Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 31 janvier 2019 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalSécurité

Alexis Corbière : "Le grand débat va terminer sur un grand dégât"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:39RelanceÉludée

    Vous prédisiez un méga flop, mais ce sont 500 000 contributions qui ont été envoyées.

  • 2:33RelanceÉludée

    Ce n'est pas une opération Tupperware.

  • 2:36OuverteRéponse partielle

    Sur la base de quels critères ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Quoi qu'on pense d'Emmanuel Macron, n'avez-vous pas sous-estimé le besoin de dialogue des Français ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça, ce n'est pas le bienfait du grand débat national ?

  • 6:07FerméeRéponse directe

    Vous appelez à ce que la mobilisation des Gilets jaunes se poursuive ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « J'ai dit que ce qui serait un flop, et c'est confirmé, c'est que c'est annoncé comme un grand débat, et tout ça va terminer comme un grand dégât. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « C'est l'effet Cubango, c'est un fleuve d'Afrique, magnifique fleuve, qui termine dans le désert. »
  • 4:29Invité politiqueChiffre
    « 55% des gens ne vont plus voter, même quand il y a une élection, un an plus tard, on conteste celui qui a été élu. »
  • 9:08Invité politiqueChiffre
    « Je fais 58, 59% des voix au second tour. En vérité, il n'y a que 21% des électeurs inscrits qui ont voté pour moi. »
  • 16:06Invité politiqueFait
    « En 1989, 3000 personnes avaient été réprimées dans les rues de Caracas. »
  • 20:33Invité politiqueFait
    « Nos amis kurdes ne garantissent plus leurs conditions de détention. »
  • 21:42Invité politiqueFait
    « Cette concurrence libre et non faussée qui était dans l'accord. »

Temps de parole

  • Alexis Corbière74 %
  • Présentateur15 %
  • Invité8 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Vous avez la parole dans une dizaine de minutes. Vous pouvez intervenir sur l'application mobile de France Inter sur les réseaux sociaux ou au 01-45-24-7000. Bonjour Alexis Corbière. Et bonjour, bonne année à tous. Merci, merci aussi à vous d'être sur Inter ce matin. Parlons du grand débat national pour commencer. Il a atteint son rythme de croise d'hier. Vous prédisiez un méga flop, Alexis Corbière, mais ce sont 500 000 contributions qui ont été envoyées jusqu'à présent. 3 000 débats organisés en France. Pas mal quand même, non, pour un flop ?

Bon, pas terrible, mais c'est pas le sujet.

0:55
Alexis Corbière

J'ai dit que ce qui serait un flop, et c'est confirmé, c'est que c'est annoncé comme un grand débat, et tout ça va terminer comme un grand dégât. C'est-à-dire qu'en fait, le problème, c'est sur quoi ça atterrit tout ça. Il ne suffit pas de dire des contributions. Bon, il y en a, mais y compris il y en a, on peut faire plusieurs contributions. Ça veut dire que quand même, le nombre de gens, qui est sans doute même pas le nombre d'adhérents d'En Marche qui est annoncé, mais ce n'est pas le sujet. ça agite, mais qui c'est qui décide à la fin d'un débat ?

1:21
Présentateur

Du débat n'est la lumière !

1:23
Alexis Corbière

Non, oui, merci, belle formule, magnifique, retenons-la et n'entendons-la. Mais vous n'y croyez pas ! Le débat, c'est intéressant. La question, c'est que si le peuple a la parole, le peuple doit décider, c'est le fond du sujet. Le mouvement des Gilets jaunes, à travers ce qu'il exprime, peut montrer quelque chose de lumineux, pour reprendre votre expression. C'est-à-dire que ce pays, à travers, d'abord, pour ne pas la question sociale, la question fiscale, se pose la question aussi de ses droits démocratiques, de nouveaux droits démocratiques. Il veut retrouver sa souveraineté.

Et d'un seul coup, ce que propose Macron, ce qui est une astuce politique, vous savez, c'est l'effet Cubango, c'est un fleuve d'Afrique, magnifique fleuve, qui termine dans le désert. C'est ça qu'il veut faire Emmanuel Macron. Il y a une grande protestation, il veut que ça termine dans un truc qui, à la fin, ne trouve pas un débouché sur la mer. Vous en êtes sûr ? Un débat, oui, c'est ma conviction. Mais je ne m'oppose pas à ce que les gens aillent débattre. Mais je dis débattre pour qu'à l'arrivée, ce soit Emmanuel Macron et quelques proches qui décident des thèmes retenus, est une astuce politique. Voilà. Soit le peuple a la parole. Et à la fin, il tranche.

