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Conférence de presseParti socialiste (sur YouTube)· 16 septembre 2026 74 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileÉducation & rechercheSolidarités & familleInstitutions & élections

Face à la montée du racisme, comment reprendre l'offensive ? #FeteDeLHumanité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:07OuverteRéponse directe

    Comment caractériser la recrudescence actuelle des actes racistes et antisémites ?

  • 15:53OuverteRéponse directe

    Comment l'école est-elle traversée par la montée des préjugés et du racisme ?

  • 23:37OuverteRéponse directe

    La montée de la xénophobie est-elle uniquement nationale ?

  • 29:51OuverteRéponse directe

    L'Europe est-elle mal préparée à la montée de l'extrême droite ?

  • 37:50OuverteRéponse directe

    Quels leviers juridiques et associatifs activer contre les discriminations en ligne ?

  • 54:06OuverteRéponse directe

    Quelles mesures concrètes déployer dans le système éducatif ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:29Dominique SopoFait
    « l'extrême droite, elle n'a pas gagné l'élection présidentielle. Contrairement à ce qu'il nous est dit, l'extrême droite, elle gagnera l'élection présidentielle quand nous-mêmes nous aurons cru qu'elle allait la gagner. »
  • 58:30non_speechFait
    « Je pense aussi que notre système a des progrès à faire sur le droit effectif à la parole des élèves. »
  • 59:13non_speechFait
    « il faut absolument que on puisse mieux expliquer leur droit aux familles, qu'on rende absolument compréhensible les procédures de recours qu'un très grand nombre de familles ne connaissent pas ou connaissent mal »
  • 1:00:38non_speechFait
    « la République, ça n'est pas le séparatisme, ça n'est ni le tri. Encore une fois, c'est une société où chaque enfant, quel que soit l'endroit où il vit, quel que soit le milieu d'où il vient, il a le droit de réussir son parcours. »
  • 1:02:04non_speechFait
    « quand on voit que il y a énormément de gens notamment issus de classes un peu plus défavorisées qui mettent BFM toute la journée ou qui mettent ses news toute la journée et qui ne rapportent pas »
  • 1:04:15non_speechFait
    « les profs non plus ne sont pas euh enfin restent euh comment dire à l'image de cette extrême droitisation de la société. Nous sommes une profession qui reste encore globalement très ouverte »
  • 1:05:42non_speechFait
    « il y a cette espèce de tabou autour du fait que il y a des professeurs racistes qui du coup usent de leur position pour nuire à des élèves »
  • 1:07:52non_speechFait
    « quand on a des cas concrets, on doit faire preuve de fermeté et les peines doivent être exemplaires pour dissuader les autres de faire la même chose. »
  • 1:08:37non_speechFait
    « Moi on me l'a dit "Non, je vais pas vous louer parce que sinon vous allez faire venir tous vos cousins." »
  • 1:09:20non_speechFait
    « Je suis député, je me fais discriminer. »
  • 1:10:02non_speechFait
    « les gens qui disent "Oui mais tu comprends, faut faire attention, faut pas être communautaire parce qu'à un moment donné nous aussi on défend." »
  • 1:10:45non_speechFait
    « on ne transige pas avec les valeurs de la République et il y a pas à discuter sur ces questions-là. »
  • 1:12:59non_speechFait
    « Il faut lire leur programme et ce sont ces gens-là qui demain et bien peuvent mettre en place une école qui est une école du séparatisme avec des ghetaos de riches, des ghetaos de pauvres »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

[grognement] Donc on est très heureux pour cette table ronde d'avoir avec nous Daba Diob qui va animer cette table ronde qui est député des Yvelines et porte-parole du Parti socialiste. Yannique Trigans qui est conseiller régional et également secrétaire national en charge de l'éducation au Parti socialiste et Dominique Sopo qui est président de SOS racisme. Donc je vais tout de suite laisser la parole à nos trois intervenants et à notre animatrice pour pouvoir commencer cette table ronde. Merci beaucoup. Merci beaucoup Réy. Je suis très heureuse de partager cette table ronde avec Yannick Trigans. Donc mon collègue et ami, on siège ensemble au conseil régional.

il est il œuvre au sein du parti sur les questions d'éducation et puis bah évidemment de retrouver je crois que c'est un peu notre rituel à la fête de l'huma à Dominique et moi de nous retrouver sur cette table ronde. Donc Dominique Sopo qu'on ne présente plus président de des SOS racisme. On a voulu aborder avec vous la thématique de face à la montée du racisme, dans l'antisémitisme, de l'islamophobie, mais aussi de toutes les formes de discrimination. Comment en fait pouvons-nous reprendre l'offensive ? parce qu'on a parfois la sensation que tout ceci est un peu je dirais inéluctable et qu'on regarde finalement un peu médusé et un peu fatigué de tout ce qui se passe autour de nous.

Pour vous remettre un petit peu de contexte, on assiste à une hausse très préoccupante des actes et des discours racistes, antisémite, islamophobe qui sont évidemment alimentés, vous l'avez vu, par la banalisation des idées d'extrême droite et puis un climat politique et surtout médiatique, je dirais euh qui est de plus en plus polarisé. On a de plus en plus de discours qui sont discriminants et qui s'expriment avec de plus en plus d'aisance, phénomène particulièrement observé depuis le 7 octobre 2023 et puis aussi depuis les élections législatives de 2024.

Euh moi je me rappelle avec beaucoup d'effroids que ça avait pu libérer de paroles racistes et d'actes du coup discriminant de toute sortes lorsque certains se sont dit et bien Jordan Bardella va arriver à Matignon et et donc avec lui tout est permis. Et donc du coup face à la fragmentation de la société et aux attaques contre le vivre ensemble où ce qui s'exprime par des discriminations, des violence, bien la gauche et les forces républicaines, elles doivent sortir de la défensive. Et c'est un enjeu que on veut réaffirmer ici, c'est que nous sommes universalistes, nous sommes laïques et nous sommes les défenseurs de l'égalité.

Et en même temps, ça suffit pas de le dire, il faut aussi apporter des réponses politiques, juridiques, sociales et éducative concrète pour faire disparaître toutes ces discriminations. Je vous l'ai dit, beaucoup de beaucoup de hausses justement concernant les actes par exemple antisémite. on est passé enfin on a on est passé à 1676 actes antisémite en 2023 contre seulement c'était déjà beaucoup trop mais 436 en 2022. Donc en un an quand même une multiplication quasiment par 4 des actes antisémites donc soit une hausse de 284 %. Pareil pour une recrudescence des actes islamophobes et des violences racistes. Les faits antimusulman et les autres actes xénéphobes connaissent une hausse.

Les études de l'INC révèlent que 32 % des personnes de confession de culture musulmane déclarent subir des discriminations, des incivilités racistes et on est en dessous finalement de ce qui se passe en réalité parce que très peu portent plainte. C'est aussi ça qui minore le type enfin le la le recensement de ces actes, c'est que très peu de personnes lorsqu'ils subissent ces actes antimusulman ou de discrimination associé et bien euh c'est plus de 95 % des gens qui sont qui qui disent le ressentir et pourtant on a que 32 % de de taux de de plainte.

Et c'est aussi pour ça qu'on a demandé à Yannick d'être avec nous, c'est que cette violence, elle elle s'aggrave à l'école et en milieu scolaire. On pouvait penser que c'était un milieu plutôt protégé et on observe que malheureusement les actes de racisme, d'antisémitisme et cetera qui ont été signalés sur la plateforme valeur de République ont presque triplé. Donc pour atteindre près de 2800 signalements ces dernières années, plus de 50 % des incidents sont recensés dans les établissements scolaires et concerne des contestations d'enseignement, des injures racistes entre élèves ou encore des propos haineux qui visent des enseignants ou des camarades sur les réseaux sociaux.

Et je parle aussi de la plateforme Pharaos pareil où on a une augmentation de plus de 50 % des signalements. Donc tout ça dresse finalement un contexte assez assez anxiogène. Et du coup on va je voulais commencer par toi Dominique. Est-ce que tu pouvais comment est-ce qu'on peut caractériser cette recrudescence actuelle des actes racistes, antisémites, islamophobes et quelles sont les nouvelles formes en fait que prennent ces haines dans l'espace public et les réseaux sociaux et comment en fait cette décomplexion des discours d'extrême droite, pourquoi est-ce que ça fragilise finalement notre vivre ensemble ?

Et moi qui suis issu d'un quartier populaire, je trouve que ça participe aussi à beaucoup à des tensions dans dans nos quartiers parce que ça ça ça porte atteinte aussi à notre cohésion sociale. Ben merci pour l'invitation. Euh alors comment on peut expliquer qu'il y ait une montée des actes racistes et antisémites ? Je pense que en fait et ça renvoie à la question de reprendre l'offensive. Ça fait quand même de nombreuses années qu'il y a une forme de délégitimation des dynamiques de l'antiracisme.

