Débat de la primaire socialiste : MÉLENCHON, ÇA VIRE À l'OBSESSION
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il n’y aura pas aux présidentielles d’accord avec la France insoumise, et il n’y en aura pas non plus aux législatives. »
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« Quand au moment des élections municipales, le bureau national du PS adopte à l'unanimité le fait de dire : “Il n'y a pas d'accord avec la France insoumise”... National. »
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« Ferrailler avec le chef de la France insoumise, c’est lui faire la courte échelle. »
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« Si l'un d'entre nous est au deuxième tour de l'élection présidentielle, arrêtons de cracher sur le reste de la gauche parce qu'il y a des gens qui sont là, qui nous écoutent. »
- 6:33Fait
« Moi, je ne veux pas qu'en plus elle ait l'Assemblée nationale majoritairement d'extrême droite. Donc qu'est-ce qu'on va faire ? On va de toute façon se rassembler. »
Temps de parole
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Il n’y aura pas aux présidentielles d’accord avec la France insoumise, et il n’y en aura pas non plus aux législatives. Plus vous faites d’obsession sur LFI, plus vous les remettez au centre du jeu. Le drame qu’on vit à gauche, c’est l’absence de constance et de cohérence. Tout le monde sait que Jean-Luc Mélenchon ne sera jamais président de la République. On est en train de tomber dans un piège absurde qui est de se définir nous-mêmes par rapport à une autre force politique du camp de la gauche. Mais de quoi auraient parlé les cinq candidats à la primaire du PS sans Jean-Luc Mélenchon ? Même si la question des alliances n’est venue qu’à la fin de ce premier débat, les échanges ont été enflammés.
Il y a bien deux lignes irréconciliables au Parti socialiste. C’est ce qu’on regarde dans ce numéro 210 de Pol’Express.
On pouvait redouter l’assoupissement. Quatre socialistes et une pièce rapportée en train de débattre de leurs différences, cela s’annonçait aussi passionnant qu’une conférence sur la reproduction des mouches drosophiles en Amazonie centrale, un soir de décembre au Muséum d’histoire naturelle. Eh bien, on avait tort. J’avais tort. Quand ils le veulent, les socialistes savent retrouver cette flamme qui fait qu’une aimable conversation de salon se termine aux frontières du pugilat. Pour notre plus grand plaisir de téléspectateur. Exit la langue de bois, place à la vérité des tempéraments. Et c’est à Jean-Luc Mélenchon qu’on doit cette catharsis, cette libération de la parole. Certes, le chef insoumis n’était pas là.
Mais son hologramme flottait dans le studio. Au point qu’après avoir tenté de le contourner pendant deux heures, le quintet a sorti les cuivres et les percussions. Devait-on, pouvait-on s’allier à ce diabolique personnage ? La gauche coincée à 30 % avec un plafond de verre sur la tête parce qu'on a Jean-Luc Mélenchon qui brutalise le débat public. Il faut faire sauter ce plafond de verre. Mais pour faire sauter ce plafond de verre, il faut être net et clair. Il n'y aura pas, aux présidentielles, d'accord avec la France insoumise et il n'y en aura pas non plus aux législatives. Est alors venu le moment des règlements de compte avec Olivier Faure. Le drame qu'on vit à gauche, c'est l'absence de constance et de cohérence.
Et je le redis : quand au moment des élections municipales, le bureau national du PS adopte à l'unanimité le fait de dire : “Il n'y a pas d'accord avec la France insoumise”... National. C'est subtil, ça c'est du cynisme de dire : “Non, non, pas d'accord national parce qu'il a des relents antisémites” et après te dire : “Mais localement vous faites ce que vous voulez”. Pour le Premier secrétaire, l’adversaire, c’est Marine Le Pen. Se focaliser sur La France insoumise, c’est du temps perdu. Le seul danger dans cette élection présidentielle, il ne vient pas de la France insoumise dont tout le monde sait que Jean-Luc Mélenchon ne sera jamais président de la République. Le danger, il vient de Marine Le Pen. Alors, cessez cette obsession avec la France insoumise
et occupez-vous, d'abord, de l'extrême droite. Ségolène Royal va plus loin. Ferrailler avec le chef de la France insoumise, c’est lui faire la courte échelle. Plus vous faites d'obsession sur LFI, plus vous les remettez au centre du jeu. Plus vous dites “il n'y aura pas d'accord avec LFI”, d’abord de quel droit, c'est au Parti socialiste de redéfinir la refondation de la gauche et de définir dans quelles conditions on fera accord avec les autres forces de gauche. Pour éclairer le débat, Emmanuel Maurel a tenté un voyage dans le passé. Il a convoqué la figure de François Mitterrand et le souvenir du congrès fondateur du Parti socialiste en 1971 à Épinay. Le parallèle s’imposait. A cette époque la gauche pesait 30 %,
c’est-à-dire le total des voix obtenus à l’élection présidentielle de 1969. Comme aujourd’hui, en somme. Le candidat communiste était presque à 22 %. Tiens, ça me rappelle quelqu’un. Le candidat socialiste tournait à 5 % - Tiens, ça me rappelle quelqu’un d’autre. Les 3 % restants, c’était Michel Rocard pour le PSU. Pour tous ceux qui n’ont pas vécu cette époque, il faut rappeler que le Parti communiste français était le parti le plus stalinien d’Europe de l’Ouest. Les dirigeants allaient encore chercher leurs ordres à Moscou auprès d’un régime responsable de millions de morts. S’allier avec le PC, c’était donc fermer les yeux sur l’univers concentrationnaire qui sévissait derrière le rideau de fer. On est en train de tomber dans un piège absurde
qui est de se définir nous-mêmes par rapport à une autre force politique du camp de la gauche. Quand François Mitterrand devient premier secrétaire du Parti socialiste, il n'arrive pas en disant : “Les communistes, qu'est ce qu'on fait par rapport aux communistes ? Ils sont staliniens ou pas staliniens ?” Très juste. Il se dit : “Qu'est-ce que c'est être socialiste aujourd'hui ?” Et d’ailleurs, à l’époque il disait : “Etre socialiste, c’est la rupture”. Là, Emmanuel Maurel enjolive un peu l’histoire. La réunification des socialistes a bien failli achopper sur cette question des alliances avec les communistes. Mitterrand, qui en était l’ardent défenseur, ne l’a emporté que par 51 % des voix sur les anticommunistes de son parti.
Le débat d’hier soir n’est donc qu’un éternel recommencement. A qui faut-il s’adresser alors ? A Mélenchon ou à ses électeurs dont le candidat socialiste, s’il parvenait au second tour de la présidentielle, aura bien besoin. Si l'un d'entre nous est au deuxième tour de l'élection présidentielle, arrêtons de cracher sur le reste de la gauche parce qu'il y a des gens qui sont là, qui nous écoutent, qui ont fait plutôt le choix pour l'instant de Jean-Luc Mélenchon et il faut les ramener vers nous. Il faut leur dire… Mais si vous leur dites qu'ils sentent mauvais, ils ne viendront jamais. Cette approche, somme toute pragmatique, est défendue par Emmanuel Maurel. J'ai été proche de Jean-Luc Mélenchon et pour moi, oui, en effet, c'est extrêmement douloureux
de le voir faire des blagues sur les noms à consonance juive et de faire applaudir des gens dans une salle. Oui, c'est affreusement douloureux. Oui, c'est scandaleux. Je suis d'accord avec toi. Et oui, il y a des dérapages. Et oui, il y a des lignes rouges de franchies. Mais. Mais oui, mais. Mais évidemment qu’il y a un mais. Mais la gauche, ça n'est pas que nous. Et d'ailleurs, je trouve qu'on est obsédés LFI. On ne parle pas des communistes, on ne parle pas des écologistes qui ont quand même des choses à dire. Mais Jérôme Guedj refuse de sacrifier les valeurs socialistes sur l’autel du réalisme politique. Il le dit sans détour. Pas de bol, il aurait dû se souvenir que la Madone du Poitou n’aime pas qu’on lui tienne tête. Vous glissez dans la soumission à la France insoumise.
Moi, j'assume. Ça suffit. Pas d'insultes. Moi je ne glisse pas dans la soumission, surtout une femme, pas d'insultes. Reste une question : Quelle conduite adopter pour les élections législatives qui suivront l’élection présidentielle ? Surtout si c’est Marine Le Pen qui l’emporte. Imaginons le pire scénario. Marine Le Pen devient présidente de la République. Moi, je ne veux pas qu'en plus elle ait l'Assemblée nationale majoritairement d'extrême droite. Donc qu'est-ce qu'on va faire ? On va de toute façon se rassembler. Non seulement il y aura rassemblement de la gauche, je vous le dis, mais ça ira même au-delà. Bref, pour Emmanuel Maurel, le réflexe du Front républicain fera son retour. Une stratégie perdante, lui répond Raphaël Glucksmann.
Il y aura des candidats de la gauche démocratique dans toutes les circonscriptions. Et ça, ça sera un fait. Et vous savez quoi ? On gagnera plus de sièges comme ça, en ne sacrifiant pas nos principes parce qu'on ramènera des millions de Françaises et de Français qui ne peuvent pas voter pour une alliance avec la France insoumise. L’émission spéciale de LCI, Face aux Français, a été suivie par 709 000 téléspectateurs. Ce qui est un excellent score. Il est vrai que cette primaire déterminera la stratégie de l’année à venir pour le PS. Et par voie de conséquence pour l’ensemble de la gauche. Pour le dire autrement, au-delà des personnes, il y a un véritable enjeu politique autour de cette désignation. Et une véritable interrogation.
Les candidats battus se rangeront-ils derrière le vainqueur de l’élection ? Le doute est permis malgré l’engagement pris par chacun des débatteurs. Depuis Benoît Hamon, on sait à quoi s’en tenir. Merci d’avoir regardé cette chronique. Comme d’habitude, si vous l’avez appréciée, partagez-la et mettez un pouce. Et si vous nous regardez depuis un smartphone, n’hésitez pas à booster la vidéo. Vous pouvez encore vous abonner à la chaîne. N’oubliez pas de cliquer sur la cloche pour être averti à chaque mise en ligne. Jusqu’à présent, Pure Politique publiait une infolettre réservée à nos contributeurs. Mais le temps de la campagne électorale, il nous a semblé utile de l’ouvrir à tous ceux qui le souhaitent. Vous trouverez le lien pour vous abonner dans la description de la vidéo.
On se retrouve lundi pour un Pol’Express.