Trump face aux midterms
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:07OuverteÉludée
Est-ce que tout va se passer normalement mardi prochain ?
- 4:29OuverteRéponse partielle
À quoi peut-on s'attendre avec l'implication sans précédent de Donald Trump ?
- 6:46OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il peut y avoir des menaces physiques avec les miliciens de ICE ?
- 9:12OuverteRéponse directe
Laurie Kenton, la difficulté des sondages qui se trompent ?
- 10:20OuverteRéponse directe
Alors pour comprendre ce qui est en jeu à la Chambre des représentants ?
- 14:21OuverteRéponse directe
Jérémy Guèze, on voit ce président qui a véritablement hystérisé la fonction ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22InvitéFait
« Six ans après sa défaite en 2020, Donald Trump le répète en toutes circonstances. C'est lui qui a gagné cette élection présidentielle. »
- 0:29InvitéFait
« Biden et les tricheurs démocrates lui ont volé la victoire. »
- 0:39InvitéFait
« Les émeutiers du Capitole, le 6 janvier 2021, sont de grands patriotes. »
- 5:22InvitéChiffre
« Il a aussi promis que tous les électeurs, s'ils sont partis, ils en porteraient, les électeurs recevraient 5 000 dollars l'année suivante. »
- 7:07InvitéChiffre
« 43 millions d'Américains ont déjà voté. »
- 15:42Locuteur non identifiéChiffre
« 29 000 emplois créés au mois de septembre. »
- 15:56InvitéChiffre
« Une inflation à 3,7%. »
- 45:21InvitéChiffre
« 70% des Américains sont convaincus que Donald Trump ne va pas accepter les résultats s'il perd. »
- 53:52InvitéFait
« Donald Trump se livre à de nouveaux excès dans les deux années suivantes. »
Temps de parole
- Invité32 %
- Invité 224 %
- Invité 318 %
- Présentateur14 %
- Locuteur non identifié10 %
- ?4 %
≈ 21,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France
Culture,
Affaires
étrangères, Christine O'Krent.
Bonjour
à tous. Six ans après sa défaite en 2020, Donald Trump le répète en toutes circonstances. C'est lui qui a gagné cette élection présidentielle. Biden et les tricheurs démocrates lui ont volé la victoire. Et les émeutiers du Capitole, le 6 janvier 2021, sont de grands patriotes.
Tel
est bien le mensonge fondateur de son second mandat, ce mensonge qui soude le 47e président des Etats-Unis, le mouvement MAGA, et tous ceux depuis les ministres jusqu'aux moindres fonctionnaires et élus du parti républicain qui ont accepté d'y souscrire pour faire carrière ou fortune. Traditionnellement, les élections de mi-mandat sont d'abord un référendum pour ou contre le pouvoir en place. Bien à sa façon, Donald Trump a voulu en faire un test personnel, une ultime démonstration de son extraordinaire talent à galvaniser ses partisans et si possible à les multiplier comme pour nier une popularité en berne et une colère croissante face aux coûts de la vie et aux promesses non tenues.
En
jeu, mardi prochain, les 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 mandats au Sénat, 36 postes de gouverneurs et une querelle d'autres fonctions électives. Chacun des 50 Etats de la Fédération est maître des modalités du scrutin. Les sondages,
qui
traditionnellement se trompent, et les paris en ligne qui font fureur annoncent une vague bleue, une vague démocrate qui leur permettrait d'emporter largement la Chambre des représentants et même de façon plus étroite le Sénat.
Quelle
serait alors la réaction de Donald Trump, lui qui depuis des mois met en cause le sérieux du système électoral, dénonçant par anticipation la tricherie de ses adversaires, multipliant en vain jusqu'ici les manœuvres pour compromettre l'accès aux urnes. A partir de mardi prochain jusqu'au 3 janvier 2027, date de l'intronisation du nouveau Congrès, chaque résultat défavorable aux Républicains risque-t-il d'être contesté devant les tribunaux. Ces jours-ci, les scénarios les plus fous circulent à Washington dans une atmosphère étrange.
Entre la surchauffe des publicités sur les télévisions et les réseaux sociaux, les budgets de campagne extravagants plus élevés que ceux de la dernière présidentielle, la violence des débats entre candidats, la vulgarité aussi, et la tournée échevelée du président lui-même qui sillonne le pays pour soutenir ses favoris, même dans des États lui paraissant solidement acquis. Chancelant depuis la défaite de Kamala Harris, le Parti démocrate a-t-il maintenant une stratégie ? Quelles sont les personnalités ou les courants qui pourraient émerger de ce scrutin ?
Inflation, niveau de vie, corruption, affaire Epstein, au-delà des spécificités régionales qui sont fortes, quels sont les facteurs de bascule dans les États-clés ? Quels scénarios possibles ? Quelles conséquences
pour
l'Ukraine et pour l'Europe ? D'un côté comme de l'autre, la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2028 va-t-elle commencer dès la semaine prochaine ? Eh bien, c'est ce que nous allons comprendre ce matin. Grâce à vous, Célia Belin, vous dirigez le bureau français du Conseil européen pour les relations internationales. Élise Hachel, professeure de sciences politiques à l'Université Paris-Nanterre. Laurie Kenton, directeur du département des langues et études internationales à l'Université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines. Et Jérémy Guaise, professeur d'économie et d'affaires internationales à HEC Paris. Célia,
je
commence avec vous. Est-ce que
tout
va se passer normalement
mardi
prochain
? Ou connaissant
maintenant le tempérament de Donald Trump depuis une bonne dizaine d'années
et
en vérifiant son implication sans précédent, je crois, dans cette campagne,
à
quoi peut-on s'attendre
? Donald
Trump fait un pari en
s
'impliquant personnellement dans cette campagne des midterms, alors que normalement, ça devrait être ces candidats du Parti républicain avec leurs nuances, certains plus radicaux, d'autres plus modérés, qui iraient répondre aux demandes des électeurs. Or, on a bien vu que Donald Trump s'est mis au centre du jeu. Il a organisé en septembre un grand congrès sur les midterms où il n'y avait que lui comme acteur principal. Et puis maintenant, il fait la tournée de tous les États en demandant aux électeurs républicains de croire qu'ils sont en train de voter pour lui. Et il a
même
dit au Texas, si ma mémoire est bonne, il leur a dit, alors surtout, trichez
!