J'étais tout à l'heure sur un débat sur le stand de SOS racisme et je rappelais queen fait depuis 2002 et l'accès de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, il nous a par exemple souvent été opposé le fait que il fallait arrêter de dénoncer le racisme du FN parce que c'est pas comme ça qu'on lutte contre le FN. Ben le résultat c'est que au bout de 20 ou 25 ans de cette stratégie très intelligente et bien qu'est-ce que ça produit ?

produit le fait qu'on a une extrême droite qui est aux portes du pouvoir et qui d'un certain point de vue structure le débat public avec ses idées racistes, antisémites, islamophobe, xénophobe et cetera parce que finalement la délégitimation des dynamiques antiracistes, soit par anti-antiracisme, soit par invisibilisation de la parole antiraciste et bien aboutit au fait que l'extrême droite arrive dans le débat débat public à prendre une place beaucoup plus importante, par ailleurs aidé par la structuration de toute une partie de l'arc informationnel par Boloret et cetera et par des glissements extrêmement graves que l'on peut voir dans une presse beaucoup plus mainstream.

Si vous lisez aujourd'hui le Figaro qui n'a jamais été à la pointe de l'antiracisme mais quand même enfin aujourd'hui on est quasiment si on regarde Figaro Vox c'est de l'extrême droite en réalité si vous regardez des titres comme le point et cetera, on est quand même au-delà du conservatisme aujourd'hui pour être plutôt dans du réactionnaire. Bon et on voit bien que lorsque il n'y a pas de voix antiraciste suffisamment légitimé, suffisamment, j'allais dire publicisé, et bien ça produit aussi une montée de une montée de l'extrême droite et et de ses idées.

Le deuxième élément, c'est que en fait paradoxalement la montée du racisme est aussi liée au fait que dans notre société il y a des avancées de l'égalité. C'est que aujourd'hui, ben il y a des Tabadiop qui sont députés. Hier, il y avait des Christian Tobira qui étaient ministres de la justice et que tous les combats pour l'égalité, on le on le voit bien dans le féminisme également et bien ça produit des baclashes, des gens qui disaient en fait ça suffit, ça va trop loin, ça va trop vite et il faut que ça s'arrête. Donc je pense qu'on est sur des luttes pour l'égalité qui entraînent leur propre, j'allais dire opposition par ceux qui ne supportent pas cela.

que il y a une forme d'invisibilisation de la parole antiraciste euh voilà qui favorise cela. Est-ce qu'il y a des nouvelles formes ? Je ne suis pas sûr parce que vous savez les formes du racisme c'est euh des insultes, des coûts et des meurtres. Ben c'est exactement ce à quoi aujourd'hui on est confronté. Par contre, il peut y avoir parfois une évolution dans le discours. C'est-à-dire que le discours raciste va parfois se cacher derrière par exemple la laïcité. He on voit l'extrême droite aujourd'hui. L'extrême droite c'està dire qui historiquement est l'ennemi de la laïcité. C'estàd que l'extrême droite son modèle c'est la catholicité.

Je rappelle que Vichi c'est une revanche sur l'affaire de Drefus et c'est aussi une revanche sur la loi de 1905. C'est-à-dire que ça n'est pas possible pour l'extrême droite. Et je rappelle quand même avoir en tête hein, quand on voit aujourd'hui l'extrême droite qui explique on va interdire le voile dans la rue, ce qui est un scandale par ailleurs et qui cible en plus évidemment des musulmans et des femmes, ce qui est pas le fruit du hasard non plus à l'extrême droite.

Je rappelle que l'extrême droite en 2004 prend position contre la loi contre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen font des sorti on est contre la loi mais ça ne l'aurait jamais opposé des m attendez vous venez aujourd'hui jouer les parangons de la laïcité c'est bien vous là qu'on voit sur les vidéos alors expliquez-vous parce qu'en fait on peut pas raconter tout et n'importe quoi et je trouve que de ce point de vue-là mettre l'extrême droite face à ses responsabilités de ce qu'elle a été historiquement elle est contre la laïcité elle est ultra libéral. Ça ne lui est jamais opposé. Quasiment Jean-Marie Le Pen dans les années 80 voulait qu'on l'appelle le Rean français.

Quand on voit Marine Le Pen, ah les la gauche et la droite on fait des politiques libérales. Tu dis "Mais tu rigoles ou quoi ?" Comment dire ? Vous expliquiez comment dire que c'est quasiment le communisme en France. Comment dire que c'était l'URSS ? les politiques qui étaient menées dans les années 80 et 90 par les gouvernements de gauche et aujourd'hui vous venez expliquer que vous vous auriez protégé la France de l'ultralibéralisme ou du libéralisme. C'est quoi cette blague ? Et donc je pense qu'il y a aussi une culture politique à avoir de ce qu'est l'extrême droite et une fermeté à avoir par rapport à eux.

Parce que moi je suis convaincu, j'en terminerai là parce que je suis quelqu'un de bavard, que l'extrême droite, elle n'a pas gagné l'élection présidentielle. Contrairement à ce qu'il nous est dit, l'extrême droite, elle gagnera l'élection présidentielle quand nous-mêmes nous aurons cru qu'elle allait la gagner. Je pense que dans notre pays, il y a suffisamment de force de sursaut, d'intelligence, de euh référence historique pour dire "Attention, là il y a un problème et là il y a un danger." Et je terminerai sur un point, c'est que on a un exemple grandeur nature qui est celui des élections législatives de 2024.

dans l'entre de tour alors que tout le monde disait que le RN allait gagner très opportunément à nouveau, il a pu être dit médiatiquement que le RN était raciste, antisémite, qu'il avait qui était complaisant avec les collabos. Bon, qu'il était antidémocratique et cetera aussi. Et comme par hasard, le fait de d'avoir tenu cette parole pendant une semaine, ça a produit des effets évidemment négatifs pour le RN, même si malheureusement euh ils sont quand même à un niveau historique aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Donc ça montre bien que être ferme, combattre, dire les choses, ça sert à quelque chose.

Et dernier point, vraiment pour le faire, il faut parler fort contre le racisme et contre l'antisémitisme. C'est pas la peine de tortiller. Je veux dire, à un moment donné, s'il y a des gens qui votent, c'est parce qu'il y a une demande de racisme. Les gens, ils votent pas RN parce que ils sont séduits par le discours du RN sur l'agriculture, hein. Bon, voilà, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Les gens, ils votent Rassemblement national parce que il y a une demande de préférence nationale. Il y a de la xénophobie.

Le Rassemblement national quand vous regardez son électorat, c'est le seul électorat, le seul dont la majorité des gens vous explique que des enfants d'immigraines ne sont pas des Français comme les autres. Le seul. Donc quand vous les interrogez, voyez bien l'univers mental de la xénophobie, de l'altérophobie. Alors ça ne veut pas simplement, ça veut pas dire qu'il faut insulter les électeurs du Rassemblement national, mais de dire le choix que vous faites, c'est un choix en conscience, donc vous assumez vos responsabilités. Il faut pas venir jouer le fait que comment dire c'est pas pour ça que vous votez.

Si c'est pour ça que vous votez et si c'est pas pour ça que vous votez, en tout cas, vous savez qui est ce parti et le fait de voter pour lui, ça veut dire que pour vous, le racisme de ce parti, l'affrontement à la République, l'affrontement à la Constitution et à ses garanties d'égalité, ce ne sont pas des choses suffisamment graves pour que vous ne votiez pas pour lui. Et donc ça c'est un problème parce queà force de ne pas rappeler les gens à une forme de hauteur, à une forme de dignité, à une forme, j'allais dire de responsabilité et bien à la fin ils avancent. Euh et moi je pense que ces derniers temps, on a vu beaucoup de sorties racistes.

Euh vous avez vu le policier de Carcasson euh dont la vie je rappelle quand même parce que mon dieu, il a tenu des propos racistes pendant 6h hein. 6h ça lui a pas échappé pendant 5 minutes quoi. Pendant 6h. Le mec qui dit bou et de façon en boucle he boule negre kirikou machin pendant 6h le mec et parce que ça s'est déclenché par hasard.

Ça veut dire que si ça s'était déclenché à un autre moment, ça se trouve ça aurait été pire parce qu'en fait ce monsieur manifestement tous les jours pour que par hasard on tombe suren fait il est tout le temps comme ça et que en fait c'est ça l'extrême droite c'est-à-dire c'est un esprit Merci président [rires] Dominique Sopo et et donc en fait Boris Vallot mon président de groupe qui prend soin de de [rires] nous merci beaucoup moi je crois que c'est très important ce que tu as dit parce que j'ai participé à un débat hier à la Gora où Michel Fer philosophe nous a rappelé ce que tu as dit, c'est que il faut arrêter de croire que celles et ceux qui choisissent le Rassemblement national le font parce que finalement ils savent pas vraiment ce qu'ils font.

C'est pas vrai. Il y a quand on voit finalement toutes les débordements racistes ouvertement xénophobe comme par hasard en fait il y a pas de hasard toujours chez le chez le RN. Et c'est ce que disait d'ailleurs Rokaya Dialo dans une confrontation avec Mathieu Valallé. Elle lui a dit "Excusez-moi mais il y a que chez vous qu'on sait où acheter des casquettes nazis. Donc faut arrêter de nous dire que il y a pas quelque chose dans votre idéologie qui conforte ces théories. raciste. Je le disais en introduction, l'école normalement devait être un peu un sanctuaire.

