Éric Coquerel : « Quand un gouvernement n’a comme seule réponse la répression, il se plante »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Comment calmer la colère des lycéens ? Les cinq chantiers de Lecornu sont-ils les bons ?
- 0:53OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur ces mouvements étudiants ? Ça vous rappelle des souvenirs ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Est-ce que ces mouvements ont changé de nature ? Mutation ou mobilisation classique ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Ce mouvement a-t-il vocation à s'étendre selon vous ?
- 3:40RelanceRéponse directe
Que répondez-vous à l'accusation d'être à l'origine du mouvement via des proxys ?
- 4:39RelanceRéponse partielle
Les lycéens sont-ils poussés à ces actions par des éléments d'extrême-gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:59Invité politiqueFait
« On n'est pas en guerre, que je sache. »
- 12:07Invité politiqueChiffre
« Vous supprimez 1 600 enseignants. »
- 18:39Invité politiqueFait
« Le capital, pour aller vite, parce que c'est comme ça que ça se traduit en termes de dividendes, n'a eu de cesse de baisser dans le prélèvement obligatoire. »
Temps de parole
- Éric Coquerel73 %
- Invité11 %
- Présentateur10 %
- ?6 %
≈ 15,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
L
'acte 3 de la mobilisation étudiante annoncée demain. Nouvelle journée de mobilisation que les syndicats appellent à rejoindre. Comment calmer la colère ? Les cinq chantiers lancés par Sébastien Lecornu sont-ils les bons ? Pour en parler, nous recevons Éric Coquerel, le député de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Éric Coquerel, interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest-France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Ariane, Éric Coquerel, bonjour. Bonjour.
On
va commencer évidemment par cette mobilisation lycéenne. Vous avez manifesté, Éric Coquerel, dans votre jeunesse, dès 14 ans, si on en croit votre biographie, contre la loi de Vaquet après, en 1986. Quel regard vous portez sur ces mouvements étudiants ? Ça vous rappelle quoi ? Des souvenirs de jeunesse
?
Pas seulement des souvenirs, parce qu'en fait, je vais devant les lycées actuellement pour
non
seulement les soutenir et les écouter surtout, mais aussi faire en sorte que les choses se passent le plus calmement possible quand j'y arrive. Oui, c'est un mouvement qui, en tout cas par son aspect massif, me rappelle par exemple les grands mouvements comme de Vaquet ou le CPE, parce qu'il y a beaucoup de monde. Des fois, il arrive qu'il
y ait
des mouvements avec des blocus où les blocus sont minoritaires. Mais là, c'est vraiment pas le cas. Vous avez quasiment tout le lycée qui est dehors, les gens qui se mobilisent. Bon, et puis, par contre, je crois que, contrairement aux périodes dont je viens de vous parler, il y
a
une plus grande angoisse chez les lycéens de leur avenir. C'est pour ça qu'ils parlent de Parcours Sub, qui est une vraie boucherie en ce moment, il faut le dire. Vous avez des centaines de lycéens qui n'ont pas d'affectation, qui parlent de leurs conditions concrètes de cours. Donc voilà, ça exprime
le mal-être
des jeunes et des lycéens dans une période où les choses ne vont pas pour ce pays.
Mais est-ce que vous jugez, enfin vous qui avez un regard depuis des années, est-ce que pour vous ces mouvements ont changé de nature ? Est-ce qu
'il
y
a
une mutation ? Est-ce qu'aujourd'hui on est dans une mobilisation classique ou dans une mobilisation qui a une tournure inédite
?
Ce qui est différent des mobilisations d'il y a une quarantaine d'années, c'est que ça vient d'abord, mais c'est un lien avec le contexte que je vous explique, ça vient d'abord des villes populaires, des lycées populaires au départ. Parti de Créteil, sur des choses très concrètes, la Seine-Saint-Denis s'est embrayée, ce n
'est
pas vraiment étonnant. Ça fait deux ans par exemple qu'en Seine-Saint-Denis, vous avez les enseignants qui ont un mouvement pour demander un plan d'urgence pour la Seine-Saint-Denis. Voilà, ça c'est une différence, c'est-à-dire que les mouvements CPE ou surtout de Vaquay sont d'abord partis des étudiants avant d'essaimer dans les lycées. Voilà, c'est ça la différence. Sinon en termes
de… Là vous pensez qu'il va être l
'inverse,
c
'est-à-dire que ça part des lycées et ça va essaimer plus
largement ? Oui, c
'est ça, et en plus ça part des villes populaires, des lycées et des villes populaires où l'angoisse est plus grande par rapport aux conditions d'études qui sont mauvaises, par rapport souvent aux bâtiments qui sont dans un sale état, par rapport au manque de médecine scolaire, etc. Mais
c
'est un mouvement qui a vocation à s'étendre pour vous ?
Je pense qu'il va s'étendre, parce que vous savez, là par contre vous parlez de mon expérience, alors je peux vous dire une chose,
c
'est que quand un gouvernement n'a que comme réponse la répression
et
une version policière de
l
'histoire, on dirait complotiste aujourd'hui en disant il y a une main invisible, alors c'est nous la main invisible qui agit tout ça, en général il se plante et le mouvement ne fait que se développer. –
Ça c'est la fameuse phrase de Matignon, elle est fille et c'est proxy l'ultra-gauche accusée d'être à l'origine du mouvement, ça a été beaucoup débattu, évoqué, qu'est
-ce
que vous répondez à cette… –
Moi j'appelle Sébastien Lecornu à raison garder, à mesurer ses propos, quoi. C'est la première fois qu'on utilise ce terme, ça fait deux fois en fait,
il
l'avait déjà dit une fois, qui est un terme militaire, en plus qui définit plutôt des organisations terroristes, enfin on voit bien qu'il
y a
un côté militaire, quoi, vis-à-vis d'une opposition. On n'est pas en guerre, que je sache. Voilà, donc je trouve que cette façon de faire qui tend le sujet, exactement comme d'ailleurs ils ont fait dès le départ, c'est-à-dire que dès le départ, vous avez le ministre de l'Éducation, avant de parler de plateforme, etc., et le ministre de l'Intérieur qui ont appelé tout de suite à une répression par rapport au blocus. Là maintenant, il s'adoucit le ministre de l'Éducation, il dit « Ah mais il y a les lycéens d'un côté, c'est vrai, et puis il y
a
quelques casseurs à l'autre ». Mais au début, ils n'ont pas fait ça, ils ont tout de suite envoyé l'appel
pour faire en sorte de disperser les blocus. C'est aussi
une note des renseignements qui parle
de... Facité par
le gouvernement. Oui, écoutez, c'est pas parce
que c'est une note des renseignements... Mais les lycéens sont poussés
à ces actions par des éléments d'extrême-gauche qui viennent notamment d'organisations politiques comme LFI.
Donc c'est pas parce que ça vient des renseignements que ça la valide, première réponse. Et la deuxième, c'est que c'est le Premier ministre qui a fait en sorte que ça fuite, puisque c'était une cellule de crise. Donc voilà, ça veut dire qu'il endosse ces propos que, je vous dis, je les trouve irresponsables. Parce que ça ne fait que tendre la situation. En plus, outre le fait que c'est calomniateur, parce qu'évidemment, on n'a rien à voir avec des proxys, premièrement, mais deuxièmement,
en
plus, vous savez, les lycéens, quand ils écoutent que c'est LFI qui est à l'origine de tout, ils rigolent. Ils apprécient notre présence, ça les rassure, parce qu'ils ont des adultes qui les soutiennent, mais sinon, ça les fait doucement rire. Donc, tout ça, et en plus de ça, je dis au gouvernement, c'est de jamais, quand vous faites ça, en général, vous êtes prêts de perdre.
Mais est-ce que vous les appelez au calme ? Est-ce que vous les appelez au calme ? Le Pasqua
était un spécialiste de ça, et bilan, ils ont perdu, sauf qu'entre-temps, et c'est ça que je redoute, il
y
a eu la mort de Malik Hussekin, parce qu'il ne
faut
pas oublier... Vous vous doutez
qu'il y a un
mort, cette fois-ci, à nouveau ? Ah ben, écoutez, on parle beaucoup de
la
dégradation, des violences, il y
aura,
que je réprouve les feux de les lycées, souvent, c'est des éléments extérieurs. Enfin, ça, c'est du matériel. Pour l'instant, d'un point de vue humain, il y a eu, d'un point de vue humain grave,
il
y
a
eu surtout plusieurs jeunes éborgnés, des jeunes défigurés, que ce soit à Sevran, que ce soit à Saint-Ouen-le-Mône, Argenté, je pourrais... Alors, justement, vous
parliez, vous disiez que le ministre... Oui, il y a eu aussi des forces
de l'ordre, du personnel enseignant.
Oui, je parle en termes de blessures graves, pour le moment, c'est-à-dire de blessures où votre vie, durant, vous avez perdu un oeil, pour l'instant, c'est du côté lycéen. C'est pour ça que je comparais avec Malik Ousekine, parce que quand vous avez ce genre de blessures, et elles ont eu lieu au moment de la réforme de Vaquet, vous ne savez jamais où ça s'arrête. Juste
une précision, vous disiez, le ministre semble s'adoucir, vous parlez du ministre de l'Éducation nationale, est-ce que c'est le cas du ministre de l'Intérieur ? Là, on parle de plus de 5000 interpellations en une semaine, 85% de mineurs placés en garde à vue. C'est disproportionné, ou est-ce que les débordements survenus en fin de semaine justifient ça ?
Il faut vous rendre compte que, je crois avoir entendu que c'était un nombre supérieur au pic de culmement des arrestations en mai 68, qui a été autrement plus violent vis-à-vis des forces de l'ordre, c'est moi de vous le dire. Donc, bien sûr que je pense que c'est disproportionné. En plus, Darmanin a donné des consignes, déjà. Il a dit qu'en gros, il devait y
avoir
des poursuites pénales dures qui suivent. Alors, il y a des poursuites pénales.
C
'est-à-dire qu'un môme, il se retrouve en garde à vue et pour parfois rien, parfois franchement des pécadilles, j'en ai vu, il se retrouve poursuivi devant la justice. Donc, vous voyez bien qu'il y a l'utilisation d'une instrumentalisation de la répression et après de la justice, on verra ce que fait la justice ensuite, qui
est là pour intimider les lycéens. – Pour intimider les lycéens, il y
a
aussi une vraie difficulté à faire le tri entre les casseurs, parce qu'il y en a, et les lycéens qui manifestent légitimement, pacifiquement. Manifestement, il
y
a une difficulté de la police à gérer
ce contexte-là. – Vous avez
une façon de gérer les choses. Je vous donne un petit exemple. L
'autre
jour, j'étais devant Paul-Éloire, le lycée dont on parle beaucoup à Saint-Denis. Tout d'un coup, tout se passait bien. C'est-à-dire que vous avez eu plusieurs centaines de lycéens qui parlaient, ce que j'espère qu'après on va parler de leurs revendications, parce que là on ne
parle
que de l'aspect agressif. Qu'est-ce qui se passe ? Tout d'un coup, on voit un mouvement de fou. La police est de chercher un lycéen au milieu de ses camarades. On l'accusait d'avoir été un des auteurs du casse de la grille qui avait eu lieu trois jours avant. Est-ce que vous croyez vraiment que c'était nécessaire de le faire à ce moment-là ? Qu'est-ce qui se passe ? Les lycéens ne savent pas pourquoi on arrête à des leurs. Il y
a
des mécanismes de solidarité. Et on a eu toutes les pètes du monde, avec Bali Bagayoko, à remettre, je veux dire, à s'interposer. Donc, il y a une façon de faire. Et cette façon de faire, je vous le dis, c'est d'abord, avant d'entendre les revendications des lycéennes,
je
dis les lycéennes parce que c'est souvent elles qui sont à la pointe en termes de revendications, et des lycéens, c'est d'abord de répondre par la répression. Ça, ce n
'est
pas une bonne manière de faire. Et d'ailleurs, ça continue avec la loi Cassor-Payor.
–
Dont le gouvernement avance l'examen qui sera examiné au Sénat ce mois-ci. Pour vous, ce n
'est
pas une bonne loi, la loi Cassor-Payor
?
– Non,
mais enfin, vous rigolez. Je me demande même si ça sera constitutionnel. Parce que vous savez que le code pédale dit que nul n'est responsable pénalement que de son propre fait. Et là, ça va inventer l'idée, contrairement à une loi qui existe déjà, que désormais, quand vous ferez partie d'un attroupement, vous pouvez être susceptible, donc il
y a
une présomption de culpabilité, de vous retrouver dans cette situation. Voilà. Donc, c'est ça la première réponse que M. Lecornu fait. Il a fait une lettre hier.
–
Juste, pardon, on le précise, la loi Cassor-Payor, ce n
'est
pas une loi en réponse initialement
à ces violences lycéennes. C'est une loi qui a été présentée en mon conseil des ministres sur
les violences en marge des
masses du PSG. – Sauf
que là, il
y
a dans son tweet M. Lecornu, qui répond soi-disant au mouvement lycéen et qui établit un certain nombre de choses, juste d'ailleurs, qui parle de problèmes d'aménagement. – Parlez
de la
lettre. –
Ce
n
'est
pas un tweet, c'est une
lettre. – C'est une
lettre assez bien.
–
C'est une lettre,
mais il y
a
un tweet qui l'accompagne. –
Et
dans la lettre, vous
avez cinq
chantiers. Alors, que ne les a-t-il pas faits avant ? Et deuxièmement, le tweet explique comme mesure concrète, la première mesure concrète, c'est cette loi Cassor-Payor,
et
ça a bien bien comme réponse. Alors, que ne répond-il pas ? Pourquoi, dans sa lettre, par exemple, il analyse le fait qu'il y a un problème avec Parcoursup ? Il le dit, les lycéens le disent tous. Bon, mais ça, il le renvoie au présidentiel. Il analyse le fait
qu'il y a des problèmes d'enseignement, etc. – Il parle quand même d'une
amélioration,
il demande d'une amélioration,
une transparence de Parcoursup ?
– Bien sûr, oui, mais d'accord. Donc, l'urgence, c'est de laisser tranquille Parcoursup, mais c'est de vous faire une loi Cassor-Payor. Vous voyez bien qu'il y a des réponses décalées qui ne correspondent pas à la situation.
–
Parcoursup,
le choix, il va
se faire à la fin de l'année scolaire. –
Non, on pourrait faire une loi d'abrogation de Parcoursup et la changer, parce que Parcoursup ne fonctionne… Alors, déjà, discriminé, sélectionné, mais en plus, là, ça ne fonctionne plus du tout, parce que, je vous dis, il y
a
des milliers de lycéens dans le monde…
–
Ça, Parcoursup,
ça
fait partie des revendications des lycéens. –
Alors,
vous, vous voulez une abrogation de Parcoursup, c
'est
-à
-dire
on supprime complètement Parcoursup, ou
on le remplace par autre chose ou pas ? – Oui,
c'est de faire en sorte qu'on
garantisse à quelqu'un
et qu'à le baccalauréat de pouvoir continuer ses études, point. Le bac, ça ouvre la possibilité de… Donc, ce n
'est
pas comme Parcoursup qui détermine qu'à un moment donné, vous n'avez pas le droit d'aller à tel endroit et qu'en plus de ça, vous avez même des chances d'aller nulle part. Donc,
ça,
excusez-moi, ça,
c
'est ni à faire, etc. On demande aussi, par exemple, à la abrogation de la loi 2019, dit Blanquer, qui est une loi qui a été catastrophique pour l'aménagement des emplois du temps. Ils n'arrêtent pas d'en parler, les lycéens. Écoutez les liens, ils parlent sans arrêt de ça. Pourquoi ? Parce que la loi Blanquer a enlevé les séries, a mis des spécialisations hyper compliquées. Si vous ajoutez des profs qui manquent, vous avez des emplois du temps où ils se retrouvent parfois des heures, maintenant sans téléphone. Je dis ça parce que ça se rajoute, dans ce qu'ils disent, à… Avec
des emplois du temps. Et enfin,
ils demandent, j'allais dire, un, qu'il y ait des moyens, davantage d'enseignants, davantage d'enseignants remplaçants, etc. Et là, je reviens à la lettre. Parce que la lettre, elle ment. Elle explique que le gouvernement a mis plus d'un milliard de plus dans l'éducation
cette année. Un milliard de budget. Bien,
c'est un mensonge. Parce que pour comparer un budget avec l'année précédente, il faut
inclure
l'inflation, qui
est
plus de 2%. Et si vous incluez l'inflation, je vous donne les chiffres, comme ça n
'a
pas été beaucoup donné, vous avez 840 millions de moins sur l'éducation, l'enseignement secondaire, l'enseignement et l'enseignement
supérieur.
