Loi sanitaire, candidatures à droite pour l'élection présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Damien Abad
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Damien Abad, le projet de loi adopté par le Sénat et par l'Assemblée a donc été transmis hier au Conseil constitutionnel par le Premier ministre. Je vous propose qu'on écoute à ce sujet Yaël Braun-Pivé, la présidente de la Commission des lois qui était à votre place hier matin.
C'est un texte qui a été adopté largement au Sénat par une majorité, les Républicains. A l'Assemblée, ça a été adopté par une majorité des groupes qui composent l'hémicycle. Donc les gens qui ont validé ce texte, ça dépasse largement la majorité. Pour moi, en période de crise, c'est important de réussir à faire une sorte d'union nationale, on l'attendait.
Le ministre de la Santé évoquait lui aussi avec un brin de provocation peut-être une sorte d'union nationale retrouvée. Est-ce que c'est le cas Damien Abad ?
Pas totalement. Il y a eu quand même beaucoup de votes contre, beaucoup d'oppositions qui se sont opposées à ce texte. Et puis il y a surtout beaucoup d'interrogations et d'incertitudes. Je crois qu'il y a une convergence très forte sur la question de la vaccination, parce qu'on est tous pro-vaccin, en tout cas une grande partie de notre groupe. Mais ensuite, il y a de vraies interrogations sur le pass sanitaire. Et là, vraiment, ce n'était pas l'union nationale, mais c'était plutôt beaucoup d'incertitudes et beaucoup d'interrogations.
Dans un tweet récemment, vous avez indiqué à la mi-juillet que le pass sanitaire était liberticide et inefficace. Vous maintenez cette opinion très négative ?
Oui, parce que je trouve même que c'est une sorte de vaccination obligatoire déguisée qui ne dit pas son nom. Et moi, je préfère qu'on soit transparent et qu'on dise les choses aux Français. La vérité, c'est que... Mais ça marche. Les Français se précipitent dans les centres de vaccination. Ce qui fonctionne, c'est les résultats qui comptent. Ce qui fonctionne, c'est la vaccination. Oui. Ce qui fonctionne, c'est la vaccination, ce n'est pas le pass sanitaire en tant que tel. Le pass sanitaire, il vient d'être mis en œuvre. On va voir si cet été, il n'y aura pas de problème pratique dans les cafés, dans les restaurants, dans les parcs de loisirs, dans les lieux de culture.
C'est là où il y a des difficultés. Sur les activités de plein air à l'extérieur, sur les terrasses. Moi, je dis une chose très simple. On n'est pas opposé au principe du pass. Le pass à long terme, il peut sécuriser une clientèle, il peut éviter des politiques de stop and go. Mais ce qui m'inquiète, c'est que je ne veux pas qu'on ait le pass sanitaire, les couvre-feux et ensuite le reconfinement. Et là où le gouvernement n'a pas vraiment répondu, c'est que le pass sanitaire, ça doit être une arme anti-reconfinement. Si c'est une arme anti-reconfinement, alors effectivement, il n'est pas...
C'est sans ces lettres, Damien Abadne ?
Je ne suis pas sûr. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, ça va être très difficile de le mettre en œuvre. Et on voit bien que les contrôles vont être très compliqués. Vous demandez à un restaurateur de contrôler un pass sans contrôler son identité. Donc la réalité, c'est quoi ? C'est que ça va être très flou et qu'il va y avoir beaucoup de fraude. Donc moi, ce que je dis simplement, c'est que c'est la vaccination qui fonctionne. Et là où, par contre, le président de la République a eu raison, c'est d'inciter massivement à la vaccination. Et c'est même de mettre un peu la pression sur les indécis. Et ça, oui, on a toujours défendu ça et on continuera à le défendre dans notre groupe.
Est-ce qu'il aurait fallu faire plus alors, puisque vous vous appelez à plus de transparence, rendre le vaccin carrément obligatoire, comme ça on n'en parle plus ?
