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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 14 juillet 2026 9 min

Aurore Lalucq, députée européenne Place Publique, est l'invitée de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Aurore Laluc. Bonjour. Plus de 32000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l'année.

Un bilan qui dépasse celui de l'ensemble des incendies de l'année dernière. Aucune région n'est épargnée. On le voit en ce moment à Fontainebleu.

C'est près de Paris. C'est c'est juste la faute de la sécheresse. Comment vous l'expliquez ?

Écoutez, on est quand même face à des événements exceptionnels, c'est sûr, mais on est face à une multiplication des événements exceptionnels et ça, on le sait depuis longtemps en fait. Donc il y a quand même une certaine impréparation. Vous savez pourquoi ?

Pourquoi ? Parce Macron avait dit "Ce quinquena sera écologique ou ne sera pas." C'était ça le début de son quena.

Et ça se finit par quoi ? Ça se finit par le président du Haut Conseil pour le climat qui prévient en 2025, nous ne sommes pas prêts face au réchauffement climatique et qui s'inquiète de la fragil fragilisation de l'action climatique en France. Ça veut dire qu'il y a plein de choses qui sont pas faites.

Ils s'inquiètent du fait que on ne prend pas bien soin des Français. Par exemple, dans le domaine du travail, on n' pas étudié à partir de quand en fait, jusqu'à quelle température on peut dire aux français continuer de travailler ou pas, jusqu'à tel taux d'humidité. Côté agriculture, pareil, il explique que bah il va falloir réfléchir à la question des semis du côté des assurances, même chose.

Et il parle en fait à la fin des fins quand on lit son travail d'actions qui sont bien trop cosmétiques et pas assez structurelles. Mais quand on regarde ces incendies dans de nombreux cas, c'est intentionnel. 59 personnes ont été interpellées sur l'ensemble du territoire pour des mises à feu volontaires ou accidentelles.

Comment on lutte contre ça ? C'est pas de la faute d'Emmanuel Macron. C'est évidemment pas la faute d'Emmanuel Macron, mais ça arrive sur un terrain, comme vous l'avez dit, de sécheresse en réalité et le sujet il est là.

Ça arrive sur un terrain où il va falloir beaucoup plus entretenir nos forêts. Et je vous rappelle que la cour des comptes avait alerté sur le fait que l'ONF par exemple, même s'il y en a beaucoup de forêts privées qui est essentiel dans l'entretien des forêts n'avait plus assez de moyens et plus assez de personnel. Ça veut dire qu'il va falloir 450 ans on a doublé la surface forestière et y compris la forêt de Fontainebleau par exemple.

Et il va falloir entretenir, il va falloir réfléchir à comment on organise l'aménagement aussi de territoire. Ça, les spécialistes le disent. Je vais vous dire en fait, il va falloir dans ce pays beaucoup plus de de spécialistes au gouvernement et beaucoup plus les écouter que ce soit dans le domaine environnemental où il nous faut des spécialistes et beaucoup moins aller, je vais être un petit peu dur de science po et des narcs que ce soit dans le domaine du numérique où il va nous falloir aussi beaucoup plus d'ingénieurs dans le domaine des renouvelables aussi.

Il va falloir qu'on écoute un peu plus ces spécialistes dans le domaine. Dans quelques heures, les forces armées françaises vont défiler sur les Champs-Élysées. Hier, lors de son discours aux armées, Emmanuel Macron a appelé à poursuivre les projets industriels en matière de défense et à ne pas céder à l'absurdité du nationalisme.

Quand il dit ça, il s'adresse à qui ? Est-ce qu'il s'adresse aux Allemands qui ont décidé d'investir plus de 100 milliards dans leur défense cette année qui semblent faire cavalier seul ? Oui, en partie.

Et il a raison. Et il a raison. Il faut absolument que la question de la défense soit européanisée et il y a un élément d'inquiétude réel quand on voit que certains pays font cavalier seul ou du moins tentent de le faire que ce soit dans le domaine de l'armement mais aussi dans le domaine du spatial.

Tout ça est en lien. Faut se rendre compte qu'aujourd'hui il y a une guerre sur le territoire ukrainien, il y a une guerre hybride sur notre continent. Il y a une guerre commerciale.

Et donc face à cela, il faut penser global. C'està-dire qu'il y a pas que la question de l'armement. Faut penser à la question du numérique, faut poser la question du spatial et tout ça doit se faire au niveau européen.

C'est absolument essentiel. Mais les Allemands veulent faire de rin métal hein, le leader européen de l'armement et de la défense. Les Allemands aujourd'hui, vous dites, sont plus des compétiteurs que des associés.

Non, c'est pas vrai non plus. Ça va dépendre des domaines. Vous savez, il y a il y a des domaines où la France est pas tout à fait non plus dans dans un grand modèle de coopération.

Je le vois en tant que présidente de commion qui qui mène des négociations régulières. Parfois l'Allemagne va jouer cavalier seul et parfois ça va être la France sur un grand nombre de domaines. Par exemple, l'échec du du projet d'avion de combat franco-allemand Scaf qui est l'illustration que l'Europe de la défense visiblement c'est pas pour demain.

C'est la faute à qui ? Là pour le coup, il y a une responsabilité qui peut être allemande. Mais je vais vous dire dans d'autres projets de souveraineté absolument essentiel comme les systèmes de paiement par exemple, l'Allemagne a été très aidante, la France a été beaucoup moins.

Donc en fait un partout la balle au centre, j'ai envie de dire ça va dépendre à chaque fois. Donc le l'Allemagne bashing et ce genre de choses à d'autres et surtout pas un 14 juillet et surtout pas à un moment où toutes les armées vont défiler, surtout pas un moment où on a cette coalition euh des volontaires, surtout pas aujourd'hui on a des beaux symboles pour le coup lors de ce de ce défilé. Donc évidemment, je vais vous dire, il y a deux pays qui sont toujours en kikquinant au niveau européen.

L'Allemagne des fois, mais la France aussi très très régulièrement et je vais vous dire autant que l'Allemagne. Voilà, donc il va falloir à un moment réussir à trouver des deals et réussir à aller ensemble. Mais sur ce couplà, évidemment, Emmanuel Macron a raison.

Attention à l'armement au niveau national, faut y aller ensemble. C'est le dernier 14 juillet du chef de l'État. Dans 9 mois, il cèdera sa place à l'Élysée.

Quel bilan il laissera à vos yeux ? Écoutez, je l'ai dit tout à l'heure, il nous a présenté ce kakena comme celui de les un kakena écologique. Ça a été un échec.

Il nous a présenter le macronisme comme un renouveau de la démocratie. euh on finit avec une instabilité euh politique qui est son fait parce que c'est lui qui a voulu la dissolution à un moment absurde. Euh c'était euh une parfaite gestion des comptes publics.

On se retrouve avec plus 1000 milliards. Va falloir le gérer ça. À un moment, on doit investir dans la défense, dans le numérique, dans l'industrie, dans la transition écologique, dans les services publics.

C'est celui qui aura aussi abîmé nos services publics. C'est celui qui aura euh fait, je pense, pas grand bien au pays en réalité. Et sincèrement, je vais vous dire, je préférais largement dire autre chose.

Les militants socialistes ont acté le principe d'une primaire ouverte aux adhérents du PS et à ceux de place publique. Raphaël Gluxman a indiqué que c'était une très bonne nouvelle. Est-ce qu'il compte se présenter à cette primaire ?

Il a dit qu'il se laissait 3 mois pour réfléchir, pour réunir. 3 mois pourquoi ? Pour être sûr de vouloir être candidat à la présidentielle. que sa détermination fait pas grand doute hein, mais il a dit qu'il se laisserait 3 mois pour tenter de réunir.

C'est ce qu'il essaie de faire, c'est ce qu'on essaie de faire avec place publique. Donc il a mentionné récemment qu'il prendrait sa décision à la rentrée. On va lui laisser le temps.

Mais en tout cas, mais pourquoi attendre ? Parce que rassembler là, il a l'occasion d'un d'un rassemblement formidable. Pour lui, s'il remporte cette primaire en octobre, et bien il devient le candidat de la social-démocratie.

Donc pourquoi être pourquoi ne pas être candidat dès maintenant ? Nous, on a dit que on avait vu avec grand plaisir cette main tendue des adhérents du Parti socialiste. On est ravi parce qu'avec place publique, on travaille avec le Parti socialiste.

Donc cette main tendue, on la prend évidemment. Après, on va discuter tranquillement avec le Parti socialiste des modalités de ce processus de désignation. On va prendre notre quelques semaines de plus.

Je pense que voilà, ça mérite. Et puis après Raphaël Gluxman prendra sa décision. Mais je vais vous dire, j'ai toujours dit que pour nous, c'était absurde de partir sans le Parti socialiste.

Je le pense au Parlement européen, dans beaucoup d'Assemblées, on travaille avec tout le Parti socialiste. Mais est-ce que vous êtes pas en train de monter une usine à gaz ? Et pendant ce temps-là, bah pendant ce temps-là, dans les sondages, l'homme fort de la gauche, c'est c'est celui qui est en dynamique, c'est Jean-Luc Mélenchon et c'est lui qui occupe le terrain.

Et lui, il est prêt, hein. Il a ses ses il est candidat, il a un programme, il a sa ses troupes prêtes. Écoutez, vous vous vous dites ce que j'ai dit plusieurs fois d'ailleurs sur ce plateau ici où j'ai exprimé ma frustration face au processus de primaire ouverte not en disant à chaque fois, on refait la même erreur.

C'est-à-dire qu'on discute pendant 150 ans d'une primaire et puis pendant ce temps-là, on ne parle pas au français et pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon se met en dynamique. Et donc pourquoi ne pas créer de vous-même une dynamique avec Gravel Gusman, candidat avant l'été ? Là, on est en train de discuter avec le Parti socialiste.

Je comprends l'impatience. Donc, vous discutez boutique et lui fait campagne. Comprends, je comprends l'impatience.

Euh je comprends vraiment l'impatience de ceux qui ont envie de se mettre en campagne. Moi aussi, j'en ai envie très sincèrement mais voilà encore quelques semaines de patience et puis on va y arriver. J'en suis absolument sûre.

Et vous pensez que ce temps perdu, il va se rattraper vous savez 1 an avant une élection présidentielle. Les résultats, les prédictions, ça se passe jamais comme prévu. Je vous rappelle que Alain Jupé devait être président de la République à la base hein.

Bon, ça s'est pas tout à fait comme passer comme ça à la fin des fins. Donc voilà, on va rattraper ce temps, on va se mettre en dynamique, j'en suis sûr. Et et il faut laisser juste le temps de finaliser ce processus de négociation.

Mais moi aussi, j'ai hâte. Merci Aurora. Bonne journée à vous.

Merci. Yeah.