Richard Ferrand proposé pour le Conseil constitutionnel, avenir du NFP, débat sur l'identité française... Le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière, qu'est-ce que vous pensez de la nomination de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel ?
Je ne la soutiens pas, je ne la soutiens pas et je vais dire les choses, ça n'a rien de personnel parce que le peu que j'ai connu Richard Ferrand quand il était président de l'Assemblée nationale, c'était plutôt un homme rond, cordial, la question est très politique. De quoi parlons-nous ? Du fait que le Conseil constitutionnel, qui est censé être une instance tout de même qui fixe des bornes à l'action de l'exécutif en particulier, dans le respect de la constitution, il doit y avoir une indépendance par rapport à l'exécutif, ça doit être une forme peut-être de contre-pouvoir ou du moins de bornes qui sont fixées.
Et Richard Ferrand a la particularité d'être très proche du président de la République.
Bon, ce n'est pas la première fois ?
Certes, mais c'est la première fois que le président de la République est encore en activité, encore deux ans, deux ans et demi, que Richard Ferrand est un de ses très très proches, ça veut dire donc qu'on aura désormais quelqu'un, si c'était le cas, ce n'est pas encore fait, qui présiderait le Conseil constitutionnel, qui est en actif, si je puis dire, au service de l'action de ce président de la République. Alors, ça c'est une chose, ça a déjà eu lieu, vous avez parfaitement raison, mais j'avais cru comprendre...
À droite comme à gauche, les présidents de droite comme de gauche.
Roland Dumas peut continuer la liste, et ce n'est pas glorieux, mais j'avais cru comprendre qu'il y avait une révolution avec le macronisme, donc là c'est la vieille pratique, mais quel est mon problème ? C'est que ces gens-là, les macronistes, là je vais être un peu plus trivial, ont démontré un usage assez d'une pratique peu éthique de la constitution, et y compris on l'a vu lors du débat sur les retraites, l'utilisation abusive, je ne vais pas entrer en détail, mais du PLFS, cesse rectificatif, pour faire passer le débat sur les retraites, ce qui du point de vue, tous les juristes, était une absurdité, validée tout de même par le Conseil constitutionnel.
Donc le Conseil constitutionnel a validé toute une série d'utilisations abusives, me semble-t-il, de la constitution. Mais ça a toujours été le cas, que le Conseil constitutionnel fasse du droit et de la politique, il fait toujours les deux en même temps. Oui, alors c'est pas bien, et ça dégénère, ça fait dégénérer le rapport et la confiance citoyenne vis-à-vis de cet instant.
Vous savez, il y a quelque chose de vertueux de tout ça, même si je ne souhaite pas que Richard Ferrand, parce qu'il ne symbolise pas, il ne marque pas cette indépendance par rapport à l'exécutif, moi je ne suis pas pour qu'on banalise l'utilisation d'autorité à la constitution, je l'ai dit, on est dans la multiplication, on va parler, des 49-3, ou quand un homme comme moi proteste contre les 49-3, on dit, enfin bon, ça a déjà eu lieu, d'année au 27ème, on habitue, petite dose, les citoyens, qu'on impose des budgets que même la représentation nationale ne veut pas, et je voulais terminer en disant, il y aura peut-être quelque chose de vertueux de tout ça, c'est qu'il est temps de passer à la 6ème République, il est temps d'avoir une discussion, parce que c'est le fond du sujet.
Aujourd'hui, le président de la République qui concentre des pouvoirs comme, oh, dans un autre pays, des pouvoirs à une légitimité extrêmement faible dans le pays, il n'y a plus de consentement en l'autorité, etc. Donc il est temps de nous refonder, on va en parler, et d'avoir des institutions plus démocratiques dans lesquelles le citoyen peut intervenir, en finir avec le présidentialisme, le bonapartisme, et j'ai envie de dire que Richard Ferrand est un petit soldat du bonapartisme, macroniste actuel, moi je ne le soutiens pas.
Vous nous dites, ce n'est pas gagné sa nomination, vous pensez qu'il peut être retoqué par l'Assemblée nationale ? Il faut qu'il y ait les 3 5ème, si je crois bien.
