Vlog au Festival d'Avignon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour monsieur Mélenchon. Bonjour. Ça va ?
Monsieur vous aussi monsieur. Ah moi aussi je suis monsieur. Non, je suis pas gentil. ce que vous faites.
Mais c'est pas ce que vous faites ici. C'est vraiment bien. Parce que vous êtes le seul.
Le seul qui Et puis alors leur malheur c'est que je suis trop vieux pour changer d'avis. Ils ont peur, ils ont peur les médias. Bonjour bonjour.
Bonjour. Donnez donnez moi je vais collectionner. Est-ce que vous pouvez me signer un ?
Ah non attendez ça c'est pour les footballeurs ça. Moi je suis pas je je suis un humble poète comme dirait l'autre. Ah ben justement une comédie théâtrale humour ?
On chante voilà c'est du Feydeau et il y a aussi de l'opéra et de l'opérette avec le texte de Feydeau. De ? Oui.
Et c'est vous qui ? Oui, c'est moi qui chante. D'accord.
Oui oui oui. C'est bien. L'opéra vous voyez comme je suis pas très bien entendant au début ça m'exaspérait.
Pour moi c'était des cris. Ah oui je vois. Et alors un jour arrive le miracle je tombe sur la Callas et j'entends Casta Diva.
Je vous jure que vieux comme je suis et que j'ai tout vu et tout encore maintenant ça me fait pleurer. Ah ben mon vieux hein je salue Madame Guetté ? Mais c'est la personne la plus intelligente de tout le Moi je suis une illusion c'est Monsieur Mélenchon.
L'anagramme de ministre qu'est-ce que ? Non vous allez encore me décevoir. ?
Les ministres C'est ministre souvent s'accrochent au pouvoir alors qu'en fait leur boulot c'est intérim. Oui. Et alors Marine Le Pen vous connaissez l'anagramme de Marine Le ?
Ça va vous plaire. Non mais c'est pas de la blague. Oui.
Marine Le Pen l'anagramme c'est amène le pire. ! Pas mal Alors vous êtes trop forts. [rires] Bonjour monsieur.
Comment on ? Oui Ça va ? Et ben oui.
Bonjour monsieur, ils ont 200000 ans vos arbres. Oh, ça c'est du platane à allergie féroce. Mais je pense qu'on peut terminer sur ces mots honnêtement, merci beaucoup.
Bah c'était super de vous avoir avec nous et merci d'avoir pris le temps. Merci, c'est important de le dire hein, de de prendre le temps d'échanger sur Par contre, dis-moi le ton que j'ai pris un peu professoral et catéchisant, mais je c'est un petit bonheur de de vous rencontrer parce que vous vous le savez pas mais moi je le sais, vous êtes des passerelles. Et vous allez aller quelque part où j'irai jamais.
Euh, quel ? Merci beaucoup en tout cas. Merci.
Moi je vais manger une glace. Une bonne glace. Salut, et toi, tu fais ?
Euh, de l'art du spectacle. Bon, ça aussi c'est utile. Ça y est, je viens de te demander ou ?
Je sais plus où j'en suis. Non, mais je fais de l'art moi aussi. De ?
Tu ? Pour le théâtre, ouais. Tu écris des ?
Ouais. Ah ! [rires] Non, mais !
Moi je sais pas le faire alors, donc j'admire. Et ? Je je me cherche.
Je suis un peu en vacances. Oh, tu vas trouver, tu vas trouver. Et ?
Euh, bah pour être honnête, je me cherche encore, donc beaucoup de boulots alimentaires. Et à côté de ça, je fais de la musique dans ma chambre pour m'aider l'esprit. Voilà. [rires] Non, mais euh, qu'est-ce que je pourrais bien lui dire ? [rires] Parfois le silence c'est bien comme vous l'avez dit. ?
Parfois le silence c'est bien comme vous l'avez dit. C'est vrai. Ouais, mais aussi là, j'aimerais vachement lui être utile.
Parce que je sens un petit doute en lui là. Il y a beaucoup de doutes hein, mais bon. Moi je sais pas quoi vous dire sinon, bon courage.
Merci. [rires] Merci madame. Merci à vous.
Bienvenue. Merci beaucoup de prendre le temps de Merci Merci à vous pour la visite et hier pour la rencontre avec le groupe de jeunes de Making Waves. [rires] Merci.
Euh il y en avait un pour Sarah Legrand aussi qui est parti. Clémence Sarah est un cadeau pour toi. Merci.
Voilà et pour Sarah Ouais le donner parfait. Ne le donnez pas à Jean-Luc parce que sinon il elle le retrouvera jamais. Et merci beaucoup pour la visite et et pour l'échange très riche.
Bonne chance à vous. Non oui je te parle nous sommes enrichis au passage. Tu as pas pris un sac toi ?
C'est ? Ah oui tu en as un aussi. Elle en a pris deux. [raclement de gorge] C'était intéressant parce que vous avez affaire à un résistant c'est-à-dire quelqu'un qui croit tellement radicalement à à ses principes que par exemple il nous dit à un moment donné bon bah le financement public recule euh énormément et euh alors il donne des proportions tout ça et il dit nous sommes arrivés à le compenser par la billetterie et les mécénats. ?
Je dis c'est donc un échec. Alors bon moi je dis c'est un bon ? Bah parce que c'est pas le but du service public du du du théâtre euh il il doit être il doit être pris en charge par les fonds publics pour pouvoir assumer sa fonction c'est-à-dire être de haut niveau et pas réduit parce que les budgets sont insuffisants et que en gros on produit que ce qu'on peut payer Euh que ça c'est c'est poussé à la baisse tout le temps des budgets et puis euh 2e argument parce que ça interdit une vraie prise de risque ça tourne à la banalisation on ne fait que ce dont on est sûr d'avance que ça va marcher et donc on va très peu innover très peu très peu changer on va prendre ce qui est sûr et puis enfin euh dernier élément c'est que une production les tours de table sont de plus en plus compliqués parce que personne ne met tous ses risques au même endroit et donc éparpille euh les fonds dont ils disposent et Krajicek résistant parce que lui il considérait qu'avoir surmonté cette épreuve euh c'était le signal d'une adaptation à un système dont il considère qu'il est en train de s'écrouler et quand il le il en fait la démonstration il dit essentiellement ce qui résume de tout ça c'est de l'incertitude partout tout le temps et donc une lutte contre contre cette incertitude qui qui va avoir pour conséquence toujours de réduire le niveau de création d'innovation et de prise de risque et il dit que c'est d'autant plus dangereux que contrairement à ce qu'on croit le service public il est comme c'est lui qui prend les risques euh en quelque sorte c'est lui qui révèle les succès possibles et à partir du moment où ces succès possibles ont été révélés il y a de la diversité qui apparaît parce que y compris le secteur privé se met au diapason ça j'ai trouvé que c'était la partie la plus la plus frappante dans son dans son propos.
Et euh bon bref, j'ai ressenti beaucoup de gratitude à son égard parce qu'il m'a appris quelque chose. Alors bon donc ça c'est c'est une un moment que moi j'ai trouvé très très très intéressant, mais qui était lié à la personnalité, je pense, du de de ce directeur parce que ils sont tellement forts partis pris que oblige à réfléchir. Je suppose que ça l'a obligé à argumenter lui, mais nous ça nous oblige à réfléchir parce qu'il il nous met sur les genoux euh des données, quoi.
C'est pas juste des impressions. Alors voilà. Et puis le dernier point qui m'a plu, c'est l'idée que la réalité euh des pratiques culturelles, c'est une consommation plus grande euh du du spectacle vivant.
Et que donc ça prouve le contraire de ce qui se dit à son sujet. Voilà, après on est passé à aux syndicats, c'est-à-dire la condition humaine des salariés. Bon là, c'est des questions plus traditionnelles sur le financement de la sécurité des créateurs, euh des intermittents et tout ça, quoi.
Voilà. [acclamation] [acclamation] [applaudissements] On va tout de suite donner la parole à Laurence qui est la secrétaire générale de l'Union départementale du Vaucluse. La culture n'est jamais acquise, elle se défend, elle se gagne chaque jour.
C'est pourquoi nous sommes réunis aujourd'hui au cœur du Festival d'Avignon, parce que nous sommes ici pour défendre bien plus qu'un festival. Nous sommes ici pour défendre une certaine idée de la démocratie. Une démocratie où chacune et chacun a le droit de créer, de penser, de débattre, de contester et de s'organiser.
Une démocratie où la culture est un droit et non un privilège. Car lorsque l'extrême droite arrive au pouvoir, elle ne gouverne pas seulement contre des idées. Elle ne gouverne contre tous les lieux où les citoyens peuvent penser, créer, s'organiser et agir collectivement.
