Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewCNEWS· 16 mars 2026 19 min

La grande interview : Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Et notre grande invitée aujourd'hui dans la grande interview CNews et Europe 1, c'est Aurore Berger. Bonjour à vous, ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. On va évoquer cette soirée du premier tour des municipales, avec des résultats plus que mitigés pour le bloc central que vous représentez. Mais d'abord, le fait majeur, Aurore Berger, c'est le fait que la France insoumise se retrouve dans de nombreuses villes, en position d'arbitre, de quasiment faveur droit ou de maire en tout cas. Les outrances de Jean-Luc Mélenchon ne l'ont donc pas pénalisé ?

0:31
Aurore Bergé

Non, malheureusement, parce que ça fait quand même plusieurs années que ce n'est même plus des outrances. C'est-à-dire qu'on a une vraie stratégie électorale de brutalisation du débat public, de conflictualisation permanente. Sur des sujets dont j'ai la responsabilité, notamment sur la lutte contre l'antisémitisme, ce n'est pas de l'outrance ou du dérapage. C'est un cynisme électoral qui a été mis en place singulièrement après les attentats du 7 octobre. Donc ça veut dire qu'il faut absolument que la gauche rompe avec forme de gangrène que représente la France insoumise.

et qu'elle rompe définitivement, c'est-à-dire pas de cynisme en disant qu'il n'y aura pas d'accord national pour mieux faire des efforts locaux. Vous ne le croyez pas quand il dit ça ? Moi, je juge aux actes. Je juge aux actes. Donc oui, il a dit qu'il n'y aurait pas d'accord national. Est-ce que ça veut donc dire que si jamais il y avait le moindre accord local entre la France insoumise et le Parti socialiste, cela serait immédiatement exclu du Parti socialiste ? On voit l'attitude des écologistes qui, clairement, eux, considèrent que LFI redevient fréquentable le soir du premier tour. Donc c'est aussi ça.

Vous voyez, pendant des mois, on a eu une espèce de danse entre les uns et les autres. Et puis à la fin, quand il y a des élections, quand il y a un risque de défaite, parce qu'on voit qu'il y a certaines villes où des maires écologistes sont menacées, comme à Lyon, comme à Bordeaux, des villes où des maires socialistes sont menacées, comme à Clermont-Ferrand ou à Nantes, et bien là, il y a cette tentation immédiate qui revient de l'union, même avec le pire. Et ça, Aurore Berger, ce seront des accords de la honte pour vous ? Oui, ce sont des accords de la honte. Et j'espère que ce seront des accords qui seront perdants.

Moi, j'espère qu'il n'y a aucune ville supplémentaire, puisque malheureusement, certaines ont été remportées, une notamment en Ile-de-France. Aucune ville supplémentaire n'ira à la France insoumise, parce qu'encore une fois, on est sur un parti qui ne peut pas demain présider, gouverner ou destiner d'une commune au regard de la politique qu'il entend mener, de cette conflictualisation, de brutalisation, et de ce qu'il fait, notamment, concrètement, singulièrement, sur la question de l'antisémitisme. Donc, il faut que la gauche arbitre, qu'elle arbitre maintenant, et pas qu'elle fasse croire que ça ira mieux demain. Non, elle arbitre tout de suite, elle dit non.

Tout de suite, elle rend immédiatement, de manière à ce que LFI ne soit jamais en mesure, ni de prendre une ville, ni même d'en être l'arbitre.

2:34
Présentateur

Alors, Manuel Bompard s'est félicité des résultats, bien sûr. Il appelle de ses voeux la Nouvelle-France, et ce qu'il appelle son peuple. Qu'est-ce qu'il veut dire, en réalité ?