44 millions d'électeurs tranchent un débat. Si vous faites une grande consultation, une opération Tupperware, où, d'un seul coup, Emmanuel Macron, en bras de chemise, vient parler devant des notables avec une écharpe, où il répond à toutes les questions, je n'appelle pas ça un débat.

2:33
Présentateur

Non, mais là, je vous parle des 500 000 citoyens. Ce n'est pas une opération Tupperware.

2:36
Alexis Corbière

Mais qui retiendra leurs idées ?

2:37
Présentateur

Sur la base de quels critères ? Vous avez quitté le comité de suivi, vous auriez pu... Ah, c'est ma faute ! C'est ma faute si c'est Emmanuel Macron. Non, non, vous posez la question qui ? Vous auriez pu surveiller le processus de l'intérieur ?

2:48
Alexis Corbière

Mais parce que ça a été dit clairement. Je n'accepte pas cette idée qui est une forme d'ancien régime pour ceux qui connaissent l'histoire, où le monarque présidentiel convoque les États-générants pour les écouter d'une oreille somnolente et retiendra deux ou trois thèmes qu'on a bien voulu lui dire. Moi, ce n'est pas ma conviction. Je suis républicain et je pense que ce qu'il faut garder pour être positif une fois de plus... C'est-à-dire que quoi qu'on pense...

3:08
Invité

Pardon Alexis Corbière, mais quoi qu'on pense d'Emmanuel Macron, et vous devrez en penser ce que vous voulez, est-ce que vous n'avez pas sous-estimé ou raté le besoin de dialogue des Français ? Mais il faut le dialogue,

3:17
Alexis Corbière

mais pas du tout. C'est Emmanuel Macron qui l'a raté.

3:19
Invité

Non, mais quand vous dites bof sur les 500 000 contributions, c'est-à-dire qu'il y a quand même 500 000 personnes qui vont sur Internet, qui écrivent... Voilà ce qu'on propose. Mais je l'ai fait d'ici, en plus, ce n'est pas mon sujet. Donc il y a quand même une envie de parler, de s'exprimer, de s'engager. Est-ce que ça, ce n'est pas le bienfait du grand débat national ? Est-ce que vous pouvez convenir de ça ?

3:37
Alexis Corbière

L'intuition qui est juste, au terme de je ne sais plus trop combien de semaines de mobilisation, que le peuple veut la parole, on est d'accord. Moi, je trouve que je comprends très bien cette envie de gens de mettre des contributions sur le site. La seule question, c'est que moi, qui suis un responsable politique, je dis aux gens, ce travail que vous faites à l'arrivée, normalement, vous devez, vous, pouvoir le trancher. Qui va le retenir ? Là où il y a une astuce politique, je le répète, c'est qu'on n'organise pas un débat en disant la parole au peuple, mais moi, je retiendrai les thèmes que je veux. Non ?

Si, moi je suis pour que nous rentrions, et je pense qu'on est passé depuis deux ans dans un moment destituant du pays, qui s'est même exprimé à l'occasion de l'élection présidentielle, qui s'exprime dans ce moment des gilets jaunes, c'est-à-dire le consentement à l'autorité est contesté. Le simple fait qu'Emmanuel Macron comprenne qu'il faut un débat est la preuve que l'élection n'a pas tranché nombre de sujets.

Comment on s'en sort positivement, pacifiquement, si ce n'est en remettant sur la table une idée que nous avons mis sur le fait que ces institutions sont à bout de souffle, l'abstention est là, 55% des gens ne vont plus voter, même quand il y a une élection, un an plus tard, on conteste celui qui a été élu. Donc il faut revenir à des grands moments de notre histoire nationale, rediscuter de nouvelles institutions, et notamment que les citoyens élisent, c'est ma proposition, des représentants, des députés constituants dans le cadre d'une assemblée constituante conformément à notre histoire nationale, et que nous allions vers de nouvelles institutions.

Je termine là-dessus, pour de nouveaux droits. Moi je vois ce qu'il y a, les gens ils veulent contrôler les élus, nous on proposait le droit de révoquer la prise en compte du vote blanc, pourquoi pas réfléchir à de nouvelles institutions politiques où il y aurait des gens tirés au sort qui permettraient de...

5:04
Invité

Mais c'est ouvert, non ? C'est ouvert là.

5:05
Alexis Corbière

Non mais, moi ce que je ne veux pas...

5:07
Invité

Beaucoup de gens proposent le vote blanc, de prendre en compte... Mais je sais,

5:09
Alexis Corbière

il y a même 7 millions de gens qui ont voté Jean-Luc Pélanchon qui l'ont proposé. Le ridicule, moi je ne vais pas aller sur le site ce que je pense. Il y a même un endroit qui s'appelle le Parlement où en permanence, tous les jours, même la nuit, je dis ce que je pense. Une fois de plus, là où je... Moi je suis républicain jusqu'au bout. Si on donne la parole au peuple et ça c'est une bonne intuition, on lui donne la parole aussi pour trancher les choses.

Et là où il y a ce que je disais tout à l'heure, au début c'est un grand débat et à la fin c'est un grand dégât, c'est que si on dit aux gens ces 500 000 personnes vous avez la parole mais qu'à l'arrivée c'est une commission réduite et un homme seul qui décide de ce que je retiens et je vois qu'il y a des petits thèmes qui montent soi-disant qu'il y aurait la question du non-cumul des élus qui reviendraient, la limitation de vitesse et des sujets qui sont annexes en vérité alors que c'est la question sociale et la question démocratique. Allez en avance ! Non mais c'est important ! Moi je suis pour passer dans une nouvelle république.

C'est ça que nous dit le mouvement des Gilets jaunes et même que toutes les élections, tous les résultats

6:04
Présentateur

nous disent depuis des années. Pour le moment présent, vous appelez j'imagine à ce que la... On l'entend hein ! à ce que la mobilisation des Gilets jaunes se poursuivent. Vous soutenez ce mouvement de grève générale dans le sillage de l'appel à la grève de la CGT la semaine prochaine pour parler clairement. Essayons de parler clairement Alexis Corbière. Le scénario idéal, c'est quoi pour vous dans les prochaines semaines ? Une insurrection immense ? Non mais ce qui...

6:33
Alexis Corbière

Non mais c'est une question ouverte. Non mais j'entends bien. Cette grande protestation elle est là. Tout le montre. D'accord ? 11 à 12 semaines de mobilisation. C'est quelque chose qui est important, qui est inédit. C'est sans doute un des mouvements sociaux le plus long depuis quelques années. C'est quoi la suite ? Et alors c'est une manière aussi de répondre. Le grand débat est là pour dire par le gouvernement ne vous mobilisez plus, ne créez plus de rapports de force, libérez les ronds-points et venons discuter sagement dans le cadre des mairies. Donc scénario idéal.

Cette mobilisation elle montre du 5 février j'y appelle les amis participez-y autant que possible que dans les usines, dans les lieux de travail, partout et y compris que les citoyens puissent s'associer véritablement à ça et c'est une bonne chose. Oui, afin de faire entendre et de contraindre le gouvernement, de cesser sa politique actuellement et de revenir. Moi je pense qu'on est à un moment, je viens de l'exprimer lors de votre première question, où il faut en revenir devant le peuple souverain. Donc vous demandez toujours la dissolution ?

Mais pas seulement la dissolution, c'est-à-dire que si c'est dans le cadre de la 5ème République, je pense que nous ne réglerons pas tous les problèmes. Je pense que ce mouvement est lourd, il porte en lui la volonté que nous rediscutions démocratiquement de nouvelles institutions. Voilà. Je trouve qu'aujourd'hui, la monarchie présidentielle... Mais on reste dans la rue, on continue à pousser. Mais pour obtenir une voie pacifique de règlement de tout ça. Je veux dire, ne cherchons pas à pourrir ce mouvement tel que le fait le pouvoir en ne refusant de l'entendre. C'est profond ce qui est en train d'avoir lieu dans le pays. C'est certainement,

7:57
Invité

vous avez raison, c'est certainement profond. Mais est-ce qu'on fait comme si, ardoise magique, comme s'il n'y avait pas eu une élection il y a 18 mois qui a été gagnée par un homme qui s'appelle Emmanuel Macron ?

8:05
Alexis Corbière

C'est ce que vous demandez en fait ? Vous posez là la question de fond. C'est-à-dire que chacun constate qu'effectivement, il y a 18 mois, il y a eu une élection et elle n'a pas réglé les choses. Parce qu'en gros, qu'est-ce qui s'est passé ? Quatre candidats... Emmanuel Macron est arrivé en tête. J'évacue d'entrer l'argument. Je ne cherche pas à refaire l'élection. Regardons cette élection. Elle a exprimé que aucun des quatre candidats qui est arrivé en tête fusse Emmanuel Macron, qui fait 24% des voix exprimées, mais 18% des électeurs inscrits, est élu au second tour dans un rejet de Mme Le Pen.

Il aurait dû avoir la sagesse, notamment de dire je n'ai pas une majorité dans le pays, il faut nous rediscuter et nous reconstituer comme peuple politique pour voir quel grègue commune nous voulons avoir pour vivre ensemble. Lui, il s'est habillé dans le costume de monarque présidentiel de la 5ème et il a pensé qu'il avait une majorité pour mener sa politique. Et nous en sommes là et quelque part...

8:53
Invité

Il avait la majorité. Il a eu la majorité au Parlement.

8:57
Alexis Corbière

Essentiellement, avec 55% d'abstention. Non, mais c'est la question de fond. Non, mais soit on dit tout ça, on le met dans l'angle mort. Je me l'applique à moi-même pour ne pas qu'il y ait de faux procès. Je suis député de Montreuil et Bagnolet. Je fais 58, 59% des voix au second tour. En vérité, il n'y a que 21% des électeurs inscrits qui ont voté pour moi. 80% des électeurs inscrits à Montreuil et Bagnolet n'ont pas voté pour le député Alexis Corbière qui pourtant les représente autant qu'aussi bien qu'il peut à l'Assemblée. Et c'est le cas de tous les autres députés. Soit on dit tout ça, on s'en fiche.

Soit ce peuple abstentionniste qui ne va plus voter parce qu'il a l'impression parfois qu'il est tenu à distance, que voter ne sert à rien. D'un seul coup, il ressurgit. Et de cette nuit démocratique, il met un gilet jaune et il dit regardez, nous sommes là. Et nous portons en nous-mêmes des revendications sociales parce que nous voulons l'augmentation du SMIC. Nous portons aussi des revendications contre l'injustice fiscale parce qu'il n'est pas normal par exemple qu'aujourd'hui, des impôts, la taxe comme la TVA pèse plus particulièrement sur les milieux modestes que l'on supprime l'ISF. Vous connaissez les revendications que porte-mêmes.

9:54
Présentateur

Éric Drouet l'a dit hier, Alexis Corbière, il a eu des propositions politiques nombreuses, notamment du Rassemblement National et puis de chez vous, la France Insoumise. Bon, vous n'allez peut-être pas aimer la question mais je la formule quand même. Est-ce que c'est un hasard que ce soit ces deux parties, Rassemblement National et France Insoumise, qui draguent en quelque sorte politiquement Éric Drouet et pas d'autres ?

10:20
Alexis Corbière

Alors, je vais faire une mise au point. Moi, je ne drague pas. Ce qu'a dit Éric Drouet, manqué de précision. Nous n'avons jamais proposé à Éric Drouet d'être sur une liste France Insoumise. Il y a un comité électoral qui a choisi des candidats et je crois que ce qu'il dit, c'est que nous avons été approchés. Je vais faire un scoop. C'est moi qui échange avec Éric Drouet via la messagerie d'un célèbre réseau social, uniquement sous une forme extrêmement réduite qui a commencé sur une plaisanterie d'ailleurs parce que beaucoup de gens s'étaient amusés à ma ressemblance physique avec Éric Drouet.

Un jour, je m'envoie un message en disant, après l'avoir croisé sur un plateau télé et l'essentiel de nos échanges est que quand, par exemple, Christophe Castaner, c'est grave, veut saisir la justice pour que des poursuites aient lieu contre Éric Drouet, je lui manifeste mon soutien et il me répond dans un échange. Voilà la seule approche. Donc il n'y a pas eu

11:06
Présentateur

rejoignez-nous, rejoignez la France Insoumise à rentrer sur une liste.

11:10
Alexis Corbière

Franchement, Éric Drouet a bien raison de dire après, quand il a le canon de cette émission si on parle de la même, de dire que lui, il veut garder les gilets jaunes dans sa pluralité et qu'il n'est pas là pour se faire débaucher par des forces politiques, nous n'avons jamais proposé ça et je crois même que c'est ce qu'il confirme lors de la même émission. Donc je ne drague pas qui que ce soit.

Par contre, ce que je regarde, ce que j'observe et qui me réjouit, c'est que ce mouvement, bien sûr, divers, portant en lui beaucoup de choses, exprime des choses qui font partie du combat de toute ma vie, qui sont celles de plus de justice sociale, de la justice fiscale et il faut changer ces institutions. Je trouve ça positif.

11:45
Invité

Vous n'allez sans doute pas aimer la question que je vais vous poser également mais c'est bien de le repréciser. Vous l'avez dit vous-même, bien sûr, qu'il y a une course de vitesse avec l'extrême droite pour capter, pour être l'instrument politique de cette colère populaire. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, alors vous allez me dire les sondages, c'est une photographie attentée et c'est vrai, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui c'est plutôt le Rassemblement National qui monte et vous qui baissez ?

12:08
Alexis Corbière

C'est intéressant, le Rassemblement National a obtenu 24% lors des dernières élections européennes. Il est considéré aujourd'hui à 18% et vous ne cessez de répéter qu'il monte. Donc vous l'aidez, vous le mettez... Non mais si !

12:18
Invité

Ça dépend des sondages. Il est à 20, à 24 pour certains.

12:21
Alexis Corbière

Non, jamais. Je n'ai pas encore vu un seul sondage d'élection européenne qui le met au-dessus du score qu'il avait fait la dernière fois. Ce que je veux vous dire, c'est que ce serait feignant intellectuellement que de croire que parce qu'Emmanuel Macron a battu Mme Le Pen au second tour que le Rassemblement National n'existait plus. Mais est-ce qu'on peut

12:36
Présentateur

examiner la question

12:37
Alexis Corbière

vient de vous poser ?

12:37
Présentateur

Mais je suis en train d'y répondre. Maintenant qu'on est d'accord sur les chiffres, est-ce qu'on peut aller au fond ?

12:42
Alexis Corbière

Oui mais le diagnostic est important. C'est que si tout vous vous répétez qui est la principale matinale de France, que le Front National progresse, etc. C'est-à-dire qu'il est en progression par rapport aux dernières élections... Il est en tête, vous vous baissez. Est-ce qu'on vous crée ? Il est fort, il est fort. Oui mais d'accord. Il est là, il est là. D'accord ?

12:56
Invité

Trois mois après le début des gilets jaunes, vous, vous êtes membre de la France insoumise. Est-ce que vous ne vous dites pas pourquoi est-ce qu'on baisse dans les sondages ? Pourquoi la tendance est baissière dans les sondages ?

13:04
Alexis Corbière

Déjà, ce que nous dit le sondage que vous observez, c'est qu'à ce stade, seulement 30% des gens ont dit qu'ils allaient voter. Deuxièmement, j'ai regardé ce sondage dans le détail, les CSP+, se mobilisent à près de 40%, les milieux populaires sont à 20%. À ce stade, à l'heure où nous parlons, pour beaucoup de gens qui m'intéressent, c'est-à-dire la majorité de ce pays, notamment ces milieux populaires les plus touchés par la crise, l'élection européenne ne leur apparaît pas comme une échéance importante.

Le but, et merci de me donner la parole, c'est d'ici le mois de mai, de convaincre que malgré le caractère, comment dirais-je, ne pas faire croire que c'est là que ça va se passer, mais tout de suite, ce qui va s'exprimer dans ces élections européennes a un enjeu. Ça, c'est faire campagne. Mais pour l'instant, cette campagne n'a pas commencé. Mais j'insiste, c'est pas pour la polémique. Cessez de répéter que le Rassemblement National surfe sur le mouvement en louangeant le choix des têtes de liste et bien souvent après en conspuyant ce que nous faisons en permanence.

13:56
Invité

Il ne semblait pas qu'on fait ça.

13:57
Alexis Corbière

Et d'y compris après en mettant un signe égal entre nous et le Rassemblement National.

14:01
Présentateur

Les auditeurs sont nos juges de paix. Je leur donne la parole. Philippe, pour commencer. Bonjour, vous êtes là, Philippe. Oui, bonjour. Allez, on vous écoute. Je crois que vous nous appelez de Paris, si je lis bien.

14:12
Invité

Exact. Oui, je voulais demander à M. Courbière s'il n'était pas un peu surpris de son patron, M. Mélenchon, critique l'attitude des policiers à l'égard d'une faible proportion de gilets jaunes, très faible proportion qui sont en fait des voyous et d'autre part approuve les agissements de M. Maduro responsable à balles réelles de milliers de morts.

14:40
Présentateur

Merci, Philippe, pour cette question. Alexis Corbière vous répond.

14:44
Alexis Corbière

Bonjour, Philippe. Bon, je ne vais pas sur l'aspect le patron, etc. Vous savez, Philippe, arrêtons de nous parler comme ça. Jean-Luc Mélenchon étant responsable politique, ce n'est pas mon patron. je ne suis pas son salarié. Je polémique sur le mot parce que déjà le ton, ce n'est pas bien de faire comme ça. Alors, le Venezuela. Non, mais attendez, deux sujets, je vais parler sur le Venezuela. La question, parce que je pensais qu'on en parlerait, de l'utilisation de matériaux par nos forces de l'ordre en France, qui est un vrai sujet. Le LBD40, modèle de flashball, les grenades GLIF4, vous en avez parlé, je sais, sur cette antenne.

Le nombre de blessés conséquents, 14 oeils éborgnés, 3 mains arrachées, 4 mains, Mme Zineb Redouane, je rappelle le nom de cette dame marseillaise qui perdut la vie parce qu'elle avait pris une grenade à la clémoise. Bon, c'est quand même un vrai sujet, cher Philippe, sur le fait que, quel que soit ce qu'on pense du mouvement des Gilets jaunes et on peut désapprouver ce mouvement, il y a énormément de blessés et ça doit nous interroger sur... Philippe vous interroge sur les morts chez M. au Venezuela. Je n'ai jamais approuvé les morts au Venezuela ni même Jean-Luc Mélenchon.

Je pense que ce pays est face à une situation de crise qui faut aujourd'hui du débat indiscutablement plutôt que d'avoir une diplomatie alignée sur ce que fait M. Trump ou Bolsonaro qui veut rajouter encore plus à la crise de ce pays. Je pense qu'il faut que désormais ça discute. J'ai vu que le président du Mexique, lui, propose un débat. J'ai même vu que M. Maduro est prêt à rentrer dans une concertation qui est de nouvelles élections et c'est une manière de sortir de la situation de tension dans laquelle est ce pays qui vient de loin.

Je rappelle à Philippe, il doit le connaître vu qu'il a l'air d'être extrêmement cultivé, qu'au Venezuela, avant même que Chavez arrive, notamment en 1989, 3000 personnes avaient été réprimées dans les rues de Caracas, notamment par un parti à l'époque lié à la deuxième internationale. C'est un pays violent où il y a de la violence dans la politique, ce que je désapprouve. Ce que je désapprouve, je n'ai jamais soutenu ça. La seule chose que j'ai dit, c'est que, attention, la crise qui est entretenue aussi au Venezuela, j'ai envie de dire, suivez le pipeline. Premier producteur de pétrole, deuxième producteur, je crois, d'or. Il y a un enjeu, notamment de la France.

C'est un peuple qui s'insurge, tout simplement. Mais il y a une partie du peuple vénézuélien. Vous dites que les gilets jaunes, c'est un peuple qui s'insurge, le peuple français.

16:34
Présentateur

Pourquoi il y a une géométrie variable ?

16:37
Alexis Corbière

Je suis en train d'essayer de répondre. Il y a une partie du peuple vénézuélien aujourd'hui qui est en désaccord avec Maduro. Il y en a aussi une partie qui soutient le gouvernement. Ce pays est cassé en deux. Je pense qu'il ne faut surtout pas que ça se règle par la violence. Je pense que ce n'est pas en soutenant d'un seul coup un homme autoproclamé président comme le fait les Etats-Unis qui a toujours aimé être empatouillé la situation en Amérique latine qu'on va calmer les choses.

Je propose donc qu'il y ait désormais une diplomatie active de la France qui dise qu'il faut que les deux camps discutent entre eux et que ça ne sera que par une solution notamment allant vers un processus électoral qu'on s'en sortira. Je dis à Philippe et à d'autres que pour ma part, je désapprouve évidemment si on tire sur les manifestants et je désapprouve aussi qu'il y ait des manifestants qui soient armés au Venezuela contre le pouvoir.

17:16
Invité

Est-ce que vous condamnez la politique et la gestion du pays par Nicolas Maduro ?

17:23
Alexis Corbière

La phrase est extrêmement génée. Il y a une opposition qui n'accepte pas le gouvernement actuel. Je ne vous parle pas de l'opposition, je ne vous demande pas si vous soutenez le président au proclamé. Moi, je désapprouve toute forme de répression quand il y a des mobilisations. Donc, vous la condamnez. Mais je dis, et vous le savez en plus, que là-bas, l'opposition à Maduro est aussi une opposition armée violente. D'accord ? Armée et violente. Je ne vous demande absolument pas de soutenir l'opposition en face. Non, non, mais ce que je veux dire c'est qu'il y a des situations de tensions qui sont dues aussi à ceux qui ont...

17:47
Invité

Manifestement, c'est difficile de dire qu'on condamne ce que fait Maduro qui tire sur ses manifestants.

17:51
Alexis Corbière

Je vous l'ai dit, moi je réprouve qu'on tire sur les manifestants, je vous l'ai dit. Mais je dis aussi qu'il faut contextualiser les choses et qu'en France, il n'y a pas de gens armés dans les... Il n'y a pas des gens qui ont tiré sur des forces de l'ordre. Il n'y a pas des gens qui ont... Il y a quand même des groupes qui ont soutenu des volontés de coup d'État. Je rappelle même que du vivant de Chavez, il y avait eu un coup d'État tenu par le patronat vénézuélien ou pendant quelque temps où Gaucheras pendant quelques heures avait été mis de côté. Ce pays, il faut quand même comprendre la situation de tension dans laquelle il est depuis un grand moment.

18:21
Présentateur

Beaucoup de questions sur ce thème, sur l'application France Inter. Jean-Baptiste, par exemple, M. Corbière, si 500 000 personnes qui s'expriment, c'est peu, c'est bof, comment qualifiez-vous à peine 80 000 personnes en gilet jaune ? Même question, M. Corbière, Arnaud vous la pose, à partir de combien de citoyens est-on le peuple ? 18 députés la France Insoumise sont-ils le peuple ? 84 000 gilets jaunes sont-ils le peuple ? 500 000 citoyens sont-ils le peuple ? Mais il y a un aspect polémique dans la question, mais moi je... Oui, mais il n'y a pas que de la polémique.

18:53
Alexis Corbière

Non, mais parce que...

18:54
Présentateur

Si 500 000 personnes, c'est peu, effectivement, 80 000 gilets jaunes, c'est encore moins. Non, mais 500 000 personnes, bon, ce sera la seule...

19:01
Alexis Corbière

Très bien, je vous ai dit... Non, mais je vous pose la question. Je trouve ça bien que des gens s'expriment sur ce site. Moi, je n'ai pas désapprouvé. Ce que je dis, c'est que tous les gens de bonne volonté qui sont exprimés sur ce site risquent d'être dans une situation où je ne sais pas ce qui va être retenu. Ça ne peut pas marcher comme ça une grande démocratie. Ce n'est pas mettez vos contributions sur le site et un homme seul retient les sujets. C'est ça que j'ai dit ou quand je dis c'est bof. Et quelque part, ce qu'expriment les manifestations des gilets jaunes, ce n'est pas seulement le nombre de gens mobilisés, c'est ce qu'on a vu, ce que ça exprime dans le pays.

Enfin, non, 17 députés, France Insomni, ça n'est pas le peuple. Mais s'il vous plaît, moi je suis là gentiment arrêter de poser des questions qui ont, par la même définition, là je ne m'adresse pas à vous Nicolas Demorand, mais un aspect polémique. Si vous pensez que les moments des gilets jaunes ne sont qu'un truc marginal, franchement... Non, je vous répercute deux questions d'audite. Là je ne parle pas à vous pour le coup. Le gouvernement sait bien que ce que ça veut dire c'est un rejet profond dans le pays des premières années qui ont été menées. Que beaucoup de choses ont choqué très majoritairement. Notamment la suppression de l'ISF, l'augmentation de la CSG et nombre de choses.

