François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Le remède à la crise du système sanitaire français passera-t-il par des solutions régionalisées ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Parce qu'aujourd'hui 80% de ces étudiants en école d'infirmiers ou d'infirmières ne vont pas au bout du cursus.
- 2:45OuverteRéponse directe
Et comment s'assurer que ces élèves qui sont recrutés mais qui sont favorisés parce qu'ils viennent de la région vont bien rester à la fin de leur formation ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut des incitations financières en plus ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Ce n'est pas des infirmiers mais plutôt des médecins. On voit aujourd'hui par exemple la journée sans interne qui a été décrétée dans toute la région.
- 6:09OuverteRéponse directe
Comment on peut régler ce genre de problématiques dès aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Je demande à la fois que systématiquement les candidates et candidats pour une école d'infirmiers infirmières puissent bénéficier d'un entretien. »
- 1:45Invité politiqueChiffre
« Alors 80% c'est le chiffre que donne l'ARS, 80% ne vont pas au bout du cursus et ou ne s'installent pas en centre Val-de-Loire. »
- 2:25Invité politiqueChiffre
« Il y avait 800 par le passé, nous sommes à 1600 aujourd'hui. »
- 2:29Invité politiquePromesse
« Nous voulons aller jusqu'à 1800, 2000 infirmiers et infirmières formés. »
- 5:16Invité politiqueChiffre
« On parle de 42-48 heures par semaine ce qui est considérable. »
- 6:28Invité politiqueChiffre
« 120 maisons de santé pluridisciplinaires, 117 sont en fonctionnement et 3 sont en construction. »
- 9:03Invité politiqueFait
« Il n'est pas juste, il n'est pas envisageable de dire à un maçon, à une personne qui travaille dans un restaurant scolaire ou collectif, à un soignant. Il n'est pas logique de dire vous allez vous payer les conséquences des tensions budgétaires en travaillant deux ans de plus. »
- 9:43Invité politiqueChiffre
« Les enseignants de milieu de carrière, regardez ce qui vient d'être annoncé, vont être augmentés de 4%, 4,5%. »
- 9:52Invité politiqueChiffre
« L'inflation sur les produits alimentaires fait 15%. »
Temps de parole
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Le Grand Invité 8h10, soyez les bienvenus si vous venez de nous rejoindre ce matin pour notre Grand Invité. Je suis accompagné de Jean-Baptiste Pierron de RCF Loiret. Bonjour Jean-Baptiste. Bonjour Pierre-Hugues, oui, car notre Grand Invité ce matin est le Président de la région Centre-Val-de-Loire, François Bonneau. Bonjour François Bonneau. Bonjour. Emmanuel Macron était en visite dans votre région mardi dernier.
Aucune annonce concrète n'a été faite, mais vous avez souhaité envoyer un courrier demandant un changement de méthode dans le recrutement des étudiants en école d'infirmiers. Vous souhaitez favoriser le recrutement des élèves infirmiers qui sont originaires de cette région. Le remède à la crise du système sanitaire français passera-t-il par des solutions régionalisées ?
Des solutions régionalisées et des solutions humaines. Je demande deux choses. Je demande à la fois que systématiquement les candidates et candidats pour une école d'infirmiers infirmières puissent bénéficier d'un entretien. Aujourd'hui le dispositif c'est Parcoursup, il n'y a pas d'entretien. Je ne comprends pas qu'on puisse mesurer l'intérêt d'un jeune, d'une jeune pour ce métier, qu'on puisse envisager qu'il soit complètement conscient des conditions de la formation, des conditions également de l'exercice du métier sans avoir cet échange. Donc j'ai demandé systématiquement qu'il y ait un entretien.
Parce qu'aujourd'hui 80% de ces étudiants en école d'infirmiers ou d'infirmières ne vont pas au bout du cursus.
Alors 80% c'est le chiffre que donne l'ARS, 80% ne vont pas au bout du cursus et ou ne s'installent pas en centre Val-de-Loire. Ça veut dire qu'on recrute beaucoup à l'extérieur, ce qui n'est pas à mon avis justifié quand on sait le nombre de candidats qui sont originaires de notre région et qui souhaitent à terme travailler dans les hôpitaux, travailler dans les cabinets de ville. Donc je demande un changement avec l'entretien mais aussi un recrutement qui fasse une priorité aux jeunes de la région de manière à ce que nous ne formions pas ici des jeunes qui partiraient. Il faut préciser que notre région engage très très fortement le recrutement d'infirmiers et infirmières.