2:42
Aurore Bergé

Je ne sais pas, vous savez, les appels au peuple, je me méfie toujours, parce que comme si ça caractérisait quelque chose, il y a une nation, qui est une nation française, qui est une nation qui doit être réconciliée, qui doit être unie. Je pense qu'il y en a trop qui jouent sur les fractures, qui cherchent à les accentuer, qui cherchent à les aggraver. Normalement, quand on fait de la politique, on n'est pas là pour jouer sur les fractures, ou communautariser le pays. On est là, au contraire, pour chercher à les réconcilier, à les rassembler. C'est l'inverse de la stratégie électorale de la France insoumise, malheureusement.

3:08
Présentateur

Mais pour vous, la France insoumise n'est pas un parti républicain, dans l'arc républicain, au revoir ?

3:13
Aurore Bergé

Non, mais moi, j'ai toujours dit. Vous savez, moi, je n'ai pas attendu les élections municipales. Au soir du premier tour des élections législatives, j'avais déjà dit que pour moi, c'était ni RN, ni LFI. Je considère que ce sont deux partis qui ont des histoires différentes, qui ont des structurations politiques différentes. Mais je ne souhaite que ni l'un ni l'autre ne puisse accéder aux responsabilités, aux pouvoirs.

3:30
Présentateur

Donc partout où on peut les faire battre, on doit les faire battre. Et pourtant, on va évoquer dans un instant les résultats du Rassemblement national. Tout ça est en train de préfigurer une présidentielle de 2027 où le RN et LFI pourraient se retrouver au second tour. Oui, c'est le risque.

3:44
Aurore Bergé

Mais moi, c'est un risque, là encore, que je dis, que je dénonce, en tout cas depuis des mois. C'est-à-dire que ce n'est plus de la science-fiction de se dire qu'on pourrait avoir un second tour entre le Rassemblement national d'un côté et la France insoumise d'autre. Donc ce n'est pas jouer à faire peur avec les Français. C'est juste dire, voilà, c'est ça qui pourrait arriver. Donc ça veut dire que nous, on a une responsabilité supplémentaire. Et quand je dis « nous », je parle du bloc central, Renaissance, Modem, Horizon et les LR. Nous avons une responsabilité commune qui est de garantir que les Français aient un autre choix en 2027 qu'un choix mortifère entre le RN et LFI.

Ce qui veut dire qu'il faut l'union. Et d'ailleurs, dans les villes où il y a union, vous voyez bien qu'il y a des possibilités de victoire. Je pense à Nantes. Moi, j'étais allée soutenir et faire le lancement de campagne du candidat et on était ensemble sur scène, Renaissance, Modem, Horizon, LR, pour être à ses côtés parce qu'il y a eu l'union large dès le premier tour. Et il est en capacité, ce que personne ne prévoyait vraiment, de pouvoir renverser le parti socialiste à Nantes. Donc ça veut dire que l'union, elle permet la victoire.

4:42
Présentateur

Là où la désunion, malheureusement, elle risque de préfigurer la défaite. Mais est-ce qu'il faudrait des désistements ? Parce que pour empêcher certains partis, notamment la France insoumise, d'accéder, il faut désister. Et là, sur les municipales, on voit que personne ne veut se désister.

4:55
Aurore Bergé

Et quand vous avez une situation, prenons un exemple très clair, à Roubaix. À Roubaix, où malheureusement le candidat de la France insoumise est à 45% au premier tour, je considère que l'union doit se faire derrière celui arrivé deuxième, qui est donc le seul qui peut gagner, qui est un candidat de la droite, de la droite républicaine, et qui évidemment, tous les autres devraient avoir la dignité de se désister. Si personne ne veut soi-disant prendre le risque d'avoir la France insoumise qui accède à des responsabilités, dans ces cas-là, il faut que chacun prenne les siennes.

Et prendre les siennes, dans cette configuration-là, par exemple, c'est que chacun se désiste au profit du seul qui peut encore gagner. Mais se désister, ça veut dire d'avoir aucun conseil municipal, aucun conseiller municipal, et donc ne pas péser. Mais c'est quoi le pire ? C'est de ne plus avoir un seul conseiller municipal d'opposition, ou c'est d'avoir la France insoumise qui préside une commune ? Moi, je pense qu'il ne faut pas avoir la France insoumise qui préside une commune, pas plus que le Rassemblement national.

