Primaire à gauche : la division plutôt que l'union ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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- 2:00Fait
« Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, si jamais il votait le 10 octobre, enfin François Hollande va le faire, euh bah il voterait sans doute pour le même candidat, il voterait pour Olivier Fort »
- 2:35Fait
« Raphaël Gluxman hier disait "Nous ramènerons vers nous des millions de Français qui ne veulent pas voter pour LFI." »
- 4:29Fait
« l'important c'est pas le groupe, l'importance c'est d'abord la ligne. »
- 5:08Fait
« dans ces millions de français vous mettez des centristes, vous mettez évidemment l'électorat du RN. »
- 5:50Chiffre
« l'espace politique aujourd'hui pour une candidature sociale-démocrate est quand même très étriqué. Elle est de au maximum à peu près 15 %. »
Temps de parole
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Et cette même question qui continue de se poser semaine après semaine, cette primaire mène-elle à la désunion plutôt qu'à l'union ? On en parle avec vous Benjamin Morel. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes politologue, constitutionnaliste et maître de conférence à l'université Paris I, auteur de le nouveau régime ou l'impossible parlementarisme. Euh, on va commencer par un petit point avec Alix, puisqueAlix va nous décrire ce qui s'est passé hier, Alix. Donc, ce premier débat qui avait bien commencé, on peut le dire, et qui a un peu moins bien fini. Oui. Alors, c'est vrai qu'on s'attendait vraiment à un pugila et euh et on a eu droit pendant une très bonne partie, longue partie de l'émission bah un des échanges assez policés, assez courtois. Ses Golen Royal avait laissé
ses gants de boss sur le côté. Euh le le favori Raphael Luxman a eu droit à quelques pics mais là encore très feutré. Euh et du coup, ça nous a permis quand même bah de voir les points de différence hein notamment sur euh euh Israël, les points, on va dire de convergence sur la crise du carburant, des nuances parfois sur d'autres sujets euh également. Euh et tout d'un coup, Pat àatra effectivement l'éléphant dans la pièce, Jean-Luc Mélenchon et la question effectivement des alliances avec la France insoumise, ça il y a eu effectivement une belle explication de de gravure et on a vu que finalement la vraie ligne de fracture au sein des candidats, elle était sur ce sujet-là. Ah, vous parlez de Jean-Luc Mélenchon, mais il y a en réalité hier, il y avait deux hommes en embuscade. On peut dire
il y avait deux hommes en embuscade effectivement. Euh Jean-Luc Mélenchon et euh François Hollande. Alors l'un il est candidat déclaré, il domine le le à ce à à ce stade le match à gauche et puis l'autre, il est pas encore candidat mais il rêve de l'être. Et c'est vrai que ces deux-là, ils ont un intérêt vraiment commun, c'est que cette primaire, elle déraille complètement. Euh et c'est vrai que pour l'instant, ils étaient assez à mon avis satisfaits de là où ils sont, hein. Euh on a vu l'éviction du euh du candidat déclaré Philippe Brin, des euh soupçons de règlement de compte de part et d'autre, des noms d'oiseaux, un recadrage de Ségoline Royal par la commission euh d'organisation de la primaire. Donc effectivement, ça partait plutôt mal. Euh la suite alors, c'est quoi ? Ah ben
la suite, ça dépend effectivement des résultats de la primaire. Euh mais c'est vrai que et Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, si jamais il votait le 10 octobre, enfin François Hollande va le faire, euh bah il voterait sans doute pour le même candidat, il voterait pour Olivier Fort parce qu'Olivier Fort l'a redit hier hein, pour lui il y a pas de gauche encore irréconciliable. Donc au bout du bout du bout au Lieu il dit oui, il faudra faire alliance avec la France insoumise et ça ça fait les affaires de Jean-Luc Mélenchon parce que lui il peut incarner le vote utile à gauche. Ça fait aussi les affaires de François Hollande parce que lui il peut se targuer et bien de sauver la social-démocratie en se portant candidat à la présidentielle. Et si c'est Raphaël Gluxman qui gagne
cette primaire. Alors là, il l'a aussi rappelé hier soir hein, il sera très ferme, pas d'alliance avec la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon devra donc faire avec. Ce sera une mauvaise pioche aussi pour François Hollande qui pourra pas dire "Bah moi je fais le rempart contre la France insoumise." Après si jamais parce que à date Raphael Guxman c'est celui qui avait quand même le plus de chance de l'emporter dans quel état est-ce qu'il va sortir ? Et c'est là où on comprend le petit paris de François Hollande de se dire "Ou là je me tiens en embuscade, je donne pas de coup donc j'en prends pas et puis si les choses virent mal je serai toujours là pour ramasser la mise." Jean-Lucis Mélenchon fait exactement le même paris. Voilà beaucoup de choses dans ce que
vous nous dites. On va y revenir avec vous Benjamin Morel déjà. Donc on l'a dit, ce ce débat euh relativement courtois, il faut le dire, de de bonnes tenues, mais il y a quand même eu plusieurs sujets de tension, l'international notamment et puis donc euh vous vous lisiez Alex, c'est cet éléphant dans la pièce, cette question, faut-il ou non faire alliance avec LFI ? Ça c'est vraiment ce qui ce qui cristallise les tensions depuis des semaines, des mois, même des années autour du du bloc socialiste. Alors c'est clairement ce qui cristallise les tension hein et on l'a vu hier. En effet, ça part en cacahuète, excusez-moi l'expression, dans la dernière demi-heure parce que justement il y a ce sujet qui vient sur la table avec des arguments de part et d'autre
qu'il faut entendre. un argument qui est un argument plus moral déterminant chez Jérôme Gage et chez Raphael Luxman en disant après les dérapages prête à Jean-Luc Lenchon, on ne peut plus faire alliance avec la France insoumise et le Paris socialiste doit gagner l'élection pour ensuite créer un mouvement derrière lui. et de l'autre côté des candidats notamment Olivier Fort qui disent bah en réalité l'espace socialiste aujourd'hui est trop restreint, trop limité et donc à partir de là et bien le PS ne peut pas gagner seul. Par ailleurs en texte après les présidentielles quoi qu'il arrive il y a des législatives et si jamais les socialistes sont tout seuls et bien c'est les trois/4 du groupe qui sautent. ce à quoi certains candidats, je crois Jérôme Gage a répondu, l'important c'est
pas le groupe, l'importance c'est d'abord la ligne. Et donc on voit qu'aujourd'hui c'est vraiment le point de tension stratégique et derrière il y a des enjeux moraux et pour le PS, il y a des enjeux également de survie. Euh vous parlez des arguments des uns et des autres. Raphael Gluxman hier disait "Nous ramènerons vers nous des millions de Français qui ne veulent pas voter pour LFI." Jean-Luc Mélenchon clive et antagonise les débats. C'est vrai ça, c'est c'est une position aussi qui qui est importante pour lui de les il y a des millions de Français qui seraient prêts à voter contre LFI et donc pour Raphaël Luxman. Alors il y a beaucoup de Français qui en effet aujourd'hui ont une mauvaise appréciation de Jean-Luc Lenchon et pourrai voter contre lui. De là ce qu'il
vote F Luxman. C'est tout sauf évident parce que dans ces millions de français vous mettez des centristes, vous mettez évidemment l'électorat du RN. Donc si vous prenez le score de la gauche hors Lfi euh aux européennes, en fait c'est un score très restreint. Raphaëlman fait ça de 14 % mais avec beaucoup plus d'abstention qu'à une élection présidentielle, un électorat plus aisé, un électorat plus âgé qui vient voter alors que les classes populaires souvent s'abstiennent. Donc si vous voulez, l'espace politique aujourd'hui pour une candidature sociale-démocrate est quand même très étriqué. Elle est de au maximum à peu près 15 %. Donc la question c'est où vous allez chercher les électeurs ? Si vous êtes devant Jean-Luc Pélenchon, vous pouvez espérer créer un effet de vote utile à votre
profit. C'est pas gagné mais en tout cas c'est l'un des paris. C'est sans doute le paris de Raphaël Luxman. Ensuite l'autre possibilité c'est la c'est d'aller mordre au centre. Et là il y a deux difficultés. Il y en a beaucoup de candidats au centre aujourd'hui et donc c'est un espace qui est saturé. Et de l'autre côté et bien ce qu'on a vu hier c'est que au fond le fait d'aller dialoguer avec la Macronie est aujourd'hui un tabou pour la quasi totalité des candidats à la primaire. Et par rapport à ce que vous dites, il y a eu un un vrai cri du cœur hier soir de Raphaël Guxman. D'ailleurs, il l'a dit de manière un peu, il y avait une confusion sur le plateau à ce moment-là, mais il a dit "Mais j'ai l'impression que je suis le seul à croire que je vais gagner et que je qu'on peut gagner."
