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interviewBFMTV· 23 juillet 2025 22 min

Loi Duplomb, tensions au sein du gouvernement… La prise de parole de Bruno Retailleau en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Retailleau

Nous sommes dans une ferme.

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Présentateur

Bien, bonjour mesdames et messieurs. Donc nous sommes aujourd'hui dans une ferme du Val-d'Oise pour aborder avec les agriculteurs le thème de la sécurité. 15 000 faits délictueux sont commis dans les exploitations agricoles chaque année et qui pourrissent véritablement la vie de nos exploitants agricoles. C'est du vol de récolte, c'est du vol de bétail, de matériel agricole. Ce sont des rodéos, des rêves partis, des incivilités en tout genre, des dépôts sauvages. Donc ça rend la vie impossible aux agriculteurs. Et puis ça les met en situation d'insécurité permanente alors même qu'ils travaillent dur. Et cela compromet l'exercice de leur métier.

Parfois cela détruit aussi les cultures, mais aussi la capacité qu'a la terre de se régénérer. On détruit véritablement le fond. Donc c'est un problème majeur et nous avons ici dans ce département du Val-d'Oise une organisation absolument exemplaire de lutte coordonnée contre ces actes de délinquance auxquels il faut impérativement apporter une détermination, une lutte déterminée pour les enrayer, pour les décourager, pour les pénaliser et pour suivre leurs auteurs. Alors ils sont à la fois victimes d'une délinquance de proximité. Ce sont les rodéos par exemple qui viennent s'ébattre dans les cultures, souvent de la ville voisine.

Ou alors c'est une délinquance mafieuse internationale qui s'approprie par exemple les GPS de matériel agricole. C'est un trafic juteux et donc attractif auquel il faut apporter une réponse spécifique. Donc cette réponse elle est de plusieurs heures. D'abord de l'ordre de la prévention avec le dispositif Vigie Agri qui vise précisément à prévenir ces actes de délinquance. C'est l'objet de la convention qui a été signée entre les services de l'Etat, la gendarmerie, la police nationale et puis les agriculteurs. C'est aussi de la simplification que nous voulons apporter en prenant les plaintes sur le lieu même des exploitations pour faciliter la chose et inciter au dépôt de plaintes.

C'est aussi bien sûr la lutte, la lutte très déterminée avec des sanctions qui sont dissuasives, que nous voulons dissuadisives et que nous n'hésiterons pas à alourdir. Il y a une proposition de loi très intéressante qui va être déposée qui caractérisera un délit d'entrave à l'exercice du métier. Donc vous voyez toutes ces réponses visent véritablement à montrer aux agriculteurs que nous avons pris la mesure de la délinquance dont ils sont les victimes qui vraiment sont une difficulté quotidienne pour eux. Et puis nous apportons aussi une réponse de sécurité. C'est le sens de la présence du ministre de l'Intérieur.

Nous sommes côte à côte pour montrer aux agriculteurs que nous sommes non seulement en soutien, mais d'une totale détermination pour répondre à leurs problèmes à un moment où quand même la situation des agriculteurs est difficile, où ils sont l'objet de difficultés, la PAC, le Mercosur, le débat qui a eu lieu récemment autour de la PPL visant à lever les entraves, qui les montrent du doigt injustement. Ils ont besoin du soutien de la nation parce qu'ils remplissent peut-être la mission la plus noble qui soit, qui est celle de nous nourrir.

3:50
Bruno Retailleau

– Bien, je voudrais remercier la ministre de l'Agriculture d'être à nos côtés puisqu'on est à la fois sur un sujet agricole, qui est son périmètre ministériel, mais aussi sur un sujet sécurité. Et c'est la raison pour laquelle je suis venu accompagner du directeur général de la Gendarmerie nationale, ce qui montre bien qu'on attache une bienveillance extrêmement importante à cette question de la sécurisation dans les campagnes de nos agriculteurs. Je suis venu avec un double message, un message de soutien, mais aussi un grand message de fermeté.

Le message de soutien, c'est le soutien à nos agriculteurs parce qu'ils sont le visage de la France qui travaille, de celles et ceux qui au quotidien nourrissent les Français, de celles et ceux qui nous assurent une souveraineté alimentaire. Nous sommes dans un monde dangereux, l'arme alimentaire, comme l'indique l'expression, est devenue là encore une arme dans les rapports de force qui s'imposent entre les nations et nos agriculteurs concourent directement à l'indépendance de notre nation sur ce plan-là et de même qu'à notre souveraineté.

Et je voudrais simplement redire, après les propos que vient de tenir la ministre de l'Agriculture, que certains ont voulu une France sans industrie, en tout cas sans usine. Ils y sont presque parvenus, avec la désindustrialisation. Eh bien, je ne veux pas que demain, nous ne voulons pas que demain, ils réussissent à faire qu'il y ait une France sans ferme. On a besoin des fermes, on a besoin des agriculteurs pour assurer une prospérité, une souveraineté à la France. Et puis, il y a ce message de fermeté parce qu'il ne faut pas croire qu'aujourd'hui, la violence, que les vols, que les rodéos soient le monopole des quartiers et des villes. C'est aussi en campagne que cela se passe.

Par exemple, sur les rodéos, la moitié des rodéos ont lieu dans nos campagnes. Mais grâce à l'action très ferme de nos forces de sécurité intérieure, c'est aussi aux campagnes qu'on a de très bons résultats puisque les deux tiers des véhicules qui sont saisis après des rodéos, c'est précisément en zone campagne. Et là encore, 70% des interpellations pour les rodéos, c'est toujours en zone campagne. Donc, les agriculteurs sont confrontés à de nombreux défis dans une société qui devient hyper violente. On a cité il y a quelques instants les vols.

Il faut savoir que nous avons là encore un certain nombre de pistes et que nous avons des succès, des résultats, notamment avec la gendarmerie nationale parce que nos campagnes sont évidemment sous l'empire de la gendarmerie nationale et non pas de la police nationale. Et à titre d'exemple, en février, en mars, nous venons de démanteler deux filières. C'est une délinquance itinérante. Ce sont des organisations mafieuses, comme l'indiquait la ministre, très professionnelles. En février, c'était un Roumain. Les vols représentaient 800 000 euros. En mars, c'était une filière géorgienne, lituanienne, roumaine. Il y en avait pour plus de 500 000 euros.

Et donc, il faut que nous puissions armer nos campagnes, nos agriculteurs, grâce à une coordination. Je voudrais saluer le rôle du préfet du Val-d'Oise, mais aussi des forces de sécurité intérieure, que ce soit police, bien sûr, en zone police ou en zone gendarmerie, la gendarmerie nationale. C'est ce que nous sommes venus faire. Il y a une convention qui vient d'être signée. Je veux aussi rendre hommage à la présidente du département, parce que même les collectivités s'engagent. La présidente du département du Val-d'Oise a acquis 4 motos qui nous permettront de poursuivre, notamment les fauteurs de troubles en matière de rodéo.

Là encore, dès qu'on a connaissance des faits, désormais, pour la gendarmerie nationale, il y a un office central de lutte contre cette délinquance itinérante qui permet d'appuyer les 22 sections de recherche régionale et territoriale. Et ça nous permet d'avoir une force d'enquête, d'investigation qui, précisément, nous permet d'avoir des résultats. Annie a appuyé aussi sur Vigia Gris qui est là encore une sorte de chaîne de SMS pour prévenir, pour alerter.

Et là aussi, on a différents moyens qu'on va mettre en œuvre pour qu'on puisse faire en sorte qu'on ne laisse pas tranquille celles et ceux qui troublent la tranquillité de nos campagnes quand ils font des rodéos, quand ils déposent, par exemple, des déchets dans les champs, quand ils viennent illégalement occuper un certain nombre de terrains. Je pense notamment aux gens du voyage. Je n'ai aucun problème sur le nomadisme, sur ce mode de vie, simplement. Il n'y a pas deux catégories de Français. La norme, la loi, la règle, elle est la même pour tous. Voilà. Et donc, on n'a pas le droit d'occuper illégalement un terrain communal.

On n'a pas le droit d'occuper illégalement un terrain agricole dans une propriété privée. Dans ce département du Val-d'Oise, il y a eu 250 évaluations. Et croyez-moi, chaque week-end, j'ai les préfets, j'ai les forces de l'ordre pour faire en sorte que, précisément, la loi reste supérieure aux pratiques qui sont des pratiques qui ne sont que condamnables. De ce point de vue-là, il y aura un texte qui sera porté dans quelques mois. Et ce texte-là va nous donner de nouvelles prérogatives, précisément pour combattre celles et ceux qui considèrent qu'ils peuvent s'installer n'importe comment et n'importe quand sur le territoire public, sur la propriété publique ou sur la propriété privée. Voilà.

C'est un message de fermeté. Et nous voulons dire à nos agriculteurs que, bien souvent, ils sont des victimes. Il est hors de question de les laisser seuls. Nous sommes à leur côté et nous allons mettre à leur disposition un certain nombre de moyens. Nous discutons d'ailleurs avec la ministre de l'Agriculture et avec les constructeurs de GPS parce qu'on pourrait équiper les GPS, je n'en dirai pas plus, d'un certain nombre précisément de dispositifs qui nous permettront d'avoir une très belle efficacité si jamais ils venaient être volés. Voilà. C'est un message que je voudrais donner aux délinquants potentiels, aux voleurs potentiels.

10:03
Invité

Vous avez cité beaucoup d'émotions dans la population. Une pétition signée par plus d'un million 700 000 Français demande son recrète. Est-ce que vous pensez, comme d'autres membres du gouvernement auxquels vous appartenez, que cette disposition de la loi met la santé des Français en danger ? Il faut donc ne pas l'appliquer.

10:26
Bruno Retailleau

Pardon. Je ne le pense pas du tout. Je reprendrai les propos qu'Annie Genevard a déjà tenus et pourra intervenir. Ce texte a été voté par le Parlement, c'est-à-dire à la fois le Sénat et à l'Assemblée nationale. Je voudrais simplement redire aux téléspectateurs, aux auditeurs qui peuvent nous écouter de quoi il s'agit. En fait, il y a 27 États membres dans l'Europe. Sur ces 27 États membres, il y a 26 États membres qui utilisent cette molécule, l'acétamipride. La France ne l'utilisait pas. Ce qui fait que les betteraves pour faire le sucre, les noisettes étaient en train de dépérir.

Et ce qui fait qu'on importe des 26 autres pays un certain nombre de produits agricoles qui sont faits avec des pratiques de bien moindre qualité que celles dont font usage nos propres agriculteurs. Donc c'est une immense hypocrisie parce qu'interdire l'acétamipride alors qu'on appartient à l'Europe, alors que l'acétamipride est autorisée dans des conditions beaucoup plus laxistes dans les 26 autres pays européens, c'est se condamner à importer justement ces produits qui contiennent cette molécule alors que nous, il y a un certain nombre de garde-fous que la loi préfet a mise en place. Et ça, pour moi, c'est absolument fondamental.

Ça relève encore une fois de l'hypocrisie et c'est désespérant pour les agriculteurs parce qu'on a encore une fois l'agriculture la plus qualitative au monde. Et on a des interdictions encore une fois qui sont des interdictions qui mettent notre standard agricole très très loin devant beaucoup de standards y compris européens. Et enfin, je terminerai pour dire que tel que la loi a été votée, on est encore en surtransposition de la directive. C'est-à-dire que même avec cette loi votée, la loi prévoit des garde-fous bien supérieurs à ce que la directive européenne avait précisé.

Et enfin, on a un certain nombre là encore de règles sanitaires et de garanties qui ont été prouvées tout au long de ces dernières années. Mais peut-être que Annie est meilleure spécialiste que moi et pourrait compléter ce que je vous dis.

12:37
Présentateur

Je crois que vous avez, M. le ministre de l'Intérieur, résumé un texte que vous connaissez bien parce que lorsque vous étiez président du groupe sénatorial, vous avez évidemment travaillé sur ce texte. Ce que je voudrais dire à propos de ce texte et de cette pétition, c'est que je me rends compte en écoutant les commentaires des uns et des autres, en recevant comme tout un chacun les messages, que beaucoup ignorent la réalité de ce qu'il y a dans ce texte.

Et en tout état de cause, vous dire que l'agriculture française est assurément, et ça nous pouvons le dire, l'agriculture la plus vertueuse au monde, et que même avec ce texte de loi, nous avons le système le plus rigoureux, le plus contraignant, le plus encadré. Je rappelle un seul chiffre. Les terres susceptibles d'utiliser l'acétamipride aux conditions extrêmement rigoureuses auxquelles elle sera soumise représentent moins de 2% de la surface agricole. Ça veut dire que sur 98% du territoire agricole français, cette molécule ne sera pas utilisée. Enfin, le gouvernement a le souci de protéger notre agriculture et notre capacité de production.

Il en va de la souveraineté alimentaire, qui est le devoir d'un pays. Le devoir d'un pays est de pouvoir garantir à sa population d'être correctement alimenté, avec une alimentation sûre, saine, durable. C'est ce que nous faisons, avec un haut niveau de préoccupation de la santé humaine et de la santé de l'environnement. Et enfin, avec le souci de ne pas être en concurrence déloyale avec les autres pays de l'Union européenne, qui, que je sache, n'empoisonnent pas délibérément leur population. Enfin, dernier point, la décision est accompagnée par les organismes de référence, qui font référence au niveau international, au niveau européen, c'est l'EFSA, et au niveau national, avec l'ANSES.

La science est partout. A chaque étape d'autorisation de l'utilisation de ce produit, il y a les organismes de référence. Ce n'est pas une décision politique. C'est une décision politique qui l'a interdite, mais ce sont des décisions étayées par les organismes scientifiques de référence qui permettront de la réautoriser. Donc, il y a beaucoup de méconnaissances, et en tout cas, les victimes, aujourd'hui, en sont les agriculteurs qui sont injustement montrés du doigt. Les politiques ont l'habitude d'être critiqués dans les décisions qu'ils peuvent prendre. C'est leur métier.

Mais les agriculteurs qui travaillent dur, qui travaillent dur du matin jusqu'au soir et 365 jours par an, les agriculteurs qui nous nourrissent, ce qui est quand même une magnifique mission qui est la leur, se trouvent au milieu d'un débat dont ils sont véritablement les premières victimes. Et ça, dans mon rôle de ministre de l'agriculture, je ne le permets pas. voilà, je suis là aux côtés des agriculteurs parce que ils doivent être respectés.

16:06
Invité

Est-ce que vous êtes favorable à une deuxième délibération ? Est-ce que ça a été évoqué, notamment, c'est un pouvoir du président, donc, ça a été évoqué en Conseil des ministres. Et puisqu'on parle de Conseil des ministres, il y a votre entretien hier à Valeurs Actuelles, M. le ministre de l'Intérieur, qui a forcément été aussi pas très bien vu, notamment dans le camp macroniste. Est-ce que ce Conseil des ministres a été tendu avec le président de la République, comme le disent certains participants ?

16:35
Présentateur

Alors, moi, je voudrais répondre à votre question pour vous dire que la présidente de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, donc le Parlement, s'est très clairement exprimé pour dire que la loi devra, elle a été votée, elle a même été largement votée. Donc, il n'est pas question de leur point de vue, même si un débat est organisé, c'est à la main du... C'est une question parlementaire, en réalité. Donc, c'est le bureau de l'Assemblée nationale qui décidera de la tenue d'un débat. Je rappelle que ceux qui s'émeuvent des conditions dans lesquelles ce texte a été adopté sont précisément ceux qui ont cherché à l'obstruer.

Et c'est une réponse à l'obstruction qui a fait qu'il y a eu la décision prise par les députés de rejeter ce texte pour lui permettre d'arriver au terme de son examen. Donc, il y aura un débat si la conférence des présidents de l'Assemblée nationale en décide. Et de toute façon, le texte sera promulgué. Le président de la République me rappelait ce matin à l'issue du Conseil des ministres qu'il est dans l'obligation de promulguer la loi.

17:43
Invité

On peut demander une nouvelle délégation ? On commettrait une erreur.

17:45
Présentateur

Alors, il n'a pas été question du tout d'une seconde délibération, ce qui me paraîtrait être extrêmement périlleux parce que là, d'abord, ça contreviendrait à ce que les parlementaires eux-mêmes ont voté. Et puis ensuite, on compromet possiblement l'issue d'une loi qui, je le rappelle, vise à lever les entraînes qui pèsent sur le métier des agriculteurs. On ne peut pas résumer le stockage de l'eau à la seule question des mégabassines. On ne peut pas résumer la simplification de la construction des bâtiments d'élevage à l'élevage industriel. Ça ne veut rien dire, ça ne correspond pas aux standards français.

L'élevage industriel tel qu'on peut le voir dans certains pays n'existe pas dans notre pays avec des fermes de milliers de vaches ou de milliers de cochons. Ce ne sont pas nos standards. Donc il faut revenir, je rappelle quand même, il faut revenir à la raison, ce texte a été travaillé pendant des semaines et même des mois avec tout un tas de partenaires, y compris avec mes collègues, ministre de la Santé, ministre de la Transition écologique, ministre du Travail. Voilà, c'est un long travail de rassemblement, de convergence des points de vue, un long travail avec les professionnels, également, les agriculteurs.

Donc je crois qu'il faut là revenir à la raison et je ne vois pas motif à une seconde délibération mais encore une fois, si tel était le cas, ce serait la décision présidentielle mais je n'ai pas entendu du tout qu'on allait dans cette direction à date.

19:26
Invité

en lien avec la loi du plomb, toujours sur votre périmètre, il y a eu des élus politiques qui ont été menacés, des élus pro et anti du plomb. Est-ce qu'il faut renforcer la sécurité de ces élus ?

19:38
Bruno Retailleau

Bien sûr, nous y veillons et chaque préfet est appelé à prendre contact justement avec les élus et département par département, circonscription par circonscription, nous prenons un certain nombre de dispositions pour protéger les élus. Bien sûr, j'étais moi-même d'ailleurs amené à demander pour tel ou tel département sur tel ou tel élu des protections particulières soit des patrouilles de gendarmerie renforcées ou d'autres mesures.

20:04
Invité

Pour revenir à la question de mon confrère Thibaut de TF1-LCI, est-ce que ce matin, votre échange avec le chef de l'État était glacial comme certains participants

20:12
Bruno Retailleau

auraient pu le rapporter ? Écoutez, le conseil des ministres Annie Gennevar était là, s'est déroulé totalement normalement, d'autant plus que pour le ministre de l'Intérieur, c'est un conseil des ministres importants où il y avait un gros mouvement préfectoral, il fallait nommer une dizaine de préfets, ils ont été nommés et il fallait, mon général, nommer, je crois, une dizaine aussi de générales de gendarmerie, ils ont été tous nommés. Voilà. Donc, ça s'est très correctement passé. Pour le reste, je ne vois pas dans l'entretien que j'ai accordé à vos confrères ce que j'ai pu dire de nouveau que je n'aurais pas dit depuis déjà des mois. Vous voyez ?

Mais est-ce qu'on peut rester dans un gouvernement

20:47
Locuteur

dont on dit que le chef

20:48
Bruno Retailleau

ou Emmanuel Macron n'a pas d'avenir ? Non, non. Nous sommes, avec Annie et LR, nous avons décidé collégialement il y a plusieurs mois d'entrer au gouvernement. Pas parce que nous sommes des proches du chef de l'État, pas parce que nous sommes macronistes, c'est simplement parce que nous voulions éviter le pire. Éviter le pire pour nous, c'était d'abord éviter le chaos à la France au bord de la crise financière. Éviter le pire pour nous, c'était éviter les pires. Les pires, c'était la gauche mélenchonisée parce que si la droite avait dit non aux prisons de la République, alors c'est la gauche mélenchonisée qui aurait gouverné la France. Il n'en était absolument pas question.

Donc il y a un gouvernement qui réunit des bonnes volontés, un gouvernement que j'appellerais d'utilité publique où on a des sensibilités différentes. Et il faut le respecter. Je respecte évidemment à la fois la personne et la fonction présidentielle parce que je suis gaulliste. Ça ne fait pas de moi un macroniste. Chacun le sait depuis longtemps. Chacun doit pouvoir librement, respectueusement aussi, assumer sa propre différence politique. Je pense que c'est très important. Et je ne mélangerai pas ce sujet politicien au sujet important dont on vient de parler, notamment sur l'agriculture. Et donc, avec Annie Gennevard, nous vous remercions.