Dans ces cas-là, il faut être clair, soit on est en situation de gagner, de les battre, et donc on se maintient et on va jusqu'au bout de sa candidature, soit on sait que le maintien favorise leur élection. Et donc, dans ces cas-là, on a la clarté et la dignité de se désister.

5:55
Présentateur

Or, on est sur ces news et européens. Pour vous, il y a un signe égal entre le Rassemblement national et la France insoumise aujourd'hui dans la gestion des communes. On voit qu'un certain nombre de maires IRN ont été remportées dans ce pays. Pour vous, c'est la même chose, réellement ?

6:08
Aurore Bergé

Je ne dis pas que c'est la même chose, parce que ce n'est pas le même corpus, ce n'est pas la même volonté, ce n'est pas la même histoire politique. Moi, je dis que je ne souhaite pas, comme destin pour la France, que ce soit le Rassemblement national qui gagne demain ou que ce soit la France insoumise qui gagne demain. C'est uniquement ça que je dis.

Et je n'oublie pas non plus qu'un certain nombre de candidats du Rassemblement national, que ce soit aux élections législatives de 2024 ou que ce soit encore aux élections municipales cette année, ont dû être désinvestis au dernier moment par le Rassemblement national, parce qu'en regardant ce qu'ils avaient publié ici ou là sur les réseaux sociaux, on retrouve des commentaires racistes ou des commentaires antisémites. Donc, ce n'est pas évoquer un passé, c'est rappeler un présent. Et un présent qui dure, là où on nous avait promis à chaque élection

6:48
Présentateur

que le ménage serait fait et serait fait définitivement. Certains candidats ont été écartés, effectivement, là, encore récemment. Jordan Bardella tend la main aux listes de droite sincères, dit-il, pour l'emporter. On a parlé de la question de l'union à gauche. Il y a aussi la question des alliances éventuelles de la droite et du Rassemblement national. Là encore, vous dites, attention, il ne faut pas franchir cette ligne-là.

7:08
Aurore Bergé

Et déjà, j'ignorais que le Rassemblement national était un parti de droite. Et moi, j'aimerais que chacun s'attarde sur ce que le Rassemblement national vote à l'Assemblée nationale. Quand le Rassemblement national vote contre la réforme des retraites, vote contre la réforme de l'assurance chômage, vote contre la réforme du RSA pour garantir à chacun de pouvoir retrouver un emploi. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on fait des réformes qui vont dans un sens nécessaire et souhaitable sur le marché du travail, sur les questions économiques, le Rassemblement national s'y oppose. Par contre, ils votent avec la France insoumise toute une série de taxations et de fiscalités supplémentaires.

Et là encore, ce n'est pas du passé, c'est ce qui s'est passé très récemment au moment des discussions sur le budget. Donc, si Jordan Barlena nous apprend que le Rassemblement national en rend de manière définitive avec des candidats qui malheureusement continuent à tenir des propos racistes ou antisémites et qu'ils nous annoncent donc que le Rassemblement national devient un parti de droite, c'est malheureusement l'inverse de ce qu'ils font quand ils en ont l'opportunité dans les votes qui sont les leurs à l'Assemblée nationale.

Donc, c'est pour ça que cette main tendue, moi je vois bien la tentative d'affichage qui est la sienne, mais la réalité de ce qu'est ce parti politique, de ces votes à l'Assemblée nationale, démontre l'inverse de ce qu'il est en train de dire.

8:14
Présentateur

Aurore Berger, parlons maintenant de Renaissance, une centaine de villes remportées sur 35 000 communes, ça s'appelle une Bérezina pour le camp présidentiel. Ça veut dire que c'est difficile,

8:22
Aurore Bergé

ça veut dire qu'on a ceux qui sont solidement ancrés et qui démontrent que c'est possible, et puis ça veut dire qu'on a la nécessité, encore une fois, de la clarification de ce qu'on veut porter, de ce qu'on veut continuer à porter dans la vie politique. Moi, je ne crois pas et je n'ai jamais pensé qu'on serait une parenthèse. Beaucoup de partis politiques ont espéré ça. Le macronisme est une parenthèse, le dépassement est une parenthèse. Il n'est pas grand effacé ? Il n'y a pas un grand effacement ? Le risque, c'est ça. Le risque, c'est l'effacement de nos idées. Ça veut dire que les élections municipales, il reste encore une semaine.

Donc déjà, on est cette semaine dans un moment qui est un moment de combat, un moment de combat face à la France insoumise, un moment de combat face au Rassemblement national, un moment de combat parce qu'il y a des villes qui sont à portée de victoire, que ce soit à Bordeaux, que ce soit à Annecy, que ce soit avec l'Union, par exemple, à Lyon ou à Nantes. Donc ça veut dire qu'il faut aller au bout de cette logique-là de l'Union et ça veut dire qu'il faut être très lucide sur les risques en 2027. Et que 2027 ne doit pas être une élection confisquée par quelques ambitions, mais la nécessité, encore une fois, du rassemblement.

Parce que toutes les ambitions sont légitimes, sauf que si on n'a que des ambitions qui se juxtaposent, à la fin,

9:28
Présentateur

aucune d'entre elles ne sera au second tour. Vous parlez de clarification, vous l'avez demandé à gauche, à droite. On se rappelle quand même que lors des dernières législatives en 2024, Gabriel Attal avait appelé à voter la France insoumise pour faire barrage au RN. Est-ce que c'est toujours la même logique ou plus du tout aujourd'hui, Errore Berger ? Moi, vous savez que c'était pas ma logique.

9:45
Aurore Bergé

On a été quelques-uns, très clairement, à dire que nous, aux élections législatives, la dernière fois, il était hors de question que pour battre le rassemblement national, on mette un bulletin à l'effet dans l'urne. Parce que de toute façon, je pense que ça ne fait que faire progresser le rassemblement national à la fin. Donc c'est une stratégie qui est une stratégie perdante. Et je pense que de toute façon, elle est inacceptable au regard de ce que défend la France insoumise, de ce qu'elle défendait déjà en 2024. Donc maintenant, j'ai l'impression que tout le monde s'est rangé à la position qui était la mienne à l'époque. C'est-à-dire, ni RN, ni LFI. Tant mieux, on a besoin de cette clarté.

Je pense que les Français, ils attendent de la clarté. Si on voit qu'il y a malgré tout un enracinement du rassemblement national, qu'il y a des victoires pour la France insoumise, c'est parce que, même si je les combats, sans doute qu'ils démontrent une forme de clarté dans les projets politiques qui sont les leurs. Eh bien, à nous de retrouver cette clarté là. Ce dont vous avez manqué. À nous de retrouver cette clarté politique indiscutable, à la fois dans les élections locales. Il nous reste encore une fois, une semaine qui est une semaine de combat. Et dans les élections nationales, évidemment.

10:44
Présentateur

Mais le fait d'avoir tellement peu d'élus pour la Renaissance, je crois qu'il n'y avait que 5 grandes villes. 5 grandes villes où il y avait un candidat à Renaissance ne va pas vous effacer complètement de la carte politique. On sait qu'il y aura les sénatoriales bientôt. Aucun ancrage local pour votre parti.

11:00
Aurore Bergé

Une fois, on a des possibilités de victoire. Et donc, on verra au soir du second tour. Au soir du second tour. Mais parce que vous savez, moi j'ai vu, y compris d'ailleurs aux élections législatives, des candidats qui étaient arrivés en tête avec 47% et qui ont été battus au soir du second tour.

