrais qu'on vous interroge sur votre programme. Puisque vous voulez défendre les travailleurs, il y a beaucoup de choses sur les salaires, sur le SMIC, sur les pensions de retraite. Vous les augmentez les salaires de 300 à 500 euros, le SMIC à 2000 euros et vous augmentez les pensions de retraite à 2000 euros minimum. Comment vous allez financer tout ça ?
D'abord, je pense que 2000 euros pour vivre, oui, c'est ce qu'il faut. Voilà, c'est ce qu'il faut pour ne pas être dans l'angoisse permanente de se retrouver dans l'incapacité de remplir son frigo, de payer son loyer parce qu'on est trouvé malade, par exemple, ou parce qu'on a un accident de la vie, comme on dit. Voilà, 2000 euros, c'est un minimum, c'est un minimum même pour espérer. Donc vous augmentez considérablement les impôts ? Pour moi, 2000 euros. Pour financer ça ? Non. Pour moi, vous voyez, je n'ai pas du tout envie qu'on raye ça comme ça d'un revers de main en disant de toute façon, il n'y a pas l'argent. Je le redis, c'est une nécessité.
Et dans ce monde riche, quand même, dans ce pays riche, qu'on dise que finalement des femmes et des hommes qui travaillent dur ou qui ont travaillé dur toute leur vie, eh bien, il ne faut même pas qu'ils imaginent accéder à 2000 euros. Je pense que ça doit quand même nous interroger sur notre système. En tout cas, moi, je ne l'accepte pas. Et je dis que oui, bien sûr, il y a l'argent. Il y a l'argent. Il y a l'argent. Où est-il ? Où est-il ? Eh bien, allons voir, justement. Allons voir où est l'argent. Voilà, parce qu'on observe...
Vous ne savez pas où il est dès maintenant.
Allons voir. Donc, pour moi, la proposition, c'est l'abolition du secret des affaires. Parce que moi, je pense que les circuits de l'argent, ils passent en effet par ces grandes entreprises, par ces grands groupes, par ces multinationales, non seulement par les pétroliers, mais aussi par les banques, mais aussi par les grandes entreprises de l'industrie et du commerce. Pour moi, l'argent, il est bien sûr aspiré par les gros, par ceux-là même, qui nous expliquent de matin au soir qu'il n'y a jamais d'argent ni pour embaucher ni pour prendre les salaires.
Une fois que vous aurez la transparence, une taxe sur les hauts revenus, sur les grandes fortunes, Jean-Luc Mélenchon propose 90%
à partir de 32 000 euros par mois. Alors, juste une seconde, la transparence, elle sera faite quand on donnera le droit aux salariés, aux comptables de ces grands groupes de dire ce qu'il en est réellement de l'argent qu'il y a ou qu'il n'y a pas dans ces grandes entreprises. Et là, je peux vous dire qu'on réaliserait les marges royales que les plus gros se font sur les plus petits. On réaliserait tous les profits qu'ils tirent de l'exploitation de tout un chacun. Et je pense qu'à partir de là, bien des choses qui nous semblent aujourd'hui juste impossibles deviendraient justement possibles. Elles deviendraient possibles parce qu'on verrait qu'il y a de quoi.
Il y a de quoi non seulement pour augmenter les salaires mais pour embaucher aussi, pour répartir le travail entre tous, pour embaucher.
Merci beaucoup, Nathalie Arthaud. On aura sans doute l'occasion d'en reparler avec vous. Candidate lutte ouvrière à la présidentielle qui arrive invité du 830 France Info ce matin. Sous-titrage Société Radio-Canada
Nathalie Arthaud