Face aux experts du lundi 23 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h30, bienvenue Philippe Ballard sur ce plateau, vous êtes député de l'Oise, porte-parole du Rassemblement National. Nous sommes toujours en direct de Matignon, M. Casbarian qui était au logement va se retrouver à la fonction publique et il est en train d'arriver pour ce petit déjeuner gouvernemental autour de Michel Barnier. Il manque notamment M. Lecornu qui lui reste aux armées, qui n'a toujours pas fait son arrivée à Matignon. Est-ce que cette équipe vous convainc Philippe Ballard ?
Bonjour, et bien visiblement on prend les mêmes et on recommence, c'est-à-dire qu'on ne change pas une équipe qui échoue parce que la plupart d'entre eux ont échoué depuis 7 ans et la plupart d'entre eux ont été battus au moment des européennes en juin et lors des législatives, ça fait quand même beaucoup. Il faut même rappeler d'ailleurs les chiffres parce que c'est intéressant, Mme Ayet, la liste macroniste...
Tiens M. Lecornu est là, M. Ballard, ministre des armées.
Ministre des armées, fait 14% et les LR qui étaient regroupés, parce qu'Éric Ciotti n'avait pas encore fait le pas et eu le courage de venir nous rejoindre, donc UNI il faisait 7%. Donc c'est ça, la Macronie, plus les LR, c'est 20%. Il y a 80% des gens qui ne se reconnaissent pas dans ce gouvernement.
Puisqu'on voit à l'instant M. Lecornu à l'antenne, est-ce que vous jugez normal qu'il y ait une forme de continuité dans la politique étrangère française et notamment sur des sujets aussi sensibles que la défense ?
Ça n'a pas été le plus mauvais, on va dire, M. Lecornu. Non mais là, après, c'est assez pathétique ce à quoi on assiste. C'est-à-dire qu'on reconduit des gens qui ont échoué. Ils sont tous Macron-compatibles et on le voit d'ailleurs dans le budget, les premières feuilles que l'on examine, c'est symptomatique. Le budget qui augmente le plus, c'est notre contribution au budget de l'Union européenne. Nous, on est pour une diminution, là il augmente.
Mais le budget attaché à Matignon, plus à l'Élysée.
Oui mais là, pardon, mais c'est de la... Non mais, oui d'accord. Je vais vous dire, Pascal Péry, ça ne va pas changer les 3 200 milliards de dettes. Et l'an passé, le PLF, la charge de la dette comme l'on dit, c'était 48 milliards d'euros. Projection pour 2027, ah non, c'est quasiment 80 milliards. 2027, c'est 80 milliards. Alors que ça soit rattaché à l'Élysée à Matignon, ça montre sûrement l'urgence de la situation. Et il y a urgence dans la situation.
On prend les mêmes et on recommence, c'est pas vrai. Il y a quand même 2, même 3 faits politiques majeurs. C'est-à-dire que, vous venez de le dire, Éric Ciotti vous a rejoint, ça c'était pour les législatives de juin. Le nouveau Front Populaire s'est constitué. Et puis on a aussi une alliance, et c'est bien la première fois, entre les macronistes et LR. Laurent Wauquiez a levé le pouce. Ça c'est nouveau. On a quand même 11 ministres LR. On a Bruno Rotaillot qui n'est pas quelqu'un de centre droit. Ça c'est totalement nouveau quand même dans ce qui est en train de se passer.
M. Rotaillot qui il y a quelques temps disait, on n'est pas Macron compatibles. Bon, bah visiblement ils sont devenus entre temps Macron compatibles. Et M. Wauquiez qui nous disait il y a quelques jours, jamais on ne rentrera dans une coalition.
Mais si ça c'est pas une nouvelle donne Bruno Rotaillot finalement sur un certain nombre de choses. Il voulait la suppression, ou en tout cas la modification de l'AME. Il voulait le durcissement de la loi sur l'immigration. Est-ce que finalement Bruno Rotaillot il va pas dire ce que vos électeurs ont envie d'entendre ?