11:11
Présentateur

Ce n'est pas le même type de scrutin.

11:12
Aurore Bergé

Ce n'est pas le même type de scrutin, je le sais bien. Mais on sait aussi qu'il y a beaucoup d'inconnus. Combien de candidats seront en lice dans chacune des communes ? Regardez à Paris. Est-ce qu'on aura 5 candidats en lice pour le second tour ? Ce qui serait quand même une première sur la capitale de la France. Est-ce qu'on va avoir des logiques de fusion ? Qu'est-ce que vous dites à M. Bournazel par exemple ? Mais je lui dis ce que Rachida Dati a dit. C'est-à-dire qu'on a besoin de l'union. On a besoin de l'union. Donc il faut fusionner les lices. Et qu'il y a une volonté qui est une volonté d'alternance à Paris.

Et je dis depuis le début, moi je soutiens Rachida Dati depuis le premier jour. Pourquoi ? Parce qu'il y a deux candidats qui sont arrivés largement devant les autres. Le candidat de la gauche et la candidate de la droite et du centre, Rachida Dati. Donc la seule qui peut permettre l'alternance à Paris, c'est elle. Donc ceux qui se maintiennent, ceux qui refusent la main tendue, de facto, veulent donc faire gagner la gauche. Moi je ne veux pas faire regagner la gauche à Paris parce que je pense que Paris mérite mieux que ce qui se passe aujourd'hui en termes de sécurité, en termes d'insalubrité. Regardez le scandale absolu sur la question du périscolaire. Ça c'est quand même une honte.

On parle de violence sexuelle à l'encontre de nos enfants. Enfin tous les parents, j'imagine, peuvent être inquiets quand ils accompagnent leurs enfants et se demandent à qui ils les confient. Et on parle de Paris. Paris ne peut pas dire qu'elle n'a pas les moyens de vérifier. Pas les moyens de contrôler. Emmanuel Grégoire a été dans la majorité d'Anne Hidalgo. Il a été son premier adjoint. Il ne peut pas faire comme si aujourd'hui, il découvrait cette situation et qu'il n'en avait jamais eu connaissance. Donc est-ce que ceux qui ont échoué hier peuvent réussir demain ? Je ne crois pas.

12:35
Présentateur

Moi je crois à l'alternance et je crois à l'union. Au nom de cette lutte contre la gauche, Rachida Dati doit-elle accepter la main tendue par Sarah Knafou ou se boucher le nez en disant « Non, je ne veux pas de votre alliance ».

12:44
Aurore Bergé

Mais vous voyez bien que vous ne pouvez pas avoir sur la même liste Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafou. Ni l'un ni l'autre ne le souhaitent. Donc Paris sera à gauche. Mais ni l'un ni l'autre ne le souhaitent. De toute façon. Donc ça veut dire que ça n'est pas possible. Donc ça doit passer par les électeurs ? Bien sûr, mais ça passe toujours par les électeurs. Parce que je pense qu'ils détestent cette logique de tambouille qui fait que dans l'entre-deux-tours, tout d'un coup, on change quelque part un peu les règles du jeu. On fusionne, on s'allie, on se désiste, etc. Donc ça crée toujours une ambiance très particulière.

À la fin, la seule question qui se pose à Paris comme ailleurs, c'est « Est-ce que vous souhaitez l'alternance ? Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Bordeaux ? Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Annecy ? Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Nantes ? À Limoges, pour la première fois, historiquement, la droite et le centre sont arrivés en tête. Pareil à Clermont-Ferrand. Donc ça veut dire qu'il y a des alternances qui sont possibles. Mais ces alternances ne peuvent exister que s'il y a l'union.

13:31
Présentateur

Encore une fois, l'éclatement de ce bloc central laisse préfigurer des jours difficiles pour la présidentielle de 2027. Comment départager tous ces candidats qui représenteront qui le macronisme, qui la droite républicaine ? Faut-il une primaire ouverte ? Vous y êtes favorable ? Qui serait ce candidat naturel, selon vous ? Mais la primaire, je vois qu'on est de plus en plus de voix

13:48
Aurore Bergé

à y être favorable. Gérald Darmanin y est favorable, Gérard Larcher y est favorable, tout simplement parce que c'est quelque chose qui s'impose aujourd'hui. Comment sinon départager les candidats et les candidats ? Il n'y a aucun autre système qui permet de se départager. Et il n'y a aucun autre système qui garantisse l'union. Ça ne garantit pas la victoire. Et par contre, l'absence de primaire et l'absence d'union garantissent la défaite. Ce n'est pas la machine à perdre dans les primaires ? Non, ce n'est pas la machine à perdre. La machine à perdre, c'est la division.

La machine à perdre, c'est d'avoir une succession de candidatures qui ne permettent pas de se mettre d'accord sur un projet, une vision de société qu'on veut partager aux Français. Et à la fin, la machine à perdre, c'est donc de laisser les Français choisir uniquement entre le Rassemblement National et LFI. Je crois que le pays mérite mieux. Aurore Berger, vous serez candidate à cette primaire ? Je veux d'abord qu'elle existe. Donc moi, je fais les choses dans l'ordre. Un, il y a des municipales. Il reste une semaine et moi, je serai au combat. Et je continuerai à les soutenir, les candidats, comme je l'ai fait tout au long du premier tour. Donc je continuerai à les soutenir cette semaine.

Et je me battrai pour créer une primaire.

14:40
Présentateur

Donc c'est trop tôt pour nous dire si vous êtes candidate à la primaire ?

14:41
Aurore Bergé

Oui, parce que moi, je pense qu'il faut faire les choses dans le bon ordre, dans la vie politique. Il y a le combat des municipales. Il reste encore une semaine de combat. Et il y a un combat pour garantir l'union et garantir déjà qu'il y ait des primaires qui puissent existir.

14:52
Présentateur

Aurore Berger, on a évoqué dès le début l'antisémitisme à travers les propos de Jean-Luc Mélenchon. Il y a une loi, une proposition de loi de la députée Caroline Yadant qui vise à caractériser les nouvelles formes d'antisémitisme en pénalisant l'antisionisme. Je sais que vous soutenez cette loi, mais quand sera-t-elle présentée au Parlement ?

15:10
Aurore Bergé

Dès la semaine du 13 avril, elle sera débattue et discutée. Là aussi, ce sera un moment de vérité qui sera très important dans l'hémicycle, singulièrement pour la gauche. Est-ce que la gauche considère que nous devons lutter contre toutes les formes d'antisémitisme ? Et malheureusement, nous le savons, l'antisémitisme, il a des formes renouvelées, il a muté, il a évolué et singulièrement depuis les attentats terroristes du 7 octobre en Israël, dont on voit bien malheureusement la traînée qu'elle a laissée, qui aurait dû être une traînée d'empathie qui s'est transformée en traînée d'antisémitisme.

Donc nous avons besoin de mieux caractériser ce qu'est l'antisémitisme, de mieux sanctionner ce qu'est l'antisémitisme. Ça ne veut pas dire abolir la liberté d'expression pour ceux qui voudraient critiquer la politique menée par un gouvernement. Est-ce que ça pénaliserait pour ceux qui pourraient critiquer la politique de Benjamin Netanyahou, par exemple ? Regardez ce qui se passe en Iran. Je n'entends personne à appeler à la destruction de l'Iran. J'entends ceux qui disent qu'il faut faire tomber un régime. Un régime qui a oppressé, un régime qui a tué. Là, on arrive à faire la différence sur l'Iran. Pourquoi on en serait incapable sur Israël ?

De dire qu'on peut avoir des désaccords démocratiques avec un gouvernement qui a été élu, mais que pour autant, personne n'a le droit d'appeler à la destruction d'Israël, qui est le seul État refuge au monde pour les Juifs. Donc je pense qu'il faut arriver à faire la distinction. Et ceux qui refusent de faire la distinction sont ceux qui, évidemment, cherchent à attiser le feu de l'antisémitisme dans notre pays.

16:25
Présentateur

Et là, vous pensez encore une fois à la France insoumise ?

16:26
Aurore Bergé

Je mets singulièrement à la France insoumise, dont vous voyez bien l'attitude et l'obsession absolue qui a été la leur concernant Israël depuis le 7 octobre. J'aurais aimé que ce soit une obsession concernant les 1 200 personnes assassinées le 7 octobre, les 51 Français assassinés le 7 octobre, ou dans les mois qui ont suivi, quand pour certains, ils ont été pris en captivité par le Hamas. Malheureusement, je n'ai pas senti ce mouvement d'empathie. J'ai senti uniquement une tentation très cynique et électorale. Et j'espère que la semaine prochaine, cette semaine, pardon, le 22 mars, les Français y mettront un terme.

16:57
Présentateur

Pour vous, la France insoumise est toujours un parti antisémite, selon vous ?

16:59
Aurore Bergé

Oui, et puis on peut le dire, les tribunaux ont arbitré ce sujet. La France insoumise est même passionnément antisémite. Ça a été reconnu comme pouvant être dit au nom, justement, de la liberté d'expression, au nom et au-delà de la liberté d'expression. Malheureusement, au regard des déclarations qui ont été celles, non seulement de Jean-Luc Mélenchon, mais de beaucoup, beaucoup trop de ses candidats

17:18
Présentateur

ou de ses députés. Et pourtant, très peu de procédures judiciaires arrivent à leur terme concernant, justement, ces accusations.

17:23
Aurore Bergé

Justement, nous avons besoin d'une nouvelle loi. C'est pour ça qu'il faut que cette proposition de loi soit adoptée pour garantir que tous ceux qui, justement, soient en permanence sur la ligne de crête, eh bien, à un moment, puissent être sanctionnés, puissent rendre des comptes devant les tribunaux, notamment, je pense, un certain nombre de parlementaires, d'élus, qui ont fait de cette obsession d'Israël, qui ont fait de l'antisionisme, finalement, une politique et une stratégie électorale. Je pense que c'est une stratégie électorale mortifère, c'est une stratégie électorale qui met des cibles dans le dos des Français juifs.

On l'a vu, certains envisagent de quitter notre pays et ça devrait, à tous, nous paraître absolument insupportable qu'un seul Français hésite à rester dans son pays du fait d'attaques qu'il reçoit et qu'il perçoit. Chacun devrait, au contraire, être à ses côtés et j'espère que nous le ferons très clairement la semaine du 13 avril et que cette proposition de loi soit très largement adoptée à l'Assemblée nationale.

18:15
Présentateur

Une dernière question, Aurore Berger, concernant la guerre en Iran. Elle provoque, là encore, une flambée des actes antisémites dans notre pays. Est-ce que les Français, en tout cas ceux qui commettent ces actes, sont incapables de faire la différence, encore une fois, entre ce qui se passe en Iran et ce que tente de faire Israël ?

18:31
Aurore Bergé

Je crains que certains, surtout, jouent avec cette volonté de confusion générale. Et donc, quand vous avez des adolescents dont le livre de chevet est devenu TikTok et de l'autre côté, la référence politique, la France insoumise, c'est sûr que ça vous fait un cocktail qui n'est pas un cocktail très républicain, qui n'est pas un cocktail très responsable et que ça a des conséquences dans la vie réelle. Et donc, ces conséquences dans la vie réelle, maintenant, non seulement on doit les dénoncer, mais on doit garantir à les sanctionner.

18:54
Présentateur

Merci beaucoup, Aurore Berger. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada