Chômage, bilan écologique d’Emmanuel Macron, retraites… le "8h30 franceinfo" d’Éric Ciotti
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse directe
Eric Ciotti, est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de réussir là où tous ses prédécesseurs pour l'instant ont échoué ?
- 1:41RelanceRéponse partielle
Mais Emmanuel Macron, il n'y a pas pour grand chose.
- 2:24OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une sage décision ? Qu'est-ce que vous lui souhaitez ce matin à Patrick Balkany ?
- 3:05RelanceRéponse directe
Donc vous dites des deux côtés, ça veut dire quoi, Éric Ciotti ?
- 4:08OuverteRéponse directe
Ce n'est pas forcément ce qu'on comprend quand on écoute David-Xavier Weiss...
- 5:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous trouvez que le président est devenu écologiste depuis qu'il est arrivé à l'Elysée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueChiffre
« Le taux de chômage, je vous le rappelle, est de 3,1% en Allemagne. »
- 0:55Invité politiqueChiffre
« Il est de moins de 4% en Grande-Bretagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal à moins de 6%. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Il y a eu aussi sans doute l'effet en 2019 de la baisse des charges conjuguée à la suite du CICE. »
- 1:32Invité politiqueFait
« C'est la preuve que quand on baisse les charges sur les entreprises, il y a un effet. »
- 2:01Invité politiqueFait
« On a été dans une situation équivalente à nos partenaires européens jusqu'en 2012, même pendant la crise. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Il est maire jusque dans quelques jours et il est maire des Républicains. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Quand on est condamné à 4 ans de prison ferme, on peut continuer à militer dans un grand parti comme le vôtre. »
- 6:42Invité politiqueFait
« La fermeture des centrales nucléaires, qui aujourd'hui est la seule énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre, me paraît une erreur stratégique. »
- 7:26Invité politiqueFait
« C'est une industrie d'avenir pour vous, le nucléaire. Le nucléaire, c'est une industrie d'avenir. »
- 7:46Invité politiqueFait
« Le fait qu'on a une énergie électrique moins chère pour les consommateurs qu'ailleurs, qu'on a une indépendance. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Il fallait la faire tout de suite ? Tout de suite. »
- 9:43Invité politiqueFait
« C'était une mesure d'âge, mais c'était une mesure courageuse. »
- 9:59Invité politiqueFait
« C'était la fin des régimes spéciaux. »
- 11:09Invité politiqueChiffre
« On a en 2025 15 milliards, 12 à 15 milliards d'euros de déficit annuel. »
- 16:06Invité politiqueChiffre
« Record absolu d'entrée d'étrangers dans notre pays. 440 000 l'année dernière. »
- 17:01Invité politiqueChiffre
« On a plus 7% de titres de séjour l'année dernière, plus 7% de demandeurs d'asile, ça fait 410 000 personnes, et on a 20 000 mineurs isolés. »
Temps de parole
- Éric Ciotti69 %
- Présentateur13 %
- Invité8 %
- Locuteur non identifié7 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Eric Ciotti. Bonjour. Le chômage a fortement reculé en France au dernier trimestre 2019. 95 000 chômeurs de moins en trois mois. Voici ce qu'on a dit il y a quelques instants. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, c'était chez nos confrères et amis d'RTL.
8,1% de taux de chômage et même on passe en métropole en dessous de la barre des 8. C'est à 7,9%. Ça montre, c'est la preuve, que l'ambition de 7% n'est pas gagnée d'avance. Elle n'est toujours pas gagnée d'avance, mais elle est franchement, je pense, atteignable.
Eric Ciotti, est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de réussir là où tous ses prédécesseurs pour l'instant ont échoué ?