N'hésitez pas, trichez ! C'est quand même assez... Oui, et il a aussi promis que tous les électeurs, s'ils sont partis, ils en porteraient, les électeurs recevraient 5 000 dollars l'année suivante,
c
'est-à-dire en essayant de motiver les gens à aller voter et de voter évidemment en sa faveur, en faveur des Républicains. Et ça, ça vient de cette théorie profonde à laquelle lui croit profondément que le Parti républicain ne gagne que quand Donald Trump est sur le bulletin. Et en réalité, c
'est cette théorie... Mais c'est assez vrai
! Eh bien, c'est assez vrai ! Et en particulier parce que le Parti républicain s'est transformé depuis l'arrivée de Donald Trump, ce n
'est
plus le parti de Reagan, c'est le parti de Donald Trump. Ça a été confirmé par des primaires au cours desquelles tous les sénateurs les plus modérés, les plus respectés, comme le sénateur Tom Tillis en Caroline du Nord, ont été poussés à la retraite politique ou encore le sénateur John Cornine qui a été battu pendant les primaires parce qu'ils font face à cette base MAGA qui est toujours fidèle à Donald Trump.
Et
donc maintenant, on a des candidats complètement trumpistes, un parti républicain complètement trumpiste qui n'a d'autres idées que de soutenir Donald Trump. Donc c'est lui la star. Et ce qu'on verra mardi et avec les résultats mercredi, c'est de savoir si cette théorie qui fait que quand Donald Trump s'implique, quand les électeurs votent pour lui, il gagne, ou s'il y a une fatigue et que cette recette ne fonctionne plus. Est-ce qu'il peut y avoir des menaces, Élise Hachelle, des menaces physiques avec les miliciens de ICE masqués aux abords des bureaux de vote, comme pour décourager les gens d'aller voter ?
Il
y a eu énormément déjà de votes par correspondance. 43 millions d'Américains ont déjà voté. Donc ça semble,
y
compris le pape,
le
pape a voté, donc à Chicago,
qui
est sa ville natale.
Est
-ce qu'on peut craindre des menaces ?
Sur
le déroulement des opérations électorales, il y a des rumeurs qui circulent sur la présence d'agents de l'ICE. Donc aucune opération n'est programmée, mais ces rumeurs peuvent suffire à dissuader, dans un certain nombre de districts, les électeurs présumés démocrates de se déplacer. Donald Trump a aussi mis en avant le déploiement d'observateurs fédéraux dans les bureaux de vote, un millier. Il faudra voir leur répartition et leur mode d'action. Mais ce qu'il se passe, en fait, c'est que Donald Trump essaye de mobiliser. Les élections de mi-mandat,
ce
sont des élections où traditionnellement, les électeurs se déplacent peu, à peu près deux fois moins qu'aux présidentiels. Un petit tiers d'électeurs se déplacent. Et le problème de Donald Trump, c'est que ces électeurs conservateurs se déplacent effectivement, parce que les démocrates sont plutôt remontés, même s'ils ont aussi une déception par rapport au Parti démocrate. Mais il faut que ces électeurs aillent dans les urnes pour montrer que cette Amérique que Trump veut est toujours présente. Donald Trump joue sur la nationalisation du scrutin. Mais ça n'a pas marché. Il a essayé. Il avait déjà essayé en 2018.
En 2018, il fait ses premières élections de mi-mandat et il dit déjà « I'm on the ballot ». À ce moment-là, il est aussi impopulaire que maintenant. L'économie se porte beaucoup mieux. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Les Républicains perdent largement la Chambre des représentants mais ils conservent le Sénat. Et que dit Donald Trump ? C'est une victoire. Mais c'est vrai que c'est très étrange pour nous parce que d'abord on est à une autre échelle.
toute
arrogance française mise à part on est quand même beaucoup plus petit et puis on a un système extrêmement centralisé. Laurie Quinton, la difficulté des sondages qui historiquement et surtout pour ces élections-là se trompent, là, il y a quand même une convergence de ces sondages qui semblent annoncer ce qu'on appelle là-bas une vague bleue puisque le bleu est la couleur du Parti démocrate.
Ah oui, alors les sondeurs sont très inquiets par une chose c'est qu
'ils
sont tous d'accord sur cette tendance notamment à la Chambre le Cook Political Report qui est un petit peu l'oracle politique fait basculer de plus en plus de sièges vers le Parti démocrate et le grand sujet des sondeurs c'est qu'est-ce qu'on aurait bien pu louper ? Quel type d'électeurs qui répondent peu ? Les Trumpistes ruraux, les Hispaniques, qu
'il y a
un certain nombre de jeunes qui répondent pas au téléphone qu'est-ce qu'on aurait pu louper ? Qu'est-ce qu'on aurait pu surpondérer
?
Parce que c'est ça le grand problème des sondeurs c'est que c'est pas seulement les gens qu'ils arrivent à contacter c'est qu'après ils corrigent ils surcorrigent ils sous-corrigent et c'est ça le grand drame c'est qu'ils ne savent qu'après dans quelle mesure ils se sont plantés.
Alors pour comprendre ce qui est en jeu à la Chambre des représentants pour le moment
le
Parti républicain a une très courte majorité infime ils
n'ont pas besoin de grand chose il faut quand même rappeler de
trois
sièges en
fait à peine parce que en réalité
enfin plus
parce que le vice-président compte
double Alors à la Chambre comme au Sénat ce qu'on voit c'est que même avec une infime majorité les républicains peuvent être mis en échec Trump peut être mis en échec on l'a vu sur l'affaire Epstein on l'a vu sur l'Iran il peut y avoir des républicains qui se rebellent et donc en fait être républicain c'est pas forcément être totalement Trumpiste Surtout quand on se représente pas Alors ça il y a ceux qui partent à la retraite il y
a
ceux qui se sont fait bouler proprement aux primaires qui l
'ont
un petit peu mauvaise et donc dans la perspective de 2028 on pourrait très bien avoir un certain nombre de sénateurs et également de représentants qui sont un petit peu ambivalents et on voit un certain nombre de positionnements dans l'Iowa par exemple la candidate républicaine qui était très très Trumpiste jusqu'à il n
'y a
pas très longtemps et qui maintenant dit oh mais je pourrais être un problème pour Donald Trump je n'hésiterais pas à m'opposer on voit des revirements le gouverneur
et donc
le Sénat là quand même les sondeurs restent plus prudents
on
est dans la marge d'erreur
parce qu'il faudrait
donc le Sénat est renouvelé uniquement par tiers
et
donc les démocrate ont besoin
de
défendre ont besoin
de défendre un
certain nombre d'états qui sont menacés le
Michigan
en particulier
voilà
et
ils ont besoin de gagner
quatre
sièges mais dans tous les cas de figure Célia Belin c'est une carte politique totalement inédite
et
surtout s'agissant des sénateurs parce que eux ils restent en place six ans
