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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 14 janvier 2020 9 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSécurité

Retraites : pour une motion de censure contre le gouvernement

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Locuteur 1Fait
    « il faut que nous montrions la présence du Parlement en tant que pouvoir d'opposition à l'Exécutif »
  • 0:30Locuteur 1Promesse
    « les insoumis ont l'intention de proposer à leurs camarades du Parti Communiste et du groupe des Socialistes de déposer ensemble une motion de censure »
  • 4:30Locuteur 1Fait
    « il n'y a pas une banqueroute à l'horizon. Il n'y a pas une catastrophe financière à l'horizon »
  • 7:00Locuteur 1Fait
    « Le Préfet Lallement a joué un rôle détestable en évoquant l'idée de deux camps »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Voyez-vous, l'habitude dans un Parlement, c'est qu'on délibère sur un texte et que c'est ce texte qui circule entre les deux assemblées. En général, quand on y rajoute quelque chose, c'est assez mal pris. Quand le gouvernement, qui est coutumier de ça… Alors là, c'est la première fois qu'on nous dira : dans la première version vous n'aurez pas tout.

Si on n'a pas tout, on n'a qu'à attendre la bonne version. Alors il faut prendre une initiative Quelles qu'en soient les limites, nous pensons qu'il faut que nous montrions la présence du Parlement en tant que pouvoir d'opposition à l'Exécutif. C'est la raison pour laquelle les insoumis ont l'intention de proposer à leurs camarades du Parti Communiste et du groupe des Socialistes de déposer ensemble une motion de censure, s'ils le veulent bien.

Peut-être eux auront-ils la même idée aujourd'hui, je n'en sais rien. On doit prendre langue avec eux pour que le débat de censure ait lieu et que les français sachent que au Parlement, dans les conditions qui sont celles du Parlement, de la majorité et de la minorité, le point de vue de l'opposition à la réforme a essayé d'aller jusqu'au bout et a mis en cause ce qui est essentiel c'est-à-dire la responsabilité du Premier Ministre parce que c'est la sienne qui est engagée dans le cadre de la Constitution comme on la connaît. Voilà, cette proposition de motion de censure on va en discuter et puis comme on l'a déjà fait à quelques occasions en commun, on procédera de nouveau en commun.

De toute façon aucun d'entre nous ne peut en déposer sans les autres puisqu'il y a un nombre comme vous le savez de signatures qui sont nécessaires il faut être 60, on va tâcher d'être 60. Et voilà, c'est ce qui permet de faire que le Parlement ait un rôle autre que le rôle misérable et réduit de délibérer d'un texte dans lequel il y a des trous. Vous avez raison de dire que nous sommes inquiets des rumeurs. c'est vous qui les évoquez donc je réponds.

Oui, je les ai entendues comme vous. J'ai entendu parler d'un 49.3.

Ben voyons ! Ensuite dans les trous en question, ce serait les aspects essentiels et même décisifs qui seraient renvoyés par ordonnance. L' ordonnance n'a jamais été un modèle de démocratie parlementaire Ça a même toujours été dénoncé par nous et par d'autres comme une violence qui est faite contre le Parlement.

Vous ne savez pas ce qui va se passer. Vous votez un petit bout de texte, pour que les gens comprennent ce que c'est. Vous votez un article, un bout de texte qui a une formule très générale, et qui dit : pour la mise en œuvre, c'est le gouvernement qui s'en chargera par ordonnance.

Alors le gouvernement décide et puis au bout d'un certain temps, le Parlement à nouveau est saisi. Tout ça c'est pas le parlementarisme comme on se l'imagine, c'est pourquoi on imaginait que les ordonnances étaient en général réservées à des sujets très précis et assez étroits. Et là, c'est incroyable, puisque c'est le cœur même de la loi qui serait traitée par ordonnance.

Ça veut dire que c'est une violation de l'existence même du Parlement. A quoi bon se réunir, à quoi bon discuter, si on a des textes incomplets et que pour finir, l'essentiel des mesures vont être prises par le gouvernement lui-même. Il y a là un côté, si vous voulez, qui vient, dans l'arène parlementaire, compléter ou traduire la forme autoritaire que prend le régime Macronien.

C'est clair que le dépôt d'une motion de censure est pas fait pour arranger les affaires du gouvernement. C'est plutôt le contraire. Mais vous avez raison sans doute, ce sera l'un des résultats.

Et je dois dire que ça ne peut être que positif. Parce que, quel est le sens encore une fois, de voter, au sifflet, un texte de loi alors qu'on n'en connaît pas tous les aspects. mais voyez vous, je vais leur faire la grâce de penser qu'ils sont de bonne foi.

S'ils sont de bonne foi, pourquoi voter un texte qui n'est pas complet. Alors ils nous disent là, parce qu'on va discuter après. Très bien. discutez après, et nous voterons après, encore.

Voilà. Je crois que le gouvernement doit être mis aux pieds de ces responsabilités. Après les français jugeront même si le sort du vote n'est… peut paraître très défavorable pour nous.

Mais enfin, j'ai quand même vu dans la presse que des parlementaires de chez Les Républicains formulaient une protestation sur le fond qui rejoint la nôtre à propos, vous savez, de ces catégories sociales qui sont au-delà de deux fois du plafond de la sécurité sociale. Les Républicains ont analysé cette mesure exactement comme nous en disant que c'était l'ouverture à la retraite par capitalisation. et donc on a appris qu'il existait un fort parti parmi les républicains hostile à la retraite par capitalisation.

De la même manière, il y a une série de parlementaires de La République En Marche qui vont peut-être se ressaisir à cette occasion. Pourquoi dis-je cela, parce que figurez-vous qu'on s'est demandé pourquoi ils créaient une commission spéciale. Les gens ne le savent pas.

Mais normalement ce texte devrait aller à la commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale. Curieusement, il n'y va pas. On a créé encore une autre commission juste pour discuter de ce texte.

L'impression qu'on a eue nous, c'est que la commission des Affaires Sociales de l'Assemblée comporte un nombre de factieux de la famille de "La République En Marche" tel, que le gouvernement a pensé que c'était pas sûr de leurs confier l'examen du texte. On l'a vu déjà dans le passé cette commission a aussi été capable à certains moments de marquer sa mauvaise humeur. Donc on a l'impression générale que le résultat pourrait comporter des surprises parce que les parlementaires de tous bords ont compris qu'on a atteint une limite dans les mauvais traitements qui sont faits à ce pays à propos de cette loi. qu'aucune urgence n'impose, nous le savons tous, enfin tous ceux qui connaissent le dossier savent qu'il n'y a pas d'urgence.

Il n'y a pas une banqueroute à l'horizon. Il n'y a pas une catastrophe financière à l'horizon. Et donc pourquoi comme ça aller à toute vitesse brutaliser tout le monde, les gens dans la rue, les parlementaires ici, les syndicats également.

Donc mettre le pied sur le frein est une bonne chose. Monsieur Mélenchon… monsieur Macron à l'instant appelle les forces de l'ordre à faire preuve de déontologie… Est-ce que vous pensez qu'il y a un changement de ton au sommet de l'Etat sur ce sujet ? Si c'est le cas monsieur, si c'est le cas, je m'en réjouis.

Ça a trop tardé. Le président de la République, le Premier Ministre et ses ministres subsidiaires et exécutants, c'est-à-dire monsieur Castaner d'un côté, madame Belloubet de l'autre, pour la partie répression, férocité judiciaire, ont trop tardé, trop laissé de choses aller. Tant et si bien que on est arrivé au point où l'usage de la force dans de telles conditions leur a glissé des doigts.

Depuis le début nous avons protesté et je voudrais que vous me donniez acte du fait que c'était le cas, que beaucoup ont pensé que nous exagérions. Mais c'est l'expérience de l'âge qui me permet de vous dire que quand un corps qui exerce l'autorité de l'Etat et la violence légitime se livre à de tels débordements c'est que la situation échappe à ceux qui le commandent et le devoir alors leur commander et de mettre des limites, de marquer, par une réprobation d'abord puis par des sanctions, qu'on n'accepte pas certains comportements. Les choses sont allées tellement loin, on a tellement fermé les yeux que beaucoup se sont sentis en quelque sorte encouragés et vont entendre les paroles du Président de la République et de ses exécutants comme une manière de se défausser.

Vous allez voir. Parce qu'ils ne comprennent pas. Ils avaient compris qu'il fallait qu'ils fassent mal, qu'ils frappent fort.

Un grand quotidien a publié des échanges dans lequel on voit la hiérarchie donner des ordres de brutalité. Alors moi j'ai toujours dit c'est très malsain d'avoir dans un corps d'Etat, - enfin c'est la France ici -, des fonctionnaires qui sont capables de tirer dans la figure de gens ou de rouer de coups quelqu'un à terre puis de se sauver comme si c'était un règlement de comptes. Le Préfet Lallement a joué un rôle détestable en évoquant l'idée de deux camps.

Il n'y a pas deux camps dans ce pays. Non non et non ! Il n'y aura jamais deux camps.

Il y a des appréciations différentes, il y a une opposition et une majorité, mais il n'y a pas deux catégories de français. Et le Préfet Lallement, par ses propos, par son commandement, par sa propre pratique personnelle. Je vous rappelle qu'il a été nommé Préfet de Paris pour le récompenser d'avoir félicité des gens qui avaient battu le député Loïc Prud'homme dans la rue à Bordeaux.

L'enquête a été portée à l'IGPN et le résultat est le même que d'habitude personne n'a pu identifier les policiers qui ont frappé le député Loïc Prud'homme. C'est sur cette base qu'a été recruté monsieur Lallement comme préfet de police de Paris. Et vous voyez le résultat.

C'est que maintenant, chaque manifestation devient un guet-apens pour ceux qui y vont. Alors que dans d'autres villes, les choses se passent beaucoup plus calmement, parce qu'il y a une autre doctrine d'usage de la force. En tout cas, je veux vous dire que je suis satisfait du fait qu'on y mette le holà ce n'est bon pour personne.

Parce que c'est une incitation à l'escalade de la violence. Non, il n'y a pas deux camps et non, toutes les violences ne se valent pas. La violence légitime doit faire preuve de retenue, de maîtrise, de discipline, et c'est d'ailleurs un métier … On dit maintenant "maintenir l'ordre", moi je trouve ça affreux C'était les gardiens de la paix.

Moi je préfère qu'on dise "on garde la paix" que "on maintient l'ordre". Parce que si l'ordre, c'est la pagaille qu'on a sous les yeux c'est pas très intéressant.

Retraites : pour une motion de censure contre le gouvernement — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote