Exécution provisoire : «Un danger pour la démocratie» alerte Marine Le Pen
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] 13h 15h Europa info. La suite à 13h32 sur Europe avec vos deux chroniqueurs Clim Matia Sébastien Ligier Gill William Golnadel et votre invité le politologue et analyste d'opinion à l'Observatoire hexagone la France en chiffre Paul Sébille. Paul Sébille bonjour merci d'être en ligne avec nous dans Europe Info.
Bonjour. On va évidemment revenir sur cette lourde condamnation de Nicolas Sarkozi à 50 prison ferme hier donc par le tribunal correctionnel de Paris. Euh est-ce que vous avez pu sonder les Français ?
Qu'est-ce qu'ils en pensent ? Plutôt choqués ou plutôt satisfaits ? Alors actuellement, on n' pas encore he de données sur cette condamnation précisément, mais on avait déjà une un sondage en 2021 sur une condamnation qui concernait déjà Nicolas Sarkozy et on voyait à l'époque que 50 % des Français estimaient que il avait bénéficié d'un traitement plus favorable que n'importe quel justiciable à l'époque contre seulement 22 % qui considérait qu'il avait été traité plus sévèrement.
Et je pense que ces chiffres-là donnent déjà une indication un petit peu de l'état d'esprit des Français sur la classe politique, les condamnations et cetera et peut-être plus particulièrement sur Nicolas Sarkozi. Alors, nous sommes allés poser la question dans les dans les rues de Paris entre hier et aujourd'hui. La plupart des personnes interrogées considèrent que la peine pour le coup là est trop lourde.
Écoutez, je trouve que c'est sévère parce qu'il y a beaucoup d'autres gens qui font beaucoup plus que ça et qui ne peent pas autant. Donc c'est un peu sévère pour un président de la République, il fallait quand même que qu' qu'il ait du surcis. Moi je trouve que c'est bien parce que les hommes politiques puissent avoir la même peine que n'importe quelle personne.
C'est c'est scandaleux. Cette condamnation n'est pas juste. Voilà.
C'est plus la la juge la présidente du tribunal a plus rendu un verdict politique que justice. Paul Sébiille, est-ce qu'on peut dire que dans cette affaire finalement il y a soit les politiques, soit la justice qui en sorte discrédité ? Alors ça c'est sûr, c'est que de manière générale ces ces affairesl créent un sentiment un petit peu de rejet de tout et surtout qu'on en parle trop. on parle trop des affaires, on y passe trop de temps par rapport euh aux préoccupations des Français.
Et aussi, il faut dire que ils ont les Français ont aussi l'idée que il peut y avoir des tentatives de manipulation politique de la part des juges, mais que ça n'exonère pas les hommes politiques quand même de soit respecter les décisions de justice et cetera. Donc il y a deux choses quand même, mais il faut bien souligner euh et c'est important que les Français n'ont pas plus confiance dans la justice que dans les hommes politiques. Et ça crée un peu ce sentiment euh euh et cette cette atmosphère de rejet global qui est un petit peu inquiétante malgré tout.
Oui, c'est ce que l'avocat, l'un des avocats en tout cas Nicolas Sarkozy dit, des décisions qui mettent la démocratie en danger. Vous vous partagez son point de vue ? Oui.
Oui, absolument. parce que comme je le dis, c'est si on ne croit plus dans les politiques, si on ne croit plus dans la justice, ça isole un petit peu tous les acteurs. Et c'est vrai que là Nicolas Sarkozy est isolé he dans l'opinion en tout cas, j'entends parce que il peut paraître comme coupable politiquement de manière générale pour son bilan et ça se confond avec cette cette décision de justice qui peut-être finalement il y a l'appel et cetera, faut bien le rappeler aussi peut-être va le le rendre innocent.