Une récente enquête menée par des journalistes du Sud-Est et leur média sur les communes du Sud-Est dirigées par le RN et ses alliés résument leur méthode en trois mots. Couper, contrôler et faire taire. D'abord couper.
Couper couper les financements. Dans neuf communes sur 10 étudiées, le nombre d'associations soutenues diminue fortement. À Orange, les subventions aux associations culturelles ont quasiment disparu.
Près de 99 % de baisse. Les centres sociaux ont fermé les uns après les autres faute de financement. Quand on coupe les moyens de la culture, des associations ou des centres sociaux, on ne fait pas des économies.
On affaiblit les lieux où se construit l'esprit critique. On affaiblit les lieux où se créent les solidarités. On affaiblit les lieux où les citoyennes et citoyens prennent leurs destins en main.
Ensuite, contrôler. L'extrême droite ne se contente pas de réduire les financements. Elle choisit aussi qui mérite d'être soutenu.
Ces arrangements entre proches sont l'un des ces symptômes d'une gouvernance qui confond intérêt général et intérêt partisan. L'exemple vient d'un homme lorsque pour la seconde fois en un an, Le Pen est reconnue coupable d'avoir détourné près de 3 millions d'euros d'argent public du Parlement européen. Lorsque les contre-pouvoirs s'affaiblissent, le clientélisme prospère.
Et lorsque le clientélisme prospère, c'est la démocratie locale qui recule. Et enfin, faire taire. Car au bout du compte, c'est bien là l'objectif.
Faire taire celles et ceux qui créent, qui s'engagent, qui contestent ou qui dérangent. La méthode est toujours la même, réduire les espaces de débat, installer la peur, pousser à l'autocensure. L'histoire nous enseigne que les libertés ne disparaissent jamais d'un coup.
Elles s'effacent progressivement à mesure que les contre-pouvoirs sont affaiblis. Culture, associations, syndicats participent d'un même combat, celui des libertés, celui des droits des travailleuses et des travailleurs, de la justice sociale et de la démocratie. Car une démocratie vivante ne se résume pas au vote.
Elle se construit chaque jour dans les entreprises, dans les services, dans les associations et les lieux de culture et partout où l'on agit collectivement. Face à cette offensive, notre réponse doit être collective. Faire vivre les associations, les bibliothèques, les maisons de quartier, les centres sociaux, les festivals et renforcer les syndicats.
Faire vivre tous ces lieux où se tissent les solidarités, où s'exerce l'esprit critique, où se construit le vivre ensemble. Car l'extrême droite prospère sur l'isolement, la peur et la division. Notre force, c'est tout l'inverse.
Notre force, c'est le collectif, la solidarité, la culture et l'engagement. [acclamation] Alors, nous sommes tous concernés, intermittentes, intermittents, précaires, permanentes, permanents, il va falloir être ensemble, se serrer les coudes et se rappeler que ces choix budgétaires, ce n'est pas dans fatalité. Non, mes camarades, ce sont des choix politiques. [acclamation] Je vais accueillir tout de suite deux députés de la France insoumise.
Merci d'applaudir Sarah Legrain. [acclamation][applaudissements] Et Raphaël Arnaud, merci beaucoup. Bonsoir à toutes et tous.
Nous sommes ici, d'abord, pour vous dire que nous soutenons les travailleurs et les travailleuses de l'art et de la culture, les structures, que ce soient les lieux, les compagnies. Et je le dis parce que nous avons bien saisi aujourd'hui ce qui se joue de décisif dans votre action, à savoir votre unité intersyndicale entre à la fois les travailleurs, les structures, les directions, parce que toutes et tous vous vous battez non seulement pour votre survie, [acclamation] mais en vous battant pour votre survie, vous vous battez pour notre survie à toutes et tous. Le combat pour vos emplois qui est décisif, le combat pour votre travail, c'est le combat pour notre liberté et pour notre démocratie.
Alors oui, évidemment, le premier lieu de ce combat, et vous l'avez dit, c'est le budget. C'est la question des coupes budgétaires. Et nous n'en pouvons plus, d'année en année, de tirer les alertes.
Et puis nous avons eu d'abord la menteuse qui nous a dit qu'elle ne supprimerait pas 1 euro, et vous l'avez tous rappelé. Mais alors maintenant, on a franchi un cap. Ils n'essaient même plus de mentir.
Ils viennent vous voir en disant "Nous n'allons même pas livrer bataille." Heureusement que vous, vous êtes là pour livrer bataille. Alors évidemment, nous allons soutenir votre combat de toutes nos forces.
Nous allons faire entendre vos revendications jusqu'à l'examen du budget. Et nous allons, évidemment, continuer faire de faire nôtres vos mots d'ordre, la question du moratoire sur les coupes budgétaires. Et quand je dis moratoire sur les coupes budgétaires, je veux aussi parler de moratoire sur les licenciements, de moratoire sur ces licenciements qui ne disent pas son leur nom mais qui sont des déprogrammations qui font que je sais bien que nombre d'entre vous, nombre d'intermittents et d'intermittents du spectacle simplement ne feront pas leurs heures et risquent de perdre même et bien leur leurs ressources et c'est à tout cela que nous pensons et c'est pour cela que nous nous battrons.
Alors oui, nous nous soutiendrons évidemment l'idée des 1 % du du budget, nous en sommes d'accord et je voulais vous dire que nous depuis longtemps dans notre programme, nous parlons d'1 % du PIB et c'est pas une intéressant parce que ça permet aussi de rappeler qu'il y a aussi une économie euh florissante et ça l'a été dit ici, qu'il y a un secteur privé, qu'il y a des entreprises privées dans ce pays et notamment aussi des entreprises privées culturelles ou soi-disant culturelles qui se gavent avec des fonds publics et que nous sommes en désaccord avec cela. Donc nous mènerons cette bataille budgétaire. Et puis évidemment, vous l'avez mentionné et je voulais terminer euh par cela.
Mener la bataille pour les budgets, c'est mener la bataille pour qu'il y ait une politique culturelle. Et vous pourrez compter là-dessus sur nous. Nous avons besoin dans cette campagne de parler de politique culturelle.
Pas seulement de sauver des sous pour la culture mais de rappeler ce qu'est la culture pour les gens. Et il y en a qui l'ont très bien compris parce que ce n'est absolument pas un hasard si l'extrême droite mène par deux aspects une bataille contre les arts et la culture. D'abord, elle s'en prend aux arts et à la culture et on lui a bien déroulé le tapis rouge pour le faire.
Elle s'appuie sur l'affaiblissement du service public. Car oui, quand on demande aux artistes de se taire, quand on leur dit de se faire discrets, quand on leur demande de la neutralité, et bien on déroule le tapis rouge à l'extrême droite qui décide de s'en prendre à la culture et de la mettre au pas. Et puis l'extrême droite, vous le savez très bien, elle s'appuie aussi sur le deuxième volet qui est la marchandisation de la culture et tout Tout a vu ce qu'ils sont en train de faire.
Ils sont pas seulement en train de mener une bataille contre la culture, ils sont en train de mener une bataille culturelle au sein des industries dont ils sont en train de s'emparer. Et donc, ça ne suffira pas, ça ne suffira pas de mettre 1 % du PIB dans le budget des services publics de la culture, il faudra aussi démanteler l'empire Bolloré, ça fera partie aussi du combat. [acclamation] [applaudissements] Et nous ne leur laisserons pas ni les armes politiques, ni les armes économiques, ni les armes culturelles pour gagner.
Et c'est sur ces trois terrains-là que la bataille se mènera. Et chacun, je le sais, a son poste de combat. Mais vous pourrez compter sur nous parce qu'on ne va pas se contenter de dire que l'extrême droite est déjà là, que il faut avoir peur, que tout est fini et puis commencer à se préparer à faire à qu'est-ce qu'on fera ensuite quand elle sera là.
C'est un discours qu'on entend trop et c'est un discours qui est fort utile, qui est fort utile parce qu'il dit à tout le monde en fin de compte de laisser tomber et de se taire. Or, si vous êtes tous là ici aujourd'hui et si le festival bat son plein et si les gens continuent à se voir dans les spectacles et à débattre des spectacles ensuite, c'est bien qu'il y a l'énergie nécessaire ici dans le monde de la culture pour battre l'extrême droite. [applaudissements][acclamation] Et donc, nous avons besoin les uns des autres et vous savez que vous pourrez compter contre les politiques réactionnaires, contre les politiques racistes, contre les politiques xénophobes.
Et ces luttes-là, elles existent dans la culture. Et nous savons que le monde de la culture est tout sauf un monde replié sur lui-même, sauf le monde d'entre soi qu'ils veulent défendre. Et la preuve, c'est que toutes et tous, dès que en tant qu'artiste, en tant que travailleur de la culture, vous osez l'ouvrir sur l'accueil des exilés, sur le soutien à la Palestine ou autre, alors vous prenez très cher parce qu'ils ont compris le pouvoir de la culture quand elle se mêle de toutes les luttes du pays.
Alors moi j'ai envie de vous dire continuez à vous mêler de toutes les luttes du pays. [acclamation] Je vous remercie. Je passe la parole à mon collègue Raphaël député du Vaucluse.
Merci beaucoup. Bonjour. Si l'antifascisme a sa place de partout dans la période peut-être que la nécessité de l'antifascisme dans la culture il y a une place particulière notamment en vue de tous les exemples qu'on a pu citer des maires et reines qui entourent Avignon qui tentent de nous cerner et qui tentent de qui tentent de nous envahir aujourd'hui jusqu'ici dans le festival d'Avignon.
Et alors si on a beaucoup parlé du RN et de ses alliés, on a quand même un sacré zozo là-haut ici à la mairie à Avignon. [acclamation] Il a osé parler de la culture des subventions qui lui seraient allouées qui seraient conditionnées par un principe de neutralité. Qu'est-ce que ça veut dire la neutralité dans la ?
C'est tout simplement dire je suis droite et je ne voudrais qu'aucun discours ne vienne entraver nos programmes, nos horaires, nos discours libéraux, nos propos comme racistes. C'est ça qui est dit dans la neutralité. Parce que oui [acclamation] le fondement de la culture c'est une opposition à l'ordre social des choses.
Si elle ne le remet pas directement en question, au moins elle vient le questionner. Elle vient l'interroger. C'est ça la culture.
C'est qu'elle permet d'éveiller justement et ensuite potentiellement de passer à l'action et là prend le cheminement politique. Et c'est tout simplement ça que le maire ici veut combattre et on va lui rappeler fermement que nous ne laisserons pas faire notamment rappeler notre solidarité internationale pour la Palestine lors de ce festival d'Avignon quand bien même il serait pas content. [applaudissements] Bonjour madame.
Donnez-moi un. Je fais une collection. Le bourgeois ?
C'est pas celle de Molière ? Ah ? Si si non, moi je réponds aux questions sur la culture, les autres questions ne m'intéressent pas.
Donc tout le monde est prévenu, vous ferez pas la gueule après. Je crois que peu de gens ont compris dans le pays ce qui est en train de se passer euh dans le secteur de l'activité culturelle. Nous parlons d'un secteur si on prenait les choses simplement par euh leur niveau économique, on va dire il s'agit de 700000 personnes qui ont un emploi, qui en vivent, qui ont une vie de famille et qui apportent quelque chose à la société dont personne ne conteste l'importance.
Et même mieux, on va dire comme c'est Avignon euh et que c'est le théâtre le phénomène depuis 2 ans c'est que les théâtres se reremplissent beaucoup. Ce qui euh envoie un signal de la part de la population euh comme une demande de diversité, d'interpellation qui est le rôle de la culture hein si on si on veut faire bref. Et euh tout ça est en train de de mourir euh j'allais dire à petit feu mais c'est plus le cas des petits feux, maintenant on est carrément dans les grands feux.
C'est-à-dire c'est des coupes terribles dans le financement public et puis entouré d'un discours infâme qui consiste à considérer la culture comme une espèce de supplément d'âme hein dont on peut se passer, il y a plus urgent et compagnie ou bien euh euh les les les travailleurs du secteur, les artistes sont des sortes de privilégiés à qui on paierait une rente pendant qu'ils s'amusent et que tous les autres travaillent. Ce qui est une vision de lourdaud, de rustre qui ne comprennent pas de quoi nous sommes en quelque sorte menacés. Il y a deux façons de voir qui sont l'une en face de l'autre.
L'une va consister à dire pas d'argent public, débrouillez-vous, allez chercher des sous là où vous pouvez. Et alors on a une dynamique qui se met en place où on va faire du moins cher comme dans la production économique, industrielle ou agricole. Alors moins moins cher, c'est moins de monde, moins de technique, moins d'installation et donc on va tout réviser à la baisse avec évidemment une sorte de normalisation de la production culturelle.
