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InterviewRadio France (sur Site radio)· 30 juin 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentation

Canicule : "Tous les légumes ont grillé", déplore le président des Maraichers nantais

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Quel bilan vous faites-vous déjà de ce qui s'est passé la semaine dernière ?

  • 1:06OuverteRéponse directe

    Ce qu'on sait par contre, c'est qu'il n'y aura pas de pluie avant le 15 juillet. Mais ça aussi, ça vous préoccupe beaucoup ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Mais ça aussi, j'imagine que c'est quelque chose qui vous préoccupe beaucoup, parce qu'au-delà de la chaleur, il y a l'irrigation.

  • 2:13OuverteRéponse directe

    En termes de culture sous-abri, parce que vous évoquiez vos serres, avec la technique du blanc sur les vitres, est-ce que ça a préservé un peu les cultures ?

  • 3:43OuverteRéponse directe

    C'est le monde à l'envers. Parce que pendant longtemps, on disait qu'on mettait des serres pour compenser le manque de soleil par rapport à d'autres régions en France.

  • 4:25OuverteRéponse directe

    envisager le futur, imaginer de changer, non, peut-être pas les légumes en général, mais en tout cas les variétés de légumes pour travailler sur de l'innovation, pour pouvoir continuer de faire des salades mais qui résisteraient mieux.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21InvitéFait
    « Toutes nos cultures sont impactées. »
  • 0:30InvitéFait
    « En ce moment, chez moi, j'ai du radis, des épinards, du poireau, de la mâche, des jeunes pousses. »
  • 0:39InvitéFait
    « soit parce qu'elles ont été grillées, soit parce qu'elles n'ont pas levé, soit parce qu'elles se sont fait envahir de pourpieds, qui est une mauvaise arbre qui adore la chaleur. »
  • 0:47InvitéFait
    « Et malheureusement, on commence simplement à mesurer les dégâts, mais on va en avoir pendant 2-3 semaines parce que les jeunes semis ne sont pas là, donc on sait qu'on ne va pas récolter. »
  • 1:31InvitéFait
    « Je viens d'aller voir un étang qui est bas comme un fin août. C'est normal qu'il soit bas fin août, sauf qu'on est le 30 juin. »
  • 1:44InvitéFait
    « c'est un étang qui se remplit avec des eaux de toiture, donc des eaux pluviales. »
  • 1:55InvitéFait
    « Mais depuis la semaine dernière, avec mon associé, on a pris la décision d'arrêter de semer pour garder l'eau et sauver les cultures en place. »
  • 2:26InvitéFait
    « C'est ce qu'on appelle l'assolement. »
  • 2:27InvitéFait
    « J'ai un planning. Moi, j'ai 70 hectares de culture. »
  • 3:08InvitéFait
    « Oui, très clairement, c'est un outil indéniablement et plus que jamais. C'est l'outil d'avenir dont on a besoin. »
  • 3:24InvitéFait
    « Sous serres, on a des écrans d'ombrage. On peut faire de la micro-aspersion. »
  • 4:40InvitéFait
    « On travaille sur le changement de culture. »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur30 %
  • ?2 %

≈ 30,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité d'ici matin, c'est Régis Chevalier, président des maraîchers nantais installés à la planche.

0:04
Locuteur

Bonjour

0:05
Présentateur

à vous Régis Chevalier. Bonjour. Merci d'être avec nous en direct ce matin alors que le mercure semble remonter pour les prochains jours et qu'on n'est pas à l'abri d'une nouvelle canicule peut-être la semaine prochaine. Quel bilan vous faites-vous déjà de ce qui s'est passé la semaine dernière ? Vous avez beaucoup de dégâts

0:20
Locuteur

?

0:21
Invité

Alors oui, les dégâts sont assez catas. Je viens de passer une heure avec tout le corps préfectoral pour leur faire un tour de nos champs. Toutes nos cultures sont impactées. En ce moment, chez moi, j'ai du radis, des épinards, du poireau, de la mâche, des jeunes pousses. Et aujourd'hui, toutes les cultures ont souffert du coup de chaud,

0:38
Locuteur

soit

0:39
Invité

parce qu'elles ont été grillées, soit parce qu'elles n'ont pas levé, soit parce qu'elles se sont fait envahir de pourpieds, qui est une mauvaise arbre qui adore la chaleur. Et malheureusement, on commence simplement à mesurer les dégâts, mais on va en avoir pendant 2-3 semaines parce que

0:53
Locuteur

les

0:54
Invité

jeunes semis ne sont pas là, donc on sait qu'on ne va pas récolter.