Euh mais dans dans l'opinion, il est il est déjà un peu faut mais parce que les Français confondent peut-être aussi le politique et le judiciaire. Oui, mais il y a l'appel et puis a aussi cette exécution provisoire. C'estd que malgré l'appel, il ira quand même en prison à cause de l'exécution provisoire.
Est-ce que ça ressemble à une exécution politique ? Exactement. Je pense que ça peut tout à fait être perçu comme ça dans l'opinion.
En tout cas, dans son camp, ça l'est et ça va rejoindre sans doute aussi ce qui est arrivé à Marel Le Pen. Et on voit d'ailleurs queil pourrait y avoir un pont d'opinion, on va dire, entre la droite LR et la droite RN sur ce sur cette idée-là. l'exécution proviseur, mais c'est vrai que ça interroge aussi sur le le positionnement des LR qui à l'époque avait refusé dans la loi cette exécution provisoire mais aujourd'hui s'allie avec le centre qui lui a voté cette exécution provisoire.
Donc on il y a un petit peu une confusion aussi euh dans l'opinion sur quelle est vraiment la position euh des différents partis et et ça peut créer cette idée que on que que les élus euh font du cherry picking, on va dire. C'estàd ils décident ce qui n'est juste ou pas en fonction de leurs intérêts. Ça c'est très important de faire attention à ça aussi.
Ouais. Alors de là avoir après une union des droites, on on en est pas encore là, c'est pas encore sur les conséquences politiques. Mais en tout cas effectivement cette affaire est très révélatrice et il est important d'en débattre.
Alors juste j'ouvre la discussion à G William Golnadel et Sébastien Lig qui veut vous interpeller je crois. Oui mais parce que moi ce que je ressens c'est que pendant des années, il y a eu une demande populaire envers plus de sévérité judiciaire envers la classe politique qui a sûrement bénéficié pendant des décennies d'une certaine impunité et c'est quelque chose qu'on ressentait. La classe politique au 20e siècle passait un petit peu entre les gouttes.
Il y avait ce sentiment euh diffus parmi la population française que les politiques ne devaient pas être au-dessus des lois. Le problème c'est qu'il faut pas que les politiques se retrouvent en dessous et j'ai quand même un petit peu l'impression qu'il y a un retour de bâton judiciaire que Nicolas Sarkozy comme Marine Le Pen peut-être comme demain Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe ou Emmanuel Macron ou que sais-je prennent un petit peu pour tout le monde et qu'il fallait en faire un exemple et que finalement la balance est en train d'être rééquilibrée un petit peu de force et qu'on se retrouve à devoir juger plus sévèrement les politiques pour finalement expier une faute que la justice aurait commise pendant des décennies en en fermant les yeux sur les actes délectueux des hommes politiques. Alors attendez parce que là je crois qu'ager William Goldadel qui Oui oui parce que qui me paraît en désaccord.
Oui parce que moi je je je sais simplement je suis empirique hein, je suis pragmatique, je sais simplement que monsieur Causacit rendre gorge aux délinquants fiscaux et qui avait un compte en Suisse qu'il n'y ait, il a pas fait un jour de prison. Oui mais ça a marqué l'opinion justement. Non, non, mais ce que je veux dire à ma connaissance, vous dites que monsieur Mélenchon peut-être aussi il va pâtir de la méchanceté des juges.
Moi, jusqu'à maintenant, la dureté des juges, je l'ai vu appliquer contre contre toute logique et contre toute expérience uniquement par rapport à Marine Le Pen et par rapport à monsieur SarkoZi à qui à qui on a encore une fois imposé l'exécution provisoire. Mais alors là Gill William Goldendel, vous dites que la justice est biaisée et idéologisée. Alors mais mais bien sûr je j'affirme que la juste le la sociologie des juges ressemble un peu à la sociologie des journalistes et donc sans vouloir considérer que tous les journalistes ou tous les juges sont d'extrême gauche, malheureusement malheureusement il y a quand même un tropisme important.
