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interviewfranceinfo· 21 novembre 2025 10 min

M. Bompard sur la drogue : "Il faut tourner le dos à la logique répressive contre le consommateur"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Manuel Bonpard. J'ai envie de dire qu'on va d'abord parler avec le député de la circonscription des Bouches du Rôe. Demain aura lieu la la marche blanche demain après-midi en hommage à M Kessassi, le frère d'un militant écologiste Amine Kessassi figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille.

Vous y serez à cette marche blanche ? Oui bien sûr et j'espère que les Marseillaises et les Marseillais seront nombreuses et nombreux. Je pense que c'est très important de montrer que la population marseillaise ne se laisse pas faire et qu'elle exprime son soutien, sa solidarité comme je veux le faire évidemment moi aussi à la famille de Médicassie, à Amine en particulier mais aussi à tous ses proches.

Alors on ne sait pas encore complètement qui sera là politiquement parlant. On sait que Olivier Force sera là, Marine Tondelier, Fabien Roussell. Donc vous on verra s'il y a il y a des ministres qui viendront.

Il y en avait deux hier à Marseille, le ministre de l'intérieur et le garde des saut. un an presque jour pour jour après l'avenue de monsieur Migot et monsieur Retaillot qui était garde des saut et ministre de l'intérieur du gouvernement Barnier qui avait lancé à l'époque la lutte contre le narcotrafic comme une grande cause nationale avec entre autres la création d'un parquet à l'image du parquet antiterroriste. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette visite lorsque Gérald Armanin dit que la menace est on va dire à l'équivalent de la menace du terrorisme ?

Écoutez, moi je suis député de Marseille depuis euh maintenant 2022 et malheureusement j'ai envie de dire à chaque fois qu'un nouveau ministre de l'intérieur ou de la justice est nommé, il se déplace à Marseille, il vient faire des annonces et puis quand le ministre s'en va, souvent les annonces elles partent avec. Et donc moi maintenant je dis euh évidemment je suis triste comme beaucoup de Marseillais et de Marseillais mais je suis aussi en colère parce que j'ai l'impression que depuis des années et des années, on dit la même chose, on fait des annonces, on fait des déplacements spectaculaires mais que la situation elle n'évolue pas. Donc maintenant, il faut un changement de doctrine complet.

Il faut que les moyens nécessaires dans la lutte contre la criminalité organisée soient enfin au rendez-vous. Vous avez quoi ces moyensl ? Bah, c'est d'abord investir davantage dans ce qu'on appelle la police judiciaire, c'est-à-dire les effectifs de police qui sont en charge de s'attaquer à ce qu'on appelle le haut du spectre, c'est-à-dire les remonter les filières, remonter les réseaux, plus que de gens sur le terrain que de policiers sur le terrain parce qu'on dit qu'il en manque que ça a diminué depuis 2017 même si ça remonte et que la Cour des comptes parle d'un manque de 190 policiers sur terrain.

Bien sûr qu'il faut aussi des policiers sur le terrain, mais il faut de la police de proximité. Il faut des effectifs qui sont présents au quotidien. Il faut un peu tourner la page de ces opérations spectaculaires qu'on a connu il y a quelques mois, c'est Placennet, Placennet XXL où on vient sur un point de deal pendant une journée et puis quand on s'en va, le point de deal, il se réinstalle.

Et il faut arrêter de faire croire aux gens que c'est en s'attaquant au bas du panier qu'on va résoudre le problème. Il faut attaquer le haus du spectre. Et ça c'est des effectifs spécifiques.

Vous savez il y a quelques jours, y compris les syndicats de police disaient qu'il manquait plusieurs milliers d'effectifs dans la police judiciaire pour suivre ces enquêtes. Donc c'est là-dessus qu'il faut mettre le paquet. Et puis il faut tourner le dos aussi à une logique qui soit une logique euh purement répressive d'attaque contre le consommateur.

Il faut des politiques de santé publique aussi pour sortir. Vous pensez que c'est une mauvaise cible que de d'insister sur le fait qu'il faut je dirais criminaliser un peu plus le consommateur pour vous ça ne sert à rien. Oui, je pense que ça sert à rien.

Je pense que ça ne résout aucun problème. Consommateur, pas de trafic. Oui, mais en attendant, vous savez, il y a une personne sur deux en France qui a déjà consommé du cannabis.