Je pense que la question, elle se posera, mais si on n'arrive pas à l'objectif de 50 millions de personnes vaccinées. Moi, je souhaite qu'on arrive à cet objectif-là parce que c'est la seule protection possible des Français. Nous, nous avons demandé l'extension, par exemple, aux policiers, aux gendarmes, aux douaniers. Certainement demain, à toutes celles et tous ceux qui reçoivent du public. Puis la question, elle va se poser dès la rentrée pour les enseignants, pour le personnel de l'éducation nationale. Donc oui, il faut élargir. Moi, je préfère toujours la concertation, l'incitation à la contrainte, mais je note que c'est pas...
Il y en a eu de la concertation, il y en a eu de l'incitation, ça fait 7 mois maintenant.
Pourquoi ? Parce que quand on n'arrive pas à créer la confiance, on crée la contrainte. J'aurais préféré un pacte de confiance et de responsabilité plutôt qu'un pacte de contrainte. Malheureusement, encore une fois, on était dos au mur, on était acculés et on n'avait pas le choix. Vous avez voté pour ou vous avez voté contre le projet de loi sanitaire ? J'ai voté pour la vaccination, j'ai voté contre... Ah, il n'y a qu'un projet de loi, il n'y a pas... Non, non, mais oui, mais dans un projet de loi, il y a plusieurs articles. Mais à la fin, dimanche... À la fin, je me suis abstenu parce que j'estimais que j'étais...
Moi, je suis favorable à la vaccination, mais par contre, j'ai vraiment des réticences quant à la question du pass sanitaire parce que je trouve que les avantages l'emportent sur les inconvénients et surtout la manière dont c'est pas...
Est-ce que vous n'êtes pas un peu seul dans ces critiques ? Par exemple, vos amis sénateurs LR ont voté pour le projet de loi sanitaire. Vous avez, au sein de votre propre groupe, au moins six députés et non des moines comme Éric Ciotti, qui ont voté pour, je dis six, mais parce qu'il n'y avait pas grand monde finalement à l'Assemblée nationale dimanche, le Conseil d'État hier a validé le pass sanitaire dans les cinémas. Donc, vous mettez en garde sur son application, mais vous êtes un petit peu isolé ?
Non, pas du tout. D'abord, les sénateurs, ils ont voté pour parce qu'ils ont réécrit le texte. Et donc, le texte du Sénat n'est pas le même que le texte de l'Assemblée nationale. Oui, mais c'est ce texte sur lequel... Oui, il y a eu un accord, mais honnêtement, dans le texte du Sénat, il y avait la question notamment des terrasses qui étaient posées, des activités de plein air, de l'extérieur. Moi, je suis de ceux qui pensent qu'on n'a pas à imposer de nouvelles contraintes à l'extérieur parce qu'on sait qu'on a moins de risques de contamination. Il y avait un autre sujet... C'est parce qu'on rentre à l'intérieur. C'est-à-dire que les députés ou les sénateurs qui ont voté pour se disent
voilà, on est à l'extérieur, en terrasse, au restaurant, on va payer à l'intérieur, ou on va...
Comme on fait d'habitude et on met le masque quand on va payer à l'intérieur. Non, ensuite, il y avait la question des sanctions. Là aussi, moi, je suis favorable à la lecture du Sénat qui a dit on supprime les sanctions pénales, on met d'abord des fermetures administratives. On a eu plusieurs sujets comme cela. Mais ça, c'est adopté ? Ça, c'est adopté ? Oui, mais attendez. Moi, je n'ai pas voté contre. Je fais partie avec Éric Ciotti, avec Guillaume Larivé, avec d'autres également dans notre groupe qui, soit ont voté pour, soit se sont abstenus.
Mais on n'a pas voté contre, justement pour cette raison-là, parce qu'on souhaite que l'on puisse endiguer cette vaccination et on a fait preuve d'esprit de responsabilité. On a déposé beaucoup d'amendements. J'ai un regret.