donc
ça veut dire que s'il y a des sénateurs démocrates élus dans quelques états inattendus comme le Texas par exemple qui est républicain depuis 1988 je crois c'est une tout autre carte
qui
se dessine
alors
se pose la question en ce moment de la reconfiguration politique des Etats-Unis avec une transformation de la carte électorale on voit que les marges de manœuvre des démocrates dans des états très démocrates comme la Californie ou l'état de New York ce sont des marges qui sont en train de s'amenuiser à mesure qu'à la fois les campagnes votent de plus en plus républicains et puis on a en Californie par exemple tout le monde de la tech qui est de plus en plus républicain également donc ces marges s'amenuisent et on voit des démocrates qui sont un peu plus en difficulté dans le Michigan dans le Minnesota alors que normalement ils auraient dû obtenir leur réélection assez facilement et dans le même temps on a l'inverse c'est-à-dire dans des états républicains du sud du cœur des Etats-Unis donc la Géorgie en particulier qui devient un état pratiquement bascule mais également au Texas qui est quand même un état très républicain on commence à voir une mobilisation soit des minorités noires américaines latinos mais aussi des américains qui sont mécontents du coup de la vie on le voit dans le Kansas le Kansas ne devrait pas normalement être un état dont on parle et là avec notamment le coût du bétail qui a énormément augmenté à cause des décisions très claires de l'administration Trump sur l'importation de bétail argentin
on
a une transformation des campagnes dans des endroits comme le Kansas avec non pas des gens qui vont aller voter démocrate parce que ça ils ne sont pas du tout prêts à faire ça mais potentiellement qu
'ils
n'iront pas voter et donc on pourrait avoir au lendemain de ces midterms une évolution et en tout cas un retour d'une certaine compétitivité dans des états où on pensait que démocrate et républicain étaient complètement établis
Jérémy
Guèze on voit donc ce président qui a véritablement hystérisé
la
fonction en en faisant un spectacle permanent il est évidemment au centre du spectacle et c'est sa forme de génie il faut il faut le reconnaître néanmoins sa popularité a beaucoup baissé
alors
la fourchette ferait rêver rêver n'importe quel
président
ou chef de gouvernement en Europe c'est entre 45 et 31% je crois d'opinions favorables mais en fait et singulièrement pour ces élections demi-mandats c'est toujours la formule de ce conseiller de Clinton en 1992 je crois it's the economy stupid
donc
c'est l'économie en fait qui motive les électeurs
et c'est ça qui est remarquable dans cette élection c'est que ça reste effectivement Edwin le juge de paix
quand
on regarde les fondamentaux économiques comme on dit l'inflation est quand même à un niveau record
c
'est non seulement le prix à la pompe on se souvient tous de toutes ces histoires autour du prix des oeufs qui a souvent animé beaucoup de conversations parmi nos amis et notre famille américaine et puis cette création d'emplois qui reste vraiment très timide 29 000 emplois créés au mois de septembre ce qui est relativement modeste
mais il y a quand même un taux de croissance qui est mirifique en tout cas par rapport à nous 3,4% au troisième trimestre mais une inflation
à
3,7%
et ce qui fait que finalement pour l'américain de base les dividendes en tout cas de cette croissance est sacrément sacrément limité et donc on le voit non seulement dans la préoccupation que les électeurs expriment on le voit aussi dans les campagnes politiques c'est assez intéressant c'est tant du côté républicain que du côté démocrate le coût de la vie ça reste le thème principal et ce qui est encore plus remarquable c'est que les démocrates à mon sens ont été tentés d'essayer de se défaire de cette règle historique que vous avez rappelé que c'est toujours l'économie le jus de paix en 2024 ils ont essayé de transformer l'élection présidentielle en un référendum sur l'état de la démocratie américaine et cela n'a pas marché ça a profondément échoué et donc là on est dans cette situation dans laquelle les démocrates effectivement ont l'économie de leur côté ils ont ces préoccupations là de leur côté mais et d'une ça peut être un vote de mécontentement qui ne faudra pas nécessairement confondre avec un vote d'adhésion et ça ça va être la principale préoccupation je pense de beaucoup de stratégies démocrates en 2028 et la deuxième vous avez rappelé les chiffres de la cote de popularité de Donald Trump alors elle est juste au-dessous de 40 quand on regarde les chiffres de Nate Silver par exemple qui essaye d'agréger tout ça et ça c'est un chiffre important parce que la coalition MAGA fonction des désestimations c'est entre 25 et 33% de l'électorat américain ça veut dire qu'il reste qu
'il reste
quand même une marge d'américains qui n'ont pas forcément d'adhésion à Donald Trump qui ne l'aiment pas forcément cette hystérisation il n'y adhère pas mais je crois qu'il reste quand même persuadé qu'en matière d'économie justement et bien les républicains sont peut-être préférables aux démocrates et ça ça va être la véritable montagne à gravir en tout cas pour les démocrates dans les deux prochaines années
Laurie
Kenton essayons de nous concentrer évidemment à la radio on n'a pas de carte mais il y
a
quand même quelques duels clés et
à
la fois par des rapports de force surprenants
et
puis les personnages
en
jeu donc commençons par le Texas
qui
est en lice
?
Alors côté démocrate on a un jeune qui s'appelle James Talarico il est jeune parce qu'il n'a pas 40 ans je crois qu
'il
a 36 ans quelque chose comme ça il est on dit généralement qu'il est séminariste en fait il est en fac de théologie et donc il est du côté
presbytérien
voilà presbytérien donc protestant et donc il est du côté religieux de la force et généralement c'est là qu'on attend plutôt les républicains de la même manière on a un parallèle avec le Kansas où le candidat démocrate est un pasteur méthodiste très connu très influent et donc on a des candidats démocrates depuis quelques années qui sont assez dont le profil est assez surprenant il y
a
eu un moment où les démocrates ont beaucoup surfé sur la vague des anciens militaires des anciens marines etc et ça ça plaît à un électorat qui n'est pas forcément l'électorat démocrate mais qui est l'électorat indépendant ou un certain nombre de républicains vraiment très modérés qui sont susceptibles de voter pour quelqu'un qui n'a pas le profil du démocrate un petit peu caricatural et donc on a ce profil assez inhabituel et en face on a un...