Dans l'une des commissions des lois à l'Assemblée, au Sénat.
Écoutez, ça je ne sais pas, parce que je ne suis pas dans les coulisses de l'accord potentiel, avec notamment LR, le Sénat actuel, je donne un avis politique, et j'ai envie de dire même à Richard Ferrand, s'il m'écoute, n'y allez pas, parce que, en participant à ça, vous allez encore plus décrédibiliser cette instance, mais d'un certain point de vue, j'ai envie de dire, puisque vous y allez, vous ouvrez le fait qu'il est temps d'en finir avec cette 5ème République, et moi je l'ouvre avec, je demande une Assemblée constituante avec mes amis.
Et avant d'aller à l'Assemblée constituante, est-ce que vous soutenez la proposition des communistes de modifier le processus de nomination du président du Conseil constitutionnel ?
Mais il est temps, pourquoi pas, mais il est temps non plus de modifier les choses sur les marges. Quel est le problème ? C'est que nous avons un système politique qui d'ailleurs est né en 1958 dans un monde coup de force, de quasi coup d'état militaire pour imposer une nouvelle constitution, avec énormément de pouvoir qui se concentre sur un président de la République, avec une absence et une faiblesse de pouvoir du point de vue de l'Assemblée nationale. Écoutez, vous m'invitez aujourd'hui, hier j'étais à l'Assemblée, on vote des motions de censure, tout le monde s'en fout. Une fois que c'est terminé, M. Bérou remonte à la tribune en convoquant à nouveau 49-3.
Les Français ne suivent même plus en année au 27ème 49-3.
Mais là, vous voulez une Assemblée constituante pour édiger une nouvelle constitution, mais déjà, vous venez de le dire, vous n'arrivez même pas à vous mettre d'accord sur un budget. Alors, une nouvelle constituante, on en est loin.
Mais ce dont on parle, c'est des Français. Que l'ensemble des Français, que les 49 millions d'électeurs français soient convoqués pour élire des représentants, des députés constituants, de toute sensibilité politique, ils ont le droit. Moi, je suis un homme de gauche, j'ai une certaine idée de la République, mais dans ce pays, mon opinion n'est pas partagée par tout le monde. Eh bien, tant mieux. Et que des députés constituants, dans le cas d'une Assemblée constituante, discutent de ce que pourrait être une nouvelle constitution. D'accord ? Ça s'est souvent passé comme ça dans notre histoire, hormis sous la Ve République, qui est une Assemblée constituante.
Et au terme de ce débat, qui peut prendre un an, j'en sais rien, par référendum, la constitution qu'ils proposent pourrait être adoptée ou rejetée. À quoi je pense, moi notamment, mais ce serait l'opinion que je défendrais avec mes amis, qui seraient députés constituants là-dedans. C'est l'idée qu'aujourd'hui, donc, moins de pouvoir au Président de la République, plus de pouvoir, comment dirais-je, collectif, et notamment plus de parlementaire, plus de pouvoir pour les citoyens, des droits pour les citoyens, de contrôler les élus, le droit de révoquer les élus. Il y a tout un débat qui est ouvert aujourd'hui. Emmanuel Macron doit-il démissionner ou pas ?
Mais cette question ne doit pas être posée comme une supplique en direction du Président de la République, mais c'est un pouvoir citoyen. Nous ne sommes pas des citoyens en culot de courte entre deux élections. C'est du moins l'idée que je me fais. Nous avons le droit de continuer à avoir une possibilité d'intervention civique et politique pour peser sur les choix, même entre deux rendez-vous électoraux. Et la Ve République, c'est une fois tous les cinq ans, élitons monarques, et entre-temps, ferme-la. Moi, je ne suis pas d'accord. La VIème République que je plaide pourrait être celle-là.
