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interviewRMC — Face à Face· 7 juillet 2026 18 min

Face à Face : Bruno Retailleau - 07/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Bruno Retailleau

Avec les peintures Seigneurie, vos chantiers prennent vie. Chaque jour, nos équipes et nos produits sont là pour accompagner votre savoir-faire et vous garantir un résultat soigné, durable, en intérieur comme en extérieur. Seigneurie, aux côtés des artisans peintres.

0:15
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Rotaillot.

0:29
Bruno Retailleau

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:30
Présentateur

Merci de répondre à mes questions. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, candidat LR. Vous êtes par ailleurs le président du parti Les Républicains. De très nombreuses questions à vous poser ce matin. Mais évidemment la première, c'est ce qui concernera Marine Le Pen aujourd'hui. La Cour d'appel de Paris va rendre sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires européens du RN. Marine Le Pen ou Jordan Bardella, pour vous ça change quoi ?

0:54
Bruno Retailleau

Ça ne change rien. C'est la justice qui va se prononcer. Elle a raison d'ailleurs de se prononcer tôt. Plutôt que d'attendre quelques semaines, quelques mois, juste avant cette élection fatale, ultime, l'élection présidentielle. Pour moi ça ne change rien. Ça ne change rien parce que le RN ne sera pas en mesure de redresser la France. Je n'y crois pas du tout parce qu'ils sont les supporters de l'assistanat. Je pense que la France est en train de mourir d'un système social qui a dérivé. Je suis pour un système social qui protège notamment les plus fragiles. Mais pas ceux qui vivent au crochet de la société.

Et regardez, ils n'ont pas voté l'assurance, la réforme de l'assurance chômage, l'assurance de la retraite. Et c'est un parti girouette.

1:33
Présentateur

Un parti girouette.

1:34
Bruno Retailleau

Ils ont changé d'avis surtout.

1:37
Présentateur

On va revenir sur le fond, mais sur le calendrier. Vous le disiez, en effet, la justice a accéléré son calendrier de manière à pouvoir rendre sa décision à temps. pour que Marine Le Pen ou Jordan Bardella puissent faire campagne. Le fait que ce soit une décision judiciaire qui aura des conséquences politiques. Les mots de Jordan Bardella qui disait hier soir, la cour d'appel doit avoir en tête qu'elle va dans sa décision avoir le poids des conséquences politiques dans ce qui sera prononcé. Et Marine Le Pen qui dit, cette décision peut contrecarrer le fonctionnement démocratique de notre pays. Est-ce que vous considérez que la justice est politique en rendant cette décision aujourd'hui ?

2:16
Bruno Retailleau

Non, la justice ne doit avoir qu'une chose en tête. Marine Le Pen est-elle, oui ou non coupée ? C'est ce qu'on demande à la justice. Souvent, je suis monté au créneau pour dénoncer des syndicats, notamment de magistrats, qui étaient très politisés. Je le cite, le syndicat de la magistrature. Vous vous souvenez, le mur des cons. La justice doit certes être indépendante, mais elle doit d'abord être impartiale. Et c'est ce qui explique sans doute cette partialité parfois que perçoivent les Français, ce lien distendu, ce lien de confiance qui était brisé entre les citoyens et la justice.

2:50
Présentateur

La décision qui sera rendue aujourd'hui, pour vous, peut-elle être non politique ?

2:56
Bruno Retailleau

Elle aura des conséquences politiques, mais elle peut ne pas être dans ses fondements, dans ses intentions politiques. C'est ce que je souhaite et c'est ce que j'espère.

3:04
Présentateur

Vous vous faites confiance, quoi qu'il arrive, quelle que soit la décision ? Vous estimez qu'il faut la respecter et ne pas se poser de questions ?

