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interviewEurope 1· 20 août 2025 9 min

"Les caméras, ça sert à rien" : le laxisme sécuritaire de Manuel Bompard

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et pour décrypter toute l'actualité politique du jour, Stéphanie de Murue vous est accompagnée par Frédéric Daby, directeur général opinion du groupe IfOP. Oui, on parlait de la rentrée politique. La gauche d'ailleurs euh s mai à cette rentrée insoumis écologiste et communiste font cette semaine leur rentrée politique avec leurs diverses universités d'été avec en ligne de mire, on en parlait il y a quelques instants avec vous Frédéric Dabensure du gouvernement qu'elle est espère accélérer en soutenant le le mouvement de blocage notamment du du 10 septembre.

LFI qui n'est jamais en mal d'une remarque, d'une proposition en choc. Je vous propose d'écouter la dernière en date, celle de Manuel Bonpard qui a pris la parole en ouverture des MFI jeunes organisés le 17 août près de Valence. Écoutez ce qu'il dit sur les caméras de vidéosurveillance.

Pour la sécurité des gens, les caméras, ça sert à rien. C'est mieux d'imp de de d'investir dans de la présence humaine, de faire en sorte qu'il y ait de la vie dans nos quartiers, qu'il y ait de la vigilance collective, que les gens ils soient pas dans des rues où il y a plus personne à part une caméra parce que c'est pas la caméra qui va venir vous sauver si vous avez un problème ce jour-là. Là aussi, je le dis franchement, le monde selon Manuel Bonpard, on rappelle quand même selon des des chiffres officiels du ministère de l'intérieur en 2022, plus de 75 % des enquêtes élucidées à Paris impliqué par exemple des images de de vidéo protection.

Frédéric Dab. Oui, c'est vrai qu'il est en décalage avec déjà ce que nous disent les Français. On est à quelques mois, vous le savez, Stéphanie des élections municipales et depuis maintenant 2 ans, l'IFOP a réalisé dans des villes grandes, dans des villes moyennes, dans des petites villes au moins de plus de 5000 habitants, des enquêtes de climat municipal, voir comment les gens vivent leur vie quotidienne.

Qu'est-ce que l'on voit que la sécurité est un sujet majeur, un sujet d'inquiétude absolument massif, beaucoup plus fort qu'il n'était avant les municipal de 2020 avec en plus une dimension aggravante, c'est la prise de conscience du trafic de drogue avec des Français qui utilisent même dans des petites communes le mot de narcotrafic. He il y a quelques années narcotrafic, on croyait que c'était un mot qui était dédié à des à des séries sur Netflix. C'est pas un mot qui parlait au français.

Et systématiquement quand euh nous travaillons sur les moyens, les Français de gauche comme de droite, l'équivage gauche droite est absolument euh marginal sur cette sur cette question, appelle de leur vœux des caméras euh de sécurité. Maintenant, quand on quand quand on écoute l'ensemble du propos de monsieur Bonard, bah on peut pas lui donner tort. Il faut la présence humaine.

Mais je pense que les Français sont aussi d'accord sur la présence humaine et j'ai pas l'impression que dans les villes petites ou moyennes, il n'y ait que des caméras de sécurité. Mais maintenant, il met le doigt sur une dimension importante, le sentiment chez beaucoup de Français et je le répète, le clivage gauche- droite qui qui avant pouvait séparer la question sur la question de la sécurité des gens de gauche qui disaient l'importance, rappelez-vous la phrase de Lionel Jospin qui disait qu'il avait été naïf sur la question de la sécurité, queavec la baisse du chômage, la sécurité disparaîtrait. C'est une chimère qui est complètement mis aux oublies de la part des français de basculement.

Mais et quittons même ce que nous disent les Français, regardons les tribunes récentes euh du maire de Bordeaux, un écologiste Pierre Micque, du maire de Lyon qui tardif quand même hein. Mais euh Pierre Mic quasiment dès le début de son mandat. Puis il y a eu le moment des gilets jaunes, il y a eu l'incendie et nos auditeurs bordel ont vraiment en tête de manière un peu émue de la de la place Pberlin.

Enfin de la de la porte, la grande porte historique de la mairie de Bordeaux. Je pense que à l'échelle locale sur les questions d'insécurité, les Français de gauche et ceux de droite réagissent de manière identique. Alors, un discours un peu jusqu'au buttis comme celui de de Manuel Bompard, la les caméras de sécurité, ça ne sert à rien.

Je pense que les Français, y compris de gauche, n'achètent pas. Par contre, oui, ce qu'il disait sur la présence humaine, le fait que effectivement la sécurité c'est pas que de la technologie, c'est d'abord une police de proximité. euh les Français de gauche que de droite, je dirais euh plébiscite les polices municipales et même l'armement des polices municipales auquel et les filles euh est je crois que très euh opposé.

Donc on est sur un sujet qui aujourd'hui, on verra ce qui se passera d'ici mars et le premier déterminant du vote des Français aux prochaines élections municipales. C'est pas un sujet anodin. Oui.

Et on va retrouver tout de suite un auditeur, un premier auditeur sur ce sujet, Grégory qui nous appelle de Paris. C'est cela. Bonjour Grégorie.

Tout à fait. Bonjour. Bonjour à tous.