C'est naturellement une bonne nouvelle. Moi je me réjouis de toutes les bonnes nouvelles pour notre pays. Après, quelle est la situation ? Le taux de chômage, je vous le rappelle, est de 3,1% en Allemagne. Il est de moins de 4% en Grande-Bretagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal à moins de 6%. Donc on est très très loin aujourd'hui de la situation de nos principaux partenaires européens. C'est une tendance mondiale partout. Le chômage baisse. Je pourrais rajouter la situation des Etats-Unis. La conjoncture mondiale porte une baisse du chômage. C'est heureux. Il y a eu aussi sans doute l'effet en 2019 de la baisse des charges conjuguée à la suite du CICE. C'était la dernière année.
Il y a eu un peu cette baisse des charges pour les entreprises. C'est la preuve que quand on baisse les charges sur les entreprises, il y a un effet. Et je m'en réjouis. Ça c'était une mesure décidée sous François Hollande.
Absolument. Merci François Hollande. Merci la conjoncture. Mais Emmanuel Macron, il n'y a pas pour grand chose. Écoutez, il faut comparer. Il faut comparer avec nos grands concurrents. Quand le chômage était à 10 ou 11% en France, parfois il était aussi nettement moins élevé chez nos voisins.
Je dirais qu'on a décroché dans la compétition internationale depuis assez longtemps. On a été dans une situation équivalente à nos partenaires européens jusqu'en 2012, même pendant la crise. Après, on a décroché. Donc aujourd'hui, il y a une amélioration. Sincèrement, je m'en réjouis.
Éric Ciotti, Patrick Balkany, le maire de Levallois, a été libéré hier après 5 mois de prison. Il a été libéré pour raison de santé. Est-ce que c'est une sage décision ? Qu'est-ce que vous lui souhaitez ce matin à Patrick Balkany ?
Je lui souhaite d'abord d'aller mieux, puisque la motivation de cette libération, elle est médicale. Et manifestement, sa situation médicale est inquiétante. Donc je lui souhaite d'aller mieux. Je lui souhaite de l'apaisement. Après, j'ai vu les commentaires, notamment hier soir, sur certaines chaînes info. Je voyais un duplex devant sa maison où on soulignait qu'il était accueilli par ses chiens. Je crois que cette médiatisation, je dirais peut-être des deux côtés, doit quelque peu s'arrêter. Je lui souhaite, je le dis, de la sérénité, la justice.
Donc vous dites des deux côtés, ça veut dire quoi, Éric Ciotti ? On a vu beaucoup, vous parliez des chaînes info, on a vu et entendu beaucoup également Isabelle Balkany. Hier, devant la prison de la santé, même passé son téléphone à certains journalistes pour qu'il puisse parler à Patrick Balkany. Il faut que tout le monde se calme un peu avec cette affaire. J'ai tendance à dire ça, oui. Il est toujours membre des Républicains, Patrick Balkany ?
Écoutez, il est maire jusque dans quelques jours et il est maire des Républicains. Il ne se représentera plus. Mais on est dans un temps différent, je crois. Quand on est condamné à 4 ans de prison ferme, on peut continuer à militer dans un grand parti comme le vôtre. Ce temps politique est terminé. Il l'a dit, ils l'ont dit. La justice a dit le droit. Il y a encore des procédures. Un appel. Moi, je n'ai pas de commentaire à faire. Je pense qu'aujourd'hui, cette surmédiatisation doit s'arrêter. Je souhaite à tout le monde l'apaisement dans cette affaire.
Vous dites, Éric Ciotti, c'est ce que votre expression, ce temps politique est terminé, cette page est tournée. Ce n'est pas forcément ce qu'on comprend quand on écoute David-Xavier Weiss, qui est le numéro 2 de la liste Levalois au cœur. Cette liste, c'est une liste qui est soutenue par les Balkany. Je vous propose de l'écouter. Les Balkany, c'est une histoire d'amour entre les Levaloisiens et eux, depuis 35 ans, qui continuent de s'écrire différemment. Il y aura une nouvelle majorité, conduite par Agnès Petit-Dumain et par moi. Mais avec, effectivement, nous, on assurera la continuité des services que les Balkany ont offerts au Levaloisien.