3:10
Bruno Retailleau

Écoutez, non. Moi, je suis de ceux qui considèrent que, je l'avais fait d'ailleurs en première instance, que lorsque Marine Le Pen avait été condamnée à une exécution provisoire, qui contredisait d'ailleurs la présomption d'innocence. Je trouvais ridicule que cette décision de première instance... Donc, je ne me suis pas privé de dire ce que je pense. Mais simplement, là, la Cour d'appel va devoir dire si, oui ou non, elle estime que Marine Le Pen est coupable de détournement de fonds publics.

3:37
Présentateur

Est-ce que vous entendez aussi ce que disent, j'avais ce matin, une auditrice, hôtesse de caisse à Cannes, qui disait, moi, j'ai l'impression que c'est de l'acharnement, parce que je considère que quand Marine Le Pen représente, disait-elle, plus de 30% dans les sondages, et qu'une partie des Français veulent qu'elle soit candidate, ce n'est pas au juge de prendre cette décision ?

3:56
Bruno Retailleau

Non, mais le juge prend une décision sur la culpabilité, sur des faits. Si jamais on sentait dans la décision qu'il y avait autre chose que des faits qui devraient rentrer en ligne de compte, alors il faudrait la dénoncer. Mais je veux dire que la justice, enfin, les hommes et les femmes politiques, pardon, ils ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus des lois.

4:13
Présentateur

Bruno Retailleau, on reparlera de la justice, parce que je voudrais vous interroger aussi après les drames de Liana, après les drames de Louis. Mais du point de vue de la politique, vous avez reçu récemment des marques au moins d'inimitiés, en tout cas de détournement, de celui qui pourtant était vraiment censé être votre bras droit pendant longtemps, Laurent Wauquiez. Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, Edouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. Et à vous, semble-t-il, même s'il ne vous nomme pas, il dit qu'il faut savoir se retirer. Vous faites rire ?

4:48
Bruno Retailleau

Non, ça ne me fait pas rire, mais ça ne m'a pas étonné plus que ça. Il me l'a invoqué, il n'a jamais été mon bras droit. Vous savez, moi je me suis engagé sur un chemin difficile, l'élection présidentielle. L'élection présidentielle, ce n'est pas une promenade de santé, ce n'est pas guinguette et flonflon, pas du tout. Vous avez droit chaque matin à votre bol d'huile de foie de morue. Et vous avez droit aux petites trahisons. Le problème de ce genre de déclaration, où il se contredit il y a quelques mois près d'ailleurs, puisque un an, il n'y avait pas de mois assez durs sur Édouard Philippe. Et d'ailleurs, il le trouvait que j'avais été trop macronisé quand j'étais ministre de l'Intérieur.

Ce qui fait mal à la politique, c'est ces retournements de veste. C'est finalement dire une chose le matin et dire l'inverse le soir, parce que ça accrédite dans l'esprit des gens, cette idée que dans la politique, tout est faux, tout est pourri.

5:35
Présentateur

Vous avez dit, Bruno Retailleau, je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour lui souhaiter le soutien de Laurent Wauquiez. C'est-à-dire que c'est un boulet, en fait, Laurent Wauquiez.

5:44
Bruno Retailleau

En tout cas, ça n'a jamais été un bras droit, ça n'a jamais été une aide pour moi, ni un soutien d'ailleurs.

5:50
Présentateur

Il est toujours membre des LR ?

5:51
Bruno Retailleau

Oui, il est toujours membre des LR, mais... Vous n'allez pas l'exclure pour autant ? Écoutez, je ne remettrai pas un jeton dans la machine. Moi, je suis engagé pour mon pays. Je pense que la France est au bord du gouffre, en tout cas. Et je veux garder toute mon énergie pour redresser la France, redresser mon pays.

6:07
Présentateur

Le reste, pour moi, c'est anecdotique. Cette question quand même de la multiplicité des candidatures, c'est-à-dire de dire, au fond, aujourd'hui, sur à peu près le même électorat, il y a Édouard Philippe et il y a vous. Si on élargit un peu, il y a aussi Gabriel Attal. Cette question-là, à la fin, si vous êtes tous les trois sur la ligne de départ, en effet, il y a peu de chances que vous n'ayez pas Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur la fiche du deuxième tour.