0:58
Locuteur

Et

0:58
Invité

vous avez évoqué la prochaine vague de chaleur, c'est clairement un coup moral très très fort parce que ça va faire le coup de trop, ça va nous pénaliser pendant tout l'été.

1:06
Présentateur

C'est quand on regarde, alors on ne sait pas s'il fera chaud, on ne sait pas en tout cas dans quel degré il fera chaud. Ce qu'on sait par contre, c'est que visiblement, il n

1:13
Locuteur

'y a

1:13
Présentateur

pas à faire une goutte de pluie avant minimum le 15 juillet. Mais ça aussi, j'imagine que c'est quelque chose qui vous préoccupe beaucoup, parce qu'au-delà de la chaleur, il y a l'irrigation.

1:23
Invité

Complètement. Aujourd'hui, l'irrigation est notre seule aujourd'hui possibilité pour sauver nos cultures. Je dis bien sauver et on n'y arrive pas partout.

1:31
Locuteur

Par

1:31
Invité

contre, c'est vrai que moi, je suis dans un secteur où je fonctionne avec des étangs. Et là, je viens d'aller voir un étang qui est bas comme un fin août. C'est normal qu'il soit bas fin août, sauf qu'on est le 30 juin.

1:43
Locuteur

Et

1:44
Invité

c'est un étang qui se remplit avec des eaux de toiture, donc des eaux pluviales. J'ai des serres. Et aujourd'hui, je n

1:49
Locuteur

'ai

1:49
Invité

pas une goutte d

1:50
Locuteur

'eau

1:50
Invité

depuis le 20 mai. Donc, j'ai vidé mon volume pour emmener les cultures qui étaient sous mes serres. Mais depuis la semaine dernière, avec mon associé, on a pris la décision d'arrêter de semer pour garder l'eau et sauver les cultures en place. Mais s'il ne pleut pas, je ne sèmerai pas du tout. Donc,

2:05
Locuteur

c

2:05
Invité

'est très, très inquiétant. Et vous avez raison de le dire. Pas une goutte d'eau, c'est plus le coup de chaud. Ça va faire un double effet très, très impactant.

2:13
Présentateur

Parce que ce qu'on comprend dans le fonctionnement de votre exploitation, c'est que c'est en flux tendu en permanence. C'est-à-dire que vous récoltez, vous semez ce qui va pousser juste après. Il y a une sorte de turnover, c'est ça ?

2:25
Invité

Voilà, en fait. C'est ce qu'on appelle l'assolement. J'ai un planning. Moi, j'ai 70 hectares de culture. On va dire que j'exploite actuellement sur 25-30. Voilà, je sais que je n

2:34
Locuteur

'ai

2:34
Invité

pas assez d

2:35
Locuteur

'eau

2:35
Invité

pour tout faire l'été. Donc, il y a des terrains que je laisse un peu en repos. Je mets des couverts. Et après, je sème mes autres parcelles avec des plannings, un peu de ravis par-ci, par-là, un peu d'épinards. Et toutes les semaines, j'ai un planning comme ça. La semaine dernière, on a décidé de ne pas semer. Donc ça, c'est inédit chez nous. Mais ne pas semer une semaine, ça veut dire que dans trois semaines, un mois, je n

2:52
Locuteur

'ai

2:52
Invité

pas de récolte.

2:53
Présentateur

Et oui, c'est ça. En fait, vous créez votre propre pénurie malgré vous, si on

2:58
Locuteur

comprend

2:58
Présentateur

bien. En termes de culture sous-abri, parce que vous évoquiez vos serres, avec la technique du blanc sur les vitres, est-ce que ça a préservé un peu les cultures ?

3:08
Invité

Oui, très clairement, c'est un outil indéniablement et plus que jamais. C'est l'outil d'avenir dont on a besoin. J'en ai déjà, heureusement.

3:16
Locuteur

Il

3:16
Invité

m'en faut plus parce que mes cultures en extérieur se sont fait complètement brûler. C'était vraiment le désert. Je suis monté à 45 degrés dans mes

3:23
Locuteur

champs.

3:24
Invité

Sous serres, on a des écrans d'ombrage. On peut faire de la micro-aspersion. Alors, les cultures ont souffert quand même. Elles ont pris un peu d'insolation, mais elles sont là quand même. On va les sauver. Et on sait qu'on peut ressemer d'autres cultures. On peut les équiper avec des filets d'ombrage encore plus ombragés. Donc, on a des leviers, alors qu'en pleine terre, on n'en a aucun.

3:43
Présentateur

En fait, c'est le monde à l'envers. Parce que pendant longtemps, on disait qu'on mettait des serres pour compenser le manque de soleil par rapport à d'autres régions en France qui étaient plus ensoleillées. Je pense au sud de la France. Et là, c'est presque l'inverse. C'est la serre qui protège du soleil dans l'autre sens et qui sauve les cultures.

