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Interviewrtl-fr· 3 septembre 2026 9 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & international

Climat : François Gemenne est l'invité d'Anne-Sophie Lapix

Au micro : Anne-Sophie Lapix Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Ça reste exceptionnel ou la canicule récurrente est désormais la norme ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Est-ce possible de casser la dynamique actuellement ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Les efforts pour tenir une hausse de 1,5 degré seraient colossaux aujourd'hui ?

  • 4:02OuverteRéponse directe

    Il faut aussi trouver le moyen de prélever le carbone dans l'atmosphère ?

  • 5:15OuverteRéponse directe

    La priorité aujourd'hui, c'est d'adapter les bâtiments ?

  • 6:21OuverteRéponse directe

    La priorité, c'est d'adapter les bâtiments, notamment les écoles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26PrésentateurChiffre
    « 53 jours de vagues de chaleur, une température moyenne sur la période en hausse de 3,6 degrés par rapport aux normes de saison. »
  • 0:26PrésentateurChiffre
    « Au moins 7300 morts de plus liées aux canicules, c'est les chiffres qu'on a pour l'instant. »
  • 2:29InvitéChiffre
    « On annonce potentiellement cette neutralité carbone vers le milieu du siècle. »
  • 3:22InvitéFait
    « 1,5 c'est mort. »
  • 3:57InvitéFait
    « Par contre, 2 degrés, on peut encore le tenir et ça reste l'objectif principal. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur27 %
  • Locuteur non identifié4 %
  • ?3 %

≈ 18,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Anne-Sophie Lapix,

0:04
Invité

c'est RTL Soir.

0:07
Présentateur

Notre invité est enseignant à HEC, spécialiste du climat et co-auteur du sixième rapport du GIEC. Bonsoir François Gemmène.

0:13
Invité

Bonsoir Anne-Sophie Lapix, bonsoir à tous.

0:15
Présentateur

C'est donc du jamais vu, l'été le plus chaud depuis qu'on a des relevés. 53 jours de vagues de chaleur, une température moyenne sur la période en hausse de 3,6 degrés par rapport aux normes de saison. Au moins 7300 morts de plus liées aux canicules, c'est les chiffres qu'on a pour l'instant. Une nouvelle canicule est annoncée pour les prochains jours, à partir de demain. Ça reste exceptionnel ou la canicule récurrente,'est désormais la norme ?

0:39
Invité

C'est désormais la norme et j'ai envie de dire, malheureusement, plus on va en parler comme d'un phénomène exceptionnel, plus on va parler de température hors normes, plus on va parler de l'été, de tous les records, pareil à nul autre, plus en fait on va être dans le registre de l'exceptionnel, qui par définition n'a pas vocation à se reproduire. Et donc si on veut vraiment prendre les mesures qui s'imposent, notamment pour s'adapter à ces canicules, à ces sécheresses, à ces incendies, il faut absolument que, c'est triste à dire, que nous normalisions cette situation et qu se rende compte que c'est la nouvelle norme qui est devant nous, parce qu'il n aura pas de retour en arrière.

1:13
Présentateur

Alors la ministre de la Transition écologique, qu'on ne voit pas si souvent, Monique Barbu, a appelé à être à la hauteur des enjeux aujourd'hui, on l'écoute.

1:20
Locuteur

– Personne

1:21
Locuteur non identifié

n'a tombé véritablement quelque chose de cette ampleur maintenant. On l'a tous écrit, on l'a tous dit que ça allait arriver, mais je crois que ça a un peu pris par surprise ce qui s'est passé

1:34
Locuteur

pour

1:35
Locuteur non identifié

tout le monde, y compris les grands experts scientifiques qui travaillent sur ces questions.

1:40
Locuteur

Mais

1:41
Locuteur non identifié

maintenant nous l'avons vécu,

1:42
Locuteur

on

1:43
Locuteur non identifié

ne peut pas le revivre à l'identique.

1:46
Locuteur

–

1:47
Présentateur

Elle a dit qu'elle espérait que ce ne serait pas la première d'une série et qu'on serait à la hauteur, on espère tous que ce ne sera pas donc le premier d'une longue série. Mais déjà, est que c'est possible de casser la dynamique actuellement

1:59
Locuteur

? – C

1:59
Invité

'est possible de la ralentir. C'est tout l'enjeu de la décarbonation, de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, c'est effectivement essayer de stabiliser les températures.

2:10
Locuteur

On

2:10
Invité

sait qu'on doit atteindre la neutralité carbone, c'est-à-dire que la Terre doit retrouver un équilibre entre les quantités de gaz à effet de serre qu'on envoie dans l'atmosphère et celles qui sont absorbées. Tant qu'on n'a pas atteint cet équilibre, la neutralité carbone, les températures vont mécaniquement continuer à monter. Et donc c'est mécanique qu'on va continuer à battre record de températures sur record de températures. On annonce potentiellement cette neutralité carbone vers le milieu du siècle. C'est à ce moment-là que les températures vont se stabiliser. Plus vite on atteint la neutralité carbone, plus vite on stabilise les températures.

Et puis c'est seulement après qu'elles pourront commencer à redescendre. Mais il n pas du tout de surprise là-dedans. Je suis un peu choqué d'entendre un ministre qui dit « Personne ne s'attendait à ça, tout le monde était pris par surprise

2:50
Locuteur

».

2:50
Invité

Arrêtons de rigoler.

2:51
Présentateur

Il

2:52
Locuteur

y eu un

2:52
Présentateur

choc quand même. On a

2:53
Locuteur

vu exactement

2:54
Invité

le même été en 2022. On a vu aussi des canicules, aussi un excès de mortalité, également des incendies. Moins quand même. Et on s'était dit en 2022, il faut absolument qu'on commence à s'adapter parce que ça va devenir de plus en plus régulier. Et donc quand ça arrive quatre ans après, malheureusement, il n pas de surprise.

3:10
Locuteur

L

3:10
Présentateur

'ONU a publié un rapport cette semaine dans lequel il explique que les efforts qu'il faudrait faire pour tenir une hausse de 1,5 degré des températures, ces efforts seraient colossaux aujourd'hui ?

3:22
Invité

1,5 c'est mort. Il ne faut pas mentir aux gens. C'est un objectif très ambitieux qu'on avait inclus dans l'accord de Paris comme objectif volontariste, essentiellement pour satisfaire les demandes des petits états insulaires qui sont évidemment en première ligne face aux impacts du changement climatique. Mais on savait déjà bien à l'époque qu'on n'y arriverait pas. Et donc je pense qu'il ne pas du tout se leurrer. Il faut considérer l'objectif de 1,5 degré

3:44
Locuteur

comme

3:44
Invité

un marqueur d'ambition. De la même manière qu'on dit zéro mort pendant le Covid, zéro accident sur les routes en matière de sécurité routière. C'est un objectif volontariste, mais on sait bien qu'on n'y arrivera pas. Par contre, 2 degrés, on peut encore le

3:56
Locuteur

tenir et

3:57
Invité

ça reste l'objectif principal.

3:58
Présentateur

Le rapport dit aussi qu'on ne peut plus se contenter de parvenir à la neutralité carbone. Il faut aussi trouver le moyen de prélever le carbone qui existe dans l'atmosphère. Ça, c'est quelque chose qui est encore au stade de l'expérimentation, mais ça existe.

4:12
Invité

Ça se développe. C'est ce qu'on appelle de plus en plus la géoingénierie, notamment des processus de manipulation du climat pour aller retirer du carbone qui se trouve dans l'atmosphère.

4:23
Locuteur

Alors

4:23
Invité

évidemment, le procédé le plus naturel pour faire ça, c'est de planter des arbres et des forêts. La difficulté, c'est que ça prend un peu de temps, c qu'on n pas toujours l'espace nécessaire pour le faire et donc on invente des processus plus industriels qui sont encore un peu au stade d'expérimental, qui coûtent encore très très cher à l'heure actuelle. Et puis il y la question de savoir où on va pouvoir mettre ce carbone qu'on aura retiré de l'atmosphère. Il faut le stocker dans des poches géologiques souterraines qui sont elles aussi limitées. Donc il ne faut pas du tout compter sur cette solution. Ce serait trop facile.

Le problème, ça pourra potentiellement nous aider sur les dernières tonnes pour atteindre la neutralité carbone, celle que vraiment, on ne peut pas aller rechercher autrement. Mais ça ne va pas être la solution pour résoudre le problème. La solution, on l'a. On sait exactement ce qu peut faire pour décarboner l'économie mondiale.

5:09
Locuteur

En

5:09
Présentateur

attendant, quand Monique Barbu appelle à être à la hauteur, j'imagine qu'elle pense plutôt à ce que nous pouvons faire, nous la France, pour nous adapter. On en est là en fait.

5:16
Invité

Je pense qu'il avait surtout l'adaptation en tête. Effectivement, la France est un peu prise de court parce que tout le pays est adapté à un climat tempéré et que nous allons de plus en plus vers un climat méditerranéen. Et on voit bien notamment la question des bâtiments qui sont conçus pour résister au froid, pas pour résister au chaud. Donc c'est un très grand chantier qui s'annonce.

5:35
Présentateur

C'est le premier chantier, parce qu'on a beaucoup parlé de clim, évidemment, cet été. J'imagine qu'être à la hauteur, ce n pas mettre la clim partout.

5:41
Invité

Ce n pas mettre la clim partout, mais c'est par contre réfléchir à un plan intelligent de climatisation du pays. On voit bien, s'il n a pas de volonté publique et s n pas d'organisation de ça, tout le monde va se ruer dans les magasins de bricolage pour acheter des petits climatiseurs mobiles. Et on comprend évidemment que les gens fassent ça. Sauf que ce n pas du tout la manière la plus efficace de le faire. Ça va faire quand même grimper considérablement les factures énergétiques. Et il faudrait idéalement pouvoir mettre des systèmes de climatisation réversibles qui pourraient également chauffer l'hiver et décarboner le chauffage. Mais pour ça, c'est un vrai plan industriel.

Il faut vraiment se demander comment on fait évoluer les règlements. Comment est-ce qu'on crée une filière industrielle en France ou en Europe ? C'est un grand chantier, y compris un chantier industriel.

6:21
Présentateur

Donc la priorité aujourd'hui, c'est d'adapter les bâtiments. On parle notamment des écoles, évidemment.

6:25
Locuteur

Je

6:26
Invité

dirais qu'il a deux priorités. La priorité, c'est d'adapter les bâtiments. L'autre, c'est d'électrifier le pays. L'électrification, ça va être la pièce maîtresse de la transition pour faire baisser

6:36
Locuteur

à

6:37
Invité

la fois nos émissions de gaz à effet de serre et aussi notre dépendance aux énergies fossiles qui est un terrible talon d'Achille géopolitique et qui freine la compétitivité de nos entreprises. Et puis, il une troisième priorité, c'est aussi l'action internationale. Bien entendu, ça ne dépend pas que de la France. Et comme je le dis souvent, peut-être le ministre qui a le plus d'influence sur le climat, ce n pas Mme Barbu, c'est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barreau.

7:00
Présentateur

Alors, vous disiez qu'il faut électrifier, c'est vraiment une des choses essentielles, urgentes. Ce matin, on a appris que le gouvernement reconduisait les aides au carburant pour les secteurs en difficulté pour septembre et octobre parce qu'évidemment, les prix de l'essence à la pompe et du diesel s'envolent. Après un été pareil, ça reste une bonne chose à faire.

7:20
Locuteur

C

7:20
Invité

'est compliqué. C'est-à-dire qu'on est dans la tension entre l'urgence sociale et effectivement, certains secteurs, certains ménages qui connaissent de vraies difficultés et qui sont très dépendants de leurs véhicules à essence ou au diesel et la nécessité de sortir de ces énergies fossiles. Plus on va retarder le moment d'en sortir, plus on va se retrouver confrontés à ces dilemmes et en fond, malheureusement, c'est des emplâtres sur des jambes de bois. Je ne pas en train de dire que j'aurais fait autre chose si j'avais été au gouvernement et

7:47
Locuteur

bien entendu,

7:47
Présentateur

il

7:48
Locuteur

faut

7:48
Invité

aider ces gens. J'ai l'humilité de reconnaître que c'est un problème complexe et je n'aime pas ceux qui disent « Ah là, si ça avait été moi, j'aurais fait ça et le problème serait reçu ». C'est compliqué. Il faut traiter à la fois d'urgence sociale et environnementale mais ce qu'il faut comprendre c'est que notre dépendance aux énergies fossiles aujourd'hui, elle plombe aussi le pouvoir d'achat des ménages, la compétitivité des entreprises et globalement les coûts de tous ceux qui dépendent du carburant.

8:12
Présentateur

Merci beaucoup François Gemmène, spécialiste du climat et co-auteur du 6e rapport du GIEC. Vous restez avec nous ? Notre petite bande est très rafraîchissante, vous allez voir. Dans un instant, on retrouve l'info qu'on a failli manquer de Florian Gazan. 'est une infidélité démasquée par un robot aspirateur, on est loin. Le petit phénomène des bagues et selles, 'est une brosse à dents électrique. Et puis Tanguy Pastureau, défait l'info et fait un bilan de sa deuxième semaine parmi nous. A tout de suite.

8:35
Locuteur

Bonne

8:36
Invité

soirée sur RTL.

8:47
Locuteur

Votre

8:48
Présentateur

radio.