Il y avait 800 par le passé, nous sommes à 1600 aujourd'hui. Nous voulons aller jusqu'à 1800, 2000 infirmiers et infirmières formés. Faut-il que ces infirmiers et infirmières formés soient véritablement intéressés par le travail dans notre région ? Et je crois que les recrutés prioritairement dans la région dès lors que nous avons des candidats, c'est le bon sens.
Et comment s'assurer que ces élèves qui sont recrutés mais qui sont favorisés parce qu'ils viennent de la région vont bien rester à la fin de leur formation ?
Ils auront beaucoup plus de, il n'y a pas de barbelé, mais ils auront beaucoup plus de chances de rester en région s'ils en sont originaires. Ceux qui repartent sont ceux qui étaient originaires d'autres régions qui sont venus ici pour telle ou telle raison. On a des écoles qui sont assez proches des limites régionales. Les gens repartent et ça pose le problème que l'on connaît. On manque d'infirmiers dans les hôpitaux, on a des services hospitaliers qui sont fermés. On a en infirmier de ville un certain nombre de places qui pourraient être occupées qui ne le sont pas. On connaît les déserts qui sont les déserts des médecins. Je ne veux pas demain de déserts infirmiers.
C'est pour ça que j'augmente fortement le nombre d'infirmiers et infirmières formés et que je veux vraiment que ces places soient occupées par des jeunes qui ont envie d'exercer en région.
François Bonneau, vous avez demandé à la Première Ministre justement de régionaliser ces demandes. Est-ce qu'il faut des incitations financières en plus ? Est-ce qu'il faut proposer aux étudiants en école d'infirmiers qui arrivent au début de leur cursus une incitation financière à rester dans le territoire pour justement juguler à long terme ces sujets de déserts médicaux ?
Alors il faut que les conditions de formation au plan social soient de bonnes conditions de formation. C'est la raison pour laquelle bien évidemment il y a les bourses nationales qui sont mises en place. C'est la raison pour laquelle nous faisons tout aujourd'hui pour avoir de bonnes conditions d'accueil. Nous reconstruisons systématiquement les IFSI, les instituts de formation et soins infirmiers. Nous faisons en sorte que les déplacements pendant l'exercice de la formation soient accessibles à tous. Est-ce qu'il faut au-delà ? Je ne crois pas. Je ne crois pas à ce qu'on va rentrer dans une incitation financière. Pas d'incitation financière à travailler ici.
Par contre un salaire qui reconnaisse véritablement le travail. Ça c'est très important et aujourd'hui on voit le départ massif d'un certain nombre d'infirmiers et infirmières parce que les conditions salariales ne sont pas au niveau et parce que les conditions de travail sont trop dures. Donc il faut des infirmiers en nombre suffisant et la reconnaissance de ce travail comme un travail difficile avec la rémunération qui va avec.
Alors ce n'est pas des infirmiers mais plutôt des médecins. On voit aujourd'hui par exemple la journée sans interne qui a été décrétée dans toute la région. C'est ces étudiants en sixième année de médecine. On voit quand même que l'équilibre il est difficile à trouver même pour ceux qui sont encore en étude. Les conditions de travail sont déjà difficiles même au bout de la sixième année.
Oui les internes dans notre pays sont mal payés par rapport à un nombre d'heures qui est important. On parle de 42-48 heures par semaine ce qui est considérable. On sait que ces internes font tourner beaucoup de services parce que quand ils ne sont pas là et bien les services ne peuvent pas fonctionner. Services hospitaliers donc il faut reconnaître ces études comme des études particulièrement éprouvantes et difficiles. Il faut donner à ces jeunes les conditions de vie. Vous parliez tout à l'heure de l'accueil et bien la région s'engage dans la construction de résidences pro-santé partout près des hôpitaux. Pourquoi ?
Pour que des internes, des élèves infirmiers, infirmières puissent avoir des conditions de vie quand ils sont en stage, quand ils sont en internat, qu'ils soient des conditions agréables. Aujourd'hui les conditions sont trop difficiles. Si pendant la formation, pendant l'internat, on casse les internes, je crois qu'on aura beaucoup de mal à les trouver demain sur le terrain, sur le terrain dans nos hôpitaux, sur le terrain dans les cabinets, dans les maisons de santé pluridisciplinaires par exemple.
Mais là justement on parle beaucoup de formation mais il y a aussi des problèmes d'aujourd'hui. Par exemple un exemple très précis dans le Loiret à Huissot-sur-Mauve, le médecin généraliste est parti, 1800 habitants qui se retrouvent sans médecin. Comment on peut régler ce genre de problématiques dès aujourd'hui ?