Un regret, c'est que j'aurais préféré qu'on fasse comme en Italie, c'est-à-dire qu'on puisse, pour créer de la confiance et éviter de fracturer les Français, voire toutes ces manifestations et autres, faire en sorte que toutes celles et tous ceux qui, de bonne foi, se sont fait vacciner au mois de juillet, après le discours présidentiel, eh bien, au mois d'août, on ne démarre pas par leur restreinte des libertés, mais qu'au contraire, s'ils ont une seconde dose au mois d'août, alors on leur permet ce pass sanitaire. Cette période transitoire-là n'a pas été permise, c'est dommage.
Mais sur le reste, il y a beaucoup de choses dans lesquelles on est en phase et je ne fais pas partie de ceux qui se sont opposés à ce projet de loi.
Et vous faites partie de ceux qui comprennent les manifestants, qui comprennent ces Français, qui estiment, justement, d'après tout, c'est votre terme, que le pass sanitaire est liberticide et qu'il faut s'opposer, entre guillemets, à cette dictature sanitaire.
Non, moi, je fais la distinction entre celles et ceux qui, par exemple, manifestent honteusement avec l'étoile jaune, celles et ceux qui parlent de dictature sanitaire ou d'autres mots qui n'ont aucun sens et aucune cohérence dans la société française et qui n'est absolument pas le cas de la réalité, et de celles et ceux qui ont des doutes, qui ont des interrogations et qui demandent d'être rassurés. Moi, j'échange régulièrement avec des jeunes. Ils me disent quoi ? Ils me disent « Oui, mais nous, on veut bien se faire vacciner. » Mais la réalité, c'est qu'on sait qu'on a peu de chances d'avoir une forme grave de la Covid.
Par contre, on ne sait pas les effets du vaccin à long terme sur 10 ans. Est-ce qu'on va développer un cancer ou pas ? C'est là-dessus qu'il faut que le gouvernement rassure. Le ministre de la Santé a commencé à le faire. Je l'ai lu dans un des quotidiens nationaux. Mais voilà, il faut faire cette pédagogie. Je trouve qu'on a manqué de pédagogie, de transparence, et on n'a pas créé la confiance autour de ce vaccin qui est nécessaire pourtant.
On continue à en discuter, Damien Abad, dans une minute. Le temps d'un passage par le fil info, puisqu'il est 8h40. Diane Ferschit.
Deux nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du virus en haut de corps. Le transport du masque à nouveau obligatoire dans plusieurs communes. Ce matin, le taux d'incidence du Covid-19 est 4 fois supérieur au taux national, à 699 cas pour 100 000 habitants. Et ce n'est pas forcément le tourisme qui est en cause, estime sur France Info le chef des urgences de l'hôpital de Bastia. Il estime que les clusters ont débuté suite à des effets chez des gens qui vivent en Corse. Pour le ministre de l'Intérieur, on a frôlé un drame. Gérald Darmanin s'est rendu au commissariat de Créteil, dans le Val-de-Marne, après l'attaque au mortier d'artifice qui avisaient trois policiers de la BAC.
L'engin pyrotechnique est entré dans la voiture banalisée des agents qui intervenaient pour un rodéo de moto. Six mineurs sont en garde à vue. Les Jeux Olympiques de Tokyo et la défaite de peu de l'équipe française féminine de basket face au Japon. Score finale 74 à 70 en judo. Clarisse Agbeigné, nous favoris du tournoi, accèdent aux demi-finales. Les demi-finales aussi pour l'autre française, Altea Lorrain, en taekwondo, chez les plus de 67 kilos. Nous recevons ce matin Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous saluez la vigilance d'Emmanuel Macron ?
France Info a appris qu'il allait organiser, en plein mois d'août, le 11 août prochain, un conseil de défense sanitaire à l'Elysée.
