Marion Maréchal, vice présidente exécutive de Reconquête - 11/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et nous recevons cette semaine Marion Maréchal, vice-présidente exécutive de Reconquête. Nous venons de voir, Madame Maréchal, les images de l'hommage à Annecy qui est en cours, l'émotion colossale suscitée par ce drame. Compte tenu de la magnitude de cette émotion et de la caractérisation de cette attaque, Gérald Darmanin disait cette semaine qu'il s'agit de la pire journée de notre pays depuis que je suis arrivé à Place Beauvau il y a trois ans. Est-ce que vous partagez son avis ?
Alors c'est évidemment un moment monstrueux. Moi j'ai eu le cœur retourné même à distance, qui ne l'a pas quand on est même une maman comme moi ou même un français, on se dit que même dorénavant dans les airs de jeu on n'est plus protégé. Maintenant malheureusement les drames et les horreurs s'enchaînent tellement dans notre pays qu'on a du mal à faire la hiérarchie des horreurs.
C'est vrai qu'entre l'assassinat de la petite Lola, le viol par deux clandestins de cette vieille femme de 83 ans, on a l'impression qu'on enchaîne finalement les monstruosités, la fameuse décivilisation, ça veut dire que même les fondations les plus élémentaires de la vie en société, ça veut dire notamment vis-à-vis du respect des anciens, vis-à-vis de la protection des enfants, même ça explose en plein vol et c'est extrêmement inquiétant.
On y reviendra mais vous mettez au même niveau, vous faites allusion à la décivilisation, du coup les violences qui touchent les élus, les représentants politiques ?
Je ne peux pas mettre au même niveau des viols, des meurtres et des attaques au couteau sur des enfants par rapport à des violences politiques, vous me l'accorderez. Maintenant ce qui est vrai c'est qu'il y a de toute façon dans notre pays un climat de violence générale qui est principalement dû, me semble-t-il, et on y reviendra très certainement, à la fois à une politique migratoire complètement incontrôlée et complètement folle et en parallèle de cela un effondrement de notre politique pénale. Et donc de ce point de vue-là, les Français aujourd'hui ne sont plus protégés nulle part.
Et moi ce qui m'interpelle dans la réflexion de Gérald Darmanin, c'est qu'à aucun moment manifestement il ne remet en cause son poste. Je vous le dis très sincèrement, c'est-à-dire qu'en Suède on a des ministres qui démissionnent parce qu'ils ont acheté des tablettes de chocolat avec leur carte de crédit du parti. Donc il doit démissionner Gérald Darmanin ?
Je trouve, oui, en effet, qu'ils devraient démissionner quand on est le ministre qui a vécu le fiasco de l'Océane Viking, qui a vécu l'humiliation du Stade de France, qui a vécu le drame de l'affaire Lola, l'humiliation de l'affaire Iquissène, cette affaire-ci, l'attentat qui avait eu lieu, vous vous en souvenez, par un clandestin à Nice en pleine messe, je pourrais vous en citer des dizaines.
C'est des sujets qui sont très différents.
Oui, très différents où la responsabilité de l'État est quand même peu au cou, chaque fois direct ou indirect, notamment en lien avec la politique migratoire.
Ça veut dire que si vous étiez demain au pouvoir, vous avez un ministre de l'Intérieur, il ne se passera jamais rien, et si jamais il se passe quoi que ce soit, il démissionnera ?
Ce serait absolument ridicule de dire que demain, l'insécurité va disparaître du jour au lendemain. En revanche, il y a une reste... Il démissionnerait ? Pardon de vous dire, que quand on constate qu'il y a une défaillance de l'État, et on y reviendra d'ailleurs sur ce cas, parce qu'il y a aussi une défaillance, une défaillance de l'État, je pense notamment, on va revenir sur l'affaire de la petite Lola, dans l'application, par exemple, des obligations de quitter le territoire français. C'est vrai dans le viol de Monique, dont je vous parlais également tout à l'heure. Quand on sait que, je vous citais l'affaire de l'attentat en pleine messe à Nice, c'était également un clandestin.
Mais là, on l'espèce, Marie-Marie Chal, pardonnez-moi, mais là... Lassaillant n'était pas frappé d'une OQTF, il était en situation régulière, il avait un titre de réfugié, donc simplement, on ne peut pas non plus tout mélanger dans les cas que vous évoquez.
Non, je ne mélange pas tout, je ne mélange pas tout du tout, je suis en train de vous dire que quand il y a une responsabilité indirecte ou directe de l'État, oui, il me semble que le ministre démissionne. Et maintenant, sur l'affaire dont vous parlez, c'est très intéressant.
Pardon, juste pour clore sur ce sujet, Mme Maréchal, excusez-moi. Donc oui, Gérard Darmanin devait démissionner.
L'État doit tout ? Non, l'État doit la protection aux Français, et l'État doit tout mettre en œuvre pour assurer la protection des Français. Ce qu'aujourd'hui, manifestement, n'est pas le cas, puisque même la loi que l'État a mise en place n'est pas appliquée. Je pense aux obligations de quitter le territoire français sur un certain nombre de sujets, et là, c'est un cas différent, on va en reparler juste après. Donc oui, il me semble que Gérard Darmanin devrait démissionner, lui qui est quand même le ministre record de tous les chiffres d'insécurité. Moi, j'ai du mal à comprendre, en effet, qu'il reste aujourd'hui en poste.
Oui, non, avant que vous ne développiez effectivement ce cas précis, en l'occurrence, tout avait plutôt fonctionné avec l'assaillant. Il était sur le territoire européen parce que c'est un réfugié. Je vais vous répondre. Un réfugié qui vient de Syrie. Il appartient à une minorité que vous défendez régulièrement, à juste titre, puisque c'est une minorité qui est en train de disparaître dans cette partie du monde. Et la Suède lui donne un statut de réfugié. Donc, où est-ce que cet homme n'aurait pas dû se trouver en Europe ?
C'est très clair. Il y a aujourd'hui l'interdiction de demander des demandes d'asile dans plusieurs pays européens, comme vous le savez. Il a été dit, en effet, vous le rappelez, qu'il a obtenu cette demande d'asile en Suède. De ce fait-là, l'OFPRA, qui est l'organisme d'État chargé d'étudier les demandes, aurait dû, dans les 15 jours, consulter le fichier européen des demandeurs d'asile. Et à ce moment-là, constater immédiatement qu'il n'avait pas droit à la demande d'asile en France. Et donc, en raison des accords de Dublin, être immédiatement renvoyé en Suède.
Parce que vous savez, quand vous obtenez l'asile, c'est le pays qui vous l'octroie, qui doit vous en assurer la garantie sur son territoire.
Pour être très précis, l'OFPRA aurait pu se prononcer plus vite, mais simplement, le refus d'asile lui a été notifié le 4 juin. Et à partir du 4 juin, il avait un délai éventuellement pour faire appel. Donc, il était en situation régulière sur le territoire.
Qu'il y a, en effet, 7 mois d'instruction, là où il aurait fallu, normalement, 15 jours, pour consulter simplement ce fichier, une fois de plus, qui est à disposition. Donc, 7 mois durant lesquels cet homme a indûment, d'ailleurs, touché l'allocation des demandeurs d'asile, qui est autour de 400 euros par mois, d'ailleurs, au passage, pour finalement constater, in fine, qu'il n'y avait pas le droit. Si l'OFPRA, et donc l'État, indirectement, a fait son travail dans les délais correctement, cet homme n'aurait pas dû se trouver sur le territoire français. Mais vous savez, Madame Maréchal, dans le cas d'une QTF à la Suède, vous avez raison de le dire.
Il n'y en a pas dans le cadre de l'Union européenne, là, pour le coup, les accords de Dublin... Absolument. Il faut quand même qu'effectivement, la Suède reconnaisse cette personne. Non, vous confondez, pardonnez-moi, aujourd'hui, les pays... Non, vous confondez. Les pays, aujourd'hui, au sein de l'Union européenne, sont tenus par des accords de Dublin qu'ils ont signés. Et donc, de ce fait-là, la Suède... Donc, la Suède reconnaisse que cette personne a bien eu, effectivement, un statut chez elle. Non, mais évidemment qu'ils le savent, puisque c'est dans le fichier européen des demandeurs d'asile.
Donc là, vous vous confondez avec des pays qui sont extra-européens, qui doivent donner des laissés-passés consulaires. Ce n'est pas du tout la même chose. Donc, les accords de Dublin, automatiquement, la personne aurait dû retourner en Suède. Ce que je veux dire, c'est que du fait du traitement de cette demande...
Pardonnez-moi de vous interroger, juste pour clarifier les choses pour des téléspectateurs qui ne réactent peut-être pas les textes avec autant de précision que vous. La règle, en France, c'est que toute personne qui demande l'asile, est automatiquement autorisée à rester sur le territoire français. Ça, c'est la règle. Et qu'une fois que la demande a été traitée, si la demande est refusée, elle a un mois, ce que disait Benjamin, pour former un recours. Et ce recours n'éteint pas l'autorisation à rester sur place. Par ailleurs, pour compléter... Pardonnez-moi de vous dire... Mais vous le savez, mais peut-être pas les gens qui nous regardent, madame...
Je vais vous répondre, parce que vous essayez de m'expliquer qu'il n'y a pas eu de défaillance. Moi, quand on m'explique, il suffit de consulter un fichier...
Je ne vous explique ça, je rappelle les textes pour les gens.
Pour clore le dossier immédiatement et couvrir 7 mois...
Vous ne voulez pas grappler les textes pour les gens, alors ? Si, si, non, mais bien sûr, allez-y, allez-y.
Mais je pensais qu'on en avait parlé assez en détail, mais allez-y, allez-y.
Non, par exemple, je pense que c'est important pour la compréhension générale que les gens connaissent les règles. Et par ailleurs, lorsque un asile est accordé dans un pays de l'espace Schengen, le titulaire de l'asile a le droit de se déplacer dans l'espace Schengen durant 90 jours. Ensuite, il n'a plus le droit de se déplacer dans l'espace Schengen, sauf à demander une autorisation précise, et sauf s'il effectue une demande. Mais effectivement, il n'a pas le droit d'effectuer des demandes en plusieurs pays. Voilà, comme ça, c'est clair pour tout le monde.
Allons plus loin. Allons plus loin, puisque manifestement, on ne se mettra pas d'accord sur le fait qu'il y a eu, malgré tout, une défaillance dans l'État, à minima, sur le délai traitement, là où il suffisait de consulter un fichier pour voir qu'il n'avait pas le droit de faire cette demande. Qu'importe. Admettons même qu'il n'y ait pas eu, selon vous, de défaillance de l'État. Je n'ai pas dit qu'il n'y ait pas eu de défiance de l'État, je rappelle les règles. J'ai envie de vous dire que ce serait presque encore pire. Ça veut dire qu'en fait, c'est pour moi le pire des arguments.
Ça veut dire qu'on est en train de nous expliquer que ce genre d'individu, aujourd'hui, est en France avec l'assentiment de l'État. Ça veut dire que l'État met en place une politique, accepte une politique et des règles qui, en fait, favorisent l'arrivée sur le territoire de ce type de profil, de ce type d'individu dangereux. C'est quoi ce type ? Ce type de criminel en puissance qui se gêne sur des procès pour voyager des enfants.
Là, faisons un point pour ceux qui nous regardent.
Donc, ce n'est pas un argument. Je veux dire, à la limite, ça remet en place une politique migratoire et les règles de l'immigration.
Ce monsieur se dit, chrétien d'Orient, une minorité que vous ne cessez de défendre en considérant qu'ils sont opprimés au Proche-Orient, au Moyen-Orient, qui vient de Syrie, un pays en guerre. Donc, si l'asile a un sens, il concerne bien des gens qui quittent un pays parce qu'ils y sont en danger de vie ou de mort. Donc, vous parlez d'un criminel en puissance. Pardon, mais sur le papier, rien ne permet...
C'est pas en puissance, non, il est passé à l'acte.
Non, mais vous dites un criminel en puissance avant qu'il commette ce type d'acte. Rien ne permettait d'affirmer qu'il était un criminel en puissance. Ça veut dire, si on vous suit que les chrétiens d'Orient, on ne les accueille plus, c'est ça ?
Non, alors, plusieurs choses dans ce que vous dites. Parce que moi, je sens dans les rédactions ces dernières semaines une espèce de petite musique que je trouve absolument insupportable, de dire, ah, ouf, c'était pas un musulman, et tac, d'ailleurs, c'était un chrétien. Je trouve que cette manière de présenter les choses est absolument insupportable. Déjà, parce que, pardonnez-moi, je ne suis pas sûre que ça console beaucoup les familles et les mamans qui étaient présentes sur place. Et deux, ça ne clôt pas le débat. Parce que, j'ai envie de vous dire, qu'ils soient bouddhistes, hindous, musulmans, ou affirmés chrétiens...
C'est-à-dire, affirmés chrétiens, c'est-à-dire que vous ne croyez pas... Oui, ou affirmés chrétiens. C'est-à-dire que vous ne croyez pas...
Moi, fondamentalement, j'ai du mal à imaginer que ce genre de personnes soient fondamentalement chrétiennes. Mais ça, c'est un avis, on va dire, qui relève de la croyance personnelle. Qu'ils soient issus d'une communauté chrétienne, manifestement, c'est le cas. Mais juste, restons-le-t-une seconde.
Quand vous dites ça, vous vous dites, au fond, il y a peut-être une possibilité que ce soit quelqu'un d'une autre confession, de façon dissimulée...
Ce que je suis en train de vous dire, c'est que pour moi, le seul vrai chrétien qui a été sur place à ce moment-là, c'est le petit Henri qui pèlerait une elle et qui s'est interposé entre lui et les enfants. C'est ce que je voulais dire. Maintenant, ce que je veux vous dire, au fond, c'est qu'on a le sentiment que ça clôt le débat. Derrière cette satisfaction-là. Maintenant, qu'ils soient bouddhistes, une fois de plus, musulmans, hindous ou chrétiens, ça ne clôt pas le débat sur la question de l'immigration. C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui un homme qui est de nationalité syrienne, demandeur d'asile en Suède, et qui arrive en France et qui poignarde des enfants dans une aire de jeu.
Donc, ça doit quand même interroger, pardon, aujourd'hui, notre système migratoire, les règles, notamment du droit d'asile, qui font qu'on arrive à ce genre de situation. Je rappelle quand même... C'est pour ça qu'on vous pose la question.
Vous, au pouvoir, les chrétiens d'Orient, est-ce que vous considérez qu'ils sont éligibles ou non à l'asile ? La question est assez simple.
Excusez-moi, vous ne me mettrez pas mal à l'aise là-dessus, parce que, contrairement à ce que vous semblez penser... Je vous pose une question. Contrairement à ce que vous semblez penser... Non, mais je vois bien l'insinuation derrière. Contrairement à ce que vous semblez penser... Mais quelle insinuation ?
C'est une question très précise. Est-ce que les chrétiens d'Orient sont, selon vous, éligibles à l'asile ou non ?
Je n'ai pas souhaité par le passé que les chrétiens d'Orient soient accueillis en France. C'est pour ça que je vais vous répondre. Je suis pour faire en sorte que ces communautés puissent être protégées dans leur pays, puissent rester sur place, puissent éviter de disparaître, évidemment, comme c'est le cas aujourd'hui dans de très nombreux pays, notamment en majorité musulmane, où elles sont souvent persécutées et maltraitées. Donc, moi, je suis pour que les gens puissent rester sur place et vivent dignement dans leur pays d'origine. Donc, je ne vous mettrai pas en difficulté là-dessus, parce que je suis très cohérente.
Maintenant, là où ça nous interpelle, c'est qu'il y a, derrière ce cas aussi, manifestement, il n'y a pas de revendication, ou en tout cas de motif terroriste de ce que dit aujourd'hui la justice. Il y a la question aussi du traitement psychiatrique de cette personne. Vous savez qu'il y a eu des études qui ont été faites, notamment par l'Office français de l'intégration et de l'immigration. Madame Maréchal, pardonnez-moi,
sur le sujet que vous développiez juste avant, si vous me permettez, je pose une question dans cette émission. Mais c'est bon, juste finir ça,
et après je vous réponds. Non, mais je m'intéresse à ce que vous dites, la preuve que je vais vous interroger là-dessus. C'est pour répondre à monsieur Duhamel.
Ça veut dire que le droit d'asile, typiquement, qui est un honneur pour la France, a priori, selon les textes, vous vous dites non. C'est-à-dire que cette minorité qui est menacée, comme toutes les gens qui sont menacés en raison de leur religion, de leur croyance, de leur appartenance à une communauté, vous ne voulez plus les accueillir.
Je reprends mon raisonnement. L'Office français de l'intégration et de l'immigration explique qu'il y a aujourd'hui à peu près 36% des migrants qui seraient frappés de problèmes psychiques ou psychiatriques.
Ce qui veut dire qu'il y a, à travers aussi cette immigration, un risque non négligeable, évidemment ces statistiques étant bien au-dessus des statistiques qu'on constate chez les Français qui sont à peu près autour de 10%, qu'il y a donc une aggravation, évidemment, du risque sécuritaire, avec toutes les difficultés, par ailleurs, d'intégration que cela pose, quand on accueille ce type de personnes dont on sait qu'elles sont dans une fragilité et une vulnérabilité particulière qui entraîne une dangerosité. C'est simplement ce que je voulais préciser parce qu'il me semble que ça doit être pris en compte sur le reste. Maintenant, sur le droit d'asile, les choses soient très claires.
Je ne suis pas du tout pour le droit d'asile tel qu'il fonctionne aujourd'hui. C'est-à-dire que je suis pour revenir à la lecture originelle du droit d'asile tel qu'il est présenté notamment dans le préambule de la Constitution de 1946, dans notre Constitution nationale, qui explique que c'est un droit qui est offert aux personnes qui sont persécutées en raison de leur action pour la liberté. C'est-à-dire, pour faire très simple, en réalité, initialement, c'était les combattants de la liberté. Ça veut dire les gens qui étaient persécutés pour des raisons politiques.
Donc, les minorités menacées de mort reprochent en Moyen-Orient, les chrétiens d'Orient, ne font pas partie de cette catégorie.
Pardonnez-moi de vous dire aujourd'hui, M. Duhamel, que si nous devions considérer que l'asile est ouvert à l'ensemble des personnes qui sont discriminées, persécutées, qui souffrent d'un accès aux soins, comme c'est le cas aujourd'hui, ou dans un pays en guerre, nous devrions potentiellement accueillir autour de 250 millions de personnes, à minima, pour ne parler que des zones en guerre. Donc, c'est évidemment une lecture qui est absolument insoutenable pour la France. Et vous le voyez bien, preuve en est, entre les années 2000 et aujourd'hui, on est passé de 38 000 demandes à 168 000 demandes. C'est une explosion avec tous les coûts que ça induit.
Pire encore, c'est aujourd'hui une filière d'immigration clandestine, parce qu'au-delà des personnes qui viennent demander ce droit d'asile, dans les règles telles que nous les connaissons, c'est aujourd'hui un système qui est utilisé pour pouvoir rentrer sur le territoire français, s'y maintenir légalement le temps de la demande et évidemment espérer, ce qui est le cas dans la majorité des cas, ne jamais être expulsé du territoire. Vous savez combien de demandes d'asile ont été acceptées en 2021 ? Oui, tout à fait. La majorité sont déboutées. Il y en a près de 80 %. Combien de personnes
la France a accueillé au-dessus de l'asile ?
C'est le chiffre exact en l'occurrence, mais 80 % des personnes sont déboutées. C'est 54 000.
Vous considérez que 54 000 personnes, c'est 250 millions, comme vous évoquez ?
Et combien quitte véritablement le territoire ?
Là, 54 000 de gens à qui on donne l'asile.
Oui, d'accord. Et combien quitte véritablement le territoire sur ceux qui ont été déboutés ? Il y a 12 % des personnes qui reçoivent une obligation de quitter le territoire qui aujourd'hui quittent véritablement le territoire.
de submersion, de déferlement du fait de l'asile qui serait dévoyé. 54 000 personnes en 2021 ne peut pas considérer. Sur 66 millions de Français, c'est totalement ingérable.
Mais quand vous avez aujourd'hui, parce que vous, vous parlez de ceux qui ont obtenu le droit d'asile. Moi, je vous parle de ceux qui, en parallèle de l'obtention du droit d'asile, qui est déjà très large, parce qu'en fait, initialement, le droit d'asile, il est pensé pour quelques centaines de personnes. Au-delà des personnes qui l'obtiennent aujourd'hui, en plus de tout le reste, parce qu'on parle du droit d'asile, on pourrait parler de l'immigration familiale. Mais tout ça se cumule, ça ne s'efface pas, ça ne se soustrait pas. Ça se cumule. Il y a toutes les personnes qui ne l'obtiennent pas, donc la majorité, 80% en sont déboutées, et à l'issue de ce refus de l'État...
On a du mal à renvoyer chez eux.
...qu'on ne renvoie pas, en fait, tout court. Je veux dire, la réalité, c'est qu'il y a 12% de l'occupé qui sont impliqués.
Sur ce sujet, en gros, pour résumer les choses, vous, l'asile, vous voulez revenir à une version que vous dites originelle. Donc, en gros, les gens qui veulent fuir
les combattants de la liberté...
Mais ce n'est pas une question de nationalité. Je viens de vous le dire, c'est les combattants de la liberté, donc des gens qui vont être persécutés pour des raisons politiques
en faveur de leur action politique. Maintenant, il y a des règles, à mon avis, très précises à mettre en place. Il y a, en effet, les critères. On vient d'en parler, à l'instant, on va revenir à une lecture beaucoup plus stricte. Il y a, bien évidemment, le fait de, comme en Australie et au Danemark aujourd'hui, si vous rentrez clandestinement sur le territoire français, vous ne pouvez pas déposer de demande d'asile. Voilà, ça veut dire que le fait d'être en état de clandestinité vous ferme toute cette possibilité.
Le fait, ensuite, que ces demandes se fassent, le traitement se fasse à l'extérieur de nos frontières, c'est-à-dire que les demandes se fassent auprès des consulats français dans les pays d'origine ou les pays limitrophes pour éviter, justement, ce dévoiement aujourd'hui du droit d'asile qui est utilisé comme une filière d'immigration clandestine.
C'est le sens des propositions de la présidence suédoise de l'Union Européenne et des textes qui sont adoptés en ce moment. C'est-à-dire que vous soutenez ces propositions. Georgia Méloni, qui est plutôt une de vos partenaires, je veux dire les choses ainsi, en Italie, se dit favorable à ces textes.
Alors, Georgia Méloni, en effet, était à la manœuvre pour tenter de durcir les règles au niveau européen. Un texte, un compromis, semble-t-il, sorti du Conseil européen. Alors, tout de même insatisfaisant, évidemment, puisque notamment l'Allemagne et la France, d'Emmanuel Macron, font tout pour éviter justement que des mesures plus drastiques soient prises. Il y a quelques avancées intéressantes, une fois plus sous l'égide de Georgia Méloni et de la Pologne, notamment, et de la Hongrie. Je pense notamment à un meilleur contrôle des frontières, le fait que les pays puissent, par exemple, définir la liste des pays sûrs vers lesquels renvoyer les personnes déboutées du droit d'asile.
Ce que vous dites, Jean-Baptiste,
c'est que votre principal partenaire, celle que vous portez au nu de Georgia Méloni, soutient le principe de relocalisation des migrants au sein de l'Union Européenne.
Moi, ce que je suis en train de vous dire, je suis en train de vous répondre. Donc, c'est une bonne idée. Moi, je suis en train de vous dire que non, en l'occurrence, moi, je ne suis pas pour ça parce que je ne suis pas pour qu'il rentre sur le territoire. Maintenant, ce que je crois et ce que je vois de la politique de Georgia Méloni, c'est qu'elle tente de faire avec les majorités qui existent. Je rappelle qu'une fois de plus, elle a la France et elle a l'Allemagne contre elle.
Ça veut dire que quand on est au pouvoir sur ces sujets, il faut en exiger.
Elle tente d'obtenir, évidemment, de ne pas porter seule le fardeau de l'immigration clandestine qui arrive pour des raisons géographiques, purement géographiques par son pays, mais qu'elle subit parce qu'en fait, la réalité, c'est que si aujourd'hui, l'Italie est submergée par l'immigration clandestine, c'est parce que la France, notamment, qui est une grande partie du pays, on va dire, de destination finale avec l'Allemagne et par le passé, évidemment, le Royaume-Uni quand il était encore dans l'Union Européenne, eh bien, évidemment, alimente, si vous voulez, cette immigration clandestine que l'Italie subit. Donc, elle cherche, bien sûr, à soulager dans l'immédiat son pays.
Il est évident qu'elle aurait aimé aller beaucoup plus loin, mais une fois de plus, elle a l'opposition de la France et de l'Allemagne sur ces sujets.
Une ou deux réactions venant de votre parti à ce drame. Quand Éric Zemmour dit au sujet du mise en cause qu'il se déclare chrétien comme on se déclare homosexuel, est-ce que ça veut dire qu'il doute du fait qu'il soit chrétien ? Est-ce que ça veut dire qu'on se déclare homosexuel comme ça ? Est-ce que c'est homophobe ? Est-ce que ça veut dire qu'il ne croit pas à l'histoire de ce sujet ?
Je pense qu'il fait référence à un certain nombre de témoignages qu'il y a eu, notamment de la part de dirigeants de grandes ONG qui participent finalement de cet accueil des migrants et de cette prise en charge des migrants, notamment en Méditerranée, qui expliquent qu'ils incitent ces fameux demandeurs à mentir sur leur situation. À mentir sur leur situation. Pourquoi ?
Parce qu'ils savent qu'il y a des critères qui sont plus ou moins favorables et que donc, s'ils annoncent notamment qu'ils font partie de communautés chrétiennes, dans un certain nombre de pays où ces communautés sont persécutées, parce qu'il faut savoir qu'aujourd'hui, c'est la religion la plus persécutée dans le monde, c'est un moyen pour eux de faciliter leur accès. J'imagine qu'il fait référence à ça, mais je ne vois pas du tout ce qu'il y a d'homophobe à dire cela. Il fait référence aussi au fait qu'aujourd'hui, le fait d'être homosexuel dans certains pays vous offre mécaniquement le droit d'asile et qu'il y a de ce fait-là des abus, c'est indéniable.
Même si on est menacé de nors parce qu'on est
sexuel ?
Mais pardon, monsieur, mais ce qui est extraordinaire, c'est que j'ai le sentiment qu'on n'avance pas d'un pouce. C'est-à-dire que vous constatez aujourd'hui tous les méfaits qu'il y a à travers l'immigration clandestine, tous les chiffres nous démontrent, pardon, et on va y revenir si vous me donnez un petit moment, qu'il y a aujourd'hui un lien entre immigration et l'explosion de l'insécurité. On a des enfants qui viennent de faire poignarder dans une ère de jeu et on continue de considérer qu'il n'y a absolument rien à remettre en cause. Non, pas du tout. On essaie juste de vous... C'est pas la question qu'il faut continuer avec la politique migratoire qui est la nôtre.
Quand on est homosexuel, on n'est pas éligible au droit d'avis. Non, mais je suis en train de vous dire, monsieur,
que... Je vous demande si on peut faire une généralité sur l'homosexualité. Il y a des pays comme la France où on peut être, Dieu merci, homosexuel, et il y a des pays où on est menacé de mort si on l'est.
Ça ne m'aura pas échappé. Ça ne m'aura pas échappé. Je suis simplement en train de vous dire que malheureusement, vu l'État aujourd'hui de la France, vu l'archipélisation de notre société, vu le communautarisme, vu la difficulté d'intégration des populations étrangères et des descendants immigrés, vu les conséquences sur le plan sécuritaire, aujourd'hui, ça n'est pas responsable et ça n'est pas raisonnable vis-à-vis des Français et de leur protection de continuer de nous expliquer que la France doit accueillir toutes les formes de discrimination dans le monde, être le refuge finalement de toutes les formes de violence, de toutes les situations de guerre.
Même économiquement, ça n'est plus viable. Une question rapide.
Guillaume Pelletier, l'autre vice-président de Reconquête, avait tweeté à 11h26 jeudi, à peu près deux heures après le drame, en pressant le gouvernement d'agir, je cite, contre l'immigration de masse et l'islamisme conquérant. Quel est le rapport entre l'islamisme conquérant et ce qui s'est passé à Lensi ?
Pardonnez-moi, il a parfaitement raison. Il n'est pas en train de dire que l'homme en question était islamiste. Il est en train de dire... Pardonnez-moi,
quand on tweet deux heures après contre l'islamisme conquérant,
Je vous dis pourquoi il a répondu à ça. Il n'y a pas de lien qu'il fait entre les deux ? Il y a, une fois de plus, en parallèle dans les rédactions, une petite musique qui s'est faite entendre aussi, qui a très largement appuyé sur le fait que cet homme était issu d'une communauté chrétienne, tout en laissant entendre en parallèle... Non, non, non, non, je ne parle pas de vous, pourquoi vous vous sentez visée ? Vous avez le numéro 2
de Reconquête qui, deux heures après le drame, presse le gouvernement d'agir contre l'islamisme conquérant. Là, pardon, mais l'amalgame et cette idée qui a été projetée sur le profil de l'assaiance...
Non, non, on ne s'arrête pas là parce que je veux répondre à ça. Excusez-moi, je dirige encore cette émission comme je le souhaite, Madame Aréchal. Pardonnez-moi de vous dire quand même qu'aujourd'hui, il y a une tentative d'équivalence entre ce cas, évidemment dramatique, et le terrorisme islamiste en France. Comme si, en fait, ce n'était pas le terrorisme islamiste, mais le terrorisme, en général, religieux. Je dois quand même vous rappeler qu'aujourd'hui, il n'y a pas de Daesh catholique, il n'y a pas de kamikaze catholique, il n'y a pas de cinquième colloque chrétienne. Et donc, évidemment, il y a en parallèle un risque terroriste islamiste qui reste très important.
Et donc, Guillaume Pelletier a raison de dire, les deux sujets aujourd'hui en France, c'est l'immigration et c'est le terrorisme islamiste.
La suite de BFM Politique en direct sur BFM TV dans quelques secondes. La suite de BFM Politique avec Marion Maréchal. Madame Maréchal, trois photos apparaissent. Vous allez pouvoir en choisir deux. Vous allez voir Chayna, Bernard Cazeneuve et le cas du C, l'ordre des médecins. Quelle première photo choisissez-vous ?
Chayna.
L'ancien petit ami de Chayna a été condamné à 18 ans de prison, reconnu coupable d'avoir poignardé, brûlé vive la jeune femme de 15 ans qui était enceinte. Condamnation qui a provoqué la colère de la famille de Chayna. L'excuse de minorité n'a pas été retenue. Le coupable avait 17 ans, je le précise évidemment, au moment des faits. Faut-il remettre en cause l'automaticité de cette excuse de minorité ?
Cette affaire, c'est un martyr, c'est un calvaire, c'est une faillite générale de la société, je le dis. Cette jeune femme, jeune fille a été violée en groupe à 13 ans. Elle a été assassinée et brûlée vive à 15 ans. Entre-temps, elle a vécu un enfer, c'est-à-dire de harcèlement, de menaces, de peur, sans que personne ne l'ait protégée. On vient d'avoir la décision scandaleuse en effet de 18 ans de réclusion sans retenir cette excuse de majorité qui aurait dû évidemment sauter au regard de minorité, au regard de la barbarie de l'acte, de la préméditation de l'acte qui est évidemment très réfléchi manifestement en amont.
Mais cette excuse fait débat, est-ce que vous êtes pour réfléchir à l'automaticité de cette excuse de minorité ?
Moi, je considère que s'il ne doit plus aujourd'hui y avoir d'excuses de minorité dans ce genre de cas, bien évidemment. C'est-à-dire que face à ce genre d'actes, objectivement, on n'est plus face à des enfants. Il faut arrêter. Je rappelle par ailleurs que ça veut dire qu'en l'état actuel de la peine, il y a de grandes chances que cet homme sorte avant ses 30 ans. Manifestement, vu l'état de défaillance totale de ses valeurs, principes, je pense qu'il est évidemment dangereux pour la société et on en a moins parlé.
Mais il y a eu également la condamnation il y a quelques semaines des fameux violeurs requalifiés en agression sexuelle d'ailleurs, qui étaient également mineurs et qui ont agressé China. Et bien eux, figurez-vous, qu'ils n'ont eu que de la prison avec sursis. Même pas de la prison ferme. Pardonnez-moi de vous dire qu'il y a quand même une faillite générale de la justice qui est absolument désespérante. Et je dois dire que la famille et le frère est d'une dignité parce que vraiment là, il faut s'attendre un jour à ce que les familles réagissent et se fassent justice eux-mêmes. C'est ce qui finira par arriver, je crois.
Il y en a deux photos, Bernard Cazeneuve ou le cas du CER en tentant l'ordre des médecins.
Bernard Cazeneuve, c'est vrai.
Il se lance, a priori en tout cas, il lance son mouvement, ça s'appelle la Convention avec, certains disent, en ligne de mire 2027 de l'élection présidentielle. C'est une menace pour Eric Zemmour en 2027 ?
Je ne crois pas, mais ça m'a rajeuni quand j'ai vu le lancement de la Convention. Il y a une espèce de petite musique de Laurent Woulzy. On a vu réapparaître François Hollande. Ça nous a rappelé des bons souvenirs. Ce qui m'a frappé, c'est l'expression qu'il utilise. Il dit, c'est le grand orphelinat. Et je pense qu'il a raison parce qu'aujourd'hui, le père et la mère de la gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon et c'est Sandrine Rousseau. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, la gauche woke, pro-immigration, anti-républicaine, anti-laïque, islamo-gauchiste, comme on dit par chez nous, en l'occurrence, a complètement pris le pas sur cette gauche, on va dire, républicaine à l'ancienne.
Et je crains malheureusement que cette démarche de sa part reste sans lendemain. Alors, cette gauche, comme vous dites,
elle s'est mobilisée aux côtés d'autres parties, parfois avec lesquelles elle n'est pas du tout d'accord, contre la réforme des retraites. Je pense au Lyot, qui proposait une loi visant à abroger du départ à 64 ans. C'était jeudi. Évidemment, tout ça a été un peu exlipsé par le drame qui a eu lieu à Annecy. Le texte, l'article contenant l'abrogation a été retiré en vertu de l'article 40 de notre Constitution. Est-ce que vous avez suivi ce débat de près ou pas ?
Alors, j'ai suivi en tout cas ce qui s'est passé en termes de rupture, de tradition au sein du fonctionnement de l'Assemblée nationale. C'est vrai que c'est quand même assez dérangeant au-delà du fond du texte de voir qu'aujourd'hui, il y avait quand même, on ne peut pas rentrer dans le détail, mais c'est le Conseil constitutionnel qui contrôlait la constitutionnalité des lois et on évitait justement de sanctionner, de censurer en amont pour permettre les textes, pour permettre justement aux oppositions de s'en emparer et qu'il puisse y avoir un débat parlementaire.
Il y a eu une rupture du fait de la présidence macroniste dans cette pratique admise et acquise et c'est vrai que c'est très inquiétant. C'est une dérive autoritaire ? Non, je n'irai pas jusque-là parce que de fait, il y a un respect des textes. Mais derrière les textes, il y a la lecture qu'on en fait, il y a la pratique. Ce qui est vrai en revanche, c'est qu'il faudra être attentif parce que ça ouvre une brèche à la possibilité dorénavant que la présidence macroniste se décide des textes qu'elle veut voir arriver ou non dans le débat parlementaire et donc je comprends que ça choque surtout sur un texte aussi éruptif que celui-là.
Sur le fond justement, Éric Zemmour a dit, en fait, il a revendiqué la paternité de cette réforme des retraites sur le contenu, l'âge de départ, etc. Enfin, le besoin de faire la réforme. Un peu plus, on va juste nuancer que ça. Oui, mais bon, en général, c'est ce qu'il a dit.
Il a plus exactement dit qu'il était pour l'allongement du durée légale des retraites.
Je crois l'avoir entendu dire c'est maré fort.
Oui, mais il ajoute, en revanche, je considère que les prérequis n'y sont pas, puisque je ne sais pas si on aura le temps de le détailler, mais il considérait notamment qu'il n'y avait pas suffisamment de réponses sur la question de l'emploi des seigneurs et qu'il n'y avait pas suffisamment de réponses sur la question de la politique de l'emploi. Et surtout, il expliquait qu'il y avait aussi beaucoup d'oublis, notamment sur l'alignement des régimes publics privés.
Est-ce que vous demandez aux oppositions à ce texte de passer à autre chose ? Est-ce que selon vous, il faut avancer maintenant ?
De toute façon, je pense qu'il faut qu'on avance, ne serait-ce que parce que je crois que toutes les voix ont été épuisées de ce point de vue. Maintenant, si le Parlement a envie de restatuer, de revenir sur ce texte libre à lui, ce qui est regrettable, c'est qu'on voit bien qu'aujourd'hui, l'Assemblée, en réalité, contrairement à ce qu'on a pu espérer malgré cette diversité, n'est pas en vérité un vrai lieu de pouvoir.
Ça veut dire qu'on reste quand même sur une mainmise très forte de l'exécutif et je trouve que c'est regrettable que le président, de ce point de vue-là, n'ait pas acté, qu'il n'avait pas de majorité et qu'il n'ait pas accepté d'ouvrir plus de dialogues avec les autres membres et les autres groupes. Maintenant, ce que j'espère, c'est qu'il puisse y avoir justement une politique sur ses prérequis. Ça veut dire que pour que cette réforme fonctionne, on attend maintenant qu'il y ait une véritable réponse sur la question de l'emploi, notamment l'emploi des seigneurs,
sur la question
de la réindustrialisation, notamment. Et donc là, peut-être pour essayer de compenser justement ces manques qui vont rendre cette politique inopérante si rien n'est fait.
Marie-Marie Rachel, le compte YouTube du vidéaste d'extrême droite, Papacito, a été fermé à la suite de menaces contre un maire du Tarn-et-Garonne dans le cadre d'un conflit entre habitants. Ce YouTuber, Papacito, avait qualifié le maire, je cite, de fouine à chasser ce maire qui a été placé sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort. Est-ce que vous soutenez cette décision de fermer son compte YouTube ?
Je n'ai pas vu la vidéo en question. Moi, de toute façon, je suis de manière générale contre toute forme évidemment de violences ou de menaces politiques pour en avoir fait moi-même régulièrement l'objet ou mon école par exemple qui a été régulièrement saccagée parfois avec les étudiants dedans sans que ça n'offusque personne. Donc là, le principe, il est très clair. Maintenant, je n'ai pas regardé en détail si c'était sous l'ordre de l'humour parce que je crois
que pour ceux qui nous regardent, je crois qu'en l'occurrence,
cet influenceur est plutôt quelqu'un qui est en fait plus un comique en réalité qu'un homme politique de ce que j'ai compris. Donc maintenant, attention à l'équilibre, c'est toujours pareil. Quand on qualifie un maire de fouine à chasser dans le cadre d'un conflit de post-marche, c'est pas très drôle. fouine à chasser, manifestement, ça relève plus de l'humour qu'autre chose. Maintenant, ce que j'ai envie de vous dire, de ce que je vois du style du personnage, maintenant, ce que je vais vous dire, ça recoupe avec ce qui est en train de se passer notamment à Annecy. On a vu une énergie du gouvernement déployée pour empêcher la diffusion de la vidéo, de l'attaque à Annecy.
Et ce, pour le coup, sur le principe de manière légitime parce qu'il est logique qu'on évite que des contenus choquants ou violents puissent être accessibles à des mineurs, même si cette censure n'a pas toujours eu lieu en l'occurrence dans la presse. Mais ce qui est surprenant, si vous voulez, c'est toujours dans ce genre d'affaires le deux poids, deux mesures. Ça veut dire que là, on a eu une énergie incroyable qui a été déployée avec une rapidité phénoménale pour censurer cette vidéo.
on aimerait avoir autant d'énergie sur la question de la pornographie, par exemple, sur la question du harcèlement en ligne, sur la question de l'islamisme dont on sait qu'il prospère aussi très largement sous forme de propagande sur les réseaux sociaux. On voit bien, en fait, derrière ce deux poids, deux mesures que ça, c'est politique. Voilà. Et que quand on avait... Je croyais que c'était pas politique, je croyais que c'était un humoriste. Je suis en train d'élargir le sujet sur la question de l'équilibre entre justement la censure et la politique.
Vous avez un.
Non, mais pardon.
Celui qui se qualifie d'humoriste qui, rappelons-le aussi, avait, pendant la campagne présidentielle, tiré sur l'effigie d'un électeur de Jean-Luc Mélenchon en disant...
Je suis en train de vous expliquer le deux poids, deux mesures. Ça veut dire que là, quand on a cette énergie sur cette censure-là, en parallèle, étonnamment... Mais donc, c'est de la censure, pas ? Quand on avait eu la vidéo, par exemple, qui était insupportable aussi, disons-le, de l'agonie de George Floyd, je n'ai pas vu la censure. Voilà. Donc, c'est-à-dire qu'en fait... Quel est le sens de ce que vous dites ? Le sens de ce que je suis en train de dire, c'est qu'en fait, manifestement, il n'y a pas la même énergie qui est émise selon les types de contenus d'où il y a et les conséquences politiques qu'on peut en tirer.
Ce que je suis en train de vous dire, c'est que vous mettez sur le même plan à l'instant
une vidéo de quelqu'un que vous qualifiez vous-même d'un humoriste
et d'un homme, et de vous expliquer la différence entre le traitement de la vidéo d'Annecy et de la vidéo de George Floyd. Alors, disons que la même énergie est émise. Et je vous dis qu'il y a une différence, manifestement, dans la réactivité qui est faite dans le fait de censurer cette vidéo qui, semble-t-il, est plutôt sous l'ordre humoristique quand, en parallèle, des contenus qui sont aussi extrêmement violents, venant de l'extrême-gauche en particulier, eux ne sont jamais censurés ou jamais poursuivis. Donc, je veux dire que ce qui est insupportable, c'est ça.
C'est qu'on a le sentiment que quand c'est un contenu qui déplaît ou que ça vient de certains influenceurs plutôt qualifiés à droite, immédiatement, il y a une intransigeance totale, une réactivité totale. C'est surtout que si on est élu
et qu'on passe sa journée à pleurer des larmes de crocodile sur les violences contre les élus et qu'ensuite, on ne fait rien contre cette vidéo, il y aura une forme de pardon. Je vous dis juste
le deux poids, deux mesures. Voilà, c'est juste ça. Je le note maintenant une fois de plus. J'ai pas vu la vidéo, mais s'il y a appel à la violence, de toute façon, c'est puni par la loi. Je veux dire, si vous avez un appel à la violence ou un appel au meurtre qui est caractérisé, normalement, la justice condamne. Maintenant, ce qui est un peu problématique, c'est que ce n'est pas toujours suivi d'une condamnation judiciaire. C'est souvent le fait du prince.
Tout à l'heure, vous avez vous-même dénoncé le contexte, la société qui évoluait et la violence qui s'installait, les violences aux élus, les menaces. Vous m'avez dit en antenne en être vous-même parfois victime. Vous l'avez dit à l'antenne également. Vous en êtes parfois vous-même victime. Le maire de Saint-Brévin a dû démissionner parce qu'il était menacé, son domicile incendié. Sa successeur, au moment de son élection, il y avait encore une dizaine de militants d'ultra-droite qui étaient devant, menaçant avec des fumigènes. Il y a ce type d'action qui s'est multiplié. Le siège de l'Office de l'immigration a été également pris à partie.
Des gens devant le siège de l'Office de l'immigration ont déversé du liquide rouge s'apparentant à du sang. Qu'est-ce que vous dites de ce contexte et de la multiplication de ce type de mouvements, d'insultes sur les réseaux sociaux ? De manière générale.
On a eu la conversation à plusieurs reprises avec Benjamin Duhamel de manière très approfondie. Ce que j'ai toujours dit une fois de plus, c'est que le principe de la violence politique est insupportable d'où qu'elle vienne. Maintenant, il y a quelques cas que vous citez, mais je dois quand même vous dire qu'aujourd'hui, il ne me semble pas que ce soit des militants d'extrême droite qui violent, qui tuent, qui agressent des policiers, qui font des tentatives d'assassinat sur eux dans les manifestations, qui brûlent des poubelles au pied des immeubles au risque de voir des familles. Mais ça n'a rien à voir. Ah si, ça a à voir.
Mais pardon, mais si ils commettait ce type d'action, nous vous interrogerions un sujet. Là, ce n'est pas le cas. Je vous parle de questions de précision. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que vous allez me parler des violences d'ultra-droite. Très bien, il y a eu des manifestations qui ont été interdites, qui n'étaient pas des manifestations violentes, d'ailleurs, vous en conviendrez. Elles étaient désagréables, c'est le moins qu'on puisse dire. Elles étaient ridicules à certains égards. Elles étaient condamnables pour certains des slogans, mais il n'y a pas eu de violence.
Maintenant, ce que je suis en train de vous dire, c'est que si les violences, si tant est qu'elles viennent de là pour parfois sont condamnables, bien sûr, le vrai sujet aujourd'hui, et c'est pour ça que je ne veux pas qu'il y ait de détournement ou d'équivalence qui soit faite, parce que ça me paraît grotesque et ça me paraît contre-productif pour répondre politiquement, c'est qu'aujourd'hui, la seule réelle violence politique qui existe, c'est la violence d'extrême-gauche qui est structurelle, qui est régulière, qui est massive et qui est même défendue et qui est même théorisée par l'extrême-gauche. On en avait parlé. La question que je vous pose,
pardon moi, mais la question que je vous pose...
Vous me mettez en accusation en me disant... À aucun moment,
je vous interroge sur le contexte et je vous ai même dit dont vous êtes vous-même victime. Je vous interroge sur le contexte. La violence, elle ne s'exprime pas forcément directement. Elle peut être aussi de la muleuse. Elle peut être sans cesse du harcèlement.