Vous avez 643 millions de moins sur l'enseignement, l'éducation. Mais sachez que là-dedans, la plus grosse baisse, c'est les collèges et les lycées. 557 millions. Vous supprimez 1 600 enseignants. Donc, ils font exactement l'inverse de ce qu'il
y a. Vous êtes en train de nous dire qu'à euro constant, le budget baisse.
Bien sûr, ils baissent à euro constant, ça c'est clair, c'est les chiffres. Regardez, j'ai mis hier un tableau, là aussi sur X,
je
suis désolé de renvoyer à X, mais qui le dit, donc vous avez un tableau très clair, ils ont même supprimé des enseignants. Donc déjà, par exemple, au lieu de faire la loi casseur-payeur, il ferait mieux de faire un plan d'urgence
pour les écoles. – Mais pardon, il l'explique par la
démographie, le gouvernement l'explique par la démographie, il y a moins d'élèves, donc il y
a
besoin
de… – C'est une réalité, il y a moins
d'élèves, donc on devrait en profiter pour qu
'il
y
ait
moins d'élèves par classe. Et dans le secondaire, contrairement à ce que dit le ministre de l'Intérieur, on n'est pas dans la bonne moyenne, justement, on
est
au-dessus de la moyenne de l'OCDE, largement, et de pays qui nous entourent.
– Les suppressions en sorte
de réduire les effectifs.
–
Les réductions d'effectifs,
elles
ne concernent pas les lycées, c'est plutôt les écoles… – Non,
c
'est les lycées et les collèges, c'est les collèges, la moyenne, je crois qu'il l'a mis lui-même, c'est plus de 30 élèves par classe en
plus.
– Non mais sur les suppressions de postes d'enseignants dans le prochain budget en fait. – 700 dans le secondaire, sur 1600.
–
Juste un dernier mot, parce qu
'on
va parler du budget, Éric Coquerel avec Stéphane Le Tempile, qu'est-ce que vous répondez à Bruno Retailleau qui suggère une interdition de LFI, parti sépicieux
? –
Écoutez, il donne un argument de plus pour qu'il ne soit surtout pas président de la République, parce que là on serait carrément en dictature, avec ce genre de propos. –
Donc
il veut interdire une opposition ? Enfin, où est-on
?
Ça doit être les résultats de Bolsonaro, de Trump, de l'AFD qui doivent l'influencer. Et par contre,
la
suppression, juste très vite, la suppression temporaire des réseaux sociaux, ce qui a été proposé par Nicolas Isnar, en cas d'émeute, parce que ça fait
partie… – C'est le président de la
métropole d'Aix-Marseille,
qui suggère de
supprimer
temporairement
les réseaux sociaux. – Franchement, la solution qui consiste à faire qu'un des moyens de communication les plus importants, c'est un peu comme si on avait empêché au môme dans le passé de téléphoner ou autre chose, c'est pas comme ça. Il faut réguler les réseaux sociaux, ça c'est sûr, mais les interdire, je veux dire, tout ça est une manière
de plus… – Blocage temporaire des réseaux sociaux. – De casser le
thermomètre au lieu de…
– C'est ce qu'il demande, le
blocage temporaire des réseaux sociaux.