Mais pardon
cette
dimension c'est religieux impliqué dans le combat politique c'est l'une des différences majeures me semble-t-il avec évidemment la tradition française on peut s'en féliciter mais l'un des clips de campagne de ce James Talarico
qui
est très bien fait parce qu'on voit que le visuel est sans intelligence artificielle maintenant c'est précisé en bas du clip c'est sur l'espoir donc il ne parle pas de politique il dit le Texas ça a toujours été l'espoir et donc cette dimension religion religieuse on la retrouve en fait dans plusieurs scénarios dans plusieurs états
Oui
en fait c'est plusieurs choses ça peut être à la fois la vision c'est aussi l'éthique et c'est aussi le refus d'une forme de caricature parce que dans l'esprit de beaucoup de républicains mais aussi d'indépendants les démocrates se sont gauchisés sont woke etc et donc quand vous dites mais non moi pas du tout je suis j'ai un pédigré religieux donc ça permet à la fois d'instiller une vision qui n'est pas une vision apocalyptique à la Trump ou c'est la fin du monde si vous votez
Oui mais à la Trump ce sont les évangéliques enfin dans le noyau dur Maga ce sont les églises évangéliques
Eux
oui ils sont dans une autre vibe comme on dit au niveau religieux ils sont beaucoup plus dans la perspective du déclin et de la dernière élection avant la fin du monde depuis 2016 c'est le cas c'est la dernière élection pour sauver la démocratie
un
autre duel où là la religion musulmane est en jeu c'est le Michigan avec ce candidat El Sayed que Trump qualifie de djihadiste terroriste etc que Vance qualifie de petite belette à la peau brune enfin c'est dire le niveau quand même de tout cela et cet El Sayed a été soutenu par Barack Obama qui demeure la personnalité la plus populaire évidemment côté démocrate
alors pour les démocrates il y
a
un positionnement qui est un petit peu délicat vis-à-vis de ce candidat c'est que il ne savait pas trop comment le prendre et le problème c'est que le numéro d'équilibriste c'est soit on le soutient et on a un sénateur de plus démocrate même si on ne
l
'aime pas particulièrement et
le premier
sénateur musulman
oui
mais dans l'arithmétique c'est pas ça dans l'arithmétique il vaut mieux le soutenir du bout des lèvres et au final on peut passer à 51-49 plutôt que 50-50 et si on joue la carte de je ne l'aime pas je ne le soutiendrai pas à ce moment là on peut donner le siège aux républicains ce qui n'aurait pas dû être le cas mais voilà c'est un petit peu l'état des lieux et donc il y
a
une espèce de gêne vis-à-vis d'un certain nombre de position de ce candidat mais qui est très très éloquent et très habile oui oui de toute façon pour arriver là il faut être quand même relativement et alors le grand problème de Donald Trump c'est que là il s'est il s'est aliéné le vote des trois en fait des arabos musulmans qu'il avait réussi à conquérir il faut savoir que c'est un public qui votait républicain avant le 11 septembre parce qu'ils sont socialement conservateurs et généralement petits commerçants donc ils aiment bien la politique fiscale des républicains ça a un petit peu changé après le 11 septembre mais ils sont toujours assez susceptibles de revenir dans l'escarcelle républicaine et Trump en a fait de la démonstration en 2024 mais là c'est plus le cas
Elisa Shell vous expliquez ça fort bien dans votre dernier livre on a toujours tendance à sous-évaluer le vote pro Donald Trump
parce
qu'il y a des ressorts évidemment populistes qu'on voit à l'oeuvre partout donc anti-élite anti-état profond donc cette espèce de gigantesque bureaucratie fédérale qui étoufferait le citoyen moyen
au
cours de l'une des toutes dernières démonstrations
du
président des Etats-Unis sur une estrade
Fox
News a interviewé un grand gros barbu
qui
semblait probablement être l'archétype de l'électeur trumpiste et cet homme au contraire a dit ah écoutez moi j'ai pas assisté en fait au suicide d'une secte en Guyane vous savez la grande époque des sectes religieuses au siècle dernier je suis venu voir comment la secte trumpiste en gros se suicide je raconte cette anecdote on en voit plein évidemment sur les réseaux sociaux parce que tout le problème quand même est de savoir jusqu'où la magie
de
Donald Trump
qui
part quand même maintenant dans des digressions absolument invraisemblables et très sexuelles sur le physique des gens et des candidats en particulier comment est-ce que cette magie peut encore opérer
alors
la magie repose sur l'illusion
et
le fait que cette élection ne serait qu'un référendum pour ou contre Trump est une illusion ces élections de mi-mandat vous l'avez dit ce sont des élections on élit des représentants une partie des sénateurs et un grand nombre de gouverneurs qui administreront les élections pour les prochaines présidentielles donc les électeurs ne vont pas seulement voter en fonction de Donald Trump c'est-à-dire ce n'est pas parce que Donald Trump dit je suis le centre du monde voter républicain donc voter pour moi que c'est ce qui se passe effectivement dans les districts dans les circonscriptions les plus compétitives ce qu'on voit c'est que la plupart des candidats républicains prennent leur distance par rapport à Donald Trump ils enlèvent son nom des programmes ils enlèvent sa photo et ils ménagent un espèce d'héritage un peu sélectif genre bon ça c'était bien par exemple la relocalisation des emplois la création d'emplois industriels notamment dans le sud ça c'est un argument qui porte mais bien sûr l'inflation causée par une politique économique inadéquate ou par des choix de diplomatie internationale là par exemple on va davantage s'en distancier donc cet héritage il est beaucoup plus nuancé qu'on croit Donald Trump a eu une influence importante sur les primaires sur les investitures sur qui est les candidats mais il ne détermine pas du tout qui va gagner là ce qu'il faut se dire c'est que ces élections de mi-mandat elles reconfigurent les deux parties elles donnent le top départ pour la présidentielle et qu'à partir de là Donald Trump va se démonétiser de plus en plus puisque l'avenir politique des républicains dépendra d'autres que Trump alors bien sûr il a toujours des affidés certains qui ont manifesté des loyautés personnelles et qui grâce à ça sont dans cette élection aujourd'hui mais Donald Trump va vraiment se démonétiser de plus en plus et être le lame duck president le président qui est en fin de mandat au fond plombé par l'usure du pouvoir
et
ce qui va se jouer maintenant c'est aussi la relève au sein du parti républicain c'est à dire qui pour succéder à Donald Trump avec la même capacité de mobilisation dont Trump a pu faire preuve ces dernières années
oui
mais un lame duck un lame duck donc un canard boiteux qui tout à coup voudrait trouver des compromis avec le prochain congrès des compromis mais non mais
alors justement
c'est impossible pour Donald Trump mais
même
si les démocrates gagnent la chambre même dans l'hypothèse moins probable où ils gagneraient le Sénat ça donnerait à Trump une posture de gladiateur pour ces deux dernières
années
mais justement
il va être encore
ne
risque
-t-il pas d'être encore plus féroce vieil animal blessé dans son
narcissisme en fait