C'est la responsabilité de l'État. Pour autant la région s'est engagée, vous le savez. Aujourd'hui nous soutenons la construction. 120 maisons de santé pluridisciplinaires, 117 sont en fonctionnement et 3 sont en construction. Par ailleurs, en plus de l'exercice libéral, la région, la première région de France à le faire, s'est engagée dans le recrutement de médecins salariés, non pas à la place des libéraux, complémentaires aux libéraux pour que salariés et libéraux ensemble puissent répondre à des enjeux comme cela. Est-ce qu'il reste ces médecins ?
Il reste à chaque fois qu'il y a des conditions qui sont des conditions d'installation collective, d'où les maisons de santé pluridisciplinaires. C'est très important quand vous avez 3-4 médecins avec un kiné, avec des infirmières, et bien ils ont là des conditions qui sont meilleures. Mais nous avons tellement de retard, c'est la raison pour laquelle nous nous sommes battus pour avoir, et c'est une bonne chose qu'elle soit créée, la fac de médecine à Orléans avec 200 médecins, mais pendant 10 ans on va être dans une situation qui va rester extrêmement tôt.
Ça c'est le niveau régional. Au niveau national, comment on fait pour trouver des solutions ? Quand vous dites qu'il faut régionaliser ces sujets d'école d'infirmières, en fait les infirmiers y partent peut-être parce qu'ils ont des opportunités de vie ailleurs, c'est au niveau national qu'il faut résoudre le sujet ? C'est pour ça que vous avez envoyé cette lettre à Elisabeth Borne ? C'est pour régler le sujet au niveau national ? Bien sûr, parce que Parcoursup c'est pas région Centre-Val-de-Loire, Parcoursup c'est partout en France, et aujourd'hui...
Est-ce qu'on peut imaginer qu'il y a un accord entre par exemple les présidents de région, ou qu'il y a un accord entre vos collègues présidents de région, pour dire qu'on a un sujet national, le gouvernement n'est pas capable de le résoudre, comment on fait ?
Il faut pour ça un vrai dialogue, un vrai dialogue avec le gouvernement pour faire entendre la réalité, celle des déserts médicaux, celle des difficultés à remplir, à pourvoir les postes d'infirmiers, et en effet les présidents de région sont prêts aujourd'hui à dialoguer là-dessus, à condition que des décisions rapides soient prises, on a mis tellement d'années à prendre les décisions s'agissant des médecins, on prend tellement de temps à régler ce problème des infirmiers et infirmières, c'est trop long, nous voulons à la fois dialoguer, mais nous voulons des décisions de l'État.
Vous êtes bien à l'écoute de RCF, nous sommes avec François Bonneau, le président de la région Centre-Val-de-Loire, où Emmanuel Macron était en déplacement cette semaine, au bruit des casserole-lades. Ça fait longtemps que vous êtes engagé en politique, François Bonneau, vous êtes président de cette région depuis plus de 15 ans. Comment percevez-vous ce climat social ambiant, en particulier à la veille de ce 1er mai ?
Le climat est marqué par le sentiment de très grandes injustices, de très très très grandes injustices. Et si nos concitoyens se sont très massivement mobilisés, s'ils continuent à se mobiliser, c'est parce qu'ils ont vraiment la conviction que les décisions qui sont prises sont des décisions injustes. Il n'est pas juste, il n'est pas envisageable de dire à un maçon, à une personne qui travaille dans un restaurant scolaire ou collectif, à un soignant. Il n'est pas logique de dire vous allez vous payer les conséquences des tensions budgétaires en travaillant deux ans de plus.
Quand on voit au même moment des richesses qui sont de plus en plus grandes et des gens de plus en plus nombreux qui sont concernés par la pauvreté. Est-ce qu'il n'y a pas plus profond que la retraite ? Mais bien sûr qu'il y a plus que la retraite. Il y a la reconnaissance du travail. Il y a la reconnaissance du travail. Quand vous avez une inflation, je prends l'exemple des enseignants. Les enseignants de milieu de carrière, regardez ce qui vient d'être annoncé, vont être augmentés de 4%, 4,5%. Ce qu'on appelle l'augmentation du socle. L'inflation elle fait combien aujourd'hui ? L'inflation sur les produits alimentaires fait 15%.
Donc il n'y a pas que, il y a véritablement aujourd'hui le sentiment d'un décrochage, d'un décrochage d'un grand nombre de personnes qui glissent vers la pauvreté. Il y a le sentiment d'une précarité, d'une difficulté à trouver une place juste, une place équilibrée dans un monde qui aujourd'hui semble totalement, totalement impiloté. Ou s'il est piloté, il est piloté au bénéfice de quelques grandes firmes internationales et pas du tout dans l'intérêt des femmes et des hommes qui aujourd'hui connaissent la difficulté.
La conséquence on le voit au niveau politique, c'est cette France qui est divisée entre ces deux extrêmes, l'extrême droite et l'extrême gauche. Ce centre représenté un petit peu par Emmanuel Macron. Quelle place peut avoir votre parti, on a du mal à le définir, le parti socialiste, quelle place il peut prendre dans cet extrême et cette division de la France politique ?
Il y a un espace, il y a un espace du courage, de la volonté et de la justice. Cet espace, c'est l'espace de la social-démocratie qui a reconnu le travail, qui a apporté historiquement un grand nombre d'avancées qui répondaient à la volonté des salariés. Aujourd'hui cet espace social-démocrate de la justice et de l'égalité, cet espace aussi qui doit prendre en compte l'inflexion du modèle de développement.
A qui il parle cet espace aujourd'hui ? Puisque très concrètement, dans les sondages ou même aux dernières élections présidentielles, le PS ne fait plus recette. Aujourd'hui il s'incarne à travers des présidents de régions. Aujourd'hui comment est-ce qu'on incarne le PS au niveau national ?
Le PS c'est une grande aspiration, c'est un mouvement historique. Oui il y a la difficulté que l'on connaît, oui il y a eu, je le crois, un retard pris par le parti socialiste pour prendre en compte ce que l'on appelle un modèle de développement différent, etc. Mais aujourd'hui l'aspiration à la justice, à l'égalité, aujourd'hui une citoyenneté, un dialogue politique, aujourd'hui un débat parlementaire plein et entier. Ça c'est la social-démocratie, c'est pas hier, c'est demain.
Je crois vraiment aux valeurs de la social-démocratie écologiste, il y a eu le passage que vous connaissez, à nous, responsables politiques, en dialogue avec les forces sociales, à reconstruire, et nous sommes engagés là-dedans, nous sommes engagés là-dedans. Vous parliez de président de région, oui, je travaille avec Carole Delga aujourd'hui pour que nous portions, et puis bien d'autres, et Loïc Chenet-Girard, et puis bien d'autres encore.
Alors, à partir de demain, à Orléans, dans votre région, il y aura les fêtes joanniques, un événement très important pour cette région, Centre-Val-de-Loire, et pour Orléans en particulier. Concrètement, qu'est-ce que ça représente pour votre région ?
C'est très important, c'est un identifiant, c'est une fête. C'est une fête qui renvoie à notre histoire, qui est une histoire d'abord de la résistance contre la fatalité. C'est une fête qui dit l'aspiration éternelle des peuples à la liberté. C'est une fête qui dit aussi le plaisir de nos traditions, le plaisir d'être ensemble. On dit à Orléans que la moitié de la ville regarde l'autre moitié défiler. Et bien c'est ça, c'est toute une agglomération, et bien au-delà, départements, régions, qui se retrouvent dans un moment de ferveur, dans un moment de fierté.
Cette région, c'est une région d'histoire, c'est une région magnifique, c'est une région qui, on connaît ses cathédrales, on connaît ses châteaux, mais c'est aussi une région accueillante, une région profondément humaine, et au moment des fêtes joanniques, il y a cette fierté d'habiter un territoire qui est un territoire marqué par l'humanisme. Et que représente Jeanne pour vous, François Bonneau ? La résistance, la résistance a une forme d'oppression, et le message c'est rien n'est jamais définitif. Quand on a la volonté de se battre pour la liberté, la volonté de construire un monde meilleur, et la capacité de rassembler. Et c'est un message important.
Aujourd'hui, la capacité de rassembler. Le rassemblement, la fraternité aussi quelque part ? La fraternité, le rassemblement de la fraternité pour dire qu'il y a, par rapport à des défis qui paraissent importants, un chemin. Il y a le chemin qui est un chemin politique, qui est un chemin social, qui est un chemin écologiste, qui est un chemin du vivre ensemble. C'est peut-être ça qu'on ressent dans ces moments de fêtes joanniques.
Un grand merci François Bonneau d'avoir été ce matin notre invité. Je rappelle que vous êtes le président PS de la région Centre-Val-de-Loire. J'imagine que ce qu'il faut vous souhaiter maintenant, c'est de très belles fêtes joanniques.
Absolument, et puis souhaiter à notre région une très très belle année. On prépare, autour de la Renaissance, on prépare de très belles fêtes. Merci à vous François Bonneau. Merci beaucoup, et Jean-Baptiste Pierron également.
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