–
C
'est pas tout à fait une interdiction. – Non, c'est toujours une réponse qui n'est pas une réponse de fond. Qu'on les écoute, qu'on les reçoive, qu'on leur laisse faire des assemblées générales dans les lycées, parce que là le Premier ministre parle de dialogue, c'est pas vrai, moi j'en ai pas vu les dialogues, on a écrit au recteur, il
y
a des lycéens de Paul-Éloire qui ont écrit au recteur pour le voir, il n'a toujours pas répondu. Donc qu'on les laisse exprimer leurs revendications,
ils
sont en train de s'organiser. – La plateforme
de concertation ? – À leurs
besoins, comment ? – La plateforme de concertation, ils peuvent l'utiliser ? Vous les encouragez à l'utiliser ? – Une mur au vert aussi, non mais c'est pas sérieux, c'est pas sérieux ça. – On passe au budget
? – Allez,
on passe au budget.
– Bon, soyons très directs, l'Assemblée nationale entame l'examen du budget. Est
-ce
qu'on aura un budget à la fin de l'année, avant la fin de l'année, cette année ?
– Ce que je crois, c'est que soit ils trouveront une opposition complice pour ne pas les censurer après un 49-3, ils iront par 49-3. –
C'est quoi une opposition complice
? – Vous mettez qui ?
– Je ne
sais
pas, manifestement pour l'instant, ils ciblent plutôt le RN, on verra bien. Donc soit ils se trouvent complices, ça veut dire que vous ne censurez pas le gouvernement, donc vous laissez passer un budget qui ne peut pas être adopté parce que le gouvernement est une minorité à l'Assemblée.
–
Comme le Parti
socialiste en début de l'année. – Voilà, deux fois le Parti
socialiste, là, ils ont l'air de plus de se diriger vers le RN, mais comme avec le Parti socialiste, on peut toujours être surpris, je ne sais pas. Soit il y aura ça, soit, je vous le dis à l'avance, je suis à peu près certain qu'il y
aura
des ordonnances au bout de 60
jours. – Ça, c'est ce que demande
Bruno Retailleau. – Oui, et je pense que j'ai cru comprendre… Alors, non, ce
n
'est pas que j'ai compris. Sébastien Lecornu, pour l'instant, ne veut pas. C'est-à-dire que je pense qu
'il
ne veut pas être censuré. Pour qu'on comprenne, c'est que quand vous avez les ordonnances, le budget passe, enfin, vous avez toutes les chances derrière d'être censuré. – Oui, mais on a un budget, en fait,
c
'est ça la différence.
–
Donc, je
comprends pour lui que ça
soit un problème, je pense qu'ils iront par ordonnance et qu'ils essaieront de faire passer en force un budget qui, une fois de plus, je le rappelle, ne sera pas voté à l'Assemblée, ne sera même pas soumis au vote, et en plus, c'est
minoritaire, ce qui est quand même un problème.
–
Et en plus, il faut préciser, si c'est un budget adopté par ordonnance, tous les amendements qui ont été négociés, discutés pendant les 70 jours, il tombe tout en ballot, on revient à la copie qui a été présentée ce jeudi en Conseil européen. – C
'est
pour ça que moi, j'avais proposé une solution, mais ils n
'en
ont pas voulu, c'est bien dommage, qui était une solution de compromis, qui était de dire, on fait une vraie loi spéciale, c'est-à-dire la loi spéciale,
vous
savez que quand vous la votez, tous les crédits de l'année précédente sont remis sur la table. Et après, vous avez des décrets d'application qui décident de l'appliquer de manière plus ou moins restrictive, ça fait deux ans qu'ils l'appliquent de manière restrictive, pour faire pression sur l'Assemblée, pour qu'ensuite, elles votent le budget. Mais là, ils auraient pu ne pas le faire. On aurait même pu l'accompagner de ce qu'on appelle des mesures fiscales, des lois spéciales de recettes, par exemple, pour indexer l'impôt sur le revenu. – Pour
que ça ne coûte
pas 15 milliards, parce que Sébastien Lecornu, il dit, une loi spéciale,
ça coûte 15 milliards. – Non, mais ça, ce n'est
pas vrai. Ils n'ont jamais été capables de le prouver. Ça, c'est des chiffres qu'ils ont mis sur la table au début de l'année dernière, à chaque fois qu
'ils
ont mis
une
loi spéciale, ils n'ont pas été capables de le trouver. Ça leur a plutôt même économisé de l'argent, parce que comme ils ont eu une vision restrictive de la loi spéciale, pendant le premier trimestre, tous les crédits n'ont pas été débloqués. Donc tout ça,
ce
n
'est
pas vrai. Mais bon, ils ne veulent pas, je pense qu'ils auraient été un compromis par le haut, qui aurait permis une certaine visibilité en attendant les présidentielles. Là, les choix auraient été faits, ils n'ont pas voulu, donc ils ont décidé de
passer en force un très mauvais budget. – Soyons clairs, on est dans un contexte, avec la présidentielle au printemps, s'il n'y
a
pas de budget voté, négocié avant la fin de l'année, il n'y aura pas de deuxième service en début d'année.