tout dépendra déjà des majorités sur lesquelles il pourra s'appuyer tout dépendra de qui présidera les commissions dans la chambre des représentants et au Sénat ça ça va être déterminant parce que les majorités elles ne sont pas que numériques il y a des sénateurs qui peuvent passer d'un côté ou de l'autre Rand Paul chez les républicains mais on parle aussi de John Fetterman chez les démocrates on parlait du nombre de sièges tout à l'heure Fetterman c'est un élu de la Pennsylvanie qui pourrait pas se basculer côté indépendant et s'allier aux républicains donc on a toujours quelques éléments qui dans une configuration de majorité très fine ce qui est souvent le cas peuvent changer la donne en fonction de la discussion un certain nombre de projets de loi donc ce à quoi on peut s'attendre c'est bien sûr une conflictualisation toujours plus importante des querelles pour chaque nouveau projet de loi des nouvelles paralysies des nouveaux shutdowns pour les votes de loi budgétaire puisque Donald Trump a certains leviers mais il ne les a pas tous donc tout dépendra de quelle mesure de contrôle il va perdre dans cette élection Célia Belin tout va dépendre aussi
d
'un parti démocrate qui reste plutôt impopulaire enfin le parti lui-même et ça aussi je crois que par rapport à notre tradition à nous c'est très très difficile à admettre c'est pas un parti en anglais américain on dit c'est une vaste tente comme un hangar qui abriterait des courants un chapiteau voilà c'est la bonne traduction
donc
vous vous avez publié et je recommande cette étude sur la plateforme sur le site de ICFA une espèce de typologie des différents courants au sein du parti démocrate et on voit bien parmi les candidats qui peuvent l'emporter ou pas mardi prochain et notamment pour le Sénat
on
voit bien il y a des gens extrêmement différents
tout
à fait je voulais juste revenir sur un point je vais répondre sur la question des démocrates mais revenir sur un point sur cette question de savoir si l'influence de Donald Trump va diminuer je voulais juste apporter une nuance ou en tout cas un point d'interrogation je me pose cette question
en
fait comme il est extrêmement impliqué il y a deux options soit les républicains finalement s'en sortent un peu mieux que prévu et ils lui en seront gré et en réalité puisqu'il est tellement impliqué ils vont dire bon ben en fait la recette de Donald Trump qui consiste à polariser le débat à se surimpliquer elle continue de marcher et donc on va avoir besoin pour 2028 du trumpisme et ça le laisse un peu dans le jeu et puis s'ils perdent les républicains ce qui se passe c'est que ceux qui vont perdre c'est ceux qui sont dans les états bascules ceux qui sont les plus modérés en général ça pourrait être Suzanne Collins dans le mail ça pourrait être des candidats qui sont sur des circonscriptions ou finalement ce sont ceux qui enlèvent Donald Trump de leur programme donc ceux qui vont rester sont les hardes des hardes des trumpistes et du coup ceux-là au sein du congrès vont rester sur une ligne hyper trumpiste donc moi je suis encore pas totalement persuadée qu'on va avoir cette bascule quel que soit le résultat mais tout dépend là encore une fois des démocrates mais de l'autre côté on a les démocrates et les démocrates sont pas dans une posture donc ils restent assez impopulaires et s'ils l'emportent dans un certain nombre de circonscriptions c'est parce que les gens n'iront plus voter pour Donald Trump c'est pas vraiment parce qu'ils adhèrent au projet démocrate même si certaines campagnes ont été assez bonnes d'engagement etc et puis les démocrates n'ont pas encore résolu du tout la grande question post-Biden de quelle est la direction que l'on doit prendre donc oui sur la base de notre étude récemment on a regardé toutes les primaires démocrates et on s'est posé la question de savoir comment évoluait ce parti et on voit qu'il y a trois grandes tendances il y
a
un courant dit de révolution qui est vraiment celui qui est en ce moment incarné par Abdel El Saïed Zoran Mamdani à New York évidemment derrière ça Bernie Sanders le sénateur du Vermont qui consiste à dire que le système est cassé ne fonctionne pas en faveur de la classe ouvrière de la classe moyenne il faut faire des changements structurels et profonds ceux que Trump traite de communistes
voilà et donc
eux ils sont vraiment présents et considèrent que pour 2028 il faut absolument que le parti démocrate bascule et abandonne son grand chapiteau cette idée du grand chapiteau et aille vers le populisme économique qui est le fondement de créer l'équivalent de la base MAGA mais pour le parti démocrate de l'autre côté on a pour représentant plutôt l'establishment démocrate on a le courant du réveil qui dit il faut juste se réveiller du moment Donald Trump il faut abandonner cette polarisation excessive le mouvement MAGA a apporté une polarisation qui fait que les institutions américaines ne fonctionnent plus et donc le seul critère c'est reprendre le pouvoir et là on est sur une sorte de continuité sur Biden on est représenté par exemple le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer c'est pas le mouvement qui a le plus le vent en poupe et entre ces deux courants on a une sorte de courant intermédiaire que j'appellerais le courant de la rénovation qui consiste à dire il va falloir remoraliser la vie politique américaine et qui se concentre en particulier sur la question de la corruption la corruption des âmes et la corruption de la politique et Donald Trump est le symbole numéro un de cette corruption et même parmi les téléspectateurs de Fox News il semblerait que 60% des gens qui regardent Fox News qui est donc historiquement la chaîne créée pour soutenir Trump et qui lui reste acquise 60% des gens trouvent que la corruption est le premier enjeu de ces élections de mi-mandat et c'est pour ça qu'on en revient à ce type de candidats que Laurie Kenton soulignait qui sont comme James Talarico au Texas des candidats qui remoralisent qui apportent leur morale chrétienne dans le cas de James Talarico John Ossoff en Géorgie fait ça également parle en gros de la décence des américains d'une vie politique plus morale plus éthique et qui espèrent comme ça pouvoir construire ce nouveau passage mais les disputes ne sont pas du tout réglées et la minute après les midterms c'est là où les uns et les autres vont se compter et la grande bataille de 2028 va commencer
et
c'était déjà le cas après 2018 entre les deux grands courants Alexandria Ocasio-Cortez d'un côté et Abigail Spanberger qui est désormais gouverneur de Virginie il y a eu une prise de bec épique entre les deux où ça a hurlé pour savoir de quel côté il fallait aller et effectivement le côté modéré réaliste disait c'est nous qui devons avoir en gros la majorité parce que vous allez nous faire perdre des élections sauf dans les districts imperdables des centres-villes donc les déchirements qui
sont traditionnels dans l'histoire du parti démocrate américain Jérémy Guest ce qui est sidérant aussi
c
'est l'argent
donc
il
y a
la corruption et puis les budgets de cette campagne plus importants que pour la dernière présidentielle qui était déjà absolument
énorme oui absolument et pour vous donner une autre mesure l'argent qui a été dépensé lors de cette campagne c'est plus que le budget publicitaire du Super Bowl de tous les Super Bowls depuis les années 50
et
c'est combien de fois le budget de notre dernière présidentielle ?