3:56
Locuteur

Je

3:57
Invité

dirais que

3:57
Locuteur

c

3:57
Invité

'est un peu comme pour les maisons. On est tous en train de se dire qu'on est capable de faire des maisons bien isolées où on est capable de faire du chaud facilement. Voilà, moi, je suis capable de faire du hors-gel. Il y

4:05
Locuteur

a

4:05
Invité

même des systèmes de serres verts où on peut chauffer. Par contre, on ne sait pas faire de froid. Et dans nos maisons ou dans nos serres, c'est pareil, on ne sait pas faire de froid.

4:14
Locuteur

Donc,

4:14
Invité

on essaye d'ombrager. Comme vous dites, des fois, on met du blanc. On espère avoir des variétés qui vont être innovantes et qui permettront de mieux tenir la sécheresse. Mais ça demande du temps.

4:25
Locuteur

Mais

4:25
Présentateur

parce que ça aussi,

4:26
Locuteur

c'est une

4:26
Présentateur

question, Régis Chevalier, envisager le futur, imaginer de changer, non, peut-être pas les légumes en général, mais en tout cas les variétés de légumes pour travailler sur de l'innovation, pour pouvoir continuer de faire des salades mais qui résisteraient mieux.

4:38
Invité

On travaille les deux. On travaille sur le changement de culture. Aujourd'hui, par exemple, chez moi, je fais de la mini-pastèque.

4:44
Locuteur

Il y

4:44
Invité

a 5 ans, 6 ans, vous m'auriez parlé de mini-pastèque, vous avez regardé avec des yeux ronds. Là, aujourd'hui,

4:48
Locuteur

c

4:48
Invité

'est clairement, on fait ça depuis 3 ans et on va certainement en faire un peu plus parce que c'est des cultures qui passent bien l'été. Donc, on parle de changement de culture. Je fais du poireau primeur. Moi, d'habitude, je vais jusqu'à début août. Aujourd'hui, on se dit qu'il faudra arrêter 5 juin.

5:01
Locuteur

Et

5:01
Invité

puis, effectivement, sur de la mâche, sur des épinards, sur des jeunes pousses, sur des radis, on a besoin de nouvelles variétés. On est très proche des maisons semencières qui, chaque année, apportent des nouveautés.

5:11
Locuteur

Alors,

5:11
Invité

ça marche, ça ne marche pas. Des fois, on a aussi besoin de résistance aux maladies, de résistance aux

5:15
Locuteur

insectes.

5:16
Invité

Mais on a clairement besoin de nouvelles variétés pour s'adapter, ça, c'est sûr.

5:20
Présentateur

J'ai une dernière question avant de vous libérer parce que je sais que, malgré tout, vos salariés, comment ils ont vécu tout ça ? Parce que travailler par ces chaleurs, ce n

5:28
Locuteur

'est

5:28
Présentateur

quand même pas rien.

5:30
Invité

Écoutez, clairement, les salariés, comme les patrons,

5:33
Locuteur

j

5:33
Invité

'ai envie de dire, les organismes sont touchés. C'est très fatigant. Évidemment, comme tout le monde, on a adapté les horaires,

5:39
Locuteur

ce

5:40
Invité

qui est aussi une vraie pénalité parce que, normalement, moi, c'est des périodes où je bosse 8-9 heures parce que je suis dans ma période où ça pousse. Donc là, on se limitait à faire des 6 heures midi.

5:49
Locuteur

Donc,

5:50
Invité

on se limitait à 6 heures. J'ai la chance d'avoir des équipements sociaux un peu modernes. Donc, j'ai la clim partout. Donc, on autorisait nos travailleurs à enlever un peu plus de pauses avec un peu comme le point fraîcheur, la clim. Certains pouvaient rester, même le midi, un peu plus longtemps dans la climatisation. Par contre, indédiablement, l'après-midi,

6:09
Locuteur

ils

6:09
Invité

rentraient chez eux et c'est clair que certains n

6:11
Locuteur

'ont

6:11
Invité

pas la clim. Donc, oui, on s'est adapté comme tout le monde, mais ça reste très fatigant.

6:17
Présentateur

Ça reste très fatigant pour eux et pour vous qui transpiraient aussi pour la survie des exploitations en tant que chef d'entreprise. Merci, Régis Chevalier, président des Maraîchers de Nanté, d'être venu nous expliquer votre quotidien totalement chamboulé par les évolutions du climat. Merci beaucoup. Merci

6:32
Locuteur

à vous.

6:32
Présentateur

Merci.