C'est la continuité ? C'est la liste que vous soutenez ? C'est la liste qui a bénéficié du soutien des Républicains, avec ce tandem à la tête. Après, je crois que la page, quoi qu'il arrive, quoi qu'on dise, elle va se tourner. Mais c'est au Levaloisien de le choisir. En tout cas, ce que je note, c'est que dans la commune de Levalois, il y a des réalisations qui ont été très largement appréciées par les habitants. Et ça, naturellement, ceux qui sont candidats en tiennent compte. Voilà, c'est aux électeurs de le dire. Moi, je n'habite pas Levalois, mais manifestement, la population de Levalois n'est pas mécontente de ce qui a été fait.
Éric Ciottier et Emmanuel Macron se trouvent en ce moment même sur les flancs du Mont Blanc pour une visite consacrée, une visite de la mer de glace consacrée au thème lié à l'environnement. Il va faire normalement une série de mesures aujourd'hui sur la protection du patrimoine. Est-ce que vous trouvez que le président est devenu écologiste depuis qu'il est arrivé à l'Elysée ?
Avec Emmanuel Macron, on peut toujours douter un peu de la sincérité de ses engagements. Il y a un formidable communicant, il y a un sens du tempo, on est à quelques jours des élections municipales. Donc, est-ce que cette conversion, elle est sincère, elle est réelle ? On pourrait parler d'autres sujets où il y a les mêmes interrogations sur ce que pense réellement Emmanuel Macron. J'ai un doute parce que je vois l'homme de communication, je vois la parole abondante, je vois les annonces et les effets d'annonce qui se multiplient sur plusieurs sujets, celui-là en particulier. Et puis, à la sortie, on voit des actions très très faibles.
Vous parlez quasiment comme un écologiste. Je ne sais pas si c'est un gros mot pour vous, mais ce sont les mêmes mots qu'on entend dans la bouche des écologistes ces derniers jours. Faites épreuve, Emmanuel.
Je crois que c'est un constat parce que les décisions, voilà, moi je vois la politique énergétique aujourd'hui qui est un enjeu majeur. Il a, le gouvernement a décidé ce qu'on appelle la PPE sur la politique énergétique de la France. La fermeture des centrales nucléaires, qui aujourd'hui est la seule énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre, me paraît une erreur stratégique qui tourne le dos à cette indépendance énergétique qu'avait voulu le général de Gaulle.
Il n'y a pas de centrale nucléaire qui a fermé pour l'instant. On n'arrive même toujours pas à fermer Fessenheim.
La fermeture des centrales à charbon, Eric Ciotti, ça vous la soutenez ou pas ?
Naturellement, naturellement. Mais elle était annoncée, elle était programmée depuis très longtemps. Mais regardons ce qui se passe en Allemagne. Et là, je ne fais pas un procès naturellement à Emmanuel Macron, mais on a réouvert des centrales au charbon parce qu'on a voulu fermer, mettre un terme à la filière nucléaire. C'est une erreur. Je crois qu'en France, on doit regarder ce paquet énergétique, ce mix énergétique sans tabou. C'est une industrie d'avenir pour vous, le nucléaire. Le nucléaire, c'est une industrie d'avenir. C'est une énergie propre, mais c'est une énergie qui pose la question du traitement des déchets. C'est là où il y a une menace.
Donc, il faut travailler sur la recherche, sur le traitement des déchets, mais il ne faut pas, pour des raisons idéologiques, tourner le dos à ce qui a fait quand même la force de notre pays. Le fait qu'on a une énergie électrique moins chère pour les consommateurs qu'ailleurs, qu'on a une indépendance. Ce sont des atouts qu'il faut conserver et pas fragiliser. Et là, on n'est pas dans les gadgets. On est dans des sujets de fond. La filière nucléaire en France a été fragilisée.
Dans un instant, la droite rêve-t-elle d'avoir fait la réforme Macron sur les retraites ? On vous posera la question. D'abord, les titres. J'ai une petite idée de la réponse. A voir votre visage quand je vous dis ça. A 8h41, c'est Solène Cresson.