Je vous parle de ce contexte. Le seul camp politique aujourd'hui qui théorise la violence, qui la revendique, c'est la nupesse. C'est Jean-Luc Mélenchon qui invite dans son école de formation un intellectuel suédois qui s'appelle Andreas Malm qui théorise dans ses écrits le fait qu'il faut un flanc radical et que la violence politique est nécessaire. C'est le seul, lui et son camp, qui sont ambigus sur ce sujet. Contre les objets, contre les lieux. Nous concernant, évidemment... Et il va même un petit peu plus loin que ça. Il ne condamne pas le terrorisme sur le principe.
Je l'ai interrogé moi-même.
Il dit... Oui, mais c'est très intéressant si vous avez lu ses écrits. Il condamne pas le terrorisme sur le principe. Il dit que c'est inopportun à l'heure où on parle. Ce qui est quand même une nuance à souligner. Maintenant, ce que je suis en train de vous dire, c'est que la seule ambiguïté, elle vient de là. Nous concernant, il n'y en a pas. Et même, on va plus loin, on dit que rien ne doit justifier sur le fond la violence politique. Or, parfois, désolé de vous dire, il y a une forme, notamment dans les violences liées à tous les sujets écologiques, de la part d'une partie de la classe politique, voire d'une partie des médias, une forme de complaisance ou de recherche de compréhension.
Et je vous dis, quel que soit le motif, la violence, par essence, est insupportable. Juste, Mme Hachat,
pour que les choses soient très claires, à Saint-Brévin, ça a terminé, donc rappelons-le, l'installation, l'élargissement d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile dans une ville où, à la fin, le domicile du maire a été incendié, reconquête au début, était dans le mouvement d'opposition. On ne sait pas qui a incendié la maison, mais vous dites qu'il n'y a jamais de violence qu'il y a un mouvement massif d'opposition à l'installation d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile et ça se termine par l'incendie du domicile du maire, sa démission et son départ de la ville. Parfois, il y a aussi des contextes qui aboutissent à de la violence en l'espace à Saint-Brévin.
Est-ce que je peux vous poser une question ? Est-ce que vous considérez que les personnes qui ont manifesté contre la réforme des retraites étaient responsables des violences qui ont été conduites lors de ces manifestations par l'extrême-gouche ?
Non. Non, pas du tout. Il y a parfois des gens qui manifestaient à Saint-Brévin, des groupuscules d'ailleurs tellement radicaux que vous-même vous en avez solidarisé. Il y avait parfois des mots d'ordre qui pouvaient contribuer à un climat de violence.
Si vous considérez à juste titre que les personnes qui ont manifesté contre la réforme des retraites n'ont rien à voir avec les casseurs et les agresseurs, vous devez considérer légitimement que les personnes qui se sont opposées comme nous et nous continuerons à le faire à reconquête en toute légalité à travers ou des rassemblements ou des lettres aux habitants, pardonnez-moi, jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas illégal contre la répartition des migrants, n'ont pas à être assimilés à d'éventuels casseurs ou agresseurs. Voilà. Et moi, je ne tolère pas, on a déjà eu la conversation, le fait qu'il y ait une tentative d'intimidation qui consiste à dire oui, il y a un continuum.
En fait, parce que vous vous opposez à la politique migratoire du gouvernement, en fait, vous êtes des terroristes en puissance ou en tout cas, vous alimentez le terrorisme en puissance ou la violence politique. Non. Voilà. On a le droit aujourd'hui d'être le porte-voix des Français qui, je le rappelle quand même, sont très, très majoritaires à refuser cette répartition des migrants et la politique migratoire que nous vivons aujourd'hui.
Marine Le Pen n'a jamais été aussi haut dans les sondages. Certains sondages l'ont même donné gagnante potentielle en 2027. Vous ne regrettez toujours pas votre choix d'avoir quitté le Rassemblement national ?
Si je suis votre raisonnement, je devrais regretter de ne pas avoir rejoint Emmanuel Macron. Ah non, ça n'a rien à voir. Je parle de l'endroit où vous étiez. Si le seul critère c'est le score aux élections...
À moins que ce soit une information que vous avez aujourd'hui et que vous ayez été encarté à Renaissance ou à En Marche.
La question me semble absurde dans le sens que le critère qui est le mien, ce n'est pas le score aux élections ou ce n'est pas la victoire aux élections, c'est les idées. Oui, mais ce sont des idées que vous avez partagées
à un moment donné et que vous souhaitiez
voir arriver au pouvoir. Les idées que je défendais à l'époque ne sont plus tout à fait les mêmes que défend aujourd'hui le Rassemblement National sur beaucoup de choses et déjà... Il y a tellement de différences que vous suiviez à l'époque. J'avais déjà des divergences au sein du Rassemblement National et c'est pour ça d'ailleurs qu'aujourd'hui j'ai rejoint Éric Zemmour dans lequel je retrouve l'essentiel de ce que je défendais. C'est ça qui m'intéresse. Je participe à une aventure qui est très enthousiasmante parce qu'aujourd'hui c'est le quatrième parti de France qui est autour de 9% dans les sondages.
Il faut quand même le dire qu'il n'a fait que progresser depuis un an qui passait de 7 à 8 à 9 qui a la possibilité aux élections européennes non seulement d'avoir des élus mais je l'espère de remplacer la droite de compromission des LR par une vraie droite française de conviction qui serait nous. Vous serez tête de liste ou pas madame Maréchal ? Et donc à ce titre c'est très enthousiasmant. Ça n'est pas décidé. Ça n'est pas décidé. J'ai dit que je souhaiterais être tête de liste. J'ai dit que je voulais pouvoir être à l'Assemblée pour participer à la potentielle recomposition de la majorité à droite au Parlement européen.
Une chose que les républicains ne peuvent pas faire parce qu'aujourd'hui petit rappel quand même il siège avec la gauche et le centre au Parlement européen et on fait élire madame von der Leyen à la tête de la commission.
Éric Zemmour il n'a pas l'air pressé de choisir la tête de liste. Au fond c'est il se laisse jusqu'à la fin la possibilité d'y aller et s'il n'a pas envie c'est vous ?
Non pas du tout. Pas du tout. En l'occurrence il a été décidé que nous prendrions la décision et nous sommes en contact là-dessus dans les semaines à venir parce que nous voulons avoir tous les éléments en tête et définir ensemble le planning. Ne soyez pas trop impatients vous le saurez en temps et en heure. Parce que et je conclurai par là si nous voulons réussir aussi un jour à convaincre nos partenaires d'une coalition des droites victorieuse comme dans le reste des pays européens il faut que Reconquête soit suffisamment fort à ces élections pour forcer les partenaires à se mettre autour de la table.
Merci madame avec nous ce midi sur BFM TV. Voici Affaires suivantes Dominique Rizet Philippe Baudin je vous retrouve tout à l'heure à 18h. A tout à l'heure.
Marion Maréchal