Éric Kerrouche : « Emmanuel Macron est un pervers polymorphe, il envenime tous les domaines »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Éric Kerouche. Bonjour. Merci d'être notre invité. Vous êtes député socialiste des Landes, vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. On va bien sûr largement revenir sur le texte sur le statut de l'élu qui est examiné en ce moment au Sénat. Mais d'abord, on va regarder trois unes de la presse régionale. On est à sélectionner la une du Télégramme. Exécution provisoire des peines. Le débat reste vif alors que Nicolas Sarkozy a passé sa première nuit en prison. La deuxième une, c'est celle de Varmatin sur la sécurité des musées en question.
Comment mieux sécuriser les musées en France ? La question est posée après le spectaculaire vol du Louvre. Et puis la dernière une, c'est celle du journal du Centre. Environnement, climat de défiance. Malgré les crises climatiques, la transition écologique recule en France. Et si la tendance était inversée grâce aux initiatives locales ? C'est ce que demande le journal. De quelle une avez-vous envie de parler ?
Sans doute celle sur l'exécution provisoire des peines.
Oui, Emmanuel Macron qui a donc relancé le débat hier, qui a dit que c'était un débat légitime. Il faut le relancer ce débat pour vous ?
Alors, peut-être qu'on peut débattre, mais je ne suis pas sûr qu'il faille débattre des déclarations d'Emmanuel Macron. Parce qu'à chaque déclaration… Il me revient une expression de Freud où il parle de pervers polymorphe. Et en fait, pour moi, Emmanuel Macron, c'est un pervers polymorphe. Parce qu'il est destructeur dans tous les domaines. À chaque fois qu'il fait une déclaration, à chaque fois qu'il dit quelque chose, il vient envenimer les choses. C'est vrai sur l'exécution provisoire des peines. C'est vrai sur les retraites. Et quelqu'un qui a été désavoué de manière successive aussi importante devrait apprendre à se taire. Manifestement, il n'en est pas capable. Et c'est un vrai souci.
C'est le vrai souci de la politique française. Peut-être qu'on y en aura.
Il devrait plus s'exprimer sur les questions nationales, se concentrer uniquement sur l'international ?
C'est-à-dire qu'à un moment donné, si on dit qu'on est dans une logique parlementaire, et que c'est au Parlement de faire la politique et de prendre des mesures, dans ce cas-là, peut-être que le président de la République peut se contenter d'être ce qu'il est au titre de la Constitution, c'est-à-dire le garant des institutions, mais pas plus. Il ne peut pas être arbitre et être sur le terrain. Et il est incapable, incapable d'assumer une position humble.
Et du coup, sur l'exécution provisoire, il faut relancer le débat ou pas ? Il faut la revoir, cette exécution provisoire ?
Écoutez, sur l'exécution provisoire des peines, 1. Sur la condamnation de Nicolas Sarkozy. Moi, j'invite tout le monde à consulter le document qui fait 400 pages et qui montre bien qu'a priori, il y a quand même, sur la situation de Nicolas Sarkozy, plus que des doutes et plus que des soupçons. Donc, moi, je ne comprends pas. On a une droite et une extrême droite qui sans cesse nous demandent d'être sévères, qu'il n'y ait pas de possibilité de récidive, que, justement, on condamne dès le départ qu'il y ait une exécution provisoire des peines. Et quand ces gens sont concernés, aussi bien Marine Le Pen que Nicolas Sarkozy, alors, ça s'applique à tout le monde, sauf à eux.
Ce n'est pas possible. La justice, elle est égale et elle concerne tout le monde.
Nicolas Sarkozy, qui s'est adressé aux Français hier avant d'être incarcéré à la prison de la Santé, « Mais ce n'est pas un ancien président de la République que l'on enferme, c'est un innocent », a-t-il écrit. Qu'en pensez-vous ?
Non, mais, enfin, je veux dire, on incarcère Nicolas Sarkozy. Il s'avère qu'il a été ancien président de la République. Alors, d'abord, le symbole, il est un peu dramatique pour la France. Et, d'une certaine façon, je ne me réjouis pas de cette incarcération. Néanmoins, il n'en demeure pas moins qu'il est injusticiable comme les autres. Point.
On l'a vu dans le journal, Sébastien Lecornu a donc annoncé hier devant les députés un Conseil des ministres demain pour inscrire la suspension de la réforme de la traite dans le budget de la Sécu. Il y aura une lettre rectificative. C'est le procédé que vous attendiez ?
Nous attendions un éclaircissement. Et hier, Sébastien Lecornu nous l'a donné. Si on est dans un débat parlementaire, si nous voulons avancer, alors il faut des gages de part et d'autre. Il manquait, on avait d'une certaine façon le fond, il manquait la forme. Et la déclaration de Sébastien Lecornu est venue rassurer en ce sens en prenant une mesure technique qui permet une certitude. Donc c'est une bonne chose. Et c'est pour ça que, par ailleurs, la déclaration du président de la République est vraiment insupportable.
Qui lui parle de décalage. Qui dit que ce n'est pas une suspension, c'est un décalage. Comment vous l'avez compris ?
Je ne veux pas le comprendre. Je vous dis qu'il se taise.
Vous n'écoutez que Sébastien Lecornu.
Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça. Mais c'est quoi le plaisir pour le président de la République de mettre des difficultés au Premier ministre qu'il a nommé deux fois ? C'est quoi le but de faire en sorte que le débat parlementaire qu'il est censé appeler de ses voeux, il le perturbe volontairement ? C'est quoi cette déclaration de l'étranger sur la politique intérieure française ? À quoi ça sert ? À quoi ça sert à part à faire du mal ? Et je pense que, en fait, le bilan des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, ça sera ça. Ça sera d'avoir fait du mal à la politique en France.
Juste hier, le président de la République, il évoque de possibles perspectives de référendum sur ce sujet. Ça serait une solution pour vous ?
Je ne sais pas, mais il l'évoque tout le temps. Il l'avait déjà évoqué en 2024. Donc, là aussi, je veux dire, il y a des problèmes où la parole publique, elle est constante et elle se traduit en actes. Mais on n'agite pas comme ça. D'abord, un référendum, c'est quelque chose d'important. On redonne la parole aux citoyens. Donc, soit on le fait, soit on ne le fait pas. Mais on n'évoque pas toujours cette possibilité, peut-être... Bon, voilà, encore une fois, ce n'est pas clair, ça ne sert à rien.
Vous pensez que cette suspension de la réforme des retraites, elle survivra au débat parlementaire ? Vous avez entendu ce matin, Steve l'a rappelé, les déclarations de Bruno Retailleau ce matin dans le Figaro. Délire et vieille lune socialiste pour s'acheter du temps.
Alors, je pense que Bruno Retailleau, lui aussi, pourrait s'acheter du silence parce que quand on arrive à détruire un gouvernement par un acte inopiné comme le tweet qu'il a fait, je pense que ça devrait l'appeler à une certaine humilité. Manifestement, ce n'est pas le cas, il n'a pas changé. Il n'en demeure pas moins que tout le monde doit comprendre, tout le monde doit comprendre, y compris le groupe Les Républicains et y compris le groupe Les Républicains du Sénat, que où on avance ensemble, où on n'avance plus du tout, si c'est leur choix qu'ils n'en fassent pas. Ce n'est pas le choix.
Vous appelez le groupe LR ici au Sénat à ne pas faire obstruction à la suspension de cette réforme des retraites ?
Je les appelle simplement à être réalistes parce qu'il faut faire attention à ce qu'on fait. On ne peut pas dire nous sommes la Haute Assemblée, nous représentons une certaine sagesse et ne pas vouloir s'inscrire dans le débat parlementaire au titre que les débats ne vous plairaient pas. Un débat parlementaire, c'est exigeant. Alors, je peux comprendre qu'ils ne soient pas heureux que l'ensemble de leurs propositions politiques ne soient pas reprises. Néanmoins, là, on est dans un jeu différent où il faut essayer de donner un budget à la France pour stabiliser notre pays. On peut refuser les règles du jeu.
Mais vous l'appliquerez à vous aussi ? C'est-à-dire, si dans l'hémicycle, vous perdez par le vote certaines mesures que vous défendiez, vous direz, c'est la règle du jeu du débat parlementaire ?
Nous, nous sommes inscrits dans un débat parlementaire qui est exigeant. Et nous savons très bien, nous savons très bien, d'ores et déjà, que toutes les propositions de notre contre-budget ne seront pas reprises. C'est-à-dire,
la taxe Juckman, si elle ne passe pas, elle n'est pas passée en commission. Si elle ne repasse pas dans l'hémicycle, vous direz, dont taxe ne s'est pas passée ?
Nous continuerons à faire des propositions à la matière. La taxe Juckman, c'est une variation possible de plein de propositions. Et nous allons tout faire pour qu'il y ait de la justice fiscale, parce que c'est important.