Soyez le bienvenu sur l'antenne d'Europe 1. Euh vous souhaitiez réagir sur cette sur ce sujet précisément de de la vidéo surveillance que qui ne sert à rien manifestement selon Emmanuel Bonpard. Alors pour Emmanuel Bompard pour Oui pour oui c'est vrai pour Emmanuel Bompard.

Oui ça ne sert à rien mais pour moi ça sert. Alors ceci dit je suis d'accord avec lui lorsqu'il parle de la présence humaine mais bien sûr ça il a raison. n'êche pas l'autre.

Bien sûr. Tout tout à fait. L'un n'empêche pas l'autre.

Vous avez tout à fait raison. Il faut de la présence humaine, il faut de la sécurité tout simplement. Il faut voir des policiers.

Euh mais il faut aussi des caméras de surveillance. Et pour moi, les caméras de surveillance servent beaucoup parce que vous savezin, il y a de la violence partout en France. On entend que ça, de la de la violence, des agressions, des coups de couteau.

Il y a quand même, si on en croit les chiffres, 120 coups de couteau par jour en France. Euh c'est quand même très très grave. Euh il y a des trafiquants, trafiquants de drogue, des il y a il y a de tout.

Alors quand on a rien à se reprocher comme moi, moi j'ai rien à me reprocher. Moi je je peux me balader dans la rue tranquillement, on peut me filmer, il y a pas de problème. Je ne suis pas un agresseur, je ne suis pas un délaquant, je ne suis voilà, tout va bien pour moi.

Il y a pas de souci. Mais donc quand on a rien à se reprocher, bah c'est pas grave qu'il y ait des caméras sourié, vous êtes filmé. Il y a pas de problème.

Mais mais non pour la la ville, pour la sécurité. Alors déjà qu'il y a une justice trop faible en France he moi je le dis tout le temps, il faut une justice beaucoup plus ferme. Alors au moins mettez laissez les cabats de surveillance.

Euh moi je je pense que c'est que les Français c'est publicité hein. Je je parle sous le contôle de Frédéric Dab qui vient de d'aller dans ce sens. Je crois que j'ai un sondage difop là.

Bon il date un petit peu mais 80 % des Français favorables à la vidéosurveillance. On est sur ces chiffres. Tout à fait.

Et comme je vous disais à l'échelle locale dans des grandes métropoles, dans des petites villes, dans des villes de taille moyennes, c'est également des des pourcentages équivalent. Ça c'est nouveau Frédéric d'ab dans les dans les petites villes justement de campagne. Oui, il y a dans des on a fait dans le cadre d'un livre à sortir avec Bris Sole, on a interrogé des maires et qui nous dit des maires de petites villes de communes rurales.

Nous, il faut pas oublier la France c'est un tissu de petites communes. Il n'y a que 1000 villes ou 1050 villes de plus de 10000 euh euh habitants. On va les regarder fortement pour les municipales mais il y a tout ce tissu de petites communes et les maires des petites villes de communal nous disent on a maintenant les inconvénients de la ville sans les avantages et ces inconvénient c'est le trafic de drogue souvent et ces actes d'insécurité.

Le fait majeur, c'est pas l'évolution du chiffre. C'est comme je vous le disais tout à l'heure et je veux insister là-dessus que le clivage gauche droite qui était avant majeur sur les questions d'insécurité a complètement disparu. Voyez tout à l'heure on écoutait les rappels du titre avec les la phrase polémique du député Aurélien Taché.

Quand nous faisons des enquêtes, on en fait une chaque année pour l'humanité, sur l'identité de gauche, on ne trouve jamais une majorité de sympathisants de gauche qui disent que la police tue. Il y a quelque chose qui est euh l'ordre d'indication. Journal libération encore fait sa une aujourd'hui sur les violences policières.

Et ben, elles existent peut-être, mais pour les Français, y compris de gauche, ce sont des phénomènes très marginaux. Euh Frédéric Dabich, vous voyez réagir aussi à ce que nous disait Grégory sur euh sur la justice. Il exprimait son opinion hein Grégory.

Grégory est très représentatif de ce que j'appelle la mutation de l'insécurité. Premièrement, plus de kivage gauche droite, on l'a dit. Deuxièmement, pourquoi les actes d'insécurité marquent quand on interroge les Français sur ce qui les a marqué en matière d'insécurité ?

Il parlent de choses qu'ils ont connu personnellement. bien sûr, les faits d'hiver euh affreux, l'affaire de Thomas à Crépol, euh la euh la petite lue divine et cetera euh philippine pardon choc. Mais pour les Français euh ils sont en tête également des personnes victimes d'act d'insécurité qui ont une part réelle ou symbolique d'autorité de l'État.

Très récemment, un maire dans l'Iser, vous le savez, a été euh frappé quasiment à mort. Il cite des pompiers, il citent des médecins qui peuvent pas rentrer dans les cités. Et par rapport à ce qu'a dit Grégory et c'est la 3è mutation sur la question de l'insécurité, ben c'est de moins en moins une question de police ou de vidéosurveillance, c'est une question de justice et donc d'insuffisante réponse pénale.

Et c'est en ça que l'habileté de Gérald d'Amin de passer enfin de passer de beauau à la place Vendô, il a suivi si je puis dire dans ce cheminement ministériel les attentes des Français qui disent c'est au niveau de la justice que peut-être les choses sont pas efficientes en matière de lutte contre l'insécurité. Merci Grégory en tout cas d'être intervenu sur l'antenne d'Europin.