Et le danger vient de ce que au fond nous finissions par tous ne vivre plus que dans notre algorithme. C'est-à-dire nous n'irons voir que ce dont nous sommes absolument certains que ça va nous plaire, nous allons consommer de la culture d'après les normes qui sont déjà en nous au lieu d'aller à la rencontre de la culture pour se faire interpeller, pour découvrir, pour apprendre, pour ne pas être d'accord des fois avec le spectacle lui-même, hein. Voilà.
Ne croyez pas que je sois si peu que ce soit en train d'exagérer. Il y a Bon, tout le monde connaît mon option politique, je suis un anticapitaliste, tout le monde le sait. Mais le capitalisme n'est pas un mode de production seulement, c'est aussi un mode de consommation.
Il uniformise, il réduit pour être certain d'avoir tout le temps la même chose à produire et à en diminuer les coûts. Bah c'est pareil avec les consommations culturelles. Dernier point.
De quoi ont besoin les gens qui vivent de ces ? De visibilité. Ce sont pas des chiens qui un jour peuvent manger et pas le lendemain, encore les chiens mangent mieux qui bouffent tous les jours aussi.
C'est c'est des personnes humaines, ils ont une salle. Si vous voulez qu'ils soient là, vous en avez qui sont brillants comme c'est pas possible. Vous n'êtes pas capable vous, ni moi, de faire ça.
On a donc absolument besoin d'eux, il faut qu'ils puissent vivre une vie humaine. Donc il leur faut des garanties, de la visibilité. Moi, je me suis préoccupé par-dessus tout de la question de la retraite des gens de culture.
Alors là, c'est un sujet en C'est incroyable. Quand vous dites on va s'occuper de ça, les gens vous regardent la retraite, ? ?
Eh ben ? Parce que c'est une personne, un jour il faut s'arrêter. Ne dites pas qu'on peut être danseur, euh qu'on peut être même un théâtreux, toute sa vie.
Non, c'est pas vrai. Donc là, il faut qu'on s'en occupe. On sait comment faire.
Prenons un exemple, ça m'a valu quelques démêlés dans les milieux de la culture, mais pas grave. Victor Hugo, comme ça je suis à l'abri. Avait inventé un truc, il dit bah toutes les œuvres qui tombent dans le domaine public, vous savez, au bout de 30 ans une œuvre passe dans le domaine public.
C'est-à-dire vous ne payez plus de droits dessus. On pourrait décider que toutes ces œuvres contribuent à une caisse de retraite. Alors on prendrait un petit quelque chose sur chacune, ?
Alors quand on dit ça, on dit oui, tu crois ? Bah oui, je crois que. Oui oui, je crois absolument, ?
Je vais vous donner un exemple. Quand les Nord-Américains, Walt Disney et sa bande, se sont occupés de faire Notre-Dame de Paris, non seulement ces rustres n'ont pas mentionné qu'ils avaient volé l'histoire à Victor Hugo, parce qu'il y a même pas le nom de Victor Hugo sur la fiche du film, mais c'est que ça a rapporté des milliards à la firme de Disney. Il y en avait pas une petite poignée ou deux pour la retraite des ?
Plus une œuvre d'art aurait de retentissement, plus elle s'inscrirait dans quelque chose qui continue à parler de génération en génération, plus elle contribuerait au bonheur du présent. Et quand vous avez des retraités qui sont pas tous amochés et qui sortent du métier, c'est un bien public aussi, ça faire des tas de trucs tous ces gens-là. Vous ?
Je Voilà le prix de la culture. Si vous enlevez la culture, c'est tout ça que vous supprimez. Regardez, si on mettait des droits d'auteur sur Sophocle, ?
Ou sur Racine, ou sur Corneille, ah ça défriserait. Bah ouais, voilà. Voilà ce qu'il faut faire.
C'est pas compliqué. Sortez-vous de la tête cette mentalité utilitariste écoute toujours en train de dire combien ça coûte, c'est trop cher, l'État est en déficit. Bah si l'État est en déficit, il y a qu'à faire payer plus ceux qui peuvent et voilà, il y aura pas de déficit.
Tout le monde le sait. Mais quand on parle d'art, on parle de quelque chose qui est en nous, qu'on n'est même pas capable de nommer. Qu'est-ce que ça fait, qu'est-ce que ça fait, qu'est-ce que ça agite en ?