Et que cette politique, après vous pouvez dire ne pas approuver la France insoumise mais au moins être d'accord sur le constat que les gens ne veulent pas du macronisme.

20:08
Invité

Une grande partie de la classe politique s'émeut que des djihadistes français soient sur le point de revenir ici en France après le retrait américain de Syrie. Le gouvernement dit qu'on n'a pas le choix. Ils sont français avant d'être djihadistes a dit Christophe Castaner sur cette question qui est très compliquée. Quel est votre avis ?

20:23
Alexis Corbière

Question compliquée, je vais donner mon avis personnel. Moi je suis pour qu'on garantisse la sécurité du territoire national et si ces gens qui sont dangereux, ça reste à préciser le fait qu'ils soient dans la nature parce que si j'ai bien compris nos amis kurdes ne garantissent plus leurs conditions de détention personnellement je préfère les voir entre les mains de la justice française que de se dire on a une position théorique ils vont peut-être être dehors dans la nature avec la potentialité qu'ils organisent des attentats contre le territoire national.

Donc moi je suis plutôt sur cette ligne là et après comme principe plus général je suis plutôt pour que lorsqu'on ressentissait ça en français fût-il un salaud fait quelque chose et bien qu'il passe entre les mains de la justice française. Mais avant même ça voilà ma réflexion à ce tas donc je n'ai pas envie de polémiquer avec le gouvernement là-dessus.

21:05
Présentateur

Et sur le Brexit l'Union Européenne a envoyé une fin de non-recevoir à Theresa May il n'y aura pas de renégociation de l'accord qu'importe le nouveau vote du Parlement britannique là aussi c'est une question extrêmement compliquée qu'est-ce qu'on fait ? Alors

21:20
Alexis Corbière

question extrêmement compliquée moi je pense que la ligne la pente libérale de l'Europe a aujourd'hui fait qu'on rentre dans un processus destituant aussi au niveau européen de crise il faut l'observer j'approuve le fait que l'accord qui a été proposé donc aux Britanniques qui était un mauvais accord qui contenait en lui-même des choses que nous avons rejetées en France notamment cette concurrence libre et non faussée qui était dans l'accord et donc cette volonté un peu avec une méthode de chausse-pied d'imposer cela crée les conditions de cette crise après il y a un problème aussi de direction politique parce que c'est des libéraux anglais qui eux aussi ne sont pas très clairs bien souvent sur toutes ces questions politiques ont quelque sorte épuisé la mobilisation du peuple britannique qui ne voulait pas à la fois d'une Europe libérale mais qui sans doute aujourd'hui manque d'une représentation politique claire

22:10
Invité

vous l'avez balayé d'un revers de main au début de l'interview l'histoire du cumul des mandats Edouard Philippe n'exclut pas de revenir sur cette règle du non-cumul des mandats notamment pour les petits maires pardon les maires de petites villes quel est votre avis sur la question ?

22:24
Alexis Corbière

Moi il sera simple écoutez je suis sans doute j'ai moins de capacités que d'autres moi dans mon travail de député je ne me vois faire que ça je ne serais pas capable d'être maire d'une commune fut-elle petite donc je suis pour quand même le mandat unique de député et je suis contre le cumul des mandats c'est maligne et je suis étonné là je vois une astuce c'est un sujet sorti du chapeau par le Premier ministre pour nous faire discuter qui montre bien vous voyez cher Nicolas Demorand c'est fabuleux ces 500 000 français qui sont allés sur le site mais si c'est pour les amuser à la sortie sur des débats annexes alors que moi ce que je vois c'est plutôt fondamentalement la question du partage des richesses la volonté de donner des droits nouveaux aux citoyens c'est pas reculer sur le fait qu'on retrouve franchement les petites baronies de ceux qui cumulent maires députés et moi je vous le dis à ceux qui m'écoutent c'est la première fois depuis un an et demi de ma vie que je suis député peut-être que ce sera mon seul mandat dans ma vie j'arrive à peine à faire la totalité des choses qui me sont demandées être maire à côté c'est totalement impossible

23:17
Présentateur

Merci Alexis Corbière Merci à vous Député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis au micro-denteur