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interviewRMC· 16 mars 2026 19 min

Mathilde Panot : "Jamais aucune formation politique n'avait été autant attaquée !"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Mathilde Panot

– Vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Mathilde Panot. – Bonjour. – Vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale, vous êtes vous-même députée La France Insoumise du Val-de-Marne, merci de répondre à mes questions ce matin. La France Insoumise qui est en position d'avoir gagné dès hier un certain nombre de villes, Saint-Denis évidemment étant la plus emblématique, en position très favorable à Roubaix, et en faiseur de roi dans un certain nombre de villes. Sophia Chikirou disait hier soir attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire,

0:32
Présentateur

est-ce que vous savez s'il l'a appelé cette nuit ? – Alors je ne crois pas mais je veux commencer par dire que moi je me félicite et que je veux remercier l'ensemble des militants et militantes insoumis pour la percée remarquable que nous avons faite dans les élections municipales. Comme vous le savez nous sommes un mouvement qui a seulement 10 ans, c'est notre deuxième élection municipale et nous étions jusqu'à là à la tête de deux villes de moins de 20 000 habitants.

Donc évidemment la victoire de Saint-Denis est une victoire qui pour nous est éclatante, qui montre aussi l'arrivée de la Nouvelle-France dans la scène politique municipale et la victoire de Bali-Bagayoko nous rend fiers et je crois est un symbole extrêmement fort pour la deuxième plus grande ville d'Île-de-France. Et je rappelle que nous allons par exemple gagner Roubaix, qui est la ville la plus pauvre de France, ce qui là aussi nous honore. – Ça veut dire quoi la Nouvelle-France ? – La Nouvelle-France c'est à la fois une France féminisée, une France jeune, nous avons beaucoup de jeunes y compris à la tête de nos listes.

Ce sont aussi des élus qui vont aller par centaines et par centaines, voire par milliers dans les conseils municipaux qui seront des élus qui ont connu par exemple les problèmes de logement, qui sont des familles monoparentales, notamment des mères célibataires. Ce sont des personnes qui ne feront pas de la politique comme on faisait dans le vieux monde et qui notamment romperont avec un certain nombre de pratiques qui sont des militants associatifs, des militants syndicaux. Et donc je suis très fière que cette Nouvelle-France rentre dans l'Assemblée. Et je veux le dire, avec y compris beaucoup de nos têtes de liste qui ont subi un racisme absolument crasse. – Un racisme ? – Oui bien sûr.

Si vous regardez Bali Bagayoko par exemple, le nouveau maire de Saint-Denis, il a eu comme beaucoup de nos têtes de liste, vraiment une vague de racisme qui se sont abattus par des messages, par des menaces de mort, par des dégradations de permanence, par des dégradations parfois de domicile personnel. Et donc je veux aussi dire que c'est aussi cela la Nouvelle-France et que n'en déplaise notamment à l'extrême droite qui fantasme une France d'avant, eh bien il y a une France d'aujourd'hui qui est une France qui assume ce qu'elle est et qui en est fière.

2:36
Mathilde Panot

– Alors dans les très grandes villes, pour le coup, les scores ne sont pas non plus flambants, mais vous êtes faiseur de roi et notamment c'est le cas à Marseille ou à Paris. Je le disais, Sophia Chikirou disait attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire. Je vous repose la question, est-ce que vous savez s'il l'a appelé hier soir ?

2:51
Présentateur

– Alors à ma connaissance, il ne l'a pas appelé. Effectivement, nous faisons des scores qui nous rendent incontournables dans un certain nombre de grandes villes. Je veux le dire aussi, nous pouvons par exemple gagner Lille, nous pouvons gagner par exemple Toulouse. Donc ce sont des grandes villes dans lesquelles nous faisons des scores très impressionnants. Si je prends le cas de Paris ou le cas de Marseille, nous avons à chaque fois tendu la main aux listes qui étaient devant nous. J'entends que pour l'instant, ces mains ne sont pas tendues. Et moi j'invite chacun et chacune… – Elles ne sont pas saisies ? – Saisies.

J'invite chacun et chacune à être responsable, parce qu'il faut quand même comprendre que par exemple, si on prend Marseille, qui est le cas le plus emblématique, parce qu'il est évidemment hors de question pour la France insoumise, de faire en sorte de laisser Marseille être prise par le Rassemblement national, puisque Marseille est la deuxième ville de France, et que nous, nous savons ce que fait le Rassemblement national quand il arrive au pouvoir dans des villes.

Contrairement à ce qu'on dit souvent, nous avons déjà essayé le Rassemblement national, ça donne par exemple la fin des locaux pour le secours populaire et la fin des subventions pour le secours populaire, la privatisation de crèches, la privatisation de piscines, ça donne une augmentation des indemnités d'élus, et donc nous ne voulons absolument pas ça pour les Marseillais et Marseillaises. Donc M. Payan doit être responsable. – Donc Sébastien Delogu se retirera ? – Non, en fait, vous savez, dans la tradition de la gauche, ce n'est pas le désistement. Dans la tradition de la gauche, c'est le Rassemblement. Et moi, je veux alerter solennellement à votre micro.

Si nous voulons pouvoir faire en sorte de battre la droite et l'extrême droite lorsqu'elles sont en mesure de l'emporter, alors M. Payan, comme d'autres, aura besoin des électeurs et des électrices insoumises. Et donc, s'il décide de ne pas respecter la France insoumise, comment veut-il que les électeurs et les électrices aillent ensuite se déplacer massivement, car c'est par la mobilisation qu'ils pourront battre la droite et l'extrême droite ? – Mais pourquoi vous n'y avez pas pensé avant ?

4:41
Mathilde Panot

C'est-à-dire, pourquoi vous n'y avez pas pensé quand, par exemple, Sophia Chikirou, en lançant sa campagne, a dit qu'elle était candidate pour qu'il n'y ait pas de maire socialiste ? – Pourquoi vous n'y avez pas pensé avant, lorsque Sébastien Delogu a, pendant toute sa campagne, et je cite là Benoît Payan, basé cette campagne, je cite, sur la calomnie et le mensonge ? Vous n'avez pas créé les conditions ensuite d'une sorte d'unité, d'amour et de réconciliation ? – Madame de Malheur, je vais vous donner un scoop.

5:08
Présentateur

– Vous avez l'air aujourd'hui de découvrir que peut-être il y a eu des ruptures un peu violentes. – C'est bon que vous avez fini ? Je vais vous donner un scoop. Quand nous allons à une élection, nous y allons pour gagner. D'accord ? – Non, mais là, ce n'était pas pour gagner, c'est pour faire battre le parti socialiste ? – Non, non, non, non, non, c'est pour gagner, et donc, évidemment, pour battre la mairie qui était en place, puisque nous considérons qu'avec la cantine gratuite, les transports gratuits, le référendum d'initiative citoyenne, nous avons un meilleur programme.

Et d'ailleurs, nous avons eu raison d'y aller, Madame de Malheur, parce que, par exemple, à Toulouse, si on avait écouté ce genre de raisonnement, nous ne serions pas, nous, en tête de la gauche. – Tout à fait, à Toulouse, vous êtes devant… – Avec la possibilité de faire basculer une ville de la droite vers la gauche.

5:46
Mathilde Panot

– À Lille, vous êtes au coude à coude. – Mais, Mathilde Panot, je vous repose… – L'emporter là aussi, à Lille. – Je vous repose cette question. Honnêtement, vous n'êtes pas surprise, ce matin, de la défiance, ou peut-être, en tout cas, de la résistance, d'un Benoît Payan qui dit, on a quand même un peu d'honneur. Il dit, il faut avoir de l'honneur, quand, face à nous, Sébastien Delogu, a basé, je redis, sa campagne sur la calomnie et le mensonge.

6:09
Présentateur

– Écoutez, ce n'est pas parce que M. Payan dit qu'il y a eu une campagne de calomnie et de mensonge, il y a eu une campagne, justement, de conviction auprès des Marseillais et des Marseillaises. – Non, non, non, non, je vais vous dire quelque chose de très important, Mme de Malherbe. – Les choses sont très simples.

6:21
Mathilde Panot

Ensuite, vous dites, franchement, ils exagèrent, ils ne saisissent pas la main tendue. Mais cette main a été quand même très viollente pendant la campagne. – Vous savez qu'en faisant ça… – Il y a encore quelques jours, Mathieu Annotin, socialiste, était traité de petit bourgeois visqueux par Jean-Luc Mélenchon.

6:37
Présentateur

– Oui, et qu'est-ce qu'il avait dit, remonté depuis le début, Mme de Malherbe, qu'est-ce qu'il avait dit, M. Annotin, sur Bali Bagayoko, que la France Insoumise faisait campagne avec les narcotrafiquants ? Vous trouvez que c'est digne comme débat politique ? – Mais ce n'est pas une injure personnelle. Alors que, pardon, petit bourgeois visqueux, je pense que c'est une alliance. – Non, non, mais c'est une question… – Arrêtez, Mme de Malherbe. Je vais vous dire, je vais vous dire, nous avons fait une campagne municipale où jamais aucune formation politique n'avait été autant attaquée, attaquée y compris physiquement.

Je rappelle que, par exemple, Marianne Maximi, députée à Clermont-Ferrand et tête de liste, s'est faite agresser physiquement sur un marché. Je rappelle que nous avons une alerte à la bombe dans notre siège. – Tout à fait. – Donc, nous n'avons jamais subi un tel niveau de violence. Et je vais terminer sur M. Payan dont vous parliez juste avant. Si M. Payan ne veut pas jouer le jeu de la droite et de l'extrême droite, lorsqu'on est responsable, lorsque des millions de gens comptent sur nous, on ne fait pas ce qu'il est en train de faire M. Payan, c'est-à-dire se réfugier derrière des petites polémiques de ce qui se serait passé pendant la campagne ou je ne sais quoi.

– Pour vous, c'est des petites polémiques ? – Oui, oui, on est responsable. Écoutez, quand vous pensez qu'il est important de peut-être laisser l'extrême droite gagner la deuxième ville du pays, oui, je parle de choses très très sérieuses. Beaucoup plus sérieuses que je ne sais quel mot qui aurait été dit à quel moment, que vous ne m'avez d'ailleurs pas cité.

7:58
Mathilde Panot

– S'il s'agit, comme vous le dites, d'un moment très très sérieux et grave pour la nation, constatant que Benoît Payan ne saisit pas en effet cette main, est-ce que Sébastien Delogu va en tirer en quelque sorte les conséquences et se retirer ?

8:14
Présentateur

– Mais moi, je vais vous dire, j'appelle les Marseillais et les Marseillais à exiger de Benoît Payan qu'il y ait une fusion. Pourquoi ? Parce que moi, je ne me résous pas à ce que nous perdions Marseille. On parle de ça. Si les électeurs et électrices insoumis ne vont pas massivement aux urnes, alors Marseille pourrait passer à l'extrême droite. Donc ce que fait M. Benoît Payan est extrêmement dangereux.

et il doit pour cela faire ce qu'on appelle une fusion technique, je vais expliquer, on pourrait l'appeler une fusion démocratique, c'est-à-dire le fait de dire que nous ne serons pas ensemble dans l'exécutif municipal, nous ne gouvernerons pas ensemble Marseille, mais par contre, qu'à juste proportion de ceux qui ont voté au premier tour, nous proposons une liste commune avec des insoumis qui seront représentés. – Ça veut dire quoi ? Ça veut dire pour être élu, mais ensuite chacun reprend ses billets ? – Oui, mais vous comprenez que du coup, les électeurs et les électrices insoumis auront envie d'aller voter parce que chacun sera…

– À cela, Benoît Payan dit « je ne fais aucune tambouille » parce qu'effectivement, ce sont quand même un peu de la tambouille. – Mais non, écoutez, une fusion technique, en tout cas démocratique comme on le dit, ça permet de ne pas gérer la ville ensemble, donc nous respectons les différences des différents programmes, mais par contre, de respecter le vote des Marseillais et Marseillaises qui a été fait au premier tour. Et ça, je crois que faire respecter le résultat des urnes, c'est ce qui permet de maximaliser la mobilisation, justement pour pouvoir battre la droite et l'extrême droite à Marseille

9:38
Mathilde Panot

comme ailleurs. – Sophia Chikirou disait « j'attends l'appel d'Emmanuel Grégoire », vous dites pour l'instant « ce n'est pas arrivé », semble-t-il Sébastien Delogu espérait aussi l'appel de Bonin Payan « ce n'est pas arrivé », est-ce qu'eux-mêmes, du coup, vont prendre leur téléphone et les appeler ?

9:52
Présentateur

– Ah ben je crois que… – Ça peut marcher dans les deux sens au fond. – Oui, oui, enfin je pense que Sébastien Delogu a fait un appel public, Sophia Chikirou l'a fait aussi, ce n'est pas une question de qui appelle qui, le problème n'est pas de qui appelle qui, le problème c'est que… – Non, non, le problème c'est que publiquement, M. Payan et M. Grégoire aujourd'hui, disent publiquement non à cela, et c'est ceux-là qui étaient responsables.

10:15
Mathilde Panot

– En fait, ils n'ont même pas traité la question, c'est-à-dire que dans leur déclaration hier soir, – Ah si, si, M. Payan a traité la question. – Bien attentivement, il a fini par le faire lorsque les gens l'ont interrogé, mais l'un comme l'autre, lorsqu'ils ont fait leur déclaration, n'ont même pas mentionné la France insoumise. Si vous dites qu'on est incontournable, visiblement ils estiment qu'ils peuvent gagner sans vous.

10:31
Présentateur

– Eh bien, nous verrons, mais du coup ils prennent aussi la responsabilité de peut-être donner des villes à la droite et à l'extrême droite. – Sophia Chikirou qui disait, je la cite,

10:39
Mathilde Panot

« Il ne faut pas qu'un socialiste soit maire de Paris ». Est-ce que vous dites toujours la même chose aujourd'hui ?

10:44
Présentateur

– Je vous redis ce que je disais, lorsque nous nous présentons à une élection, nous nous présentons pour gagner. Et lorsque Sophia Chikirou dit qu'elle ne veut plus que la mairie soit socialiste, c'est parce qu'elle souhaite que la mairie soit insoumise, ce qui est le propre d'une élection. Et moi je vais vous dire, parce qu'on est beaucoup en train de parler de la gauche, qui est normale, mais il y a une des leçons de cette élection municipale dont on n'a absolument pas parlé, c'est que nous nous retrouvons dans une situation où les macronistes ont complètement disparu du paysage. – Totalement disparu, comme vous dites, je l'ai dit d'ailleurs dès hier soir.

– L'après Macron a d'ores et déjà commencé. L'après Macron a d'ores et déjà commencé. Et dans le moment politique que nous sommes en train de vivre depuis plusieurs semaines, entre, je le redis très clairement, entre fascistes et antifascistes, il n'y a pas d'entre-deux. Il n'y a qu'un seul côté de la barricade. Et ce qui est en train de se passer, par exemple à Marseille, en est un des exemples les plus frappants.

C'est-à-dire que lorsque vous avez des personnes qui sont incapables de dire, entre un rassemblement national au second tour des élections présidentielles et Jean-Luc Mélenchon, pour qui il voterait, eh bien il tourne le dos à la tradition historique de la gauche qui est de considérer que notre adversaire, c'est la droite et l'extrême droite.

11:56
Mathilde Panot

– Mathilde Panot, il y a Nantes, il y a effectivement Montpellier, il y a Lille, il y a Lyon. Une question sur Nantes. Nantes, Johanna Rolland, socialiste sortante, est en tête avec 35% des voix, mais elle est talonnée par le candidat de droite, Fulc Chambard-Delove. Et puis il y a le candidat LFI qui est à 11%, donc en mesure de se maintenir. Est-ce que vous savez s'ils se sont parlé, s'ils envisagent une fusion ? Est-ce que vous savez où on en est ?

12:25
Présentateur

– Je crois qu'il y a des discussions qui sont en cours. Je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y a eu des fusions et cette fois-ci, cela montre à quel point nous, nous sommes cohérents avec ce que nous sommes en train de faire à Besançon. Vous le savez, la droite fait 40% et donc nous nous sommes rangés…

12:39
Mathilde Panot

– Donc fusion à Besançon ?

12:40
Présentateur

– Exactement, derrière une liste écolo, avec une liste écolo, donc à proportion là aussi. Nous avons une fusion programmatique à Tours qui s'est faite. Donc nous, nous prenons nos responsabilités à chaque fois qu'il le faut contre la droite et contre l'extrême droite. – Tout à fait.

12:54
Mathilde Panot

– Pour l'instant, avec les écolos, ça se passe très bien.

12:56
Présentateur

– En tout cas, ça avance dans des discussions qui sont normales, respectueuses et dignes. – Mais avec le Parti Socialiste, ce n'est pas encore gagné ? – On va voir. J'entends que dans quelques heures, nous pourrions avoir des annonces pour Toulouse qui, je l'espère, seront bonnes et qui montreront peut-être qu'à des endroits, il y a des socialistes plus raisonnables que d'autres. – Donc pour vous,

13:14
Mathilde Panot

à Toulouse, on s'oriente plutôt vers… – Je l'espère. – Une alliance, malgré l'opposition de la présidente de la région, Carole Delga.

13:23
Présentateur

– Oui, malgré y compris d'ailleurs le candidat socialiste qui lui aussi disait « Jamais, nous ne ferons de fusion ». – Vous allez faire des fusions,

13:29
Mathilde Panot

mais sur quel programme ? Une des particularités de cette élection, c'était aussi le fait que la sécurité apparaissait aux yeux des électeurs comme une question importante. Et là-dessus, ayant moi-même animé un certain nombre de débats, j'ai pu constater que vous n'aviez pas du tout la même vision les uns que les autres. On a d'un côté, par exemple, Sébastien Delogu qui dit « La police tue ». On a de l'autre côté un Benoît Payan qui dit « Il faut réarmer la police ». LFI qui dit plutôt qu'il faut désarmer la police municipale. Vous allez vous mettre d'accord,

13:54
Présentateur

mais sur quoi ? – Non, la fusion programmatique, lorsque vraiment on décide, par exemple comme à Tours, de faire une possibilité d'exécutif commun, une fusion programmatique, on se met d'accord sur un programme. Mais dans le cas de Marseille, ce que nous demandons, une fusion technique ou une fusion démocratique, nous ne participerons pas à l'exécutif marseillais. Je veux dire, nous ne serons pas solidaires ni des budgets. – Ça veut dire que vous allez faire

14:18
Mathilde Panot

des alliances alors que vous avez des visions

14:21
Présentateur

aussi différentes sur une question comme celle-là ? – Oui, parce que nous considérons qu'il faut faire battre l'extrême droite parce que nous sommes des gens responsables.

14:28
Mathilde Panot

– Mais ça veut dire qu'il n'y aura pas du tout de discussion sur le fond ? Ça veut dire que c'est uniquement une alliance vraiment électorale ?

14:34
Présentateur

– C'est une alliance

14:35
Mathilde Panot

de fronts antifascistes. – Mais ça veut dire que potentiellement, on se retrouve avec ce qui s'est passé pour la NUPES, c'est-à-dire sur le moment où vous avez gagné et ensuite vous vous êtes chacun

14:44
Présentateur

tourné le dos. – Non, parce que justement sur la NUPES, le problème c'est que le Parti Socialiste n'a pas respecté le programme que nous avions pourtant conclu ensemble, qu'ils avaient pourtant signé. Et donc le problème, c'est d'abord le fait de ne pas avoir respecté la parole qui a été faite par les électeurs et les électrices. Là, ce que nous sommes en train de dire, c'est que nous, nous ne ferons pas de tambouille. Nous avons un programme, il n'a pas changé. Ce programme, il permet d'avoir plus de services publics, il permet d'avoir la cantine biographique et locale. – Mais vous n'êtes pas d'accord sur le fond ? – Oui, bien sûr, ce n'est pas d'accord.

15:13
Mathilde Panot

– Mais pourquoi vous dites la gauche doit se rassembler ? – Mais parce que vous comprenez

15:17
Présentateur

que vous ne faites même pas semblant de vous associer sur le fond. – Dans le cadre d'une fusion démocratique, effectivement, nous ne faisons pas semblant, nous ne faisons pas de magouille, nous sommes transparents, nous sommes démocratiques, nous disons qu'il faut respecter les votes de chacun et chacune au premier tour, justement pour le second tour, pour permettre de battre l'extrême droite. Encore une fois, parce que nous, nous savons ce que crée l'extrême droite lorsqu'ils prennent des villes.

15:40
Mathilde Panot

– On est bien d'accord, Mathilde Panot, s'il n'y a pas de fusion technique, comme vous dites, à Paris ou à Marseille, Sophia Chikirou et Sébastien Delogu se maintiendront.

15:51
Présentateur

– Mais vous comprenez que dans des discussions, oui, pour l'instant, nous nous maintenons, oui, bien sûr.

15:55
Mathilde Panot

– Pour l'instant. – Il est possible que Sébastien Delogu dise « bon, écoutez, il veut pas, je me retiens ». – Vous savez ce que c'est une négociation ? – Oui, bien sûr, bien sûr. Mais une négociation, ça veut aussi dire qu'on comprend quand même que potentiellement, vous pourriez vous retirer. Est-ce que Sophia Chikirou est prête à se retirer ? – Non. – Non. Donc vous irez quoi qu'il arrive. – Mais écoutez,

16:16
Présentateur

nous pensons… – Vous irrez pas ? – Oui, nous irons. – Vous irrez. – Nous pensons que lorsque nous avons un risque de droite… – Quitte à faire élire l'ERN à Marseille. – Mais écoutez, le cas marseillais est un cas à part. Et moi, je vais vous dire, lorsqu'il y a des négociations, je ne réponds pas à ces questions. Mais à Paris, qui est un cas un peu différent, si M. Grégoire veut une fusion technique avec la France insoumise, nous avons appelé à cela, nous avons dit…

16:44
Mathilde Panot

– C'est un peu différent, j'ai pas compris. C'est-à-dire qu'à Paris, vous pourriez vous maintenir parce que vous vous dites qu'il n'y a pas de risque d'extrême droite, mais en revanche… – Et en revanche, vous inviterez Sébastien Delogu, on le comprend bien, à se retirer, parce que sinon, il prendrait la responsabilité du…

16:55
Présentateur

– Non, mais écoutez, nous sommes en négociation, je ne répondrai pas à ces questions. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que la France insoumise est responsable, la France insoumise fera tout pour ne pas laisser la seconde ville du pays à l'extrême droite et que ceux qui prennent la responsabilité aujourd'hui, ceux qui prennent la responsabilité de laisser l'extrême droite gagner Marseille, c'est ceux qui refusent la main que nous leur avons rendue.

17:17
Mathilde Panot

– Vous dites donc, mais à Toulouse, semble-t-il, vous avez fait un accord, en gros, la mairie pour LFI et la métropole pour l'EPS.

17:23
Présentateur

– Je ne connais pas l'accord. – Vous faites des petits… – Je ne connais pas l'accord, mais en tout cas, je me réjouis de savoir que nous pouvons gagner Toulouse et que nous pouvons faire basculer la ville vers la gauche. – Mais vous n'appelez pas ça une tambouille quand on dit « il y en a un qui prend la mairie et puis toi, je te donne la métropole ». – Ça s'appelle un accord, mais je ne connais pas exactement l'accord qui en a été fait, mais ça s'appelle un accord et encore une fois, tant que c'est transparent et tant que nous gardons ce que nous portons, eh bien, je crois qu'il n'y a aucun problème sur ce que les électeurs et électeurs disent. – Vous êtes la présidente du groupe

17:50
Mathilde Panot

La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Vous avez des nouvelles de Raphaël Arnaud ?

17:54
Présentateur

– Oui, régulièrement.

17:56
Mathilde Panot

– Il ne vient plus à l'Assemblée, il ne va pas dans sa circo ?

17:57
Présentateur

– Vous savez qu'on avait deux semaines de suspension,

17:59
Mathilde Panot

que nous en avons une troisième ?

18:01
Présentateur

– Non, non, non, non.

18:01
Mathilde Panot

– Avant, avant ces deux semaines,

18:02
Présentateur

il n'était pas revenu à l'Assemblée. – Oui, vous savez que Raphaël Arnaud est menacé.

18:05
Mathilde Panot

– D'après les journaux locaux, il n'avait pas mis non plus un pied dans sa circo.

18:08
Présentateur

– Oui, Raphaël Arnaud est menacé de mort, peut-être que ça ne vous fait ni chaud ni froid. – J'imagine, mais il n'a pas dit un mot depuis que ses trois assistants parlementaires ont été arrêtés. – Non, ce n'est pas vrai, il a fait des tweets, mais je vous rassure, Raphaël Arnaud va revenir. – Il va revenir ? À l'Assemblée nationale ? – Et c'est un député qui est plus que jamais nécessaire dans le moment politique que nous sommes en train de vie.

18:27
Mathilde Panot

– Plus que jamais nécessaire ?

18:28
Présentateur

– Oui, bien sûr, quand vous avez une ministre qui parle de nous en disant que la France Insoumise, c'est l'anti-France, en utilisant les mots du théoricien antisémite d'extrême droite Charles Maurras, lorsque vous avez Martine Vassal des Républicains à Marseille qui dit « partagez les valeurs du pétainisme » et lorsque vous avez une marche néo-nazie qui est autorisée dans notre pays avec des saluts nazis et des chants homophobes et racistes, oui, l'anti-fascisme est plus que jamais nécessaire.

18:53
Mathilde Panot

– Merci Mathilde Panot d'avoir répondu à mes questions. Présidente du groupe, la France Insoumise à l'Assemblée nationale. – Merci à vous.