Et je voudrais dire là, vous dites que la démocratie, elle est en mais c'est bien plus que ça. Si le peuple français, comme il en a de le droit, doute aussi de ses juges, mais c'est une faillite générale de la société, c'est be au-delà encore du problème de la démocratie. Et c'est quoi alors un point de bascule vers quoi ?
Mais on est dans une, pardon de vous le dire, on est dans la faillite économique, on est dans une sorte de Mais c'est on est dans une faillite sorte de philosophique, on est dans une faillite judiciaire, on est dans une faillite au niveau des frontières. Mettez-vous à la place du peuple français. Moi déjà, je je pardon de vous le dire, je suis très inquiet. cet élément-là nouveau, enfin qui n'est pas nouveau pour moi, mais qui va sauter aux yeux et est très révélateur d'une faillite générale sociétale.
Euh Paul Sébille, est-ce que vous diriez que on est vers un dans un moment point de bascule vers le quoi ? Un populisme, un certain populisme ? Je je Non mais le vide sans le signifier sur le vide.
Alors sur le vide carrément. Paul Sébi, votre analyse. Oui.
Oui. Mais c'est pas seulement la faute de Nicolas Sarkozi ou la faute là du de la juge en particulier. Alors euh c'est c'est quand même un environnement plus général et puis on peut le dire.
C'est vrai que Nicolas Sarkozy paye sans doute pour les autres. On peut le dire hein. Euh on on se rappelle de Jacques Chirac qui a pu terminer sa vie sans être impacté.
Il y avait une forme d'impunité euh mais bon, elle est difficile à évaluer hein. C'est je je ne trie pas selon je vous je ne pointe pas du doigt parce que on parle politique une décision politique euh et je disais que Nicolas Sar payé pour les autres. Il p aussi pour l'afférisme, on appelait ça l'afférisme rose dans les années 90 avec les socialistes.
Il y avait une loi d'amnestie me semble à l'époque qui avait été voté notamment dans l'affaire Nucci qui qui et qui avait choqué les Français. Par exemple, Henry Emmanuelli avait été lui-même condamné et les les Français n'avaient pas été choqués de cette condamnation. il avait été condamné en tant que trésorier du Parti socialiste.
Et vous voyez, c'est un peu ça, c'estàdire que les Français ne sont jamais choqués de voir des élus condamnés. Mais ça crée ce sentiment-là euh de de de pas de vengeance, mais presque. C'est-à-dire que chaque camp peut se venger de de de l'autre.
Et c'est vrai que là, les juges ont quand même un rôle d'apaisement. Ils auraient très bien pu ne pas prononcer cette peine euh tout en condamnant euh par ailleurs le le l'affaire mais sans cette peine de de prison. Euh ça aurait sans doute apaisé les choses.
Ça c'est vrai. Et la même chose pour Marine Le Pen, c'est-à-dire que là les juges créent aussi du ressentiment dans le camp respectif de chaque homme politique condamné. PNF monsieur, c'est le parquet national financier a été créé pour cela, pour expier les fautes de la justice.
Et le problème, c'est que le politique a créé le PNF et le PNF va tuer le politique. C'est la faute première. Encore une fois, le PNF qui s'en est pris à Fillon, il s'en est pas pris.
Je veux dire à chaque fois les exemples quand même sont moi je pense malheureusement que ça ne s'arrêtera pas à la droite et que et que ce système judiciaire va s'attaquer à tout le monde parce qu' il se pensent omnipotent et il pensent qu'ils sont ils sont ils sont trop tellement puissants qu' s'en parler vous inquiétez pas je remerci politologue analyse d'opinion l'observatoire hexagone la France en chiffre on continue évidemment de de parler de cette des suites de ce que cela révèle ou non de l'impact les conséquences sur notre société sur nos notre politique notre vie démocratique. Vous nous écoutez sur Europe 1. Très bon appétit si vous êtes à table.
Il est 13h43. À tout de suite avec Lellie Mathias sur Europ. 13h 15h Europa Info.
Marine Le Pen