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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 octobre 2011 9 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesDéfenseInstitutions & élections

Gérard Longuet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Qu'a voulu dire le chef de l'État ?

  • 0:32RelanceRéponse directe

    Mais on n'y arrivera pas dans les dix jours, là.

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Donc, c'est sur ce point qu'il faudra arracher un accord à l'Allemagne le week-end prochain ?

  • 2:05OuverteRéponse partielle

    Sur le plan purement français, faudra-t-il forcément corriger le budget, qui est en discussion depuis hier au Parlement, et aggraver la rigueur, Gérard Longuet ?

  • 3:25RelanceRéponse directe

    Il y a des voix dans la majorité qui voudraient qu'on aille beaucoup plus loin dans les efforts, dans les économies de dépenses. Regardez ce qu'a dit Patrick Deveggian hier dans Libération.

  • 4:50RelanceRéponse directe

    Vous avez fait par deux fois allusion au projet socialiste, c'est quand même compliqué aujourd'hui pour l'UMP d'accuser l'EPS de préparer un programme et des mesures qui mettraient la France en faillite.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Qu'il est impossible d'avoir une monnaie commune, l'euro, qui est une très belle réussite économique, sans avoir une autorité politique commune. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « Si les deux chefs de gouvernement de ces deux pays, exprimant d'ailleurs le sentiment largement répandu dans leurs opinions qu'ils doivent travailler ensemble et qu'ils doivent décider ensemble, rapidement, chaque fois qu'il y a une urgence pour l'euro, nous aurons ce que le yuan ou ce que le dollar ont, une autorité politique pour soutenir notre monnaie. »
  • 3:03Invité politiqueFait
    « Revenir sur la tête à 60 ans, par exemple, serait un signal absurde. »
  • 3:51Invité politiqueChiffre
    « On peut se poser la question de la pertinence absolue de ces, selon les cas, 12 à 20 milliards dépensés. »
  • 5:38Invité politiqueChiffre
    « Jean-François Copé, sur les 5 ans, je le dis bien sur les 5 ans, a repris le chiffrage socialiste, il arrive à 255 milliards de dépenses supplémentaires en 5 ans. »
  • 5:47Invité politiqueChiffre
    « Ça veut dire 50 milliards par an, c'est pas mal. »
  • 7:23Invité politiqueFait
    « Nous opérons un retrait proportionnel. Comme nous sommes beaucoup moins importants qu'en Afghanistan, nous retirons moins mais nous retirons à proportion de ce que nous avons dans ce pays. »
  • 8:12Invité politiqueFait
    « Si François Hollande dit « je me retire de la coalition », qu'ils le disent. Mais nous deviendrions à cet instant un allié incertain, non fiable, et pour nos partenaires, un allié inquiétant. »

Temps de parole

  • Gérard Longuet78 %
  • Présentateur23 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Gérard Longuet

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.

0:06
Présentateur

Le ministre de la Défense est donc l'invité de France Inter ce matin. Bonjour Gérard Longuet. Bonjour. L'heure est grave, dit en substance Nicolas Sarkozy, après la menace d'une dégradation de la note de la France. Le destin de l'Europe se joue dans les dix jours, a-t-il déclaré hier matin à l'Elysée. Qu'a voulu dire le chef de l'État ?

0:22
Gérard Longuet

Qu'il est impossible d'avoir une monnaie commune, l'euro, qui est une très belle réussite économique, sans avoir une autorité politique commune.

0:32
Présentateur

Mais on n'y arrivera pas dans les dix jours, là.

0:33
Gérard Longuet

On n'y arrivera pas dans les dix jours institutionnellement, mais il y a deux pays, la France et l'Allemagne, qui représentent à eux seuls plus de la moitié de l'économie de l'euro. Si les deux chefs de gouvernement de ces deux pays, exprimant d'ailleurs le sentiment largement répandu dans leurs opinions qu'ils doivent travailler ensemble et qu'ils doivent décider ensemble, rapidement, chaque fois qu'il y a une urgence pour l'euro, nous aurons ce que le yuan ou ce que le dollar ont, une autorité politique pour soutenir notre monnaie.

Ce qui est, je suis totalement partisan de l'euro, mais l'euro, dès le départ, souffre d'un vice, c'est qu'il n'y a pas d'autorité politique derrière pour, en cas de coup dur, répondre à la question simple, que faites-vous immédiatement ? L'Allemagne et la France partagent les mêmes convictions, partagent la même monnaie, partagent les mêmes intérêts. Nous n'avons pas tout à fait, c'est moins qu'on puisse dire, les mêmes cultures budgétaires, par exemple, ou fiscales. Nous devons affirmer cette convergence et affirmer l'entente absolue sur les années à venir pour avoir ce bien en commun durablement.

1:36
Présentateur

Donc, c'est sur ce point qu'il faudra arracher un accord à l'Allemagne le week-end prochain ?

1:40
Gérard Longuet

En tous les cas, c'est vraiment là où les opinions internationales attendent l'allemand et le français, Mme Merkel et le président Sarkozy. Si l'euro a un conducteur, on lui fera confiance. Si il n'y a pas de pilote dans l'autocar de l'euro, et si c'est la démocratie des 17 pour chaque virage, eh bien, les gens descendront de l'autocar.

2:03
Présentateur

Sur le plan purement français, faudra-t-il forcément corriger le budget, qui est en discussion depuis hier au Parlement, et aggraver la rigueur, Gérard Longuet ? Le chemin est étroit.

2:15
Gérard Longuet

Je pense qu'il faut doper l'exportation. Aggraver la rigueur, c'est en effet un signal pour la notation de la France, mais c'est en même temps aggraver la conjoncture, dégrader la conjoncture. Nous sommes dans un pays qui a un potentiel d'exportation sous-estimé. Nous sommes dans un monde où il y a une demande très forte des produits que la France sait faire. Je pense en particulier à l'aéronautique, je pense au spatial, je pense dans mon secteur d'activité, c'est tout à fait avoible l'armement, je pense à l'énergie. Nous avons à doper nos exportations. La rigueur, pour la rigueur, n'est pas une réponse de moyen et de long terme.

On peut éviter les signaux absurdes, permettez-moi de dire que revenir sur la tête à 60 ans, par exemple, serait un signal absurde, mais nous avons surtout à offrir des perspectives. Dans le monde, il y a de la croissance. Dans le monde, il y a de la demande. Dans le monde, il y a des besoins d'équipement. La France est capable d'exporter. L'Allemagne réussit à le faire. Nous avons à faire ce qu'à l'Allemagne a fait depuis 10 ans, regagner des parts de marché mondiales. C'est le seul devoir.

3:25
Présentateur

Il y a des voix dans la majorité qui voudraient qu'on aille beaucoup plus loin dans les efforts, dans les économies de dépenses. Regardez ce qu'a dit Patrick Deveggian hier dans Libération. Ce que la France libérale exige de la Grèce socialiste, elle devrait pouvoir se l'appliquer à elle-même.

3:39
Gérard Longuet

Il y a en effet une question en France, c'est que l'État dépense des sommes considérables pour alléger le coût du travail. On peut se poser la question de la pertinence absolue de ces, selon les cas, 12 à 20 milliards dépensés. Mais à court terme, ce n'est pas la réponse immédiate. À court terme, ce que les marchés nous demandent, c'est où allons-nous ? Et toute la difficulté française, c'est exactement la suivante. C'est que d'un côté, nous avons une majorité qui souhaite l'euro et qui, au fond, accepte la convergence avec les règles allemandes. Et de l'autre, une opposition, c'est tout à fait son rôle, qui nous dit non, non, pas du tout, il faut dépenser plus.

Et cette ambiguïté va peser très lourdement sur toute décision française. C'est la raison pour laquelle, très clairement, dimanche prochain, moi j'attends de mon pays qu'il dise voilà ce qu'il veut faire avec son principal partenaire. Ensemble, nous faisons plus de la moitié de l'économie de l'euro. Alors, on peut régler des comptes avec le passé, ce n'est pas passionnant, passionnant, on peut le faire. Ce qui est important, c'est de savoir vers quel modèle allons-nous ? Et le modèle français doit être un modèle d'exportation, un modèle de présence internationale, et il faudra en tirer quelques conséquences en matière de dépenses publiques.

4:50
Présentateur

Vous avez fait par deux fois allusion au projet socialiste, c'est quand même compliqué aujourd'hui pour l'UMP d'accuser l'EPS de préparer un programme et des mesures qui mettraient la France en faillite. C'est vous qui êtes aux manettes et c'est la France de Sarkozy qui est menacée d'être dégradée.

5:05
Gérard Longuet

Vous avez tout à fait raison et François Hollande ne se prive pas de le dire. Simplement, nous sommes sur les marchés financiers dans une situation où ce qui compte, c'est que voulez-vous faire pour l'avenir et avez-vous les moyens de le faire ? Et dans le que voulez-vous faire pour l'avenir, je dois reconnaître que les annonces de François Hollande dans sa campagne de candidats sur l'allocation étudiante, sur la remise en cause de la retraite à 60 ans pour une certaine catégorie de travailleurs, un certain nombre de dépenses publiques ont profondément inquiété.

Et Jean-François Copé, sur les 5 ans, je le dis bien sur les 5 ans, a repris le chiffrage socialiste, il arrive à 255 milliards de dépenses supplémentaires en 5 ans. Ça veut dire 50 milliards par an, c'est pas mal. ces annonces-là ont une valeur économique lourde parce qu'elles sont des perspectives de changement. Or, qu'est-ce qui juge l'économie française ? Non, non, c'est le chiffrage du Parti socialiste. Simplement, c'est sur 5 ans. On ne l'a pas fait par an, on l'a fait sur 5 ans. Puisqu'en général, quand on gagne, on gagne sur 5 ans. Quel est le problème du Parti socialiste aujourd'hui ?

C'est qu'il n'a pas mesuré que toute décision française est jugée par des observateurs extérieurs qui se foutent royalement du succès de la gauche ou de la droite, mais qui se disent si ces gens-là sont élus, ils vont appliquer leur programme et donc ça va coûter. Tout signal de faiblesse, tout signal d'irrésolution, tout signal de découragement pour l'avenir, après les élections, affaiblit aujourd'hui l'économie française.

6:36
Présentateur

On ne vous a pas vu hier sur la scène du pavillon Gabriel lors du show UMP. Vous aviez un mot d'excuse, Gérard Lange ?

6:41
Gérard Longuet

Vous aviez un mot d'excuse qui avait été signé par le ministre brésilien de la Défense puisque je le recevais à ce moment même pour discuter avec lui.

6:48
Présentateur

Mais j'aurais beaucoup appris. À nouveau de cette vente de rafales dont on ne parle depuis plus de deux ans.

6:54
Gérard Longuet

On a surtout parlé de cette grande frontière commune car la première frontière terrestre de la France, vous le savez tous, c'est le Brésil.

7:02
Présentateur

À l'instant 83 km en Guyane. Oui, effectivement. À l'instant, l'armée française fait savoir que les 200 premiers soldats français vont quitter l'Afghanistan aujourd'hui même. C'était un départ programmé, prévu. C'est la volonté du président

7:14
Gérard Longuet

de la République qui l'a exprimé très clairement au mois de juillet dernier. Les Etats-Unis qui sont leaders de cette coalition ont opéré un retrait. Nous opérons un retrait proportionnel. Comme nous sommes beaucoup moins importants qu'en Afghanistan, nous retirons moins mais nous retirons à proportion de ce que nous avons dans ce pays. Et pourquoi d'ailleurs pouvons-nous le faire ? Parce que, en gros, les secteurs dont nous avons la charge vont être transférés à l'armée afghane qui a une réalité sur le terrain et qui assume la fonction de sécurité.

7:45
Présentateur

François Hollande, il y a une semaine, disait que s'il était élu président de la République, les soldats français quitteraient l'Afghanistan dès l'an prochain. En 2012, vous êtes toujours calé sur le calendrier américain, celui de 2014 ?

7:56
Gérard Longuet

Sur le calendrier de la coalition. François Hollande connaît une réalité, c'est que la France est engagée, comme d'ailleurs sur tous les terres extérieurs, dans le cadre de résolution des Nations Unies, dans le cadre d'accords, de coalitions, et la France participe volontairement à cette coalition. Si François Hollande dit « je me retire de la coalition », qu'ils le disent. Mais nous deviendrions à cet instant un allié incertain, non fiable, et pour nos partenaires, un allié inquiétant. Ce n'est pas ce que veut le président de la République. On se retire, comme le font les Américains, au même rythme, c'est tout.

8:28
Présentateur

Gérard Longa, ministre de la Défense, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5. On parlera dans la deuxième partie sans doute d'autres théâtres d'opérations. Gérard Longaie, l'Afghanistan, on vient d'en dire un mot, la Libye, et puis aussi le budget de la Défense qui, curieusement, est l'un des seuls à augmenter l'an prochain. À tout à l'heure. Oui. Un petit peu. Oui. Un petit peu.