En finir avec le présidentialisme, comme on dit dans notre jargon, cette monarchie présidentielle qui pourrit tout et qui impose aux Français, écoutez-moi les Français, vous le savez d'ailleurs, une réforme des retraites par exemple, qui impose à près de 30 millions de salariés deux ans de travail de plus, alors qu'il n'y a aucune majorité sociale, aucune majorité politique pour ça. Donc révoltons-nous, refusons la banalisation de l'autoritarisme. En attendant, Alexis, c'est le sujet Ferrand. C'est-à-dire que derrière ça, pardon Richard Ferrand si vous m'écoutez parce que vous prenez pour le coup, mais c'est la marque d'une absence de règles éthiques, je nomme mon plus proche.
Et il y a aussi un dernier argument. Richard Ferrand a déclaré dans la presse, dans Le Figaro, qu'il était de ceux qui pensaient que peut-être on pourrait imaginer qu'Emmanuel Macron, s'il venait à démissionner avant la fin de son mandat, pourrait se représenter pour un troisième mandat. C'est une idée quand même de tordre en conclure.
Vous lui demandez d'être clair là-dessus ?
De toute façon, je lui demande de ne même pas être là dans l'essence.
En attendant, on est en cinquième république, on est toujours en cinquième république, Alexis Corbière. Hier, François Bayreau a échappé à une quatrième motion de censure pour le budget de la sécurité sociale cette fois-ci. Et contrairement à vous, le Rassemblement National et les socialistes n'ont pas voté cette motion de censure. Du côté du PS, c'est le député Jérôme Guedj qui a expliqué la position du parti à la tribune.
Ce budget n'est pas juste, c'est juste un budget. C'est la raison pour laquelle nous ne le censurerons pas. Mais pour autant, à tout moment, nous pouvons censurer votre gouvernement s'il s'éloigne de la promesse originelle que vous aviez faite, celle de construire un compromis avec celles des forces qui veulent bien construire un compromis avec vous, mais sans céder une seule parcelle de terrain à l'extrême droite dans la période.
C'est un coup de pression, bienvenue.
Non, là, c'est un couteau sans l'âme dont on a même perdu le manche. Je le dis à Jérôme Guedj, que je considère encore comme un partenaire du NFP, on en parlera. Bon, mais moi, je suis pour la censure. Au bout d'un moment, il faut faire simple quand tout est compliqué. Si vous êtes contre un budget dont lui-même, Jérôme Guedj, et les députés socialistes considèrent que c'est un mauvais budget, ils ne disent pas leur budget. Voilà, on vote contre, voilà, c'est tout. On vient d'en parler, on n'a plus beaucoup de pouvoir quand on est député et député d'opposition. Si en plus, on a le chantage bérouiste qui consiste à dire, comme eux-mêmes ont créé les conditions de tardive, de nomination.
Hier, j'étais sidéré, j'ai même coupé la parole au Premier ministre. Il nous dit, non, mais on n'a plus le temps de discuter parce que sinon, si on discutait, ça remporterait l'adoption d'un budget à l'avril. Parce que le budget 2025, on est le 11 février 2025. D'accord, mais nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes comment on en est arrivé là. C'est eux qui ont mis des mois à nommer des gens contre même l'avis des élections. Eux vous répondront que c'est vous qui avez voté la motion de censure et fait chuter le gouvernement. Mais attendez, est-ce qu'on a le droit de s'opposer dans le pays ? Est-ce qu'on a le droit ?
Au bout d'un moment, il y a une forme, je sais que vous plaidez pour me faire réagir et je vous en remercie, mais on a l'impression, on se banalise l'idée que quand on s'oppose, on gêne, en fait. Et c'est une pensée autoritaire.
Non, mais après, il y a un état de fait, c'est l'instabilité. À force de s'opposer, ça a créé l'instabilité et ça a des conséquences sur les Français.