Voilà, ça c'est le mystère humain. Pourquoi nos gosses ? Pourquoi nos gosses font semblant de ceci ou ?
Qu'est-ce qu'il y a en nous, les êtres ? Qui fait que nous sommes capables d'endosser des rôles, que nous en avons ? Le spectacle vivant, ça met en mouvement deux choses fondamentales dans l'être humain.
D'abord, le désir mimétique. Ça, c'est un truc scientifique. Tu vois quelqu'un faire quelque chose, tu as envie de faire pareil.
Tu vois quelqu'un qui mange, ça te donne faim. Et bien, le désir mimétique, tu vois quelque chose se passer, c'est comme si tu le vivais toi-même. Tu as envie.
Et alors, ton expérience personnelle s'enrichit, mais ce qu'il y a de bien, c'est que tu sais que c'est un film. C'est pour de rire, comme on dit, ? On joue.
Et donc, on acquiert une expérience qui ne nous a rien coûté d'autre que le moment à éprouver des sentiments. Voilà, bon, c'est un littéraire qui vous parle, je pense que bon. Ouais.
Euh qu'est-ce que vous pensez du maintien de la candidature de Marine Le Pen à la ? Je m'en fous. [rires] Je la battrai, elle ou n'importe qui d'autre.
Et vous pensez pas que ça pourrait perturber la ? De ? L'agenda judiciaire.
Non, ce qui va perturber euh les 9 mois qui viennent, c'est si les cultureux peuvent pas faire leur boulot parce qu'il y a pas d'argent. Non, écoutez, là, ici, c'est Avignon, je suis venu pour ça. Pas je viens pas pour utiliser la situation pour parler d'autre chose que culture.
Excusez-moi de vous répondre de cette manière-là, mais dites à vos chefs que je connais, je ferai rien d'autre, c'est pas la peine de m'embêter, je ne ferai rien d'autre. On est venu ici pour défendre la vie elle-même. Alors, qui est candidat des fascistes, quelle est la ?
À la fin, c'est le même coup de marteau à prendre sur la tête. Désobéir ou éducation européenne. Adapté de Romain Gary. ! !
Romain Gary, c'est une garantie de qualité déjà. Bon bon. Bon courage les petits, bon boulot.
Et cette année, faut multiplier tout par deux, hein. Faites-en partout, faut obliger à réfléchir. Il faut celui qui bouge pas, qui est à la carlingue, y compris, faut il faut le secouer, il faut que tout le monde se mette en mouvement.
C'est un grand c'est c'est un grand moment. C'est pas juste un danger. Le danger c'est aussi une opportunité.
Tu trouves la solution, tu fais comprendre à quelqu'un que plus il y a de de différence de manière d'être, plus on plus on est fort, c'est une occasion extraordinaire. Profitez de la grossièreté, de la bestialité de l'extrême droite pour éduquer au contraire. C'est le propre du capital de vendre de la peur.
C'est le seul lien social qu'il vend. Et peur du voisin, de demain, d'hier, du suivant, peur tout le temps. On peut y arriver.
Ne vous laissez pas intimider pour ceux qui font de la politique là. Ici, il y en a bien un ou deux, ? Ne vous laissez pas intimider.
Voilà madame, c'était ça qu'il fallait enregistrer, je vais le dire à votre chef. Bon allez, on y va. Merci beaucoup.
C'est moi qui te remercie. Merci. Merci, c'est super.
Bon. Ça y est, on m'a dit tu me l'as dit à l'instant là. Ouais, d'accord.
Bon, pour les pancartes, oui. Ouais. Mais vous avez pas une ?
Non, moi j'ai pas de pancarte, c'est juste pour le plaisir. Merci beaucoup. Bon allez, je vous laisse hein.
Une photo s'il vous plaît, une photo. Allez-y, faites la photo. Je suis pas douée.
Bouge pas. Merci, c'est gentil. Allez, au revoir, au revoir tout le monde.
Est-ce que je peux prendre une photo avec ? Ah c'est la première fois qu'un gorille me demande un truc pareil, puis blanc en plus, vous êtes l'homme des neiges, ? Le ?
Merci. ? Vous avez lu ? [rires] Ben vous savez comment il s'appelle le Yéti chez ?
Attends, vas-y, elle va te faire la photo. Merci. C'est le Migou.