Emmanuel Macron, en ce moment, sur la mer de Glace, le glacier de Haute-Savoie, symbole du réchauffement climatique. Le chef de l'État doit ensuite rencontrer les élus locaux, dont le maire de Saint-Gervais, qui demande plus de protection pour le Mont-Blanc. Sur France Info, ce matin, il salue la démarche du chef de l'État. Patrick Balkany a retrouvé sa maison de Giverny dans l'heure après 5 mois de prison. La cour d'appel de Paris a remis. Le maire de Levallois-Péry est en liberté sous contrôle judiciaire. Il doit pointer deux fois par semaine à la gendarmerie et deux fois par mois à la gendarmerie. Et a déjà rendez-vous à la cour d'appel de Paris dans un mois pour le volet fraude fiscale.
L'INSEE confirme la baisse du taux de chômage pour le quatrième trimestre 2019. 85 000 chômeurs de moins avec un taux au plus bas depuis 2008 à 8,1% de la population active. Plus de 240 morts en 24 heures en Chine. L'épidémie de coronavirus repart de plus belle. C'est le bilan le plus lourd depuis le début de la crise du Covid-19. 1 350 décès en tout. Une hausse alors que les autorités ont une nouvelle méthode de détection des cas.
Toujours avec le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti. Éric Ciotti, si c'est François Fillon aujourd'hui qui était à l'Elysée, et si c'est lui qui portait cette réforme des retraites, honnêtement, vous la voteriez ? On n'aurait pas fait ça. Vous aviez fait quoi ?
D'abord, la réforme, on l'aurait adoptée à l'automne 2017. Il fallait la faire tout de suite ? Tout de suite. Et le programme de François Fillon était clair. C'était d'ailleurs le même également que celui que portait Nicolas Sarkozy dans la primaire.
François Fillon, oui. Ça allait nettement plus loin que ce que propose aujourd'hui Emmanuel Macron.
C'était une mesure d'âge, mais c'était une mesure courageuse. C'était l'augmentation de l'âge de départ en retraite, progressive, jusqu'à 65 ans. C'est d'ailleurs ce que nous portons toujours aujourd'hui. Mais pour tout le monde. C'était également la fin... Éric Ciotti, 65 ans pour tout le monde. C'est une mesure qui peut paraître injuste. C'était la fin des régimes spéciaux. Et c'était aussi ce que nous défendons là, par amendement, dans le débat qui va s'ouvrir dès lundi. C'était la prise en compte de la pénibilité. Puisque nous avons aujourd'hui porté une proposition unanime. La voix des Républicains sur ce sujet est totalement unie.
C'est de dire, lorsqu'on travaille dans une profession pénible, qu'on cotise cinq années. Ces cinq années valent une année de départ préalable à la retraite. Voilà. Donc il y a cette prise en compte de la pénibilité. Un effort. Un effort parce qu'aujourd'hui, quelle est la situation ? On a un régime des retraites, le financement des régimes des retraites. Qui n'est même pas abordé dans cette réforme lorsqu'elle vient devant le Parlement. Ce qui est à la fois un scandale démocratique et une aberration économique.
Soumettre le financement à un accord des partenaires sociaux, est-ce que ce n'est pas, d'un point de vue démocratique, assez sain justement de faire aussi reposer ce financement sur le dialogue social, Éric Ciotti ?
Ce qui n'est pas sain, c'est de proposer au Parlement de voter une réforme sans connaître ce qui va équilibrer cette réforme. Aujourd'hui, quel est le principal souci ? Le Conseil d'orientation des retraites l'a dit. On a en 2025 15 milliards, 12 à 15 milliards d'euros de déficit annuel. Donc il n'y a pas 36 solutions. Soit on augmente les cotisations qui permettent de financer les retraites. C'est-à-dire, c'est une baisse des salaires pour tous ceux qui travaillent. Ça, le gouvernement refuse cette hypothèse. Soit on diminue les pensions. Nous, nous refusons de voir diminuer les pensions. C'est ce qu'a fait le gouvernement depuis le début de ce quinquennat.