Qui a créé l'instabilité ? Le président de la République. Quelle était l'idée qu'avant même les Jeux Olympiques, il fasse une dissolution lorsque l'extérieur c'était au plus haut ? Une fois qu'il a fait la dissolution, il a dit « Non, mais maintenant, il y a les Jeux Olympiques, je ne peux pas nommer en gouvernement. » Bon, tape sur, on perd du temps. Non, mais du coup,
la différence avec les socialistes, pardon, et là, vous avez une différence d'approche majeure avec les socialistes, les socialistes disent « Ok, la situation, c'est celle-là, on va faire avec. On va négocier et puis voilà, on ne va effectivement pas censurer pour le moment mais si le gouvernement penche trop à droite, à l'extrême droite, là, on censure. »
Oui, mais c'est plus compliqué que ça parce que vous avez même entendu François Hollande. Certes, il ne parle pas au nom du Parti socialiste et j'ai cru comprendre qu'Olivier Fort lui demande même d'arrêter de parler en faisant croire qu'il parle au nom du Parti socialiste parce qu'il y a un petit jeu qu'on a compris. Mais Hollande a dit que la motion de censure que vous évoquez sur les questions on va dire de submersion migratoire, des provocations verrouillistes, il a dit « On la présente mais si on s'apercevait que le Rassemblement national par tactique voulait la voter et donc que cela pouvait entraîner que la motion de censure prospère et soit adoptée, on la retirera.
» Enfin pardon, on ne s'oppose pas comme ça.
Là, c'est très important. Ce qui est important là en l'occurrence sur la question du budget notamment, ce qu'on comprend de la position du Parti socialiste c'est qu'il vaut mieux pour le Parti socialiste un mauvais budget c'est que l'instabilité gouvernementale ce n'est pas votre point de vue ?
Moi je pense qu'on peut avoir un bon budget qui ne serait pas un budget d'instabilité présenté comme ça évidemment je suis coincé personne ne veut l'instabilité même les gens de gauche de ce pays moi les gens que je connais hier j'étais avec des parents d'élèves qui veulent que les écoles ne confirment pas des classes dans ma circonscription personne ne veut le chaos et le désordre maintenant j'affirme que le budget le budget de Bérou oui oui je veux dire personne les gens veulent que les hôpitaux soignent que l'école travaille j'affirme que ce budget le budget de Bérou parce qu'il propose aujourd'hui près de 30 milliards de suppressions de baisse de dépenses publiques aura pour conséquence le désordre et le chaos d'accord ?
donc après et puis y compris la loi spéciale permettait
qu'on puisse continuer mais au fond qu'est-ce qui se passe du coup au sein du NFP parce qu'on voit qu'il y a des différences d'approche on voit vous avez parlé de François Hollande François Hollande lui en fait il dit moi la France insoumise c'est pas eux qui vont me diter ce qu'on doit faire
c'est là où peut-être qu'un homme comme moi a une particularité j'ai été exclu de la France insoumise je suis un unitaire voilà donc on l'aura compris je suis en désaccord avec le choix stratégique politique de mes camarades socialistes pour autant vous êtes en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon et voilà pour autant je considère qu'il faut dans la période les raisons qui ont amené à la naissance du nouveau Front Populaire à savoir la menace d'une possibilité que l'extrême droite l'emport dans les yeux doit nous imposer à continuer à rester unis unis politiquement pour des batailles communes unis aussi électoramment lorsque ça vient
nous sommes dans des logiques d'autonomie jusqu'à l'élection présidentielle c'est ce qu'a dit l'ancien président François Hollande
et bien je suis en radical désaccord avec ça auquel répond aussi j'ai entendu ce matin le coordinateur de la France insoumise qui dit si la motion de censure n'est pas adoptée par le PS alors nous serons dans une rupture irrémédiable irrémédiable auquel on ne peut plus remédier vous êtes bien en désaccord avec tout le monde et vous êtes unitaire je suis en accord avec ce que pense à mon avis l'ultra grande majorité des gens de gauche et écologistes c'est que quand l'extrême droite est aux portes du pouvoir je le répète quand l'extrême droite est aux portes du pouvoir c'est à dire qu'elle fait 30-35% qu'elle est en dynamique avec une crise aujourd'hui du camp macroniste et de la droite si la gauche se divise et bien nous perdrons moi je veux la victoire
jusqu'à présent du contraire il n'y a pas d'élection avant 2027 il y a des élections nationales
et à partir du mois de septembre il y a la possibilité en raison du caractère autoritaire d'ailleurs de la constitution on vient d'en parler d'une dissolution et il y a possiblement on va en parler après la pause une accélération du calendrier présidentiel ou Emmanuel Macron démissionne parce que cet homme au bout d'un moment pourrait aussi démissionner
le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia
et Alexis Corbière député de Seine-Saint-Denis groupe écologiste et social François Bayrou se dit prêt à un débat large sur l'identité française et l'immigration pas seulement sur le droit du sol mais plus largement sur ce que ça veut dire d'être français Alexis Corbière est-ce que vous souhaitez participer à ce débat ?