alors ça je ne serai pas en mesure
de vous dire j'ai vu passer
ce chiffre ce matin enfin 20 fois je crois c
'est
l'ordre de 10 milliards versus peut-être
quelques
10 millions alors rien que la publicité 11,3 milliards de dollars
Elon
Musk à lui seul pour soutenir les candidats favorables à l'IA et au data center qui deviennent un enjeu d'ailleurs électoral intéressant
Musk
445 milliards de dollars
et
Bloomberg l'ancien maire de New York qui soutient les démocrates 100 millions 445 millions pardon avec Musk on ne sait plus où on en est Bloomberg 100 millions donc je veux dire c'est une échelle absolument monstrueuse obscène
véritablement je partage effectivement ce que vous dites et je pense que ça nous
en
dit long je dirais sur l'état finalement de la démocratie américaine parce que ce à quoi nous faisons face c'est finalement un débat politique du caractère réplicable ou non des stratégies locales au niveau des états des démocrates qui pourraient mobiliser au niveau national
et
finalement ce que beaucoup de gens puissants et influents avec beaucoup d'argent dans leur poche considèrent comme les véritables enjeux de l'Amérique un fait remarquable le NBR National Bureau of Economic Research c'est l'institution qui a pour tâche d'identifier et de nommer les récessions aux Etats-Unis c'est elle qui officiellement les nomme la dernière en date a duré deux mois c'était à la sortie de la pandémie pendant février et mars 2020 hormis ces deux mois de récession l'Amérique et l'économie américaine a connu une expansion depuis juin 2009
je
ne sais pas si on mesure ce que ça veut dire je veux dire sur l'état de l'économie américaine une santé absolument prise au niveau macroéconomique en faisant fi des inégalités une santé quasi insolente donc si vous voulez toutes ces sommes là
il
y a quelque chose d'obscène mais on comprend très très bien ce qui est en train de se jouer c'est à dire que jusqu'à maintenant tout le caractère très toxique de la politique américaine dont nous en avons parlé c'était un peu ce que les américains appelleraient un sideshow c'est à dire ce qui se passe sur le côté mais les véritables affaires l'état de l'économie elle se porte assez bien jusqu'à maintenant cet état de l'économie n'a pas été mis à mal par ce caractère très toxique du débat politique américain enfin sauf pour l'américain moyen sauf pour l'américain moyen mais vous savez la plaisanterie des économistes c'est que nous redécouvrons notre alphabet à la sortie de chaque crise en 2020 nous avons redécouvert le V c'est à dire une chute brutale et une remontée brutale le U une chute lente et une remontée très lente et il y
a
eu une nouvelle lettre qui a fait son apparition c'est l'économie en cas
avec
toute une partie de l'économie américaine qui se porte diablement bien et toute une partie qui continue sa descente aux enfers et je pense que c'est exactement ce paradoxe là que nous sommes en train de mettre en lumière c'est cette espèce de schizophrénie américaine où il y a une partie du pays qui se convient assez bien de ce qui nous navre mais ma foi ce qui marche assez bien pour eux tant que ça ne met pas en échec l'économie américaine
Laurie
Kenton passons aux différents scénarios évidemment avec un tour de table parce que chacun d'entre vous a à la fois la passion et la connaissance donc profitons-en
quels
scénarios sont-ils
probables partons
sur l'idée qui paraît excessive d'un vrai rademarré
où
les démocrates conquièrent la chambre des représentants ça, ça paraît quand même acquis pratiquement acquis
et
même le Sénat
qu
'est-ce qui se passe
?
Alors ça c'est possible à quelques sièges près c'est possible disons que la bascule se fera à trois fois rien donc on peut basculer d'un scénario à l'autre en très peu de choses là ce qui va se passer c'est que de toute façon avec la chambre les démocrates auront plutôt la main sur les budgets mais vont se heurter à un Trump qui va comme après 2018 s'opposer fermement à l'époque à Nancy Pelosi donc ça veut dire du shutdown on en revient à cette dramaturgie Donc le veto systématique De toute façon et des shutdowns et des vétos mais également des commissions d'enquête parlementaires et ce qu'on peut aussi craindre d'une certaine manière c'est une multiplication d'impeachment et de ce que les américains considèrent un petit peu comme du temps perdu parce que c'est du temps où ne légifèrent pas
et
de ce que les américains
veulent Alors
impeachment ça veut dire que la chambre des représentants avec
la vallée du
Sénat poursuivrait pénalement enfin poursuivrait un certain nombre La
chambre met en accusation à majorité simple donc ça c'est facile et le Sénat juge et destitue la majorité des deux tiers ça c'est impossible Et
la cible première d'après ce qu'on peut lire ces dernières heures c'est Pete excette le ministre enfin le ministre de la guerre qui porterait ainsi la
responsabilité de l'échec Il y en a un certain nombre dans l
'entourage également familial pour des questions d'enrichissement Il
y a
un certain nombre de suspects habituels on va dire Bon
donc ça c'est le scénario avec
la chambre
Avec la chambre
Mais le Sénat en fait la grosse distinction c'est les nominations des juges les confirmations des juges plutôt Et donc là où tout se joue c'est Trump conserve une majorité républicaine au Sénat et donc il peut continuer à nommer des juges qui seront confirmés par le Sénat ou alors les démocrates ont une toute petite majorité et sont en capacité de bloquer ces nominations et donc pendant deux ans on va avoir une opposition front à front entre Trump qui nomme des juges y compris des juges fédéraux pas que des juges à la cour suprême et les démocrates qui bloquent toutes ces nominations en attendant de récupérer la présidence en 2028 si tout va bien pour eux et de pouvoir à nouveau nommer sur les postes vacants
ce
que Trump n'aura pas réussi à confirmer à faire confirmer
Et
Lisa Shell là où on se rend compte qu'en fait c'est toujours la dimension du judiciaire qu'on ne comprend pas non plus parce qu'on a fort heureusement pas le même système mais le judiciaire a commencé par le ministère de la justice et surtout avec Trump 2 est à la main du total du pouvoir politique c'est son ancien avocat
qui
est maintenant ministre de la justice
quel
scénario favorisez-vous à partir de mardi prochain
La
mainmise sur l'appareil judiciaire n'est pas totale on l'a bien vu avec les tentatives de fédéralisation de la réglementation du vote par Donald Trump il a échoué sur le plan fédéral l'interdiction du vote par correspondance par exemple donc je n'aurais pas un portrait aussi monocolore à dire la justice est simplement aux ordres de ce
que je
veux dire c 'est que si comme vient de l'expliquer Laurie Kenton Donald Trump garde en particulier en fonction de l'âge de certains juges de la cour suprême
la
possibilité qu'il avait déjà exercée à trois reprises lors de son premier mandat s'il a encore la possibilité de nommer un ou deux juges à la cour suprême