Diminuer les pensions, notamment avec la hausse de la CSG. Les retraités ont vu leurs pensions diminuer. Et en fait, derrière la réforme actuelle, c'est la diminution des pensions qui se cache. Soit il y a la troisième solution. Et à mon avis, il n'y en a pas d'autre, et c'est celle que nous choisissons. C'est dire, on demande de travailler un peu plus. L'espérance de vie, et c'est heureux, a augmenté dans notre pays. 15 ans, deux générations. Eh bien, il faut demander de travailler un peu plus. C'est ce que tous les pays au monde ont fait. Moi, je ne veux pas demain que les pensions baissent. Il faut garantir le niveau de pension. Et aujourd'hui, ce n'est pas ça qu'il y a dans la réforme.
Donc vous me dites, qu'est-ce que vous auriez voté la réforme, Fillon ? Bien sûr, mais ça n'a absolument rien à voir. Personne ne comprend plus rien à cette réforme. C'est quand même du Fillon très très light, Emmanuel Macron. Mais non, mais pas du tout. Non, pas du tout. Pas du tout. Vous avez Mme Sibeth Endaï qui dit, c'est une réforme très à gauche. Vous avez le rapporteur général du budget, M. Laurent Saint-Martin, qui ce matin écrit au gouvernement, faisant part de ses doutes, en disant... Des doutes sur le financement de la réforme. Oui, mais c'est quand même l'essentiel, le financement. On n'est pas irresponsable.
Comment on peut garantir à des gens qui travaillent aujourd'hui qu'ils auront une retraite demain ? C'est ce que se pose chaque Français. Est-ce qu'ils auront toujours une retraite ? Il n'y a pas de certitude. La valeur du point. Il y a aujourd'hui ce débat, cette espèce de flou sur quoi est indexée la valeur du point. On nous a dit, le point ne bougera pas. Il ne baissera pas. Il sera indexé sur les salaires. Et puis, patatras, on invente un indice qui n'existe pas.
Le gouvernement promet que cet indice ne pourra jamais être inférieur à l'inflation. Je voudrais vous entendre sur un point.
Mais qu'est-ce qui le garantit ? Qu'il le met dans la Constitution, alors ?
Autrement, une loi peut défaire ce qu'une autre a écrit. Les parlementaires socialistes veulent une commission d'enquête, justement, sur l'impact de cette réforme. Est-ce que la droite, est-ce que les Républicains sont prêts à s'associer à cette commission ?
Je ne suis pas sûr que ce soit le travail d'une commission d'enquête. Mais ce que le Parlement doit pouvoir légitimement revendiquer, c'est d'avoir tous les éléments au moment de voter. C'est ce qu'a dit le président du Sénat, Gérard Larcher. On est dans une situation inédite. On nous parle de la mer des réformes, d'une réforme majeure, et on ne connaît pas les moyens pour équilibrer le financement de nos systèmes de retraite. C'est tout simplement inédit et totalement ahurissant. Et c'est quelque part une escroquerie politique, aujourd'hui.
Renaud Delis. Éric Ciotti, Emmanuel Macron doit présenter prochainement un nouveau plan de mesure pour lutter contre la menace communautariste et même contre la menace du séparatisme. C'est aujourd'hui le terme en vogue à l'Elysée. Est-ce qu'il a raison ? Est-ce que c'est le bon mot, séparatisme ? Et quelle est, à vos yeux, cette menace ?
La question, elle n'est pas dans les mots. Moi, il y a le communautarisme, aujourd'hui, qui est considéré par les patrons de nos services de renseignement au plus haut niveau. J'ai eu une conversation avec l'un d'entre eux la semaine dernière, lorsque je préside en ce moment la commission d'enquête sur l'attentat à la préfecture de police de Paris. Un des principaux patrons du renseignement me disait aujourd'hui, la menace, elle est dans le communautarisme. Dans ce communautarisme qui ganguerène nos quartiers. Dans cette conquête de l'islam politique qui essaie d'imposer par la violence, par le terrorisme.