Je réembrise sur ce que je disais c'est à dire qu'il faut rester unis quand l'extrême droite est si haute et comme vous venez de le dire qu'en plus on a un premier ministre qui trouve rien de mieux que d'ouvrir un débat qui se place totalement sur le terrain de l'extrême droite qu'est-ce que je suis en train de dire ?
C'est que la question d'un débat autour de qu'est-ce qu'être français est une folie parce qu'il n'y a pas de réponse il y a plusieurs réponses c'est une conversation que les choses soient claires je ne crains personnellement aucun débat je suis prof d'histoire et passionné d'histoire je peux vous donner ma définition de ce qu'est être français être républicain jusqu'au bout donc républicain social faire de la devise liberté, égalité, fraternité un programme politique donc être républicain et être français pour moi par exemple quand monsieur Bernard Arnault dit que dans ce pays si ça continue il va partir à l'étranger de mon point de vue je vais être conseiller il n'est pas français pour autant est-ce qu'il faut retirer la nationalité française à Bernard Arnault c'est une folie que je ne prétends pas mais moi c'est ma conception à moi ce qui m'anime en quelque sorte ce qui me meut comme dirait l'autre politiquement mais une fois que j'ai dit ça ça c'est quand est-ce qu'on discute de qu'est-ce que c'est qu'être français c'est lors des élections où madame Le Pen se présente monsieur Mélenchon monsieur Macron et tout le monde a des programmes et on discute de qu'est-ce qu'on veut pour la France
vous avez dit tout à l'heure qu'on n'était pas obligé de discuter de tous les sujets seulement au moment des élections ça vaut peut-être aussi pour ça vous répondrons François Valeroux et d'autres c'est la conversation
de qu'est-ce qu'être français dans la mesure où il n'y a pas de définition parce que vous allez vous donner la vote vous allez vous donner la vote aussi et moi et puis une fois qu'on aura dit tout ça on veut normer la discussion on ne va pas nous prendre pour des gogos on veut tourner le regard vers une certaine catégorie de nos compatriotes pour dire finalement eux ils ne sont pas vraiment français pour quelle raison c'est ça l'objectif selon vous de François Bayrou c'est de pointer certaines catégories je vais vous dire la folie de ces gens là c'est qu'ils pensent qu'en fabriquant une conversation sur le terrain du Rassemblement National ils vont faire venir les électeurs du Rassemblement National à eux leur tactique qui est grossière qui a été utilisée notamment par Nicolas Sarkozy à une époque qui avait siphonné les voix du FN que François Bayrou avait critiqué oui d'accord il refait les mêmes choses d'accord il refait exactement pareil et ça produira le même effet
parce qu'il faut expliquer aux français l'idée de François Bayrou elle est une réaction aux déclarations de deux de ses ministres importants Bruno Retailleau et Gérald Darmanin qui veulent réformer le droit du sol pas seulement à Mayotte mais sur tout le territoire français comme le souhaite depuis des années le Front National et le Rassemblement National conversation puante
mais qu'est-ce que c'est que cette histoire qu'est-ce que c'est que cette histoire premièrement en France contrairement au fantasme de l'extrême droite c'est pas vrai qu'il y a un droit du sol intérral que ça et les gens sérieux le savent donc ce fantasme que des étrangers arrivent en gelabat comme ça immédiatement avec leurs enfants qui deviennent immédiatement français est un fantasme puant d'extrême droite et j'en ai assez de l'entendre en particulier de la part de gens notamment qui sont ministres de l'intérieur ou ministres de la justice qui devraient mettre un peu de raison dans cette discussion je vais vous dire c'est compliqué encore d'être français maintenant la question c'est quel type de nation voulons-vous qui est une manière à moi de répondre à la question nation civique ou nation ethnique c'est-à-dire est-ce que nous sommes un peuple politique qui quelle que soit la couleur de votre peau quelle que soit d'où vous venez quelles que soient vos convictions spirituelles nous pouvons faire France ensemble à partir du moment où nous bâtissons un peuple sur des bases politiques alors est-ce que c'est une nation plus ethnique c'est-à-dire en gros on est français parce que papa et maman étaient français et puis à l'équipe