qui
sont élus à vie il
faudrait qu'on ait deux
morts dans les années à
venir oui ou
démission c'est quand même pas
le
plus probable ce qui est intéressant dans la figure de Trump c'est qu'il va défendre une conception de la démocratie contre les institutions et le droit aux Etats-Unis n'est pas
un
rempart aux excès de pouvoir mais aussi enfin pas seulement mais aussi un instrument c'est à dire que Donald Trump rentre aussi dans le fonctionnement de l'appareil judiciaire et du droit tel qu'il est organisé aux Etats-Unis pour le subvertir on parlait tout à l'heure de l'argent en politique mais l'argent c'est constitutionnellement et reconnu comme un signe de liberté d'expression donc ça c'est complètement différent de notre schéma à nous le droit est jurisprudentiel donc c'est un règlement par les litiges et il s'en sert pour attaquer les médias on l'a vu pour intimider il s'en sert dans beaucoup beaucoup de sujets il est possible aussi qu'il suscite non pas qu'il se porte parti directement mais qu'il suscite un certain nombre de recours contre les résultats des élections alors les recours il les a déjà lancés en 2020 quand il a perdu dans les états pivots mais ça n'aboutit à rien pour la simple raison que la fraude n'est pas condamnée par le droit américain ce sont les conséquences de la fraude sur le résultat du scrutin qui sont condamnés et là encore c'est pour ça que Donald Trump peut dire mais allez-y fraudez mais oui parce que c'est pas ça qui est condamné par le droit c'est le fait de changer le résultat d'un scrutin par la fraude donc on est dans un schéma juridique qui est complètement différent très morcelé une régulation des élections qui est fragmentée et en partie politisée donc cette imbrication entre administration et politique aux Etats-Unis elle est extrêmement forte et elle se voit notamment avec le cas des juges donc bien sûr Donald Trump pourra se livrer à des manœuvres d'intimidation supplémentaires mais il pourra aussi être bloqué c'est-à
-dire
que Donald Trump ouvre beaucoup beaucoup de fronts sur le plan judiciaire parfois il gagne mais parfois il perd aussi et 70% des américains d'après un sondage NBC Washington Post je crois d'il y a 10 jours
70
% des américains
sont
convaincus que Donald Trump ne va pas accepter les résultats s'il perd après toute la question quelle est la manière de ne pas les accepter en 2018 il n'a pas fait il n'a pas eu une victoire franche il a dit quand même j'ai gagné il peut dire cette élection a été volée ce sont
des paroles
en
2021
on a vu quand même
oui mais
c'était une élection présidentielle avec un lieu unique des comptages officiels des voix des grands électeurs là on est vraiment sur un schéma très décentralisé ce sont plusieurs élections dans 50 états donc il
y a
à la fois la chambre des représentants le sénat les gouverneurs donc il n
'y a
pas de lieu unique et il n
'y a
pas de bouton sur lequel Trump pourrait appuyer pour sortir tous les républicains extrémistes de leur boîte au même moment dans 50 états je pense que c'est quand même beaucoup prêté à Donald Trump même si bien sûr il continuera à se débattre à se revendiquer comme étant l'incarnation du peuple à laquelle il veut faire justice que les démocrates sont des corrompus crooked comme il aime dire malhonnêtes bien sûr il en ira de son torrent d'insultes habituelles ça on peut et
il continuera
à vouloir transformer Washington parce que là aussi on voit que ce vieux monsieur quand même est de plus en plus obsessionnel donc maintenant il veut transformer un golfe le long du Potomac qui est un golfe en
public oui
alors ça c'est sur
son
héritage on va dire
symbolique ils ont abattu des bâtiments
extérieurs 400 arbres juste pour lui
faire plaisir parce que la
transformation effective de Washington c'était surtout le Doge qui a été un grand échec par rapport à ses objectifs initiaux donc là il a effectivement des projets somptuaires de bâtiments de destruction d'ailes de monuments en sa mémoire donc ça ça va concerner son héritage ce qu'il va laisser parce que la question c'est qu'est-ce qui vient après Trump je pense que fonder une dynastie trumpiste peut-être au niveau familial c'est quelque chose qui pourrait intéresser Donald Trump à Don Junior qu'on a vu chasser en Mongolie il y a eu un reportage formidable du Financial Times où on le voit chevaucher un mouflon gigantesque bref en compagnie évidemment d'un oligarque russe parce que justement c'est lié si on ouvre le champ et
jusqu
'à quel point les enjeux de cette guerre que les américains n'arrivent pas à gagner les enjeux d'Israël et de Gaza qui sont devenus véritablement dans cette campagne
un
ferment générationnel surtout et puis l'Ukraine quelle est la part de ces questions majeures
dans
cette campagne des élections de mi-mandat
alors
l'Ukraine ne
joue
pas dans les élections de mi-mandat en réalité les élections de mi-mandat jouent beaucoup pour l'Ukraine mais l'inverse est très peu vrai il y a eu la tentative par Donald Trump de faire baisser les prix du gazole pour les tracteurs de l'Iowa et un peu aider encore une fois à se repopulariser dans ces terres rurales à travers le deal qu'il a passé avec la Russie pour acheter du gazole russe et ça a fait bouger un tout petit peu le prix à la pompe pour ce gazole de quelques dizaines de centimes ça n
'a
pas été une grande victoire parce que de toute façon les quantités sont très faibles par rapport aux besoins
et
les bateaux ne sont toujours pas arrivés je crois que le gouverneur du New Jersey veut d'ailleurs interdire le débarquement d'un de ces pétroliers la force symbolique contre l'Ukraine est beaucoup plus forte que le résultat effectif sur les prix des carburants donc c'est vraiment un message pour l'Ukraine dans le même temps l'Ukraine s'est vue restreindre sa capacité de renseignement à travers Starlink où le département à la défense pardon le département à la guerre maintenant avait limité le débit de la vitesse de renseignement pour satellitaire pour les Ukrainiens donc un message très clair aux Ukrainiens on va faire des deals avec la Russie dorénavant vous on va beaucoup moins vous soutenir et grosse pression sur Zelensky pour un cessez-le-feu probablement en sa défaveur et
ça dans le feu Vladimir
Poutine ne veut pas dans la campagne ça ne joue pas du tout du tout c'est très très très marginal de toute façon les questions de politique étrangère jouent assez rarement elles jouent quand elles sont évoquées de manière symbolique c'est à dire la fermeté la capacité à être ferme face aux ennemis de l'Amérique ou alors quand elles ont une résonance très spécifique sur le coût de la vie donc ça ça a été les débats sur les droits de douane et les débats sur la guerre contre l'Iran ce à quoi également est la question de est-ce qu'on doit continuer d'aller se battre dans ces guerres sans fin donc la question des vétérans de l'armée donc là ça joue et donc la guerre en Iran a un impact en ce moment sur les chiffres de désapprobation de Donald Trump de cette administration sur des américains qui se sentent un peu floués par Donald Trump qui avait promis de plus mener ces guerres sans fin et qui avait promis de faire baisser le coût de la vie et le dernier point c'est la relation à Israël là ça joue du côté démocrate pratiquement uniquement les républicains sont toujours pro-Israël n'ont pas changé d'avis ils trouvent ça très bien et d'ailleurs tout le monde a apprécié le deal très rapidement établi de pouvoir sortir les otages israéliens et puis ils sont passés à autre chose ils n'entendent plus parler de Gaza côté démocrate c'est le sujet qui divise le plus les démocrates c'est un sujet de mobilisation mais c'est un sujet extrêmement difficile qui va peser très fort dans la campagne de 2028 qui ne divisera que les démocrates et qui peut les affaiblir très fortement entre deux camps ou deux ou trois camps disons mais il reste quelques démocrates très pro-Israéliens plus beaucoup qui refusent encore de critiquer Israël qui sont très sur l'alignement stratégique avec Israël mais il y en a de moins en moins beaucoup de démocrates qui blâment avant tout Netanyahou et qui se concentrent sur l'idée de dire si Israël changeait simplement de leadership ce qui en ce moment est une question ça irait beaucoup mieux
question
ouverte et puis maintenant une nouvelle vague de démocrates qui a vraiment rompu avec Israël qui considère que c'est devenu une question fondamentale et une question morale fondamentale à laquelle il faut répondre
et
donc qui ne soutiendra personne en 2028 qui ne soit pas extrêmement clair sur la condamnation d'Israël et ça du coup il y
a
les germes d'une division profonde pour les démocrates et donc ça veut dire que pour nous autres européens avec ce président-là qui de toute façon
est
toujours passé par-dessus le congrès
et
ne l'a jamais consulté même pour déclarer la guerre deux fois ça veut dire que pour nous autres européens dernier tour de table rapide ça ne
va
rien changer en fait ou pas l'orique
si les démocrates ont des majorités des commissions ça fait plus d'interlocuteurs pour les européens Trump est le principal interlocuteur évidemment mais il y a quand même des interlocuteurs qui font le relais au congrès notamment au Sénat et donc ça peut changer un petit peu les équilibres pas fondamentalement mais tout de même Jérémy
je pense que l'Europe a une carte à jouer un petit peu plus sur le long terme quand on regarde les relations que l'Europe essaye de tirer avec les économies de Mercosur avec l'Inde avec l'Australie c'est aussi une manière de répéter ce que l'Europe fait de mieux à savoir par le multilatéralisme est-ce que les Etats-Unis et probablement les Chinois ont complètement abandonné donc ça c'est une manière aussi de faire pression à plus long terme sur le leadership américain parce que l'Amérique ne se résumera pas à Trump au-delà de 2028 il y aura une autre addition une autre figure politique et en tous les cas ça donnerait aux Européens des cartes pour négocier
Elisa
Hachal
Si
Donald Trump se livre à de nouveaux excès dans les deux années suivantes je pense que c'est une opportunité pour les Européens de s'unir davantage et de se mobiliser face à une figure qui est devenue une figure presque unanimement repoussoire en Europe d'autant lorsqu'elle est soutenue par des forces d'extrême droite qui encouragent la victoire de Marine Le Pen par exemple aux présidentielles françaises donc je pense que l'antitrumpisme peut être fédérateur en Europe et faire avancer notre autonomie stratégique Célia Beland Exactement comme vient de le rappeler Elisa Hachal très justement on est face à une année électorale on appelle ça la super année électorale pour l'Europe où il va y avoir dans l'espace de 12-18 mois 10 au moins 10 scrutins absolument fondamentaux dans 4 des 5 plus grands pays européens dont la France l'Italie l'Espagne la Pologne et puis pas loin derrière l'Allemagne où on pourrait voir basculer un certain nombre de gouvernements en faveur d'un nationalisme local ou d'une version du populisme américain pas toujours très maga mais en tout cas avec des racines autour de cette idée des partis patriotes que soutient l'administration Trump et
ça ça changera le
narratif un
soutien avec de l'argent
parfois avec de l'argent oui
le
département d'état attribue de l'argent à des ONG ou des associations qui soutiennent les comme ils appellent les partis patriotes certains n'en veulent pas du tout en France pour le moment l'échiquier politique de l'extrême droite se maintient plutôt à l'écart de ce soutien qui n'est pas toujours populaire en France mais cela dit au niveau du récit qui sera construit de ces deux dernières années de Donald Trump si l
'Europe
les deux prochaines les deux prochaines années de Donald Trump si l'Europe a basculé politiquement de ce côté là ça change beaucoup de choses mais on n'y est pas
donc
il me reste à vous remercier tous les quatre et à rappeler vos différentes publications donc Elisa vous avez publié il y a un an la démocratie à l'épreuve du populisme les leçons du trumpisme chez Odile Jacob et ça reste toujours
pertinent
Laurie Kenton pas vraiment besoin d'une mise à jour mais vous avez écrit sur la musique le le rock'n'roll de Trip la route 66
en
musique de Chicago à Los Angeles c'est paru en octobre l'année dernière aux éditions hors collection un ouvrage co-écrit avec Julien Grosso Jérémy Guèze vous avez publié la dernière des américaines chronique d'un monde parallèle aux éditions L'Armatan et Célia je rappelle donc cette étude que vous avez co-écrite avec Chris Herman et Nevada John Lee sur le parti démocrate c'est en anglais mais c'est tout à fait passionnant voilà
à
la réalisation ce matin il faut
que
je félicite et que nous applaudissions tous Luc-Jean Reynaud parce que voilà 14 ans
que
nous avons travaillé ensemble et Luc-Jean va maintenant prendre un repos bien mérité même si j'espère que ces 14 années pour moi en tout cas ont été absolument merveilleuses donc bravo et merci Luc-Jean à la technique ce matin Jean-Guylain Meij Théa Corlaire m'a aidé bien sûr à préparer cette émission ainsi que Patricia Miura et la documentation de Radio France dans un instant les carnets de santé de Marina Carrère dans cause mais je vous préviens et ça en vaut la peine comme tous les matins d'ailleurs mais Guillaume Erner sera à Washington pour deux matinales spéciales donc les 3 et 4 novembre avec différents interlocuteurs pour vous faire vivre cette élection tout à fait singulière et bien sûr vous pouvez rajouter le podcast de notre émission Affaires étrangères sur votre bibliothèque sur l'application Radio France
voilà
merci beaucoup bon week-end à tous et à samedi prochain bien sûr
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