– Je ne crois pas qu'ils
iront jusqu'à là, c'est pour ça que je vous dis qu'à mon avis, ils
feront les ordonnances,
mais je voudrais revenir quand même sur le fond, c'est un budget catastrophique, en mettant les choses au
point.
– Mais juste,
pardon, déjà sur le
cadrage… – C'est dommage que vous
n'oubliez pas m'entendre sur le… –
Non mais c'est justement, on va en parler, sur le cadrage, avant de parler du contenu, est formatif de 43 milliards, c'est ce que dit Sébastien Lecornu, si on ajoute les mesures déjà engagées, ça fait 54 milliards, déjà, est-ce que vous dites, oui, il faut 54 milliards d'économies, il faut qu'on trouve 54 milliards d'économies
? –
Ben non, je ne dis pas ça, non,
je
ne
dis
pas ça, ça dépend… –
Donc ce n'est pas uniquement sur la méthode que vous n
'êtes pas d'accord, c'est aussi
sur le besoin d'économies ?
– Parce que la question n'est pas, alors ce n
'est
pas 54, c'est 43, c'est 43 dans le 27, mais la question n'est pas, est-ce qu'il faut faire des économies, c'est comment fait-on des économies, et qu'est-ce qu
'il
y a dedans ? Bon, eux, ils choisissent maintenant depuis plusieurs années, de dire que pour faire en sorte que les déficits n'explosent pas, vous jouez sur les dépenses sociales, les dépenses de l'État, les dépenses des collectivités, et vous ne touchez quasiment pas, contrairement à ce qu'ils peuvent dire, les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux ultra-riches, qui fait que, vous pouvez regarder toutes les statistiques, il y
a
des excellents chiffres, qui fait qu'en gros, le capital,
pour
aller vite, parce que c'est comme ça que ça se traduit en termes de dividendes, n'a eu de cesse de baisser dans le prélèvement obligatoire, c'est-à-dire que les recettes ont baissé, et ce qui a baissé, c'est l'imposition sur le capital, pour aller vite, de manière vraiment très importante. Donc, faute d'aller récupérer cet argent, ils choisissent d'aller baisser les dépenses sociales, et d'attaquer quasiment tous les Français, parce que, contrairement à ce qu
'ils
disent, à part ces ultra-riches,
je
ne connais pas de Français qui ne va pas être impacté par ce budget, soit en termes d'imposition, par exemple les retraités, soit en termes de revenus, par exemple, le point d'indice des fonctionnaires, etc. Donc, tous les Français vont être attaqués, et qu'est-ce qui se passe quand les Français sont attaqués comme ça ? Eh bien, il y a ce qu'on appelle le pouvoir d'achat, qui, depuis deux ans, est en chute libre dans ce pays, ce qui est une catastrophe, parce que ça, déjà pour les gens, parce que ça veut dire que certains doivent faire attention sur absolument tout quand ce n
'est
pas carrément se priver, eh bien, ce pouvoir d'achat qui baisse, c
'est
la consommation intérieure qui baisse. Quand la consommation intérieure baisse, la croissance baisse, et quand la croissance baisse, vous avez moins de rentrées fiscales, moins de cotisations, et vous avez un effet d'irrécessif sur l'économie. Voilà ce qu'ils mettent en place et qui recommencent cette année. Et donc, à la fin du fin, non seulement économiquement, ça va mal, non seulement pour les gens, ça va mal, mais, figurez-vous-même, les déficits, qui est leur objectif premier, ils se trompent, ils
sont dans l'erreur depuis longtemps. La solution,
quand on a une
dette qui atteint
120% du PIB, des taux d'emprunt qui frôlent les 5%, on fait
quoi
? C
'est vrai, mais ça, vous avez remarqué que ce n
'est
pas la faute des oppositions, ça, d'accord ? Alors, il y
a
un fait international, et je pense que la politique, vraiment, l'aggrave. La solution, c'est peut-être déjà d'aller faire en sorte que vous n'ayez pas, justement, sur l'économie, un effet récessif. Donc, quand le pouvoir d'achat baisse, vous vous débrouillez pour prendre des mesures qui fassent que le pouvoir d'achat arrête de baisser. Donc, il faut plutôt miser sur une augmentation des salaires, il faut plutôt arrêter de baisser les minima sociaux, parce que ça a l'effet dont je viens de vous parler, de s'attaquer aux revenus des retraités qui ne sont pas les privilégiés de ce pays. Maintenant, à 1260 euros, certains retraités auront une désindexation partielle.