Mais aussi, les symptômes, c'est que les lois religieuses deviennent supérieures, dans certains territoires de la République, pour certains habitants, aux lois de la République. C'est de ne plus avoir, aujourd'hui, la force de la loi qui s'impose face à des règles, des coutumes religieuses. Ce qui est problématique, c'est qu'on impose, par la force, des appartenances. Un vêtement imposé aux femmes, des tenues, des menus, des modes de vie différents. C'est ça qui n'est pas supportable. Et puis derrière, derrière ce communautarisme, il y a le terreau du terrorisme. Donc bien sûr que c'est sans doute le principal problème auquel est confronté notre pays. Mais ça fait trois ans qu'on en parle.
Là encore, vous parliez d'écologie tout à l'heure. Mais les mots ne suffisent pas. On est à un mois des élections, on va nous faire un peu de cinéma, de communication. électorale, un discours, quelques mesurettes. Et puis après, on oublie. Monsieur Macron nous avait fait le même coup sur l'immigration. Quels ont été les résultats jamais au temps d'immigration dans notre pays ?
Il y a eu des lois, il y a eu notamment la loi Asie, l'immigration portée par Jérôme Collomb.
Il y a eu des lois vides, creuses, inefficaces. Les chiffres, ils sont là. Record absolu d'entrée d'étrangers dans notre pays. 440 000 l'année dernière.
En incluant les étudiants qui viennent faire leurs études et qui vont repartir. Plus 23% sur les étudiants.
Est-ce que ce sont des vrais étudiants ? Vous avez vu ce terroriste syrien qui avait un visa et qui était inscrit dans une école à Marseille ? Ce sont ça les vrais étudiants aujourd'hui ?
Il faudrait faire reculer le nombre d'étudiants étrangers qui viennent faire leurs études en France ? Il faut baisser ce chiffre à vos yeux ? Il faut prendre des mesures pour empêcher les étudiants étrangers de devenir étudiants en France ?
On est aujourd'hui à plus de 90 000 étudiants étrangers dans notre pays. On était il y a quelques années encore à 50 000.
Ce n'est pas un symbole d'attractivité de la France ?
Il faut mesurer que ce ne soit pas un moyen détourné pour s'introduire en France. Ce ressortissant syrien qui est rentré avec un visa de séjour délivré pour des raisons étudiantes, il est le symbole, et il y en a beaucoup d'autres, du détournement de ce système. On a plus 7% de titres de séjour l'année dernière, plus 7% de demandeurs d'asile, ça fait 410 000 personnes, et on a 20 000 mineurs isolés. Donc à la sortie, près de 440 000 étrangers sont rentrés en situation légale. Ça, ça nourrit le communautarisme.
Ça nourrit le communautarisme parce que quand on n'a plus la capacité d'intégrer autant de personnes, aux valeurs de la République, elles vivent dans un entre-soi, et c'est là où le danger commence.
Les municipales, dans un mois, et la question des 80 km heure sur les routes secondaires, ce sera dans une minute avec vous, Éric Ciotti. Le temps de jeter un oeil au titre de l'actualité, à 9h moins 10, avec Solène Cressant.
L'objectif d'un taux de chômage à 7% de la population active en 2022 est franchement atteignable. L'ambition de la ministre du Travail, alors que l'INSEE confirme une forte baisse du taux de chômage à 8,1% de la population active au quatrième trimestre 2019. 85 000 chômeurs de moins en trois mois, au plus bas niveau depuis 2008. Je salue un président volontaire qui répond à l'attente d'un maire. Satisfaction du maire de Saint-Gervais sur France Info. Il veut plus de protection pour le Mont-Blanc. Face aux assauts des touristes, Emmanuel Macron doit rencontrer Jean-Marc Peyex ce midi, après sa promenade sur la mer de glace, symbole du réchauffement climatique.
Un quart des personnes LGBT, lesbiennes, gays, bi et trans ont déjà connu des insultes ou des moqueries. Au travail, sondage de l'IFOP pour l'association L'Autre Cercle, la moitié d'entre eux a su rester discrète sur leur orientation sexuelle. Quatre départements en vigilance orange, vent violent et vagues submersion. Inès, une nouvelle tempête hivernale doit frapper les côtes normandes cet après-midi, avec des vents jusqu'à 130 km heure. France Info. Et tout est plus clair.
Éric Ciotti, vous présidez la commission d'investiture des Républicains pour les élections municipales. Pourquoi vous n'avez mis personne face à Edouard Philippe au Havre ?
Personne ne voulait y aller ? Non, parce que nous sommes dans une situation inédite dans cette ville. Cette ville, elle a été conquise par Antoine Ruffenac face aux communistes. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a toujours cette crainte de nos militants de voir le retour des communistes. Donc, nous n'avons, c'est vrai, ça a été un échec pour nous. Nous n'avons pas, dans le délai, puisque le Premier ministre a fait durer le suspense aussi, nous n'avons pas trouvé de candidat. Personnellement, je le regrette. Ce n'était pas votre choix ? Ce n'était pas votre choix dans cette commission d'investiture ? Vous auriez préféré envoyer quelqu'un ? Bien sûr, on aurait préféré.
Mais on a refusé des gadgets de candidats parachutés. Ce qu'on voulait, c'était un candidat du Havre qui s'oppose au Premier ministre.
Ça veut dire qu'en quelque sorte, c'est un opposant à Paris, mais un partenaire, en tout cas, quelqu'un pour qui on peut voter ?
Non, ce n'est absolument pas un partenaire. À partir du moment où vous mettez personne en face ? Nous avons dit très clairement que nous ne soutenons pas Édouard Philippe. Nous avons pris des mesures de suspension des Républicains qui seraient sur la liste d'Édouard Philippe. Ceci est très clair. Et que dites-vous à vos électeurs à vrai ?
Qu'est-ce que vous dites à vos électeurs à vrai, Éric Ciotti ?
Vous savez, les consignes aux électeurs, en tout cas, nous ne soutenons pas. Et Christian Jacob l'a dit avec beaucoup de clarté. Vous les appelez à s'abstenir ? Ça peut être un choix, naturellement. Ça peut être un choix. Tous ceux qui... Il y a des enjeux locaux. Et dans les enjeux locaux, naturellement, nos électeurs, ils peuvent se retrouver plus facilement chez Édouard Philippe. Mais si ces électeurs privilégient les enjeux nationaux, là, ils ne peuvent pas voter pour Édouard Philippe. C'est quand même étrange, Éric Ciotti, pour un responsable politique d'appeler à l'abstention. Écoutez, la situation, elle est confuse. J'en conviens au Havre. Ce n'est pas simple.
Vous savez, regardons d'où nous venons. Moi, j'ai présidé 18 commissions d'investiture depuis les élections européennes. On a investi des candidats dans 190 communes de plus de 30 000 habitants.
Ce n'est pas simple ailleurs non plus. À Tourcoing aussi, par exemple, la ville de Gérald Darmanin. Vous n'avez pas de liste. Vous appelez aussi à l'abstention à Tourcoing ?
Oui, c'est la même situation. On est face à ces situations où on a eu des élus de chez nous qui nous ont trahis, qui ont trahi nos valeurs, nos convictions, qui se sont mobilisés et se sont précipités dans les bras d'Emmanuel Macron en contrepartie d'un poste. Mais aujourd'hui, je voudrais élargir la perspective. La situation des Républicains au lendemain des Européennes, on a failli disparaître. Vous savez, la première commission d'investiture, il a fallu qu'on mouille la chemise pour trouver 15 candidats qui voulaient l'investiture LR.
Aujourd'hui, sur les derniers jours et les dernières semaines, j'ai reçu des dizaines de mails, d'appels, y compris de ceux qui avaient déchiré leur carte des Républicains, pour qu'ils bénéficient du soutien de notre famille politique. Donc, je crois que le vent est en train de tourner. Certains s'en aperçoivent. Et moi, je parie un grand succès des Républicains. Vous le verrez pour ces élections municipales. Et ça sera le socle de la reconquête.
