Tiffany Joncour, députée RN, réagit au discours de politique générale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:00FerméeÉludée
Votre parti a déposé une motion de censure contre ce gouvernement. Pourquoi ?
- 1:29RelanceÉludée
Une nouvelle censure ne risquerait-elle pas de rajouter du chaos au chaos ?
- 2:03OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous lui donnez au moins ce crédit d'avoir tenté le compromis ?
- 3:11RelanceRéponse partielle
Il a parlé de la sécurité, tout de même.
- 3:33OuverteÉludée
Qu'aurait-il fallu que Sébastien Lecornu dise pour éviter la censure ?
- 3:55OuverteRéponse partielle
Sur le retour aux urnes, certains disent que l'Assemblée est représentative des Français.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15Invité politiqueFait
« Nous avons vu des négociations, des promesses qui ne tiennent pas. »
- 1:47Invité politiquePromesse
« C'est pour ça que nous appelons à une dissolution. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Nous n'avons pas peur des Français. Nous n'avons pas peur du résultat des urnes. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Ce discours était creux. »
- 2:34Invité politiqueFait
« On a vu ce « je », « je censure », « je ne censure pas ». »
- 3:09Invité politiqueFait
« Rien sur la sécurité, rien sur le pouvoir d'achat, rien sur les dépenses de l'État. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Bon, en fait, tout ça, comme je l'ai dit, c'est un recyclage. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Avec tous ces arrangements, on nous a volé l'élection. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Je rappelle juste que des députés LR se sont désistés pour faire élire des députés LFI et vice-versa. »
- 5:49Invité politiqueChiffre
« il n'y aura pas d'indexation des retraites. »
- 7:38Invité politiqueChiffre
« Plus 19 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. »
- 8:25Invité politiqueFait
« lutter efficacement contre, non pas la fraude, mais les nombreuses fraudes de notre pays. »
- 10:51Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle que le RN a fait plus de 11 millions de voix la dernière fois. »
- 14:31Invité politiqueFait
« Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont prononcés qu'ils étaient contre. »
- 15:01Invité politiqueFait
« On voit que beaucoup de départements, de régions, manquent d'unités de soins palliatifs. »
Temps de parole
- Tiffany Joncour66 %
- Présentateur32 %
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Je vous en parle depuis le début de cette matinale. La journée d'hier a été marquée par le discours de politique générale de Sébastien Lecornu avec Clara, un geste aux oppositions. Oui, et principalement au Parti Socialiste. Suspension de la réforme des retraites jusqu'aux prochaines présidentielles. Promesse de renoncer au 49.3, appel au dialogue politique, des gestes pour rassembler et tenter de ne pas se faire censurer, en tout cas pas trop vite. Pour autant, le Rassemblement National et la France Insoumise ont déjà déposé une motion de censure.
Elles seront examinées demain matin à l'Assemblée. Et pour en parler ce matin, justement, votre invité Pierre-Hugues est la députée Rassemblement National du Rhône, Tiffany Joncourt. Bonjour Tiffany Joncourt. Merci d'avoir accepté ce matin notre invitation. Votre parti, le Rassemblement National, a déjà déposé une motion de censure contre ce gouvernement. Vous ne voulez pas laisser sa chance à Sébastien Lecornu. Pourquoi ?
Écoutez, quel triste spectacle nous offrons aux Français ces dernières semaines. Nous voyons tout ce jeu politique avec notre nouveau Premier ministre, M. Lecornu. Nous avons vu des négociations, des promesses qui ne tiennent pas. Tout ça dans un unique but. Mais les Français ne sont pas dupes. Je fais confiance aux Français qui ont un peuple hautement politique. Tout ça pour sauver leur place.
Une nouvelle censure ne risquerait-elle pas de rajouter du chaos au chaos ?