c'est la question que pose au fond Gérald Darmanin il s'explique en disant on n'est pas français par hasard et le droit du sol qui a apporté beaucoup à notre pays connaît aujourd'hui ses limites parce que l'on voit bien qu'il y a des difficultés autour de l'identité c'est ça qu'il dit
mais quelle est l'identité non mais c'est qu'on disait tout à l'heure
c'est définir l'identité qui devient complexe
mais qu'est-ce que ça veut dire jusqu'au bout monsieur Darmanin a son identité je le connais un peu c'est un homme qui a des convictions qui n'est pas inintéressant dans la discussion mais moi ce qui me définit à moi ce qui fait de moi un patriote un patriote social t'es un homme moi je suis un enfant je sais pas un peu ce que je veux dire mais de la révolution française ce qui me passionne c'est comment ce pays à un moment donné a donné pour la première fois dans une grande puissance européenne la souveraineté au peuple qui a décidé que ça n'est plus le monarque qui décidait mais c'est des représentants du peuple ça ça fait un caractère universel qui a fait que la France un pays qui avait une dimension particulière mais dans l'identité française il y a eu aussi en même temps qu'on proclamait des grands idéaux on avait on a fait du colonialisme on a un féodé des peuples on a parabolé l'esclavage donc on peut discuter de toutes ces contradictions qu'il faut qu'il suffit pas de se gorger de mots pour voir que derrière ce qu'est l'histoire de la France il y a des moments lumineux des moments ensemble et tout ça est notre histoire nationale
mais vous voyez le débat sous-jacent c'est l'immigration
mais bien sûr c'est forcément l'immigration c'est uniquement l'immigration c'est totalement l'immigration je vais m'être encore plus grossier c'est totalement l'idée qu'il y a des ennemis intérieurs une cinquième colonne et je vais être grossier mais pardon mais qui est ça
est-ce que Gérald Darmanin parle des ennemis intérieurs de cinquième colonne
non c'est des impôts à chiens vous savez je vais vous dire
est-ce que Bruno Retailleau est-ce que Bruno Retailleau a parlé de cinquième colonne
oui Bruno Retailleau est un homme qui est un homme structuré idéologiquement dans le camp de l'extrême droite je le connais parfaitement je le connais je le trace depuis longtemps monsieur Retailleau il écrivait aux côtés de monsieur De Villiers des livres comme quoi il y avait eu le génocide vendéen qui est une terminologie pour ceux qui connaissent l'histoire de France totalement née dans l'extrême droite il faisait le puits du fou avec De Villiers il est dans cette structure ça existe en France je veux dire pour autant moi la conversation la confrontation politique ne me gêne pas avec ça mais les discussions historiques elles peuvent avoir lieu
enfin vous êtes historien et précisément vous citiez la révolution tout à l'heure Marc Bloch il dit voilà français c'est le baptême de Clovis c'est la fête de la fédération
oui d'accord
c'est pas Retailleau-Corbière
non mais d'accord on parle pas de ça on parle du fait que est-ce que être français parce que tous ces gens là on va se le dire clairement considèrent qu'il a dans ce pays des gens je l'ai dit qui sont pas vraiment français des français de papier donc ça fait ça c'est un vocabulaire puisqu'on parle beaucoup d'histoire de France qui a été évoqué dans un moment particulier dans notre histoire de France je pense à la France de Vichy les français de papier et c'était nos constituants de confession juive qui ont été vous le savez très bien les martyrs si je puis dire de cet antisémitisme d'Etat mais on va dire clairement il y a aujourd'hui en particulier du côté de nos constituants de confession musulmane un climat qui est détestable écoutez ce qui s'est passé même sur une chaîne du service public d'un humoriste monsieur Merwan Ben Lazare Ben Lazare je voulais pas défendre c'est sûr c'est à vous quelque chose qu'on pense qu'on aime ou qu'on aime pas je le connaissais pas je l'ai trouvé personnellement très drôle mais on a le droit de pas le trouver drôle mais uniquement parce que ce monsieur est arrivé sur un plateau télé avec un bonnet sur la tête et une barbe on a vu un déchaînement totalement fou qu'il y a même amené