Moi, je pense que c'est nécessaire, en tout cas, qu'on ait des mesures, une surveillance qui soit là pendant le mois d'août, parce que le virus ne s'arrête pas pendant l'été, et parce qu'il est important de réguler, et notamment de faire face à de nouvelles contaminations et à une montée en charge éventuelle des hospitalisations. Et la question qui nous est tous posée, c'est où en serons-nous à fin août ? Est-ce que nos capacités de réanimation seront là ou pas ?
Donc, moi, ce que je souhaiterais, vous voyez, tout à l'heure, on parlait de la question du pass sanitaire, je pense qu'on doit faire quelque chose sur les 3 millions de personnes qui ne sont toujours pas vaccinées et qui sont des publics fragiles. On fait quoi ? Il faut aller les chercher. Il faut des équipes mobiles. Il faut que l'assurance maladie se mobilise pour leur proposer ce vaccin et les inciter fortement. Il y a encore des médecins généralistes qui n'ont pas, par exemple, le médecin, alors que c'est eux qui peuvent convaincre leurs patients en tant que tels.
Je crois qu'il faut vraiment, pendant ce mois d'août, mettre l'accent sur ces millions de personnes-là qui ne sont pas encore vaccinées et qui sont des publics fragiles et qui risquent donc, tout simplement, de créer de la saturation dans nos hôpitaux. Et à la rentrée, vous félicitez Jean-Michel Blanquer
qui veut installer des vaccinodromes dans les lycées. Alors là, il ne s'agit pas des 3 millions de personnes les plus fragiles qui ne sont pas encore vaccinées, mais des jeunes.
Je crois que les jeunes, il y a une prise de conscience aujourd'hui qui est importante. La réalité, c'est que les jeunes ont commencé à se faire vacciner. D'abord parce qu'ils veulent aller au restaurant, parce qu'ils veulent voyager, ils veulent se déplacer. Et la réalité, c'est celle-là aujourd'hui. Donc si on a des vaccinodromes, des lieux de centres de vaccination dans nos lycées, c'est très bien. D'ailleurs, les régions n'ont pas attendu Jean-Michel Blanquer pour le faire. Elles l'ont proposé. Moi, dans ma région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez est en train de le mettre en place. Nous le faisons, nous, au sein des départements, dans nos collèges. Et donc c'est quelque chose.
Je l'ai dit, je crois aux centres de vaccination aussi de proximité. Il faut aller au plus près des gens pour convaincre les derniers indécis.
Cette crise sanitaire, Damien Abad, elle va s'inviter profondément, avoir un énorme impact sur l'élection présidentielle, sur la campagne qui s'annonce.
Oui, mais je souhaite que cette crise sanitaire, elle n'empêche pas le débat présidentiel. Et elle n'empêche pas le débat politique. Il y a ce sujet qui est très important, le sujet de la santé, de cette gestion de la crise sanitaire. Mais il y a aussi d'autres sujets qui jalonneront la France pendant les cinq prochaines années. Et je ne voudrais pas qu'on fasse l'impasse ou l'omerta sur des sujets régaliens qui sont essentiels. La sécurité des Français, ce n'est pas un sujet que les Français oublient, par exemple.
La question de l'autorité de l'État, la question de la fracture territoriale, ce sont des sujets très concrets, de l'ascenseur social, sur lesquels nous devons avoir un vrai débat. Moi, ce que je ne souhaite pas, c'est que le débat présidentiel soit escamoté par la crise sanitaire. Il y a une crise sanitaire, il faut y faire face, il faut y répondre. En tant que président du premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, on a toujours pris nos responsabilités. On a toujours fait des propositions, il y en a toujours soutenu le gouvernement quand il est dans le bon sens, et dénoncé et critiqué quand il ne le faisait pas.
Mais est-ce que c'est la sécurité la priorité ?