Mais le chaos, c'est leur projet. C'est la politique qui est menée depuis de nombreuses années. Nous, nous appelons à une stabilité. Mais pour avoir cette stabilité, il faut écouter les Français. C'est les Français qui vont donner un cap à notre peuple, à notre pays. Et pour ça, il faut revenir aux urnes. C'est pour ça que nous appelons à une dissolution. N'ayons pas peur de retourner en tout cas au Rassemblement national avec Marine Le Pen, Jordan Bardella. Nous n'avons pas peur des Français. Nous n'avons pas peur du résultat des urnes. Et c'est pour ça que nous appelons depuis de nombreuses semaines à une dissolution.
Revenons au discours de Sébastien Lecornu, tenu hier dans sa réponse. Sébastien Chenu du Rassemblement national a commencé en disant « Monsieur le Premier ministre, bonjour et au revoir ». Néanmoins, Sébastien Lecornu, dans son discours, a tenté de lancer des perches, a tenté des compromis, notamment avec le Parti Socialiste et la suspension des réformes des retraites. Est-ce que vous lui donnez au moins ce crédit-là d'avoir tenté le compromis ?
Mais non, pas du tout. Ce discours était creux. Il nous révèle que tout ça était prévu d'avance. On a vu ce « je », « je censure », « je ne censure pas ». Au final, comme je l'ai dit, chacun essaie juste de sauver sa place. La France, ils n'en ont cure, en fait. Ils s'en fichent des Français. Alors, on a vu que le Parti Socialiste a posé ses pseudo-conditions, mais tout ça est déjà dealé par avance. Et en fait, il n'a fait que répondre aux attentes des différents partis de l'hémicycle pour éviter la censure.
Ce qui est plutôt logique de son point de vue, puisque lui, justement, voulait...
Logique, non. Je ne pense pas à un discours de politique générale. Moi, je pensais que c'était pour répondre aux attentes des Français. Rien sur la sécurité, rien sur le pouvoir d'achat, rien sur les dépenses de l'État. Rien de tout cela n'a été évoqué. Simplement, il a essayé de...
Il a parlé de la sécurité, tout de même.
Oui, c'était quand même très minime. On a vu qu'il a quand même... C'était un recyclage de promesses, tout de même. On a parlé de justice sociale, de changement de méthode. Mais vous savez le changement de méthode ? Michel Barnier l'avait promis il y a un peu plus d'un an. On a eu François Béroux il y a quelques mois qui l'a aussi promis. Bon, en fait, tout ça, comme je l'ai dit, c'est un recyclage. Ces promesses, évidemment, ne seront jamais tenues.
Qu'aurait-il fallu que Sébastien Lecornu dise pour éviter que le groupe du Rassemblement National ne vote la censure ?
Mais rien, rien. Comme l'a dit Marine Le Pen, stop. Stop. Il y en a marre, en fait. Il faut redonner la parole aux Français. Tout ceci n'est que de la finisterie. Ils essayent de sauver leur place. Nous, nous voulons sauver la France.
Voilà ce qui nous différencie. Sur ce point du retour aux urnes, certains observateurs disent que l'Assemblée est en ce moment assez représentative des Français puisque l'appel aux urnes a eu lieu il y a assez peu de temps. La dissolution, c'était il n'y a pas si longtemps.
Oui, mais vous avez bien vu. Avec tous ces arrangements, on nous a volé l'élection. Nous aurions dû avoir beaucoup plus de députés. Ils ont décidé de faire des alliances contre nature. Je rappelle juste que des députés LR se sont désistés pour faire élire des députés LFI et vice-versa. Laurent Wauquiez pourrait témoigner puisqu'il a été élu grâce à un désistement d'un député NFP. Donc, en fait, s'ils sont là, ils se sont aidés.
Et en quoi de nouvelles élections ne risqueraient-elles pas, selon vous, dans votre logique, le même résultat ?