C'est des privilégiés à 1260 euros, ou même à 2034 pour une désindexation. Vous voyez bien que ça, ça ne tient pas la route. Par contre, je vous le dis, on l'affichera quand on va publier notre programme présidentiel, on récupère assez facilement
100
milliards d'euros en allant revenir sur les cadeaux fiscaux qui ont été faits par M. Macron, aux plus riches, par exemple, supprimant la flat tax et le bouclier du capital, mettons un ISF climatique, mettons la taxe Zuckman, et attaquons aussi des niches, réformons des niches qui sont souvent des trappes à optimisation. On récupère facilement, je vous assure, 100 milliards d'euros. Et ça, déjà, un, ça peut un peu réduire les déficits, mais ça peut aussi répondre aux besoins sociaux des Français, par exemple dans l
'éducation.
Un dernier mot, Stéphane.
Moi, je voulais juste savoir, sur les retraites, par exemple, il y a consensus, vous dénoncez le gel des retraites, mais vous n
'êtes
pas les seuls. Le Rassemblement National aussi, le Parti Socialiste aussi. Est-ce qu'il y
a
des points particuliers au cours de la discussion budgétaire où toutes les oppositions au gouvernement pourraient se mettre d'accord pour proposer
des amendements
ensemble ? –
Alors, je pense, oui. –
Je pense,
et vous
savez ce qui se passe dans
ces cas-là
? –
Non, je le dis parce qu'on nous dit depuis deux ans, c'est le Parlement qui fait le budget. Eh bien, quand vous avez des mesures un peu
fortes qui,
soit suppriment des articles du budget, soit, par exemple, on ajoute, l'an dernier, on avait ajouté une taxe sur les multinationales qui rapportait 20 milliards, eh bien, ils passent par 49,3 et suppriment tout. Autrement dit, vous avez une espèce de faribole qui laisse penser que c'est un gouvernement ouvert à la discussion et que, finalement, seules les oppositions qui ne seraient pas d
'accord avec ce budget bloqueraient…
– L'année dernière, un compromis a été trouvé. – Pour
des péquettes,
une réforme des retraites. – Expension
de la réforme des retraites,
c
'est ce
qu
'il
a
dit ?
– Écoutez, ce que j'observe,
c
'est qu'elle n'est que suspendue et qu'en échange de l'avoir suspendue pour la première fois, l'Assemblée nationale, du coup, on a voté le principe, alors qu'il y avait une majorité pour l'abroger. Donc, je ne
suis
pas
sûr… – L'an dernier, il y avait eu
un consensus sur la sécurité sociale, sur la partie sécurité sociale. C'est possible aussi cette année ? – Alors, il n
'y
a pas de consensus, il
n
'y a pas de consensus,
il
a été passé,
mais dedans,
je vous fais remarquer qu'il y avait des mesures qui ont permis ce consensus, comme vous dites, qui ensuite, dans l'année, ont été annulées par des annulations de crédit, parce que ça, en plus de ça, ils votent des budgets et dès le mois de février-mars, ils annoncent des annulations de crédit qui montrent que tout ça ne tient pas la route.
–
Merci Éric Coquerel.
– Retrouvez
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Éric Coquerel