Taxe des entreprises : François Hollande dénonce "une dérive du processus"
François Hollande Au micro : Patrick Cohen, Anne-Élisabeth Lemoine, Elsa Tran Nguyen, Patrick LescureSource d'origineTranscription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15RelanceRéponse partielle
Sans trembler? Sans vous dire que vous allez ajouter une crise à une autre?
- 0:30OuverteRéponse directe
Vous étiez parmi les socialistes les plus indulgents à son égard.
- 1:00OuverteRéponse directe
La question sera posée lundi prochain.
- 1:30RelanceRéponse directe
C'est lui que vous sanctionnez et sa méthode.
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous n'étiez pas en vacances?
- 2:30RelanceRéponse directe
Vous récusez à la fois la question qu'il pose et la méthode?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30F.HollandeChiffre
« Il y a eu 1000 milliards d'endettements publics supplémentaires depuis 2017. »
- 3:00F.HollandeFait
« J'y ai déjà répondu. Y a-t-il une crise de l'endettement? Oui. Je le dis depuis des mois. »
- 3:30F.HollandeFait
« C'est grave. Urgent... Sans doute qu'il aurait fallu y procéder plus tôt. »
- 5:30F.HollandeFait
« Je pense que nous pouvons avoir une trajectoire qui ne mette pas autant de risques de faire faiblir la croissance. »
- 7:30F.HollandeFait
« Il faut lui poser la question. Je pense qu'il était conscient qu'il aurait de grandes difficultés à établir son budget. »
- 8:30F.HollandeFait
« Le président de la République a déjà utilisé cette arme. Qu'apporterait la dissolution? »
- 10:00P.LescureFait
« A propos du président de la République, votre successeur avait rappelé vendredi qu'il avait l'intention d'aller jusqu'au terme de son second mandat. »
- 10:30P.LescureFait
« Le RN, comme LFI, rappelle qu'il souhaite de nouveau le départ d'E.Macron. »
- 11:00E.Tran NguyenFait
« Les jeunes ont raison d'en vouloir à votre génération? »
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dans l'opposition, mais aussi ceux de son gouvernement et sa majorité. A partir de là, la question de confiance ne peut pas être la bonne réponse. Pour ce qui me concerne, je ne voterai pas la confiance à F.Bayrou et à son gouvernement. - A.-E.Lemoine: Sans trembler?
Sans vous dire que vous allez ajouter une crise à une autre? - F.Hollande: Non pas parce que je suis dans l'opposition, ce n'est pas un motif suffisant.
J'étais même partisan de la non-censure qui a permis à F.Bayrou de présenter un budget la dernière fois. - A.-E.Lemoine: Vous étiez parmi les socialistes les plus indulgents à son égard. - F.Hollande: J'avais pensé que c'était mieux de travailler pour trouver des compromis.
Ils n'ont pas forcément été exécutés comme il convenait. Ce n'est pas parce que je nie l'évidence de la crise de l'endettement. Il y a une crise. - P.Cohen: La question sera posée lundi prochain. - F.Hollande: Cette question n'a même pas été débattue.
Nous sommes tous conscients qu'il y a un problème de déficit. Il y a eu 1000 milliards d'endettements publics supplémentaires depuis 2017. Au-delà de la responsabilité... - A.-E.Lemoine: C'est lui que vous sanctionnez et sa méthode. - F.Hollande: La méthode, oui.
Je mets en cause qu'il n'ouvre pas de discussions permettant au pays d'être dans une forme de stabilité et de cohérence. Les choses auraient pu se faire au mois d'août... - A.-E.Lemoine: Vous n'étiez pas en vacances? - F.Hollande: Chacun peut être sur son lieu de vacances tout en participant à des réunions.
Mais il y avait tout septembre pour le faire. Ca n'a pas été fait. Maintenant, personne ne croit, même F.Bayrou, qu'il va pouvoir continuer à être Premier ministre au-delà du 8. - P.Cohen: Vous récusez à la fois la question qu'il pose et la méthode? - F.Hollande: Je récuse la méthode et le contenu du plan.
Le contenu du plan aurait dû être négocié, c'était la méthode. Dès lors qu'il n'y a pas de discussions et que le plan n'est pas acceptable en l'état, je ne vois pas comment... - P.Cohen: Vous ne répondez pas à la question qu'il pose. - F.Hollande: J'y ai déjà répondu.
Y a-t-il une crise de l'endettement? Oui. Je le dis depuis des mois. - P.Cohen: C'est grave et urgent? - F.Hollande: C'est grave.
Urgent...
Sans doute qu'il aurait fallu y procéder plus tôt. Mais le pire, quand on est devant cette crise de l'endettement, c'est l'instabilité. Ce que craignent les prêteurs, ce que redoutent les marchés, ce qui inquiète les citoyens, c'est le vide.
C'est le fait que les investisseurs n'investissent plus, que les consommateurs ne consomment plus et qu'il y ait un doute sur la signature de la France. Mettre en cause la stabilité du pays pour une question de principe, la question de confiance, c'est une faute. Comment en sortir?
Je vais rappeler les fonctions que j'ai pu exercer: président de la République. La première décision qu'a à prendre E.Macron si le vote est celui que l'on peut anticiper, c'est de nommer dans les heures qui viennent un Premier ministre, d'aller vite et de laisser faire. - A.-E.Lemoine: Dans les heures qui viennent, c'est-à-dire? - F.Hollande: Les heures après le vote.
Une fois que le gouvernement, s'il tombe...
Nommer vite un Premier ministre et le laisser faire le compromis. Quelle que soit la personnalité et sa sensibilité, venue de la gauche, de la droite... - A.-E.Lemoine: Vraiment? - F.Hollande: Oui.
Le laisser trouver un compromis. - P.Cohen: Quel serait le bon profil? - F.Hollande: Celui ou celle qui est capable de mener cette équation.
Quelle est l'ampleur de l'effort? Faut-il aller aussi loin que les 44 milliards? Je ne le crois pas.
Je pense que c'est trop. - P.Cohen: Plus vers les 21 milliards du PS? - F.Hollande: Je pense que nous pouvons avoir une trajectoire qui ne mette pas autant de risques de faire faiblir la croissance.
Ensuite, comment répartir l'effort entre les économies qu'il faut faire et les recettes qu'il faut trouver? Du côté des plus fortunés, du côté des entreprises? Les ménages vont déjà être soumis à un certain nombre de prélèvements.
Troisième négociation, c'est sur la justice. Est-ce qu'on corrige ce qui était inadmissible? Les 2 jours fériés qui doivent être rétablis, si tant est qu'ils sont supprimés... - A.-E.Lemoine: C'est le péché originel? - F.Hollande: Je pense que c'est vraiment ce qui a mobilisé.
Il y a l'indexation des toutes petites retraites, la valorisation du travail... - E.Tran Nguyen: Il s'est montré flexible, depuis hier.
Il a dit qu'il serait prêt à négocier et discuter après. Je me mets à la place des Français, on se dit que ce serait un retour à la case départ, de retrouver quelqu'un pour rediscuter des compromis...
F.Bayrou se dit prêt à discuter. - F.Hollande: Les conditions de la confiance ne sont plus réunies.
Imposer un vote, prendre conscience que ça ne passe pas puis discuter...
Mais discuter de quoi et dans quel délai? Ca n'a pas de sens. Je ne comprends d'ailleurs pas comment le président de la République a pu le laisser prendre une telle initiative. - A.-E.Lemoine: De soumettre un vote de confiance le 8 septembre...
Pourquoi a-t-il fait ça, F.Bayrou? - F.Hollande: Il faut lui poser la question.
Je pense qu'il était conscient qu'il aurait de grandes difficultés à établir son budget. Peut-être était-il dans une posture où il considérait qu'il avait été lucide sur une situation pour la dénoncer et pour avertir les Français, et qu'il voulait prendre à témoin l'opinion publique. Mais on ne prend pas à témoin l'opinion publique dans une situation aussi grave. - P.Cohen: Un mot sur les équilibres.
Vous avez défini les termes de la négociation budgétaire. Est-il raisonnable de faire porter autant d'efforts sur les entreprises et les plus fortunés, comme le propose le PS, avec plus de 20 milliards d'efforts? - F.Hollande: C'est le rôle du PS que de faire des propositions.
C'est un parti de gouvernement. S'il n'en avait pas fait, des propositions, à raison, on lui aurait dit: "Vous critiquez ce plan. Pourquoi n'avez-vous pas des formules nouvelles?" Il faut faire des contributions sur les plus grandes fortunes.
Est-ce que ça peut aller jusqu'aux sommes évoquées? Le PS lui-même dit qu'il n'impliquerait pas le 49-3 et qu'il est minoritaire. Il faut un compromis.
Comment peut-on demander à des petites retraites de faire un effort, à des salariés de rentrer dans les cases de l'impôt sur le revenu alors qu'ils ne sont pas inclus? Comment demander aux retraités de revenir sur des dispositions si on ne demande rien aux plus fortunés? - P.Cohen: Et sur les entreprises, qui sont encore les plus taxées d'Europe? - F.Hollande: Vous avez évoqué les exonérations de cotisations sociales.
J'y ai largement contribué. J'ai créé le crédit impôt compétitivité emploi, CICE. On est à 80 milliards de cotisations sociales.
Il y a eu une dérive de ce processus. Il est nécessaire de le corriger. Pas en prélevant énormément, en ôtant une partie des exonérations de cotisations sociales au-delà de 2,5 fois le Smic.
Ce n'est pas juste que sur les salaires élevés, il y ait des exonérations. - A.-E.Lemoine: Vous souhaitez que le président de la République nomme dans les heures qui suivront le vote un nouveau Premier ministre.
Pas de dissolution, donc? - F.Hollande: Le président de la République a déjà utilisé cette arme.
Qu'apporterait la dissolution? - A.-E.Lemoine: Pour E.Philippe, elle est inéluctable? - F.Hollande: Ce n'est pas la question.
Si un gouvernement était nommé et qu'il était censuré de nouveau? On serait dans une forme d'ingouvernabilité. La dissolution pourrait-elle permettre de sortir de la crise?
Si c'est pour avoir la même Assemblée, je ne vois pas l'intérêt. Si c'est pour avoir une majorité du RN, comme certains l'espèrent...
De grandes formations politiques sont pour une dissolution: LFI et le RN. Ca devrait faire réfléchir. Je ne suis pas favorable à ajouter de la crise à la crise. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas une question de personnalité, Matignon? - F.Hollande: Ca compte, mais c'est surtout l'orientation qui va compter.
Sur les éléments que j'ai indiqués, une contribution des plus fortunés, un geste pour les entreprises, ce qui a beaucoup manqué, des protections pour les retraites les plus faibles et les salariés les plus modestes et la fin de la suppression des jours fériés...
Il y a une possibilité. Après, qui mène la chose? Il faut que certains fassent tomber les tabous qui sont des empêchements.
Si c'est pour poursuivre la politique qui a échoué, celle d'E.Macron, je pense qu'on n'y arrivera pas. - A.-E.Lemoine: Donc un Premier ministre issu du bloc central, ça ne marchera pas? - F.Hollande: Un Premier ministre issu du RN ne marchera pas non plus. - P.Cohen: Vous prenez un virage à gauche, un virage social, quitte à perdre les LR. - F.Hollande: Les socialistes n'avaient pas censuré le gouvernement Bayrou.
Ils ont fait des efforts. Il y avait dans ce gouvernement monsieur Retailleau. A chacun de comprendre l'intérêt général.
Je suis pour que l'intérêt général soit préservé au-delà des sensibilités. Mais ça doit se faire sur une orientation. La personne nommée partagera-t-elle ces orientations?
Sera-t-elle capable d'imposer à sa famille politique cette ligne de conduite? Sera-t-elle capable de dire au président de la République "laissez-moi"? - P.Lescure: A propos du président de la République, votre successeur avait rappelé vendredi qu'il avait l'intention d'aller jusqu'au terme de son second mandat. - E.Macron: La démocratie consiste à ce que des gens votent pour un mandat donné.
Le mandat qui m'a été confié par les Français et par personne d'autre est un mandat qui sera exercé jusqu'à son terme, conformément à l'engagement que j'ai pris à l'égard des Français, n'en déplaise à ceux qui ont été défaits à plusieurs reprises lors de ces mêmes élections. - P.Lescure: Le RN, comme LFI, rappelle qu'il souhaite de nouveau le départ d'E.Macron.
Mais sauf crise de régime encore plus sérieuse et crispée, pour vous, l'essentiel est d'abord de respecter le temps fixé par les institutions? - F.Hollande: Oui.
Ce serait un précédent grave que d'appeler régulièrement à la démission du président de la République. Ca voudrait dire que chaque fois que l'impopularité gagne un chef de l'Etat, il faudrait aller dans cette direction. Néanmoins, le président de la République, conscient qu'il doit aller jusqu'au bout de son mandat, doit bien réfléchir aux décisions qu'il va prendre.
A un moment, si la décision n'était pas rapide et conforme à l'orientation que je viens de donner, si elle n'était pas une ouverture de discussions et de négociations, le risque de censure serait encore plus grand pour le gouvernement qu'il aura nommé. Le risque serait alors que ce soit sur lui que l'impopularité et l'illégitimité se reportent. - A.-E.Lemoine: Et si E.Macron vous appelle? - F.Hollande: Je ne pense pas que ce soit son intention. - E.Tran Nguyen: "C à vous de réagir", c'est le nouveau rendez-vous pour sonder ce qui se dit sur les réseaux sociaux et ce que l'on entend de notre invité.
Ca tombe sur vous. Vous faites partie d'une génération dont on parle beaucoup depuis une semaine. - L.Wauquiez: Ce ne sont pas les boomers qui ont mis les 35 heures.
Ce ne sont pas les boomers qui ont mis le RSA. - X.Bertrand: Les boomers assurent une grande partie de la solidarité entre les familles. - P.Moscovici: J'étais un jeune député socialiste encore très flambant. - E.Tran Nguyen: Le mot ressort sur les réseaux sociaux.
Beaucoup ont réagi. On nous dit par exemple ceci. F.Hollande, vous êtes vous-même un boomer, né en 1964.
En plein dans la génération visée par F.Bayrou. Le Premier ministre persiste et signe.
Peut-être que comme beaucoup de Français, vous avez été offensé. - C'est toujours la faute des autres. - Mettre la faute sur nous parce que le gouvernement et tout le reste ont dépensé des milliards, je ne suis pas d'accord du tout. - On travaillait 60 heures par semaine. - Ce qu'il dit est très grave.
Il fuit ses responsabilités. - Il n'est pas de notre génération! - E.Tran Nguyen: J'ai retenu une question.
Les jeunes ont raison d'en vouloir à votre génération? - F.Hollande: Les jeunes Vivent une situation lourde.
Il y a à la fois la précarité qui les touche, ce risque qu'ils auraient peut-être demain à honorer, et la dette climatique qui pèse davantage sur la génération la plus jeune que sur la nôtre. Peut-on considérer que tous ceux nés dans les années 50 et 60 sont des privilégiés? Certains le sont sûrement, mais non.
C'était une génération où lorsque l'on pouvait accéder à la propriété, c'était plus facile. La grande différence entre ma génération et celle qui arrive, c'est le logement. - P.Cohen: L'emploi aussi. - F.Hollande: Dans cette génération des boomers, on a aussi connu des taux de chômage très élevés. - P.Cohen: A partir de 80... - F.Hollande: Beaucoup en ont connu, avec des pertes d'emploi et des retraites faibles.
Sur le plan politique, il est grave de mettre les générations en lutte les unes contre les autres. Les générations doivent être solidaires. Les jeunes ont été solidaires des plus âgés pendant la crise sanitaire.
Ne l'oublions pas, jamais. Les plus âgés doivent aussi être solidaires... - E.Tran Nguyen: C'est un peu ce que dit F.Bayrou, que les boomers doivent être solidaires des jeunes. - F.Hollande: Ils le sont, mais comment?
Ceux qui ont des petites retraites, on leur dit: "Vous êtes boomer, ce n'est pas de chance pour vous. Vous allez participer." Et ceux qui ont du patrimoine immobilier, il y a beaucoup de boomers, mais d'autres qui ont fait fortune assez jeunes...
C'est par rapport à une situation économique et sociale que l'on doit se déterminer, pas en disant: "Vous êtes né dans les années 50 et 60, à vous de payer." Chacun doit faire un effort juste et équilibré plutôt que penser qu'il y aurait une cible à montrer. La preuve, dès que l'on montre une catégorie, elle se réveille.
Quand il y a eu les 2 jours fériés supprimés,