il y a eu aussi des personnes qui lui reprochaient certains tweets alors était-il sorti de leur contexte mais oui il était selon vous
lui il dit que c'est de l'humour et que c'est cette discussion allez regardez il a fait un sketch hilarant qui revient là-dessus mais on voit bien comment il y a un climat de suspicion généralisée on est rentré dans l'ère du soupçon de la part de l'extrême droite qui vise à dire la crise que nous traversons parce qu'il faut entendre l'histoire que je suis venu dire ce matin c'est que ce pays est en crise les inégalités sont là les richesses explosent d'un côté et la pauvreté est là mais on va faire on va détourner l'inquiétude et la colère légitimes du peuple qui devrait trouver des solutions de partage vers une partie de la population écoutez Jérôme Chapuis c'est une vieille ruse de l'extrême droite ils ont toujours fait ça de capter la colère populaire pour la tourner non pas vers une légitime unité du peuple pour un meilleur partage des richesses mais pour dire c'est pas la faute au patron c'est pas la faute à ceux qui accumulent des richesses c'est la faute à lui regarde-le ou elle il est suspicieux ils sont pas vraiment français ils ont un drôle d'accent leurs plats ne sentent pas les mêmes odeurs que les nôtres et ils vont même paraît-il prier dans des lieux qui sont pas les mêmes que nous vieille ruse qui dure depuis mais qui est terrible terrible parce qu'on ne luttera pas
sauf que là c'est François Bayrou qui parle d'un sentiment de submersion migratoire mais c'est un fact c'est un fact mais le sentiment de submersion migratoire il est pas chez certains français il est pas dans votre circonscription quand on vous parle quand on vient vous voir
mais qu'est-ce qu'il doit dire le fait que vous voulez me démontrer que dans ce pays les unes extrêmes droites progressent vous avez parfaitement raison je vous ai dit que ma stratégie politique que je propose et écoutez-moi les amis du NFP qui m'écoutaient on doit rester unis parce que jamais dans l'histoire de France au moins depuis 1945 l'extrême droite peut l'emporter dans les urnes et que ça m'inquiète et ça m'angoisse et moi qui ai eu porté des stratégies différentes dans les moments de l'histoire politique je pense aujourd'hui qu'il faut l'unité de la gauche et des écologistes qui doit continuer pour autant qu'il y ait des idées d'extrême droite qui prospèrent dans le pays mais est-ce que le rôle de François Béroud est devenu de dire qu'il y a de la submersion on est submergé alors que le nombre d'étrangers dans ce pays me semble-t-il est assez stagnant par contre ce qui est vrai c'est qu'on a une France qui évolue mais c'est pas bien je vois que vous voulez qu'on change de sujet deux sujets importants
on sent que vous êtes passionné sur ce sujet mais deux sujets très importants pour la France peut-être d'abord très rapidement sur la loi handicap 20 ans après la loi Chirac de nouvelles propositions notamment une proposition commune PSLR pour avancer notamment sur la question de la mobilité sur la question des revenus aussi des personnes handicapées est-ce que vous vous joindrez à cette initiative ?
A priori je la soutiens et je salue aussi le travail que fait mon ami Sébastien Pétavi et la députée aussi Christine Lenabour là aussi Sébastien est dans le même groupe que moi sur un peu une mission d'évaluation à l'Assemblée nationale sur les 20 ans parce que de quoi on s'aperçoit au-delà de choses nouvelles qu'il faut faire sans aucun doute c'est que même la loi adoptée il y a 20 ans aujourd'hui n'est pas appliquée je vais juste le dire à ce plateau on s'aperçoit selon cette étude que 86% des personnes handicapées continuent à éprouver des difficultés à se déplacer et 56% des personnes handicapées éprouvent des difficultés pour se loger d'accord ?