6:31
Bruno Retailleau

Mais je vais vous dire, j'étais à Brest, j'étais à Aix, j'ai fait un meeting tout près de Marseille, vendredi soir. Je suis sans doute un des candidats qui voit le plus de monde parce que je laboure le terrain. Croyez-moi, il n'y a aucune envie des Français d'avoir un match de second tour entre M. Mélenchon et M. Bardella ou Mme Le Pen. Il n'y a aucune envie parce qu'il sent très bien que ce serait le chaos. Et par ailleurs, il n'y a aucune envie de reconduire celles et ceux qui ont gouverné pendant longtemps et qui ont appuyé la politique d'Emmanuel Macron pendant dix ans. Aucune envie.

7:08
Présentateur

Pour vous, Édouard Philippe, c'est le macronisme.

7:09
Bruno Retailleau

Mais en tout cas, il aura de la peine à se décontaminer, évidemment. Et il sera sans cesse, à mon avis, rattaché à ce bilan-là.

7:17
Présentateur

Il y a cette phrase prononcée ce matin par Laurent Wauquiez « À l'automne, ceux qui ne sont pas les mieux placés doivent se retirer ». Est-ce que ça, pour le coup, sur les règles du jeu, j'allais dire, vous êtes à peu près d'accord ?

7:28
Bruno Retailleau

Ah non, mais moi, je suis parti pour gagner. Et j'en suis de plus en plus persuadé. D'accord. Parce que j'offre le choix aux Français.

7:37
Présentateur

Donc il n'y a pas de revoyure, en quelque sorte, on se dit en automne...

7:40
Bruno Retailleau

Je mets sur la table des propositions qui sont radicales. Pourquoi ? Parce que je pense que les vieilles idées, les vieilles solutions, les vieilles recettes, ça ne peut plus marcher. Donc il faut des solutions radicales. Je suis en même temps raisonnable. Je fais partie d'un gouvernement. Bien. Donc j'offre le choix, justement, entre le chaos, que serait le second tour entre M. Mélenchon et le RN, et puis la continuation par d'autres moyens, par d'autres figures, par procuration du macronisme.

8:08
Présentateur

Edouard Philippe devra clarifier ses positions, notamment sur la laïcité ou sur le régalien. Petit bémol, donc, que Laurent Wauquiez apporte ce matin un éventuel soutien à Edouard Philippe, dont il disait la semaine dernière qu'il pouvait incarner l'ordre et le sérieux.

8:21
Bruno Retailleau

Mais c'est ce que je vous disais. Avec lui, vous ne pouvez même pas le croire, le contraire de ce qu'il dit. La semaine dernière, tout était beau et super, et là, maintenant, il dit pratiquement l'inverse. Non, tout ça, c'est anecdotique. Moi, je pense que... J'ai écouté, d'ailleurs, Edouard Philippe. Ce qu'on attend. On est tous d'accord.

8:39
Présentateur

Que vous en avez pensé, de ton discours de dimanche ?

8:41
Bruno Retailleau

Écoutez, formellement, c'était très professionnel. On est tous d'accord sur un certain nombre de généralités. Refonder l'école, bien évidemment. La transition climatique, évidemment. S'adapter au réchauffement climatique, évidemment. Le fait aussi qu'il faille faire un certain nombre d'efforts et que ces efforts soient justes. Mais où sont les propositions ? Je vais vous dire, Apolline de Baller, je ne laisserai pas cette campagne présidentielle. Parce que pour moi, 2027, c'est la campagne et c'est l'élection de la dernière chance. Ce sera ou le sursaut ou le chaos. Et je ne la laisserai pas se faire escamoter vis-à-vis des Français. Pourquoi ? Et je m'explique. Il faut des propositions.

On peut, comment dirais-je, dire un certain nombre de généralités, des abstractions.

9:28
Présentateur

C'était des généralités un peu de la part de Edouard Philippe.

9:30
Bruno Retailleau

Mais où sont les propositions ? Où sont les solutions ? Je pense que, pour éclairer les Français, c'est le respect. Dans des moments qui sont des moments difficiles, encore une fois, la France est au bord du gouffre, je pense qu'on leur doit la vérité. Et on leur doit des solutions, des propositions précises, chiffrées, c'est ce que je m'emploie à faire chaque jour. Et c'est projet, contre projet, solution, contre solution qu'ils devront trancher cette élection présidentielle.

9:55
Présentateur

On va rentrer dans le détail de vos propositions et notamment sur ce que vous dites, l'alerte sur les finances publiques. C'est aussi d'ailleurs l'expression utilisée désormais pour parler du comité qui va se tenir aujourd'hui. Mais j'entends bien que vous ne vous retirerez pas ?

10:09
Bruno Retailleau

Non, mais je pars, je suis parti et je porte un projet qu'aucun autre candidat ne porte.

10:14
Présentateur

Vous êtes parti dans la campagne ?

10:15
Bruno Retailleau

Sur la prospérité, sur le régalien, il faudra changer de constitution, voilà. Parce que je pars, un point qui me distingue

10:21
Présentateur

et je pars quand je vous demande si vous vous retirerez, ça peut prêter à confusion. Non, vous êtes parti pour gagner.

10:27
Bruno Retailleau

Je suis parti et je vais gagner. Je serai au second tour. Il faut l'entendre. Et j'en suis absolument certain, je serai au second tour.

10:33
Présentateur

Bruno Retailleau, aujourd'hui, comité d'alerte sur les finances publiques et vous ne cessez de dire que c'est en effet la dernière chance, la dernière étape, l'ultime pour la France. François Bayrou, hier, disait l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu ne suffira pas pour payer les intérêts de la dette, lui aussi alerte. Le dernier comité d'alerte des finances publiques qui s'était tenu il y a quelques mois avant celui de cet après-midi avait accouché de 6 milliards supplémentaires d'économies. Combien de milliards d'économies faudra-t-il faire pour rentrer à nouveau dans les clous ?

11:09
Bruno Retailleau

Mais François Bayrou a parfaitement raison. La totalité, effectivement, de l'impôt sur le revenu est dévorée par le seul paiement des intérêts de la dette. Ça représente par jour pour que les Français le comprennent bien 210 millions d'euros par jour. C'est l'équivalent qu'on jette par la fenêtre du coup d'un hôpital local. Vous imaginez, cette bombe-là, elle va exploser. On ne sait pas s'il sera dans quelques mois ou dans quelques années. Mais elle va exploser.

11:34
Présentateur

Sur quoi faut-il faire des économies alors ?

11:35
Bruno Retailleau

Mais surtout, surtout, mais d'abord en étant juste. Vous voyez ? J'entendais dans le discours cette idée qu'il faut exiger un effort des retraités. Moi, ce que je veux d'abord en termes de justice, parce que dans notre modèle social qu'il va falloir refonder, c'est cette idée de justice. Aujourd'hui, ce n'est pas juste parce que ce sont toujours ceux qui payent de l'impôt, qui cotisent, qui payent toujours plus. Ce que moi, je veux...

11:58
Présentateur

Vous ne ferez pas appel davantage aux retraités ?

11:59
Bruno Retailleau

Ce que je veux, moi, et avant de faire appel aux uns et aux autres, à ceux qui ont travaillé toute une vie, c'est faire appel et c'est exiger de ceux qui ne travaillent pas, qui pourraient le faire, des efforts. Je plafonnerai à 70% du SMIC la totalité des prestations sociales pour qu'à chaque moment il y ait un écart significatif entre le revenu de l'assistanat, de la solidarité et le revenu du travail.

12:22
Présentateur

Quand on vous dit que la totalité, est-ce que ça veut dire que si on touche à la fois le RSA et des allocations familiales, par exemple ?

12:29
Bruno Retailleau

Je laisse ces allocations familiales de deux côtés. C'est hors allocation familiale. Mais pour la première fois, j'instaurerai ce plafond. Deuxième chose, par rapport à ceux qui cotisent, est-ce que vous trouvez normal que des Français qui cotisent puissent être moins bien remboursés qu'un étranger en situation clandestine qui lui bénéficiera de 100% qui lui va donc... Qui n'aura pas de reste à charge. Et qui n'aura pas de reste à charge. Eh bien, ce que je veux, c'est que les étrangers qui viendront en France devront attendre 5 ans, travailler et être là légalement pour commencer à toucher des aides sociales, etc. C'est un modèle social...

13:03
Présentateur

Mais ils ne peuvent pas avoir travaillé 5 ans sans avoir la Sécu. Ils auront quand même la Sécu tout de suite. Bien sûr.

13:06
Bruno Retailleau

Parce que... Bien sûr. Évidemment. Mais sur les aides sociales, ce qu'on appelle non-contributives. Voilà. Donc, c'est un changement de modèle que je veux. Moi, je veux que le travail paye. Le problème français aujourd'hui, c'est que le travail ne paye pas suffisamment parce que les gens qui travaillent portent toute la dépense publique et les pharaoniques. Donc, je veux donner la possibilité aux Français d'avoir un 13e voire un 14e mois en travaillant un peu moins d'une demi-heure par jour. Voilà. Et en tapant... En plus, pas en moins, évidemment. Tous ceux qui diront qu'il faut travailler moins nous enfonceront comme on a déjà enfoncé la France.

Les socialistes nous ont fait cette belle promesse. Travaillez moins, vous vivrez mieux. Total, aujourd'hui, il n'y a jamais eu autant de pauvres en France. Et on est un pays en voie de tiers-mondisation. Et donc, il faudra faire des efforts, mais d'abord...

13:52
Présentateur

Vous considérez qu'on est un pays en voie de tiers-mondisation ? Mais bien sûr.

13:55
Bruno Retailleau

Regardez nos services publics. Ce qui est... Et c'est la raison pour laquelle je parlais de justice. Ce qui rend fou les Français, c'est de voir qu'on est les champions du monde de l'impôt, de la dépense publique. Jamais la dépense publique n'a été aussi forte. Jamais on a autant cotisé, payé, et jamais les services publics ont été aussi fragilisés. Regardez les urgences, l'hôpital, regardez la justice. On en a parlé déjà dans l'affaire Viana et dans bien d'autres affaires. Regardez beaucoup d'autres. L'école aussi. L'école qui est devenue une machine à fabriquer des inégalités sociales.

C'est en France où finalement, le lien entre l'élève, la réussite de l'élève et la position sociale des parents est le plus étroit, resserré.

14:35
Présentateur

Vous dites, Bruno Retailleau, quand j'arriverai au pouvoir, je décréterai l'état d'urgence numérique. Ça veut dire quoi ça ?

14:42
Bruno Retailleau

Parce que je pense qu'aujourd'hui, il y a un basculement du monde. Alors, il y a des guerres dans le monde, mais par ailleurs, il y a l'intelligence artificielle. Cette intelligence artificielle, c'est sans doute la plus grande bataille technologique que l'histoire ait connue et on est mal préparé. Et on est en train de devenir une colonie numérique américaine. Et moi, je ne veux ni d'un protectorat américain sur la France et l'Europe, ni non plus d'un protectorat d'ailleurs industriel de la Chine sur l'Europe et sur la France. Donc, il faut réagir.

15:12
Présentateur

Deux questions encore, Bruno Retailleau. Il y a eu cette marche blanche après la mort de Louis. Ce jeune homme qui a été tabassé à mort et laissé pour mort alors qu'il était normalement protégé par l'aide sociale à l'enfance. Dans cette marche blanche, il y a un certain nombre de jeunes qui ont décidé de faire leur ce slogan pour la peine de mort. Comment vous réagissez quand vous entendez ça ? Et après la mort de Liana, on avait fait un forum sur BFM TV et on avait eu quelques parents qui disaient pratiquement qu'ils étaient tentés de se faire justice eux-mêmes et d'aller jusqu'à tuer un éventuel assassin ou violeur de leurs enfants.

15:48
Bruno Retailleau

C'est exactement ce que j'allais vous répondre. Ce que vous me dites là. C'est-à-dire qu'on a l'excuse aujourd'hui de minorité. On a cultivé en France l'excuse sociale, l'impunité, une justice trop laxiste. Pas nécessairement à cause des magistrats, mais à cause de nos lois. Et forcément, cette impunité, cette justice laxiste, elle appelle deux réactions. Soit on crée des milices pour s'autodéfendre, ça n'est pas possible. Soit on veut à nouveau la peine de mort. Ce que moi je propose, c'est une autre politique pénale. Une politique pénale où on assumera la sanction.

16:20
Présentateur

Mais la peine de mort ?

16:21
Bruno Retailleau

Non.

16:22
Locuteur

Non.

16:23
Bruno Retailleau

Ça ne change rien. Et j'y suis opposé depuis longtemps. En revanche, je veux qu'on ait des peines minimales. Dès qu'on touche un policier, un gendarme, un sapeur-pompier, c'est la casse-prison. Dès qu'un jeune commet un délit grave, ce sera des courtes peines de prison. On arrête cet écart énorme entre les peines encourues, les peines prononcées au tribunal, et les peines qui sont réellement exécutées. Je supprimerai le juge d'application des peines. Les Français ne savent pas, mais en France, vous avez un drôle de système. Vous avez d'abord un juge au tribunal qui va donner une condamnation. Il va prononcer une condamnation.

Et puis derrière, il y a un autre juge qui s'appelle le juge d'application des peines qui va défaire ce que le premier juge a fait. Ça ne peut pas durer. Il faudra aussi construire, bien entendu, des prisons. Il faudra, et c'est un point très important, je soumettrai au peuple français par la voie du référendum justement cette grande question de la politique pénale qu'ils veulent. On rend en France la justice au nom du peuple français et c'est parfaitement naturel, démocratique, que ce soit le peuple français, qui vote la politique pénale de son choix.

17:24
Présentateur

Avec ce référendum. Un mot encore, Bruno Retailleau, vous avez peut-être vu ces propos d'une sénatrice paraguayenne qui a eu des propos sur Kylian Mbappé absolument inouï. Elle parle d'un Camerounais issu de la colonisation qui ne sait même pas écrire. Elle est, je n'ai même pas de mots, une femme méprisable et indigne de sa fonction. Kylian Mbappé est sorti de son silence et il a décidé de condamner ses propos. Comment vous réagissez ?

17:55
Bruno Retailleau

Il a eu raison et Mbappé a rendu fier beaucoup, beaucoup de Français du drapeau des bleus, bien entendu, et de leur maillot. Ce que je voudrais dire à cette dame, c'est que la France est un modèle, le modèle républicain. Et dans ce modèle républicain, on n'est pas français par le sol, on n'est pas français par le sang, on est français par le cœur. On n'est français pas par la couleur de la peau, pas par la croyance, pas par ses origines, c'est parce qu'on aime la France. C'est ça le modèle républicain. C'est ce modèle-là que moi, je veux absolument porter très haut comme un étendard. Et je pense que l'assimilation à nos valeurs, il faut la remettre au cœur du débat public.

18:32
Présentateur

Merci Bruno Rataillot d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle et président des Républicains.

18:39
Invité

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