Vous êtes le ? Oui, c'est ça, oui, c'est moi. Vous devez crever de chaud là, ?
Ah il fait sacrément chaud. [rires] Je vous crois. Merci beaucoup.
Faut dire que vous avez la tenue pour ça. Bon courage. Merci à vous aussi. [acclamation][applaudissements] [applaudissements][acclamation] [acclamation] [applaudissements] [acclamation] [applaudissements] vous supplie d'agir et d'utiliser la campagne présidentielle pour vous singulariser, vous montrer partout, imaginer des commandos culturels qui font des descentes pour expliquer, démontrer, faire du spectacle vivant euh et donc mettre en mouvement toutes les facettes de ce que nous nous considérons comme la culture vivante.
Parce que le moment il est super culturel au sens de ça engage la vision qu'on a de la vie, des relations entre les êtres humains, euh bon, et on est pris en tenaille, bon, c'est une lutte difficile à à ce moment parce que vous êtes en difficulté, d'année en année tous les budgets ont été réduits, on est entré dans des phases d'appauvrissement général, d'abord de ceux qui travaillent et d'appauvrissement parce que comme on me l'a très bien expliqué ce matin, c'est clair que quand les budgets baissent, que il faut faire appel à beaucoup de mécénat parce qu'il y a pas d'argent public, et bien les moyens qu'on met en œuvre pour un spectacle, ils sont sous deux emprises. Un, ne pas prendre de risque pour avoir de bons résultats et deux, ne pas sortir trop de la norme commune pour pas faire du scandale qui euh provoque alors ça c'est deux choix qui sont contre-culturels. Concrètement, comment on la protège cette ?
Et bien déjà avant déjà il faut faire admettre Oui oui, OK, la question est est est est bonne. C'est faut déjà faire admettre que c'est ça l'idée. Parce que vous avez deux approches de la de la culture.
L'approche euh convenue, c'est la culture elle aussi est un moyen de hiérarchisation. C'est-à-dire moi je vais au spectacle, j'ai vu la pièce, d'accord, je suis con parce que je parle de neutralité, mais euh je je crois aux bons auteurs, pas de bol, il y en a pas un qui soit conforme, hein. Mais pour eux, la culture est à nouveau un moyen de hiérarchiser.
Il y a ceux qui en consomment, qui sont capables de l'apprécier et puis les autres. Et les autres, on leur sert quoi qu'ils prennent, c'est une nourriture frelatée. Donc le jazz, ah musique de merde, euh jusqu'à ce que ce soit le nec plus ultra d'aller écouter ça.
Euh et ainsi de suite. Et ce chemin fait de la culture une manière, un attribut social. Donc déjà, première idée, que nous, ceux qui y croient, on commence d'abord par arrêter avec les complexes et admettre que notre substance est cette diversité.
C'est le surgissement du neuf. Si vous allez voir pour la 10e fois Macbeth, euh puisque ça se joue ici, pourquoi vous y ? Parce qu'il va être joué autrement.
C'est pour ça que vous y allez si vous l'avez déjà vu une fois. Et ainsi de suite. Donc vous êtes comme être humain en appétit de découverte, de nouveauté, de choses qui vous percutent.
Donc comment on ? Bah on entretient les conditions. Mais d'abord ça commence par nous.
La la première capacité d'entraînement, elle est en nous. Et si nous nous acceptons d'être normalisés, que nous acceptons l'idée qu'il y a une culture neutre, que que au fond, peut-être que les fachos ont raison, il faut pas trop provoquer. Mais c'est l'essence même de l'acte culturel de provoquer.
Par conséquent, ça n'existe pas la culture conforme, ça s'appelle du dressage la culture conforme. Et c'est le moment de cette grande bataille. Au milieu, il y a des gens [applaudissements] Au milieu, il y a des gens qui servent à rien, qui bavardent.
Il nous reste une une minute 30. Je vais vous demander un exercice de synthèse. Si je résume, trois mesures que vous avez proposé ce soir Ouais. créolisation de la culture Qu'est-ce Pardon, recommencez. créolisation de la culture, on peut dire ?
Le 1 % minimum au budget et la culture et la culture dans l'éducation et en finir avec Bolloré, on en met quatre. Ça vous va comme ? Pour ce soir, ça va quoi.
Mais surtout retenez le reste. Le feu sacré de la culture, c'est l'insoumission. [acclamation] [applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon