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interviewEurope 1· 11 mai 2026 4 min

Saint-Denis : Ville des rois morts et du portrait décroché de Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

1 et place à votre [musique] signature au repin du lundi. Bonjour Philippe Val, bonjour Dimitri. Bonjour à tous.

Ce matin, vous revenez sur les aventures de Bali Bagayoko le maire de Saint-Denis. Et oui, il fait couler beaucoup d'encre et de toutes les couleurs. Je me souviens des municipales moi de 1989 et des commentaires qui avaient suscité l'élection de Kofiamnan, mère noire du petit village Breton de Saint-Coulitz.

L'événement avait suscité quelques commentaires ignobles et des menaces de mort au point de lui donner l'envie de démissionner. Et heureusement pour notre honneur à tous, il est resté maire. Plus tard, il a été élu député et ministre de de gouvernement sans que le navire France n'ait l'impression de faire naufrage.

Vous l'avez rencontré ? Oui, quelquefois sur des plateaux de télé ou lors de débat et j'ai vu un homme très drôle, vraiment marrant, sympathique, affable à l'intelligence malicieuse, à cheval sur les principes et patriote. Récemment, il a exprimé son indignation face aux injures racistes qu'a essuyé Balioko depuis son élection.

Je partage l'indignation de Kofiam. Je crois que ma vie entière témoigne de ma totale indifférence à l'origine des personnes. Ce que nous sommes, hommes ou femme, blanc ou noir, nous n'y sommes pour rien et il est crimidel de nous le faire payer.

En revanche, ce que l'on fait, nous en sommes responsables. Et vous avez des problèmes avec ce que fait Bali Bagayoko ? Le fait qu'un élu reprenne la thèse de Mélenchon qui affirme qu'entre la France insoumise et le Rassemblement national, il n'y a rien est un mensonge statistique qui relève de la propagande totalitaire.

Ensuite qu'il annonce sur um un site qui s'est souvent illustré en se faisant les cô de propos séparatiste, comme une évidence souhaitable. L'insurrection qui suivrait une victoire du Rassemblement national relève du mépris des institutions qui l'ont porté là où il est. Ce n'est pas sa première déclaration contestable ni sa première action.

Ses propos sur umaa.com ne font qu'aggraver sa décision de décrocher le portrait du président de la République du mur de la mairie. Des juristes nous ont expliqué qu'aucune loi n'obligeait le maire à exposer le portrait du président.

Et je dirais heureusement ce doit être de la part du maire un acte volontaire délibéré, un acte libre d'adhésion aux institutions dont le président est le gardien. selon l'article 5 de notre constitution. Quel que soit l'opinion cas Bali Bagayoko du président en refusant d'accrocher son portrait, ce n'est pas la personne d'Emmanuel Macron qu'il rejette, ce sont nos institutions.

Ce que corrobor son désir d'insurrection suite à une victoire du RN. Si je comprends bien d'ailleurs, cette victoire serait à la fois détestable parce qu'elle serait celle du Rassemblement national et souhaitable parce qu'elle provoquerait l'insurrection qui l'appelle de ses vœux. Vous suggérez que son attitude déborde l'expression d'une opposition politique républicaine.

Oui, car ces institutions, elles sont le fruit de luttes qui ont coûté très cher à des générations d'hommes et de femmes, de pauvres gens, d'intellectuels, d'artistes, de philosophes. Elles sont le fruit de siècle d'effort vers la liberté et la sûreté des personnes. Comment se dire de gauche ou de droite d'ailleurs sans respecter cela ?

Ce sont des règles sacrées et monsieur Bagayoko qui a été entraîneur d'une équipe de basket sait très bien que les règles du jeu sont plus précieuses que la partie que l'on est en train de jouer. Elles doivent la précéder, l'habiter et lui succéder. Sinon, ce n'est plus du basket, c'est la guerre civile.

Pourquoi monsieur Bali Bagayoko respecte-t-il les règles d'un jeu de ballon alors qu'aujourd'hui qu'il est maire, il décroche le portrait de celui qui incarne le respect des règles qu'un peuple s'est donné pour garantir ses libertés ? Bon, et que peut-on faire à cela ? Bah, peut-être lui rappeler ces mots de Cofian.

Ne pas se laisser aller à la vengeance ou à la revanche ou à la méchanceté. Signature europin Philippe Val. Merci beaucoup Philipp.

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