Et donc Yannick, comment est-ce que l'école elle est traversée par la montée des préjugés du racisme, du repli identitaire et quelement constate-t-on aujourd'hui dans la prévention et la formation des personnels éducatifs ? Parce que moi qui ai été enseignante pendant 26 ans et qui suis maintenant en disponibilité, moi je le vois, mes collègues souvent se sentent très démunis face justement au comportement des élèves et même des parents d'élèves et qui fait que parfois on se sent totalement démuni. Bon, bonjour à toutes et tous. Merci Dierba. Bonjour Dominique, très heureux de pouvoir échanger avec vous sur ces questions.

Euh je pense que la question des discrimination présente au sein de l'école parce que il y a des discriminations dont on parle peu finalement et je voudrais quand même les évoquer. D'abord rappeler que l'école républicaine, elle repose sur un principe qui est un principe fondamental qui est que chaque enfant doit pouvoir apprendre, progresser et construire son avenir sans être discriminé en raison de son origine, de son sexe, de son handicap, de sa religion ou de ses convictions, de son apparence physique ou de son orientation sexuelle, de son identité de genre ou de sa situation sociale. Et les discriminations traversent l'ensemble de ces champs.

D'ailleurs, ce principe, il est inscrit dans le code de l'éducation et il impose au service public de l'éducation de lutter contre les inégalités sociales, territoriales et de garantir la scolarisation inclusive de tous les enfants et de veiller à la mixité sociale au sein des établissements. Or, on le sait, on le voit, l'existence des discriminations dans et autour de l'école, c'est une réalité. Et donc la question, à mon sens, elle doit être posée à trois niveaux. Le premier niveau, ce sont les discriminations entre les élèves. Elles existent. Le deuxième niveau, c'est les discriminations qui peuvent résulter de pratiques institutionnelles. Elles existent.

Et le troisème niveau, ce sont les inégalités structurelles. Il faut le dire, que l'organisation du système scolaire peut contribuer à reproduire lui-même. Et donc, partant de là, je voudrais attirer notre attention collectivement sur le diagnostic parce que les discriminations, elles sont davantage présentes dans les perceptions des familles et elles sont plus présentes que ce qu'on que ce qu'on pense. Je vous donne un exemple. qui a une enquête du défenseur des droits qui a été publié en 2026 et qui apporte un éclairage extrêmement important. 35 % 30 Alors, il y a eu 1700 par anfants âgés de 6 à 23 ans.

35 % des parents déclarent qu'au moins un de leurs enfants a été victime de harcèlement scolaire et 16 % de cyber harcèlement. Plus significatif encore sur le sujet, un parent sur trois rapporte que son enfant a été traité différemment par l'institution scolaire elle-même, notamment en matière de notation, en matière d'orientation, en matière de discipline ou alors dans la manière dont les enseignants s'adressent à lui. Là, on est au cœur d'un sujet qui est un peu un sujet tabou mais qui existe quand on consulte les familles et les motifs évoqués sont extrêmement intéressants. Je vous les donne. Il y a le handicap ou l'état de santé.

Il y a la question de l'origine ou de la couleur de peau, la question de l'apparence physique, la question du milieu social, la question de la religion, la question de la nationalité, la question du genre et la question de l'orientation sexuelle. Donc là, on a le panorama de ce qui relève aujourd'hui d'un diagnostic qui est quand même évidemment inquiétant. 72 % des parents rapportent une inégalité de traitement sous des formes différentes tandis que 50 % de ce qui rapportent une inégalité traitement signal également du harcèlement. Et donc on voit bien qu'il y a une dérive de ce phénomène qui touche aujourd'hui la question du harcèlement à nationale.

D'ailleurs, le Parti socialiste, nous avons dans notre projet des propositions très spécifiques sur cette question et on voit bien que le champ des domaines, il est extrêmement large et il y a bien évidemment la question de de la religion, la question de la couleur de peau, des origines. C'est extrêmement présent sous les trois aspects que j'ai évoqué.

tout à l'heure et donc après on pourra dans la discussion évidemment il y a tout un tas de propositions il y a des dispositifs qui existent aujourd'hui mais on voit bien que ce sont des dispositifs qui restent quand même assez insuffisant et juste sur la question des leviers pour lutter contre je voudrais tout de suite le dire et le répéter la question de la formation des enseignants, elle est absolument fondamentale et pas seulement la question de la formation initiale mais aussi et surtout de la formation continue tout au long de la carrière. On a de jeunes enseignants qui arrivent de province.

J'ai en tête un enseignant un jeune qui est dans mon département de la scène Saint-Denis qui arrive de la Creuse qui se retrouve dans un établissement d'une ville de Saint-Senni. Je peux vous dire que il y a des sujets pour les aborder. Quand vous n'avez aucune formation, c'est quand même un peu compliqué à gérer. Donc la question de la formation des enseignants, on en reparlera peut-être tout à l'heure mais elle est absolument fondamentale. Voilà un peu pour le panorama et on viendra après sur la question des leviers parce qu'il y a pas que la question de la formation, il y a d'autres outils que nous proposons de développer. Merci beaucoup à à vous deux.

C'est vrai que dans le milieu scolaire, c'est un des gros problèmes, c'est effectivement la formation des des enseignants puisque on se rend bien compte que pour beaucoup, il y a pas vraiment de formation initiale si puisqu'on a on a supprimé les UEFM, vous arrivez vous ne vous n'avez jamais vu de classe de votre vie, donc vous vous retrouvez devant élèves. Moi j'ai eu beaucoup de collègues qui se sont retrouvés totalement déminis. Moi, j'étais au Valfor à Manc la jolie. Quand vous arrivez que vous n'y connaissez rien, se retrouver face à des élèves pendant 2h où bah vous avez juste votre cours mais vous ne connaissez pas finalement.

On ne vous a pas euh appris à gérer une classe, à justement comment on fait la mise au travail, comment il rentre, tout ça. Ce sont des choses qui effectivement tout au long de la carrière sont très importants. Je vais vous proposer qu'on ait un premier échange sur le diagnostic et ensuite on passera à la deuxième partie du débat et après encore une fois on vous passera la parole. Donc si vous avez des questions, des réactions, levez la main et je vous donne la parole. Allez, le plus dur, c'est le premier qui se lance sur le diagnostic, dites-moi. Ouais. Oui. Bonjour Clément Vet desin Pet.

La montée de la xénophobie, elle est pas uniquement nationale, elle est aussi européenne, elle est aussi internationale. Comment vous la ressentez ? Comment vous la traitez ? Et quelles sont vos analyses ? Parce qu'on n'est pas en vase clos au niveau national, c'est vraiment quelque chose qui est mondial et il y a une montée des tensions en ce moment, on va vers une confrontation probablement économique, militaire et cetera. Donc c'est aussi une vision internationale et je prendrai je deux exemples.

La montée par exemple, moi je regardais aujourd'hui le vote dans les dans les consulats au niveau des élections au niveau de la Turquie, vous avez une montée des du vote d'Erdogan qui est plus importante en France, en Europe qu'en Turquie. Et puis au-delà euh vous avez aussi une montée de l'extrême droite dans les autres dans d'autres pays partout à travers la planète. Donc c'est aussi euh comment on aborde ces questions au niveau international. Merci. D'autres questions ? Vouz répondre déjà. Allez-y.

Alors, c'est vrai que quand on regarde à travers le monde, on voit bien que l'Europe, l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud également avec quand même la bascule de toute une série de pays vers des pouvoirs d'extrême droite. On pourrait penser aussi à l'un de Narend Draudi ou à la Tunisie euh qui est quand même dans un dans une en fuite en avant raciste extrêmement grave avec ce racisme antinoir qui a été quasiment élevé au rang de politique d'état par le président en place pose la question au-delà de nos frontières. Je pense que d'abord on a des dynamiques qui se rejoignent, qui ne sont pas toujours forcément les mêmes, mais qui peuvent se répondre.

C'est-à-dire que en fait, je pense que dans toute une série de pays, je pense à l'Europe, à l'Amérique du Nord, on est sur des pays qui pendant très longtemps se sont le monde était à leur mesure, c'est-à-dire que le monde était contrôlé en fait par la puissance même coloniale pendant longtemps, même si tous les pays n'ont pas été des colonies, par la puissance financière, par le fait qu'on est dans un monde où finalement Les cultures sont extrêmement configurées par toute une série d'éléments culturels européens. Je veux dire, les grandes langues mondiales, ben c'est le français, c'est l'anglais, c'est l'espagnol.

Enfin, quand on est français, anglais, espagnol, on peut aller à peu près partout dans le monde sans avoir appris aucune langue. Euh et bah, en fait, c'est à notre mesure. Le temps, c'est le temps euh comment dire, c'est notre temps. Euh la semaine que l'on trouve partout dans le monde quasiment, même si dans d'autres pays, le temps est différent. Mais même dans ces pays-là, bah ce qui est, j'allais dire ce qui rythme le temps, bah c'est aussi cela. Et donc, je pense que on est quand même dans un monde occidental.

si tenter que ça a une réalité mais quand même euh pour lequel le monde a été à sa mesure et qui aujourd'hui est confronté à un monde ben d'où émerge toute une série d'autres puissances qui remettent aussi un peu en cause cette place extrêmement privilégiée que l'on pouvait que l'on p que l'on pouvait trouver normal mais qui de fait est remise en cause et qui n'a été d'ailleurs qu'une petite parenthèse dans l'histoire de de l'humanité. Donc je pense qu'il y a cette dynamique là qui peut exister. Euh qu'il y a également une dynamique euh comment dire ?