Alors qu'est-ce qui compte ? C'est un manque de volonté politique ?
5 millions de concitoyens
C'est un manque de volonté politique parce que ça fait 20 ans
Manque de moyens quand vous faites adopter un budget qui est un budget de baisse de dépenses publiques c'est aussi ça je vais prendre un exemple qui me touche moi qui suis prof de lycée professionnel les AESH à l'école C'est les accompagnants pour les personnes en situation de handicap c'est un des métiers les plus indispensables les gamins sont repérés ils ont besoin on n'est même pas à la moitié des heures d'AESH qui devraient être attribuées qui sont vraiment effectives donc vous avez des gamins en difficulté qui ont des tas de petits problèmes mais il faut c'est bien qu'ils soient à l'école il n'y a pas les moyens donc c'est ça aussi on peut légiférer il faut modifier les choses mais on peut aussi mettre en application mais il faut des moyens publics pourquoi le budget Bérou ?
moi j'ai voté compte pas pour faire le chaos mais parce que le chaos c'est maintenant
Autre sujet est-ce que vous vous retrouvez dans l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle à l'occasion du sommet de Paris cette semaine ?
Bah l'intelligence artificielle fait partie de ces nouvelles révolutions industrielles il faut mais du sommet qui est organisé pour faire simple et un peu caricatural c'est que c'est des fonds privés qui viennent mais le débat et notamment que la France Emmanuel Macron devait emmener c'est quelles sont les normes les règles internationales pour cadrer l'intelligence artificielle il en est question cette semaine à Paris et puis l'Union Européenne il n'en est quasiment pas question c'est justement tout le problème et même il semblerait que le lobbying fait par la France soit pour affaiblir si je puis dire les normes qui existaient déjà j'ai même lu que la France est intervenue pour que les questions de sécurité ne fassent pas partie de ce qui est réglementé au niveau notamment européen ce que je veux dire l'intelligence artificielle sur le contrôle des faciès etc c'est des données sur lesquelles il faut avoir un contrôle par des instances internationales par la puissance publique et pas par des grands groupes privés chacun le comprendra
Sandrine Rousseau elle parle de techno-idolâtrie du président quand elle le voit elle s'exprimer sur l'intelligence artificielle vous pensez la même chose ?
j'écoute ce que veut dire Sandrine sans doute que je partage ce qu'elle dit moi surtout je pense que le progrès peut nous apporter un bien-être pour l'humanité en soi je ne suis pas mais on voit bien
pas à n'importe quel prix c'est ça que vous dites non surtout
si ce progrès est sous le contrôle de groupes privés qui vont défendre des intérêts privés et que ce n'est pas mis au service de l'intérêt général et de l'intérêt humain alors c'est une folie on entend le mot féodalisme notamment à gauche bah oui écoutez ce qui nous a marqué vous et moi nous trois c'est que non quand Donald Trump a été élu quel personnage immédiatement est apparu Elon Musk qu'est-ce qu'incarne Elon Musk c'est le fait qu'on a aujourd'hui ces immenses groupes qui ont des puissances supérieures à des états qui ont la capacité de tout savoir sur vous sur vous mes opinions politiques votre bilan de santé et c'est très intrusif donc là on ne parle pas seulement d'une révolution industrielle qui fait qu'on va construire des voies ferrées ou je ne sais trop quoi on parle de la capacité d'avoir des machines qui prennent le contrôle donc ça devrait nous amener à faire de la norme internationale et du contrôle et ce que fait Macron de ce que je comprends c'est une forme uniquement de dire à des groupes privés venez investir on se met au service mais on est dans une situation un peu de vassalisation par rapport à ces grands groupes alors qu'au contraire la puissance publique devrait dire intérêt général intérêt humain c'est pas vous les milliardaires qui allez décider
merci Alexis Corbière député écologiste et social et membre de l'après et membre de l'après merci à vous d'avoir été avec nous ce matin sur France Info
Alexis Corbière