Donc cette logique là, c'est la logique qui à l'œuvre depuis des années et des années en France. Elle ne produit aucun résultat. Donc c'est précisément la raison pour laquelle je pense qu'il faut changer de logique et plutôt que d'envoyer des policiers pour aller chasser le petit consommateur, je pense au contraire qu'il faut concentrer les moyens dans le démantellement des réseaux de la criminalité organisée.

On le fait pas malheureusement depuis des années et des années. Maintenant c'est ça qu'il faut faire et tout de suite on a plus le temps d'attendre. Un mot sur les prisons de haute sécurité.

Il y en a deux pour l'instant qui ont été initiés par Gérald Darmanin pour lutter entre en particulier contre les narcotrafiquants qui s'organiseraient de leur propre prison. Euh, ça vous pensez que ça ne répond pas non plus à à une nécessité de les isoler pour éviter ces trafics ? Écoutez, ces quartiers-là, ils ont existé en France et dans les années 80, on a décidé de d'y mettre un terme parce qu'ils étaient totalement inefficaces.

Alors, moi, je veux bien qu'on me dise 40 ans plus tard que ce qui marchait pas il y a 40 ans va marcher aujourd'hui, mais honnêtement, je n'y crois pas une minute. Qu'est-ce que vous pensez ? Vous pensez que dans les prisons actuelles, c'est des gens qui arrivent et qui amènent les téléphones portables aux détenus pour leur permettre de s'organiser depuis leur prison ?

Évidemment, non. c'est que il bénéficie parfois à l'intérieur des prisons de complicité et cetera. Donc si vous voulez lutter, il faut par exemple prendre en compte cette questionlà de la corruption, de comment vous avez des gens aujourd'hui qui se retrouvent complices de ces trafiquants.

Et ça c'est pas en modifiant la forme de la prison que vous allez répondre à cette problématique. Donc non, malheureusement je déplore ce sentiment qu'on fait des annonces, qu'on fait du spectaculaire mais que la situation concrète elle elle ne bouge pas. Alors on va revenir à un débat qui nous intéresse depuis longtemps, celui du budget. euh de la France et de la sécurité sociale.

Alors, vous avez obtenu une victoire importante hier, c'est la proposition de la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité avec un blocage des prix. Alors, ça c'est vous en parlez depuis très très longtemps, même avant ce budget-là. Alors, on sait pas si ça tiendra à la route puisqu'on ne sait pas où ira le budget.

Un petit une petite réaction sur cette courte victoire, je crois 70 voix. Bah c'est une mesure essentielle abstention du Rassembl national toute la gauche favorable à cette Oui. Oui.

C'est une proposition qui était dans notre programme que l'on défende depuis de longues date parce que aujourd'hui vous le savez la pauvreté a atteint en France des records historiques depuis les années 70 et donc l'idée de dire comme ça existe d'ailleurs dans certains départements au territoire d'outreemer que il y a un panier de produits de première nécessité sur lequel on a des prix qui sont des prix bloqués et une absence de TVA ce serait une manière évidemment de répondre à ces problématiques de pauvreté et de pouvoir d'achat. Maintenant, je ne raconte pas d'histoire. Je sais que le gouvernement n'a pas l'intention de conserver cette mesure à l'issue du processus budgétaire.

Et c'est un peu la difficulté à laquelle on est confronté aujourd'hui. On débat d'un budget dont on sait bien malheureusement qu'à la fin le gouvernement a l'intention de passer sa propre copie en force et contre les parlementaires. En un mot, vous voyez comment se se terminer ce débat budgétaire, une loi spéciale, les ordonnances ?

Je sais pas, il y a différentes options qui sont sur la table. Moi en tout cas, je souhaite que le budget tel qu'il a été proposé par le gouvernement soit battu parce que il ferait beaucoup souffrir les Françaises et les Français. Donc évidemment, nous nous voterons contre ce budget.

Et si le gouvernement a l'intention de passer son budget en force par ordonnance par exemple, puisqu'on entend ou par 493, puisqu'on entend parfois parler de ces différentes options, nous nous déposerons des motions de sens sûr pour faire tomber le gouvernement parce qu'il est pas possible que cette politique qui est minoritaire se poursuive par une forme d'autoritarisme d'un gouvernement qui décide tout seul et qui impose sa volonté au parlementaire. C'est vrai qu'on on entend revenir la petite musique d'un 493, mais le premier ministre, croyons-le, sur ce terrainl a dit qu'il ne l'utiliserait pas. On verra comment.

Bah, on verra. J'entends même des députés socialistes qui se targuaient d'une grande victoire d'avoir obtenu le renoncement au 493. Maintenant, dire que finalement, ce serait bien que le 493 revienne.

À un moment, faut être un peu sérieux. Alors, nous verrons cela. Alors, l'autre actualité pour vous, c'est dimanche.

Euh, vous avez une convention sur les municipales, vous allez présenter 500 têtes de liste. C'est quoi le but ? de d'essayer d'avoir des maères, vous allez y aller seul dans la plupart des des cas, c'est d'avoir des maires ou d'avoir des élus dans les conseils municipaux pour pouvoir un jour, qui sait avoir des sénateurs.

Je rappelle que les élus dans les conseils municipaux sont les grands électeurs. Donc vous pensez pouvoir obtenir des villes volé notre volonté c'est d'abord de transformer la vie des habitantes et des habitants de nos communes. Et pour ça à l'échelle municipale, on peut avoir des mesures.

J'en donne quelques exemples. gratuité des cantines scolaires pour faire en sorte que nos enfants puissent manger parce que parfois malheureusement pour certains enfants c'est le seul repas. Donc ça c'est une mesure importante davantage de démocratie.

Le référendum d'initiative citoyenne à l'échelle des communes, le gel des loyers municipaux. Voilà, il y a des choses qu'on peut faire concrètement à l'échelle des communes. Notre objectif, c'est d'abord ça, d'abord de mettre ces politiques au pouvoir.

Ensuite, la France a soumise, effectivement, c'est une force politique jeune, donc elle est pas aujourd'hui très largement implantée dans les conseils municipaux et j'ai envie de dire, elle ne peut que progresser dans cette élection municipale et on a l'intention d'y aller à fond et on présentera effectivement ce dimanche des candidats des têtes de liste. Dans plus de 75 % des communes de plus de 30000 habitants, il y aura des listes ou des candidatures avec des insoumis. Vous êtes basé à la fois sur euh le résultat des prés de la présidentielle mais aussi de des législatives postes dissolution pour créer une espèce de cartographie de là où vous pourriez faire des bons scores.

On essaie d'aller dans un maximum d'endroit. Notre volonté c'est pas forcément d'y aller tout seul. On a mis sur la table non pas forcément.

On a mis sur la table des propositions concrètes et si d'autres sont d'accord avec ces propositions, on construit des listes communes. Maintenant, on se heurte à une forme de sectarisme à gauche en particulier du Parti socialiste qui a dit sur tous les tons depuis des mois et des mois qui ne voulait d'alliance avec la France assoumise ni au premier ni au deuxème tour. Écoutez, nous notre proposition elle est simple.

Partout où nous serons en tête au second tour des élections municipales, nous proposerons à toutes celles et ceux qui veulent se joindre à nous au deuxème tour pour faire basculer ces villes et permettre d'améliorer la vie des habitantes et des habitants. Alors, une petite minute pour parler de Paris. Sopia Chikirou. euh s'est lancé officiellement sans sans trop de surprise euh comme votre tête de liste à Paris.

Euh est-ce qu'il faut être mis en examen à Paris pour pouvoir prendre la ville ? Rachidati est mise en examen aura son procès en septembre. Madame Chikurou l' également euh pour euh euh suspicion de d'escroquer aggravés dans le cas de la campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon.

Euh pourquoi avoir quand même proposé Sophie Chiko ? D'abord Sophie Chik elle n'est coupable de rien et je vous rappelle qu'elle est totalement innocente et que les accusations dont vous parlez sont tout à fait fantaisiste. On se rappelle peut-être il y a certaines années il y a plusieurs années d'ailleurs des perquisitions qui avait subi la France assouise.

Ça n'a rien donné. Donc moi, je veux bien que maintenant on vienne nous chercher sur les campagnes présidentielles de 2017 qui étaient des comptes de campagne tout à fait honnêtes, tout à fait respectueux, validés d'ailleurs par la commission des comptes de campagne à l'époque. Donc franchement, si nos opposants à Paris n'ont comme pour argument que ces ces accusations fantaisistes, je pense qu'on va pas aller bien loin.

Sopia Chikiro, elle est candidate d'abord pour transformer la vie des habitantes et des habitants de de Paris et porter les propositions dont certaines, j'en ai parlé tout à l'heure et je crois qu'à Paris comme partout dans le pays, on a besoin d'avoir des insoumis à la tête de la municipalité. J'espère que Sopia Chikiro pourra l'emporter aux élections municipales. En tout cas, je lui apporte tout mon soutien évidemment.

Yeah.