Alors, on va voir ce qui se passe dans l'hémicycle du Sénat, puisqu'à cinq mois des municipales, les sénateurs examinent en séance le texte sur le statut de l'élu. Et c'est votre éclairage si vous avez suivi cette séance hier
sur le statut des élus locaux. Oui, c'est un sujet très cher aux sénateurs. Les premiers travaux consacrés au statut de l'élu remontent à 2018. À l'époque, déjà, le Sénat constatait une crise de l'engagement local, crise qui s'est accentuée ces dernières années. Un chiffre pour illustrer le phénomène. Depuis juillet 2020, il y a eu en moyenne une quarantaine de démissions de maires par mois. Ça correspond à 2 189 démissions au total en cinq ans. Chiffre arrêté au mois de juin dernier par le Cevipov. C'est un niveau tout simplement historique, Auriane.
Que propose le Sénat pour remédier à ça ?
Il y a deux ans, Gérald Archer lançait une initiative pour venir au chevet des élus locaux. Le texte examiné depuis hier est en fait une deuxième lecture. L'année dernière, le Sénat avait proposé et adopté une proposition de loi transpartisane. Les députés ont amendé la copie. Au tour donc des sénateurs d'en débattre à nouveau depuis hier. La philosophie ne change pas. La voici, écoutez. Ce texte est un texte de reconnaissance par la nation d'un engagement citoyen exigeant, parfois ingrat, risqué, mais si essentiel car il fonde notre démocratie. Dans le détail, que promet ce texte ? Trois grands piliers, Auriane.
Il s'agit d'améliorer les indemnités de fonction, de rendre plus faciles les conditions d'exercice des mandats ou encore de faciliter la reconversion des élus. Dans le détail hier, les sénateurs ont voté une revalorisation des indemnités des maires. Le dispositif concerne les communes de moins de 20 000 habitants. L'examen du texte va se poursuivre cet après-midi. On suivra ça bien évidemment sur Public Sénat. Auriane, ça ne vous aura pas échappé. On est presque déjà en novembre. Si on veut que tous les dispositifs soient adoptés, il faut faire vite. Les élections municipales sont dans moins de cinq mois à écouter.
Face au profond malaise ressenti par nos élus et alors que les élections municipales de 2026 approchent à grands pas, il est impératif que ce texte transpartisan, largement attendu et de nature à renforcer l'attractivité des mandats, entre en vigueur au plus vite avant le renouvellement de mars prochain. Monsieur le sénateur, est-ce que vous engagez à que tous les dispositifs soient votés, adoptés d'ici aux prochaines élections municipales ?
Alors, à titre individuel, oui, mais en fait, c'est un processus collectif. Donc, nous allons finir de voter ce texte aujourd'hui et la balle sera ensuite dans le camp de l'Assemblée nationale. Nous faisons en sorte, par le travail, déjà dans l'hémicycle du Sénat, que le texte soit le plus acceptable possible par l'Assemblée, de telle façon que j'espère que nous aboutirons à un vote conforme.
Oui, mais du coup, vous allez faire des compromis parce que, je regarde en commission, vous avez voté une cinquantaine d'amendements. Il y avait une cinquantaine d'amendements qui ont été adoptés par rapport à la version de l'Assemblée nationale.
Oui, mais honnêtement, ça peut sembler beaucoup sur l'architecture globale du texte, il y a un accord. Et en fait, on est plus dans le polissage que dans la reconstruction lourde.
On parlait de cette revalorisation des maires, est-ce que ça va permettre vraiment de stopper la crise de l'engagement ?
C'est une des façons de le faire. Alors, vous savez, les indemnités des maires, ce n'est pas un salaire, c'est une compensation du temps qu'ils donnent pour l'exercice de leur mandat. Il s'avère que ces mandats et ces assez documentés sont de plus en plus chronophages, qu'ils sont de plus en plus incompatibles avec une activité professionnelle et que donc, il fallait procéder à une augmentation d'indemnités qui ne sont pas très élevées. Donc, pour le coup, il y a une augmentation pour les communes de moins de 3 500 habitants de 10 % de ces indemnités et ensuite, c'est dégressif jusqu'à 20 000 habitants. Donc, c'est plutôt quelque chose sur un mode correctif.
– Mais il y a aussi la difficulté, on l'entendait dans les témoignages de maires qu'on a chaque jour, pour les maires, notamment des petites communes, de cumuler leur emploi et leur fonction de maire. Est-ce que vous pensez que ce texte, ça va aider à résoudre ça ?
– Le texte, il concerne tous les aspects de l'exercice du mandat. Quand vous y arrivez, quand vous l'exercez autour pour, par exemple, vos autorisations d'absence ou vos créditeurs, quand vous travaillez et donc que vous puissiez dire à votre employeur que vous pouvez vous absenter pour votre mandat, un peu plus de formation, un peu plus d'aide aussi pour les dispositifs, encore une fois, autour du mandat, par exemple, le fait que vous travaillez, vous avez des enfants, comment je m'organise pour le soir ? L'extension pour la garde des enfants, donc, est un des éléments.
Le fait que vous êtes en déplacement professionnel et donc, nous avons autorisé la visioconférence pour que vous puissiez continuer votre rôle à distance, bref, aider autour et dans l'exercice du mandat. C'est le but parce que, au-delà de, vous l'avez dit tout à l'heure, on a eu un nombre de démissions important, ça a même cumulé dans l'année 2023, on est monté à 600 démissions. Donc, on était au maximum 600 démissions de maire en une seule année. Donc, franchement, on voit bien qu'il y a un malaise. Donc, il y a deux objectifs. Sécuriser déjà les gens qui sont dans le mandat et surtout faire en sorte que ces fonctions électives se démocratisent.
Pour qu'elles se démocratisent, il faut aussi qu'elles soient attractives et que tout le monde puisse se présenter à des élections sans penser déjà à toutes les conséquences négatives que ça pourrait avoir sur leur vie professionnelle ou sur leur vie personnelle.
Il y a une crainte, c'est que certaines communes se retrouvent sans candidat aux prochaines élections municipales. Est-ce que vous avez des estimations sur le nombre de communes qui seraient concernées ?
Avant les élections, il y a toujours une double crainte. Un, la première, c'est qu'il n'y ait pas assez de candidats dans les mairies et deux, que certaines communes n'aient pas de candidats du tout. Donc, si on regarde un petit peu dans les enquêtes auxquelles j'ai pu participer au Cévi-Pof, on se rend compte en fait que le taux de renouvellement des maires prévus pour l'année prochaine ne diffère pas, a priori, de ce que nous avions en 2020. C'est donc déjà rassurant. C'est stable. Donc, on ne risque pas de manquer de candidats de manière globale. Est-ce que, de manière locale, il peut y avoir des difficultés ? Probablement. Ça a été le cas il y a six ans.
Mais, sur les 35 000 communes françaises, en fait, un petit peu moins, il ne faut pas croire qu'on va avoir une déshérence forte.
Et on va voir justement ce que pensent les élus locaux de ce texte ainsi que du budget qui arrivent. On va aller dans les Bouches-du-Rhône. Bonjour Roland Mourin. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'hiver droite de Châteauneuf-les-Martyques. D'abord, un mot sur ce texte. Roland Mourin, est-ce que, pour vous, il est le bienvenu ?
C'est une amélioration, mais ça ne sera pas suffisant. Je pense que ce qui handicapent beaucoup les maires, c'est tout ce qui pèse sur leurs épaules et surtout dans les petites communes où ils ont moins les moyens d'avoir du personnel compétent sur tous les sujets qui touchent la gestion d'une mairie. Voilà, il y a trop de responsabilités pour tout et n'importe quoi.
Et pourquoi vous dites que ça ne sera pas suffisant ? Du coup, qu'est-ce que vous attendiez de plus ?
Attendez, 10 % de plus, une maire qui touche 500 euros, il va toucher 550. Je veux dire, ça ne va pas changer sa vie ni rendre la fonction plus attractive. Mais je pense que le problème outre financier, ce qu'il y a de plus important, c'est toutes les responsabilités qui pèsent sur le maire. Je pense que c'est plus de ce côté-là qu'il faut aller.
On va en parler, un mot juste de ce que vient dire M. le maire sur finalement l'insuffisance et la petite revalorisation des indemnités.
Je comprends tout à fait la position du maire, mais l'idée aussi, c'est encore une fois, moi, je prône pour une rupture un petit peu plus forte qu'avec l'indemnité, en mettant en place un statut d'agent civique territorial où on aurait un vrai salaire, mais ça n'est pas encore accepté. Donc là, effectivement, on est dans une petite, on est dans une compensation qui, oui, je le crois, ne répond pas à l'engagement qui est celui de tous les jours des maires, notamment des communes de moins de 1000 habitants. Donc, c'est une vraie difficulté.
Maintenant, il faut que nous trouvions aussi un équilibre parce que l'idée aussi à travers ce texte, ce n'est pas de dire que les élus, parce que c'est souvent la présentation, sont des privilégiés. Et donc, on est sur une ligne de crête entre les droits et les devoirs. Et forcément, ça peut interroger.
Roland Mourin, vous parliez des responsabilités qui pèsent sur vos épaules. Qu'est-ce qui vous pèse le plus ?
Moi, encore, j'ai une mairie de 18 500 habitants, j'ai les services compétents et tout, mais c'est surtout les incertitudes de ce qui va arriver, les conséquences. On s'occupe d'urbanisme, on s'occupe de sécurité, on s'occupe de tout ce qui est en matière d'environnement. Et je veux dire, on n'est pas à l'abri de la moindre erreur et des responsabilités, et ça peut aller jusqu'au pénal. Voilà. On se décharge sur les maires sur beaucoup de choses et donc, voilà, il faudrait un peu donner de l'assurance aux maires pour qu'ils aient moins de risques.
Voilà, parce que, je le répète, les petites communes ont moins les moyens d'avoir des personnes compétentes sur tous les sujets et c'est compliqué pour eux et je pense que c'est ce qui pèse le plus sur eux.
Sur ce point précis, M. le maire l'a dit, il y a vraiment une interrogation autour de la question de la responsabilité pénale. Parce que, autant il y a peu de cas en volume de responsabilités pénales qui sont mises en cause pour les élus, autant, quand ça arrive, les maires ont vraiment l'impression qu'il y a une épée de Damoclès au-dessus de leur tête et que les conséquences sont difficilement maîtrisables et c'est le cas. C'est le cas. Et donc, vraiment, nous avons fait en sorte dans l'article 18 et 18 bis A de répondre directement à cette question et je tiens à vous le dire, M.
le maire, c'est difficile à stabiliser mais nous faisons en sorte de sécuriser l'action de tous les jours parce que la responsabilité pénale, c'est une vraie interrogation du mandat et il fallait remettre le métier sur l'ouvrage ou l'ouvrage sur le métier, pardon, et il est évident que là, ça va apporter quelque chose.
M. le maire, est-ce qu'il y a aussi des inquiétudes ou des contraintes liées à l'incertitude budgétaire qui pèsent sur vous et qui ont des conséquences sur ventes quotidiens, notamment liées à l'augmentation de certaines taxes ?
Bien sûr, c'est la première préoccupation. Les collectivités sont tenues d'avoir un budget équilibré, ce n'est pas le cas de l'État depuis 50 ans et donc les conséquences pèsent sur les collectivités parce qu'on est depuis longtemps, moi je suis maire depuis 2014 et on est la variable d'ajustement des finances de l'État et ce qui rend notre tâche compliquée. à la fois on nous supprime les dotations qui à l'origine étaient faites pour nous indemniser sur un transfert de compétences, on nous ponctionne financièrement de diverses manières et on nous oblige à faire des dépenses supplémentaires.
Donc voilà, ça devient difficile de gérer tout ça alors que bon, on le sait, on est en période de crise financière depuis longtemps d'ailleurs, moi je pense qu'il faut travailler ensemble, serrer les coudes et avancer plutôt que d'être dans un rapport de force.
Mais du coup, ça veut dire que vous êtes en première ligne face à vos habitants qui on l'imagine ne sont pas forcément très contents quand vous augmentez les taxes ?
Bien sûr, bien sûr qu'ils ne sont pas contents et quel choix avant nous quand on supprime la taxe d'habitation n'est pas perçu par les collectivités et bon, il y a une compensation mais le compte n'y est pas et la seule marge de manœuvre que nous avons maintenant, c'est sur la taxe foncière qui n'est pas payée par tous les habitants d'une commune donc ce sont toujours les mêmes qui payent donc il y a un moment où ce n'est plus possible.
Un petit mot, une réponse là-dessus Éric Carroche ?
Je ne peux que partager ce qui a été dit sur la suppression de la taxe d'habitation alors bien sûr tout le monde était content que la taxe d'habitation à titre individuel soit supprimée c'était faussement populaire cette mesure présentée par Emmanuel Macron elle a profité à certains et pas à tous en volume et donc les collectivités comment expliquer aux collectivités que en gros l'État gère mal et finalement à un moment donné on va se retrouver sur des collectivités qui elles ont des budgets en équilibre et en fait sont pris entre le marteau et l'enclume parce qu'il y a de plus en plus de pression qui vient de l'État et de plus en plus de pression qui vient aussi des habitants et des citoyens avec les demandes c'est pas tenable et c'est pas normal non plus que les collectivités soient la variable d'adaptation de l'État
Merci monsieur le maire merci Roland Mourin d'avoir été avec nous maire de Châteauneuf les Martiques dans les Bouches du Rhône merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous on va continuer à parler de ces sujets on va chez vous cette fois-ci on retrouve Jefferson Desport bonjour Jefferson merci d'être avec nous grand reporter à Sud-Ouest Jefferson vous allez nous parler du grand acte de décentralisation promis par le Premier ministre on va essayer de rétablir le son Jefferson on vous entend pas est-ce que vous nous entendez bien alors c'est nous c'est nous qui avons un petit peu un petit peu du mal à vous entendre Jefferson on va essayer de rétablir la liaison Jefferson il voulait vous interroger sur ce qu'a promis Sébastien Lecornu lors de son discours de politique générale et devant les députés et devant les sénateurs un grand acte de décentralisation avant les municipales qu'est-ce que vous en attendez ?
moi ce que je sais encore une fois quand on regarde les différentes demandes des maires des élus locaux c'est qu'il y a une grande demande et cette demande c'est avant tout une demande de stabilité parce que depuis 10 ans il y a une succession de réformes qui ont été menées s'agissant des territoires que ces réformes ont été vites et qu'on est dans une période de stabilisation donc la première recommandation ça serait qu'on soit dans une logique d'ajustement mais pas de transformation institutionnelle qui de toute façon ne servirait pas dans l'état actuel notamment avant des élections
mais vous pensez qu'Emmanuel Macron qui parle de décentralisation depuis 2017 il va réussir c'est un grand décentralisateur il va laisser faire
je pense qu'Emmanuel Macron n'a aucune connaissance de la décentralisation aucune
donc ce sera un acte à minima
alors non en revanche je sais que Sébastien Lecornu a eu un rôle j'ai eu l'occasion de discuter avec lui sur les bancs du Sénat il a eu un rôle en tant que ministre des collectivités il y a quelques années c'est un élu local et donc il connaît à peu près la matière de la décentralisation Emmanuel Macron ne connaît pas les territoires et n'a qu'une vue très superficielle de ce qui s'y passe et donc je conseille encore une fois que le président de la République si on veut que ça avance ne se mêle surtout pas de ce dossier
je crois qu'on a retrouvé Jefferson Jefferson je ne sais pas si vous nous entendez vous avez une deuxième question du coup j'ai posé la première
je vous entends très bien est-ce que vous m'entendez déjà oui oui là on vous entend bon juste pour poursuivre bonjour Eric Kerou juste pour poursuivre sur ce sujet là est-ce qu'il faut ouvrir le millefeuille le chantier du millefeuille territorial vu que Sébastien Lecornu veut un acte de clarification y compris sur les compétences et les compétences financières donc par exemple est-ce qu'il faut supprimer
un échelon ?
j'ai un agacement sur ce sujet qui est assez donc il n'y a pas de millefeuille en France ça c'est une version je suis désolé mais dans la plupart des grands pays européens il y a trois niveaux de gouvernement voilà donc il y a des communes des départements des régions qu'est-ce qui fait la spécificité de la France c'est tout simplement que comme nous avons un émiettement une atomisation communale extrêmement forte nous avons choisi un modèle au niveau communal de coopération voilà mais il faut arrêter de parler de ce millefeuille il y a dans ce cas là il y a des millefeuilles ailleurs aussi sur les compétences la loi NOTRe a déjà avancé sur les compétences faut-il aller plus loin et raisonner uniquement en termes de compétences il y aurait bien quelque chose à faire c'est que simplement on ne soit plus dans la verticalité et que certaines des fonctions qui sont confiées à l'État sur les territoires soient désormais confiées aux collectivités locales si on veut faire de la décentralisation comme l'ensemble des autres pays autour de nous alors il faut faire confiance aux collectivités
Merci Jefferson pardon pour le problème technique merci beaucoup Jefferson d'avoir été avec nous on vous retrouvera évidemment très vite dans cette émission et puis je signale puisqu'on a beaucoup parlé du blues des mers que le reportage de notre journaliste Jérôme Rabier sur le blues des mers est à voir sur notre site internet et sur nos réseaux sociaux merci beaucoup Eric Kerouche merci d'avoir été avec nous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
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Éric Kerrouche