La situation, Eric Ciotti, elle est un peu confuse aussi dans votre ville à Nice. Il y a un candidat qui est le maire sortant, qui est un candidat sans étiquette, Christian Estrosi. Il ne veut pas d'étiquette. Vous le soutenez ?
Écoutez, Christian Estrosi a eu très tôt, d'ailleurs au moment où, personnellement, j'ai dit les choses clairement, il a l'investiture, le soutien des Républicains. Il est membre des Républicains. Et naturellement, je le soutiens. Il n'y a pas d'autre ambiguïté. À ma connaissance, à ce jour, il n'a pas d'autre soutien que celui des Républicains. Et il a réaffirmé très clairement son appartenance aux Républicains. Donc, il n'y a pas d'ambiguïté à Nice. Bien au contraire.
Vous avez été brouillé pendant très longtemps avec lui. Je ne sais pas quelle est votre situation aujourd'hui. Vous souhaitiez, vous aussi, être candidat à Nice. Est-ce qu'au nom de l'unité et de la reconstruction des Républicains, vous irez vous afficher à ses côtés pendant la campagne ?
Écoutez, j'ai présidé la commission d'investiture où il a été investi. Il n'y a pas d'ambiguïté. J'ai dit les choses. J'étais avec lui samedi à l'inauguration du cours Jacques Chirac. On se parle. Il n'y a pas de sujet. Il n'y a pas de débat. Moi, vous le rappeliez, je préside la commission nationale d'investiture. On a été confronté à une situation difficile. Chacun a besoin de faire des efforts. On a l'exigence de l'unité, du rassemblement. C'est ce qu'on a voulu privilégier aussi à Paris, autour de la candidature de Rachida Dati. Pour moi, il y a deux lignes. C'est la clarté, la clarté de nos positions. Pas de confusion avec Armarche. Et c'est l'unité.
Voilà, c'est ça qui va nous faire remonter d'une situation un peu difficile où nous nous trouvions. Les 80 km heure sur les routes, Renaud Delis.
La sécurité routière a publié, a évalué récemment à plus de 200 le nombre de vies sauvées, selon elle, par la baisse de la limitation de vitesse à 80 km heure sur les routes secondaires au terme d'une année d'expérimentation. Il y a une vingtaine de départements qui ont décidé de revenir sur toute ou partie de leur réseau secondaire à la limite à 90 km heure. Ce n'est pas le cas de votre département. Les Alpes-Maritimes ne conserveront les 80 km heure ? Parce que vous êtes favorable à cette mesure ?
Parce que le gouvernement, dans une circulaire adressée au préfet, qui est un peu d'ailleurs assez malhonnête, parce qu'il autorise de revenir aux 80 km heure, mais d'un autre côté, il met des conditions... Parce que c'était une demande de certains élus locaux. Il met des conditions très drastiques, quelque part, pour que cela ne se fasse pas. Dans le département des Alpes-Maritimes, très peu de routes étaient concernées, répondaient aux critères qui ont été fixés. Donc, pour l'instant, on a décidé de ne pas le faire. Mais, moi, je suis très pragmatique. Je n'ai pas été un militant acharné de l'opposition aux 80 km heure.
Je pense, en effet, que la sécurité routière est une priorité nationale. Je me réjouis de l'amélioration des chiffres. Il y a d'autres sujets sur lesquels on doit travailler, notamment la consommation de stupéfiants, la conduite sous l'emprise de l'alcool ou des stupéfiants. qui causent de plus en plus d'accidents, d'accidents mortels, d'accidents graves. Donc, il y a ces sujets. Mais tout ce qui participe à l'amélioration de la sécurité routière, je crois qu'on doit un peu le sortir du débat politique.
Et ce sera le mot de la fin ce matin. Merci beaucoup, Éric, pour qu'il est venu sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Éric Ciotti