Il y a aussi des logiques de domino, c'est-à-dire que ou des logiques de miroir, les haines racistes qui circulent à un endroit, ben souvent vont légitimer en d'autres endroits d'autres haines racistes. Lorsqu'il y a un affaiblissement de la démocratie, on voit aussi comment l'affaiblissement de la démocratie prend prétexte ou entraîne des haines racistes quand il n'y a plus de terrain de la délibération, lorsqu'on n plus dans l'état de droit, lorsqu'on le théorise, et bien ça fait aussi queon est sur des dans des sociétés, dans des pays dans lesquels à nouveau la violence qui était contenue par le droit peut à nouveau s'exprimer.

Et regardez Donald Trump, c'est très intéressant, c'est que Donald Trump, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit, "Écoutez, tout ce qui encadrait les relations entre les individus et qui empêchait la violence de s'exprimer au-delà d'un certain niveau, quandb les États-Unis ont une société très violente quand même, enfin quand même euh le il y avait une régulation par le droit des relations entre les individus. Et bien moi je vous dis que tout ça c'est terminé.

Et bien le fait qu'un pays comme les États-Unis disent cela et le mettent en application euh vis-à-vis de l'étranger, on on le voit dans ces dans les relations internationales ou vis-à-vis des des personnes qui sont sur son propre territoire, on le voit dans le traitement par l'ICE, cette police anti-immigration de milliers et de milliers de personnes dans la violence. Et bien ça légitime aussi le fait et bien que ailleurs dans le monde ben l'absence de référence, la destruction de référence de l'état de droit, de la démocratie euh de du refus de la violence et bien ça se propage ça se propage également.

Donc je pense qu'on a des effets miroirs, qu'on a des effets dominaux, qu'on a une inquiétude dans le monde occidental, on pourrait dire, qui explique aussi comment on a une vague d'extrême droite quand même très forte en Europe sur les dernières années, même si elle est quand même pas univoque. Voilà comment je l'explique. Après les explications de ces phénomènes, après ce sera les historiens qui feront des thèses pendant plusieurs décennies pour nous dire pourquoi cela a existé. Mais en tout cas, en première analyse, c'est ce que j'en dis. Merci. Une autre question, tu veux pas répondre ? Allez, bonjour monsieur.

Je pense que quand même l'Europe est mal préparée à la montée de l'extrême droite. L'Europe en général est mal préparée à la montée de l'extrême droite. Je vais vous résumer ça en quelques en quelques mots. Quand on regarde par exemple la FD en Allemagne, et bien on tolère un parti comme ça, un parti néonazi ou Bertement au nom de la démocratie. Alors qu'on sait très bien que l'Dmocratie, c'est un parti qui a un passé nazi, qui confond le la remigration. En fin de compte, c'est un c'est un nettoyage ethnique comme disait le chancelier allemand qui se qui se base sur la couleur et de la peau des individus. Et je pense que s'il y a pas un frein, on va droit dans le mur en Europe.

On va se manger par l'extrême droite rapidement. Prenons un petit un exemple sur un petit pays, la Waloni, ils ont interdit l'extrême droite chez eux et ils s'enortent pas plus mal. La Wallonie, oui, ils ont interdit l'extrême droite chez eux. Ils ont même rompuatiques et les relations entre communes. Des villes comme Nice par exemple ont été rayées. Plus de 200 villes françaises ont été rayé des jumelages parce qu'elles sont à l'extrême droite. Bah je trouve que c ce petit exemple de la démocratie en en en wallis est très bon et moi je trouve qu'on devrait prendre des mesures plus sévères parce que sinon on va se faire bouffer tout cru.

Voilà ce que je voulais vous dire et ce que je vois je vois pas grand-chose hein. Et en France notamment c'est pareil. Imaginons la peine au pouvoir. Qu'est-ce qui va se passer ? Quelles sont les défenses ? Comment on va défendre cette démocratie ? L'extrême droite est arrivée en Allemagne par le vôtre. Appelez-vous le nazisme. On va droit ça me rappelle une sale époque et si on prend pas des mesures radicales, on va se faire manger. Je sais pas ce que vous en pensez mais moi je vois pas grand-chose arriver en ce moment. Merci beaucoup. Ouais, je je voudrais insister sur un point vient d'être évoqué l'extrême droit donc au niveau européen.

On vient de voir ce qui se passe en Allemagne lors de la dernière élection et je voudrais le mettre en lien avec la question de l'école parce que dans le projet de l'extrême droite, il est notamment écrit qu'il y aura des classes donc où les enfants seront triés et donc des classes avec uniquement des enfants en situation de Voilà. Oui, je disais que sur les 200 collèges qui ont les IPS, les indices de position sociale les plus élevés, il y en a 80 % qui sont des collèges d'enseignement privé sous contrat. Et dans l'école de la République, sur les 200 collèges qui ont les indices de position sociale les plus bas, on en a 98 % qui sont des collèges publics.

Et donc on assiste à un triocial, à un séparatisme qui va à l'encontre d'une société dans laquelle on considère que l'altérité, elle est absolument fondamentale pour les enfants parce que on prépare dès l'école maternelle, on prépare donc ces citoyens de demain et cette question de l'éducation à l'altérité, elle est absolument fondamentale et dans les discriminations, on voit bien la place qu'occupe le refus de l'autre. considérer que la différence ça n'est pas une chance mais que c'est un danger. Et donc cette question elle se pose de manière extrêmement forte.

Je prends un deuxième exemple, c'est aujourd'hui et l'institution quelque part est euh euh responsable sur la question de l'adxité sociale et scolaire. On va très bien. On a proposé au Parlement, je parle à côté de ma copine Dienba, les socialistes ont proposé une loi pour faire que et bien le financement public de l'enseignement privé sous contrat, c'est quand même quasiment entre 10 à 13 milliards par an, et bien que cet argent public soit conditionné à une mixité sociale au sein de ces établissements privés sous contrat qui ne respectent pas le code de l'éducation. Le 2e exemple, c'est la question de l'inclusion euh et donc des enfants en situation de handicap.

Euh vous connaissez la situation, il y a pas une salle de profs en cette rentrée scolaire où le sujet ne soit pas abordé. Et là, on a aussi un enjeu dans la lutte contre les discriminations. J'évoqué ce que l'Allemagne veut faire, l'extrême droite veut faire dans le l'état fédéral. Cette question de l'inclusion scolaire, elle se joue aussi en France où on a encore des milliers d'enfants en situation de handicap qui ne peuvent pas être du coup scolarisé. Et c'est aussi bien évidemment la question de l'accompagnement à la fois des personnels à mais également de la formation des enseignant comme je le disais tout à l'heure.

Donc là on est sur des discriminations qui sont un peu rampantes dont on ne parle pas forcément mais qui sont absolument fondamentales parce qu'elles renvoient au type de société que l'on veut pour aujourd'hui et pour demain. Merci beaucoup Yannick. Euh c'est vrai que c'est un des gros sujets qu'on a eu sur la rentrée, c'est effectivement le problème de formation des AESH. Et on sait que moi, ma qualité de député, j'ai beaucoup de familles qui viennent en dans ma permanence et qui me disent "J'ai un problème déjà pour faire reconnaître avec le dossier, les délais sont extrêmement longs.

La le la complexité du dossier fait que les familles mettent énormément de temps à comprendre quels sont les c'est aussi une forme de discrimination". C'est-à-dire que quand vous n'arrivez pas à remplir le dossier, que vous ne savez pas exactement qui est votre interlocuteur, comment vous pouvez faire valoir les droits de votre enfant à la scolarité, tout ça participe à de la discrimination parce que ce sont des enfants qui ne sont pas accueillis correctement. et j'ai reçu un collectif d'ESH. Elles nous ont dit nous il y a deux choses qu'on demande. La formation, c'est-à-dire que parfois on passe des entretiens le vendredi et on nous envoie en classe le lundi matin.

On ne connaît pas la pathologie ni les besoins de l'enfant qu'on va accompagner et donc parfois il faut 5 mois ou 6 mois pour avoir les informations sur l'enfant qu'elles accompagnent au quotidien. Donc ça aussi c'est un problème. Elles aimeraient avoir accès au GVCO pour que justement dans le dossier elles sachent bah il y a des enfants, faut pas les toucher. Il y a des enfants, faut pas les regarder dans les yeux. Il y en a d'autres et bien ils ont besoin de pouvoir euh sortir de la classe plus souvent que les autres et cetera et cetera.

Donc et je suis d'accord avec toi, faut former et les AESH et les enseignants qui ont vu se multiplier les cas d'enfants à besoins spécifiques dans leur classe. Moi, je l'ai vu en tant que adjunent à l'éducation. En 6 ans, on a eu quasiment le triple de cas à traiter euh justement pour l'accueil de ces enfants. Donc aujourd'hui, nous nous avons fait des propositions pour que ces enfants soient accueillis et la question de l'amicité sociale qui te tient à cœur et qui nous tient tous à cœur, c'est un vrai sujet.

Pourquoi est-ce que dans la carte scolaire, c'était une proposition que nous avions faite via Jonan Roland, pourquoi est-ce que dans la carte scolaire, il n'y a pas les justement les établissements privés sous contrat ? Parce que eux, ils trient et c'est pour ça qu'ils ont d'excellents résultats. Alors que nous, on prend tous les enfants de la République. Donc vu l'argent qu'on y met, on peut aussi se poser effectivement la question. Dominique, tu voulais ajouter ? Non, c'est bon. On va passer à la 2è partie. Reprendre l'offensive, c'est bien mais du coup il nous faut des solutions ou en tout cas des propositions concrètes. Dominique, je commence par toi.

Quel levier juridique et associatif à ton sens il faut activer pour faire appliquer strictement la loi face aux discriminations et à la haine en ligne et comment réengager la jeunesse dans le combat antiraciste ? Alors sur si on est sur la question des leviers euh juridiques, en fait euh en France, on a sur le papier une législation antiraciste qui est quand même relativement complète. Euh mais il y a un problème d'application. Par exemple, il y a quelques il y a 2 ans, Jamel Ben Jabala se fait tuer par un militant néonazie à côté de Dunkerk qui lui roule trois fois dessus. Ce militant néonazi le poursuivait de sa haine raciste depuis déjà plusieurs mois.

Ça avait donné lieu à plusieurs plaintes. Aucune n'a été instruite. Bon, peut-être que si elle avait été instruite, ça ne se serait pas terminé comme ça au passage. Et la justice, au moment où on se parle, refuse toujours de reconnaître la circonstance aggravante de racisme. Voilà concrètement ce à quoi on peut être confronté qui pose évidemment un problème parce que là il y a une défaillance majeure de la justice qui a pu éventuellement contribuer à la mort d'un homme et en plus il y a un signal d'absence de fermeté par rapport à la question du racisme.

Donc, il y a une problématique non pas simplement de loi existante ou pas existante, même si il y a toute une série de lois qu'on pourrait voter, je vais en dire un mot juste après, mais il y a une problématique d'effectivité de la loi et donc comment on forme les gens, comment on organise le service public, par exemple de la justice, comment on a des gens qui sont spécialisés sur les sujets de lutte contre les discriminations, sur les sujets de racisme, sur les sujets d'antisémitisme que parfois les gens gens ne comprennent pas.

Non, c'est des militants, des jeunes militants de donc la question de la lutte contre contre le racisme, l'antisémitisme, discrimination, quand on n'est pas formé, ben on peut passer à côté de ce que c'est, ne pas y être sensible, ne pas comprendre ce que ça fait parce que parfois on tombe parfois de notre chaise hein parce que tout ça a l'air évident mais ça ne l'est pas du tout. voir être douteux sur le sujet parce que les magistrats ne sont pas que des Martins Luther King non plus hein. Bon donc il y a tout hein évidemment. Donc il y a une question d'organisation de la justice de formation des magistrats par exemple.

Je parle même pas de la police où là on est encore à des niveaux bien autres mais qui montrent bien la problématique, c'est que en fait c'est une chose d'avoir une loi qui lutte contre le racisme mais quand vous avez une police qui dans ses comportements a comportements qui sont manifestement racistes, le contrôle aux facièes, la vidéo qu'on a vu, ça c'est quelque chose de banal parce que là il y a une vidéo mais les témoignages de policiers qui parlent comme ça, qui se comportent comme ça en parlant des administra en parlant de leurs collègues. Combien de témoignages on a nous de gens qui disent "Mais en fait voici ce qu'on nous dit et cetera et il y a une défaillance.

On est quand même dans un pays, c'est quand même extraordinaire. Il y a des cas de racisme dans la police régulièrement. Vous quand vous parlez à un ministre de l'intérieur ça n'existe jamais. Il y a pas de contrôle au faciè, il y a pas de racisme. Oh, parfois ça va un peu trop loin mais c'est des cas individuels. Mais non, c'est pas des cas individuels. Et la réponse c'est mais nous sommes en défense des policiers. Mais en fait, on parle pas on parle de vous. Vous qu'est-ce que vous faites en tant que ministre ? C'est pas qu'une question des policiers sur le terrain. S'il y a du contrôle aux facièes, c'est pas simplement quelque chose d'idéologique de la part des policiers.

c'est qu'il y a un problème d'organisation du service public de la police, qu'il y a un problème de philosophie de l'engagement de la force publique, qu'il y a un absence de retour sur pratique de qui on contrôle et pourquoi on le contrôle. Et ça c'est bien documenté. et donc une défaillance non pas simplement individuelle des policiers mais une défaillance de la politique publique de sécurité dans ce pays. Et donc ça évidemment ça n'est pas forcément une loi qui va le régler mais une politique publique qui s'intéresse à ces sujets et qui n'est pas simplement une politique publique qui fait une profession de foi en disant on est contre le racisme.

Moi, j'entends souvent des gens qui qui sont décisionnaires de politique publique, il disent "On est contre le racisme, pour autant ils font rien." Et pour certains d'entre eux, ils sont complètement racistes en vrai hein. Parce que il faut pas les laisser parler longtemps pour dire "Bon toi, le casque colonial, attends, on va faire une opération pour te l'enlever là parce que ça a l'air bien vissé quand même." Donc en fait, il y a une problématique de politique publique. On peut évidemment penser à des lois en plus.

Nous, on porte par exemple le fait que en matière de lutte contre les discriminations, la preuve, elle est très dure en matière de lutte contre de discrimination parce que la discrimination est un délit silencieux. On ne dit pas à quelqu'un bah toi tu es noir, je te je vais pas te louer mon logement. Alors il y en a qui le disent mais bon là c'est on est dans le dans le fond de cuve comment dire du chrétinisme. Mais en général les gens ils le disent pas. euh ou toi, je vais pas te donner un emploi parce que tu es arabe. Ça se passe pas comme ça. Juste on n' pas l'emploi, juste on n' pas le logement, on le constate mais en fait on n' pas la preuve.

Et puis d'ailleurs quand on n'est pas quand on n'est pas accepté, est-ce que c'est bien ça qui a joué cette fois-là ? Bah parce qu'il y aussi des blancs qui ont été refusés. Alors qu'est-ce qui fait dire que cette fois-là, c'est parce qu'on était noir ou arabe qu'on a été refusé ? C'est très dur en fait. On constate que c'est plus dur pour nous que pour les autres, mais en même temps la preuve bah c'est pas si évident que ça au passage.

Et donc puisque en fait la preuve elle est dure à rapporter, non seulement évidemment il faut alourdir, comment dire mieux former les magistrats, mieux accueillir les victimes, tout ça exactement, mais il faut aussi taper du point sur la table en disant en fait on sait qu'il y aura pas beaucoup de cas mais quand il y aura un cas, vous risquez gros. Et donc nous on propose par exemple que les entreprises qui sont condamnées pour discrimination raciale puissent faire l'objet de la part d'un juge d'une peine complémentaire d'interdiction temporaire des marchés publics.

Vous faites ça, je peux vous dire que buigfage et Vincy, je pense que en 2 mois vous avez des plans de formation contre les discriminations pour que si un jour ça arrive qu'ils sont chopés pour discret parce que ça peut arriver dans une boîte on contrôle pas tout le monde qui puis regarder ce qu'on a fait. Donc euh comment dire, on est quand même des goûts de gaill. Bon voilà, donc il y a aussi ce type de mesure euh qui peut être prise en plus évidemment de toute une série d'autres mesures qui euh renverraient à quelque chose d'une fermeté dans la lutte contre le racisme.

Euh par exemple le fait euh que les personnes qui sont euh condamnées pour injure raciste puissent être déclaré inéligible. hein. Aujourd'hui, il faut que ce soit de l'incitation à la haine. Une injure euh n'entraîne pas une peine d'inéligibilité. Bah, il faudrait que ce soit possible. C'est aussi un signal qui serait euh envoyé. Euh bon, voilà, aujourd'hui ces signaux malheureusement ne le sont pas. Euh voilà. Bon, voilà quelques mesures, quelques leviers en terme de politique publique, en terme de loi que l'on pourrait éventuellement faire voter et surtout c'est important d'être à l'offensive. D'ailleurs que les racistes, eux ils hésitent pas hein.

Eux ils proposent la préférence nationale hein. Eux ils avancent hein. Euh bon euh et eux ils reculent pas une seule seconde. On dit que le Rassemblement national soi-disant euh a lissé son discours et cetera, mais il a pas lissé ses propositions. Elles sont rigoureusement les mêmes. Et c'est même pire d'ailleurs, j'allais dire que du temps de Jean-Marie Le Pen, c'est que Jean-Marie Le Penit préférence nationale mais il avait rien de prêt. Eux tout est prêt dans les cartons.

En janvier 2024, le Rassemblement national a déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale une proposition de loi constitutionnelle de la mise en place de la préférence nationale qui va extrêmement loin dans la remise en cause de la Constitution telle qu'elle est aujourd'hui, de la hiérarchie des normes, de la neutralisation de toute une série de dispositions des des comment dire du droit international pour qu'on puisse dire non, on ne sort pas de la CEDH juste on dit qu'on a le droit de ne pas appliquer ce qui nous plaît pas. Bon voilà, c'est ça le Rassemblement national.

Donc il faut bien voir qu'il y a une offensive qu'ils n'ont pas changer et que donc ces gens n'ont pas changé sur leur proposition. il faut le savoir et il faut à contrar leur opposer quelque chose. C'est-à-dire que eux ils sont pour l'inégalité, ben nous on est pour davantage d'égalité parce que c'est ça une dynamique. Parce que si on n'est pas en dynamique, bah de fait juste de dire "Ah, c'est pas bien ce que vous faites." C'est non, non seulement c'est pas bien, mais nous on a un projet de société alternative qui n'est pas simplement de dire il faut garder la société telle qu'elle est.

La société, elle reste traversée par le racisme, par l'antisémitisme, par la xénophobie, par le sexisme, par les LGBT phobie. Il y a plein de choses qui restent encore ancré dans nos sociétés. Et de dire vous avez un projet de légitimation de ces haines. Et bien nous, nous avons un projet qui consiste à continuer à les combattre avec encore plus de vigueur parce que si on fait si on est tétanisé, si on fait du sur place et bien on n'y arrive pas. Dernier point, ce que tu demandais, comment on implique les gens ? Bah nous on milite. Il y a des jeunes qui militent. Bah voilà, il y a des jeunes qui rentrent de SOS racisme dans dans la salle. Ça va ?

Bon voilà, Kyan Edina, il y a Sacha qui est là. Bah nous on milite. Euh voilà. Euh Sacha il était à Ville-pinte quand nos militants sont fait agresser par les nazis qui étaient dans le meeting d'Éric Zemour. Il fait partie des gens qui ont été dire non au racisme face comment dire à Éric Zemour dans son meeting.

Bah il y a des jeunes qui s'engagent et qui même donnent mettent se mettent même j'allais dire en danger pour dire bah en fait on n'acceptera pas que en un seul point de la République il y a un lieu où il soit interdit de dire non au racisme parce que la République elle doit dire non au racisme et en tout cas pour l'instant c'est la loi et c'est la Constitution n'en déplaise au fachaud. Donc, il faut évidemment euh aller vers la jeunesse. Euh ne pas avoir comme conception de la jeunesse que la jeunesse serait un camp à redresser parce qu'on voit bien le côté vieux con.

Euh moi enfin, je vois bien parfois des vieux militants antiracistes quand on leur euh comment dire qui en fait euh c'est marrant hein quand on leur parle du voile mais vraiment c'est ça fait très vieux con en fait je trouve c'est que en fait on peut avoir plein d'avis évidemment sur la question du voile. Moi, j'ai aucun problème sur ça et je ne suis pas un fana du fait que des femmes doivent porter un vêtement qui leur serait réservé par rapport à d'autres. Mais les gens qui sont obsédés par ça, tu dis mais quand même, c'est bizarre.

C'est-à-dire que le sujet c'est de dire solidarité avec l'Iran, on va aller taper les femmes voilées en France alors que il y a des nazis qui sont porte du pouvoir et que il faut bien entendre ce que dit le RN par exemple quand il s'en prend récemment aux femmes voilées. Soit-disant au nom de la défense de l'égalité entre les hommes et les femmes.

Évidemment, l'extrême droite, ce que dit l'extrême droite à travers ça, c'est que en fait, parce qu'il faut bien entendre le signal envoyé, c'est que nous allons même nous en prendre à des Français que c'est ça aussi le signal derrière parce que évidemment, ils disent préférence nationale et souvent ils disent "Ah non, nous on s'en prend aux étrangers mais on ne fera pas de différence entre les Français mais régulièrement ils vont envoyer des signaux qui consistent à dire une partie des Français et vous avez bien compris lesquels on va leur taper dessus et l'électorat du Rassemblement national ne fait pas de différence tant que ça entre les étrangers, leurs enfants.

Je rappelle tout à l'heure que c'est le seul électorat dans lequel une majorité de gens dit que pour eux les enfants d'étranger, les enfants d'immigrés ne sont pas des Français comme les autres. C'est un taux, c'est 51 % qui disent ça plus ceux qui le pensent, ce qui doit être encore plus élevé. Donc il faut voir ce que c'est quand même cette pensée de l'extrême droite et donc il faut bien comprendre ce qui se joue parfois lorsque l'extrême droite par exemple va aller s'en prendre à des groupes euh et qu'on est parfois gêné aux entournures. Moi je suis pour l'émancipation des femmes.

Mais l'obsession euh sur la question des femmes voilées à un moment donné quand même il faut l'interroger parce que il y a quand même quelque chose qui est pas net derrière. Je veux dire, à un moment donné euh il y a les nazis qui sont porte du pouvoir euh en terme de hiérarchie euh des préoccupations, il y a quand même un petit sujet. Euh bon, donc voilà.

Donc je pense qu'il faut être en dynamique, qu'il faut être en clarté aussi sur toute une série de sujets, qu'il ne faut pas antagoniser les luttes et je terminerai peut-être sur ça parce que moi qui suis plus tout à fait jeune, euh toutes les logiques d'antagonisation entre lutte contre le racisme d'un côté et lutte contre l'antisémitisme de l'autre, ça c'est à gerber et ça c'est d'une irresponsabilité totale par rapport à la lutte contre les haines euh et par rapport à une jeunesse. qui évidemment peut être a besoin aussi parfois ben d'avoir des références, d'avoir des de la clarté et non pas qu'on lui mette de la confusion dans la tête.

Donc je ne suis pas dupe sur le fait qu'il y a des usages réactionnaires parfois de la lutte contre l'antisémitisme. Alors quand on entend l'extrême droite dire on défend les juifs euh on est proche des juifs. Ah bah oui, vous avez été proche des juifs. D'ailleurs, historiquement, vous étiez même très proche. Il y avait juste des barbelés entre vous et entre vous et eux. Donc effectivement, il y avait une très très grande proximité, un peu trop d'ailleurs au passage. Donc là, évidemment, on est sur un usage réactionnaire de la lutte contre l'antisémitisme qui va être utilisé pour se laver et pour aller taper les arabos-musulmans. On voit bien.

Pour autant, ça n'est pas parce qu'il y a des usages réactionnaires de la lutte contre l'antisémitisme que il n'y a pas un problème d'antisémitisme. Ah, il faut quand même la clarté du débat, il y a une augmentation. tu as dit tu as donné tout à l'heure les chiffres euh ou enfin les deux vous avez donné les chiffres sur l'augmentation de la lutte contre l'antisémitisme ben il faut être clair parce que si on n'est pas clair sur le fait qu'il y a un problème de racisme qui a un problème de haine des musulmans, qui a un problème de haine des juifs, ça donne place à tous les confusionnismes possibles et à toutes les fuites possibles.

Et je terminerai sur un exemple de la clarté du débat à voir en politique. Quand il y a eu le meurtre d'Abou Bakar Sissé dans la mosquée de la Grandcombe, 57 coups de couteau avec une dimension islamophobe évidente. Ah, on a un ministre qui ne va pas sur les lieux, ministre de l'intérieur qui est ministre des cultes, il va pas sur les lieux. Enfin déjà, enfin, c'est enfin c'est incroyable. Enfin, c'est quand même spectaculaire. Et deuxièmement, y compris parfois des gens qui se disent de gauche qui ont "Ah non mais attention, il faut pas dire islamophobie." Alors à la rigueur, les débats sur les mots ne sont pas inintéressants, hein.

C'est pas on peut on peut avoir tous les débats qu'on veut sur le mot. Mais quand les gens disent ça, quand ils sont interviewés sur le fait qu'il y a un musulman qui s'est fait tuer, est-ce que la priorité c'est le débat sur le mot ou c'est le fait qu'il y a un musulman qui s'est fait tuer ? Parce que quand des gens dans une interview passent 9/10è de leur temps à venir polémiquer sur le mot, bah en fait c'est aussi une façon de ne pas condamner le crime. Et là, il y a quand même quelque chose qui n'est pas possible.

En fait, quand il y a des gens qui sont tués, quels que soient les mots que l'on emploie, on condamne dans la clarté et on passe l'essentiel de son temps à condamner le crime quand bien même encore une fois les débats sur les mots. En plus, en France, on aime bien ça.

Bref, donc on peut avoir plein de débats sur les mots, c'est très intéressant, on peut s'engueuler tout ça et cetera, mais quand même là aussi, il y a du crime et le crime, il doit être dénoncé dans la clarté parce que c'est aussi la clarté qui permet aux jeunes et bien d'avoir des points de référence qui leur permettent de s'engager dans des mouvements qui sont des mouvements qui doivent rester axés, structurés sur une logique de l'émancipation qui malheureusement est une dynamique qui n'est pas vraiment à l'honneur ces dernières années dans les temps réactionnaires que l'on vit. Merci beaucoup Dominique justement pour ta clarté.

Je pense qu'on a besoin d'entendre effectivement que on ne peut pas se cacher derrière des termes pour condamner des crimes qui de toute façon, quel que soit le terme qui soit utilisé, sont des crimes inadmissibles dans notre République. Yannick, du coup, quelle mesure concrète il faut déployer dans le système éducatif ?

que tu as parlé de l'altérité, comment on peut est-ce qu'on peut déconstruire un petit peu les stéréotypes et surtout faire de l'école ce qui ne doit jamais cesser d'être, c'est-à-dire un moteur pour l'égalité et la laïcité et de la même manière à ton avis quelles initiatives légistiques législatives et politiques de terrain euh est-ce qu'on doit nous porter pour réaffirmer justement notre universalisme et comment on peut lutter efficacement contre toutes les formes de discrimination que tu nous as rappelé dans ton avant-propos.

Alors, au-delà des outils qui existent, il y a des outils outil phare notamment qui permet au sein des établissements de travailler ces question là, mais il faut aujourd'hui aller beaucoup plus loin. Le premier élément, on en a un peu parlé tout à l'heure, je l'ai évoqué mais j'insiste là-dessus parce qu'il est complètement transversal, c'est la question de la formation de tous les personnels. Et pour être un peu précis sur cette question de la formation, il faut former à la fois à l'identification des discriminations, c'est une chose, mais également à la connaissance du droit.

Il y a des points de droit qui viennent d'être évoqués, à la détection des stéréotypes, formé à la prévention du racisme et de l'antisémitisme, formé à la question de l'égalité fille garçon qui est aussi un sujet de discrimination important. formé à la question de l'inclusion du handicap, on en a parlé des violences LGBT FOBE également, c'est un sujet qui est aussi présent, formé sur la question du harcèlement et à la prise en charge des victimes. Il faudrait que cette formation soit à la fois obligatoire bien évidemment, qu'elle soit régulière et qu'elle soit extrêmement pratique. Ça c'est le premier élément. Deuxième élément, il y a un autre sujet qui est extrêmement discriminant.

C'est la question de l'orientation en matière scolaire. Aujourd'hui dans notre pays, sep enfants d'ouvriers sur 10 vont être ouvriers et sep enfants de cadre sur 10 vont être cadres. Donc il y a une reproduction de d'une forme d'élitisme qui n'est pas un élitisme républicain mais qui est un élitisme social et que la machine éducation nationale reproduit. Je prends un deuxième exemple, c'est la question du lycée professionnel où aujourd'hui dans notre pays, vous avez 60 % des élèves de lycée professionnel qui sont issus des milieux sociaux défavorisés voire très défavorisés quand vous avez à peine 2 % d'enfants de cadre en lycée professionnel.

Et alors des enfants d'enseignants lycée professionnels, il y en a quasiment pas. on va se dire les choses. Je rajoute que sur par exemple la question du lycée professionnel depuis 2017, étrangement euh les enseignements qu'on appelle fondamentaux entre guillemets ont diminué en terme de volume et que les stages en entreprise ne cessent d'augmenter et que très étrangement les lycéens professionnels contrairement à leurs copains de lycée général ou technologique, ils n'ont pas droit à la philosophie. Donc pourquoi les élèves de l'enseignement professionnel ne pourraient pas bénéficier de philosophie ?

Donc sur la question de l'orientation aujourd'hui, on a un vrai sujet parce que c'est un système qui reproduit les inégalités sociales et que les inégalités sociales génèrent du séparatisme et forcément de la discrimination. On a aussi comme autre levier la question de la mixité sociale et scolaire. On en a parlé tout à l'heure, mais c'est un vrai sujet de société parce que la l'école ne peut pas l'école de la République ne peut pas se construire sur un processus d'exclusion ou de ségrégation. La République, ça n'est pas d'où l'on vient individuellement. La République, c'est où l'on va collectivement tous ensemble.

et que au moins le temps de la scolarité obligatoire, au moins le temps de la scolarité obligatoire, il faut que euh tous les enfants puisse euh partager euh le même temps euh euh d'école sur les mêmes bancs parce que c'est aussi comme cela que l'on construit, que l'on élabore une société de l'altérité, de la fraternité et de l'émancipation. Ça vient d'être évoqué à l'instant. Je pense aussi que notre système a des progrès à faire sur le droit effectif à la parole des élèves.

C'est encore un sujet aujourd'hui au sein des établissements scolaires qui est, on va dire encore en devenir euh la question des espaces de parole, la question de la médiation, la question des élèves ambassadeurs pour traiter un certain nombre de situations, de la participation aux instances. Euh ce sont des sujets qui doivent être encore alors il y a les établissements qui le font mais ça reste encore quelque chose euh à développer. Avant-dernier élément en terme de proposition, c'est bien évidemment l'accompagnement des familles.

Il faut absolument que on puisse mieux expliquer leur droit aux familles, qu'on rende absolument compréhensible les procédures de recours qu'un très grand nombre de familles ne connaissent pas ou connaissent mal, qu'on développe les médiations, qu'on améliore l'information sur les dispositifs existants parce que il y a des parents qui sont absolument démunis sur ces questionsl et qu'on évite que la complexité administrative constitue une deuxième inégalité pour des familles qui sont déjà en difficulté. Donc voilà quelques euh quelques leviers euh pour permettre donc à lutter contre ces discriminations.

J'ai volontairement balayé ça très largement parce que au-delà de ce que Dominique vient d'expliquer et d'exprimer avec Briot et qui est finalement le combat aujourd'hui qui renvoie à un véritable choix de société politiquement on voit bien que au sein des établissements scolaires, cette question des discrimination, elle est encore extrêmement présente et évidemment elle est extrêmement inégalitaire et qu'il faut travailler ces questions-là parce Parce que sinon et bien nous allons vers une société qui est une société du séparatisme, qui est une société du tri. Et la République, ça n'est pas le séparatisme, ça n'est ni le tri.

Encore une fois, c'est une société où chaque enfant, quel que soit l'endroit où il vit, quel que soit le milieu d'où il vient, il a le droit de réussir son parcours. Et la réussite de son parcours, elle ne peut que se faire qu'au milieu d'autres enfants qui sont différents de lui-même. Merci beaucoup. Yannique, c'est très complet. Est-ce que vous voulez poser des questions ? Bah, vous passez le micro. Vas-y, Nadia. Euh, bonjour. Merci.

C'était très intéressant et j'avais une remarque plus ou moins à faire également puisque en fait on a beau travaillé sur le système éducatif également sur tout l'aspect législatif et également sur les différents moyens d'éducation populaire, mais en fait le bah le 4è pouvoir c'est les médias.

Et les médias à l'heure actuelle, ben en fait ils peuvent [musique] contrebalancer toute l'opinion publique à leur enfin de nos jours et également ne pas porter la voix puisque quand on voit que il y a énormément de gens notamment issus de classes un peu plus défavorisées qui mettent BFM toute la journée ou qui mettent ses news toute la journée et qui ne rapportent pas parce que par exemple je pensais puisque il y a quelques jours on en avait parlé avec une une militante qui n'avait jamais entendu parler par exemple des testings de SOS et notamment sur bah ceux de cet été et de voir un peu tout l'action qui est fait également par les associations et en fait que cette parole elle est toujours portée par les même et que nos outils de régulation que ce soit sur la et sur l'ARCOM ben en fait on voit qu'on est qu'on est vraiment défavorisé et totalement dépeuplé face à ce média et à cette emprise bien entendu on parle beaucoup de concentration des médias mais ça va bien plus que ça puisque l'ORTF à l'époque était utilisé par ben les pouvoirs et l'état pour transmettre l'idée générale.

Donc je pense qu'il faut aller un peu plus profondément et notamment reprendre le service public de l'information qui est quand même très important pour gagner et donner de la visibilité au combats qui sont fait que ce soit sur les réseaux sociaux puisque les jeunes sont perpétuellement sur les réseaux sociaux mais également bah sur les personnes un peu plus âgées et qu'on ait des outils de régulation beaucoup plus importants notamment dans les pouvoirs de sanction puisque bon on a eu ces h qui a fermé mais au bout de combien d'années ? au bout de combien de temps et voilà. Merci beaucoup Nadia, on va en prendre.

Oui, bonjour euh Audré, donc je suis égal également membre d' SOS racisme et prof en quartier populaire dans un établissement qui est un établissement QPV avec du produit général du techno et on constate bien tout ce qui tout ce que tu as pu mettre en évidence Yannick à travers à travers ton intervention. que ce soit les effets de corrélation entre une égalité enfin ségrégation sociale et ségrégation scolaire. Et on le voit même à l'intérieur des établissements les effets biaisés de l'orientation et d'une certaine manière les biais racistes aussi qu'il peut y avoir chez les professionnels de l'éducation quand il s'agit d'orientation.

Et ce qui m'inquiète aussi euh et qui appelle je pense de notre part à à toutes et tous une très grande fermeté, c'est que les profs non plus ne sont pas euh enfin restent euh comment dire à l'image de cette extrême droitisation de la société. Nous sommes une profession qui reste encore globalement très ouverte et avec un vote qui n'est pas majoritairement celui du Rassemblement national, mais euh ça monte, ça se ressent en salle des professeurs. Euh on avait dans mon lycée une réunion syndicale comme tous les ans à la rentrée où j'ai fait une intervention pour rappeler aux collègues l'importance de ce combat contre le racisme et je vois quelques collègues qui baissent la tête en fait.

euh ou d'autres euh des discussions informelles qu'on avait l'année dernière sur euh euh le risque de Marine Le Pen et cetera et une préoccupation d'une collègue qui était "Ah, va falloir remplir le cas texte parce que là euh et en fait c'est quoi ce sujet ? On en a rien à faire de remplir le cas et texte. Il s'agit de nous, de nos élèves, de défendre euh notre mission de service public, notre enfin qui nous sommes aussi comme représentant de ces valeurs qui sont au front de nos établissements scolaires.

Et c'est quelle fermeté aussi à cet endroit-là on arrive à avoir pour que les profs racistes parce qu'il y en a continuent de baisser la tête et ne puisse pas avoir voix au chapitre dans nos salles des profs et encore moins dans leur salle de classe quand ils sont seuls avec les élèves. Merci beaucoup pour ta remarque. Je pense qu'effectivement, c'est ce que disait Yannick dans son propos, il y a cette espèce de tabou autour du fait que il y a des professeurs racistes qui du coup usent de leur position pour nuire à des élèves parce que ils discriminent des des élèves parce que ils sont noirs, parce qu'ils sont arabes, parce que ils ont une orientation sexuelle différente et cetera.

Et le problème c'est que même lorsqu'on identifie ses ses collègues moi je suis prof et que on a différents témoignages d'élèves qui disent "Oui mais madame il passe son temps à nous insulter quand on est dans les ateliers. Il m'a pas mis la même note que quelqu'un d'autre parce que il m'aime pas. Même quand on a une un cumul de témoignage, moi j'ai passé 26 ans dans l'éducation nationale, je n'ai jamais vu un de mes collègues être sanctionné parce qu'il a tenu des propos racistes ou parce qu'il a discrimé discriminé un enfant.

Ça existait déjà à mon époque puisque moi quand j'étais étudiante, je me suis retrouvé avec un devoir qu'on avait rendu avec une copine à l'épo j'étais en licence donc c'était pas hier. Elle a eu 15, j'ai eu 10. Et quand on est allé le voir, il a dit "Oui, mais je sais que Céline en plus elle s'appelait Céline, Céline a mieux travaillé que Jenab." Et donc on lui a dit "OK, pas de souci mais où est la partie de Céline et où est la partie de Yenaba ?" Puisque tout est tout est dactylographié. Il a dit "Je sais." Donc moi, j'ai dit "Bah OK." Les copains ils ont dit "Non, pas OK." sont allé voir le doyen, il a fait changer il a fait changer la note.

Mais je me suis retrouvée à soutenir mon mémoire au mois de septembre parce que il partait à la retraite au mois de juin et que son collègue m'a ditaba, je t'invite à ne pas rendre ton mémoire au mois de juin parce que si c'est lui qui corrige ton mémoire, tu n'auras pas ta maîtrise. Et donc moi, j'ai perdu ma bourse parce que j'ai été obligé de rendre mon mémoire au mois de septembre. lui, il est parti à la retraite sans aucun problème. Et donc c'est ça aussi notre problème. Et je rejoins ce que disait Dominique, c'est-à-dire que quand on a des cas concrets, on doit faire preuve de fermeté et les peines doivent être exemplaires pour dissuader les autres de faire la même chose.

Et c'est pareil pour les euh pour les pour pour justement toutes les luttes contre les violences sexistes et sexuelles parce que tu as parlé de justement euh de ce jeune qui a été assassiné, qui avait porté plainte plusieurs fois et qui n'avait jamais été pris en compte. L'affaire de Liana, ça nous a tous bouleversé parce que justement on aurait pu l'éviter et ça n'a pas été fait. Donc il y a des failles dans notre système qui font qu'aujourd'hui la République ne protège pas ne protège pas les individus contre justement celles qui sont celles et ceux qui font preuve de racisme, euh d'islamophobie, euh de d'antisémitisme et j'en passe encore. Et tu le disais, c'est très insidieux.

Le gars va pas vous dire "Bah je vais pas vous" Moi on me l'a dit "Non, je vais pas vous louer parce que sinon vous allez faire venir tous vos cousins." Moi j'ai dit "Pardon ?" et m'a dit "Oui, oui, vous toute seule, vous pouvez pas.

Je comprends pas." Non, mais par exemple quand vous êtes député, que vous déposez justement des annonces pour pouvoir louer un appartement à la à proximité de l'Assemblée nationale, que vous êtes la seule avec Béatrice Bélé à n'avoir eu aucune réponse, aucune sur les 200 demandes qu'on avait envoyé et que du coup les copains nous disent "Mais je comprends pas." Et donc je dis à Christine, je dis "Mais à ton avis c'est quoi le point commun entre Béatrice et moi ?" Et là elle me dit "Mais non, me dis pas que c'est ça." J'ai dit "Mais c'est ça, c'est notre quotidien.

Je suis député, je me fais discriminer." Donc imagine quand tu es juste une personne lambda et effectivement je peux pas dire que c'est parce que je suis noire. Ils m'ont jamais répondu, ils m'ont pas répondu. Mais si vous regardez bien leur fichier, ceux à qui ils ne répondent pas, on a tous des petits points communs, je pense. Donc c'est pour ça que là-dessus, je suis complètement d'accord avec toi. Il faut être à l'offensive, il faut taper et être ferme sur ces questions-là et arrêter de nous cacher derrière notre petit doigt sous couvert d'universalisme. Parce que ça, excusez-moi, même à gauche, je l'ai tellement entendu et ça m'énerve.

les gens qui disent "Oui mais tu comprends, faut faire attention, faut pas être communautaire parce qu'à un moment donné nous aussi on défend." "Ouais mais non mais tu as pas ma vie parce que toi tu as pas de problème, tu te fais pas discriminer". Les gens qui me ressemblent, on l'a dit avec Dominique, on a quand même neu fois plus de chances sur 10 de se faire claquer la porte pour un appartement, pour obtenir un travail et cetera. Et je crois que c'est aussi la responsabilité de la gauche de ne pas justement mettre la la la poussière sous le tapis et de dire "Écoutez, à un moment donné faut arrêter, les discriminations, elles existent.

On a des lois, faut les appliquer et il faut aussi du coup protéger." Je dire un petit moty Oui. Par rapport à ce que vient de dire Dinba et ce que tu disais, en fait, on ne transige pas avec les valeurs de la République et il y a pas à discuter sur ces questions-là. Et là, il y a effectivement un sujet au niveau de l'institution parce que c'est le système de pas de vague en fait, on veut pas. Euh et euh la hiérarchie de l'éducation nationale euh pour le coup là euh n'assume pas euh ses responsabilité et donc on étouffe un certain nombre de situations.

Moi, j'ai vu dans le premier degré, j'étais jeune enseignant et la la manière dont les dont dont les enfants, les petits blacks et cetera dans la classe de CP à côté de la mienne était traité par l'enseignante qui les mettait au fond de la classe et qui leur donnait jamais la parole parce qu'elle considérait que de toute façon ces enfants-là ne réussiraient pas. Donc il y a ça existe et il faut en être conscient et surtout euh surtout il faut en parler de ces choses-là parce que l'institution a tendance, on va dire quand même euh à à protéger et à ne pas vouloir mettre ce sujet-là euh sur la table. Je réponds très rapidement sur la question des médias à ta question.

Elle est intéressante parce que on entre dans une campagne présidentielle. Moi, je souhaite que la question de l'éducation, elle soit au cœur des débats de cette élection présidentielle et pas seulement à la foire qui consiste à dire "Moi, j'augmente les enseignants de 100 €, l'autre de 200 et cetera." Surtout que c'est les gens qui lancent ça en l'air sont des gens qui ont supprimé quand même 10000 postes depuis 2017.

Donc leur crédibilité, elle est quand même largement entamée, mais que on aborde cette question de l'éducation parce que c'est l'enjeu de d'aujourd'hui et de demain et notamment sur la question dont on vient de parler aujourd'hui parce que ce qui se joue là, c'est l'avenir de l'école de la République qui, disons-le, aujourd'hui est menacé. On évoquait tout à l'heure l'Allemagne, tout à l'heure Dominique parlait d'un certain nombre de réactions racistes. On a aujourd'hui le Rassemblement national, on sait très clairement ce qu'ils veulent faire sur la question de l'école de la République.

Il faut lire leur programme et ce sont ces gens-là qui demain et bien peuvent mettre en place une école qui est une école du séparatisme avec des ghetaos de riches, des ghetaos de pauvres, des classes dans lequel vous n'aurez que des enfants en situation de handicap quand ils sont scolarisés et puis vous aurez des écoles en fonction aussi des quartiers dans lesquels il n'y aura plus que ceux qui peuvent pas partir parce que ça sera ça l'avenir avec de tels gens. Donc il faut mener ce combat pied à pied et réaffirmer les valeurs de la République. Non, les valeurs de la République, c'est pas old school. Les valeurs de la République, c'est le talisement de toutes et tous.

Et c'est ce qui permettra à notre société, à notre jeunesse de et bien de pouvoir grandir ensemble et partager ensemble les mêmes valeurs. Bah merci beaucoup. Si tu veux me dire un dernier mot de conclusion sinon on on Oui. Alors, je suis d'accord. Faut continuer à soutenir les mouvements comme SOS racisme, on en a besoin. Il faut des associations telles que SOS racisme qui continuent de dire que non, effectivement on ne transisse pas avec les valeurs de la République. Donc adhérez, soutenez et cetera et puis bah on va continuer à discuter effectivement de tout cela. Je vous rappelle qu'on a une primaire.

participez, faites entendre votre voix parce que c'est grâce à vos votes sur la primaire qu'on arrivera aussi à lutter contre l'extrême droite. Merci beaucoup à toutes et à tous et belle fin de fête de l'humanité.

1:14:24
Non speech

[applaudissements]