Parce que lui, on comprend sa logique. Il se dit "Mais moi, mon score des 14 % là aux européennes c'est très bien, c'est un acquis mais moi comme je vais gagner, je vais créer une dynamique et donc en créant une dynamique et ben je vais amasser des gens autour de moi." Et donc on n'est pas dans un rapport de force ou de boutiquier combien tu as fait, combien je te donne et tout. C'est la dynamique de campagne et c'est vrai que ça peut exister, c'est quelque chose qui euh ça ça arrive ou ça n'arrive pas. Euh après effectivement l'autre solution euh c'est de se tourner plus vers le centre en se disant tiens c'est un peu bouché sur sur la gauche de la gauche et ça c'est vraiment le paris de François Hollande. Il s'est dit il y a peut-être aussi un coup à jouer euh je peux voilà à la fois
attraper les socialistes, aller le plus loin possible et puis aller piocher sur les terres de Gabriel Atal ou d'Édouard Philippe. C'est Golen Royal, elle s'est montré beaucoup plus clair avec plus ouverte à une alliance avec LFI. Oui, c'est Glorial, Olivier Fort, on voit qu'il y a Emmanuel Morel dans une autre mesure, même s'il a condamné fermement Jean-Luc Lenchon. Donc, on voit qu'en effet, il y a deux lignes. D'un côté, vous avez les trois candidats qu'on a évoqué, de l'autre, vous avez Jérôme Gatha Luxman qui sont sur un jamais jamais d'alliance avec la FCI. D'ailleurs, à la fin, Jérôme Gache dit "Moi, je soutiendrai le candidat à la primaire, ça ne m'engage pas pour la législative qu'il y a derrière." Parce que la question de l'alliance avec Jean-Luc Pélenchon ne se posera
probablement pas lors des élections présidentielles. Elle se posera de manière à peu près certaine lors des législatives qui suivent, quel que soit d'ailleurs celui qui gagnera. Et après, on voit que la gauche, elle a quand même une facilité déconcertante à se déchirer et effectivement à refaire l'Union en 3 jours. Emmanuel Macron, on sait quelque chose après la dissolution. Il a été un peu pris de vitesse. Euh, il y aura sans doute des des personnalités comme Gadge qui diront "Voilà jamais plus." et qui iront seul au combat. Mais effectivement, on peut envisager une forme de pragmatisme, on va dire, du côté des socialistes à ce moment-là. Mais on a vu quand même une vraie fracture à partir du du 7 octobre. Oui, il y a une vraie fracture à partir du 7 octobre parce que vous avez des
lignes morales qui à ce moment-là sont considérées comme étant franchis franchis. Il y a d'autres fractures qui depuis se sont rajoutées hein, les jeux sur les noms bah notamment de Raphaël Luxman en meeting par Jean-Luc Mélenchon. Tout ça creusé très clairement et bien des faussés entre la gauche socialiste et les insoumis. Néanmoins, comme ça bien été dit pareil tout à l'heure, il y a malgré tout des intérêts stratégiques évident, je l'évoquais tout à l'heure, mais si jamais vous n'avez pas d'union de la gauche, les députés là, ils ont été élus comment ? de groupe socialistes. Ils ont été élus dans une configuration très particulière deux fois qui est celle de l'Union de la gauche. Ils savent également, si on regarde la dernière dissolution, qu'en cas de second tour
entre le RN et un candidat socialiste socialiste, un pas NFP, il y a un élector macroniste sur deux seulement qui se replie sur le socialiste. Pour beaucoup des députés du PS aujourd'hui, pas d'alliance à gauche, c'est prendre un risque mortel en vue des prochaines législatives. Et ces intérêts là, on les considère comme on veut. D'un point de vue politique, d'un point de vue moral, la survie du groupe socialiste peut dépendre justement du bon vouloir de Jean-Luc Mélenchon. Et ça, évidemment, ça met une pression aujourd'hui sur l'appareil. Yeah.
Olivier Faure