Les critiques de Bruno Retailleau, les municipales de Rachida Dati à Paris... Le 8h30 d'Othman Nasrou
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France Info Bonjour Othmane Nassrou.
Bonjour Aurélie Herbemont.
Vous êtes très proche de Bruno Retailleau, numéro 3 des LR. Le ministre de l'Intérieur a suscité la colère des macronistes avec une interview à Valeurs Actuelles où il décrète la fin du macronisme et affirme que le « en même temps » alimente l'impuissance. Est-ce bien raisonnable de parler ainsi du chef de l'État qui l'a nommé ministre ?
Mais il n'y a rien de nouveau. Bruno, je veux simplement vous rappeler que quand nous sommes entrés au gouvernement, nous n'avons pas changé de conviction. J'ai l'impression que certains s'étonnent que des ministres de droite soient de droite. Nous n'avons jamais cru en même temps. C'est ce que dit Bruno Retailleau dans cette interview. Cette idée qu'on peut être à la fois de droite et de gauche nous a conduit...
C'est très violent de dire que ça alimente l'impuissance.
Le « en même temps » a conduit à une forme d'immobilisme parce que quand vous voulez être à la fois de droite et de gauche, vous ne choisissez pas un cap politique clair. Nous l'avons toujours dit, nous avons toujours pensé que c'était une impasse. Quant au macronisme, je risque peut-être de faire une révélation sur votre antenne, mais il me semble qu'en 2027, Emmanuel Macron ne sera plus président de la République.
Et ne pourra pas se représenter en 2027.
Oui, et donc nous aurons un autre président de la République. Nous avons une autre majorité politique à construire et nous souhaitons, nous, qu'il y ait un cap politique à droite parce que je crois que le pays a besoin des solutions de la droite. Donc il n'y a rien de nouveau. Et tous ceux qui pensaient que Bruno Retailleau allait mettre ses convictions de côté, aujourd'hui découvrent que ce ne sera jamais le cas.
Mais pourquoi être au gouvernement quand on est aussi virulent avec le chef de l'État et une grande majorité de ses collègues du gouvernement qui sont, eux, macronistes ?
D'abord, quand d'autres nous critiquent, je pense à Gabriel Attal qui a expliqué pourquoi il n'était pas de droite, pourquoi il considérait que la droite, c'était presque une maladie honteuse. Bon, c'est sa liberté, je ne l'ai pas entendu. Il n'est pas allé jusqu'à là quand même. Il a quand même eu des mots extrêmement durs, mais c'est sa liberté. Il a le droit d'avoir sa sensibilité.
Vous avez le droit de vous attaquer les uns les autres au sein de cette coalition ?
Non, il n'y a pas d'attaque. Justement, on vous parlait de coalition et vous me demandez le sens que ça a d'être au gouvernement. Je vous rappelle que nous sommes au gouvernement pour faire barrage à la gauche et à l'extrême gauche. Que c'est cela, le sens de la participation des républiques au gouvernement pour éviter des difficultés supplémentaires à notre pays et pour éviter le chaos budgétaire et la crise financière qui pourrait se produire s'il n'y a pas une solution, un budget qui est adopté pour notre pays.
Sauf qu'on a l'impression que le chaos est un peu au gouvernement ces jours-ci. Elisabeth Borne dit à propos de cette interview de Bruno Retailleau « Tenter de diviser le socle commun, c'est affaiblir le rempart contre les extrêmes. Agir ensemble exige du respect mutuel. » Le parti Renaissance, vous parliez de Gabriel Attal, mais là c'est le parti, le parti dénonce des propos une fois de plus inacceptables, une fois de plus c'est intéressant, des provocations et petits calculs politiques. Est-ce que Bruno Retailleau n'est pas allé trop loin cette fois ?
Moi j'ai lu encore une fois l'interview, il dit ce qu'il a toujours dit et ceux qui pensaient qu'il allait encore une fois mettre ses convictions de côté découvrent que ce ne sera pas le cas, il n'y a absolument rien de nouveau. J'appelle tout le monde à un peu de sérénité, un peu de calme et à accepter la critique. Est-ce que tout va bien dans notre pays ? Est-ce que la politique qui a été menée ces dernières années est la bonne ? J'entends Madame Borne parler de rempart face aux extrêmes, mais pourquoi les extrêmes aujourd'hui sont aussi hauts ?
C'est à cause du macronisme, c'est ce que vous allez nous dire.
Moi je souhaite qu'il y ait un cas politique, c'est à cause du en même temps, parce que quand vous expliquez que la droite et la gauche c'est pareil, les gens qui sont légitimement en colère au regard de l'état du pays, se tournent vers des solutions extrêmes parce que la démocratie suppose l'alternance. Et donc je vous le dis très clairement, il n'y a rien de nouveau dans cette interview. Bruno Retailleau, il est constant, il a toujours les mêmes convictions, il les défendra jusqu'au bout et nous avons nous à droite une responsabilité pour l'avenir du pays.
La formule de Bruno Retailleau aussi dans cette interview, c'est de dire que c'est une droite utile mais pas docile, mais est-ce que c'est possible de multiplier longtemps des fronts avec les macronistes sur le macronisme ? Il y a eu les énergies renouvelables il y a quelques semaines, il y a eu la proportionnelle quelques semaines avant, combien de temps ça peut tenir ?
Écoutez, ça tiendra le temps qu'il faudra encore une fois, tant qu'il ne va pas.
Vous n'avez pas peur qu'il se fasse sortir du gouvernement à force de pousser le bouchon un peu loin Bruno Retailleau ?
Écoutez, si on sort du gouvernement, parce qu'on ne peut pas être pleinement de droite dans ce gouvernement, ça dirait quelque chose aussi de la situation dans laquelle on se trouve. Non, moi je vous le dis très franchement, mon inquiétude n'est pas là. C'est qu'il faut dire la vérité aux Français, sur l'état du pays, sur les solutions qu'on propose. Bruno Retailleau ne fait pas semblant. Et encore une fois, il faut que tout le monde garde son calme et son sang froid. Nous avons des divergences avec Renaissance, qui sont très importantes, qui sont très profondes. Et donc c'est normal que chacun dise ce qu'il pense de l'état du pays et des solutions qu'il propose.
C'est un gouvernement d'assemblage, dit ce matin la porte-parole du gouvernement LR, Sophie Prima. Bruno Retailleau a rendez-vous demain, à l'heure du calendrier, avec le chef de l'État, pour parler d'un autre sujet de tension, l'Algérie. Comment vous pensez que ce rendez-vous peut se passer, après les déclarations du ministre de l'Intérieur ?
Mais voilà un sujet sur lequel il y a des lignes différentes, au sein du gouvernement. Et avec Bruno Retailleau, nous défendons depuis le départ une ligne de fermeté. Je ne crois pas que ce soit joué contre le gouvernement, que de constater qu'aujourd'hui, la diplomatie n'a pas fonctionné.
Alors, Bruno Retailleau va plus loin. Il dit la diplomatie des bons sentiments a échoué, à propos de Boilem Sansal, qui est donc toujours emprisonné à Alger. Et ce à quoi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, dit qu'il n'y a pas de diplomatie des bons sentiments, ni diplomatie du ressentiment, il y a juste la diplomatie. Là encore, est-ce que c'est tenable longtemps, deux ministres qui s'affrontent de la sorte ?
Mais ça, ce sera, écoutez, à chacun de prendre ses responsabilités. Nous nous constatons simplement que Boilem Sansal n'a toujours pas été libéré. Nous avions accepté cette idée qu'il fallait laisser une chance à la diplomatie. On lui avait demandé d'être discret ces dernières semaines. Mais c'est normal. On parle là, effectivement, de la situation d'un homme, d'un grand écrivain français, malade, qui est détenu de manière arbitraire en Algérie.
Sauf qu'il y a plusieurs mois, Bruno Retailleau avait haussé le ton. Ça n'a rien changé. Ça n'a pas plus fait libérer Boilem Sansal.
Je pense qu'il faut qu'on aille au bout, aujourd'hui, du bras de fer.
Donc, qu'est-ce que Bruno Retailleau va demander demain à Emmanuel Macron ?
Bruno Retailleau défend depuis le départ cette idée de riposte graduée qui avait commencé à être mise en œuvre. Ensuite, on nous a expliqué qu'il fallait laisser un temps à la diplomatie. J'aurais vraiment souhaité que Boilem Sansal soit libéré. Donc, en responsabilité, nous avions évidemment accepté d'attendre, de voir si le régime algérien allait dans un esprit de justice, d'ouverture et d'humanité, libérer Boilem Sansal. Ça n'a pas été le cas. Et donc, il faut aller au bout de la logique. Et bien, utiliser tous les leviers dont on dispose face à un régime qui ne respecte pas ses obligations.
Il n'y a pas de raison que nous respections nos obligations dans des accords qui sont conclus entre la France et l'Algérie.
Vous demandez la remise en cause des accords de 68 qui facilitent l'immigration des Algériens en France, par exemple ?
Mais ce doit être envisagé. Et cet accord est dérogatoire en matière migratoire. Il accorde des facilités aujourd'hui à un pays qui, en retour, ne respecte pas ses obligations. Mais avant cela, il y a d'autres choses à faire. Et Bruno Retailleau a pris la décision de supprimer des facilités diplomatiques, déjà un certain nombre de dignitaires algériens.
De dignitaires du régime.
Il y a l'accord de 94, qui est celui d'ailleurs qui prévoit que l'Algérie doit reprendre, doit reprendre ses ressortissants. Quand leur nationalité ne fait pas de doute, elle ne le fait pas.
Bruno Retailleau, depuis des mois, hausse le ton sur la reprise par l'Algérie des OQTF dangereux, sauf qu'Algérie ne le fait pas. Donc la manière forte n'a pas porté ses fruits non plus.
Il y a bien encore des manières d'aller au bout de ce bras de fer. Il y a bien encore des mesures à prendre. Et donc, encore une fois, si la diplomatie n'a pas suffi, c'est que nous avions raison de dire, et nous le redisons aujourd'hui, qu'il faut aller plus loin dans cette riposte graduée, dans ces mesures, jusqu'à ce qu'on obtienne ce qui est simplement l'application du droit international.
Othmane Nasrou, Rachid Haddati, ministre LR de la Culture, est renvoyée en correctionnelle avec Carlos Ghosn pour corruption et trafic d'influence. Elle a fait appel. Emmanuel Macron a raison de la maintenir en poste dans ses conditions.
Vous savez, dans une affaire comme celle-ci, vous ne pouvez pas avoir de principe à géométrie variable. Vous ne pouvez pas avoir de principe qui s'adapte en fonction des circonstances, en fonction des personnes. Vous ne pouvez pas, dans une démocratie, tordre les principes. Il y a un principe de présomption d'innocence.
Donc, on peut rester ministre en étant face à un procès dans quelques mois.
Les conséquences politiques ne peuvent être tirées que d'une réalité judiciaire. Cette réalité judiciaire est-elle établie aujourd'hui ? La réponse est non. Une procédure est en cours. Il ne m'appartient pas de la commenter. Et quand une décision, un jugement sera rendu, là, évidemment, les choses pourront être différentes. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et donc, Rachid Haddati est présumée innocente. Il faut respecter cette présomption d'innocence.
Alors, vous ne voulez pas commenter la procédure, mais hier soir, Rachid Haddati s'est défendue sur LCI. Elle a plus ou moins accusé la justice d'être politique. Elle a mis en cause des magistrats. Est-ce que ça, vous pouvez commenter ? Est-ce que vous trouvez ça choquant de la part d'une ancienne garde des Sceaux ? Rappelons-le.
Rachid Haddati a le droit de se défendre. Elle a le droit de dire ce qu'elle pense de sa situation. Elle est mise en cause. C'est normal qu'elle oppose ses arguments, qu'elle le fasse si elle le souhaite sur la place publique. Encore une fois, c'est sa responsabilité. Moi, mon sujet en l'occurrence...
Critiquer la justice, ce n'est pas problématique. On voit que c'est récurrent toutes ces dernières années dès qu'il y a des affaires judiciaires que ça concerne LR ou pas que LR. Je pense au Rassemblement National, etc.
Je crois que c'est différent de critiquer la justice ou simplement de critiquer une décision de justice ou une procédure ou un certain nombre d'actes. Voilà. Donc, encore une fois, la justice n'est pas non plus un continent à part entière. Les Français ont le droit d'avoir un avis sur leur justice, d'avoir un avis, de commenter aussi parfois des décisions de justice qui peuvent paraître surprenantes, sur lesquelles on peut vouloir faire évoluer là aussi nos règles. On a eu ce débat sur l'état de droit. Il ne faut pas confondre l'état de droit et l'état du droit. Mais bien sûr.
Et donc, on a eu ce débat d'ailleurs au moment de l'inéligibilité et de l'aspect suspensif ou non d'un appel en matière de... Pour Marine Le Pen. Pour Marine Le Pen. Et donc, voilà aussi les principes. Vous ne les adaptez pas en fonction de vos intérêts politiques. Donc, voilà.
La date du procès de Rachida Dati sera fixée fin septembre. Fin septembre, c'est à peu près le moment où la campagne pour les municipales va commencer. Est-ce que Rachida Dati peut être la candidate des LR à Paris ?
L'enjeu à Paris, il est extrêmement simple. C'est que nous devons tout faire pour essayer de tourner la page d'une gestion qui est catastrophique de notre capitale. Par une gauche totalement idéologique, la propreté, la sécurité, la gestion financière de la ville de Paris. Est-ce que Rachida Dati
est la bonne candidate pour tourner cette page ?
Eh bien, nous le verrons le moment venu puisque nous avons des procédures dans notre parti aujourd'hui.
Est-ce qu'il aura lieu la commission d'investiture pour Paris ?
Probablement à la rentrée. Aujourd'hui, nous avons une commission d'investiture dans quelques jours, c'est lundi prochain, qui va d'abord s'intéresser aux législatives partielles.
A la législative partielle, notamment celle qui va se dérouler à Paris, à la rentrée, sur une partie du septième arrondissement, là où Rachida Dati est maire et où Michel Barnier veut être candidat. C'est ça, le premier enjeu de lundi. Barnier, Dati, qui va gagner le bras de fer ?
Vous avez raison de rappeler que nous faisons les choses les unes après les autres et donc nous avons d'abord cette législative partielle et c'est un sujet différent de celui des élections municipales à Paris, comme d'ailleurs dans d'autres grandes villes. Nous n'avons pas non plus fait Marseille, nous ne sommes pas encore occupés des grandes villes. Nous y travaillons aujourd'hui le plus rapidement possible. sur cette législative partielle, nous avons la chance d'avoir la candidature de Michel Barnier. C'est une très bonne candidature.
Mais Rachida Dati aussi veut être candidate.
La commission nationale d'investiture se réunira, les entendra d'ailleurs s'il le souhaite et tranchera. Nous avons des règles dans ce parti que nous essayons d'ailleurs de moderniser, c'est un autre sujet, mais nous avons des règles et un fonctionnement interne et donc la commission d'investiture qui est présidée par Ali Gennevard se réunira lundi prochain à 17h et tranchera s'il y a plusieurs candidatures. Mais moi, je veux vous le dire très clairement, Michel Barnier a la légitimité. C'est une chance qu'aujourd'hui qu'il soit candidat...
Alors qu'il n'a jamais été élu de cette circonscription, il revendique toujours ses racines savoyardes,
pas parisiennes. Il habite cette circonscription depuis longtemps maintenant. Il y est ancré et puis encore une fois, c'est un ancien Premier ministre qui a une très grande expérience politique. Je crois que ce serait une chance de l'avoir dans cette période aussi de chaos et de désordre à l'Assemblée nationale pour porter nos couleurs et j'espère qu'il gagnera cette circonscription. Nous ferons tout pour que le siège revienne encore une fois chez les Républicains avec quelqu'un de la qualité de Michel Barnier.
C'est très clair. Effectivement, vous êtes plutôt pour Michel Barnier que pour Rachida Dati pour les législatives.
Non mais ce n'est pas l'un ou l'autre. Ah bah si, c'est l'un ou l'autre. Non, mais nous avons la chance d'avoir la candidature de Michel Barnier. Il n'est candidat contre... Et Rachida Dati aussi a dit hier soir, je suis candidat. Mettre en selle les déchirements, les affrontements. Mais parce que vous êtes très fort pour mettre en selle
vos propres déchirements.
C'est vrai. Mais nous allons arrêter de le faire parce que nous avons une responsabilité aujourd'hui. Je vous dis simplement que Michel Barnier n'est candidat contre personne. Il l'a dit lui-même. Et c'est une belle et bonne candidature. Voilà. Le 830 France Info Aurélie Herbemont
Nous sommes toujours en compagnie d'Autman Nassrou, secrétaire général des Républicains. On a bien compris avant le fil info que pour la législative partielle à Paris, votre cœur va plutôt vers Michel Barnier que Rachida Dati. Est-ce que ça veut dire que Michel Barnier vous l'envisagez comme un plan B potentiel pour les municipales si Rachida Dati devait être empêché par la justice ?
Je vous réponds clairement non. Nous ne avons pas aujourd'hui de stratégie de ce type-là qui d'ailleurs ne sont jamais des bons calculs. Nous avons une élection législative partielle que nous n'avons pas souhaitée. C'est ce que soupçonne
Rachida Dati et ses proches. Rachida Dati dit que Michel Barnier est instrumentalisé pour diviser.
Non, mais je vous rappelle d'ailleurs que quand on est député on ne peut pas être maire de Paris. Il y a une règle aujourd'hui qui est celle du non-cumul. Il y a une élection législative partielle qui n'était pas prévue. Nous avons la chance d'avoir Michel Barnier qui habite cette circonscription qui a la légitimité pour y aller et je souhaite qu'on s'unisse tous derrière lui pour gagner ce siège et parce que ça sera une chance de l'avoir à l'Assemblée nationale. Voilà. Et la question des ministres de Paris est une question pleine et entière et nous prendrons nos décisions le moment venu.
Oui, nous avons une responsabilité de faire battre la gauche aujourd'hui qui d'ailleurs a un comportement honteux je veux quand même le dire on parlait de présomption d'innocence tout à l'heure. Je suis un peu choqué de ce que j'entends dans la bouche d'Emmanuel Grégoire ou d'Yann Brossat qui eux ont des principes à géométrie variable.
Alors Yann Brossat puisque vous en parlez effectivement qui est aussi pour l'instant candidat communiste à la mairie de Paris faisait référence au slogan de Bruno Retailleau la France des honnêtes gens et mettait effectivement en balance ce slogan et le fait que Rachida Dati soit confronté à un procès imminent c'est pas gênant pour l'image du parti si Rachida Dati est votre candidate ?
Mais encore une fois il y a une présomption d'innocence je vais le dire très clairement et on ne peut pas vouloir décider à la place de la justice et dire la vérité judiciaire à la place de la justice et des démocrates des gens qui sont attachés à la République ne devraient pas mélanger les genres comme ça ne devraient pas tout simplement bafouer la présomption d'innocence pour en tirer des conséquences politiques aujourd'hui elle est présumée innocente et donc nous nous avons une procédure un choix de candidat nous avons une présidence de fédération et on sent bien que vous voulez
temporiser
oui nous avons une présidence de fédération qui est Agnès Evren il n'y a pas d'évidence
parce que ce soit Rachida Dati la candidate
mais pas moins aujourd'hui qu'hier il y a une procédure qui est en cours en interne avec encore une fois les élus LR de Paris pour choisir le meilleur scénario Rachida Dati est une candidate légitime il peut y en avoir d'autres nous allons regarder tout cela et faire la meilleure option pour l'instant les présomées innocentes ça n'interfère pas aujourd'hui dans notre calendrier et le comportement de la gauche je veux le dire est honteux honteux parce que encore une fois il bafoue des principes fondamentaux de notre démocratie
Otman Nassrou parlons d'un autre sujet la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieille a accueilli hier ses 17 premiers narcotrafiquants dangereux qu'est-ce que ça va changer concrètement qu'ils soient enfermés là-bas ?
moi je pense que aujourd'hui on a la chance d'avoir d'abord un vrai cap au gouvernement sur ces questions de narcotrafique là-dessus ça roule là-dessus ça roule mais ça roule sur bien d'autres sujets si vous le souhaitez je peux vous dire aussi les premiers résultats en matière de maîtrise des flux migratoires sans majorité à l'Assemblée nationale nous avons des résultats et sur le narcotrafique il y a cette grande loi qui a été adoptée là aussi dans un grand consensus politique et je m'en réjouis et qui donne des outils supplémentaires il y a cela et il y a effectivement ce que fait Gérald Darmanin à la justice et tout cela est convergent et c'est tant mieux et moi je m'en réjouis parce que nous avons besoin aujourd'hui de rattraper un retard considérable que nous avons pris ces dernières années face à des gens de plus en plus dangereux à la criminalité organisée qui sapent les fondements même de notre état
dans cette prison et dans la deuxième prison qui sera aussi à Condé-sur-Sarthe il va y avoir des brouilleurs de drones de téléphones des fouilles après chaque contact avec l'extérieur est-ce que c'est possible que cette prison soit vraiment complètement étanche pour empêcher ces narcotrafiquants de continuer leur trafic voire de commanditer des meurtres ou est-ce que c'est pas un peu illusoire de penser qu'on peut vraiment les isoler totalement et que c'est fini ils sont mis hors d'état de nuire entre guillemets
non mais il n'y a aucune raison de penser que c'est illusoire vous voyez c'est intéressant c'est qu'on s'est habitué à une forme d'impuissance publique quelqu'un qui est en prison en théorie ne devrait pas avoir accès à un téléphone portable depuis lequel il commandite des assassinats depuis sa cellule de prison et on s'est habitué à cette réalité qui est aujourd'hui une réalité dans beaucoup de nos prisons donc pour ces individus particulièrement dangereux un effort important est fait pour que ce ne soit pas le cas il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas effectivement les brouilleurs la sécurité renforcée les effectifs aussi qui seront considérablement plus importants dans ces prisons-là que dans d'autres prisons et bien on peut le faire évidemment pour quelques centaines d'individus on ne peut pas le faire pour l'ensemble de la population carcérale aujourd'hui mais il va falloir globalement que dans notre pays on s'arme davantage l'état cesse d'avoir la main qui tremble et moi je suis heureux de cette direction qui est prise aujourd'hui
et alors ce sont les plus gros narcotrafiquants qui sont emprisonnés dans ces centres de détention de haute sécurité mais il se trouve que ces derniers jours il y a eu des violences dans plusieurs villes de France sur fond de narcotrafiques c'est la preuve que ce qui est fait le gouvernement ne porte pas totalement ses fruits sur le terrain
mais Aurélie Herbemont personne ne pense qu'on va régler des problèmes aussi profonds dans notre pays en quelques mois sans majorité à l'Assemblée Nationale aujourd'hui ce gouvernement
c'est une question de majorité ?
ah oui parce que là il y a eu effectivement une loi sur le narcotrafique mais sur bien d'autres sujets vous savez tout ce tien
qui a été voté ?
oui mais quand vous ne maîtrisez pas qui rentre sur le territoire national quand vous n'avez pas la capacité de renvoyer à l'étranger des individus dangereux évidemment que ça contribue aussi à la montée de l'insécurité à la criminalité organisée bien sûr qu'il y a des réseaux mafieux qui exploitent aussi y compris des personnes en situation irrégulière et des mineurs bien sûr et là aussi il y a eu une loi pour le coup qui avait été proposée par Gabriel Attal vous voyez moi je ne suis pas simplement dans la politique partisane il y avait des bonnes dispositions dans cette loi un certain nombre ont été censurées par le Conseil constitutionnel bon et donc vous voyez qu'aujourd'hui notre état de droit peut nous entraver
Bruno Retailleau n'a pas encore tous les outils pour mettre en oeuvre sa politique qui pourrait lui servir pour plus tard pour ses éventuelles ambitions présidentielles
Bruno Retailleau aujourd'hui il démontre ce que ferait la droite demain c'est laver tous les leviers et il y a beaucoup à faire et il fait aujourd'hui ce qu'il peut et il fait déjà beaucoup avec les moyens dont il dispose et c'est déjà une chance de l'avoir aujourd'hui au ministère de l'Intérieur mais demain il faudra qu'on donne au pays le cap politique pour régler profondément les sujets dont vous avez parlé et c'est vrai que ce sont des sujets aujourd'hui qui préoccupent légitimement beaucoup de nos concitoyens
merci
c'est moi qui vous remercie
Bruno Retailleau