Alors, il y a les paroles et les actes, comme l'on dit. Parce qu'il faut bien comprendre une chose, il faut que les téléspectateurs comprennent une chose. Si on ne change pas la constitution après un référendum organisé sur l'immigration. C'est le projet de Marine Le Pen de 2022. Référendum, on pose des questions précises. Acquisition de la nationalité française, regroupement familial, etc. Et en vertu de ce référendum, on modifie notre constitution pour nous mettre à l'abri des jurisprudences qui nous viennent de la Cour européenne des droits de l'homme, de la Cour de justice de l'Union européenne.
Jurisprudences sur laquelle s'appuient les magistrats, qui dans beaucoup de cas sont d'un laxisme total et complet. Donc tant qu'on ne changera pas notre constitution pour nous mettre à l'abri de ces jurisprudences, on n'y arrivera pas.
Bruno Rotaillot ne peut rien faire, selon vous, si on vous suit.
Mais on fera ce qu'a fait l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Darmanin, avec son projet de loi sur l'immigration, il y a quelques mois. On l'a voté. Passé au Conseil constitutionnel, il a été raboté. Il ne restait plus rien. Parce qu'on n'avait pas modifié la Constitution.
Oui, mais vous l'avez voté parce que vous pensiez, à vos yeux, que ça allait dans le bon sens.
Oui, mais c'est notre boussole. Vous savez, moi, la phrase de Marine Le Pen, je l'ai retenue, c'était en juillet 2022. La première réunion de groupe, elle nous a dit, vous n'aurez qu'une seule boussole dans vos votes. C'est, est-ce que ce texte va dans l'intérêt de la France et des Français ? Si ça va dans l'intérêt de la France et des Français, même si le compte n'y est pas, et là, il n'y était pas avec ce projet de loi sur l'immigration de M. Darmanin, quand même, il y avait des choses qui allaient dans le bon sens. On l'a voté. Mais si on ne change pas la Constitution, on n'y arrivera pas.
Un cas de figure très simple, les OQTF, parce que ça a été un grand sujet, obligation de quitter le territoire français. Les Algériens ne veulent pas les reprendre quand il s'agit de l'Algérie, de citoyens qui ont la double nationale. Bon. Comment ferez-vous ? Alors, on arrête d'acheter du gaz à l'Algérie, on ronde nos relations diplomatiques avec eux, quels sont les leviers ?
C'est déjà un peu le cas, d'ailleurs. Il n'y a plus d'ambassadeurs d'Algérie en France. Non, mais il y a toujours des relations diplomatiques. Oui, mais bon. Mais quelle arme disposons-nous, concrètement ? Alors, déjà, quand on dit OQTF, en fait, obligation, ce n'est pas tellement une obligation. On demande gentiment aux gens, est-ce que vous auriez l'obligence de quitter le territoire français ? Et puis après, il s'égaille dans la nature, on ne sait pas où il passe. Mais après, c'est un bras de fer. C'est vrai, ça sera un bras de fer, ça va tanguer. C'est-à-dire plus de visa, par exemple.
Et puis la coopération économique, on l'arrête, vous savez, on verse 800 millions d'euros à l'Algérie, tous les ans, au titre du développement économique. Et après, on va voir Bruxelles, on leur dit, vous arrêtez la coopération économique, puis tous les flux financiers, Western Union et autres, on les bloque aussi. Et on verra.
Mais vous savez, ce que c'est passé entre l'Espagne et le Maroc ? Vous avez vu que l'Espagne a été en bisbille avec le Maroc. Le Maroc, du coup, a laissé passer les migrants à Ceuta, à Mélila. Et l'Espagne a été obligée de revenir. Il y a des réalités aussi dans les rapports de force entre les pays. Oui, il y a des réalités,
mais il n'y a pas de volonté politique pour l'instant. S'il n'y a pas une volonté politique, si on ne va pas au bras de fer, on n'y arrivera pas. Alors, je ne vous dis pas que c'est un chemin... Il y aura un prix à payer. Il y a deux choses sur l'immigration que vous dites qui sont intéressantes.
La première, quand vous dites que, en gros, vous essaierez d'interdire d'une façon ou d'une autre que les immigrés algériens ou de toute nationalité en France envoient ce qu'ils gagnent dans leur pays d'origine pour faire vivre une partie de leur famille. Donc, qu'est-ce que vous espérez par là ? Parce qu'en gros, soit il y a le regroupement familial, soit les familles restent là-bas. Mais si les familles restent sur place, il faut quand même bien qu'elles puissent bénéficier, justement, de l'argent que gagnent leurs maris, leurs cousins, leurs frères en France. Et la deuxième question, c'était sur ce que vous étiez sur la Constitution.
Le bouclier constitutionnel ne vous met pas à l'abri de ce que décidera la Cour européenne des droits de l'homme sur la conformité du droit français au droit européen.
Si, regardez ce qui se passe en Allemagne, à la Cour de Karlsruhe. Alors, eux, ils ont appris se me développer sur tout ce qui est financier et économique. Et ils bloquent des projets. Non, non, pas du tout. La Constitution, c'est le bouclier suprême. Sur le droit d'asile, vous avez quand même... C'est le bouclier suprême. Voilà. Mais attendez, alors, vous parlez du droit d'asile, on n'est pas pour la suppression du droit d'asile, sauf que les demandeurs d'asile, parce que quand M. Barnier, hier, disait, regardez ce qui se passe au Danemark, au Royaume-Uni, en Allemagne, des pays sociaux démocrates, les Allemands, ils renvoient des Afghans en Afghanistan, quand il y a eu des peines de...
Oui, mais ils le font, voilà. Et les Danois, ils ont un droit dérogatoire depuis Maastricht 1992, où ils ont le droit de faire un petit peu ce qu'ils veulent. Nous, on est pour. En ce qui concerne le droit d'asile, les demandes d'asile déposées dans les ambassades et les consulats, voilà. Et pas arrivés en France, 150 000 demandes d'asile par an, et en fait, à l'arrivée que vous... Ce que vous soyez déboutés ou pas, vous restez sur l'international.
Philippe Ballard, dans un instant, vous allez nous dire, s'il vous plaît, ce que vous faites de la censure. Cette équipe que vous critiquez vertement ce matin, est-ce que vous allez la censurer ou pas, et dans quelles conditions ? Vous allez nous répondre, s'il vous plaît, dans une minute trente. A tout de suite. Philippe Ballard, député Rassemblement National, porte-parole de son parti et face aux experts, ce matin en direct dans le 6-9 sur LCI. Monsieur Ballard, depuis le début de cet entretien, vous êtes très, très critique de cette nouvelle équipe gouvernementale, qui est d'ailleurs arrivée, vous l'avez suivi avec nous à Matignon, pour un petit déjeuner gouvernemental.
Pourquoi alors n'allez-vous pas censurer immédiatement, automatiquement ?
Marine Le Pen et Jordan Bardella l'ont dit. Alors déjà, il y a la personnalité de M. Barnier. Donc quelqu'un qui est sympathique, vous ne le censurez pas ? Non, mais c'est pas sympathique. C'est pas de la sympathie ou pas de la sympathie. C'est qu'il respecte les 11 millions d'électeurs du Rassemblement National. Bon, et après, mais là encore, Marine Le Pen, Jordan Bardella l'ont dit. On va écouter le 1er octobre, le discours de politique générale du Premier ministre. On va ensuite regarder, examiner, discuter, amender le budget. Mais oui, c'est un gouvernement qui n'est pas à l'abri d'une motion de censure qui n'est pas des lignes rouges.
Qu'est-ce qui vous fait dire, M. Ballard, qu'il respecte les électeurs du Rassemblement National ?
Si vous voulez, la censure, c'était directe avec Mme Castet, évidemment, avec M. Xavier Bertrand, qui est pourtant, alors a priori, toujours LR, enfin, qui, pardon, crache un petit peu à la figure des électeurs du Rassemblement National. Ça aurait été une censure. Pour d'autres noms, on a été très clair. Bon, voilà, il n'y a pas de censure. Alors, c'est quoi une ligne rouge ?
Soyons concrets, s'il vous plaît, pour les gens qui nous regardent. Vous dites ce matin, s'il y a une ligne rouge, nous censurons.
Fiscalité, par exemple, s'il y a des impôts pour les classes moyennes, les PME, les TPE, ça sera censure directe. Vous accepterez l'impôt sur les grandes fortunes, éventuellement ? Vous considérez que c'est légitime ? Nous, on a l'IFF. Pour faire très simple, pour ne pas embêter les téléspectateurs à cette heure-là, c'est en taxe la spéculation. D'accord. Pour les entreprises, comme pour... Oui, mais là, ce n'est pas votre programme qui est appliqué. Ça, on l'avait remarqué, oui.
Oui, mais donc, du coup, la question de Pascal Péry, c'est de savoir si vous allez vous opposer en taxe sur les grandes entreprises.
Vous avez quelques Français qui gagnent plus de 600 000 euros. Il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a en France. Vous avez des entreprises du CAC 40 qui ont plutôt bien traversé la crise. La crise, d'ailleurs, a pu les enrichir sans qu'elle les cherchait. Est-ce qu'il faut les appeler à contribution ?
Alors, tout est dans le mot. Se sont enrichis, en fait, à l'issue de leur plein gré. Vous avez un exemple ? Oui, mais c'est très simple.
L'énergie, le prix du pétrole augmente, les profits des pétroliers augmentent. Mais ils n'ont pas fait exprès.
Oui, d'accord, mais enfin, ils ont fait autre chose. Les énergéticiens, la grande distribution, qui s'en est mis plein la poche parce qu'on avait fermé les commerces de centre-ville, ils ont fait ce qu'on appelle des sur-profits. Ce n'est pas des super-profits. Parce qu'une entreprise qui fait une découverte qui bénéficie à l'ensemble de l'humanité, ça peut être un accent, ce n'est pas un moyen de transport qui révolutionne et qui fait que c'est quelque chose de très bien. Évidemment, cette entreprise a ses profits explosés. Mais c'est sain, c'est normal. Donc, pourquoi les taxer ?
C'est ceux qui spéculent, qui ont gagné parce qu'il y a la guerre, parce qu'il y a même parfois une entente entre deux multinationales. Ça existe, on ne peut pas le nier. Ça, c'est taxé à 33%.
Ça, c'est l'affaire. Il y a en France une autorité de la concurrence qui est très compétente dans ce domaine. Mais comment vous délimiter ce qui est sur-profit ou profit surabondant ?
C'est la façon de le faire. Encore une fois, je reprends des exemples très concrets. J'ai pris une découverte qui permet de se déplacer sans polluer ou un vaccin qui va permettre de mettre à l'abri des centaines de millions de personnes dans le monde d'une maladie. Donc ça, si les profits explosent... Je vous prends un autre exemple, Philippe Bavard. Mais ceux qui font de la spéculation, on les taxe. Pardon, Philippe. Parle trop, c'est ça. Parle trop, Philippe.
Ce lapsus était gourmand, si je peux me permettre.
Philippe Bavard, j'avoue que je n'avais pas le mien. Philippe, mes excuses. Je parle d'EDF, par exemple. Alors, EDF, le prix de l'électricité sur la plaque européenne a augmenté. Ce n'est pas la faute d'EDF. Alors, c'est la faute du... Allez-y, allez-y.
Je voudrais qu'on avance. On ne va pas entrer dans le détail de chaque entreprise, s'il vous plaît, sur les profits. Vous voudriez avancer.
Non, mais c'est juste en une phrase. Ça, on sort du mécanisme de fixation du prix de l'énergie. On ne sort pas du marché de l'énergie, mais de ce mécanisme complètement débile de fixation des prix alignés sur le gaz. Voilà. Et les entreprises et les particuliers pourront vous en parler.
Mais pour bien comprendre ce que vous avez entendu hier soir dans la bouche de Michel Barnier sur les impôts, ça ne vous écorche pas les oreilles. Il n'exclut pas un impôt pour les plus riches. Ça, ça ne vous pose pas de problème.
On va attendre, encore une fois, le discours politique général et puis le budget. Si on s'attaque à la spéculation, oui, banco. Mais si on taxe... Parce qu'il y a une petite musique de fond, il pourrait y avoir un gel du barème de l'impôt sur le revenu. Oui. Alors là, ça, c'est la ligne rouge, là.
La ligne rouge, là. Ça contribuerait mécaniquement à faire augmenter les impôts, en tout cas les revenus pour les gens qui n'ont payé.
Donc ça, c'est la ligne rouge ? Donc les classes moyennes. Ah ben là, c'est un très, très, très mauvais signal. Oui, envoyé. Puisque là, on touche... Donc le gel, le gel, c'est la ligne rouge. C'est une ligne rouge. Bah oui, parce qu'on ferait rentrer les classes moyennes dans l'impôt.
Je voudrais également vous interroger sur les retraites. Alors le Rassemblement National va déposer dans sa niche, dépose dans sa niche une proposition d'abrogation de ce texte. Bon, vous pourriez avoir les voix de la gauche avec vous, dont vous dites là aussi le plus grand bien. Je suis ironique, évidemment. J'espère. Vous avez entendu M. Barnier dire je vais réfléchir à la manière de réformer la réforme des retraites. Je vais réfléchir à la manière de me pencher sur le sujet. Ça veut dire quoi ?
Ah ben, ça, il faut lui demander. Non, mais nous, c'est très clair. Il y aura un texte de déposé le 31 octobre. C'est la niche parlementaire du Rassemblement National. Niche parlementaire, c'est pour que les gens comprennent à 9h à minuit, c'est un groupe politique qui impose ses... Enfin, qui met ses propositions. Ses propositions, voilà. Donc nous, il y a deux mesures. Parce qu'on ne se berce pas d'illusions entre 9h et minuit. La discussion va être ardue. Donc on ne va pas reprendre le projet présidentiel de Marine Le Pen de 2022 qui est toujours d'actualité mais qui sera mis en place quand nous serons au pouvoir. Donc là, on revient à l'âge légal à 62 ans et on supprime les annuités.
C'est-à-dire, on repasse de 43 à 42 pour avoir un taux plein. Mais ça ne passe pas.
C'est-à-dire, moi, je fais les comptes...
Regardez cette image, pardon, Pascal, je vous interromps. Image en direct du tour de table de la nouvelle équipe de Michel Barnier. Tour de grande table. Ah, c'est ce que je voulais vous dire. On va écouter. Il faut couper les téléphones, mesdames et messieurs. Michel Barnier qui accueille son équipe. C'est-à-dire qu'il n'y a pas
le conseil des ministres. Le réunion des ministres...
Il le précise... Michel Barnier le précise puisqu'il y aura à peu près la même scène cet après-midi à l'Elysée, sauf que le président de la République se trouvera en face de la table.
Mais là, on comprend très bien pourquoi il a fait ça, Michel Barnier. C'est une façon de dire le chef, c'est moi. Et il dit bien que ce n'est pas un conseil des ministres. Une façon de dire que quelque part, c'en est un.
En tout cas, tout le monde est bien sage et attend que les échanges débutent. Pardonnez-moi, je vous interromps pour M. Ballard.
Vous parlez des retraites, on disait, Philippe Ballard, 62 ans, 42 ans d'annulée, vous faites les comptes comme vous voulez. Il y a d'abord la pyramide des âges et puis il y a la dimension strictement budgétaire. Ça ne passe pas. C'est 9 milliards. Ça coûte 9 milliards. Oui, ça ne passe pas en ce sens que soit il faut augmenter les cotisations, soit baisser les pensions.
Non, mais c'est à coup. C'est le programme de la présidentielle de 2022. On l'avait chiffré à 9 milliards d'euros. Mais en politique, on fait des choix. Mais par contre, on va faire des économies ailleurs sur la politique migratoire, sur la fraude fiscale, sociale, sur notre contribution au budget de l'Union Européenne. On en parlait tout à l'heure. Alors, ensuite, pour que ça soit très clair, c'est 62 ans, mais il faudra 42 annuités pour avoir une retraite à taux plein quand on commence à travailler après 20 ans. Si vous voulez, année après année. Si vous commencez à 24 ans, vous aurez une retraite à taux plein 66 ans.
Monsieur le député, juste dans le mot, vous appelez le Front Populaire à voter votre texte. On n'appelle pas. On leur dit juste soyez cohérent. Vous l'avez combattu et vous la combattez, cette réforme des retraites. Donc, si vous êtes cohérent avec vous-même, votez le texte que nous allons présenter le 31 octobre. Merci beaucoup, Monsieur Ballard.
On va être avec nous en direct sur LCI.
Philippe Ballard