Parce que nous faisons confiance aux Français. Et nous n'avons pas peur de leur faire confiance. Marine Le Pen l'a très justement rappelé. Si les Français veulent de nous, nous serons prêts. S'ils ne veulent pas de nous, nous repartirons en campagne pour aller encore mieux et plus convaincre.
Concrètement, justement, vous disiez que quoi que pouvait dire hier, Sébastien Lecornu, vous alliez le censurer, Tiffany Joncourt. Quels sont les points, quand même, qui ont apporté du crédit à vos yeux ? Est-ce que vous pouvez lui reconnaître telle ou telle mesure, tel ou tel point ? Je pense, par exemple, à la réforme des retraites dont il a annoncé la suspension.
Comme je vous l'ai dit, ils n'ont pas pensé aux retraités quand il a annoncé cette suspension. Tout ce qu'il voulait, c'était satisfaire le Parti Socialiste.
Qui, lui, peut penser aux retraités.
Ils essayent tous de sauver leur place, comme je vous l'ai dit. Donc, en fait, la suspension, la réforme des retraites, il a appelé à une nouvelle discussion, à conclave. Bon, c'est exactement ce qu'avait dit François Béroux. Ça n'a rien changé. Donc, en fait, il ne faut pas se leurrer. Ils ne pensent pas aux Français. Ils pensent faire un cadeau aux retraités. Mais peut-être qu'on va en parler par la suite. Dans le projet de budget, on voit qu'au final, il n'y aura pas d'indexation des retraites. Donc, au final, tout ça n'est que la fumisterie. Et tout ça est encore là pour satisfaire des jeux d'appareils. Et pas pour penser véritablement à la France qui travaille, à la France qui souffre.
Effectivement, hier, annonce de la suspension de la réforme des retraites. Le Rassemblement national demandait son abrogation. Est-ce que c'est déjà une première étape ?
Mais non, pas du tout. Comme je vous l'ai dit, quoi qu'ils fassent, maintenant, c'est stop. Stop parce que c'est là juste pour des arrangements. Et ça ne va pas dans... Je pense qu'ils ont bien oublié le bien commun, en fait. Ils ont oublié. Ils sont complètement déconnectés des réalités. Vous voyez, j'ai eu la chance d'accompagner Marine Le Pen à Cournon pour le sommet de l'élevage. Alors que tout le monde était à Paris en train de faire des allers-retours entre Matignon, l'Assemblée, tout le monde était en train d'essayer de voir comment ils allaient éviter une dissolution pour rester bien au chaud à l'Assemblée.
J'ai eu la chance d'accompagner Marine Le Pen au plus près, au cœur de la France pour aller voir les agriculteurs, les éleveurs, aller les écouter, écouter leurs souffrances. Et vous voyez, c'est là où, en fait, je suis fière d'appartir au Rassemblement National parce que nous ne sommes pas comme les autres. Nous, ce que vous voulons, c'est vraiment être les porteurs de la voix des Français, la France qui souffre et qui a envie d'alternance.
Et pour autant, malgré cette volonté d'alternance qui n'est pas forcément du court terme, on l'entend, vous voulez une alternance à court terme, mais dans les faits, elle n'interviendra pas forcément à court terme. Quelles sont les pistes de solution qui, aujourd'hui, peuvent le permettre ? On parlait de la réforme des retraites, cette suspension. Est-ce que c'est tout de même une première victoire ? Est-ce qu'il y a quand même des choses qui vous conviennent là-dedans ?
Mais vous dites qu'on veut une alternance à court terme. Non, on la veut à long terme. Et c'est pour ça que je vous parle de la dissolution.
Ce que je voulais dire par là, c'est que vous voulez un vote à court terme.
Oui, effectivement. On voit que tout est bloqué. Je ne vois pas que le budget qu'on nous présente est calamiteux. Plus 19 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. Donc non, stop. Maintenant, il faut en revenir aux urnes. Une dissolution. Je suis intimement persuadée que nous aurons une majorité, que Jordan Bardella pourrait être Premier ministre et que nous pourrons réellement opérer un changement de cap et de politique pour enfin avoir des politiques qui reflètent la volonté et le vote des Français. Donc non, ce n'est pas un changement de cap qui serait juste temporaire. Nous voulons un véritable changement à long terme pour la France.
Si Fanny Jeancourt, le RN à Matignon, ce n'est pas de hausse d'impôts ?
Non. Non. Vous savez, ça fait de longs mois qu'on égrène nos pistes d'économie. Stopper la contribution, même la diminuer la contribution à l'Union Européenne. Baisser le fonctionnement de l'État. Évidemment, faire des économies sur l'immigration. Et enfin, lutter efficacement contre, non pas la fraude, mais les nombreuses fraudes de notre pays. Tout ceci, vous l'avez vu, on ne l'a pas entendu dans le discours de politique générale. Et il n'y a, en tout cas dans la trame que nous avons eu du prochain budget, s'il devait être voté, il n'y en a aucune trace. Donc voilà vraiment ce que nous voulons faire pour la France.
La fraude aux prestations sociales, c'est tout de même un sujet qui a été avocé par Michel Barnier, par François Bayrou et par Sébastien Lecordi.
Comme vous le dites, évoqué, à chaque fois c'est ça, évoqué. Et à chaque fois, il n'y a aucun texte, il n'y a aucune volonté politique. À chaque fois, vous dites, il a été évoqué. Mais alors, j'ai la chance de s'yéger à l'Assemblée nationale depuis bientôt plus d'un an. Les Français le voient très bien. Les bancs de ce qu'ils appellent le socle commun sont vides. Le Rassemblement national est le groupe le plus présent à l'hémicycle. Nous sommes là, texte après texte, amendement après amendement, à défendre les électeurs. Parce que nous pensons, nous sommes intimement convaincus que nous sommes là pour représenter les électeurs qui nous ont envoyés à l'Assemblée nationale.
Nous ne sommes pas là juste pour faire de la figuration. Et c'est pour ça que nous pensons vraiment que c'est texte après texte que nous les défendrons.
Dans le discours de politique générale hier de Sébastien Lecornu, le Premier ministre a utilisé une phrase qu'il a répétée très régulièrement. « Le gouvernement proposera, nous débattrons et vous voterez, nous êtes-il à la destination des députés ».
Oui. Est-ce qu'il faut lui dire merci ? En fait, c'est juste le fonctionnement normal de l'Assemblée nationale.
Il a convenu lui-même que parfois, il y avait pu avoir une inversion logique et que, je cite ce que disait le Premier ministre, c'était Bercy qui faisait la loi et que, quelque part, l'Assemblée était une chambre d'enregistrement. Il l'a au moins reconnu, on peut lui apporter ce crédit.
Oui, on ne va pas le remercier de reconnaître que c'est au Parlement de voter la loi. Et encore une fois, je vous le disais, le Parti Socialiste a complètement menti aux Français. Ils ont égrené leur liste de lignes rouges et il y avait justement de renoncer au 49-3. Bon, on prend acte, mais en fait, c'est un petit peu normal de laisser au Parlement, qui sont les représentants, la représentation nationale, de débattre et à la fin de voter et d'acter la loi.
À nouveau, le RN à Mazignon, ce ne serait pas de 49-3 non plus ? Évidemment que non. Pourquoi ?
Mais parce qu'il faut... En fait, tout ça est bien fait. Notre République était la Ve République et quand même très bien pensée. Et nous avons un Parlement qui est là, justement, pour débattre. Et pour cela, vous avez raison, il faut que l'Assemblée nationale soit représentative de l'échec et politique, de ce que veulent les Français. Je vous rappelle que le RN a fait plus de 11 millions de voix la dernière fois. Bon, nous n'avons pas réussi à avoir cette majorité. Et je suis intimement persuadée qu'avec la dissolution qui va... De toute façon, qui va arriver dans les prochaines heures, dans les prochaines semaines, dans les prochains mois.
Vous, vous n'avez pas de doute là-dessus. Vous êtes certain que la dissolution est inévitable ?
Je ne vois pas comment on peut faire autrement. Et en fait, j'en ai un petit peu assez de ce mépris des Français. Comme d'avoir peur, comme si l'élection était une mauvaise chose et qu'on n'avait pas envie d'y retourner. Mais en fait, c'est quand même la souveraineté du peuple, c'est quand même la base de notre démocratie.
Si, Fanny Jeancourt, demain, il y a donc ce vote au milieu de la matinée de ces motions de censure déposées par la France Insoumise et le Rassemblement National. Il manque une vingtaine de voix et on sait qu'il y a des députés de gauche qui hésitent à la voter. Est-ce qu'on ne comprend pas forcément très bien le fonctionnement de l'Assemblée pour les auditeurs ? Ce n'est pas forcément évident. Est-ce que, par exemple, les députés RN tentent d'aller convaincre des députés PS de voter cette censure ?
Nous appelons avec Marine Le Pen tous les députés à faire preuve de courage.
Mais est-ce que dans les discussions qu'il peut y avoir dans les couloirs du Parlement, il peut y avoir de tels échanges ?
Évidemment. Évidemment que c'est au cœur des conversations. Mais en fait, il faut que chacun vote en son âme et confiance, si je peux me permettre. En fait, on a vu qu'il y avait eu des accords entre les partis pour satisfaire comme ça, donner des miettes aux uns et aux autres. En fait, ce que les députés doivent se dire, c'est que si je ne vote pas la censure, c'est qu'en fait, je donne encore un chèque en blanc à Emmanuel Macron. C'est-à-dire que je me porte garant du budget qui va être présenté. Est-ce que les députés volent cela ? C'est pour ça qu'on appelle un peu de courage pour voter cette censure. Pour notre part, nous voterons évidemment les censures d'où qu'elles viennent.
Et cela, c'est bien notre singularité au Rassemblement National.
Contrairement à la France insoumise qui ne souhaite pas voter des censures du Rassemblement National. Mais je me permets de repréciser ma question. Est-ce qu'il y a des députés RN qui vont voir les députés PS en disant qu'on n'est pas d'accord, mais nous aussi, on veut censurer ce gouvernement. Est-ce que vous voulez le censurer avec nous ?
Évidemment qu'il y a des discussions, qu'il y a des députés avec lesquels on peut avoir des échanges. Heureusement, si on n'est pas d'accord sur tout, on peut quand même échanger. Mais moi, ce que je crains, c'est qu'il y ait vraiment quand même encore des accords. Et que chacun revienne à cette tambouille politicienne où chacun voit à court terme, au lieu de voir vraiment ce qui serait bon pour la France.
Le Rassemblement National se présente comme une alternative de stabilité. Que feriez-vous différemment à la place du Premier ministre ?
Si j'étais à la position à la place du Premier ministre ?
Si Jordan Bardella était à la place du Premier ministre ?
S'il y avait un tel blocage, évidemment qu'il faudrait en revenir aux urnes. Mais comme je vous l'ai dit, nous avons besoin d'une majorité pour pouvoir mettre en place notre politique. Actuellement, tout ceci n'est pas possible. Et c'est pour ça que je le répète, qu'il ne faut pas avoir peur. N'ayons pas peur des Français, n'ayons pas peur du choix et de la volonté des Français. Et je pense qu'en tant qu'homme politique, c'est quand même la moindre des choses de faire confiance à nos compatriotes.
Un sujet fut il y a quelques mois au cœur de l'actualité, l'aide à mourir ou en tout cas l'évolution sur la loi sur la fin de vie. Dans le discours de politique générale hier, le Premier ministre y a fait allusion très rapidement en disant, je cite, des discussions sensibles doivent se poursuivre, notamment sur la fin de vie. C'est-à-dire qu'on ne sait pas très bien quelles vont être les prochaines étapes sur ce sujet. Quelle est la position du groupe Rassemblement National sur cette évolution législative sociétale ?
Alors vous savez, sur tous les enjeux sociétaux comme cela, nous n'avons pas de position de groupe, de position de vote. Chacun est libre de voter.
Sur quels critères ?
Sur quels critères ? Sur ses propres critères. Ce sont des sujets très sensibles. Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont prononcés qu'ils étaient contre. Effectivement, je n'aime pas parler d'aide à mourir, je préfère employer les termes sur l'euthanasie. Nous avons vu, il y a quelques mois, nous étions satisfaits qu'il y ait deux textes, car il ne fallait pas mélanger les soins palliatifs et cette aide à mourir, euthanasie. Dans notre parti, au Rassemblement National, nous sommes pour développer ces soins palliatifs. Il ne faut pas que l'euthanasie soit...
Il y a aussi le consensus dans tous les partis politiques.
Oui, évidemment, mais maintenant, il faut le mettre en place. C'est bien beau d'être d'accord, mais il faut que ça soit fait. On voit que beaucoup de départements, de régions, manquent d'unités de soins palliatifs. Et il faudrait vraiment rendre sa dignité à la fin de vie. Que chaque Français ait le choix de pouvoir se tourner vers le soin palliatif pour les accompagner dans cette fin de vie qui ne soit pas faite dans la souffrance. Mais que l'euthanasie ne soit pas, in fine, la seule solution qui soit offerte.
Tiffany Joncourt, il nous reste deux minutes. Si on prend un peu de recul sur la scène politique et la vie politique aujourd'hui, on a tous conscience, et vous devez l'entendre dans votre circonscription, que le triste spectacle qui est affiché là par les responsables politiques, j'imagine qu'on va essayer vraiment, je vais vous demander, de sortir d'autant que possible, de tous les éléments de langage possibles. Qu'est-ce que vous avez entendu dans votre circonscription de ce que disent les gens ? Sans biais politiques, même peut-être des gens qui ne sont pas d'accord avec vous. Que vous disent-ils, Tiffany Joncourt ?
Écoutez, c'est une excellente question. Il y a quelques jours, j'étais à un loto dans le cadre de la semaine bleue avec nos seniors. Et du coup, pour avoir discuté avec une personne âgée, elle nous a dit « Je suis en colère contre les députés. » Je ne sais absolument pas pour qui vote cette personne, je ne lui ai pas demandé. Elle m'a dit qu'elle avait envie de préparer un panneau et d'indiquer une nurserie. Voilà. Donc c'est, comme vous le disiez, le spectacle affligeant. Un autre exemple, vous savez, dans l'Assemblée, il y a des visiteurs qui peuvent venir. Et souvent, le mercredi, nous avons des classes qui viennent. Parfois, je lève le regard et je vois des enfants.
Et je me dis, est-ce que les députés sont à la hauteur ?
Et vous, comment vous le prenez personnellement ?
J'essaye d'être digne de ma fonction. Mais on voit bien qu'en face de nous, on a des députés qui sont très partisans. Certains sont vraiment là pour mettre le bazar, semer le trouble à l'Assemblée. Il n'y a aucune écoute. Et ça, c'est vraiment à déplorer. Vous savez, au Rassemblement national, nous votons, et j'en suis très fière, nous votons les bonnes idées d'où qu'elles viennent. Et je pense que c'est à ça qu'il faut revenir, sortir des textes qui sont partisans et aller vers le bien commun.
Merci, Tiffany Joncourt. Je rappelle que vous êtes députée du Rassemblement national du Rhône. Vous avez accepté notre invitation. Soyez-en remerciés ce matin. À suivre, la météo. Et puis, ce sera le journal de Radio Vatican ce matin qui reviendra évidemment sur ce qui peut se passer, notamment à Madagascar.
Tiffany Joncour