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interviewJean-Luc Mélenchon· 16 mai 2022 6 min

Premier Ministre : prise de parole de Jean-Luc Mélenchon - #PremierMinistre

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

Nous avons appris la démission du Premier ministre Jean Castex, à qui nous souhaitons de bonnes vacances, et la nomination de Mme Elisabeth Borne comme nouvelle Première ministre de notre pays. Cette nomination se porte sur une femme qui a toutes les compétences et les qualités personnelles pour assumer la tâche qui lui a été confiée. En effet, elle incarnera la continuité de la politique du Président de la République et des précédents Premiers ministres du premier quinquennat. C'est donc en quelque sorte une nouvelle saison de maltraitance sociale et écologique qui commence. Sa nomination commence dès les premiers instants par une sorte de tentative de tromperie.

Mme Borne serait une femme de gauche. Alors, peut-être qu'elle peut le penser, mais nous ne lui accordons pas ce label. Nous ne pouvons oublier qu'elle est personnellement responsable du fait que 1 million de chômeurs dorénavant ont leur allocation baissée de plus de 17% à un moment déjà si difficile. Et que cette réforme de l'allocation chômage, après avoir buté deux fois sur les décisions du Conseil d'État, a été prise sans aucune concertation débouchant sur un accord avec quelques syndicats, que ce soit, y compris ceux qui étaient au départ peut-être mieux disposés à entendre l'idée d'une réforme.

Mme Borne a été la personne qui a ouvert à la concurrence la SNCF, je veux dire le rail, le transport rail, et modifié le statut des cheminots. De même qu'elle a été la femme de l'ouverture à la concurrence de la RATP. C'est celle qui refusait en janvier dernier l'augmentation du SMIC, qui s'est prononcée pour la retraite à 65 ans, et surtout qui porte l'image un peu particulière et, je crois, assez significative d'être la ministre du Travail qui a obligé à un déménagement, dans ses fonctions comme dans sa vie, de M. l'inspecteur du Travail, SMIC, dont on rappelle qu'il avait été puni parce qu'il réclamait des masques pour le personnel qui travaillait dans une résidence de personnes âgées.

Dès lors, c'est au total un personnage parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste. Pour ce qui concerne l'écologie, on n'en fera pas une liste si longue, mais il me paraît important de rappeler que c'est elle qui a fait reporter de 10 ans l'entrée dans le mix nucléaire à 50%, c'est-à-dire la fin du nucléaire, le début de la fin du nucléaire. Elle l'a fait retarder de 10 ans. Et c'est elle aussi qui a reporté à 2040 la fin de l'usage des objets, usage unique des objets en plastique. Et bien d'autres choses que pour l'instant je laisse de côté. Dès lors, il ne faut pas laisser entendre ce qui n'est pas.

Il ne faut pas créer des confusions qui rendent la scène politique illisible. Mme Borne est la continuation de la maltraitance sociale et écologique de toute la période macroniste du premier mandat. Au demeurant, on a bien vu qu'il n'y avait pas grand monde qui souhaitait occuper la fonction si on en croit ce qui a été dit dans la presse. Et sans doute, il y a-t-il une raison à cela, c'est que l'idée de continuer ce qui a été fait avec aussi peu de succès auparavant n'est pas si bien vécue. D'alors, il y a bien un troisième tour. Et l'élection législative qui aura lieu le 12 et 19 juin prochains est celle qui devra décider pour de bon.

Et donc, il existe une possibilité pour les Français de renvoyer Mme Borne et de faire un autre choix. Le choix que j'incarne, puisque, comme vous le savez, ma candidature au poste de Premier ministre a été présentée par l'ensemble des organisations qui participent à la nouvelle Union populaire, écologique et sociale. Il va de soi que, plus que jamais, et compte tenu de qui est Mme Borne et quelle est sa feuille de route, cette candidature est non seulement maintenue, mais sans doute renforcée, puisqu'elle représente une alternative complète à ce qui est proposé.

Et puisqu'il en est ainsi, et puisque, pour l'instant, nous sommes donnés comme favoris, et je propose à Mme Borne, quand elle le voudra, que nous ayons un débat public sur les politiques qu'il est possible de faire appliquer en France. Et en particulier, ce sera l'occasion de discuter le bilan de la sienne et celle du premier mandat de M. Macron, si bien qu'à la fin, on pourrait quand même avoir le débat dont on a été privé pendant l'élection présidentielle.

Les circonstances particulièrement dangereuses de la vie de l'Europe et du monde, à cet instant, les difficultés qui s'avancent avec une force tout à fait considérable, que ce soit la sécheresse, que ce soit les inégalités sociales, que ce soit l'envol des prix qui rendent la vie si difficile pour les gens, demandent qu'il y ait une certaine mesure dans la critique que l'on s'adresse les uns aux autres. Ce ne peut être une critique personnelle. Pour ma part, je ne critique pas la compétence et les capacités de Mme Borne à être la Première ministre. Mais nous avons un devoir de débat politique et de choix au moment où ces circonstances s'avancent vers nous.

Parce qu'il y a plusieurs possibilités. Et Mme Borne représente tout ce qui n'a pas marché au cours des 20 dernières années et au cours des 5 dernières années. C'est-à-dire, comme vous le savez, la privatisation des services publics, les restrictions de toutes sortes des acquis sociaux des travailleurs. Voilà la raison pour laquelle, si nous connaissons le nom de la Première ministre, j'ai profité de la circonstance pour vous faire connaître le nom déjà connu de son premier opposant. Merci. Merci.

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Locuteur

Merci. Merci.