Le plafonnement des arrêts maladie va "rigidifier les choses", regrette l’association de patients France Assos Santé
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« Un arrêt maladie ne peut plus dépasser un mois pour la première prescription et pas plus de deux mois pour chaque prolongation. »
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« Il y a des règles qui existaient et qui pré-existaient et qui sont toujours d'actualité. »
- 1:10InvitéFait
« C'est-à-dire qu'en gros, quand vous n'êtes pas ce qu'on appelle en affection de longue durée par maladie chronique, vous pouvez au maximum avoir 360 jours, je dirais, indemnisés par l'assurance maladie, par période de trois ans glissante. »
- 1:22InvitéFait
« Et quand vous êtes en arrêt maladie longue durée, ça peut aller jusqu'à trois ans. »
- 3:30PrésentateurChiffre
« Quasiment 18 milliards d'euros l'an dernier, c'est 7 milliards de plus en 9 ans. »
- 3:39PrésentateurFait
« Et le nombre d'arrêts de travail a considérablement augmenté ces dernières années. »
- 3:45InvitéFait
« En termes de nombre d'arrêts de travail, il n'y a pas d'atypite par rapport aux autres pays équivalents, je dirais, à la France. »
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« Il y a aussi un vrai problème depuis quelques années où on a une augmentation des difficultés en termes de santé mentale. »
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« Les plus avancées pour justifier les arrêts de travail les plus longs, il y a les troubles musculosquelettiques et, justement, la santé mentale. »
- 4:33InvitéPromesse
« Or, la santé mentale, il faut prendre le problème à la cause, en fait, au départ. »
- 5:38PrésentateurFait
« Il y a aussi Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui lui dit qu'il faut carrément mettre fin à l'open bar des arrêts de travail. »
- 5:58InvitéFait
« Il y a eu beaucoup de, on va dire, de fake news autour des prétendus abus sur les arrêts de travail. »
- 6:04InvitéFait
« En fait, ce qui a été évalué, c'est qu'il avait été dit à un moment, presque la moitié des arrêts n'étaient pas justifiés. »
- 6:13InvitéFait
« C'est qu'en fait, il y a des personnes dont l'état de santé est tellement dégradé qu'ils ne peuvent plus de toute façon reprendre un arrêt de travail. »
- 6:33InvitéFait
« Des arrêts complaisantes, ça existe ? »
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Un serrage de vis à partir d'aujourd'hui sur les arrêts maladie. De nouvelles règles plus strictes entrent en vigueur. Elles ont été votées lors du dernier budget de la Sécurité sociale. Le but est de réduire les dépenses de l'assurance maladie. Ce nouveau système est-il désormais plus efficace et plus juste ? C'est la question du jour à 6h20 et elle vous est adressée, Féreuse Aziza. Bonjour. Bonjour. Vous travaillez chez France Asso Santé qui regroupe une centaine d'associations représentant les patients. On peut dire que vous êtes la voix des usagers de la santé. Vous y êtes conseillère nationale Mission Assurance Maladie. Alors je résume les nouvelles règles.
Un arrêt maladie ne peut plus dépasser un mois pour la première prescription et pas plus de deux mois pour chaque prolongation. Mais est-ce qu'on peut prolonger à l'infini ? Où est-ce qu'il y a une limite ?
Alors on peut prolonger plusieurs fois, ça c'est sûr. Mais de toute façon, même avant ça, il y avait déjà une limite. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les indemnités journalières maladie, elles ne sont pas possibles à vie. Il y a des règles qui existaient et qui pré-existaient et qui sont toujours d'actualité. C'est-à-dire qu'en gros, quand vous n'êtes pas ce qu'on appelle en affection de longue durée par maladie chronique, vous pouvez au maximum avoir 360 jours, je dirais, indemnisés par l'assurance maladie, par période de trois ans glissante. Et quand vous êtes en arrêt maladie longue durée, ça peut aller jusqu'à trois ans.
Mais donc, ça change quoi au final par rapport à l'ancien système ?
Ce que ça change, c'est le blocage de la prescription. Puisque là maintenant, par exemple, jusqu'à hier, je dirais, un médecin peut prescrire un arrêt maladie d'office pour trois mois.
Donc là, il faut retourner régulièrement au bout d'un mois et après tous les deux mois ?
Voilà, exactement. Il faut retourner chez le médecin pour prolonger les arrêts. Et vous, vous trouvez que c'est bien ? Parce qu'il y a des médecins qui se plaignent justement,
qui disent que ça va leur ajouter du boulot, que ça fera plusieurs consultations au lieu d'une, d'ailleurs que ça coûtera plus cher. Essentiellement, disent-ils, pour faire de l'administratif. Et évidemment, on se pose aussi la question des déserts médicaux. Vous, vous en pensez quoi ?
Bien sûr. Nous, ce qu'on en pense, c'est que c'est une règle en fait qui est extrêmement rigide et qui n'individualise pas les situations, ce qui est complètement absurde. Autant pour des problématiques de santé très aiguës, je ne sais pas, vous faites une entorse, il y a des choses où il existe d'ailleurs des recommandations d'une durée d'arrêt de travail. Mais autant pour des pathologies de longue durée précisément, c'est une règle qui est complètement absurde. Voilà. Je ne sais pas, vous avez une maladie chronique sur la durée, que ce soit même un cancer, un cancer, un diabète, n'importe quelle maladie, une insuffisance respiratoire ou rénale, etc.
où votre situation de santé peut fluctuer, où vous pouvez avoir des situations à un moment donné qui vous mettent dans une situation où forcément vous aurez besoin d'être arrêté pendant une longue durée. On le sait par exemple, vous avez été greffé des poumons, vous sortez de votre greffe des poumons. On peut se douter que potentiellement, il va être nécessaire de vous arrêter pendant quelques mois avant de pouvoir récupérer votre activité professionnelle. Or, cette règle qui a été imposée, en fait, elle rigidifie les choses. Et effectivement, ça crée un engorgement des rendez-vous médicaux pour des raisons qui n'ont pas lieu d'être.
Et puis, des complexités administratives aussi, y compris pour les patients.
Féreuse Aziza, la réalité, c'est quand même que ces arrêts maladie coûtent de plus en plus cher à l'assurance maladie. Quasiment 18 milliards d'euros l'an dernier, c'est 7 milliards de plus en 9 ans. Et le nombre d'arrêts de travail a considérablement augmenté ces dernières années. À quoi est due cette hausse ?
Alors, déjà, il faut savoir que la France n'est pas inatypite du tout par rapport aux autres pays. En termes de nombre d'arrêts de travail, il n'y a pas d'atypite par rapport aux autres pays équivalents, je dirais, à la France. Par contre, ce qui existe et qui existe partout, c'est qu'on a une augmentation de la population vieillissante active. Puisque les règles de travail, vous voyez bien qu'on doit travailler de plus en plus longtemps, la retraite est reportée. Donc, il y a des personnes plus âgées et mécaniquement, il y a plus de pathologies chroniques. Et on a aussi un gros souci, et ça, ça apparaît dans les données de l'assurance maladie, sur la santé mentale.
Il y a aussi un vrai problème depuis quelques années où on a une augmentation des difficultés en termes de santé mentale.
Et d'ailleurs, parmi les causes les plus avancées, je suis désolée, je vous coupe juste 30 secondes, les plus avancées pour justifier les arrêts de travail les plus longs, il y a les troubles musculosquelettiques et, justement, la santé mentale.
Et oui, tout à fait. Or, la santé mentale, il faut prendre le problème à la cause, en fait, au départ. Parce que là, c'est une espèce de restriction et de sanction. Or, pour la santé mentale, c'est la prévention. Et le problème, en fait, sur une politique qui est basée sur la restriction, c'est qu'on ne regarde plus, finalement, la source de la problématique, qui est plutôt la prévention. Et la prévention, c'est à la fois la prévention de la santé mentale d'une manière globale, mais aussi la santé mentale dans l'entreprise. Il y a un vrai sujet aussi de prévention au travail, de la santé au travail.
Une vraie problématique sur les services de santé au travail, qui ont quand même beaucoup moins de moyens de plus en plus. Et surtout, quel accompagnement ont fait ces personnes ? Comment on accompagne pour une reprise au travail ? Et nous, ce qu'on constate au niveau des associations aussi, c'est des vraies difficultés d'aménagement des postes. Parfois, il y a des nécessités d'aménagement des postes qui sont préconisées par la médecine du travail y compris, et qui ne sont pas suivies, pour plein de raisons diverses et variées. Et ça, les personnes, du coup, se retrouvent obligées d'être en arrêt maladie, faute d'avoir un aménagement raisonnable suffisant.
Mais pour vous, il n'y a pas d'abus, c'est ce que dit le Premier ministre Sébastien Lecornu et tous ceux qui ont défendu cette réforme. On l'attendait, on s'est un peu étrambé. Il y a aussi Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui lui dit qu'il faut carrément mettre fin à l'open bar des arrêts de travail. C'est juste une formule qui claque ou c'est quand même une réalité ?
Écoutez, il y a eu beaucoup de, on va dire, de fake news autour des prétendus abus sur les arrêts de travail. On a entendu à un moment donné la moitié des arrêts de travail. Alors, justement, c'est ce qu'on dit des chiffres. En fait, ce qui a été évalué, c'est qu'il avait été dit à un moment, presque la moitié des arrêts n'étaient pas justifiés. Or, ce n'est pas tout à fait ce que dit les contrôles. C'est qu'en fait, il y a des personnes dont l'état de santé est tellement dégradé qu'ils ne peuvent plus de toute façon reprendre un arrêt de travail. Ce n'est pas qu'ils ont, on va dire, qu'ils ont simulé une maladie. Ce n'est pas du tout ça que ça dit.
C'est qu'ils sont tellement dégradés que de toute façon, ils ne peuvent pas reprendre une activité professionnelle et qu'ils seront orientés vers une invalidité, mais qui coûte de l'argent aussi à l'assurance maladie, en fait. Mais des arrêts complaisantes, ça existe ? Alors, ça doit exister. Je veux dire, on ne peut jamais affirmer que ça n'existe pas. Évidemment que ça doit exister, mais ça n'en fait pas la généralité du tout. Quand on regarde les contrôles des motifs d'arrêt de travail qui ont été effectués, la plupart sont tout à fait justifiés, sont indiqués comme tout à fait justifiés. Donc, il ne faut pas non plus faire de particularité, une généralité.
C'est ça qui est un peu dommage. Et encore une fois, il faut aller sur la prévention, surtout de ces problématiques-là.
Merci Ferreuse Aziza de France Asso Santé. Vous étiez l'invité du 5-7.