Je pense que ça fait partie de l'une des priorités, bien entendu. On l'a vu encore lors des élections régionales et départementales. Ça a été l'une des grandes priorités, mais n'oublions pas les autres. La question écologique, par exemple, elle est centrale. Elle est centrale. Et c'est un sujet majeur, la question du réchauffement climatique. On le voit tous les jours. Et donc, je ne voudrais pas qu'on passe à côté de ces sujets-là. Donc, c'est important que ce débat présidentiel, il ne soit pas escamoté, il ne soit pas tronqué et mis entre parenthèses.
Damien Abad, est-ce que, avant de trancher sur les questions qui pourront être au centre du débat présidentiel, vous n'allez pas devoir trancher entre les candidatures ? Elle se multiplie au sein de la droite. Hier, Philippe Juvin, le patron du service des urgences de l'hôpital Georges Pompidou, maire LR de la Garenne-Colombe. La semaine dernière, c'était la présidente du conseil régional de l'Île-de-France, Valérie Pécresse. On s'attend à d'autres candidats. Ça y est, en tout cas, à droite, c'est parti.
Moi, je suis pour qu'on soit transparent. Et que toutes celles et tous ceux qui veulent être candidats le disent. Et c'est maintenant qu'il faut le dire. Michel Barnier, vous attendez qu'il se déclare ?
Laurent Gauquier, vous attendez que vous...
En tout cas, ces cinq personnes-là que vous citez font partie des prétendants. Ils ont des grandes qualités. Vous évoquez la question de Michel Barnier, qui est un homme d'État, qui a un engagement international et européen très important, qui est aussi quelqu'un qui a une figure de rassemblement dans notre famille politique. Et donc, bien sûr, qui compte. Et sa voix, elle pèse. Et ça fait partie de l'un des prétendants à l'élection présidentielle. Vous avez évoqué Philippe Juvin, qui a été quand même un acteur incontournable dans cette crise sanitaire. Valérie Pécresse, d'autres. La seule chose qui m'intéresse, c'est qu'à la fin, il n'y en ait qu'un seul.
Justement, on a parlé de transparence, Damien Abal. Pour l'instant, le processus de désignation de votre candidat, il reste assez flou.
Mais pour le moment, on est dans la phase de déclaration des candidatures. D'ailleurs, c'est des déclarations de candidatures, je rappelle, à l'élection présidentielle. Donc, ce n'est pas non plus un petit sujet. Et donc, c'est important qu'on se retrouve et qu'on sache, début septembre, quels sont les prétendants. Parce qu'ensuite, on y verra clair. Est-ce qu'on aura quatre, cinq ou six ? Ça, c'est la première étape. La deuxième étape, c'est le Congrès. Le Congrès, il a lieu le 25 septembre. Et c'est là qu'on choisira si on a un mode de départage ou de primaire, enfin, on l'appelle comme vous voulez, ou pas. Moi, vous le savez, mon opinion... Avec les sondages ? Oui, pas forcément.
Sondage interne. Avec les sondages ou avec une élection qui sera organisée en interne. Vous savez mon opinion, je n'ai pas caché, je l'ai toujours dit, j'ai beaucoup de réserves sur la primaire. Non pas que la primaire nous a fait perdre en 2016, ça, ce n'est pas vrai. Mais parce que la primaire, aujourd'hui, dans une période de crise sanitaire comme la nôtre, je ne suis pas sûr qu'on puisse intéresser massivement les Français. Voilà. Après, on aura un débat. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse tous se réunir autour de Christian Jacob à la fin de l'été, se rencontrer, échanger. Et puis, tout le monde doit faire propre responsabilité.
Et ça, je le dis, en tant que notre génération politique n'acceptera plus la division.
Damien Abad, comment éviter ces primaires ? Effectivement, ça n'a pas toujours été le cas, mais ça pourrait être des machines à perdre parce qu'elles pourraient finalement désigner un candidat et d'autres candidats. Et bien sûr, Xavier Bertrand ne veulent pas y passer. Donc, ça veut dire plusieurs candidats sur une de départ. Comment on départage alors les candidats ? Vous avez dit 4, 6, 7 candidats. Comment on les départagera dans les sondages ?
Comment on a fait quand Nicolas Sarkozy a été désigné ? Comment on a fait quand Jacques Chirac a été désigné ? Comment on a fait quand Emmanuel Macron est sorti et a émergé ? C'est ça la réalité.
Vous les voyez aujourd'hui ?
C'est Nicolas Sarkozy, c'est Jacques Chirac ? Écoutez, moi ce que je pense en tout cas, c'est que ce que j'espère, ce que je souhaite, c'est peut-être qu'à la fin des fins, il y en a un ou une qui puisse se détacher et qu'on puisse tous se ranger derrière. Pourquoi ? Parce qu'il nous faut une équipe de France, un collectif et un capitaine. Mais je le dis aussi, pourquoi j'ai des réserves pour la primaire ? Parce que je vois bien qu'entre ce que pense un militant, les républicains, et ce qu'il pense un électeur de droite, ça s'est un peu écarté. Et le fossé, il s'est un peu creusé.
Et je ne voudrais pas qu'avec la primaire, le fossé se creuve davantage, ce qui hypothèquerait notre chance de victoire à la présidentielle.
Mais sans primaire, comment vous sortez un candidat de là ?
On va voir. En tout cas, le parti n'a commandé, effectivement, pas un simple sondage. Ce qu'a demandé Christian Jacob, c'est une étude d'opinion qualitative, c'est la capacité de chacun de rassembler, c'est la détermination, c'est l'envie, c'est la volonté d'aller jusqu'au bout.
Vous, héritier du gaullisme, vous vous soumettez finalement à la démocratie de l'opinion. C'est un sondage qui va choisir le candidat ?
Non, non, non, je n'ai pas dit ça. Non, non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit simplement qu'on a des instances, un conseil national, un bureau politique. Ces instances, elles ont des responsabilités. Je n'ai pas dit en quoi ces instances, elles-mêmes, ne pourraient pas participer au processus d'esignation. Et j'ai dit aussi que si on constatait que, malheureusement, finalement, il n'y avait pas d'écart en tant que tel, bien sûr qu'on aura un processus de sélection.
Mais je dis simplement aujourd'hui que, moi, je préférerais que l'on puisse s'entendre, que l'on puisse trouver une solution entre nous, et qu'on ne passe pas des semaines et des semaines à, finalement, chercher nos différences entre nous. Parce qu'on a des talents-là. Voilà, moi, je considère que la ligne...
Pourtant, il va y avoir un peu des primaires sauvages cet été. Un tout dernier mot, aujourd'hui, c'est Xavier Bertrand qui reste le meilleur candidat. En tout cas, il est en tête dans les sondages.
Vous le savez, moi, j'ai une affinité particulière pour Xavier Bertrand, parce que je considère qu'aujourd'hui, c'est celui qui a mis le plus de marqueurs de différenciation par rapport à Emmanuel Macron. Je considère qu'il incarne cette France des territoires que nous attendons. Je considère aussi qu'il a compris qu'il ne fallait pas gouverner tout seul, mais avec les autres. Et je pense aussi que c'est celui qui a une capacité de rassembler notre famille politique. Après, vous savez, je suis président de groupe. Et donc, je suis là aussi pour écouter toutes celles et tous ceux qui ont des choses à nous dire.
J'ai entendu Valérie Pécresse, qui est une femme brillante, qui exerce la responsabilité importante dans la première région en Ile-de-France. Voilà. Voilà. Simplement, ce que je ne veux pas, c'est la course des petits chevaux. C'est l'élection présidentielle. Et donc, dans l'élection présidentielle, on doit avoir un choix politique fort. Je stime que ce choix politique, aujourd'hui, il se fait entre Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Michel Barnier.
Pas de course de petits chevaux, donc on en reparle au moment de votre congrès fin septembre. Merci beaucoup.
Merci beaucoup.
Damien Abad, invité du 830 France Info. Merci beaucoup.
Damien Abad